Éric Kerrouche : « Emmanuel Macron est un pervers polymorphe, il envenime tous les domaines »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
vous. Bonjour Éric Kerouche, merci d'être notre invité. Vous êtes député socialiste des Landes, vice-président de la délégation sénatoriale au collectivité territoriale et à la décentralisation.
On va bien sûr largement revenir sur le texte sur le statut de l'élaminé en ce moment au Sénat. Mais d'abord, on va regarder trois unes de la presse régionale. On les a sélectionné la une du télégramme.
Exécution provisoire des peines. Le débat reste vif alors que Nicolas Sarkozy a passé sa première nuit en prison. La deuxième une, c'est celle de Var Matin sur la sécurité des musées en question.
Comment mieux sécuriser les musées en France ? La question est posée après le spectaculaire vol du Louvre. Et puis la dernière, c'est celle du journal du centre.
Environnement, climat de défiance. Malgré les crises climatiques, la transition écologique recule en France. Et si la tendance était inversée grâce aux initiatives locales ?
C'est ce que demande le journal. De quelle avez-vous envie de parler ? Euh sans doute celle de sur l'exécution de provisoire des peines.
Ouais. Emmanuel Macron qui a donc euh relancé hein le débat hier qui a dit que c'était un un débat légitime. Il faut le relancer ce débat pour vous.
Alors, peut-être que on peut débattre, mais je ne suis pas sûr qu'il faille débattre des déclaration d'Emmanuel Macron parce que à chaque déclaration, il me revient de une expression de de Freud où il parle de de pervers polymorphe. Et en fait pour moi, Emmanuel Macron, c'est un pervers polymorphe parce que il est destructeur dans tous les domaines. Dans à chaque fois qu'il fait une déclaration, à chaque fois qu'il dit quelque chose, il vient envenimer les choses.
C'est vrai sur l'exécution provisoire des peines, c'est vrai sur les retraites et euh quelqu'un qui a été désavoué de manière successive aussi importante devrait apprendre à ce terme manifestement, il n'en est pas capable. Et c'est un vrai souci. C'est le vrai souci de la de la politique française.
Peut-être qu'on y devrait plus s'exprimer sur les questions nationales, se concentrer uniquement sur l'international. Bah c'estàd que à un moment donné, si on dit que on est dans une logique parlementaire et que c'est au Parlement de faire la politique et de faire et de prendre des mesures, dans ce cas-là, peut-être que le président de la République peut se contenter d'être ce qu'il est au titre de la Constitution, c'est-à-dire le garant des institutions, mais pas plus. Il peut pas être arbitre et être sur le terrain et il est incapable incapable d'assumer une position humble.
Et du coup sur l'exécution provisoire, il faut relancer le débat ou pas ? Il faut la revoir cette exécution. Écoutez, sur l'exécution provisoire des peines 1 sur la sur la condamnation de Nicolas Sarkozi, moi j'invite tout le monde à consulter le document qui est qui qui fait 400 pages et qui montre bien que a priori il y a quand même sur la situation de de Nicolas Sarkozy plus que plus que des doutes et plus que des soupçons.
Donc je je moi je comprends pas. On a une droite et une extrême droite qui sans cesse nous demande d'être sévère, qu'il n'y ait pas de possibilité de récidive, que justement on condamne dès le départ qu'il y ait une exécution provisoire des peines. Et quand ces gens sont concernés, aussi bien Marine Le Pen que Nicolas Sarkozi, alors ça s'applique à tout le monde sauf à eux.
C'est pas possible. La la justice, elle est égale et elle concerne tout le monde. Nicolas Sarkozy qui s'est adressé au français hier avant d'être incarcéré à la prison de la santé, "Ce n'est pas un ancien président de la République que l'on enferme, c'est un innocent", a-t-il écrit.
Qu'en pensez-vous ? Non mais enfin je veux dire on incarcère Nicolas Sarkozi, il s'avère qu'il a été ancien président de la République. Alors d'abord le symbole, il est un peu dramatique pour la France et d'une certaine façon, je ne me réjouis pas de cette incarcération.
