El Niño : les États sont-ils préparés à la prochaine catastrophe ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
qu'une crise chasse l'autre. En général, les campagnes se font sur le pouvoir d'achat et l'immigration... - C.Roux: Mais il y a celui que les spécialistes ont baptisé Super El Nino, Godzilla, pour certains...
Un phénomène naturel renforcé par le réchauffement climatique qui pourrait accélérer ces épisodes extrêmes dont nous parlons, des canicules aux inondations en passant par les sécheresses, sur l'ensemble de la planète. - C'est un nom qui revient de plus en plus souvent dans l'actualité et qui fait trembler les experts du climat dans le monde entier... - L'Agence météorologique japonaise signale que le phénomène El Nino se produit depuis ce printemps. - Que va-t-il se passer cet été?
On a déjà parlé d'El Nino. Parlerons-nous d'un Super El Nino? - Les climatologues sont inquiets en voyant le phénomène climatique El Nino actuellement actif dans notre région, qui pourrait être le plus intense jamais enregistré. - El Nino, un phénomène naturel inarrêtable qui revient tous les 2 à 7 ans avec des répercussions climatiques majeures à l'échelle planétaire. - Nos experts estiment à 80 % la probabilité que des conditions El Nino se manifestent entre juin et août 2026. - Ce climatologue nous explique ce phénomène météorologique provoqué par les variations de températures dans les eaux du Pacifique. - Il y a des alizés qui soufflent d'est en ouest.
A l'est du Pacifique équatorial, ça entraîne des remontées d'eau froide. Certaines années, il peut y avoir une anomalie de chaleur qui arrive dans l'Est ou un ralentissement des alizés qui vont enrayer le système. Cette différence de températures va diminuer.
Les alizés vont s'affaiblir. Ca va durer un an, de printemps à printemps. C'est l'événement El Nino. - Les conséquences sont ravageuses.
Dernier exemple en date: ces incendies en janvier 2024 en Colombie. 12 ha de forêt ravagés. - Mon fils de 9 ans, qu'est-ce qu'il va lui rester, à l'avenir?
C'est ce qui me désole le plus. Je suis terrifiée par le feu qui consume la montagne. Je suis terrifiée par ce qui se passe. - Des incendies, mais aussi des inondations, comme ici, en Tanzanie, en décembre 2023. 68 personnes tuées.
Un mois plus tôt, en Argentine, des milliers de déplacés. - La rivière est arrivée tout d'un coup. Elle ne nous a pas laissé le temps de sortir quoi que ce soit.
Elle a tout recouvert. C'est la 1re fois que nous assistons à une inondation aussi importante. - 2 ans après son dernier passage, El Nino serait donc déjà de retour.
Une situation qui inquiète aussi l'ONU. - Nous devons tous accorder à cette situation le degré d'urgence climatique qu'elle représente. El Nino va aggraver la situation d'une planète qui se réchauffe. - Il y a urgence.
Même en Europe, des répercussions sont à prévoir. - Le principal impact pour nos sociétés, en particulier pour nous, en Europe, qui ne sommes pas affectés par des événements climatiques El Nino...
Ce sont les aléas économiques. Ca va être sur le prix des denrées agricoles...
Par exemple, les récoltes de riz en Indonésie vont diminuer. Les côtes du Pérou et du Chili fournissent à peu près la moitié des farines d'origine des poissons pour nourrir le saumon...
Le prix des denrées va changer. - Le phénomène pourrait s'aggraver dans les années à venir, mais la cause n'est pas encore totalement perdue. - En limitant le changement climatique, en réduisant nos émissions d'énergies fossiles, qui est responsable des effets de serre additionnels, on peut limiter l'impact des événements El Nino.
Par exemple, les impacts de précipitations extrêmes seront moins intenses en limitant ces émissions. - El Nino, un phénomène ravageur aux conséquences économiques, mais aussi sanitaires, car il contribue au déplacement de certaines épidémies. - C.Roux: Question. - G.Musquet: C'était très bien dit sur la partie économique.
La France, ce n'est pas que l'Hexagone. Les premières victimes d'El Nino, ce sont nos compatriotes de l'océan Pacifique, les Polynésiens, les Néo-Calédoniens, nos compatriotes des départements français d'Amérique, de Saint-Pierre-et-Miquelon à la Guyane...
