Sébastien Chenu : "On ne va probablement pas voter la motion de censure" contre Gabriel Attal
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse directe
Qui soutient, qui s'oppose à ce nouveau gouvernement ? Allez-vous la voter ?
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Donc vous apportez votre soutien à ce nouveau gouvernement ?
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Une France millénaire, une France héritière... c'est précisément ce que vous voulez, non ?
- 1:53OuverteRéponse directe
Message de Marine Le Pen il y a trois jours, je la cite... Vous êtes comblé ?
- 2:45RelanceRéponse directe
Vous dites à qui veut l'entendre que vous vous êtes opposé à la signature du traité avec la Nouvelle-Zélande... Ça n'a pas empêché vos alliés à l'Europe de le voter.
- 3:21OuverteRéponse directe
Message de Jordan Bardella aux agriculteurs... Pas un mot sur les prix, les marges... Pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La gauche a déposé hier une motion de censure avant même que le Premier ministre ne prononce son discours, exigeant ainsi une clarification politique. »
- 1:57Invité politiqueFait
« « L'accumulation des traités de libre-échange est en train de ruiner l'agriculture française. Il faut faire du patriotisme économique, mettre en place l'exception agriculturelle et cesser l'inflation normative. » »
- 2:13PrésentateurFait
« Gabriel Attal nous dit qu'on va s'opposer au Mercosur. »
- 2:32PrésentateurFait
« On sait très bien que le président de la République d'ailleurs avait fait quelques allers-retours intellectuels sur le Mercosur depuis 2017. »
- 3:26Invité politiqueFait
« Pas un mot sur les prix. Pas un mot sur le rôle que jouent les industriels dans le revenu des agriculteurs. Sur les marges de la grande distribution. Sur la pression exercée sur les producteurs. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Alors même que le ministre de l'économie menace lui carrément de sanctions les industriels qui ne jouent pas le jeu. »
- 4:58Invité politiqueFait
« Le Brexit. Ces partisans promettaient des jours heureux à l'économie britannique et au peuple anglais. La semaine dernière, à cause du Brexit, les derniers hauts fourneaux de la Grande-Bretagne ont fermé. »
- 5:12Invité politiqueFait
« Qui étaient les premiers partisans en France du Brexit ? C'est le RN. »
Temps de parole
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Sonia De Villers, votre invitée ce matin est députée Rassemblement National du Nord et vice-présidente de l'Assemblée Nationale.
Voilà, et vice-présidente du Rassemblement National. Bonjour Sébastien Chenu.
Bonjour Madame.
La gauche a déposé hier une motion de censure avant même que le Premier ministre ne prononce son discours, exigeant ainsi une clarification politique. Qui soutient, qui s'oppose à ce nouveau gouvernement ? Allez-vous la voter ?
On ne va probablement pas voter la motion de censure parce qu'on censure un texte, on censure une politique, on censure une direction politique. Or là, on a eu un empilement de mesurettes. Comme dans tout catalogue, il y a des choses qui peuvent vous sembler plus ou moins intéressantes. Il y en a certaines qui peuvent retenir notre attention et puis il y en a d'autres, elles sont nombreuses, avec lesquelles on n'est pas d'accord. Mais il n'y a pas en réalité d'axe politique.
Donc vous apportez votre soutien à ce nouveau gouvernement ?
Non, non, et vous verrez, nous le combattrons. Et je crois que nous avons montré, et d'ailleurs les Français le reconnaissent à travers tous les sondages, que nous sommes les meilleurs opposants, les opposants les plus structurés finalement à la politique d'Emmanuel Macron. Mais là, c'est un catalogue de mesurettes et c'est, il faut bien le dire, pas tout à fait au niveau de ce qu'on pouvait attendre du Premier ministre.
Mais en même temps, une France millénaire, une France héritière, une France fière, une France qui refuse de voir son identité se dissoudre, une France qui travaille, une France qui prend soin de ses classes moyennes, c'est précisément ce que vous voulez, non ?
Oui, mais Gabriel Attal pense que parler c'est agir. Gabriel Attal peut manipuler, utiliser les mots, les formules chocs, etc. D'ailleurs vous avez vu, on parle de chocs dans tous les domaines désormais. Auparavant on parlait de chèques, mais les chocs de la Macronie ou les chèques de la Macronie conduisent aux échecs que nous connaissons. Donc je veux bien que Gabriel Attal parle beau. Le problème c'est que toutes les politiques qui ont été menées sont en contradiction avec les objectifs qu'il déploie.
Parlons concrètement. Message de Marine Le Pen il y a trois jours, je la cite. « L'accumulation des traités de libre-échange est en train de ruiner l'agriculture française. Il faut faire du patriotisme économique, mettre en place l'exception agriculturelle et cesser l'inflation normative. » Vous êtes comblé.