Néanmoins, il n'en demeure pas moins qu'il est injusticiable comme les autres. Point. On l'a vu dans le journal, Sébastien Lecornu a donc annoncé hier devant les députés un conseil des ministres demain pour inscrire la suspension de la réforme d'attraite dans le budget de la CQ.
Il y aura une lettre rectificative. C'est le procédé que vous attendiez. Nous attendions un éclaircissement et hier Sébastien Lecnu nous l'a donné.
Si on est dans un débat parlementaire, si nous voulons avancer, alors il faut dégage de part et d'autre. Il manquait euh on avait d'une certaine façon le fond, il manquait la forme et la déclaration de Sébastien Lecornu est venu rassurer en ce sens en prenant une mesure technique qui permet une certitude. Donc c'est une c'est une bonne chose et c'est pour ça que donc par ailleurs la la déclaration de du président de la République est vraiment insupportable.
Mais qui lui parle de décalage qui dit c'est pas une suspension, c'est un décalage. Comment vous l'avez compris ? Je je veux pas le compr je vous dis qu'il se taise.
Vous n'écoutez que Sébasti ? Non, c'est pas ça. C'est c'est c'est pas ça.
Mais c'est quoi le plaisir pour le président de la République de mettre des difficultés au premier ministre qu'il a nommé deux fois ? C'est quoi le but de faire en sorte que le dépat parlementaire qu'il est censé appeler de ses vœux, il le perturbe volontairement ? C'est quoi cette déclaration de l'étranger sur la politique intérieure française ?
À quoi ça sert ? À quoi ça sert à part à faire du mal ? Et je je pense que en fait le bilan des deux quinquen d'Emmanuel Macron, ça sera ça.
Ça sera d'avoir fait du mal à la politique en France. Euh juste hier, le président de la République, il évoque de possibles perspectives de référendum sur ce sur ce sujet. Ça serait une solution pour vous ?
Je sais pas mais il l'évoque tout le temps. Il l'avait déjà évoqué en 2024. Donc c'est là aussi, je veux dire, il y a des problèmes de où la parole publique, elle est constante et elle se traduit en acte.
Mais on n'agite pas comme ça. D'abord, un référendum, c'est quelque chose d'important. On redonne la parole aux citoyens.
Donc soit on le fait, soit on le fait pas, mais on n'évoque pas toujours cette possibilité peut-être. Bon voilà, encore une fois c'est pas clair, ça sert à rien. Vous pensez que cette suspension de la réforme des retraites, elle survivra au débat parlementaire ?
Vous avez entendu ce matin Steve l'a rappelé les déclarations de Bruno Retaillot ce matin dans le Figaro délire et vieille lune socialiste pour s'acheter du temps. Alors je je pense que Bruno Rotaillot lui aussi pourrait s'acheter du silence parce que quand on arrive à à détruire un gouvernement par un acte inopiné comme le tweet qu'il a fait, je je pense que ça devrait l'appeler à une certaine humilité. Manifestement, ce n'est pas le cas.
Il n'a pas changé. Il n'en demeure pas moins que tout le monde doit comprendre. Tout le monde doit comprendre, y compris le groupe les républicains et y compris le groupe les républicains du Sénat que où on avance ensemble où on avance plus du tout.
Si c'est le choix, si c'est leur choix qu'ils en fassent pas. C'est pas le c'est pas le choix. Vous avez appelé le groupe LR ici au Sénat ne pas faire obstruction à la suspension de cette réforme de retraite.
Mais je les appelle simplement à être réaliste parce que il faut faire attention à ce qu'on fait. On peut pas dire nous sommes la haute assemblée, nous représentons une certaine sagesse et ne pas vouloir s'inscrire dans le débat parlementaire au titre que les débats ne vous plairaient pas. Un débat parlementaire, c'est exigeant.