On a des Français qui seront impactés par ces phénomènes. Les Etats-Unis ne s'y trompent pas. On a un partenaire stratégique qui se retire de la course.
Ce sont les Etats-Unis. Ils sont en train de casser, parfois, certains capteurs qui permettaient de mesurer l'intensité de ce phénomène. Il faut vraiment qu'en Europe, on puisse continuer à financer ces capteurs et qu'on travaille, c'est une des recommandations des Nations unies, les systèmes d'alerte précoce, dont on a parlé sur les précédents sujets sur l'Espagne...
Il faut que l'Europe monte en puissance à la fois sur les capteurs...
Lord Kelvin disait: "Mesurer, c'est savoir." Si on ne mesure pas, on ne saura pas comment faire face à ces événements et comment alerter les populations, les préparer, les évacuer pour atténuer les effets. - C.Roux: On sait ce qui va se passer ou on modélise?
Quand on parle de Super El Nino...
On voit bien qu'il y a quelque chose d'un peu angoissant dans ce qui est quasiment annoncé...
Est-ce qu'on sait que ça va toucher la France? On connaît l'impact que ça peut avoir sur nous? - E.Haziza: Premièrement, les canicules et les feux qu'on vient d'avoir en France en mai et en juin ne sont pas liés directement à El Nino.
La signature d'El Nino, qui est déjà extrêmement fort aujourd'hui au niveau du Pacifique, va avoir des conséquences sur l'Hexagone d'ici 3 à 6 mois. Il faut s'attendre à des conséquences hivernales, plutôt. - C.Roux: Comme quoi? - E.Haziza: On a les 2 extrêmes qui peuvent se produire.
Vous avez une masse d'air remplie de vapeur d'eau...
La vapeur d'eau est le 1er gaz à effet de serre sur Terre. Cette vapeur d'eau qui va charger des rivières atmosphériques qui vont ensuite se propager sur l'Europe et vont potentiellement amener, dans certains endroits, des inondations avec des méga-inondations potentielle comme on a pu vivre sur la Grèce ou dans d'autres territoires...
Ensuite, on risque d'avoir, bien sûr, des sécheresses accentuées. Mais aujourd'hui, ce qui est sûr, c'est que ce qui se passe sur l'océan Pacifique, un phénomène depuis la nuit des temps...
Ca fait 130 000 ans qu'on a ces bascules. Mais là, on est hors cadre. La courbe monte à un niveau jamais atteint.
C'est pour ça qu'on l'appelle "Godzilla". On est dans l'inconnu. L'inconnue, ce sont ces masses d'air extrêmement humides qui vont venir déjà réchauffées à l'échelle planétaire et qui se croisent avec le fait qu'aujourd'hui, la Terre reçoit beaucoup plus d'incidence de chaleur solaire et ne peut pas la ré-émettre.
On est donc aujourd'hui dans une sorte de cocotte-minute. - C.Roux: Quand on est au gouvernement, on fait quoi? - E.Haziza: On doit se dépêcher de réagir.
Il va falloir que tous les maires et tous ceux qui correspondent à un niveau de responsabilité puissent agir avec des moyens et des outils. Vous n'avez l'obligation de faire refaire le plan communal de sauvegarde que si vous êtes soumis à un risque avéré. Il va falloir travailler à l'échelle de tout le monde.
Ensuite, il faut que tout le monde soit dans l'anticipation, la préparation et l'optimisation de tous les indicateurs. On a les moyens d'avoir des données en continu. Allons-y foncièrement et rapidement. - C.Roux: Revenons à vos questions.
E.Brocardi est resté avec nous. Vous êtes porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
Voici cette question pour vous. - E.Brocardi: La 1re chose, c'est de ne pas se prendre pour un gendarme ou un policier.
Si vous pouvez le dénoncer, ce serait une bonne chose, au travers de la plaque d'immatriculation ou le signaler lors d'un prochain arrêt sur une aire d'autoroute. C'est essentiel. Mais au travers de cette question, c'est aussi une question d'adaptation nécessaire.
Evelyne Perrot