"Je compte sur vous le 9 juin prochain !" - discours de Rima Hassan au meeting de Montpellier
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Merci pour cet accueil. Je suis si heureuse d'être avec vous aujourd'hui. Je suis aussi et surtout extrêmement fière de mener cette campagne portée par Manon Aubry et de pouvoir le faire à vos côtés.
J'ai un petit aveu à vous faire. C'est mon tout premier meeting. Pour ce premier meeting, je vais déroger à la règle et je vais commencer mon propos par ces mots, ces beaux mots de Sonia Cheniti, une écrivaine tunisienne.
Si tu refuses qu'après toi, ça soit le déluge. Si tu te ranges du côté du pauvre et de l'opprimé sans te prendre pour un héros. Si tu crois que l'amour est la seule force de persuasion.
Si tu crois que la paix est possible, alors la paix viendra. Nous devons plus que jamais croire en cette paix possible. Nous devons plus que jamais prôner cet amour fort et persuasif.
En parlant d'amour, nous sommes tous des Palestiniens. La paix est un idéal qui nous fait tenir et qui nous porte parfois au-delà de ce que l'on pourrait espérer. Des colères dignes et légitimes des peuples opprimés peuvent jaillir les plus belles des espérances.
Mes camarades, mes chers amis, nous avons raison d'espérer. Oui, nous avons raison d'espérer du meilleur pour nous sauver du pire de quelques-uns. Se battre pour les droits de chacune et de chacun, c'est au fond sauver ce que nous avons en commun, notre humanité.
Nous sauverons cette humanité que si et seulement si nous sauvons l'idéal d'un monde de paix. Ce monde qui dépend de nous et dont nous dépendons. Parler de paix nous engage surtout à faire la paix.
Et faire la paix demande bien du courage. C'est ce courage qui isole toutes celles et ceux qui se lèvent face à une assemblée d'assis, genoux jusqu'au-dedans, frappés par l'immobilisme. La paix est un programme politique en soi et c'est le nôtre que nous voulons pour les Palestiniens et les Ukrainiens et plus largement pour tous les peuples opprimés d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
Les Palestiniens et Ukrainiens ont en commun un adversaire, l'impérialisme. Ils ont aussi en commun des souffrances et une résistance. Ils sont aussi, malgré eux, divisés au nom de leurs différences, celles que beaucoup invisibilisent, voire instrumentalisent, celles-là même qu'ils refusent de nommer, leurs couleurs de peau.
Les Ukrainiens sont des Blancs européens. Et les Palestiniens, de pauvres animaux humains. Ce sont d'abord et avant tout des êtres humains.
Rien que des êtres humains. Pas de débat sur le soutien apporté à l'Ukraine. Et il ne devrait pas y en avoir un.
Nous soutenons les Ukrainiens et nous nous opposons au régime qui les opprime. Notre responsabilité politique est de questionner l'étendue de ce soutien et de ses conséquences. Et c'est en cela que notre position est courageuse.
Nous rejetons la spirale de guerre et nous nous battons pour que les armes se taisent. Il y a pourtant un débat, permanent et indécent, sur le soutien apporté à la Palestine. Pour les Ukrainiens, l'Europe est l'allié des victimes.
Pour les Palestiniens, l'Europe est complice des bourreaux. La libération et la justice en sont les seuls moyens pour y arriver. Je sais haut que grand que nous, si face à cette lutte, mais nous ne sommes pas insignifiants.
Nous portons une espérance de pouvoir se réaliser. Mais s'il nous est permis de rêver, alors il nous est impératif de lutter. Il m'est arrivé d'avoir honte de ce que je suis.
Cette honte qui habite un trop grand nombre d'entre nous est celle du lot d'humiliation et de déshumanisation qu'on inflige au reste dite inférieure. Pour les colonisés que nous sommes, nos noms, nos mémoires, nos histoires parlent pour nous au-delà de nos propres discours. Je pense aux malnés qui vivent et survivent avec leurs plaies.
Je pense aux indésirables, aux invisibles, aux sans voix et aux sans droits, aux indigètes de la République. La Palestine, tout comme l'Ukraine, n'en déplaise à certains, est un sujet européen. La Palestine est un sujet européen, car Israël est un bout d'Occident en Orient.
La lutte et la cohabitation qui se jouent ici, entre descendants de colonisateurs et de colonisés, elles se jouent aussi là-bas en ces termes. La Palestine est un sujet européen, car l'Union Européenne est le premier partenaire commercial d'Israël avec 30 points. La Palestine est un sujet européen, car nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, des Palestiniens.
Point prochain, pour qu'on reconnaisse enfin l'état de Palestine, comme va le faire les...
Pour écrire une poésie qui ne soit pas politique, je dois écouter les oiseaux. Et pour écouter les oiseaux, il faut que le bruit des bombes cesse. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Merci.
Rima Hassan