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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 9 octobre 2021 25 min

Abolition de la peine de mort : Robert Badinter est l'invité d'Un monde en docs

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

ce qui frappe en tout cas dans vos oeuvres c'est le fait d'avoir été si seul seul contre tous seul contre les français est ce que vous vous êtes senti seul vous au moment où vous vous battiez pour ne pas que ces sommes soient guillotine est ce que je percevais surtout c'est à quel point il y avait dans ses procès une tension exceptionnel extraordinaire on ne jure pas aujourd'hui ce que ça pouvait être que ces cours d'un 6 autour desquels il y avait foule qui attendait l'accusé en créant à more more more disons le très franchement commis des crimes terribles mais l'ambiance qui régnait autour du palais dans le palais c'est sans rapport avec ce que reconnaître aujourd'hui clicquot fois j'avais le sentiment étrange que la mort la mort rôdait wind yen à visible mais présente dans les salles d'audience tellement l'atmosphère y est étendue et n'oubliez pas qu'à l'époque il n'y avait pas deux degrés de juridiction d'appel tout se joue et la sole le contrôle de la cour de cassation mais uniquement sur la légalité pas sur le fond vous êtes intervenir donc sauf grâce du président tout se jouait à l'audience c'était certainement ce que j'ai connu dans ma vie comme tension la plus grande volée les jeunes avocats de mesure pas leurs privilèges mais il faut appréhender entre le banc de la défense dans les cours d'assises de province et le 1er juin avec le commettre c'est pas paris par la cour d'assises de la seine vous aviez quelques mètres aussi les parents des victimes vous entendiez à la fin des débats monde et peignoirs et ils vous entendiez d'abord la partie civile vous la voyez est ensuite l'avocat général c'était pendant des heures avec boot allant parfois pendant des heures quand on demandait la tête de celui que vous entendiez respirer derrière vous et pas enfermés dans des boxes comme aujourd'hui vous l'entendiez respirer et vous saviez je savais que si on ne trouvait pas je ne trouvais pas les mots les phrases qui allait au coeur des jurés je lui cellule des condamnés à mort ressentez vous lance je l'entendais respirer celui d'antan demander la tête alors pour l'avocat qui avait connu parcours là c'était une angoisse inouïe tout cas pour moi est toujours rené ça n'a rien à voir trop forme durable le contenant c'est pas les concours d'éloquence pas la conférence du stage il faut il fallait que peu trouviez en vous les mots que vous vous avanciez à ces femmes et ces hommes jurer comme un homme pas comme un avocat pas comme un professionnel il fallait être celui qui leur parle comme un homme à d'autres à d'autres êtres sans quoi on dit ça c'était quels étaient ces mouvements vous appuyez sur les circonstances atténuantes potentiel sur le parcours de l'homme de l'accusé c'est comme si vous ou prou celle des ponts chaque fois savez après patrick henry cinq autres ont demandé de les défendre avant l'abolition et cinq fois alors qu'ils avaient été tous condamnés à mort déjà une fois que la cour de cassation pour des raisons de forme avait cassé l'arrêt dont qui revenait déjà condamnés à mort ces cinq fois la jso à leur tête et j'étais dans un état trans et je dis clairement ce n'est pas du tout les locaux c'est autre chose c'est ça doit venir du plus profond de vous les italiens de votre terme de l'euphrate xala matin il fallait que je vous soyez à nu à nu comme un homme qui s'adressent à d'autres êtres humains et qui leur parle aussi de 2 qui jouait à ce moment là le responsable d'eads et on s'était tiré l'équipe ce jeune est hétéro mais dans ces moments là dans ces journées-là jeu est resté à vue d'oeil d'ailleurs est il un jour un visage était toujours là je lui dis en 1981 ça devait être au printemps 80 lits tisser ou bien me dire on sera élu et on l'abolir ou bien jusqu'à serait élu et moi je claque du coeur à l'audience je le pensais parce que vous y laissez votre santé d'ailleurs bien que ce qu'on pouvait pas savoir il faut avoir mesuré ce que ça voulait dire comme tension je vous dis je la fonte est vivante la peine de mort là comme une bête c'est comme si vous alliez votre vie annoncée par autre chose c'est le sentiment inouï que la vie de celui qui est derrière vous vous entendez