Alors, je peux comprendre qu'il ne soit pas heureux que l'ensemble de leurs propositions politiques ne soit pas reprises. Néanmoins, là on est dans un jeu différent où il faut essayer de donner un budget à la France pour stabiliser notre pays. On peut refuser les règles du jeu, mais vous vous l'appliquerez à vous aussi, c'est-à-dire si dans l'hémicycle vous perdez par le vote certaines mesures que vous défendiez, vous direz ben c'est la règle du jeu du débat parlementaire.
Nous nous sommes inscrits dans un débat parlementaire qui est exigeant et nous savons très bien nous savons très bien d'ors et déjà que toutes les propositions de notre contrebudget ne seront pas reprises. Nous le c'estàd la taxe Zucman si elle passe pas elle est pas passée en commission. Si elle repasse pas dans l'hémicycle vous direz bah doncte c'est pas passé nous continuerons à faire des propositions à la matière.
La taxe du c'est une variation possible de plein de propositions et nous allons tout faire pour qu'il y ait de la justice fiscale parce que c'est important. Alors, on va voir ce qui se passe dans l'hémicycle du Sénat puisqu'à 5 mois des municipales, les sénateurs examinent en séance le texte sur le statut de l'élu et c'est votre éclairage si vous avez suivi cette séance hier euh sur le statut des élus locaux. Oui, c'est un sujet très cher au sénateurs.
Les premiers travaux consacrés au statut de l'élu remontent à 2018. À l'époque déjà le Sénat constatait une crise de l'engagement local, crise qui s'est accentuée ces dernières années. Un chiffre pour illustrer le phénomène.
Depuis juillet 2020, il y a eu en moyenne une quarantaine de démissions de mer par mois. Ça correspond à 2189 démissions au total en 5 ans. Chiffre arrêté au mois de juin dernier par le SVIPOV.
C'est un niveau tout simplement historique. Orien, que propose le Sénat pour remédier à ça ? Il y a 2 ans, Gérard Archer lançait une initiative pour venir au chevet des élus locaux.
Le texte examiné depuis hier est en fait une 2e lecture. He l'année dernière, le Sénat avait proposé et adopté euh une proposition de loi transpartisane. Les députés ont amendé la copie autour donc des sénateurs d'en débattre à nouveau depuis hier.
La philosophie ne change pas. La voici. Écoutez.
Ce texte est un texte de reconnaissance par la nation d'un engagement citoyen exigeant, parfois ingrat, risqué mais si essentiel car ils font notre démocratie. Alors dans le détail, que promet ce texte ? Trois grands piliers organes.
Il s'agit d'améliorer les indemnités de fonction, de rendre plus faciles les conditions d'exercice des mandats ou encore de faciliter la reconversion des élus. Dans le détail, hier, les sénateurs ont voté une revalorisation des indemnités des mèes. Le dispositif concerne les communes de moins de 20000 habitants.
L'examen du texte va se poursuivre cet après-midi. On suivra ça bien évidemment sur Public Sénat. Orian, ça vous aura pas échappé.
On est presque déjà en novembre. Si on veut que tous les dispositifs soient adoptés, il faut faire vite. Les élections municipales sont dans moins de 5 mois.
Écoutez, face au profond malaise ressenti par nos élus et alors que les élections municipales de 2026 approchent à grand pas, il est impératif que ce texte transpartisant largement attendu et de nature à renforcer l'attractivité des mandats entre en vigueur au plus vite avant le renouvellement de mars prochain. Monsieur le sénateur, est-ce que vous vous engagez à ce que tous les dispositifs soient votés, adoptés d'ici aux prochaines élections municipales ? Alors, à titre individuel, oui, mais en fait c'est un processus collectif.
Donc euh nous allons finir de voter ce texte aujourd'hui et euh la balle sera ensuite dans le camp de l'Assemblée nationale. Nous faisons en sorte par le travail déjà dans l'hémicycle du Sénat que le texte soit le plus acceptable possible par l'Assemblée de telle façon que j'espère que nous aboutirons à un vote conforme. Oui.
