Roschdy Zem, 19 ans après "Indigènes" à Cannes
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - "C à vous" à Cannes, 8e, moteur, action. - A.-E.Lemoine: Nous sommes en direct de Cannes jusqu'à 21h, avec Patrick, Pierre, Mohamed...
Bonsoir. Et 2 grands cinéastes avec nous, 2 frères, lauréats de la Palme d'or et en lice pour une 3e, avec une chronique sociale qui suit le parcours de 5 mères adolescentes, au parcours cabossé, qui partagent l'espoir d'un avenir meilleur pour elles et leur enfant. - Tu entends? - Il bat vite.
Ca fait peur. - Je t'ai déjà dit, c'est normal, chez les bébés. ... - T'es ma soeur, tu fais la cuisine, OK?
Tu vas faire quoi? - Des pâtes avec des aubergines. - D'accord. - Pourquoi tu m'as abandonnée? - A quoi ça peut te servir, de savoir ça? - J'en ai besoin. - Quand est-ce qu'on verra ta mère? - Je sais pas. - Il faut pas rêver qu'un bébé va tout arranger.
Je crois que c'est Noé qui pleure. Tu vas le chercher? - Moi aussi, je pleure. - J'ai décidé que j'allais la placer en famille d'accueil. - Qu'est-ce que cette connasse de psy t'as encore fourré dans le crâne, dans ta maison maternelle de merde? - Ici, vous avez la chambre d'enfant avec vue sur la Meuse. - Il pourra voir les bateaux.
Notre premier appartement! On s'en sort? - On s'en sort. ... - Quand je suis arrivée ici, vous m'avez aidée à ne pas avoir honte d'être une mère célibataire. - Je vais pas revenir dans le passé, mais je t'ai déjà prêté de l'argent. - Je me réjouissais tellement de te tenir contre moi, mais je sens rien. - T'es plus ma soeur! - Je veux qu'il ait des parents qui l'aiment.
Je veux plus connaître la misère. Je veux m'en sortir. ...
Applaudissements. - A.-E.Lemoine: Jean-Pierre et Luc Dardenne montent les marches pour "Jeunes mères" aux côtés de leurs actrices.
Ils sont tous les 7 nos invités ce soir. Bonsoir, Jean-Pierre. Luc, bonsoir.
Bonsoir, mesdemoiselles. Bienvenue. Ravie de vous accueillir, tous les 7, à la veille de la présentation à Cannes de votre 10e film, messieurs.
Je ne me risquerais pas à vous dire que vous êtes des abonnés du Festival. Je crois que ça peut vous lasser, notamment Jean-Pierre. - J.-P.Dardenne: Il n'y a pas d'abonnement.
Ca se vend pièce par pièce. - A.-E.Lemoine: Vous dites que c'est de la fidélité, "merde"?
Vous dites ça à ceux qui vous disent que c'est de la fidélité? - L.Dardenne: On ne paye pas.
Personne. - A.-E.Lemoine: L'essentiel est d'offrir à vos 5 actrices l'expérience unique d'une montée des marches, d'une projection qui sera inoubliable, sur un écran magnifique.
C'est votre premier Cannes, à toutes les 5. Comment vous vivez ce moment? - J.Halloy-Fokan: C'est un grand moment.
Je me sens très reconnaissante des frères d'avoir pu me faire participer à cette magnifique expérience. - A.-E.Lemoine: Vous vivez toutes un premier Cannes et un premier rôle.
C'est le cas pour vous, Babette, pour Lucie, Samia...
On ne peut pas ne pas penser à E.Dequenne. Elle a vécu ici le début de sa grande histoire avec le cinéma.
Elle a eu notamment un prix d'interprétation. - E.Dequenne: Ca me fait pleurer. - P.Cohen: Ah, Emilie... - A.-E.Lemoine: Emilie...
Applaudissements. - E.Dequenne: C'est con.
Je l'ai déjà vu plein de fois, mais ce qui s'est passé il y a 25 ans a été un choc pour ma famille. 25 ans plus tard, ce qui se passe, c'est un choc pour ma famille. Ca se passe dans l'autre sens.
Pardon. Je vais reprendre...
Applaudissements. - A.-E.Lemoine: "Jeunes mères" sera projeté demain, le dernier jour du Festival.
C'est ce qui s'est passé pour "Rosetta". C'est T.Frémaux qui l'a voulu. - L.Dardenne: Très bonne idée.
Emilie, c'est une très belle personne, une très grande actrice. Je pense aussi à elle. On pensera à Emilie et évidemment aux 5 actrices qui sont ici avec nous. - A.-E.Lemoine: "Jeunes mères", c'est 5 portraits de femmes bouleversantes qu'il faut aller voir au cinéma à partir de demain. - P.Lescure: Dans le film, vous vous appelez Perla, Jessica, Julie, Ariane et Naïma. 5 premiers rôles pour 5 histoires de jeunes mères.
Que vous ayez accouché ou que vous soyez sur le point de la délivrance, vous avez déjà sur le dos tous les problèmes d'une mère. Vous filmez tous les problèmes de la vraie vie. Ce n'est pas seulement du cinéma social mais c'est du grand cinéma.
J'ai retrouvé sur votre journal de bord, que vous aviez écrit: "Le tournage a commencé. Filmer les jeunes filles de manière à ce qu'elles soient des personnes qui résistent à la prise de vue. Les bébés doivent aussi apparaître comme des petites personnes, pas des images de bébés.
Il faudra laisser passer le vent." Votre souffle m'a emporté. Applaudissements. - A.-E.Lemoine: Le mot du président...
Cette maison maternelle dont vous filmez le quotidien dans "Jeunes mères", vous l'avez visitée dans le cadre de la préparation de votre film et vous vous êtes dit qu'il fallait absolument filmer ce quotidien qui est bouleversant. - J.-P.Dardenne: C'est le constat que nous avons fait ensemble.
Nous voulions nous renseigner pour un autre film, là-bas. Et on s'est dit que cet endroit...
Cet endroit plein de bienveillance et tous ces bébés qui étaient à gauche, à droite...
Ces jeunes filles de 15 ou 16 ans et qui avaient des problèmes d'adultes...