dépend de vous des mots des mots rien de plus fragile que les mots et s'il n'ya pas le sentiment de sincérité absolue vous êtes ou plutôt celui que vous défendez est perdu qu'est ce qui a déclenché sa en vous fang cette ferveur pour cette cause en particulier ce que l'exécution de bons temps par exemple est un déclencheur des choses une femme wendy oui j'étais contre la peine de mort mais je n'y aurais pas les hasards de la vie professionnelle je n'étais pas du tout un spécialiste de droit pénal j'avais été dans au montage mais pour meilleures années et que henri torres mais c'était pas du tout moment moitié c'est lé droit août l'oublions jamais ça c'était le droit de la presse était le droit l'hydro intellectuelle c'était ça mon métier trouvait d'ailleurs écrit je l'adorais la profession mais ça n'avait rien à voir avec ce que j'ai connu jean ces dernières années non ce qui facteur déclencheur ça a été escorté longtemps la guillotine j'avais fait un calcul très simple complètement mais connaissant la profondeur des êtres humains je m'étais dit bon j'avais réussi trouver des amis experts que bontems n'avait pas avec son l'opinel donner coup fatal à l'infirmière pas plus d'ailleurs que vous gardien donc il n'avait pas de sens bien je vais démontrer sa que philippe est l'équation jours à celui qui n'a pas bien ses leçons ne peut pas tuer rien du tout on l'a condamné à mort et buffet et bontemps jamais l'oublier j'ai amené rétine avec philippe et était admirable d'humanité j'ai adhéré yotine l'homme qui n'avait pas tué je sais pas s'il vous vous rendez compte pour un avocat jeunes encore ce que ça signifie amené à l'échafaud à la guillotine un homme dont on a pu prouver qu'il n'avait jamais versé le sang est on sûr tant de la santé j'ai refusé tout départ si on avait une foule là les journalistes de caméra et je suis dit toute ma vie tout mail parce que c'est une infamie et c'est ce que vous allez faire mais alors que j'ai fait insulte plus en tant qu'avocat après ensuite en tant que ministre avant de venir au parcours législatif de ce texte qui va faire abolir la peine de mort en france je voudrais quelques mots de votre part sur françois mitterrand qui a quand même j'imagine aux usa et dès qu'ils sont là bas si c'était lui termes politiques qu'on doit la pollution campagne de 81,1 la question de la peine de mort était très présente très présente même un abolitionniste comme chirac oui face à l'hostilité générale du public envers l'abolition des formules qui laissait place à l'ambiguïté enfin oui watts pour mail me dérange c'est lui et qui a répondu aussi que la rampe aussi et il a fait preuve de courage politique à huy qui a répondu aussi clairement possible aux confrères elkabbach et et duhamel tu lui ont posé la question je le savais d'ailleurs il m'avait téléphoné à mazamet dimora mitterrand et bien il a répondu aussi leur monde possible pourquoi d'après vous qu'est-ce qu'il avait pris cette position si franche c'est clair on sait qu'il avait lui même j'allais dire valider des exécutions durant la guerre d'algérie ce qu'il avait une forme de regret il avait envie de faux il faut être précis en ce qui concerne le rôle de mitterrand s'agit sont comme des injustices guerre de jeunes tous les pouvoirs tous les pouvoirs de tous les ministres avaient été transférés y compris la justice avait été transféré en algérie au mini sont résidents lacoste donc la chancellerie n'avaient plus à traiter des affaires 7000 aurais tu dis mais mais mais mais ce qui est certain c'est que en ce qui concerne le moment où la commission des grâces se réunissait le mitterrand opiné dans un certain nombre de kaboré et pour la peine de mort et c'était un souvenir pour lui dieu vit à chaque fois que cet été votée c'est la guerre c'est la guerre d'autres avaient conduit cette guerre plus que lui mais salle qu'elle était profondément et le matin je lui ai téléphoné en lisant savez la question vous est posée aux toros obsession vous avez avec la peine de mort mais laissez moi tranquille or bien d'autres sujets intéressent pas les français ce soir passeront pas la question je verrai les couru bien et j'ai posé sur son dossier une feuille de papier blanc avec uniquement uniquement contre eux comme ça uniquement gros caractères les déclarations pape des églises des droits de l'homme amnesty international et surtout que le son mitterrand les grands écrivains les gros bras uniquement