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interviewRMC — Face à Face· 15 décembre 2022 21 min

Face à Face : Fabien Roussel - 15/12

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV, bonjour Fabien Roussel.

0:15
Fabien Roussel

Bonjour Apolline de Malherbe.

0:16
Présentateur

Merci d'être là ce matin, vous avez veillé tard comme nombreux et comme tous les Français hier soir. Vous êtes le secrétaire national du Parti communiste, vous êtes député du Nord. Vous avez oublié votre maillot ce matin, mais vous m'aviez même dit, si on gagne, je viens avec le maillot. On va la gagner là ? On va la gagner ?

0:32
Fabien Roussel

J'espère, toutes tes conditions s'en réunissent, j'espère assister à une belle finale, qu'on la remporte. Mais hier on a assisté à un superbe match. D'abord ça fait du bien, dans ce moment un peu difficile, très difficile que vivent les Français, d'avoir ce moment de bonheur, d'amitié, de fraternité. Moi je suis fier des Français qu'ils aient supporté, l'équipe du Maroc ou l'équipe de France, de voir tous ces gestes d'amitié, ces accolades, cette liesse à la fin. C'était une belle image et un beau match avec une équipe marocaine vraiment au top. Ils méritent leur place en demi-finale, ça a été difficile pour nous. Je les salue parce qu'ils ont joué un match remarquable.

1:17
Présentateur

Ils ont joué un match remarquable. Ce que j'aime bien c'est qu'immédiatement, moi aussi je joue le jeu en vous posant la question, finalement on dit qu'il ne faut pas politiser le sport. Emmanuel Macron lui-même dit non, non, non, on ne politise pas, on ne politise pas. Évidemment on politise. Vous lui-même politise, vous politisez, on politise tous.

1:33
Fabien Roussel

Non, j'ai fait de la politique.

1:34
Présentateur

Non, je ne sais pas, quand même un peu de fierté.

1:36
Fabien Roussel

On se dit que ça fait du bien dans ce moment. Oui, mais tout simplement parce que quand on regarde un match de foot comme je l'ai fait hier soir, on était place du colonel Fabien. On avait un documentaire, le siège du Parti communiste français, on avait l'écran, on a regardé ça tous ensemble. Après un documentaire sur Georges Marché, on avait organisé un débat. C'est bien, donc vous faites d'accord. Oui, mais Georges Marché était un grand fan de foot. C'est une soirée très complète pour le Parti communiste. Mais comme ça on lui a rendu hommage aussi. Mais en fait, le foot a ça de magique, c'est qu'il y a de l'émotion, il y a de la tension, il y a de la surprise, il y a de la passion.

Au final, là il y a la joie et puis on se retrouve tous. Donc c'est un moment de fraternité, d'amitié énorme pour un pays.

2:17
Présentateur

Vous auriez été, vous, au Qatar ?

2:18
Fabien Roussel

Et hier c'était un peu comme un derby quand même. Donc il y avait de l'enjeu quoi.

2:21
Présentateur

Vous auriez été au Qatar ?

2:23
Fabien Roussel

Si j'étais président de la République, je crois que j'aurais d'abord veillé aux conditions du chantier. 6 500 morts dans ces stades pour les bâtir. J'aurais formulé de grandes exigences. Certainement que si j'avais été à la place de Nicolas Sarkozy, je n'aurais pas fait en faveur de l'attribution de cette Coupe du Monde au Qatar. Mais vous savez, il y a ça. Mais de l'autre côté, je l'ai déjà dit, je me suis déjà prononcé là-dessus. Il y a cette convention fiscale intolérable entre la France et le Qatar qui fait que le Qatar bénéficie d'une forme d'exemption fiscale qui est intolérable, pas justifiée. On fait des cadeaux au Qatar, des cadeaux fiscaux.

On leur permet de ne pas payer d'impôts sur les plus-values immobilières. C'est le troisième ou quatrième pays à qui on exporte le plus d'armes. Il y a des liaisons dangereuses avec ce pays que je dénonce, que nous dénonçons. Et voilà. Et ça, c'est de la politique.

3:22
Présentateur

Mais hier soir, vous auriez été ou vous n'auriez pas été ?

