Reconnaissance de la Palestine: une pression sur Israël pour Gaza ?
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Approuvez-vous la décision d'Emmanuel Macron de reconnaître au mois de septembre un état palestinien ?
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Pourquoi Emmanuel Macron a pris cette décision hier soir ?
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Est-ce que cette décision peut créer un effet boule de neige ?
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Est-ce que les négociations de cessez-le-feu avancent ?
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Est-ce que reconnaître un état palestinien changerait quelque chose fondamentalement ?
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Est-ce que c'était une bonne idée de la part d'Emmanuel Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La France reconnaîtra un état de Palestine en septembre. »
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La France reconnaîtra un état de Palestine en septembre. Un état palestinien, c'est l'annonce faite par Emmanuel Macron jeudi soir. Alors, pour quelle raison le président a-t-il fait ce choix ?
Qu'est-ce que cela pourrait changer ? Et est-ce une bonne idée ? C'est la question du jour qu'on vous pose aujourd'hui sur le site du Figaro.
Appelez-vous la décision d'Emmanuel Macron de reconnaître au mois de septembre un état palestinien ? Et pour parler de de ce sujet, pour répondre à toutes ces questions, je suis avec George Malbruno. Bonjour George, merci d'être avec nous aujourd'hui.
Grand reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient. Déjà, pourquoi Emmanuel Macron a pris cette décision hier soir ? Je pense qu'il il a il a été rattrapé par les événements dramatiques qui se passent à Gaza avec euh des dizaines, même parfois une centaine de morts euh chaque jour he comme ça a été le cas le weekend dernier palestinien.
Euh et euh et donc il a je pense qu'il a été rattrapé par ces par ce drame et euh il a agi euh euh un petit peu pas dans l'urgence mais en anticipant effectivement ce qu'il devait probablement annoncer lors de l'Assemblée générale des Nations- Unies fin septembre. Euh donc un sentiment d'urgence parce que la situation Gaza d'autre part s'est passé inaperçu mais en début de semaine la CNET a voté une résolution. certes non contraignante qui rejette toute création d'un état palestinien.
Donc s'il n'y avait pas ce cette urgence, s'il n'y avait pas cette reconnaissance, veut dire si on attend encore 1 an, 6 mois, 2 ans et bien on reconnaîtra comme certains chercheurs l'ont dit un cimetière à Gaza et il n'y aura plus rien à reconnaître. Donc c'est le sens je pense de la décision d'Emmanuel Macron de reconnaître cet état palestinien et qui s'inscrit, on en parlera probablement justement dans d'autres déclarations qui avaient été faites par Emmanuel Macron au printemps puisqu'il avait déclaré notamment à son retour d'Égypte en mai que la France irait vers cette reconnaissance. Ça devait être fait le 18 juin lors d'une réunion à New York au siège de l'ONU. euh réunion qui a été euh reportée en raison de la guerre entre Israël et l'Iran.
Donc voilà, donc il se il se place dans ce contexte-là et mais c'est surtout, je crois, l'urgence de la situation qui est intenable et ce qui se passe à Gaza qui a provoqué donc la réaction d'Emmanuel Macron. Finalement, ce qui va se passer en septembre, c'est reporter ce qui s'était passé, ce qui devait se passer en tout cas à la mi-juin. Oui.
Oui, c'est ça. Alors, si vous voulez, ce qui ce qu'il faut bien voir, c'est que Emmanuel Macron a beaucoup attendu hein quand même parce que il faut rappeler que la France sur ce dossier là a été pionnière parmi les grandes nations. Dès les années 1978, la France de Valérie Giscardestin a initié ce qu'on a appelé la déclaration de Venise adoptée par les à l'époque l'Union européenne, je crois c'était SEP pays qui appelaient à l'autodétermination de des Palestiniens.
Ensuite, il y a eu la France de François Mitteran 82 discours historique à la Cette où il appelle à la création d'un état palestinien. Ensuite Jacques Chirac, même Nicolas Sarkozy qui a reconnu la Palestine à l'UNESCO, je crois que c'était en 2013. Donc voilà, là Emmanuel Macron s'inscrit dans une lignée historique, hein, euh et euh mais il a beaucoup tergiversé parce que au début euh on nous disait euh à l'Élysée, Emmanuel Macron reconnaîtra la Palestine lorsqu'il y aura une dynamique arabe de reconnaissance d'Israël.
Euh or cette dynamique arabe, il y en a pas et il y en aura pas pour une raison très simple, c'est que les pays arabes, en particulier le plus important d'entre eux, l'Arabie Saoudite, dit "Nous sommes prêts à normaliser avec Israël à condition qu'Israël s'avance vers la création d'un état palestinien." Or, vous le savez, le gouvernement actuel israélien ne veut surtout pas d'un état palestinien. Donc il ne pouvait pas y avoir de dynamique arabe.
