David Belliard (EELV) : "L'avenir du périphérique parisien n'est pas celui d'une autoroute urbaine"
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Questions et réponses
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Le périphérique tel qu'il fonctionne aujourd'hui est-il encore viable ?
- 1:38OuverteRéponse directe
La réduction de vitesse à 50 km/h fait-elle consensus ?
- 2:22RelanceRéponse directe
Passer de 70 à 50 km/h ne changera rien, non ?
- 2:48OuverteRéponse directe
On parle de voie réservée aux transports en commun, de réduction de voies et d'interdiction des poids lourds. Qui tranchera ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Quand vous dites 'nous', c'est les écologistes ou tous les élus ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Où iront les voitures qui ne pourront plus emprunter le périphérique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Une commission composée d'une quinzaine d'élus, de tous les groupes politiques du conseil municipal a été créée exprès pour réfléchir au futur de ce périphérique. »
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« La vitesse moyenne sur le périphérique, sur 24 heures, c'est 40 km heure avec les embouteillages. »
- 6:45PrésentateurFait
« Il y a une question de sécurité, une question de tranquillité publique. »
- 7:31PrésentateurChiffre
« Paris, c'est plus de 10 000 euros le mètre carré. »
- 7:45PrésentateurChiffre
« Il n'y a plus personne qui peut habiter à Paris, sauf les 3-4% les plus riches. »
- 8:35PrésentateurFait
« Nous n'avons pas le même modèle de ville. »
- 8:46PrésentateurFait
« Nous ne voulons plus de société d'ultra consommation. »
Temps de parole
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Quel avenir pour le périphérique parisien, cette boucle de 35 kilomètres autour de la capitale et l'autoroute urbaine la plus empruntée d'Europe, plus d'un million de véhicules par jour. Une commission composée d'une quinzaine d'élus, de tous les groupes politiques du conseil municipal a été créée exprès pour réfléchir au futur de ce périphérique. Bonjour David Béliard. Bonjour. Vous faites partie de cette commission, vous êtes le président du groupe écologiste au conseil de Paris. Vous aimeriez bien être candidat également au municipal sous la bannière écologiste, vous êtes candidat à l'investiture écolo.
Et vous êtes donc en train de rédiger un rapport qui sera remis dans un mois, à peu près le 21 mai, à la maire Anne Hidalgo. Mais donc déjà, certaines de vos pistes de réflexion sont parues dans la presse. Ça veut dire déjà que le périphérique tel qu'il fonctionne aujourd'hui, c'est plus possible, il faut le modifier.
Aujourd'hui, il y a une forme de consensus sur le fait que cette autoroute urbaine, qui est une autoroute qui a été pensée pour encercler d'une certaine manière Paris, et qui traverse aujourd'hui la métropole du Grand Paris avec une série de nuisances qui sont des nuisances importantes, des nuisances sonores, des nuisances environnementales, des nuisances en termes de pollution. Et je pense notamment aux riveraines et aux riverains qui habitent à côté et qui subissent de plein fouet l'impact, notamment de la pollution des particules fines. Eh bien, cette autoroute-là, telle qu'elle existe, cette frontière, ne pourra pas persister pendant les prochaines années.
Donc, il va y avoir une transformation du périphérique. Et là où c'est nouveau, c'est que lorsque nous le disions, nous, écologistes, il y a encore 5-6 ans, nous étions seuls. Et aujourd'hui, l'ensemble des partis, l'ensemble des groupes politiques qui sont représentés, en tout cas au Conseil de Paris, se mettent autour de la table pour discuter de l'avenir du périphérique. Et cet avenir-là, ce n'est pas un avenir d'autoroutes urbaines telles qu'il existe aujourd'hui.
Donc, ça passe par une réduction de la vitesse à 50 km heure. Ça, c'est l'une des mesures phares, des projets phares. Ça, ça fait consensus ?
Ça rentre dans une logique qui est déjà une logique ancienne. Le périphérique, il y a 15 ans, c'était 90 km heure, puis 80 km heure, 70 km heure depuis 2014. Et puis, là, effectivement, il y a une volonté de réduire la vitesse. Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que la vitesse moyenne sur le périphérique, sur 24 heures, c'est 40 km heure avec les embouteillages. Donc, diminuer la vitesse, c'est quoi ? C'est d'abord améliorer, diminuer le bruit, notamment pour les gens qui habitent autour du périphérique. Et puis, c'est améliorer aussi la fluidité sur cet axe routier, en diminuant notamment les embouteillages.