3:25
Fabien Roussel

En tant que président de la République, moi, j'aurais préféré afficher un boycott diplomatique auprès de cette Coupe du Monde. Le ministre des Sports y sera allé pour représenter la France. Mais j'aurais formulé en amont des exigences fortes. Et d'ailleurs, nous plaidons, nous, pour qu'il y ait une agence internationale indépendante qui puisse décider de l'attribution de ces grandes manifestations sportives avec des normes sociales et environnementales pour permettre à ce que ces grands événements sportifs soient aussi le reflet des valeurs que l'on puisse porter à l'échelle de la planète.

4:02
Présentateur

Boycott diplomatique, si vous aviez été président. Donc, le ministre, en l'occurrence la ministre des Sports, oui. Le président, non. Fabien Roussel, du point de vue de la sécurité, alors qu'il y avait beaucoup de débordements redoutés. Il y a eu, certes, quelques débordements, mais globalement des scènes de liesse et de joie. On déplore évidemment la mort d'un jeune homme de 14 ans en marge de rassemblement post-match à Montpellier. Un chauffard qui a foncé dans la foule et qui est toujours recherché. Globalement, il y a eu, certes, des interpellations. 167 interpellations, dont 45 à Paris. Dans le reste du territoire, 95 interpellations, 87 gardes à vue.

Est-ce que vous diriez que la sécurité a été maintenue hier soir ?

4:48
Fabien Roussel

D'abord, la soirée a été effectivement endeuillée par ce drame à Montpellier. Je souhaite adresser mes plus sincères condoléances à la famille de ce jeune garçon qui fêtait la victoire, apparemment. Mais par ailleurs, enfin, Madame de Ballère, excusez-moi, ce que l'on retient, c'est d'abord des grandes scènes de joie, de manifestations populaires, où tous ensemble, que l'on ait soutenu l'équipe du Maroc. Et les drapeaux, d'ailleurs, se mélangeaient. Voilà, c'était la fête. Enfin, moi, je vois dans le bassin minier, où les mineurs marocains étaient aux côtés des mineurs polonais, français, qui travaillaient tous ensemble durement. Leurs enfants étaient hier ensemble dans les cafés.

Et on vit ensemble, et on a fait la fête ensemble, chacun supportait son équipe. Mais à la fin, on a tous bu des coups ensemble. Et c'est d'abord cette fête-là que l'on doit retenir, et que je retiens. Et d'ailleurs, ceux qui vont pronostiquer des affrontements, des échafourés, etc., au final, ça a été mineur. Et il faut retenir cette immense fête populaire qu'il y a eu dans le pays.

5:51
Présentateur

Il y a eu une quarantaine de militants d'extrême droite qui ont été arrêtés dans le 17e arrondissement à Paris, alors qu'ils se rendaient sur les Champs-Elysées, où ils avaient prévu, je les cite, d'en découdre. Cet affrontement, la maire du 8e avait dit redouter des scènes de guerre civile. Elles n'ont donc pas eu lieu. Ces hommes ont été arrêtés avant même de se rendre sur les lieux. Vous dites bravo la police là-dessus ?

6:13
Fabien Roussel

Ah oui, bien sûr, bien sûr. Mais effectivement, là où il y a eu peut-être des échafourés, elles ont été parfois provoquées par des militants d'ultra-droite. Il y a eu des appels à Strasbourg, d'ailleurs, sur les réseaux sociaux.

6:27
Présentateur

Il y a eu des arrestations à Paris, à Strasbourg et à Lyon.

6:30
Fabien Roussel

Et je salue les forces de sécurité qui ont pu les déjouer en amont ou tout de suite, pour permettre à ce que l'on puisse avoir effectivement ces scènes de liesse et de joie tous ensemble.

6:42
Présentateur

Fabien Roussel, est-ce que vous êtes toujours aussi à l'aise de partager votre groupe avec LFI ?

6:47
Fabien Roussel

Écoutez, je pense qu'en ce moment, il y a des difficultés pour les Français qui sont tellement fortes. Je pense au pouvoir d'achat, la question de la réforme des retraites. J'espère que l'on va pouvoir en parler. qui fait qu'il est de la responsabilité des forces de gauche et écologistes, nous tous, réunis au sein de cette nouvelle Union Populaire, il est de notre responsabilité de montrer que nous portons des solutions, qu'il y a une alternative à gauche qui peut permettre d'apporter des réponses aux Français, à leurs problèmes de salaire, de pension, de pouvoir d'achat, de hausse des prix. Et donc, on est là-dessus. Et c'est ça, notre combat. Et rien d'autre que ça.

7:22
Présentateur

Rien d'autre que ça ?

7:23
Fabien Roussel

Ben oui.