Donc là Emmanuel Macron était s'était un petit peu lui-même piégé et donc aujourd'hui il sort de ce de ce piège en reconnaissant ou en annonçant la reconnaissance prochaine d'un état palestinien lors de l'Assemblée générale des Nations- Unies. ce que souhaite Emmanuel Macron et c'est ce qui explique, on y viendra aussi probablement le courou pour pour dire un mot faible d'Israël, c'est que on a peur en Israël que ça provoque un effet de contagion que la Grande-Bretagne, le Canada, le Japon peut-être puisse reconnaître à leur tour l'État de Palestine. Oui, parce que la question c'est ça, c'est est-ce que ça peut créer un effet boule de neige ?
C'est en tout cas ce que veut Emmanuel Macron. Euh ça c'est la carte des pays qui euh reconnaissent euh euh Israël. Euh alors elle est pas très très euh pardon euh la Palestine, excusez-moi.
Euh il y a il manque beaucoup de pays en Améque du Nord, il manque beaucoup de pays en Europe. Est-ce que Emmanuel Macron, grâce à ces décisions, peut faire adhérer alors alors Amérique ? Non mais les pays européens.
Alors, je vous je vous le disais, l'objectif des Français, c'est que la Grande-Bretagne, le Canada et le Japon, qui sont quand même trois grandes puissances qui sont membres du G7 reconnaît cet état de Palestine. Euh la Grande-Bretagne est tiraillée, le Canada également. En Europe, l'Allemagne, c'est sûr, ne reconnaîtra pas l'État de Palestine.
L'Italie ne reconnaîtra pas non plus l'État de Palestine. Et il y a un certain nombre de pays de Est européens qui également ne reconnaîtront pas. Mais ce que ce que voudrait Emmanuel Macron et ce que craignne les Israëls, les dirigeants israéliens, c'est qu'il y a un effet effectivement d'entraînement que la Grande-Bretagne euh et que d'autres grands pays membres du G7, membres de du permanent du conseil de sécurité de l'ONU et bien s'associe à cette décision.
On verra en septembre s'ils le feront. Est-ce que pour l'instant on peut dire que c'est bien parti ? Est-ce que on a quelques pistes sur sur ça ?
Bah je pour l'instant britannique euh et canadiens se se font tirer l'oreille. Là on a eu une déclaration, je crois ce matin du premier ministre britannique dit on soutient la la reconnaissance de l'État de Palestine mais un cesser le feu à Gaza est une priorité. Je crois que ce qui d'ailleurs certes il faut le il faut le lier mais c'est deux choses qui n'ont pas grand-chose à voir.
Les négociations sont mené par Israël et le Hamas via les États-Unis et le Qatar et la reconnaissance de l'État de de Palestine, c'est quelque chose d'autre. Donc je pense que c'est aussi un c'est aussi une Arguie que brandit le gouvernement britannique peut-être pour ne pas reconnaître. On verra ça en septembre.
Est-ce que ces négociations justement euh d'un CC le feu, vous le disiez, si du Qatar, est-ce que elles avancent ou c'est parce qu'elles sont bloquées finalement qu'Emmanuel Macron prend cette décision ? Elles elles avancent un petit peu, elles ont été elles ont repris en début juillet. Là, il y a eu un nouveau texte qui a été validé par le Hamas, qui a été transmis euh à Israël.
Euh les Israéliens trouvent que c'est pas suffisant, mais on négocie. Ce qu'il faut bien voir, c'est que on dit un cesser le feu mais ou voilà mais c'est un un un texte. C'est pour ça que ça prend beaucoup beaucoup de temps et que il faut le dire Nethaniaou comme le Hamas n'ont pas forcément envie que cette guerre s'arrête pour des raisons différentes évidemment mais qu'au-delà de la libération des otages au c'est un accord de cesser le feu permanent.
En tout cas c'est ce que veut le Hamas. Or, Benamin Netania, lui, veut un accord de cesser le feu temporaire, hein. Il veut récupérer ses otages, une vingtaine de vivants et probablement 30 morts et recommencer au terme des des 60 jours de cesser le feu, de combattre le Hamas et cetera et voir peut-être expulser les Palestiniens.
Donc c'est pour ça veut dire aussi il y a des on discute de de choses très très complexes. Combien de camions humanitaires vont entrer ? De combien de kilomètres l'armée israélienne va se retirer ?
Est-ce que l'armée israélienne continuera d'être déployée dans ce qu'on appelle le long du corridor de Philadelphie entre la bande de Gaza et l'Égypte aussi également dans un autre corridor plus au nord ? Donc c'est c'est une c'est un règlement je dirais presque global du conflit à Gaza depuis bientôt 2 ans qui est sur sur la table. C'est pour ça que ça prend beaucoup de temps.