On s'est dit que là, il y avait un groupe et que c'était avec elles qu'il fallait partir et avancer. - A.-E.Lemoine: Au début, il ne devait y avoir qu'une mère.
Finalement, il y en a 5. Vous avez reçu plus de 300 candidatures. Ce qui vous a plu chez ces 5 actrices, c'est leur spontanéité. - L.Dardenne: C'est là qu'on sent qu'il y a quelqu'un, une actrice potentielle, un acteur.
Dans la première scène du film...
Quand vous voyez que la jeune fille qui n'a pas encore joué ou qui a un peu joué, mais qui...
Bon...
Commence quand même...
Elle résiste, elle vous regarde...
Elle devait dire "madame, madame..." Si elle dit "madame, madame..." Si elle bégaye, si elle ne se sent pas obligée de parler tout de suite quand on la regarde...
Il faut beaucoup de fiction dans la tête. C'est déjà un pas à faire. Quand elle résiste à notre regard et qu'elle attend avant de dire notre réplique, on se dit qu'il y a quelqu'un qui existe, qui existe pour la caméra.
Il faut voir les images, mais pour nous, c'est un point important que toutes les 5 ont manifesté quand on les a filmées. - A.-E.Lemoine: Vous avez toutes entre 16 et 22 ans.
Babette, vous avez 19 ans. Vous vous êtes imaginée à la place de cette mère adolescente? - B.Verbeek: Pendant la préparation, on a eu la chance de rencontrer des jeunes filles qui vivent à la Maison maternelle.
On a eu la chance de passer des après-midis avec elles. Avoir une première approche des enfants...
Ce n'est pas quelque chose que je côtoie au quotidien, des si petits, comme ça. Ca m'a pas mal nourrie de pouvoir échanger avec ces filles, de leur parler, qu'elles nous racontent leur parcours. - A.-E.Lemoine: Vous, vous avez 16 ans.
La première fois que vous avez porté un bébé, vous avez été bouleversée. - J.Halloy-Fokan: Oui.
C'était très fort d'être en contact avec les enfants. J'ai eu plusieurs enfants dans mes bras...
Parfois, ça ne veut pas tourner. - A.-E.Lemoine: "Ca ne veut pas tourner, un bébé"!
Non, mais quelle affaire! Applaudissements. - J.Halloy-Fokan: C'était très fort.
Ca m'a aidée à être spontanée, de jouer avec un enfant. - P.Lescure: Babette, votre personnage a été abandonnée bébé par sa maman, elle-même mère adolescente.
Janaïna, votre personnage fait des démarches pour confier son bébé à une famille d'accueil. Jean-Pierre, Luc, c'est aussi une histoire, dans ce film, de montrer que confier son bébé à une famille d'accueil n'est pas un abandon. Il faut chasser ce terme. - J.-P.Dardenne: C'est aussi, comme on le voit dans le film, un acte de responsabilité énorme qui peut être déchirant.
Mais quand vous avez 16 ans et que vous vous dites que vous n'allez pas y arriver parce que "je vais recommencer l'histoire de ma mère qui recommençait déjà l'histoire de ma grand-mère"... "Je veux casser avec ça.
Je veux étudier. Je ne veux pas reproduire ça." - A.-E.Lemoine: Vous aviez fait de la figuration auparavant, Lucie, et les frères Dardenne sont arrivés dans votre vie.
Vous avez candidaté parce que c'était les frères Dardenne? - L.Laruelle: Pas spécialement.
Rires et applaudissements. - A.-E.Lemoine: Parce que vous aviez envie de faire du cinéma. - L.Laruelle: Oui, j'avais envie. - P.Lescure: Lucie et vous, Elsa, vous êtes Perla et Julie.
Toutes les 2 sont en couple et se battent pour former un foyer, trouver un appartement. Vous vouliez montrer que des jeunes filles qui ont pu avoir des problèmes d'amour maternel ne peuvent pas ne pas énormément donner. - L.Dardenne: On voulait montrer que ces jeunes filles qui sont victimes de carences énormes arrivent à s'en sortir.
Les 5 trajectoires qu'on raconte sont des trajectoires de libération. Ca pèse très lourd, parfois. On a voulu qu'il y ait de la lumière au bout de chaque trajectoire. - P.Cohen: Luc et Jean-Pierre, le Festival vous est fidèle même si vous n'êtes pas abonnés et vous récompense.
Vos 9 films en sélection sont repartis avec un prix. On a parlé de "Rosetta" avec E.Dequenne et "L'Enfant" en 2005. - Qui va recevoir la Palme d'or, ce soir? - "L'Enfant" des frères Dardenne. ... ... - J.-P.Dardenne: Merci au jury d'avoir aimé notre film.
Applaudissements. - P.Cohen: Comment ça se passe, cette Palme, pour 2 frères?
Vous vous la partagez? - L.Dardenne: On la laisse au bureau, à Liège.
C'était la 2e, donc ça va. On en a chacun une. - A.-E.Lemoine: Elsa, vous êtes la "doyenne" de ce casting, 22 ans!
Vous êtes peut-être aussi la plus expérimentée. Parlez-nous de votre personnage qui lutte contre ses addictions, dans ce film. - E.Houben: Julie.
C'est une mère toxicomane. Elle a une petite fille de 4 mois. Elle est en réinsertion dans la vie active. - A.-E.Lemoine: Les frères Dardenne, vous en aviez évidemment entendu parler. - E.Houben: Oui.
Je les ai rencontrés sur le casting du "Jeune Ahmed" quelques années plus tôt. - M.Bouhafsi: On passe par toutes les émotions, dans votre film.
Il y a notamment de la lumière. C'est vous, Samia, qui incarnez cette lumière. C'est vous qui incarnez l'espoir, tout simplement? - S.Hilmi: Je ne pense pas être la seule à incarner l'espoir.
Mais je pense que c'est important. Ils ont voulu montrer qu'on peut s'en sortir, même si on a une histoire difficile. Naïma, on voit son beau parcours et surtout la fin, avec sa fille. - A.-E.Lemoine: C'est votre première expérience au cinéma aussi, mais vous faites du théâtre depuis que vous avez 8 ans. - S.Hilmi: Exactement. - A.-E.Lemoine: Le cinéma est un rêve absolu? - S.Hilmi: Je ne dirais pas ça, mais c'est une expérience que j'avais vraiment envie de tester. - A.-E.Lemoine: Ca se termine à Cannes, en compétition, pour peut-être une 3e Palme d'or pour vos réalisateurs et une expérience unique que vous allez vivre ensemble avec eux.