7:24
Présentateur

Visiblement, à LFI, il y a quand même d'autres combats qui se mènent en coulisses, puisqu'il y a eu cette décision de changer la tête de LFI, aussi parce qu'Adrien Quintenins, on va y revenir, ne pouvait plus rester coordinateur. Et puis, lorsque Manuel Bompard a été choisi, dans des circonstances assez complexes, un peu floues, c'est en tout cas ce que disent certains membres de LFI. Il y a Raquel Garrido qui dit qu'on ne va pas se laisser faire, il y a François Ruffin qui parle d'un rétrétissement, il y a Clément Tinotin qui parle d'un repli, d'un verrouillage brutal. Mais non, ça ne vous intéresse pas, vous ne regardez pas, c'est quand même vos partenaires ?

7:56
Fabien Roussel

Oui, mais ça ne m'intéresse pas. Je vous avoue sincèrement, chaque force politique ou mouvement, puisque la France Insoumise est un mouvement, ce n'est pas une force politique, a son mode de fonctionnement, a ses règles de vie.

Elles font l'objet de commentaires à l'extérieur, elles font l'objet de débats à l'intérieur aussi, mais il y a des débats partout, c'est comme ça aussi quand on a un congrès, nous on va tenir le note au mois d'avril, mais franchement, là je suis à l'antenne chez vous, à une heure de grande écoute, on est à quelques jours des fêtes de Noël, vous ne pensez pas qu'il y a des sujets de préoccupation un peu plus importants pour les Français que de savoir qui ou quoi ou comment ça se passe ?

8:32
Présentateur

Vous êtes extrêmement attaché aux règles, à l'autorité, au respect d'un certain nombre de points, on voit qu'il n'y a pas eu de vote à la France Insoumise, et même à cette question-là, Manuel Bompard a répondu, le vote n'est pas l'alpha et l'oméga de la démocratie, vous êtes d'accord avec ça ?

8:45
Fabien Roussel

Mais non, je ne suis pas d'accord, puisque nous, nous avons d'autres règles de fonctionnement qui sont différentes entre un parti et un mouvement, c'est toute la différence justement, dans un parti politique, que ce soit chez les Verts qui viennent de tenir leur congrès, les socialistes qui vont l'avoir, voilà, chez les Républicains aussi, on sollicite les adhérents, et puis ensuite, selon les modes de fonctionnement, il y a différents étages, on part de la base jusqu'au sommet pour décider, et des orientations, et des directions pour les mettre en œuvre.

Nous sommes très soucieux, nous, au Parti Communiste Français, de cette démocratie, il y a des débats, des désaccords, des différences d'analyse, on les exprime, on est vieux de cent ans d'histoire, et justement, nos racines, elles puissent dans cette exigence démocratique que nous avons pour nous-mêmes, comme pour le pays. Mais ça, c'est nous.

9:28
Présentateur

Mais je ne fais pas de commentaire, permettez-moi. Non, non, non, je voudrais juste rebondir sur une chose que vous dites, je comprends très bien que vous soyez moins à l'aise là-dessus, et que vous ayez envie de parler du reste, mais ne vous inquiétez pas, on va en parler des retraites et du pouvoir d'achat. Mais quand même, vous dites, précisément, vous dites, ce que nous, nous faisons au Parti Communiste, on se l'applique à nous-mêmes, parce qu'on veut l'appliquer au pays. Quand vous avez quelqu'un qui prend la tête de la France Insoumise, et qui dit, le vote n'est pas l'alpha et l'oméga de la démocratie, est-ce que pour le pays, ce n'est pas un problème ?

9:55
Fabien Roussel

Mais c'est d'abord le choix des militants, ou des sympathisants, enfin, ils ont leur mode de fonctionnement, des adhérents de la France Insoumise. Oui, mais le modèle,

10:04
Présentateur

ils ont vocation à diriger la France, est-ce que c'est une manière de voir la démocratie qui vous convient ?

10:10
Fabien Roussel

Pour nous, le vote est le moyen d'obtenir les changements dans un pays, mais je ne pense pas que la France Insoumise conteste cela. La démocratie, ça passe par les urnes, ça passe aussi par les mobilisations sociales, quand justement le Parlement est bloqué par des 49-3. Et donc, on n'a pas de différence entre nous là-dessus, entre forces politiques de gauche, écologistes, au sein de la NUPES. Nous sommes, nous, pour une transformation profonde de notre pays, par les voies démocratiques, par le vote, par les urnes. Et il n'y a pas de débat entre nous là-dessus. Le fonctionnement interne, c'est différent. Nous, nous ne défendons pas le fonctionnement.

