Marine Le Pen : "Le gouvernement choisit la pire des solutions, celle du chèque permanent"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la présidente du groupe RN à l'Assemblée Nationale, députée RN du Pas-de-Calais. Question, réaction, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Marine Le Pen, bonjour.
Bonjour, bonjour.
Et merci d'être sur Inter ce matin. On ne vous a pas reçu à ce micro depuis juin dernier. C'était dans l'entre-deux-tours des élections législatives. Aujourd'hui, vous faites votre rentrée politique et on va évoquer avec vous, évidemment, tous les grands dossiers qui font l'actualité. Mais un mot d'abord sur les funérailles grandioses de la reine Elisabeth II. Plus d'un million de Britanniques dans les rues de Londres hier. Une cérémonie diffusée en Mondovision, potentiellement des milliards de téléspectateurs. Le sens de la cérémonie, du sacré, le protocole strict. Que vous ont inspiré ces images ?
On ne peut qu'être, évidemment, admiratif de la capacité d'organisation d'une cérémonie. Qui est une cérémonie qui fait remonter toute la tradition de ce pays qu'est la Grande-Bretagne. Et accessoirement, une partie aussi de l'histoire de l'Europe. En fait, c'est une forme de révérence à l'égard du temps long dans un monde qui zappe en permanence. Où les stars d'aujourd'hui ne seront plus celles de demain matin. Et bien, le règne très long de la reine d'Angleterre. La traversée de toutes les vicissitudes de l'histoire de la nation. Je pense, fait remuer quelque chose dans le cœur de, effectivement, peut-être millions, milliards, voire d'habitants de la planète.
Il y a quelques années, Emmanuel Macron avait déclaré, dans la politique française, l'absent et la figure du roi, dont je pense, dont il pense, Macron. Qu'il serait fondamentalement, dont cette figure du roi serait fondamentalement, les Français n'ont pas voulu donner la mort à cette figure du roi. Vous êtes d'accord avec lui ?
Ce qui est sûr, c'est que notre peuple a tué son roi. Et je ne suis pas tout à fait sûr qu'il ne se le reproche pas de temps en temps. Nous avons été un pays qui s'est construit, aussi, évidemment, avec la royauté. Et ce n'est pas quelque chose que l'on peut oublier du jour au lendemain. C'est sûrement dans l'inconscient collectif français. En tout cas, il persiste cet attachement à une partie de l'histoire de France qui nous a construit tel que nous sommes. Même si nous sommes, évidemment, aujourd'hui, tous attachés à la République et qu'il y en a. Il y a des monarchistes, mais ils sont quand même très peu.
Le moment qu'on traverse, que traverse la France aujourd'hui en cette rentrée, d'abord, diriez-vous, comme François Bayrou, que le pays vit la crise la plus grave qu'il ait connue depuis la guerre ?
Nous passons de crise en crise. C'est cela qui est terrible. Mais la crise est toujours un révélateur, si vous voulez, de nos défaillances, de nos carences. Et particulièrement de celles de nos dirigeants. Parce que les crises que nous vivons aujourd'hui, ce sont les conséquences des choix politiques mauvais, erronés d'hier. C'est en cela que, je crois, les Français comprennent aujourd'hui l'importance, peut-être, à nouveau de la politique.
Quand nos dirigeants, quand Nicolas Sarkozy décide de faire entrer la France dans le marché de l'électricité européen, la reine, quand François Hollande décide de fermer les centrales nucléaires, quand Emmanuel Macron, en début de mandat, continue à vouloir les fermer, quand donc on abandonne l'investissement dans le nucléaire, eh bien, on découvre, au moment de la crise, notre dépendance, notre perte de souveraineté et notre perte de maîtrise, évidemment, de nos factures d'énergie. Ce qui a des conséquences très lourdes, pas seulement sur les particuliers, mais aussi sur notre économie. Parce qu'en fait, l'énergie, c'est l'économie.
Alors, sur ce sujet, le gouvernement d'Elisabeth Borne a promis que la hausse des prix du gaz et de l'électricité, à partir de l'année prochaine, serait limitée à 15%, grâce au bouclier tarifaire, au lieu de 120%, si le gouvernement n'agissait pas, il y aura en plus un chèque énergie exceptionnel pour les Français les plus modestes, de 100 à 200 euros. Est-ce que vous diriez que le gouvernement met le paquet pour amortir le choc d'une inflation, vous le savez, Marine Le Pen, qui est mondiale et pas simplement française ?