Est-ce que les frères Dardenne s'engueulent pendant le tournage? - L.Dardenne: C'est pas à elles de le dire. - E.Houben: Ils parlent devant le moniteur... - A.-E.Lemoine: Ils ne s'engueulent qu'en coulisses. "Jeunes mères" clôturera la compétition de ce Festival de Cannes.
C'est en salle en même temps. Merci beaucoup. J'aime bien, parce que Janaïna...
Vous avez pitié de moi, non? Vous vous dites que je ne suis pas pro. - J.Halloy-Fokan: C'est Janaïna. - A.-E.Lemoine: Merci de votre indulgence.
Merci à tous. C'est sans doute une première dans l'histoire du Festival: quand une colonie de vacances monte les marches en chantant du Amel Bent. - VISER LA LUNE, CA ME FAIT PAS PEUR.
MEME A L'USURE, J'Y CROIS ENCORE ET EN COEUR. DES SACRIFICES, S'IL LE FAUT, J'EN FERAI. J'EN AI DEJA FAIT, MAIS TOUJOURS LE POING LEVE. - A.-E.Lemoine: La chanteuse A.Bent, entourée des 18 jeunes acteurs de "Ma frère", a fait une entrée aussi joyeuse que fracassante dans le monde du cinéma.
Premier film et première sélection à Cannes, dans un film qui imagine que 2 amies deviennent animatrices d'une colonie de vacances de la Drôme, dirigée par A.Bent. - Ismaël, c'est fou comment je l'aime.
Ca fait 2 ans qu'on en couple alors qu'on se connaît depuis petits. Je suis tellement amoureuse que je ne fouille même pas son téléphone. - Il ne faut jamais faire confiance à un homme! - Encore en train de papoter? - Non, allez!
On fait un bisou et on dort. - Ma belle! - Bisous, ma chérie. - Bisous, mon bébé.
Et toi, tu ne me fais pas de bisous? Tu es méchante. Je suis fâchée. - Personne n'est méchant.
Personne n'est obligé de faire de bisous à personne. - A.-E.Lemoine: Très heureuse d'accueillir toute l'équipe de "Ma frère".
A.Bent, avec tous les acteurs qui l'accompagnent. Elle cite le nom de tous les acteurs.
A.-E.Lemoine rit.
Bonsoir à tous. C'est Mohamed. Il est là.
Ca va? Tu étais content de monter les marches? - Oui.
Et c'était la première fois. - A.-E.Lemoine: C'était une bonne première fois? - Oui. - A.-E.Lemoine: Et il y en aura d'autres. - On l'espère. - A.-E.Lemoine: Bonsoir!
Vous ne vous déplacez pas léger, quand vous venez au Festival de Cannes, Amel. - A.Bent: Je suis venue avec ceux qui font la beauté de ce film. - A.-E.Lemoine: On n'a jamais vu ça.
C'était joyeux, beau, désordonné. Ils vous épuisent, un peu, cette colonie de vacances, Amel. - A.Bent: Ils nous ont rappelé à quel point le monde de l'enfance nous fait du bien, est vrai et nous apporte de la joie.
On était tous et toutes très joyeux de les avoir. - A.-E.Lemoine: L'ambiance qu'on a vécue sur le tapis rouge, c'était l'ambiance du tournage, Fanta. - F.Kebe: Exactement.
Et encore pire! En fait, c'était juste la folie. Du fun, beaucoup de fun.
Et de l'amour, de la joie, comme sur le tapis rouge tout à l'heure. - A.-E.Lemoine: Embarquer cette troupe, à Cannes, c'est un rêve qui est devenu réalité.
Vous ne l'imaginiez pas, en tournant. - S.Nataf: Non.
C'est un rêve devenu réalité. Je ne l'imaginais pas du tout. Ca a été un choc émotionnel.
On est tellement reconnaissantes et honorées. - A.-E.Lemoine: Les enfants ont compris ce qui leur arrivait? - A.Bent: Plus que nous.
Ce sont des enfants. Ils sont dans leur vérité. Ils ne trichent pas.
Ils n'ont pas encore appris à le faire. Ils nous ont rappelé à quel point c'était un moment de bonheur et de plaisir absolu, qu'il ne fallait pas réfléchir. Ils ont gardé les pieds sur terre.
C'est une des plus belles journées de notre vie, à tous et toutes. - A.-E.Lemoine: Vous étiez très émue, Amel, à l'issue de la projection. - P.Cohen: Ce n'est pas un été comme les autres qui vous est donné à voir ni une colonie comme les autres, mais un parcours initiatique pour les 2 animatrices que vous incarnez.
Ce sont 2 femmes de 19 ans qui ont grandi dans le quartier de la place des Fêtes, dans l'Est parisien. Elles sont inséparables. Elles ont un pied dans l'enfance et se cherchent une place dans le monde.
L'une d'elles a tordu le bras de son ancienne directrice du centre de loisirs, que vous incarnez, Sabrina, Amel, pour être chargée de la colo. C'est plein de vie, d'intelligence, de drôlerie et de générosité. Ce n'est pas un monde idéal, mais toutes les questions sont abordées, de celles qui se posent dans la vie d'une cité.
Il y a 2 anciennes directrices de casting. Ce n'est pas un hasard. On avait adoré les précédents films de ce duo. "Les Pires" avait révélé la jeune M.Wanecque qui a depuis explosé dans "L'Amour ouf".
On vous souhaite le même destin. - A.-E.Lemoine: Fanta et Shirel, vous êtes formidables dans ce film. - M.Bouhafsi: Le titre du film, ce n'est pas une erreur.
Il y a quelque chose derrière. - S.Nataf: On se connaît depuis l'enfance.
On a grandi ensemble. - F.Kebe: On a commencé le cinéma ensemble. - S.Nataf: On a vécu et traversé une relation fraternelle qui mérite d'être appelée "Ma frère". - M.Bouhafsi: C'est votre surnom aussi dans la vie.