Mais donc du coup vous allez faire des compromis parce que je regarde en commission vous avez voté une cinquantaine d'amendements. Il y avait une cinquantaine d'amendements qui ont été adoptés par rapport à la version de de l'Assemblée nationale. Oui, mais honnêtement euh ça peut sembler beaucoup sur les l'architecture globale du texte, il y a un accord et en fait on est plus dans le polissage que dans la reconstruction lourde.
On parlait de cette revalorisation des mèes. Est-ce que ça va permettre vraiment de stopper la crise de l'engagement ? C'est une des façons de le faire.
Alors, vous savez euh les indemnités des maires c'est pas un salaire, c'est une compensation du temps qu'ils donnent pour l'exercice de leur de leur mandat. Il s'avère que euh ces mandats et ces assez documentés sont de plus en plus chronophages, qu'ils sont de plus en plus incompatible avec une activité professionnelle et que donc il fallait procéder à une augmentation d'indemnités qui ne sont pas très élevées. Donc pour le coup, il y a une augmentation pour les communes de moins de 3500 habitants de 10 % de ces indemnités et ensuite c'est dégressif jusqu'à 20000 habitants.
Donc c'est plutôt quelque chose sur un mode correctif. Hm h mais il y a il y a aussi la la difficulté, on l'entendait dans les témoignages de maire qu'on a chaque jour pour les maires notamment des petites communes de cumuler leur emploi et leur fonction de maire. Est-ce que vous pensez que ce texte ça va aider à résoudre ça ?
Le texte, il concerne euh tous les aspects de l'exercice du mandat quand vous y arrivez, quand quand vous l'exercez autour pour par exemple vos autorisations d'absence ou vos créditeurs quand vous travaillez et donc que vous puissiez dire à votre employeur que vous pouvez vous absenter pour votre mandat, un peu plus de formation, un peu plus d'aide aussi pour les dispositifs encore une fois autour du mandat. par exemple le fait que bah vous avez vous êtes vous travaillez, vous avez des enfants, comment je m'organise pour le soir ? L'extension pour la garde des enfants donc est un un des éléments, le fait que vous êtes en déplacement professionnel et donc nous avons autorisé la visioconférence pour que vous puissiez continuer votre rôle à distance.
Bref, aider autour et dans l'exercice du mandat. C'est le but parce que au-delà de vous l'avez dit tout à l'heure, on a eu un on a eu un nombre de démissions importants. Ça a même cumuler dans l'année 2023, on est monté à 600 d'émissions.
Donc on était au maximum 600 d'émissions de mer en une seule année. Donc franchement on voit bien qu'il y a on voit bien qu'il y a un malaise. Donc il y a il y a deux objectifs.
Sécuriser les déjà les gens qui sont dans le mandat et surtout faire en sorte que ces fonctions électives se démocratisent. pour qu'elle se démocratise, il faut aussi qu'elle soit attractive et que tout le monde puisse se présenter à des élections sans penser déjà à toutes les conséquences négatives que ça pourrait avoir sur leur vie professionnelle ou sur leur vie personnelle. Il y a une crainte, c'est que certaines communes se retrouvent sans candidat aux prochaines élections municipales.
Est-ce que vous avez des estimations sur le nombre de communes qui seraient concernées ? Alors euh avant les élections, il y a toujours une double crainte. Un.
La première c'est qu'il n'y ait pas assez de candidats dans les mairies et de que certaines communes n'ait pas de candidat du tout. Bon donc si on regarde un petit peu dans les enquêtes que auquels j'ai pu participer au CVPOF, on se rend compte en fait que le taux de renouvellement des maires prévu pour l'année prochaine ne diffère pas a priori de ce que nous avions en 2020. C'est donc déjà rassurant.
C'est stable. Donc on est dans on on ne risque pas de manquer de candidat de manière de manière globale. Est-ce que de manière locale il peut y avoir des difficultés ?