Je veux bien que le fonctionnement interne soit différent.

10:52
Présentateur

Mais vous-même, vous disiez que votre fonctionnement interne était le reflet de ce que vous souhaitiez à l'extérieur. Je n'ai fait qu'appliquer ce que vous disiez. Et ça laisse un peu de doute. Avant de parler un peu de vous, il y a quand même aussi d'Adrien Quatennens, dont je voudrais parler un instant, puisqu'Adrien Quatennens refuse de démissionner, alors que certains, notamment dans le groupe écologiste, l'y invitent. Il était au micro de Bruce Toussaint hier et il a annoncé qu'il reviendrait en janvier. Écoutez.

11:20
Invité

Je reviendrai vraisemblablement dès le mois de janvier à la reprise des travaux parlementaires. Je respecterai la décision collective qui a été prise dans un cadre démocratique bien poussé de la part de mon groupe, qui est de faire en sorte que je ne puisse pas siéger sur leur banc pendant une période de 4 mois avant de les réintégrer. Il est temps que j'y retourne. Le travail en circonscription n'a pas cessé. Ma permanence parlementaire a été ouverte quasiment tous les jours de cette période. J'ai moi-même eu de l'activité en circonscription.

11:51
Présentateur

Son retour en janvier, ça vous paraît acceptable, compréhensible ?

11:55
Fabien Roussel

D'abord, il a reçu une condamnation pour violences conjugales. C'est grave. La justice est passée. Elle a prononcé une condamnation. Il faut en tenir compte. Je dis au passage que toutes les personnes qui subissent des violences conjugales n'ont pas la chance d'avoir une justice qui s'exprime aussi rapidement. Là, quand même, on peut dire que c'est allé très très vite. Tant mieux. J'aimerais bien qu'il y ait une justice aussi rapide pour tout le monde et que toutes les femmes qui subissent des violences conjugales puissent passer devant un juge aussi rapidement. C'est à noter, quand même.

Et ensuite, après, ça relève, encore une fois, de la France insoumise, de son choix personnel de revenir. En tout cas, pour nous, Parti communiste français, dans nos règles de vie, être condamné pour violences conjugales est une condamnation grave qui heurte les valeurs que nous défendons nous-mêmes. Et ce sont des condamnations, des cas qui ne permettent pas pour nous de présenter des candidats aux élections s'ils ont reçu une telle condamnation ou de siéger dans un groupe. Et donc, nous, nous demandons aux personnes qui ont de telles condamnations de démissionner de leur fonction. Ce sont les règles que nous nous appliquons. Mais j'ai entendu, là aussi, j'ai entendu...

13:13
Présentateur

Si c'était dans votre groupe, il n'aurait pas été suspendu quatre mois quand ça a été décidé. Vous, vous auriez demandé une démission du groupe. En tout cas, vous ne l'auriez plus acceptée dans votre groupe,

13:21
Fabien Roussel

y compris dans quatre mois. Tout à fait.

13:23
Présentateur

Les choses sont très claires là-dessus, Fabien Roussel. Revenons justement à la fois aux retraites et à l'éducation. Voilà deux points que je voudrais aborder avec vous. Les retraites d'abord. Finalement, c'est repoussé, repoussé à janvier, le 10 janvier, présentation du projet du gouvernement. 24 ans. Est-ce que vous avez l'impression, là, que vous avez gagné une première manche ?

13:44
Fabien Roussel

Non. D'abord, ça ne fait que commencer. Ce que je voudrais dire en commentaire pour les Français, les Françaises qui nous écoutent ce matin, c'est qu'avec le Président de la République, le mois de janvier qui s'annonce va être terrible. Avec le Président de la République, tout augmente en janvier. C'est la fin de la ristourne sur l'essence, les 10 centimes. C'est le prix de l'électricité qui va augmenter de 15%. Et c'est aussi l'âge de départ à la retraite qui va être mis sur la table ou l'allongement de l'âge de départ ou l'augmentation des quantisations. Tout augmente, sauf les salaires et les pensions. Ça, c'est le programme pour le mois de janvier. Eh bien, bonjour les dégâts.