Vous avez toutes les 2 grandi place des Fêtes, dans le 19e. Vous êtes amies dans la vraie vie. Il y a une alchimie entre vous, à l'écran, qui est assez exceptionnelle.
Qu'est-ce que ces personnages disent de vous? Il y a beaucoup de vos vies dans les 2 personnages qu'on retrouve dans le film. - S.Nataf: Il y a beaucoup de nos personnalités, des choses qu'on a traversées dans la vie, de nos embrouilles, de notre amour...
Il y a aussi des choses qui ne sont pas forcément de nous, mais... - F.Kebe: Ca reste de la fiction, mais c'est vrai qu'on a fait aussi un travail, en amont, avec les filles, d'immersion.
On a vraiment rencontré des enfants. On est allées en colonie avec eux. On était stagiaires, animatrices. - S.Nataf: Ca a été très difficile!
On n'a pas assumé. - F.Kebe: Mais c'était trop cool. - A.-E.Lemoine: Et votre grande soeur bienveillante dans ce film, c'était A.Bent.
J'imagine que si vous aviez pu choisir, vous auriez fait ce choix. On vous a fait des propositions au cinéma, Amel. Vous avez toujours dit non, jusqu'à celui-ci. - A.Bent: La musique est mon 1er amour, mais en tant que grande cinéphile, j'ai tellement d'amour pour les films qui ont marqué ma vie, que je ne peux pas le faire sans donner au minimum un an de ma vie pour être à la hauteur et faire honneur aux réalisatrices.
Et puis, il y a tout ce casting merveilleux. Pendant le tournage de ce film, j'ai pleuré, j'ai ri, j'ai été prise d'une crise de nostalgie. Elles racontent l'enfance des enfants d'aujourd'hui, de 2024, mais c'est mon enfance.
La scène du canoë-kayak, c'est moi, il y a 25 ans, qui part faire du canoë pour 10 francs. J'ai été bouleversée. Ce monde est tellement intelligent.
Dans un monde où les adultes ne savent plus se parler, j'ai trouvé que les dialogues d'enfants sont tellement intelligents... - A.-E.Lemoine: Ils ont un bagout! - A.Bent: C'est de la poésie urbaine.
Jouer ce film m'a bouleversée, et le voir, encore plus. Merci de m'avoir donné une petite place dans ce chef-d'oeuvre! - S.Nataf: Une grande place!
Pas une petite place! - A.-E.Lemoine: Ils sont là, ces enfants.
C'est dingue. Nicolas, tu as le micro. Mets-le devant la bouche, mon chéri.
Dans le film, tu es le crush de Yasmine et tu en as marre parce qu'elle veut tout le temps t'embrasser. - Ouais, c'est ça. Je suis Mattéo, dans le film.
Je suis en couple avec Yasmine dans le film, mais je n'ai pas envie d'être en couple avec elle. Des fois, elle force pour qu'on s'embrasse, mais je n'ai pas envie. - A.-E.Lemoine: Tu mets juste un peu de temps à t'en rendre compte.
Et tu es aidé par ton pote Mohamed. Il fait le dur, mais il a un grand coeur. C'est ça? - Effectivement, c'est ça.
Rires. - A.-E.Lemoine: On dirait un homme politique!
Zainab, à tes côtés, est la petite fille qui n'a pas du toute envie de dormir sous la tente. - Je n'ai pas envie. - A.-E.Lemoine: Avec un petit langage fleuri aussi.
Tu dis 2-3 gros mots. - Mais c'est le texte, ce n'est pas moi. - A.-E.Lemoine: Toi, non.
Le cinéma, ça vous a plu? Vous aimeriez en faire? - Oui.
J'aimerais vraiment continuer. - A.Bent: J'espère qu'ils vont en faire.
Ce sont de grands acteurs. Il faut rappeler que c'est du casting sauvage. Ils ont vu plus de 1500 enfants pour réunir ce casting.
C'est le nectar de ce qui se fait de mieux aujourd'hui chez les enfants acteurs. Ils sont tellement puissants...
Vous pouvez être fiers de vous. On a appris à vos côtés. Vous êtes magnifiques. - A.-E.Lemoine: Bravo!
Levez-vous pour saluer votre public! - A.Bent: Je n'ai aucune autorité...
Je n'en avais pas non plus, croyez-moi. J'ai essayé. - A.-E.Lemoine: J'ai dit "levez-vous" et personne ne s'est levé. - P.Lescure: Il fallait un bon scénario pour que vous décidiez de jouer la comédienne.
Quelqu'un vous a aidée à le faire, une coach que vous avez rencontrée sur un téléfilm. Elle voulait vous passer un petit message. Elle est plus à l'aise derrière la caméra que devant.
Elle a demandé à un comédien qu'elle est en train de coacher de passer le message qu'elle voulait vous faire passer. - K.Nuris: Salut, ma poulette.
Je suis très fière de toi. Pour une femme qui ne se sentait pas légitime dans ce métier, se retrouver à Cannes, c'est pas mal. Plisse les yeux et fais-nous un neutre. - P.Lescure: On salue le chien, Papy.
Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là? - A.Bent: Il y a un metteur en scène qui te dit: "Tu arrives au bar et tu es triste." Mais tout le monde n'a pas la même tristesse sur le visage.
Il y a des gens qui n'ont pas besoin de jouer. "Toi, tu as des yeux immenses..." Elle m'a appris à jouer avec mon visage.
Je la salue vraiment. Ce sont des gens de l'ombre. Il y en a beaucoup dans le cinéma et ils méritent d'être à cette table, à notre place ou avec nous. - A.-E.Lemoine: Un 1er Cannes, un 1er film, 20 ans de carrière et un album que vous appelez "l'album de la maturité"... - A.Bent: Je l'ai commencé chez vous, l'album. - A.-E.Lemoine: Avec un titre qui a bouleversé tout le monde, "Décharge mentale". - A.Bent: Me réconcilier avec maman, même si ce n'est pas elle qui a raison.
Je ne vois plus aucun ami. Une tournée, ça laisse du vide. Et puis, il faut que j'aille voir un médecin.
Moi, j'ai peur du cancer du sein. Il y a des trucs, pour que je les garde, comme les souvenirs qu'on entasse. J'ai des factures de 2004.