Probablement. Ça a été le cas. Ça a été le cas il y a 6 ans.
Mais sur les 35000 communes françaises, en fait un petit peu moins, il faut pas croire que on va avoir une désérance forte. H Et on va voir justement ce que pensent les élus locaux he de ce texte ainsi que du budget qui arrive. On va aller dans les bouches du Rô.
Bonjour Roland Mourin, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes merdiver droite de Château Neuf, les Martigues. D'abord un mot sur ce texte hein Roland Mourin, est-ce que pour vous il est le bienvenu ?
C'est une amélioration mais ça sera pas suffisant. Euh je pense qui ce qui handicape un peu beaucoup les maires, c'est tout ce qui pèse sur leurs épaules et surtout dans les petites commune où ils ont moins les moyens d'avoir du personnel euh compétent sur tous les sujets qui touchent la gestion d'une voilà, il y a trop de responsabilité pour pour tout et n'importe quoi. Et pourquoi vous dites que ça sera pas suffisant du coup ?
Qu'est-ce que vous attendiez de plus ? B attendez 10 % de plus, une maire qui touche 500 € il va toucher 550. Euh je veux dire ça va pas changer sa vie euh ni rendre la fonction plus attractive.
Mais je pense que le problème outre financier, ce qu'il y a de plus important, c'est toutes les responsabilités qui pèent sur le mère. Et je pense que c'est plus de ce côté-là qu'il faut aller. On va en parler un un mot juste ce que vient dire monsieur le maire sur finalement l'insuffisance et la la petite revalorisation des indemnités.
Je je je comprends tout à fait la la position du maire, mais l'idée aussi c'est encore une fois, moi je prône pour une rupture un petit peu plus forte que avec l'indemnité en mettant en place un un statut d'agent civique territorial où on aurait un vrai salaire, mais ça n'est pas encore ça n'est pas encore accepté. Donc là effectivement, on est dans une petite on est dans une dans une compensation qui oui, je le crois ne répond pas à l'engagement qui est celui de tous les jours des maires notamment des communes de moins de de moins de 1000 habitants. Donc c'est une vraie difficulté.
Maintenant, il faut que nous trouvions aussi un équilibre parce que l'idée aussi à travers ce texte, c'est pas de dire que les élus, parce que c'est souvent la présentation, sont des privilégiés. Donc on est sur une ligne de crête entre les droits et et les devoirs et forcément ça peut ça peut interroger. Roland Mourin, vous parliez des responsabilités he qui pèsent sur sur vos épaules.
Qu'est-ce qui vous pèse le plus ? Ben moi encore, je je une mairie de 18500 habitants, j'ai les services compétent et tout, mais c'est surtout les incertitudes de de ce qui va arriver, les conséquences de on s'occupe d'urbanisme, on s'occupe de sécurité, on s'occupe tout ce qui est en matière d'environnement et je veux dire, on n'est pas à l'abri de la moindre erreur et des responsabilités et et ça peut aller jusqu'au pénal. Voilà.
Donc euh on se décharge sur les mers, sur beaucoup de choses et et donc euh voilà, il faudrait un peu donner de l'assurance euh au maire euh euh pour qu'ils aient moins de de de risque. Voilà, parce que je le répète, les petites communes ont moins les moyens d'avoir du des personnes compétentes sur tous les sujets et c'est compliqué pour eux et je pense ce qui pèse le plus sur eux. sur sur ce point sur ce point précis euh monsieur le maire l'a dit, il y a il y a vraiment une interrogation autour de la question de la responsabilité pénale parce que autant il y a peu de cas de en volume de responsabilité pénales qui sont mises en cause pour les élus, autant quand ça arrive, les maires ont vraiment l'impression qu'il y a une épée de damoclessè au-dessus de leur tête et que les conséquences sont difficilement maîtrisables.