Non, je ne dirais pas ça. Je pense que le gouvernement choisit la pire des solutions. En réalité, c'est la politique du chèque permanent, dont je rappelle quand même que ça n'est pas de l'argent magique. Il n'y a personne qui le fabrique dans les arrières-cuisines de Mme Borne. Donc, ça sort de la poche des Français. Donc, en réalité, on crée un bouclier tarifaire par l'impôt, parce qu'à un moment donné, il faudra bien prendre en charge ces moyens, compenser les erreurs du gouvernement. Donc, je pense que cette méthode est une méthode erronée. Il n'y a qu'une seule solution pour retrouver des prix qui soient des prix stables et qui soient des prix supportables.
C'est d'abord de baisser la TVA sur l'énergie, parce que je le rappelle ici, je l'ai dit toute la campagne présidentielle, l'énergie est un bien de première nécessité. Et les Français vont s'en rendre compte cet hiver, s'ils sont obligés de baisser le chauffage, s'ils sont obligés de subir des coupures d'électricité, des rationnements, ils se rendront compte que l'énergie est un bien de première nécessité. Si c'est un bien de première nécessité, alors la TVA doit être à 5,5 et pas à 20%. J'avais proposé ça, le coût de cette mesure, c'est la moitié de ce que coûte actuellement le bouclier tarifaire qui est mis en œuvre.
D'autant que, pardon, mais le bouclier tarifaire, il porte sur l'énergie, il ne porte pas sur l'alimentation. Or, le chèque alimentation, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il a disparu. On l'avait évoqué, le gouvernement l'avait évoqué à un moment donné, et on ne l'évoque plus. C'est sûr que venir nous vendre la sobriété comme seul argument pour répondre à la crise qui s'annonce, c'est extrêmement léger, et puis c'est difficile à appliquer pour l'alimentation. On va proposer aux Français la sobriété pour l'alimentation et voir manger moins. Enfin, on voit l'absurdité. Ce n'est pas ce qui est dit, c'est la sobriété énergétique.
C'est baisser le chauffage, ce n'est pas arrêter de manger.
Oui, mais c'est une absurdité. Vous voyez bien que c'est une absurdité. C'est une absurdité sur le plan énergétique, et je vous le démontre en vous disant que si on l'applique, pour résoudre les mêmes problèmes qu'est l'inflation alimentaire, ça vous démontre cette absurdité ?
Oui, mais ça ne l'est pas énergétiquement. Vous dites que c'est une absurdité, ce n'est pas forcément une absurdité écologique de tendre vers une forme de sobriété, Marine Le Pen.
Non, mais c'est une absurdité. Je vous le dis, c'est l'argument de ceux qui n'en ont pas. Ils n'ont pas d'autres moyens, en réalité. La baisse de l'utilisation, ça dépend quelle énergie ? Oui, moi j'aimerais bien qu'on baisse l'énergie provenant du gaz et du charbon, parce que ça, c'est terriblement polluant. Or, c'est exactement l'inverse qui se déroule aujourd'hui, c'est-à-dire que c'est notre énergie nucléaire qui n'est pas polluante qui baisse, et c'est le charbon et le gaz qui augmentent. Voilà dans quelle situation nous ont mis les décisions néfastes de nos gouvernants. Donc, je persiste à vous dire qu'il y a des solutions. La baisse de la TVA, découplée...
Je croyais que c'était une urgence d'ailleurs. Bruno Le Maire avait dit, après moi, bien après moi, il est urgent de découpler le prix de l'électricité du prix du gaz. Moyennant quoi, comme d'habitude avec le gouvernement d'Emmanuel Macron, on dit des choses, mais derrière, il ne se passe strictement rien. Il faut sortir de l'arène, bien sûr.
Marine Le Pen, sur les super-profits des entreprises énergétiques, la présidente de la commission Ursula von der Leyen a annoncé qu'il y aurait une contribution prélevée sur ces super-profits au niveau européen, contribution qui serait reversée aux ménages et aux entreprises en difficulté. Alors, vous dénonciez les super-profits des super-profiteurs de guerre. Êtes-vous satisfaite ?