Il faut que je fasse le tri dans ma paperasse. Faire ma couleur rapidement. On voit trop mes cheveux blancs.
Hier encore, j'avais 20 ans, et demain, déjà 40 ans. - A.-E.Lemoine: 7 millions de vues en quelques heures, en quelques jours.
Vous vous attendiez à ce que cette chanson ait un tel écho? - A.Bent: On espère toujours que les chansons aillent au bon endroit, c'est-à-dire dans le coeur des gens qui les écoutent, mais c'est vrai que j'ai bien fait de vous choisir.
Ca a été magnifique. Le relais a été merveilleux. Je suis très heureuse d'être face à vous, ce soir. - A.-E.Lemoine: Ah oui? - A.Bent: Oui, parce que vous êtes...
Vous êtes à tous mes nouveaux commencements. - A.-E.Lemoine: Exactement.
On espère porter chance à ce film qu'on a tous, ici, aimé, "Ma frère". Il faudra attendre un peu pour le voir au cinéma. Ce sera le 7 janvier 2026, mais l'attente vaut le coup.
Merci à tous les enfants. Merci aux réalisatrices et à A.Bent d'être venus sur notre plateau.
On attend le 2e artiste le plus écouté dans le monde...
Le 2e artiste français. C'est l'inventeur de l'afro love. Il a remis le R&B au goût du jour en France.
Chacune de ses sorties crée l'événement. Il a fait danser la ministre...
Ils chantent en choeur. - EN BAS, A GAUCHE. EN BAS, A DROITE. - A.-E.Lemoine: Après avoir été le duo francophone de l'année à côté de Dadju, Tayc est de retour en solo avec un nouveau titre, "Ma lady".
Bonsoir. - Tayc: Salut! - A.-E.Lemoine: Le "salut" le plus frais de Cannes!
Merci d'être venu en si bonne compagnie. - Tayc: My lady, Doudou, ouh, lady. Les mains en l'air!
Et si je te demande de ne jamais te mélanger aux femmes, c'est parce que tu n'es pas comme elles. Non, non, toi, tu es ma femme. Oh, mon amour, moi je te voulais toi, et j'suis allé te chercher, yeah.
J'ai fait le tour, mais maintenant que t'es là, je ne veux plus jamais changer. Oh, ma lady. Toi et moi, ça donne fire.
Oh, ma lady. Que de l'amour, no lies. My lady.
Les mains en l'air! Doudou, ouh, lady. Daddy make it for you, lady.
Doudou, ouh, lady. Non, t'es pas comme les autres, ma chérie, ne doute pas. Non, non, toi, t'es déclassée.
J'sais pas comment tu fais, moi-même j'suis dépassé. Mon coeur était HS et tu l'as remplacé, yeah. Toi, tu fais pas comme les autres.
S'te plaît, les écoute pas, j'aime ton côté impoli...
Oh, ouais, j'aime ton côté insoumise. Sans parler de ce que tu me fais voir au lit. Oh, ma lady.
Toi et moi, ça donne fire. Oh, ma lady. Que de l'amour, no lies.
Tout le monde...
My lady. Doudou, ouh, lady. Daddy make it for you, lady.
Plus fort! Doudou, ouh, lady. My lady.
Est-ce qu'il y a du monde ou pas? Le DJ est bon! Eh!
Oh! Eh! Oh!
Le public chante en choeur. Applaudissements. - A.-E.Lemoine: Tayc! "Ma lady"!
Le single est déjà disponible. - Tayc: Merci. Faites du bruit!
Acclamations. Un maximum de bruit pour les danseurs. Merci beaucoup. - A.-E.Lemoine: Ca va très bien.
Tayc, la réédition de votre album en collaboration avec Dadju est disponible, tout comme votre album solo, "Testimony." - Tayc: Où est-ce que je me mets? Là? - A.-E.Lemoine: Entre Amel et Fanta.
Ca vient d'où, votre nom? De "take all you can". - Tayc: Ma maman est anglophone.
Mes parents viennent du Cameroun. Elle voulait que je saisisse toutes les opportunités et que je déchire tout. - A.-E.Lemoine: Vous avez tout déchiré à l'instant.
Applaudissements. J'ai essayé tant bien que mal de faire la chorégraphie. C'est comment? - Tayc: C'est comme ça. - A.-E.Lemoine: 1, 2, 3...
C'est enfantin. Ca veut dire quoi? - Tayc: Ca veut dire: "Toi et moi, c'est le feu." - A.-E.Lemoine: C'est le feu...
C'est votre style, l'afro love. Expliquez à la vieille dame ce qu'est l'afro love. - Tayc: Je vais essayer de faire très concis.
Quand j'ai commencé la musique, on m'a toujours demandé quel style je faisais. Ca prenait des heures à expliquer. Je fais beaucoup de choses.
J'ai commencé par le R'n'B. J'ai fait du gospel en étant enfant. Quand l'afro est venu dans ma vie à 17 ans, ça m'a perturbé.
J'en ai mis dans ma musique. Pour éviter de toujours expliquer "afro", "soul", j'ai dit que tout était de l'afro love. - A.-E.Lemoine: Vous dites que vous êtes célibataire alors que pas forcément... - Tayc: Je n'ai jamais dit ça.
Ce ne sont pas mes propos! - A.-E.Lemoine: Ca pourrait perturber vos fans. - Tayc: Vous pensez que si je disais que je suis marié, ça changerait les streams? - A.-E.Lemoine: "Ma lady" est une déclaration d'amour en musique.
Ca lui a plu, à votre lady? - Tayc: Je crois que ça lui a plu. Elle a retenu la chorégraphie. - A.-E.Lemoine: Merci d'être venu sur notre plateau.
Vous êtes un fan de cinéma, un cinéphile absolu. Vous avez toute votre place ici, sur notre plateau. Vous serez en tournée dans les festivals cet été, partout en France.
Vous mettrez le feu partout où vous serez, comme vous l'avez fait ce soir sur notre plateau. Applaudissements. Ce sera le film événement du début de l'été, un thriller haletant inspiré d'une histoire vraie, d'un commandant de police qui, au milieu du chaos de la reprise de Kaboul par les talibans, organise le convoi de la dernière chance pour permettre aux centaines de personnes réfugiées à l'ambassade de France de fuir avant qu'il ne soit trop tard. - Les gens qui sont dehors, je sais ce qu'ils vivent.
