Michel Barnier ne doit pas augmenter les impôts - Andréa Kotarac (France Info)
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Questions et réponses
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- 0:16OuverteRéponse directe
Gérald Darmanin a mis cette ligne rouge d'une hausse des impôts. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?
- 1:20FerméeRéponse directe
On parle d'une hausse temporaire de l'impôt sur les sociétés. Cette hausse est-elle inévitable pour vous ?
- 1:28OuverteRéponse directe
Vous en pensez quoi, ORN ?
- 2:24ComplaisanteRéponse directe
Donc taxer les surprofits.
- 3:13OuverteRéponse directe
Ça peut passer par une taxe sur les surprofits ?
- 4:31FerméeRéponse partielle
Si Michel Barnier va vers cette hausse d'impôt sur les sociétés, ça conditionne pour vous une entrée au gouvernement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22InvitéFait
« on porte la baisse d'impôts pour les Français. On est le pays, la France, au sein de l'Europe, qui est celui qui taxe le plus à la fois les ménages, mais aussi les entreprises, l'industrie. »
- 0:37InvitéFait
« Il y a eu une baisse des impôts sur le revenu, une suppression de la taxe d'habitation, le prélèvement à la source qui a permis aussi d'avoir moins d'erreurs et d'avoir plus de justice. »
- 0:47InvitéChiffre
« Et puis il y a eu la baisse de l'impôt sur les sociétés qui a d'ailleurs rapporté plus d'argent à l'État. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Et de la même manière, le déficit n'a jamais été aussi grave. »
- 1:58Invité politiqueFait
« certaines justices fiscales, on en avait parlé sur la TVA, sur le carburant, l'électricité, etc. »
- 2:03Invité politiqueFait
« Mais il faut aussi taxer, notamment les surprofits indus. »
- 2:50Invité politiqueChiffre
« Quand je lis le rapport de la Cour des comptes en 2020, qui nous explique qu'on a par exemple une fraude sociale à hauteur de 20 à 30 milliards d'euros »
- 2:59Invité politiqueFait
« Gabriel Attal l'avait engagé, mais force est de constater que ce chantier a été abandonné et que le taux de go recouvrement des fraudeurs n'était que de 6%. »
- 6:16Invité politiqueChiffre
« qu'il y a, par exemple, 73 millions d'assurés pris en charge par l'assurance maladie pour seulement 68 millions de résidents dans notre pays »
- 7:00Invité politiqueFait
« ce n'est pas à chaque fois aux Français à qui il faut demander l'effort. »
- 7:04Invité politiqueChiffre
« Je vous rappelle qu'il y a 62% des Français qui sont en train de vivre ou qui vont connaître une situation de précarité. »
- 7:10Invité politiqueFait
« Le bilan de la Macronie, M. Barnier l'a dit, c'est un budget, une situation budgétaire extrêmement grave. »
- 7:36Invité politiqueFait
« on a un record de faillite d'entreprises, notamment parce qu'elles n'ont pas réussi à payer l'Ursaf, notamment en raison du prêt garanti État, qu'elles n'arrivent pas à rembourser. »
- 11:18Invité politiqueChiffre
« C'est 1 000 milliards de dettes sous la Macronie. »
- 11:33InvitéFait
« La dette augmente depuis 40 ans, mais elle l'a baissée les dernières années, M. »
Temps de parole
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À ma gauche, Violette Spilbou, bonjour, députée ensemble de la 9e circonscription du Nord. Et bonjour, Andréa Cotarac, porte-parole du Rassemblement National. Évidemment, je voudrais vous entendre tous les deux sur cette question. Gérald Darmanin, ce matin, sur le plateau de nos confrères de France 2 aux 4 vérités, a lui mis cette ligne rouge d'une hausse des impôts. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?
Bien sûr, je crois qu'il a raison. D'abord parce que depuis plusieurs années, plus de 5 ans, on porte la baisse d'impôts pour les Français. On est le pays, la France, au sein de l'Europe, qui est celui qui taxe le plus à la fois les ménages, mais aussi les entreprises, l'industrie. Donc il y a eu une baisse des impôts sur le revenu, une suppression de la taxe d'habitation, le prélèvement à la source qui a permis aussi d'avoir moins d'erreurs et d'avoir plus de justice. Et puis il y a eu la baisse de l'impôt sur les sociétés qui a d'ailleurs rapporté plus d'argent à l'État. Donc il faut continuer dans cette ligne.