Non, je ne suis pas satisfaite. C'est toujours pareil, avec ce gouvernement, ils prennent une bonne idée, ils arrivent à en faire quelque chose d'injuste. En réalité, nous avons déposé un amendement au PLFSR en juillet pour taxer les super-profits. Pas seulement d'ailleurs des entreprises d'énergie, de tous ceux qui ont bénéficié de la crise pour volontairement ou involontairement, grâce à la spéculation ou en la subissant, en quelque sorte, faire des super-profits. Ils ont tous voté contre. Tous voté contre, y compris la France Insoumise, qui en a fait pourtant son thème de rentrée. C'est quand même assez étonnant.
Mais là, dans ce que propose Mme von der Leyen, il s'agit en fait de taxer le nucléaire et les énergies renouvelables, les super-profits du nucléaire et des énergies renouvelables, mais pas du gaz et du charbon. Non, mais enfin, je veux dire, les écologistes devraient être vent debout. Donc, on se rend bien compte qu'il y a là, à nouveau, au travers de cette proposition de Mme von der Leyen, une manière d'attaquer encore un peu plus le nucléaire, puisque l'Union Européenne, sur l'influence de l'Allemagne, attaque le nucléaire français depuis maintenant des décennies. Alors oui, il faut une taxe sur les...
L'Union Européenne vient de déclarer que le nucléaire pouvait être considéré comme une énergie verte. Il n'y a pas que des coups de boutoir que l'Union Européenne apporte au nucléaire. Ce n'est pas vrai. Ils ont adopté ça, vous le savez.
Alors, ce n'est pas tout à fait vrai. Ce n'est pas une énergie verte, c'est une énergie de transition. Non, mais c'est la plus verte. Non, mais je veux dire, l'Union Européenne nous ment. Elle nous dit, c'est une énergie de transition. Non, c'est la plus verte. Et parce que nous maîtrisions cette énergie nucléaire, nous devrions être au moment où nous nous parlons les rois du monde.
Vous ne pouvez pas dire que c'est une décision anti-nucléaire, cette décision qui a été prise il y a quelques mois, de dire que le nucléaire n'était pas classé comme dangereux, mais plutôt comme une énergie de transition. Non, mais ce n'est pas le sujet.
Le sujet, c'est que la super taxation, elle ne va porter que sur le nucléaire et les énergies renouvelables. Et elle va laisser de côté le gaz et le charbon. Est-ce que c'est normal ou pas ? La réponse est non, évidemment, ça n'est pas normal.
Vous le savez Marine Le Pen, c'est le grand sujet de la semaine. Emmanuel Macron n'a pas exclu d'inscrire la réforme des retraites dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui arrive la semaine prochaine au Conseil des ministres. Et même d'avoir recours au 49-3 s'il le fallait pour faire passer cette réforme. S'il le fait, qu'est-ce que vous faites ?
S'il fait passer la réforme des retraites au travers du PLFSS, c'est-à-dire au travers d'un amendement en réalité, sans qu'il y ait un vrai projet de loi qui soit débattu à l'Assemblée nationale, ce à quoi nous nous opposerions d'ailleurs. Mais s'il le fait de cette manière-là, en se servant du projet de loi de finance de la Sécurité sociale, non seulement, bien entendu, nous vautre au compte s'il n'utilise pas cette arme institutionnelle qui est dans la Constitution. Mais s'il le fait, il faut qu'il prendra le risque d'une motion de censure.
Il a été réélu président de la République avec la réforme des retraites comme l'une des priorités de son programme, au fond, qu'ils veuillent l'appliquer.
Oui, mais à ce moment-là, on supprime l'Assemblée nationale. On supprime l'Assemblée nationale, on considère que quelqu'un a été élu, donc il a le droit de faire ce qu'il veut. Non, mais les Français sont contre.
Il le fait passer dans le PLFSS qui arrive à l'Assemblée nationale.