Non mais regardez, le Mercosur, prenons quelque chose qui est un exemple très concret. Gabriel Attal nous dit qu'on va s'opposer au Mercosur. Hier nous étions le 29 ou le 30 janvier, communication de l'Union Européenne, nous continuons à négocier sur le Mercosur. Nous continuons dans cette direction. Donc à un moment il y a une schizophrénie qui s'exprime. On sait très bien que le président de la République d'ailleurs avait fait quelques allers-retours intellectuels sur le Mercosur depuis 2017. En 2017 il s'y oppose, en 2018 il est beaucoup moins.
Vous dites à qui veut l'entendre que vous vous êtes opposé par exemple à la signature du traité de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande.
Oui absolument.
Ça n'a pas empêché tous vos alliés à l'Europe de le voter.
Oui mais chacun, j'allais dire, chacun fait ce qu'il veut et j'allais dire, chez les macronistes, ils sont aussi prisonniers d'alliés qui ont parfois des positions contradictoires avec les leurs. Et donc je donne un exemple, je crois que la présidente du Parlement européen qui est une alliée macroniste est contre l'avortement. Voyez vous, c'est assez contradictoire avec les positions des élus macronistes en France. Donc par conséquent, on n'est pas... Sur l'avortement on y reviendra. Non mais sur la façon dont on voit ce que doit être l'Europe. Sur la façon dont on voit de ce que doit être l'Europe, cette puissance supranationale, on se rejoint.
Maintenant on n'est pas forcément en accord sur un certain nombre de thèmes. Mais ça c'est valable pour tout le monde.
Alors avant-hier, Jordan Bardella a adressé une lettre ouverte aux agriculteurs. Pas un mot sur les prix. Pas un mot sur le rôle que jouent les industriels dans le revenu des agriculteurs. Sur les marges de la grande distribution. Sur la pression exercée sur les producteurs. Pas un mot. Alors même que le ministre de l'économie menace lui carrément de sanctions les industriels qui ne jouent pas le jeu.
Pourquoi ? C'est un thème qu'il va falloir prendre en compte d'ailleurs. Et je pense que nous le prenons en compte. Nous avons fait un certain nombre de propositions. Parce qu'évidemment il y a des gagnants aujourd'hui dans cette crise agricole. Il y a des gens qui ne voient pas leur revenu baisser. Ou au contraire qui voient leur revenu progresser. Donc il faudra prendre en compte. Et notamment cette loi EGalim. La faire appliquer. Avoir des sanctions qui vont avec. Peut-être même un jour la repenser. Oui mais ce n'est pas ce qu'il fait madame. Ça fait 7 ans qu'ils sont aux manettes. Les résultats que nous connaissons. Les politiques que nous connaissons.
Et dont nous mesurons aujourd'hui les effets. Au bout de 7 ans. On peut considérer qu'on mesure les effets d'une politique. Sont effroyables pour le pays. Hier quand Gabriel Attal fait des impasses terribles sur des grands sujets. Le pouvoir d'achat. L'agriculture. L'aide médicale d'Etat. Dont il dit qu'elle sera gérée par décret. Et non pas par débat devant le Parlement. Ce sont des impasses. Ce sont des ficelles qui l'utilisent. Pour ne pas traiter les sujets. Donc moi je crois qu'au bout de 7 ans. Ce gouvernement a un bilan effroyable. Que le Premier ministre ne pourra pas combler. Par toute une série de mesurettes. Aussi symboliques ou sympathiques que certaines peuvent-elles être.
Alors. Il vous a nommément cité. Vous le Rassemblement National. Ce qui n'a pas été le cas de d'autres parties. Je le cite. Le Brexit. Ces partisans promettaient des jours heureux à l'économie britannique et au peuple anglais. La semaine dernière, à cause du Brexit. Les derniers hauts fourneaux de la Grande-Bretagne ont fermé. Nous en France au contraire. Notamment grâce aux investissements de l'Europe. L'industrie revient. Qui étaient les premiers partisans en France du Brexit ? C'est le RN. Voici les mots de Gabriel Attal. Que lui répondez-vous ? Et assumez-vous toujours votre soutien au Brexit ?
Vous savez, c'est Arnaud Bergerac qui disait « On n'abdique pas l'honneur d'être une cible ». Donc on a bien compris que pour le gouvernement, nous sommes une cible. Et finalement, cette fébrilité qui, à travers ses propos, est démontrée par le gouvernement, montre que nous sommes une cible parce que nous sommes probablement ce qui symbolise une alternance possible. Pour le reste, on n'était pas partisans du Brexit, madame. On est partisans du libre choix de l'adhésion des peuples à l'Union européenne. Demander au peuple ce qu'ils veulent pour avenir avec l'Union européenne. Quel avenir ils veulent avec l'Union européenne ?