C'est l'enfer. *-Il y a à peu près 300 personnes entassées devant la grille. Il faut ouvrir. - On ne peut pas la laisser.
On n'a pas le choix. - J'ai un plan, mais tout seul, je n'y arriverai pas. ... - A.-E.Lemoine: Dans "13 jours, 13 nuits", R.Zem est à son meilleur.
A ses côtés, L.Khoudri, à nouveau épatante, dans la peau d'une jeune humanitaire franco-afghane, qui accepte d'être l'interprète des négociations avec les talibans. Ils sont nos invités ce soir, aux côtés de M.Bourboulon.
Applaudissements. Bonsoir à tous les trois. ...
Ca papote. Ca y est, je peux commencer, Martin? On est ravis de vous accueillir à l'occasion de la présentation de ce film à Cannes, ambitieux et à la hauteur de son ambition.
C'est vous qui le dites, mais on est totalement d'accord. Ca vous offre le plus beau rôle de votre carrière. Vous avez accepté ce rôle avant même que le scénario vous soit soumis.
Il vous a suffi de lire le récit de M.Bida pour vous convaincre que c'était un personnage qu'il fallait incarner à l'écran? - R.Zem: Ca racontait en détail les événements d'août 2021.
On a une chance incroyable, avec Martin, de travailler avec D.Rassam. C'est un film avec un sujet très engagé.
Il s'agit de l'exfiltration des ressortissants et des Afghans avant l'arrivée des talibans. C'était un film à la hauteur de ses ambitions. C'est assez rare, dans le cinéma français, pour le signaler. - A.-E.Lemoine: Vous incarnez ce héros discret.
Il sauve des vies. Il dit qu'il a le sentiment de n'avoir fait que son devoir. - R.Zem: Il ne cherche pas la lumière.
Il est droit, carré. Il représente la France. Il est en charge de l'ambassade.
Il veut partir de là avec des valeurs qu'on lui a inculquées et que la France représente pour lui. Il n'est pas question d'abandonner des gens sur place. - A.-E.Lemoine: L'honneur, la fraternité, la responsabilité...
Ce sont des valeurs mises en valeur dans ce film. C'est ça aussi, le rôle du cinéma, de mettre en lumière ces valeurs? - R.Zem: Oui.
C'est là où il est tout à fait intéressant. Il fait partie de la grande histoire. Tout le monde a vu ces gens s'accrocher aux avions qui décollaient pour pouvoir quitter le territoire.
S'il n'avait pas écrit ce livre, comme beaucoup de gens aujourd'hui qui travaillent au sein des ONG, on n'aurait jamais entendu parler de lui ou de cette histoire. - A.-E.Lemoine: Lyna, c'est votre 2e collaboration avec Martin.
Vous incarnez cette interprète. - L.Khoudri: 4e! - A.-E.Lemoine: Cette Franco-Afghane contrainte à l'exil...
Dans le film, il y a des artistes afghans qui ont été les premiers à être les cibles des talibans, forcés à l'exil. Le récit sur le tournage vous a bouleversée et a eu un écho particulier pour vous? - L.Khoudri: On a eu la chance de travailler avec un coach, qu'on voit à l'écran.
C'était notre coach de langue, pour qu'on puisse parler le pachto. Les acteurs ont pu partager avec nous leur récit. C'était bouleversant, évidemment.
On avait cette envie d'être loyaux, fiers...
Enfin, fiers...
Qu'ils soient fiers, qu'on ne les trahisse pas. On était très proches d'eux. Ca nous portait pas mal. - P.Cohen: C'est un film très spectaculaire avec des scènes d'action époustouflantes.
C'est la force du film. C'est aussi un thriller haletant. Ces scènes de foule saisissantes, ces gens désespérés qui se massent aux portes de l'ambassade, dernière forteresse face aux talibans...
On a 2 questions. Comment ils vont y arriver? Comment vous avez tourné ces scènes, Martin? - M.Bourboulon: On a tourné au Maroc avec des équipes magnifiques, qui savent très bien répondre à l'ambition de ce genre de film.
Un des plus grands défis a été d'essayer de mettre en perspective et de mettre en scène cette foule, de faire croire qu'on était dans la réalité de ce qu'avaient été ces événements il y a 3 ans. On essaie d'être à la hauteur de ces événements, en se donnant les moyens, grâce à une production qui nous suit à tous les endroits de la préparation. On espère, en essayant de trouver la bonne grammaire de mise en scène, pour que l'intensité, le rythme et la force du récit soient à l'intérieur des scènes plus que dans l'artifice de la caméra.
J'y tenais beaucoup. - A.-E.Lemoine: Roschdy, vous n'aviez jamais tourné dans un film à aussi gros budget? - R.Zem: C'est la 1re fois.
Ce n'est pas aussi fréquent. - A.-E.Lemoine: Vous avez l'impression de commencer votre carrière à 60 ans. - R.Zem: Je n'ai pas 60 ans. - A.-E.Lemoine: Bientôt 60 ans...
C'est en septembre, ça va! - P.Cohen: Quand ce n'est pas l'heure, ce n'est pas l'heure.
A propos d'heure, vous avez su, quelques jours seulement avant l'ouverture du Festival, que vous seriez ici présentés à Cannes? - M.Bourboulon: Ca a été une annonce tardive, mais qui nous rend heureux.
On ne se souvient que d'avoir été sélectionnés. Tout ça ne compte plus, aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: J'en reviens à mes moutons et à mes 59 ans et trois quarts...
C'est glissé. Patrick a essayé de vous sauver. - R.Zem: Me sauver de quoi... - A.-E.Lemoine: Qu'est-ce qui vous a fait le plus fait kiffer...
Cette vieille qui parle comme une jeune...
Qu'est-ce que vous avez aimé dans le fait que ce soit un film à gros budget? Que ce ne soit pas un film d'action et de cascades? - R.Zem: Quand on raconte les événements, l'évacuation de l'ambassade de France à Kaboul, il y a des moyens logistiques.