Les Français sont contre, ils l'ont dit mille fois. Voilà, ils ont combattu, et à juste titre, cette réforme des retraites. Ils l'ont élue Emmanuel Macron. Et elle est d'autant plus, encore une fois, injuste que le régime de retraite est bénéficiaire cette année, et qu'il sera bénéficiaire, était bénéficiaire plutôt l'année dernière, et qu'il sera bénéficiaire cette année de à peu près 3 milliards et demi. Voilà, donc c'est une injustice profonde qui est faite, qui est en fait une exigence une fois de plus de l'Union Européenne, auquel Emmanuel Macron t'en soumettre.
Emmanuel Macron a détaillé également un projet de loi relatif à l'asile, à l'immigration pour début 2023. Il a notamment promis d'améliorer l'efficacité des politiques de reconduite à la frontière pour les étrangers en situation irrégulière, à commencer par celles et ceux qui troublent l'ordre public de son côté. Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, a défendu à plusieurs reprises cet été son intention de légiférer pour faciliter l'expulsion d'étrangers condamnés pour des délits en assumant une forme de double peine. Est-ce que ça va ? Ce qui va dans le sens de ce que vous prenez, est-ce qu'un texte de ce type, vous le voteriez, Marine Le Pen ?
Comment faire confiance à Emmanuel Macron dans le domaine de l'immigration ? C'est ça la vraie question en réalité, parce que le droit des étrangers dans les 25 dernières années a été multiplié par 40. sous le mandat d'Emmanuel Macron, les entrées sur le territoire ont subi une augmentation de 10%. La réalité, c'est que l'immigration est totalement hors contrôle. Et que les quelques décisions qui ont été prises par Emmanuel Macron, ça a consisté à élargir le regroupement familial aux frères et sœurs des mineurs isolés, isolés en plus de leurs parents. Donc on voit bien, et que la dernière décision prise, c'est de répartir de force les migrants dans les campagnes.
Pour faire des campagnes françaises, les dortoirs, des dortoirs clandestins. C'est un projet de loi qui vise à durcir les reconduites à la frontière. Donc je n'ai aucune confiance. Et je vais dire, comment voulez-vous que j'ai confiance en Emmanuel Macron, qui a quand même osé dire que la politique migratoire de la France était inhumaine ? Non mais elle est inhumaine pour les Français. Voilà, elle est inhumaine pour les Français. Donc comment voulez-vous que je pense que quelqu'un qui est capable de tenir ce type de propos...
Donc vous ne voterez pas le projet de loi ?
Ce type... Nous verrons ce qu'il y a dedans. Car tout ce que j'ai vu pour l'instant, c'est que plus il y a de lois sur l'immigration, et plus il y a d'immigration. Bon, c'est donc que manifestement, on ne prend pas la bonne direction. Mais encore une fois, je n'ai aucune confiance dans Emmanuel Macron pour limiter l'immigration.
Sur l'Ukraine, malgré les avancées sur le terrain de l'armée ukrainienne, est-ce que vous persistez à dire ce matin qu'il faut lever les sanctions sur le régime de Vladimir Poutine ?
Alors arrêtez, parce que ça c'est une désinformation que j'entends maintenant tous les jours. Et je ne la laisserai plus le passé. Alors dites-nous. Je vous le dis très clairement, nous n'avons jamais dit que nous étions contre les sanctions. Vous avez dit les sanctions ne sert à rien. Ah, mais ce n'est pas du tout pareil Madame Salamé, quand on fait du journalisme... Ah bah écoutez, il faut lever les sanctions, il ne sert à rien. Non, non, les sanctions sur l'énergie. Toutes les autres sanctions, je vais vous dire, je trouve ça sans aucun problème. Mais les sanctions sur l'énergie sont absurdes. Et je vais vous dire pourquoi elles sont absurdes.
Parce qu'aujourd'hui, chacun l'admet d'ailleurs, en réalité, elles ont renforcé la Russie, elles ont enrichi la Russie, et elles représentent pour nos peuples un grave danger de paupérisation, compte tenu de l'explosion des prix de l'énergie, et donc des factures que nos entreprises... Alors vous voulez lever quelles sanctions, Marine Le Pen ? Mais je veux lever les sanctions qui empêchent l'importation de l'énergie. Pour une raison simple, c'est qu'en réalité, on continue à acheter cette énergie qui passe par un certain nombre d'autres pays. Ces sanctions sont inefficaces, je l'ai dit, c'est aujourd'hui clair pour tout le monde.