Mais vous me dites que c'est 40 km heure en moyenne, donc finalement, si on le passe de 70 à 50, ça ne va pas changer grand-chose ?
Non, c'est très différent d'avoir une vitesse moyenne qui va se lisser, d'une certaine manière, plutôt que 70 km heure avec des à-coups. Voilà, ça, c'est extrêmement différent. Lorsque vous diminuez, encore une fois, la vitesse sur le périphérique, eh bien, d'une certaine manière, vous fluidifiez le trafic et vous diminuez les embouteillages qui peuvent y avoir sur ce tronçon.
Dans les informations aussi qui sont parues hier et dans les pistes que vous proposez, on parle aussi d'une voie réservée aux transports en commun, d'une réduction d'ailleurs globale du nombre de voies, d'une interdiction des poids lourds. On est d'accord, ce sont des pistes, pour le moment, qui va trancher ?
Alors, tout ça, ce sont des préconisations. C'est une mission d'information et d'évaluation. Donc, ce sont, d'une certaine manière, notre contribution au débat. Ce qui est important, c'est de voir que ça avance. Il y a un certain nombre de propositions qui commencent à faire consensus. Et je pense qu'en 2020, ça sera un enjeu important, la transformation du périphérique. C'est en partie la préfecture de police aussi qui doit décider d'avancer un certain nombre de ces mesures. Donc, on est loin encore des décisions. Mais l'objectif, c'est quand même d'avancer et de faire des transformations d'ici 2024. D'ici 2024, nous souhaitons, là, aujourd'hui, réduire la vitesse.
Nous souhaitons diminuer le nombre de voies.
Là, quand vous dites, nous, c'est les écolos ou c'est tous les élus de tous les différents groupes politiques ?
Quasiment tous les élus des groupes politiques. Nous, on veut aller plus loin en tant qu'écologistes. Mais par contre, c'est une première étape depuis d'ici 2024. Et notamment, de réduire le nombre de tronçons dédiés à la voiture, de favoriser le covoiturage, de favoriser les transports publics.
Et elles vont où, toutes les voitures qui étaient sur le périph et qui ne pourront plus y aller ?
Évidemment, quand vous décidez de transformer le périphérique, vous transformez beaucoup plus que le périphérique. Vous proposez des alternatives, vous investissez dans les transports en commun, vous investissez dans les continuités cyclables, c'est-à-dire, en gros, les pistes cyclables qui vont de Paris vers la banlieue et de banlieue vers Paris. Bref, vous transformez, en fait, le modèle de mobilité. Et ça, c'est évidemment très important. Nous, lorsqu'on travaille, lorsqu'on discute sur la question du périphérique, évidemment, on discute aussi sur la transformation du modèle.
Aujourd'hui, on est encore dans un modèle qui est beaucoup basé sur la voiture individuelle, avec tous les méfaits que ça apporte, notamment en termes de santé publique et sur la pollution. Et puis, on veut passer sur un modèle différent, un modèle basé d'abord sur les transports en commun, sur le vélo, sur le covoiturage.
Alors, il y en a un qui veut aller encore plus loin, c'est Gaspard Gantzer, qui est également un candidat à la mairie. Alors, lui, il veut carrément le supprimer, le périphérique.
Lui, il veut vendre le périphérique, surtout à des promoteurs immobiliers. Oui, mais il veut en faire des espaces verts, des bureaux, des logements. Bien sûr, mais je crois que l'objectif, l'horizon, nous, on s'est déjà exprimé en tant qu'écologiste sur le sujet, c'est de transformer radicalement le périphérique. Et ça, à horizon 2030, 2040, nous, on ne supprime pas, on transforme. En fait, on veut transformer le périphérique. Aujourd'hui, c'est une frontière, c'est une frontière urbaine, c'est une frontière physique, c'est une frontière mentale. Il faut changer ça, il faut faire de cette frontière un pont.
Et bien, oui, évidemment, il faut qu'on puisse habiter dans le périphérique, il faut qu'on fasse des espaces verts sur le périphérique, il faut qu'on diminue la place qui est réservée aujourd'hui à la voiture.
Alors, au-delà du périphérique, la question des transports et plus globalement des mobilités, pour vous, c'est ce qui sera au cœur de la campagne ? C'est le sujet numéro un de la campagne ou il y a plus important ?