Après, quand Michel Barnier parle de justice fiscale, oui, il y a aujourd'hui plein de mécanismes qui ne fonctionnent pas bien. Il faut peut-être regarder certains de ces mécanismes pour faire en sorte que les classes moyennes, notamment ceux qui travaillent, qui ont du mérite, n'aient pas toujours le sentiment réel d'être plus taxés que les autres et de ne pas bien vivre de leur travail.
Vous l'avez rappelé, l'impôt sur les sociétés avait été amoindri, avait été baissé. Là, on parle justement d'une hausse sur cet impôt des sociétés a priori temporaires. Ce ne sont que des bruits de couloirs. Malgré tout, elle est inévitable, cette hausse d'impôt pour vous ? Vous en pensez quoi, ORN ?
Mais en réalité, nous, nous sommes opposés à une hausse d'impôt, bien évidemment. Mais la question se pose d'ordre général. C'est-à-dire que vous ne pouvez pas dire qu'on veut une hausse d'impôt et ça va régler le déficit. Puisque sous la Macronie, il faut le dire aussi, on n'a jamais eu autant de prélèvements, vous l'avez dit, en Europe, qu'il y en a en France. Et de la même manière, le déficit n'a jamais été aussi grave. Par conséquent, je pense qu'il faut un plan global d'économie pour savoir où va le gouvernement.
Nous, on a souhaité au Rassemblement national, vous le savez, puisque ça date depuis la présidentielle, certaines justices fiscales, on en avait parlé sur la TVA, sur le carburant, l'électricité, etc. Mais il faut aussi taxer, notamment les surprofits indus. Pas simplement des surprofits, mais des surprofits qui sont dus à des cas de force majeure, à la guerre, au maïs. Et on a eu des multinationales qui ont eu des surprofits indus, c'est-à-dire qui étaient payés par le consommateur français, mais dont l'entreprise n'était pas méritante, si j'ai envie de dire.
Donc taxer les surprofits.
Les surprofits indus. Vous avez des entreprises dans l'agroalimentaire, dans l'agriculture, dans le pétrole, dans le gaz, qui ont vu leurs profits exploser, pas parce qu'elles étaient méritantes, mais parce qu'il y avait un cas de force majeure imprévisible, une guerre, un blocage du détroit d'Hormuz ou d'autres situations de la sorte. Et troisièmement, il faut, pardonnez-moi, un plan d'économie structurelle.
Quand je lis le rapport de la Cour des comptes en 2020, qui nous explique qu'on a par exemple une fraude sociale à hauteur de 20 à 30 milliards d'euros, Gabriel Attal l'avait engagé, mais force est de constater que ce chantier a été abandonné et que le taux de go recouvrement des fraudeurs n'était que de 6%. Donc on voit qu'il n'y a que la volonté politique qui permettra à la France de retrouver finalement un peu d'air et d'oxygène.
Et ça peut passer par une taxe sur les surprofits ?
Le sujet des super profits, super dividendes, il a déjà été largement évoqué pendant la précédente législature. Vous vous souvenez quand le groupe Modem avait proposé cette taxation sur les super dividendes ? Mais aujourd'hui ? Aujourd'hui, moi je considère que ça mérite d'être posé. On a déjà fait beaucoup d'efforts sur la taxation des multinationales. C'est depuis quelques années avec Bruno Le Maire que les GAFAM, ces grandes entreprises du numérique, sont maintenant taxées. C'est avec lui aussi qu'il y a maintenant un impôt minimal sur les sociétés multinationales.
Donc continuer de se dire que quand il y a des multinationales qui ont énormément de profits et qui ne redistribuent pas à leurs salariés en augmentant les salaires, qui n'investissent pas suffisamment dans la transition écologique, si ça doit passer par la contrainte, je pense que ça mérite d'être posé. Donc nous, quand on ne dit pas de hausse d'impôt, quand Gérald Darmanin dit que c'est une condition importante pour nous
à faire valoir à Michel Barnier, je pense que c'est important de lui redire.
D'ailleurs, les Républicains, dans leur pacte législatif en juillet, qu'ils ont adressé au président de la République, ils reprenaient cet argument de ne pas augmenter les impôts. Ce qu'on veut dire, c'est que les gens qui travaillent, les classes moyennes, les gens qui entreprennent dans notre pays, ils savent aujourd'hui qu'on est déjà étranglés par les impôts et qu'on ne peut pas aller plus loin. Concrètement, il y a quelques points sur lesquels, je pense, on peut discuter.
Si Michel Barnier va vers cette hausse d'impôt sur les sociétés, ça conditionne pour vous une entrée au gouvernement ?