ça quand il répondu j'ai été soulagé pas non plus que ça a plus que soulagé parce que ce que je redoutais c'était une phrase environ les gars montent très élégante littéraire mais et le sentiment une envie 18 et structurelles et là il a été aussi clair et net copé je compte d'abord et si elle s'interroge le livre et je me suis dis donc s'allier si si il est élu c'est fini et vraiment stanag de grosch politique j'ajoute que c'est aussi à mon avis et avec quelque chose si lui toujours de politique indépendamment des convictions c'était un homme très sensible à l'évolution là des choses est politiquement très compliqué fin mitterrand il y avait chez lui certainement une conviction qui se libéraient et avait aussi je pense une intuition politique très fine que ils dépouillent l image qui était la sienne pour revêtir celle de l'homme de convictions essentielles s'agissant du président de la république parce que c'est lui qui appuie sur le bouton donc puis longtemps après je me suis prêt à penser puis à mon avis il devait penser à massereene mazarine je le savais et coûtait étaient en âge regardez pas par la télévision dans ses émissions là et ça a dû jouer quelque part tellement c'était important pour lui mazarine s'est longtemps je me suis dit tiens au four mais en tout cas pour il avait été pour moi c'était l'assurance que l'élection se serait l'abolition et la suite on la connaît il est dont il eut il vous nomme garde des sceaux non non il ya un moment essentiel c'est l'élection législative parce que s'il n'y avait pas eu une majorité de gauche au parlement à ce moment-là pas d'abolition donc intéressant encore le deuxième temps les gie majorité absolue du coup vous devenez garde des sceaux alors il ya le parcours législatives au niveau de l'assemblée nationale revenant peut-être plus précisément sur le parcours législatif de ce texte au sénat parce que ça va être un moment intéressant d'abord peut-être procédons par étapes quand le texte sorte de commission il se trouve qu'ils laissent le sénat décide et ne prend pas de décisions tranchées qu'est ce que vous vous dites à ce moment là lorsque le texte sorte de commission et qu'il n'y a pas de consignes précises de conclusion forte donnée à ce texte à l'assemblée nous contera été fait on savait tous que avec une majorité de gauche serait l'abolition donc c'était un exercice intéressant important émouvant tout ce qu'on veut mais le résultat était connu d'avancé ici je dois dire au sénat que c'est jouer la partie décisif projet partie décisive parce que pour moi je me tire on avait donné une session extraordinaire de 15 jours pour l'abolition en faire passer le texte sur la pollution est évidemment je savais qu'à partir de là si c'était pas voté dans les mêmes termes que l'assemblée allait commencer une navette qui durerait tout au long des quelques les mois suivants notamment mesurer l'importance et le mas les textes que la gauche avait préparé quand je ne pouvais pas m'imaginer garde des sceaux d'une justice qui tue est donc cet été est essentielle et une longueur m'avait dit oh oh ce sont des vieilles moustache ils vont vous promener en plus vous êtes dans ce domaine le vice ils vont vous promener avec des amendements des peines de substitution ils vont peut-être voté l'abolition mais ce sera tellement conditionné que vous serez contraint de faire des navettes ce sera pas avant le printemps ce n'est pas du tout donc la vraie question cette fois-ci au sénat c'était con vaincre et convaincre des majorités qui s'était prononcé six mois plus tôt en faveur de la motion qu'avait présenté monsieur père fait il est temps d'attendre bon c'était loin d'être gagné face au barça il n'y avait pas eu d'élections sénatoriales on n'avait pas renouvelé le sénat donc vous avez vous fait vas y que je vous le dire 2 deux éléments que le premier je me suis dit pas de discours flamboyant comme à l'assemblée non deuxièmement lignes directrices celle qui peut conduire au succès c'est l'europe c'est la communauté européenne on disait à ce moment là et le retard de la france par lots fait ce qu est le fait que nous étions le dernier exécuté honte et qui paralyse et aussi d'une certaine façon la justice pénale parce que en matière de grands crimes il suffisait qu'un meurtrier en france couverte créer une passe la frontière été arrêté mais on d'extrader pas pour un pays qui exécute est donc ça nuisait aussi l efficacité de