C'est extrêmement dur et nous, disons, nous, qu'il n'y a aucune justification pour que la retraite, pour que les Français augmentent l'âge de départ du travail, pour que les Français travaillent plus longtemps. quand rien ne justifie l'allongement de l'âge de départ en retraite. Donc, pour vous, ce n'est même pas

14:34
Présentateur

que vous voudriez changer ce projet, c'est que vous voudriez qu'il retire le projet.

14:36
Fabien Roussel

Il doit retirer ce projet. Nous voulons mettre à l'ordre du jour, au contraire, une réforme des retraites qui prévoit l'allongement des pensions, une meilleure prise en compte de la pénibilité, des carrières longues, des carrières hachées, mais pouvoir financer ça sans demander aux Français de travailler plus longtemps car nous produisons suffisamment de richesses pour le faire. Mais, ce que je voudrais dire, c'est que nous voulons d'abord un grand débat dans le pays. Ayons ce débat avec les Français. Je lance un appel solennel à Elisabeth Borne. Je le dis ici. Je lui fais une demande. C'est qu'elle n'utilise pas le 49.3 pour faire passer cette réforme.

Nous avons besoin d'un grand débat dans le pays, voire un référendum. C'est le sens de la pétition que nous lançons sur le site unebonneretraite.fr pour signer une pétition pour demander un grand débat démocratique dans notre pays pour une autre réforme des retraites, pour un autre financement d'un modèle progressiste de retraite par répartition et pourquoi pas pour un référendum à la fin. Ayons un grand exercice démocratique dans le pays sur la réforme des retraites.

15:39
Présentateur

Fabien Roussel, plusieurs points. Vous dites d'abord pas de 49.3 sur les retraites. C'est-à-dire que vous considérez que les retraites ne doivent pas être passées comme ça aux forfaits. Ça doit être un débat.

15:49
Fabien Roussel

Mais vous vous rendez compte de la crise démocratique dans laquelle nous sommes. 8.49.3 sur la sécu, sur le budget et on n'en rajoute rien. Les techniques, quand on joue là-dessus, les 8.49.3, en réalité,

15:59
Présentateur

c'est un seul à la fin. C'est comme si on en remettait

16:01
Fabien Roussel

un à chaque chapitre. Non, mais vous rigolez. On discute entre nous et la gauche et la droite sur des amendements que nous votons. Non, mais à quoi on sert ?

16:08
Présentateur

De dire qu'il y en a neuf, en réalité, il y en a un gros qui se décline

16:11
Fabien Roussel

en plusieurs chapitres.

16:12
Présentateur

Il faut quand même pas l'incudir n'importe quoi.

16:14
Fabien Roussel

On s'est pris pratiquement 10.49.3 et que la menace sur le même texte, sur les retraites existe. Je demande à la première ministre de se prononcer clairement, directement, les yeux dans les yeux, auprès des Français. Je n'utiliserai pas le 49.3 sur la réforme des retraites car je suis pour le dialogue. Je suis pour le débat constructif avec les Français. Parlons-en dans les usines, dans les ateliers, dans les services publics, sur les lieux de travail, dans les facultés, avec les jeunes. Parlons-en dans tout le pays sur la manière de financer une vraie et une bonne réforme des retraites.

16:46
Présentateur

Ce référendum, vous demanderiez quoi aux Français ? Ce serait quoi la question ?

16:50
Fabien Roussel

Comment financer une bonne réforme des retraites ?

16:53
Présentateur

Et vous voulez que chacun y réponde avec leur proposition ?

16:54
Fabien Roussel

Nous sommes tous d'accord pour dire que les retraites sont trop basses. Les pensions sont basses, notamment pour celles qui ont des carrières achées. Il faut augmenter. Le sujet, c'est d'augmenter. La question,

17:04
Présentateur

c'est est-ce que c'est faisable ?

17:05
Fabien Roussel

Les pensions n'ont même pas augmenté au niveau de l'inflation. Aujourd'hui, les retraités perdent des sous en ce moment.

17:11
Présentateur

L'inflation, justement Fabien Roussel, à l'instant, elle vient d'être annoncée. Les chiffres de l'INSE viennent de tomber. C'est 6,2%, donc une inflation stable, stable mais très élevée pour le mois de novembre.