Oui, non, ce n'est pas on ou off. Mais c'est quand même un changement de doctrine, vous l'avez rappelé. Il y a une négociation en ce moment qui est assez difficile. Vous l'avez vu avec ces rendez-vous, l'annulation du rendez-vous. Je pense que Gabriel Attal, notre président du groupe...
Justement, on s'est posé la question de savoir si c'était une ligne dure rouge, les impôts qui faisaient que ce rendez-vous avait été reporté.
On est à un moment qui est difficile dans la négociation. C'est vrai, Gabriel Attal rappelle une chose, c'est que pour que nous, le groupe des 100 députés, soyons représentés dans un gouvernement de compromis, de coalition, il faut qu'on ait un certain nombre de lignes claires en termes de choix politiques sur la sécurité, sur la santé, sur l'industrie, sur la transition écologique, l'éducation. Moi, je suis à la commission Affaires culturelles et éducation. C'est un sujet pour la cohésion nationale que j'estime très important et pour l'ensemble des groupes politiques. Je crois qu'on peut, sur l'éducation, avoir des lignes de compromis.
Eh bien, là-dessus, on a besoin de savoir si on aura un petit peu les manettes. Donc, il y a un rapport de force en ce moment. On était anciennement dans l'opposition. Maintenant, on construit un compromis. Et il y a quelques zones de frottement. Et aujourd'hui, on est dans ce moment de frottement.
Gabriel Attal a demandé au Premier ministre de clarifier, effectivement, sa ligne politique sur certains sujets. On va revoir ce qu'il a dit, Michel Barnier, à propos du budget. La situation budgétaire du pays que je découvre est très grave. C'est ce qu'il a dit à nos confrères de l'AFP. Qu'est-ce que vous en pensez au Rassemblement national pour cette histoire de hausse d'impôts, justement ? Et pour le budget, précisément, Jordan Bardella avait dit qu'il demandait lui un audit sur la situation.
C'est ce que je vous ai dit tout à l'heure, effectivement. C'est la transparence ? Jordan Bardella a raison. Il faut de la transparence. Mais il faut aussi voir globalement quelles sont les économies à faire pour l'État. Quand vous voyez dans le rapport de la Cour des comptes en 2020 qu'il y a, par exemple, 73 millions d'assurés pris en charge par l'assurance maladie pour seulement 68 millions de résidents dans notre pays, je répète, 73 millions d'assurés pour 68 millions de résidents en France, vous voyez bien qu'il y a un surplus. Il faut s'attaquer à cela. Vous voyez bien dans ce même rapport de la Cour des comptes qu'il y a d'innombrables fausses cartes vitales qui circulent. M.
Attal, là encore, a lancé un chantier, mais on ne voit pas les résultats puisqu'il l'a abandonné au bout de six mois. Vous avez un rapport de l'Inspection générale des finances sur l'assurance maladie. Pareil, 73 millions d'assurés pour 68 millions de résidents. Donc vous voyez bien que ce n'est pas à chaque fois aux Français à qui il faut demander l'effort. Je vous rappelle qu'il y a 62% des Français qui sont en train de vivre ou qui vont connaître une situation de précarité. Le bilan de la Macronie, M. Barnier l'a dit, c'est un budget, une situation budgétaire extrêmement grave. Et le bilan de la Macronie aussi, c'est un appauvrissement, un déclassement des Français. On a chez M.
Le Maire effectivement eu une volonté de taxer les GAFAM. On voit bien que ça a aussi bloqué énormément au niveau de l'Union européenne, notamment à cause des vétos de l'Irlande ou des Pays-Bas. Donc vous voyez taxer à nouveau les entreprises dont on sait que sous Emmanuel Macron, on a un record de faillite d'entreprises, notamment parce qu'elles n'ont pas réussi à payer l'Ursaf, notamment en raison du prêt garanti État, qu'elles n'arrivent pas à rembourser.
Donc vous voyez bien qu'on ne peut pas demander toujours des efforts aux mêmes, aux Français, aux actifs de ce pays, et dans le même temps laisser l'État poursuivre sa distribution de prestations sociales à des gens qui ne résident même plus dans notre pays.
Non à une hausse d'impôts pour les classes sociales, non à une hausse d'impôts sur les sociétés aussi.