Et moi, je pense que ce serait bien de temps en temps de demander aux Français leur avis et de ne pas utiliser leur avis, de ne pas tordre la réalité de cet avis. Donc j'ai proposé un Brexit ? Pas du tout. Vous savez, des traités, ça se renégocie. Des dispositions, on n'est pas obligé de toutes les appliquer. Je vous donne un exemple. Il y avait une disposition sur les contrôles techniques pour les deux roues qui avaient été votés par l'Union européenne. La France a refusé de l'appliquer parce qu'il y avait une levée de boucliers en France, notamment des motards, souvenons-nous d'un certain nombre de manifestations. On a refusé de l'appliquer.
Donc vous voyez, je pense que c'est sur les règles du jeu que nous ne sommes pas d'accord. Et on a le droit de ne pas être d'accord sur les règles du jeu. Et elles peuvent évoluer et elles doivent évoluer. Le problème, c'est que, Gabriel Attal, on va le voir, je crois que c'est demain, la réunion au niveau de l'Union européenne, c'est demain que se passent des choses. On va voir s'il y a un changement de cap ou si, contrairement à ce qu'il nous raconte, le cap est maintenu sur le dos des agriculteurs.
Hier soir, parce que la journée était riche, notamment pour vous, les députés, Sébastien Chenu. Hier soir, inscription de l'IVG dans la Constitution ratifia une écrasante majorité à l'Assemblée nationale. La réforme constitutionnelle a été soutenue par 493 députés contre 30, au RN 12 contre 14 abstentions. Est-ce que le RN se divise sur des sujets comme celui-ci ?
Non, mais je crois qu'on n'est pas sur le débat sur le fond, on n'est pas sur l'avortement. Personne remet en cause l'avortement dans notre pays, aucun candidat, aucun parti. Je crois que même Mme Boutin ne mettait pas en cause ce droit essentiel auquel nous sommes attachés. Marine Le Pen l'a répété mille et une fois. On a moins de députés au RN qui ont voté contre cette inscription dans la Constitution que chez les Républicains, par exemple. Donc il y a 12 députés qui n'ont pas été convaincus par cette inscription. Il faut dire que les éléments pour convaincre les députés sont un peu légers.
Que ce soit Gérard Larcher ou François Béroux, d'ailleurs, ont fait entendre une musique assez dissonante disant que tous les droits sociétaux ne peuvent pas être inscrits dans la Constitution. Moi, je suis très attaché, par exemple, au mariage pour tous. Je défie les pour. Ce n'est pas pour ça que je vais demander qu'ils soient inscrits dans la Constitution. Je ne suis pas persuadé qu'on le remette en cause dans notre pays. Donc on peut être attaché à un droit sans forcément vouloir faire un coup politique.
Qu'en sera-t-il sur la fin de vie ? Puisque Gabriel Attal, hier après-midi, a promis un vote avant la fin de l'année.
Oui, alors le souci, c'est que la fin du mois, a priori, vient avant la fin de vie. Donc moi, j'aurais préféré que le Premier ministre s'occupe de dispositions pour la fin du mois des Français. Les Français réclament massivement une décision sur la fin de vie. Je vous le dis avec beaucoup de sincérité, ma réflexion n'est pas aboutie. J'ai entendu un élément que j'ai trouvé intéressant dans le discours du Premier ministre. Ça arrive de temps en temps, c'est sur l'augmentation d'unités de soins palliatifs dans notre pays. Vous savez qu'il n'y en a pas dans tous les départements, il n'y en a pas dans tous les hôpitaux.
Et je pense qu'à partir du moment où on équiperait, où on auditerait nos services de santé sur les soins palliatifs, peut-être que ça nous éclairait sur la nécessité ou pas d'une loi sur la fin de vie ensuite, qui est un débat qui fait appel à toutes nos sensibilités.
Donc il n'y a pas de cap au Rassemblement national sur le sujet ?
Non, mais comme sur les sujets de société, il y a une grande liberté. Parce que ça fait appel à des choses très intimes. Moi j'attends des débats qu'ils orientent ma conscience sur cela et je voterai en conscience.
Et que vous avez aussi des députés catholiques conservateurs dans vos rangs. Un dernier mot Sébastien Chenu sur ces députés, dont vous, qui se votent une augmentation de leur indemnité de frais de mandat de 300 euros et des sénateurs de 700 euros. Ça tombe bien au moment où Gabriel Attal parle de desmicardiser la France ?
Non, mais c'est vrai que c'est une erreur. On est les seuls, alors tous les partis l'ont voté, personne ne s'y est opposé plutôt, pour être très honnête. Et nous sommes les seuls à avoir demandé le report de cet acte manqué, le report de cette disposition. Donc nous, nous considérons que lorsque l'on fait une erreur, on peut essayer de la corriger. C'est ce que nous avons demandé, c'est ce que j'ai demandé moi-même à la présidente de l'Assemblée.
Merci Sébastien Chenu.
Sébastien Chenu