La Russie a fait 40 milliards de plus, 40 milliards de bénéfices de plus, depuis que ces sanctions ont été prises. Ça c'était au début de la guerre. Et je proposais la chose suivante, qui est à mon avis une solution précisément pour représenter d'ailleurs au passage une sanction pour la Russie. C'était de faire un pool avec l'ensemble des pays qui sont exportateurs de gaz, le Canada, les Etats-Unis, la Norvège, le Qatar, pour maintenir un prix bas, parce que les prix de production n'ont pas augmenté, le coût de production n'a pas augmenté pour eux, maintenir un prix bas, ce qui évidemment évitait que la Russie puisse bénéficier aujourd'hui de 40 milliards supplémentaires.
Je précise qu'il n'y a pas de sanctions sur le gaz russe. On n'a pas mis, on a mis des sanctions sur le charbon, en partie sur le pétrole, mais pas sur le gaz russe. Oui, enfin, si, quand même. Il n'y a pas de sanctions sur le gaz russe, c'est eux qui coupent le robinet, Marine Le Pen.
Oui, enfin, d'accord. Donc, on ne peut pas lever des sanctions qu'on n'a pas prises. Non, mais pardon, à partir du moment où on prend des sanctions sur quelque chose, eux, répondent en coupant le gaz. Ça revient exactement au même. Donc, on se retrouve dans la situation suivante. Pardon, regardez-moi, le pétrole. Vous voulez qu'on parle du pétrole, on va en parler. Donc, par exemple, l'Inde achète du pétrole russe et nous le revend. Voilà. Donc, l'hypocrisie doit peut-être cesser. L'Arabie saoudite achète massivement du pétrole russe pour reconstituer ses réserves. Et pour pouvoir, le moment venu, quand les prix seront intéressants pour eux, les vendre à qui ? A l'Union Européenne.
Mais vous dites que les sanctions économiques contre la Russie ne servent à rien. Et pourtant, les usines d'armement ont dû réduire leur production faute de semi-conducteurs. Pourtant, la production automobile a diminué de 20%. Et quel est rapport avec l'énergie ?
Mais parce que les sanctions ont un effet. Mais je ne vous parle pas des sanctions, Madame Salé, ne faites pas semblant de, encore une fois, de ne pas comprendre ce que je vous dis. Le pays est en crise économique. Donc, il y a un effet sur les sanctions. Mais je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas d'effet des sanctions hors énergétiques. L'effet des sanctions énergétiques, c'est de les enrichir. Les autres sanctions, encore une fois, n'ont rien à voir avec ça. Donc, ne continuez pas cette désinformation qui consiste à laisser penser que nous sommes contre l'ensemble des sanctions. Nous avons dit et bien dit, nous sommes contre les sanctions qui, en réalité, vont ruiner le peuple français.
Et, accessoirement, les peuples européens, d'ailleurs.
On passe au Standard Inter, où Roger nous attend. Bonjour, bienvenue Roger.
Oui, bonjour. Bonjour l'équipe du CET 930. Et bonjour, Madame Le Pen.
Bonjour, Monsieur.
Alors, une question simple. Juste avant l'envahissement de l'Ukraine, vous avez dit, mais qui irait donc faire les russes à l'Ukraine ? Vous l'avez dit, je l'ai entendu, et puis je ne suis pas le seul. Et, deuxième question, est-ce que vous ne pensez pas que la liberté n'ayant pas de prix, et bien quelques dizaines ou centaines d'euros, de plus ou de moins pour n'importe quel Français, ne vaut pas ce sacrifice, sachant que je suis retraité à 1680 euros par mois ? Merci.
Merci à vous, Roger, pour cette question. Marine Le Pen vous répond.