17:23
Fabien Roussel

C'est une inflation terrible. 6,2% en moyenne, mais entre 12 à 15% sur les produits alimentaires. Face à les fêtes de Noël, je vois que la raclette, elle va augmenter de 11% aussi. Ce sont des produits élémentaires qui augmentent de manière excessive. Le beurre, le lait, les pâtes, la farine, le café. Comment on va vivre ? Et je vois aujourd'hui aussi des enfants obligés de suivre des cours dans le noir et de s'allumer à la lampe torche. Des gymnases qui ne seront plus chauffés avec des clubs de sport qui vont faire leur entraînement dans le froid à 7, 10 degrés.

Mais enfin, en France, dans le pays des Lumières, où on a tant d'atouts, tant de compétences, tant de savoir-faire, nos enfants ne doivent pas avoir froid. ils ne doivent pas avoir moins à manger dans leur assiette à la cantine. C'est ça la force de notre pays. Ça devrait être de garantir à chaque Français qu'ils seront chauffés cet hiver, à nos enfants, qu'ils auront une assiette correcte à la cantine et qui ne coûtera pas plus cher. C'est ça l'ambition qu'une nation doit avoir pour son pays. C'est celle que moi, je défends en tout cas.

18:31
Présentateur

Et les images auxquelles vous faites référence, c'est celle qu'on voit en ce moment même sur BFM TV. Ce sont ces images qui ont été révélées par RMC qui a vu ce lycée, le lycée Wallonne, à Olnay-sous-Bois, où il n'y a pas d'électricité parfois, pas de chauffage, des fenêtres qui ne ferment plus et des enfants qui doivent en effet parfois, des lycéens qui doivent en effet suivre des cours avec leur manteau, leurs gants et parfois à la lampe de leur téléphone.

18:57
Fabien Roussel

Voilà, c'est terrible ça. Pourquoi c'est dans un lycée de Seine-Saint-Denis à Olnay-sous-Bois dont les enfants devraient subir ça ? Est-ce que ça arriverait dans un lycée de Neuilly, de Versailles, des quartiers riches du 16e arrondissement de Paris ? Et ça, c'est insupportable pour les familles, pour nos enfants, que ce sont toujours les mêmes qui subissent l'austérité, qui subissent les privations. Eh bien, il est temps de l'égalité et de la justice pour tous et tous les Français en banlieue, comme dans les territoires ruraux, comme dans les grandes villes, doivent avoir le droit d'être chauffés. Il y a une France

19:35
Présentateur

à deux vitesses, il y a une injustice, il y a une division sociale.

19:38
Fabien Roussel

Il y a clairement une France à deux vitesses et justement, je dis que nous avons suffisamment de compétences, d'outils dans notre pays, de savoir-faire, d'hommes et de femmes, prêts à être mobilisés. Je pense à ceux d'EDF, de GRDF, d'ailleurs qui se battent pour leur hausse de salaire, qui sont prêts aujourd'hui à produire tous les efforts

19:56
Présentateur

qui se battent pour leur hausse de salaire, mais qui, pendant ce temps-là, il y a certaines personnes qui se retrouvent sans chauffage parce qu'il y a des grèves à GRDF.

20:02
Fabien Roussel

Non, non, non, madame de Malherme, ça a été rectifié sur TF1 et la dame qui a été rétablie, justement, c'est par ceux qui font grève aujourd'hui qui rétablissent, qui rétablissent l'électricité et le gaz à ceux qui ont été coupés, à ceux qui ont été coupés. Ils les avaient coupés, hein ? Normalement, en termes de... Non, non, non, non, en termes, aujourd'hui, c'est la trêve hivernale. Personne ne doit être coupé, privé de chauffage et de gaz. Or, il apparaît, je suis en train de mener l'enquête, que malgré tout, GRDF fait des coupures de gaz à des personnes qui ne sont pas en possibilité. Malgré la trêve hivernale ? Oui, madame, par le biais de sous-traitants.

Si tel était le cas, je le dénoncerai et je le porterai à la connaissance de la directrice de GRDF parce que c'est inadmissible. Et il y a des gens aujourd'hui qui, parce qu'ils ont des factures de gaz et d'électricité tellement élevées avec des régules de charges, eh bien qu'ils vont devoir faire le choix entre leur loyer ou leur facture d'électricité ou se nourrir. C'est la France. La France qui est une grande puissance économique et regardez jusqu'où ils nous ont menés aussi bas. C'est une honte. Je veux sortir de ce libéralisme, de cette concurrence, de ces privatisations qui nous conduisent aux privations.

Je veux l'égalité, l'égalité pour tous car nous avons les moyens de chauffer tout le monde.

21:11
Présentateur

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et député du Nord. Merci d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h54 sur RMCB FM TV.