Et c'est le cas. C'est le cas. Et donc vraiment nous avons fait en sorte dans l'article 18 et 18 bis a de répondre directement à cette à cette question et je tiens à vous le dire monsieur le maire, c'est difficile à stabiliser mais nous faisons en sorte de sécuriser l'action de tous les jours parce que la responsabilité pénale c'est une vraie interrogation h du mandat et il fallait il fallait remettre le le le métier sur l'ouvrage ou l'ouvrage sur le métier, pardon.
Et il est évident que il est évident que là ça ça va apporter quelque chose. Monsieur le maire, est-ce qu'il y a aussi des inquiétudes ou des contraintes liées à l'incertitude budgétaire qui pèse sur vous et euh qui ont des conséquences sur ventre quotidien notamment lié à l'augmentation de certaines taxes ? Bien sûr, euh c'est la première préoccupation.
Euh les collectivités sont tenues d'avoir un budget équilibré. C'est pas le cas de l'État depuis 50 ans et donc les conséquences pèsent sur les collectivités parce que on est depuis longtemps, moi je suis maire depuis 2014 et on est la variable d'ajustement des finances de l'État et ce qui rend notre tâche compliquée. À la fois, on nous supprime les dotations qui à l'origine étaient faites pour nous indemniser sur un transfert de compétences.
Euh on nous on nous on nous ponne financièrement de diverses manières et on nous oblige à faire des dépenses supplémentaires. Donc voilà, ça devient difficile de gérer tout ça. Alors que bon, on le sait, on est en période de crise financière depuis longtemps d'ailleurs.
Moi, je pense que il faut travailler ensemble, serrer les coudes et avancer plutôt que d'être dans un rapport de force. Mais du coup, ça veut dire que vous êtes en première ligne face à vos habitants qui, on l'imagine, sont pas forcément très contents quand vous augmentez les taxes. Ben bien sûr, bien sûr qu'ils sont pas contents.
Et quel choix avons nous quand on supprime la taxe d'habitation ? Un impôt perçu par les collectivités et bon, il y a une compensation mais le compte n'y est pas. Euh et et la seule marge de manœuvre que nous avons maintenant, c'est sur la taxe foncière qui est pas payée par tous les habitants d'une commune.
Donc ce sont toujours les mêmes qui payent. Donc il y a un moment où c'est plus possible. un petit mot d'une réponse là-dessus Carouche je enfin je je peux que partager ce qui a été dit sur la suppression de de la taxe d'habitation encore.
Alors bien sûr tout le monde était content que la taxe d'habitation à titre individuel soit soit supprimée. C'était faussement populaire cette mesure présentée par Emmanuel Macron. elle a profité à certains et pas à tous en en volume.
Et donc les collectivités, comment comment expliquer aux collectivités que en gros l'État gère mal et finalement à un moment donné on va se retrouver sur des collectivités qui elles ont des budgets en équilibre et en fait sont pris entre le marteau et l'enclume parce qu'il y a de plus en plus de pression qui vient de l'État et de plus en plus de pression qui vient aussi des habitants et des citoyens avec les demandes. C'est pas tenable et c'est pas normal non plus que les collectivités soient la variable d'adaptation de l'État. Merci monsieur le maire, merci Roland Mourin d'avoir été avec nous, maire de Château Neu les Martiques dans les bouches du Rô, merci beaucoup d'avoir été en direct avec nous.
On va continuer à parler de ces sujets. On va chez vous cette fois-ci, on retrouve Jefferson des sports. Bonjour Jefferson, merci d'être avec nous.
Grand reporter à Sud-Ouest. Jefferson, vous allez nous parler du grand acte de décentralisation promis par le premier ministre. On va essayer de rétablir le son.
Jefferson, on on vous on vous entend pas ? Est-ce que vous nous entendez bien ? Bon, alors c'est nous, c'est nous qui c'est nous qui avons un petit peu un petit peu du mal à vous entendre.