la justice pénale mais sur le plan des principes c'était clair c'était une honte pour la france puis je veux pas trahison de l'homme et ça ça parlait aux sénateurs cette compagnie internationale or il ya eu liberté de vote là j'ai retrouvé les délices de la république parlementaire j'ai compris pourquoi des hommes que j'ai connus y sommes deiss comme fort comme mitterrand lui-même aimait tellement la république parlementaire parce que là c'était uniquement le talent la qualité de l'argumentation les convictions variable des différents groupes qui pouvait décider c'était pas mal hrithik comme à l'assemblée donc le résultat n'était pas acquis d'avancé j'ai vu des choses étonnantes pendant sa durée trois jours vingt deux nuits eh bien j'ai vu les salles des pas perdus des groupes et voit la buvette et groupe et non d' les sénateurs communistes qui se retrouvait avec des sénateurs mrp parfois des mêmes de la droite qu'ils étaient bousculés oui et bien je sentais que se faisaient des alliances je ne dis pas inavouables et quid des alliances étonnantes entre les pros elle est contre l'abolition et jusqu'au bout jusqu'au bout ça a été incertain et finalement c'était le mercredi matin le 30 septembre alors il ya eu un échange tim entre d'ailleurs fort que je connais très bien et qui a tenu à soutenir un amendement d'en réserver le cas des fermes et a rappelé que toutes les victimes étaient naturellement pitoyable et que par conséquent ces discriminations est absurde et je dirais presque mal venu quand il s'agit de la mort la police est on abolissait pas mais il fallait pas le faire en fonction de victimes toutes pitoyable et je l'ait emporté l'amendement djiar fort a été rejetée j'ai reçu discrètement un david et sénateurs de droite a mis à voler sioniste qui m'a fait passer un moment où me disant il faut terminer maintenant a assuré le garde des sceaux maintenant demander à vos amis de retirer tous les ans mon éventuel nous nous allons finir aussi c'est maintenant et en effet il était fin de matinée ils étaient très exactement quand ce vote est intervenu et que l'abolition a été inscrit dans nos lois 12h25 le 30 septembre et qu'est ce qu'est ce que vous ressentez à ce moment là est ce que fera la fierté ce que vous pensez à victor hugo par exemple je me dis parce que nous sommes dans cette pièce où vous êtes entouré aussi de d'éléments des ateliers à victor hugo parce que c'était un abolitionniste le bon et qu'il soumet est ce que vous pensez à lui à quoi pensez-vous à ce moment là enfin sous contrat c'est un grand un policier le plus grand mais aussi parce que gm hugo voilà mais là je me suis rapproché du pupitre la médaille ici siège est à victor hugo c'est alex tamo chance et c'est aujourd'hui ça fait partie des fauteuils du parti communiste et environs et j'ai posé ma main comme ça symboliquement sa médaille qui dit ici siège à victor hugo et puis j'ai vu le tableau s'afficher j'ai fini parce que tu es mons était votée dans les mêmes termes par le sénat il va même pas dans du tout du tout du tout à tondre à quelques mouvements s'agissant de saisir le conseil constitutionnel s'était finie ils étaient très exactement oui 12h30 à peu près où le contrat de 37 ans avrillé je suis sorti j'aurai toujours ça le brouillard du matin très dense ce jour là s'étaient dissipées et j'ai dit mon directeur de cabinet gide non je ne vais pas la chancellerie je rentrais chez moi et je suis resté un moment luxembourg et j'ai regardé les enfants qui jouaient toujours sans et c'est très beau et puissant parti déjeuner chez moi et je me suis dit c'est fini la peine de mort et c'était fini est ce qui vous arrive de craindre qu'elle revienne c'est dingue non pourquoi par de multiples raisons la première est ce qu'il faut jamais oublier que le président chirac vient de voter l'abolition a tenu à ce que l'abolition du que j'évoquais le courage de mitterrand proches pays de mitterrand que l'abolition soit inscrite dans la constitution comme principes constitutionnels sonne c'est ça donc à partir de ce moment là l'abolition est devenu un principe constitutionnel vous savez combien il est difficile de modifier la constitution mais indépendamment la france a signé de multiples accords internationaux qui interdisent le recours à la peine de mort elle ment elle est bannie de la majorité des états et de toute de toute l'union européenne c'est de l'europe généralement donc [Musique]