Mais, Monsieur, je vous ai répondu, en réalité, avant même que vous posiez la question. Ces sanctions, non seulement, ce n'est pas quelques dizaines de milliers, il y a beaucoup de gens qui ne peuvent pas se permettre, je suis désolé de vous le dire, qui ont des loyers à payer, qui ont des enfants à nourrir, et qui ne peuvent pas se permettre de voir leur facture d'électricité ou de gaz augmenter. Je vous rappelle que la facture d'électricité, le gouvernement nous l'annonce comme si c'était une victoire, d'ailleurs. va augmenter de 15% en février, c'est considérable, d'autant que le prix de l'électricité n'a cessé de monter bien avant, en réalité, la guerre en Ukraine.
Mais surtout, c'est inefficace, c'est ça que je viens dire. Je viens dire, cette décision de sanctions énergétiques à l'égard de la Russie a augmenté les bénéfices, les recettes de la Russie de 40 milliards. Donc, nous nous sacrifions, nous sacrifions les Français, en l'occurrence, strictement pour rien.
Jean-Pierre Rostandard, bonjour, bienvenue.
Oui, bonjour, voilà, bonjour, merci à France Inter de prendre ma question. Bonjour Madame Le Pen. Bonjour Monsieur. Voilà, c'est une question qui est assez simple. Je voudrais savoir ce que vous pensez que la Coupe du Monde a été confiée au Qatar, et ce que vous pensez également de la participation de l'équipe de France à cette Coupe du Monde. Merci.
Merci à vous. Marine Le Pen vous répond, boycott ou pas, y aller ou non ?
Non, mais ce que je vous réponds surtout, c'est que ça met en lumière l'hypocrisie de nos dirigeants quand il s'agit de donner des leçons sur les droits de l'homme. Il y a certains pays sur lesquels on est très regardant, et puis il y en a d'autres sur lesquels on est beaucoup moins regardant. Donc si ça avait été moi, je n'aurais évidemment pas plaidé, pour mille raisons d'ailleurs, pas seulement pour le comportement du Qatar, pour des raisons écologiques aussi, puisque l'écologie semble être une préoccupation, en tout cas affichée, de nos élites.
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'aller faire cette Coupe au Qatar était une très mauvaise idée, mais on est là en pleine hypocrisie politique. Maintenant, cette décision a été prise, à partir du moment où elle a été prise, je pense que le sport doit être découplé pour le coup de la politique, et qu'aujourd'hui, après avoir pris cette décision, il ne serait pas, à mon avis, positif que de refuser d'y aller.
Dimanche, Adrien Quatennens, de la France Insoumise, annonçait sur Twitter qu'il se mettait en retrait de sa fonction de coordinateur du parti, reconnaissant des violences envers son épouse. Doit-il, peut-il rester à l'Assemblée nationale ?
Rester à l'Assemblée nationale, ça c'est aux électeurs de le dire. Vous voyez, parce que c'est comme ça que ça fonctionne. Ce sont les électeurs qui élisent les gens, et ce sont les électeurs qui les élisent ou qui les réélisent. Mais ce n'est pas ça qui m'a choqué. Ce qui a choqué, je crois, beaucoup de gens, c'est la réaction de Jean-Luc Mélenchon. Parce que réussir à faire un tweet avec autant de propos laudateurs à l'égard de quelqu'un qui exprimait un aveu d'avoir commis des violences, c'est quand même incroyable. J'ai retenu ce qu'il avait écrit dans son tweet, Jean-Luc Mélenchon, envers M. Quatennens. Dignité, courage, confiance, affection. Ça fait beaucoup pour un seul tweet.
Il a fait un tweet ensuite pour dire qu'il pensait à Céline Quatennens.
Ah non, il n'a pas dit qu'il y pensait. Il a dit qu'il ne s'en désintéressait pas. J'ai trouvé d'ailleurs la formulation assez terrible, pour être tout à fait honnête. Donc, là encore, la France insoumise, et ça a été le cas avec Tahabouaf, on a bien vu qu'elle a une difficulté avec ce qui pourtant est présenté comme étant le cœur de leurs préoccupations, qui est la défense des femmes, et notamment la lutte contre les violences faites aux femmes.
Merci Marine Le Pen d'avoir été à notre micro ce matin. Président du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Il est 8h46.
France Inter 1.
5. 5. 6. 6. 7. 8. 9. 10. 10. 10. 11. 11. 11. 12. 12. 11. 12. 13. 13. 14. 14. 14. 15. 14. 15. 15. 15. 15.
Marine Le Pen