Ce film ne peut pas se faire avec un petit budget. C'est important que, dans le cinéma français, on puisse raconter cette histoire avec les moyens. C'est un peu ce que font les Américains.
Il y a une nouvelle vague de producteurs qui se risquent à des sujets aussi forts, contemporains, modernes. Pouvoir y participer, à 60 ans bientôt, ça me fait plaisir. - P.Lescure: Jour pour jour, quasiment, ça fait 30 ans que vous veniez pour la 1re fois à Cannes.
Vous allez voir comment il répondait très sérieusement aux journalistes. - R.Zem: Je regrette cette époque où c'était l'insouciance.
Je ne me souciais pas du lendemain. Je ne réfléchissais à rien. C'était un peu comme dans le personnage du film...
C'était: "Vivre le moment présent." Avec la maturité, on la perd. - P.Lescure: L'insouciance, vous ne l'aviez pas totalement perdue.
A la montée des marches, vous avez oublié votre invitation. Vous avez failli être refoulé. - R.Zem: On s'est levés à la fin, quand il y a eu les applaudissements.
Ma poche est restée coincée dans le siège. Elle s'est déchirée en deux. J'ai passé toute la journée avec la main sur la poche parce que j'avais honte que ça se voie. - A.-E.Lemoine: Il y a eu un prix, cette année-là. - R.Zem: Prix du jury. - A.-E.Lemoine: Un mot sur vos débuts, Lyna.
Vous avez étudié les arts du spectacle à l'université, à Aubervilliers, là où vous viviez et où vous avez fait vos armes. Vous avez joué "Hamlet" dans un kebab. - L.Khoudri: C'est ça, que vous allez faire?
Purée... - Voici une marguerite.
Je vous aurais bien ramené des...
Elles ont toutes fané à la mort de mon père. - A.-E.Lemoine: C'est un projet fou mais bien plus engagé qu'il n'y paraît.
L'idée était d'être en plein coeur de la banlieue parisienne, là où la culture n'a pas droit de cité. - L.Khoudri: C'était un dispositif...
On voit le théâtre de la commune, mais c'était dans un kebab, en réalité, à Aubervilliers. Rodrigo Garcia, un grand metteur en scène que j'admire, nous avait dit: "Je ne comprends pas." On met en place une pièce de théâtre avec les habitants de la ville.
Il disait: "Je ne comprends pas pourquoi les Parisiens prennent un bus et repartent dans Paris centre. Il y a cette espèce de système de navettes dans les banlieues." Il a dit qu'il ne voulait pas jouer à ce jeu-là. "On va faire'Hamlet'dans un kebab.
Ca sera retransmis au cinéma, au MK2 Bibliothèque." - M.Bouhafsi: Cannes, c'est souvent des grands souvenirs pour vous. ...
Applaudissements. - R.Zem: J'ai une pensée pour les soldats qu'on a représentés dans le film, qui n'ont pas eu de récompense.
Je dédie cette récompense à eux. Ils chantent. ... - M.Bouhafsi: Si on avait pu mettre toute la séquence, on l'aurait fait.
On a pleuré devant "Indigènes", devant ce grand moment. On peut citer J.Debbouze, entre autres.
Ce prix d'interprétation masculine collective vous est remis. Ce soir-là étaient présents d'anciens combattants nord-africains de la Seconde Guerre mondiale, qui s'étaient engagés pour l'armée française. C'était à eux qu'étaient destinés cette chanson et ce discours. - R.Zem: Après Cannes, on a montré le film au président de la République, J.Chirac.
En voyant le film, il a eu une telle émotion qu'il a décidé de débloquer les pensions, qui étaient cristallisées depuis une cinquantaine d'années. Est-ce que le cinéma peut changer les choses? "Indigènes" a changé énormément de choses, notamment pour ces soldats.
Pour nous, c'était un souvenir inoubliable. - A.-E.Lemoine: Ca a changé la vie de votre grand-père, Lyna. - L.Khoudri: Je suis très émue quand je vois ces images.
Ce sont des choses qui nous ont permis de rêver, de faire du cinéma. Quand je vois Roschdy à côté de moi, je suis remplie d'émotion, en voyant ces images. "Indigènes" est un grand film.
Ca a débloqué ces pensions que ces hommes n'avaient pas. Parmi ces hommes, il y avait mon grand-père. L'histoire est belle. - A.-E.Lemoine: Le cinéma fait bouger les choses.
Il rentre dans l'histoire. L'affiche du film s'est retrouvée dans le manuel scolaire de votre fille. - R.Zem: Moi qui ai échoué complètement dans mon parcours scolaire, de voir cette photo dans son manuel d'histoire, c'était une belle revanche. - A.-E.Lemoine: L'histoire contemporaine est rentrée au cinéma avec cette jolie histoire.
Cette histoire extraordinaire et l'héroïsme du héros que vous incarnez, et de l'ambassade de France, qui a été à la hauteur des valeurs françaises à Kaboul, en Afghanistan, alors que les Américains étaient partis sans se soucier du sort de ceux qui les avaient aidés. "13 jours, 13 nuits", c'est hors compétition, mais c'est un film extraordinaire, du grand cinéma français, qu'il faut aller voir le 27 juin en salle. Lyna, vous êtes aussi en compétition avec "Les Aigles de la République".
Merci à tous les trois d'être venus. Avant de conclure et avant les actualités de Bertrand, le classique de Patrick qui vous est consacré, Roschdy. - P.Cohen: Classique dédié à une figure du théâtre et du cinéma, D.Pinon, une gueule...
Roschdy, vous avez partagé avec lui l'affiche de "Camping à la ferme". D.Pinon est un type échappé d'un asile. "La cavale des fous", 1993.
Il rit. - J'aimerais bien rigoler un coup, aussi. C'est la 1re fois que je vois un mec qui n'a jamais vu de pompiste.
Mon essence! Il a cru que c'était une paille! - Elle est sans-plomb! - On viendra vous prévenir quand on aura fini.
Applaudissements. - P.Cohen: Cette comédie ressort chez Gaumont en DVD et Blu-ray dans quelques jours.
P.Richard, qu'on vient de voir, vient de monter les marches de Cannes pour son dernier film comme acteur et réalisateur. "L'Homme qui a vu l'ours qui a vu l'homme".