Jefferson, on va essayer de de rétablir la liaison. Jefferson, il voulait vous interroger sur ce qu'a promis Sébastien Lecornu lors de son discours de politique générale et devant les députés et devant les sénateurs, un grand acte de décentralisation avant les municipales. Qu'est-ce que vous en attendez ?
Moi ce que je sais encore une fois quand on regarde les différentes demandes des maires des élus locaux c'est que il y a une grande demande et cette demande c'est avant tout une demande de stabilité parce que depuis 10 ans, il y a une succession de réformes qui ont été menées s'agissant des territoires que ces réformes ont été vites et que on est dans une période de stabilisation. Donc la première recommandation, ça serait que on soit dans une logique d'ajustement mais pas de transformation institutionnelle qui toute façon ne servirait pas dans l'état actuel notamment avant des élections. Mais vous pensez que Emmanuel Macron qui parle de décentralisation depuis 2017, il va réussir, c'est un grand décentralisateur, il va laisser faire cette Macron n'a aucune connaissance de la décentralisation.
Aucune. Donc ce sera quoi ? Un acte à minima.
Alors non, ce que je Alors, en revanche, je sais que Sébastien Lecnu a eu un rôle et j'ai eu l'occasion de discuter avec lui euh sur ses bans sur les bancs du Sénat. Il a eu un rôle en tant que ministre des collectivités il y a euh il y a quelques années. Il c'est un élu local et donc il connaît à peu près la matière de la décentralisation.
Euh Emmanuel Macron ne connaît pas les territoires et n'a qu'une vue très superficielle de ce qui s'y passe. Et donc, je conseille encore une fois que le président de la République, si on veut que ça avance, ne se mêle surtout pas de ce dossier. Ah, je crois qu'on a retrouvé Jefferson.
Jefferson, je sais pas si si vous nous entendez, euh vous aviez une deuxième question, du coup, j'ai posé la première. Ouais, je vous entends très bien. Est-ce que vous m'entendez déjà ?
Oui, oui, là on vous entend. Bon, juste pour poursuivre, bonjour Éric Kerou. Juste poursuivre sur ce sujet-là, est-ce qu'il faut ouvrir le 1000 feuille, le chantier du 1Feuille territorial, vu que Sébastien Lecu veut un acte de clarification, y compris sur les compétences et les compétences financières.
Donc, par exemple, est-ce qu'il faut supprimer un échelon ? Euh, ça, j'ai un agacement sur ce sujet qui est assez Donc, il y a pas de 1000 feuilles en France. Ça c'est une version désolé mais dans la plupart des grands pays européens il y a trois niveaux de gouvernement.
Voilà donc il y a des communes, des départements, des régions. Qu'est-ce qui fait la spécificité de la France ? C'est tout simplement que comme nous avons un émettement une atomisation communale extrêmement forte, nous avons choisi un modèle au niveau communal de coopération.
Voilà. Mais il faut arrêter de de parler de de ce milfol. Il y a il y a dans ce cas-là, il y a des 1000 feuilles ailleurs aussi sur les compétences.
La loi nôtre a déjà avancé sur les compétences. Faut-il faut-il aller plus loin et raisonner uniquement en terme de compéten ? Il y aurait bien quelque chose à faire, c'est que simplement on ne soit plus dans la verticalité et que certaines des fonctions qui sont confiées à l'État sur les territoires soient désormais confié aux collectivités locales.
Si on veut faire de la décentralisation comme l'ensemble des autres pays autour de nous, alors il faut faire confiance aux collectivités. Merci Jefferson. Pardon pour le problème technique.
Merci beaucoup Jefferson d'avoir été avec nous. On vous retrouvera évidemment très vite dans cette émission et puis je signale puisqu'on a beaucoup parlé du Blues des mer que le le reportage de notre journaliste Jérôme Rabi sur le blues des mer est avoir sur notre site internet et sur nos réseaux sociaux. Merci beaucoup Eric et Rouge.
Merci d'avoir été avec nous. [musique]
Éric Kerrouche