Non, il y a plusieurs sujets qui vont être abordés pendant cette campagne, mais évidemment, la transformation de la ville et le périphérique, la question des espaces verts, notamment pour une ville comme Paris, qui est une ville extrêmement dense, extrêmement minérale, elles vont être très en avant dans cette campagne électorale. Et donc, du coup, la question du périphérique, vous savez, le périphérique, si on récupère d'une certaine manière le périphérique, ça ne va pas se faire en claquant des doigts, mais c'est l'équivalent d'un arrondissement en termes de superficie. Donc, vous voyez, on peut imaginer plein plein de choses.
Dans une ville qui manque profondément d'espaces verts, on peut imaginer effectivement qu'une partie, en tout cas, de ce périphérique, de cet espace récupéré, puisse devenir des espaces verts. Donc, on le voit, on peut se projeter vers une autre ville.
Autre sujet de la campagne, en tout cas, l'ancien secrétaire d'État au numérique, Mounir Majoubi, le met déjà en avant, ce sujet, c'est la sécurité. Alors, lui, il propose de déployer des drones de protection équipés de caméras, un par quartier, donc ça fait 240 au total, plus il veut l'installation de 20 000 boutons d'urgence pour appeler les forces de l'ordre en cas de problème. Vous en pensez quoi ?
C'est 1984 et Brésil, le tout dans des propositions qui sont des propositions complètement irréalistes. Et ce n'est pas du tout la ville dont moi, j'ai envie. Ce n'est pas du tout la ville que nous, écologistes, nous allons défendre. Oui, bien sûr, il y a une question de sécurité, une question de tranquillité publique. Oui, bien sûr, il faut améliorer la présence notamment d'agents sur le terrain et de proximité. Oui, bien sûr.
Pour vous, c'est un problème humain ? Il n'y a pas assez de monde dans la rue ?
Bien sûr, on a perdu énormément de policiers depuis, et notamment depuis l'époque Sarkozy. Il y a un vrai sujet, notamment dans les quartiers populaires. Donc, il y a un problème d'effectifs, et notamment d'effectifs nationaux, de polices nationaux. Et puis, il y a globalement aussi un problème d'aménagement. Il y a certaines zones, et notamment les portes de Paris, qui sont aujourd'hui aménagées et qui favorisent d'une certaine manière la délinquance, et notamment la petite délinquance.
Et les logements, les prix qui continuent de grimper en Paris, qui est une des villes les plus chères du monde, ça, ça vous inquiète ? Ou vous dites finalement, c'est que la ville plaît, donc c'est pas mal ?
Non, on ne pourra pas faire d'écologie sans avoir une action très très forte contre la spéculation immobilière. Aujourd'hui, Paris, c'est plus de 10 000 euros le mètre carré. C'est le prix moyen qui est passé il y a à peu près 3-4 semaines. Il n'y a plus personne qui peut habiter à Paris, sauf les 3-4% les plus riches. Et on le voit, Paris perd des familles, Paris perd sa classe moyenne, Paris perd évidemment les personnes les plus précaires. Donc, il faut absolument se mobiliser contre la spéculation immobilière, qui doit être un des sujets prioritaires pour 2020. La lutte contre Airbnb, continuer à créer du logement social.
Et puis, plus globalement, il y a une réflexion à avoir sur les bâtiments municipaux. Aujourd'hui, Paris vend des bâtiments municipaux, participe d'une certaine manière à la spéculation immobilière. Moi, je crois qu'aujourd'hui, il faut arrêter ces ventes. Et même, je vais même vous dire, il faut récupérer du foncier par la puissance publique.
Une dernière question. Les écologistes font partie de la majorité à la mairie de Paris. Pourquoi se présenter contre Annie Delgaux ?
Moi, je suis très fier de ce qu'on a fait pendant cette majorité. Mais vous êtes quand même candidat. Mais non, mais bien sûr. Moi, je suis très, très content. Mais vous savez, nous n'avons pas le même modèle de ville. Non, nous n'avons pas la même façon de percevoir la vie. Ou par exemple, la société de consommation. Je vais vous donner un exemple. Nous, nous ne voulons plus de société d'ultra consommation. Donc, ça se passe par quoi ? Ça passe par libérer la ville de la publicité. Eh bien, là-dessus, il suffit de se promener dans Paris aujourd'hui. Eh bien, vous voyez, il y a énormément de publicité. Nous, ce n'est pas le modèle qu'on a envie. Voilà. Eh bien, ça, c'est un sujet.
Évidemment, un sujet parmi d'autres sur lequel on a des différences et qu'on fera entendre pendant cette campagne des municipales. Merci beaucoup, David Béliard, président du groupe écologiste au Conseil de Paris. Vous étiez l'invité du 5-7 ce matin. Merci beaucoup. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
David Belliard