On leur demande simplement un plan général d'économie. C'est comme sur l'immigration. M. Barnier lance une rumeur, je vais faire un ministère de l'immigration, mais il y a un ministère de l'Intérieur qui peut contrôler les frontières comme le font en Allemagne. Il faut faire attention aux rumeurs. C'est pour ça qu'on commente des rumeurs, si vous voulez. Donc moi j'attends, parce qu'on aura soumis à ça, nous sommes sérieux, on respecte les institutions, on attend le discours de politique générale de M. Barnier, on attend de voir son gouvernement, en l'état actuel des choses, M. Coquerel et M.
de Courson n'ont même pas les documents qui sont quand même importants sur la commission des finances.
Vous vous rappelez qu'il voulait quand même davantage de justice fiscale.
C'est pour ça qu'on en parle aujourd'hui. Oui, oui, mais il faut aussi regarder ce qu'est la France aujourd'hui et ne pas faire qu'un tableau noir. Je suis d'accord qu'il y a une injustice à corriger et que la pauvreté existe encore en France. À Lille, moi j'habite dans le Nord, et on le sait, dans le Nord, on a dans la métropole lilloise, mais aussi dans le bassin minier, dans la Vénois, des endroits où, même si on a résorbé beaucoup de chômage en France, il y a encore des territoires qui ne sont pas au rendez-vous de l'emploi.
Mais on a aussi quand même un pays qui reste le plus attractif de France, dans lequel on a redressé l'industrie, dans lequel on a le chômage le plus bas depuis 40 ans. Donc par exemple, une hausse d'impôts pour les plus riches. Je pense qu'il faut continuer une politique de croissance et de confiance dans la France, dans l'innovation française et la recherche. C'est ça qu'a réussi Bruno Le Maire. Et puis, on lui jette beaucoup la pierre, mais quand même, depuis des années, la dette française augmente bien avant. Depuis les années 70, elle augmente inexorablement. Et les quelques dernières années, depuis que Bruno Le Maire est à l'économie, la dette a baissé.
La seule année en 2020 où elle a augmenté, c'est quand il y a eu l'absorption de la dette de la SNCF. Donc il y a eu des efforts pour réduire les déficits publics. Il faut, je le crois, et là c'est aussi dans le pacte législatif des LR, donc j'ai plutôt confiance dans ce que va nous proposer Michel Barnier, des efforts sur la performance du service public, la performance de nos administrations, les poches de dépenses avec peut-être beaucoup de doublons. Vous savez, on a un collègue, Éric Wörth, qui a remis un rapport au président de la République sur la décentralisation.
On a beaucoup de couches administratives entre les mairies, les communautés urbaines, les communautés de communes, les départements, les régions. Et bien il faut qu'il y ait de la simplification et de la confiance en ce moment
entre Michel Barnier et les ténors de la Macronie, dont Gabriel Attal. Pourquoi ils lui mettent la pression comme ça ?
Anciennement, on était très opposés. Les LR étaient dans l'opposition d'Emmanuel Macron. Et là, on doit construire un compromis. Donc oui, il y a des discussions un peu difficiles. Oui, il faut aussi, je pense que nous, le groupe de 100 députés, nous sommes le deuxième groupe à l'Assemblée nationale, ensemble pour la République avec un modem horizon, nous puissions peser, ça veut dire avoir aussi dans un projet commun de compromis des portefeuilles qui nous permettent d'agir. Je pense à la transition écologique, la transformation écologique de l'industrie en France. C'est un grand chantier qui a été entamé par Roland Lescure. Eh bien, ça nous tient à cœur.
L'éducation, je le disais, et puis pas non plus réduire les moyens des forces de l'ordre ou de l'armée.
– Je reviens, c'est-à-dire que M. Barnier intervient, Mme Spilboot intervient sur la situation budgétaire du pays. C'est un bilan politique. Il ne tombe pas du ciel. Ça fait 7 ans que M. Le Maire est à l'économie. C'est 1 000 milliards de dettes sous la Macronie. Donc c'est pas une stabilisation ou une baisse, c'est une explosion de la dette sous la Macronie en général.
– La dette augmente depuis 40 ans, mais elle l'a baissée les dernières années, M.
– Simplement pour le mois de janvier, c'était 23 milliards de déficits. Je ne l'ai jamais vu en France. C'est un bilan politique.
– Mais c'est pour ça qu'on a voté la réforme des retraites,
pour redresser les comptes publics. – Par ailleurs…
– En tout cas, il faut faire des efforts, mais pour l'instant, pas de hausse d'impôts de chaque côté. C'est ce qu'on a retenu. Et puis je suis désolée, l'heure nous est comptée. – Le débat budgétaire va être sur les économies à faire. – Merci à tous les deux d'avoir été ici. – Merci. – Sur France Info, Violette Spilbou, Andréa Kotarek, pour le duel du jour.
Andréa Kotarac