Et donc effectivement et on voit bien qu'en même temps et bien il y a cette dégradation de la situation à Gaza qui rend cette situation intenable. C'est vrai. Je rappelle la question du jour.
Approuvez-vous la décision d'Emmanuel Macron de reconnaître au mois de septembre un état palestinien ? Est-ce que ça changerait ? Alors, on a compris hein le l'effet boule de neige, mais est-ce que ça changerait quelque chose fondamentalement de reconnaître un état ?
Non, non, non. Mais c'est je dirais que c'est une fausse bonne question parce que si ça avait changé quelque chose, il y a très longtemps qu'on l'aurait reconnu. S'il suffisait simplement pour régler le conflit israélo-palestinien de reconnaître l'État palestinien, on l'aurait reconnu, tout le monde l'aurait reconnu depuis 30 ans.
Non. sur le terrain, ça ne va rien changer. Simplement ça va mettre une pression diplomatique sur Israël pour l'empêcher d'une part l'empêcher, esperton hein, de poursuivre son épuration ethnique à Gaza, voire d'expulser les Palestiniens, ils l'ont dit.
D'autre part, d'annexer la 6 Jordanie. deux options qui sont euh inacceptables pour la communauté internationale et qui ne sont pas souhaitables d'ailleurs ni pour les Israéliens ni pour les Palestinien. C'est dans ce sens-là qu'Emmanuel Macron euh sort du bois et sort cette cette reconnaissance de l'État de Palestine.
Mais concrètement effectivement alors effectivement il y aura le la Palestine pourra ouvrir une ambassade à Paris, aura un réhaussement de son statut diplomatique, mais c'est surtout c'est une façon de dire à Israël, vous ne pourrez pas faire n'importe quoi maintenant que la France et d'autres pays auront reconnu l'État de Palestine. Je vais vous poser la question. Est-ce que c'était une bonne idée de la part d'Emmanuel Macron ?
Oui, il fallait le faire évidemment. Comme je disais, ça fait partie la France étant ce qu'elle est la France ayant eu la politique qu'elle a eu au Moyen-Orient depuis 50 ans, souhaitant la création d'un état palestinien au côté d'Israël vivant en sécurité avec des garanties de sécurité, il n'y a pas d'autres options. L'expulsion des Palestiniens, on n'y arrivera pas et ça sera dramatique. l'annexion de laisse Jordanie, un état binational où les juifs israéliens seraient minoritaires, où Israël pratiquerait selon d'ancien chef du Mossade la politique d'aparteide, ça n'est pas tenable.
Donc il faut revenir à une solution négociée. Cette solution c'est deux états. Et quand j'entends certains dire c'est récompenser le Hamas du 7 octobre mais c'est exactement le contraire.
C'est favoriser la création d'un état palestinien détenu par l'autorité palestinienne qui est le concurrent direct du Hamas et non pas le Hamas. Et c'est bien ce que Benjamin Netaniao qui ne veut pas de d'un état palestinien avait dit. Vous souvenez en 2018 ou 2019, je favorise le Hamas pour affaiblir l'autorité palestienne pour qu'il n'y ait pas d'état palestinien.
Donc une fois que vous avez dit cette phrase, vous avez tout compris de la stratégie israélienne et donc vous ne pouvez pas dire après que la création ou la reconnaissance d'un état palestinien s'est cautionné le 7 octobre ou c'est récompensé. C'est le contraire. Plus on attend, il y a urgence.
Hm. Je vous le disais tout à l'heure, si on attend 6 mois 1 an, il y aura plus de Gaza et il y aura une annexion si Jordanie et donc il y aura plus de perspective d'un d'un de États et il y aura en revanche il y aura encore des Palestiniens qui par désespérance seront à masse voir même plus. Donc il y a urgence à régler ce problème, à réintroduire de la diplomatie et non pas de la force du militaire, de la force et cetera.
Mais pour ça effectivement, il faut il faut il faut il faut disloquer militairement le Hamas, il faut le le réduire, il l'a été fait disloquer militairement et il faut redonner à l'autorité palestinienne et bien sa place et puis il faut convaincre le gouvernement israélien de revenir à la diplomatie et ça c'est un je évidemment aujourd'hui reste à faire cette reconnaissance ça n'est qu'un acte diplomatique mais sur le terrain ça ne va strictement rien changer oui c'est un premier part on l'a compris merci beaucoup George Balbruno en tout cas d'avoir été avec nous aujourd'hui pour parler parler de la question du jour sur le site du Figaro. Merci à vous du Figaro d'avoir été nombreux à nous suivre. Pour ceux qui nous suivent sur YouTube, vous pouvez bien sûr vous abonner comme d'habitude et moi je vous souhaite une très bonne journée sur le Figur.
Emmanuel Macron