On peut l'applaudir. - A.-E.Lemoine: Merci d'avoir accepté notre invitation.
On conclut avec les actualités de Bertrand. Thème de "La croisière s'amuse". Thème de "Fort Boyard". - B.Chameroy: Bonsoir, Cannes! - A.-E.Lemoine: Ca va? - B.Chameroy: A peu près. - A.-E.Lemoine: Tu as failli tomber. - B.Chameroy: Bonsoir. 10e et avant-dernier jour du Festival de Cannes.
Chez nos amis de BFM, miss Côte d'Azur était en édition spéciale depuis un grand hôtel de la Croisette. Le problème, c'était que c'était le matin. Visiblement, ils étaient en soirée la veille.
Niveau réactivité, ce n'était pas ça. ... ... - Oui, mais là...
Nous sommes à présent avec ce qu'on appelle une...
Il chuchote. - B.Chameroy: Pardon, l'émission a commencé!
Une fois à l'antenne, la présentatrice était à fond sur les infos croustillantes. - Vous êtes président du syndicat patronal de l'hôtellerie-restauration. - B.Chameroy: Elle a minimisé les prises de risque. - Le coup de feu va bientôt commencer au restaurant.
Vous êtes maître d'hôtel? Depuis presque... - 39 ans. - B.Chameroy: "Je ne fais pas toutes les questions".
Le cadre avait une très grosse envie d'aller au wawa, comme on les appelle dans le milieu. Il a décidé de laisser Céline et son invité en rade pour vivre sa propre vie. - On peut peut-être faire un tour.
C'est une des suites emblématiques du Carlton. - B.Chameroy: "Ca fait 4 heures qu'on tourne..." "S'il y a des chiotards dans le coin, je suis preneur.
Ce truc est immense. Là, c'est quoi? Un dressing.
Bon, écoutez..." - A.-E.Lemoine: Il n'a pas trouvé les toilettes. - B.Chameroy: Cinéma...
On est à Cannes! Nous recevions les frères Dardenne pour la sortie de leur film, "Jeunes Mères". Peu de gens le savent, mais ils ne sont pas les seuls réalisateurs.
Une autre fratrie commence à se faire un nom, les frères Doux-Dingues. C'est plus joyeux, mais plus lourd. - Ma question est simple: est-ce que tu l'as vu? - Quoi? - Ne fais pas celui qui ne sait pas.
Tu sais très bien de qui je parle. - Qui? - Mon cul.
Je vais à la cave. Tire sur mon doigt! Il pète.
Non, je suis là. Il faut que je te le dise. Tu as une tache.
Pistache! Pour l'amour du ciel, je te demande une chose: dis-le. - Je ne peux pas. - Dis-le. - Camion! - B.Chameroy: Jamais, au cinéma en tout cas, je l'espère.
C'est l'heure de vous donner la parole, comme chaque soir. Oui, Patrick? - P.Cohen: C'est truqué. - B.Chameroy: C'est parti.
Ce soir, il y a du beau monde, dans le public. La chemise rouge...
Monsieur avec la chemise à carreaux. Bonsoir. Vous êtes? - Très grand. - B.Chameroy: Je vous le confirme.
Votre prénom? - Anatole. - B.Chameroy: Votre question? - Je me demandais si vous aviez des nouvelles de la personne qui faisait le rire à la fin de "Thriller", de M.Jackson. - B.Chameroy: C'est fou que vous me posiez la question.
Elle était l'invitée de S.Brakhlia et de J.Chapuis ce matin. "Thriller", de M.Jackson.
V.Pécresse rigole. C'est ma Valérie!
She's alive! Le monde continue de tourner en dehors de Cannes. L'IA continue d'avancer à pas de géant.
On a voulu tester tout ça. Mon ordinateur est tombé en rade, mais les Cannois ont joué le jeu. Les Cannois sont très sympas. - Il y a un moteur de recherche très connu qui agrémente l'IA, maintenant.
On voulait essayer l'IA. Vous vous mettez là. On va intégrer à la place de moi...
Je vais partir. On va intégrer un grand dinosaure. L'idée est que vous puissiez faire une conversation avec lui.
Il est très haut. Il faut le regarder en haut, sinon, ça va faire bizarre. - Bonjour, comment allez-vous? - On va insérer un petit enfant. - Bonjour.
Ca va? Qu'est-ce que tu fais sur la Croisette? C'est quoi, ton film préféré? - De quelle planète vous venez? - Il va faire une blague.
Vous pouvez rire...
Vous pouvez essayer de lui faire un petit check? Génial. Est-ce que vous pouvez rugir pour lui faire peur?
Elles rugissent. - A.-E.Lemoine: Ils sont super! - B.Chameroy: Merci, Cannes.
Promis, on part demain. Séquence des tenues jumelées sur le tapis. C'était sponsorisé par... - J'ai besoin d'une lampe.
Je te pique ça? - B.Chameroy: Vu, ce monsieur très mauvais en météo.
Une boule géante qui s'est échappée à cause de la grande mer et des vagues. Des pipelettes qui avaient passé la soirée avec Patrick. "Il voulait me ramener dans sa chambre.
J'ai dit que ce n'était pas possible." Et les femmes Power Rangers! C'est truqué, aussi.
Le tapis rouge était commenté en direct par franceinfo, qui vont bientôt changer de canal et de nom, et qui deviendront France, parce qu'il n'y a plus d'info! - 14 millions d'entrées, 128 millions d'euros, un casting de haut niveau, pour "Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre": G.Depardieu, C.Clavier, machin... - B.Chameroy: On salue "machin", excellente dans le film!
A.-E.Lemoine renifle.
Si vous comprenez quelque chose à ce qui va suivre...
Il balbutie. Sa marque de fabrique, c'est des films politiquement tranchants. Il y a un narratif soigné...
On va brainstormer là-dessus. "La Starnaque", c'est demain. Bonne soirée! - A.-E.Lemoine: Merci, Bertrand.
Merci au public. Elles se font un câlin. Elles sont trop mignonnes.
Merci à toutes les trois. Le meilleur pour vous! ...
Tournez-vous pour saluer nos téléspectateurs.
Xavier Bertrand