Gérald Darmanin : "Peut-être que l'on n'est pas assez au rendez-vous de la protection des élus"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer dans le grand entretien du 7-9-30. Vos questions et réactions au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Gérald Darmanin, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. On va parler avec vous dans quelques instants des nouveaux chiffres de la délinquance en France et de votre projet de loi sur l'immigration. Mais quelques mots d'abord sur l'agression dont a été victime le petit neveu de Brigitte, Macron, Jean-Baptiste Tronieu. Huit personnes ont été interpellées. L'ensemble de la classe politique a condamné cette agression. Qu'est-ce que ça dit, tout simplement, de l'état du pays ?
Il y a un qui met de violence incontestable dans le pays. Alors là, il se trouve que, sans doute, puisqu'il y a une enquête judiciaire qui est ouverte, sans doute que M. Tronieu a été agressé parce qu'il était de la famille du président de la République. Donc c'est d'autant plus inacceptable, comme n'importe quelle, évidemment, agression qui toucherait une famille d'élus, bien sûr. Mais je crois qu'il faut que tout le monde, sur tout le champ politique, ne fasse pas simplement que des condamnations de ce genre d'actes, mais évite d'en rajouter dans la violence réelle ou supposée.
Quand on met la tête d'un ministre sous un ballon et qu'on met son pied dessus, lorsqu'on dit Macron assassin, lorsqu'on dit on a décapité, Macron peut recommencer, ça ne permet pas, sans doute, le calme général.
Ça veut dire quoi ? Vous avez l'impression que l'état du pays est dû aux déclarations ou aux actions des insoumis ? Que vous n'avez pas vous-même aussi accru cet état de tension du pays ?
On ne peut pas dire, je pense que ce n'est pas tout à fait comparable, personne ne découpe la tête d'Olivier Dussopt pour la mettre sous un ballon et poser chèrement son Twitter.
C'est totalement critiquable, mais quand on parle de l'état de violence du pays, de l'attention...
On peut s'arrêter quelques instants pour dire que les extrêmes, et notamment la France insoumise, n'a pas contribué au calme général. Ils ont condamné ce qui est arrivé au petit-neveu, en effet, du président de la République, dont acte, mais je pense qu'effectivement, il est temps que tout le monde revienne à un débat politique qui est souvent rude, et c'est normal, mais qu'il arrête cette attaque personnelle.
Quel était le profil de ceux qui ont attaqué ? Vous le savez, est-ce qu'ils étaient connus ?
Pour une partie d'entre eux, ils sont libérés de leur garde à vue, je crois quatre. Trois sont poursuivis, et un quatrième était mineur au moment des faits, donc des gens plutôt jeunes, et qui étaient du territoire aminois.
Ce climat de tension, de violence, on en a parlé il y a dix jours, avec le maire de Saint-Brévin qui a démissionné après avoir vu son domicile et ses voitures brûler. Il était harcelé depuis des mois par des militants d'extrême droite opposés à un centre d'accueil des migrants dans sa ville. Elisabeth Borne, et vous-même, je crois, vous avez demandé au préfet de ne pas accepter sa démission tant qu'elle ne l'a pas rencontrée, elle est censée le recevoir cet après-midi, je crois, ou ce soir. Qu'est-ce que vous dites à ce maire ce matin ? Ne démissionnez pas ?
D'abord, c'est un choix personnel, moi je n'ai pas à me substituer à lui. Bien évidemment, le temps qu'il rencontre la Première Ministre, je pense que c'est important en effet qu'il puisse échanger. Vous savez, j'ai été maire, alors pas d'une commune rurale, mais d'une commune qu'on pourrait qualifier difficile. Et je sais que les maires, tous les jours, quel que soit leur bord politique, quel que soit ce qui fait qu'ils s'opposent parfois à une partie de leur population, subissent injures, agressions, agressions physiques. C'est une vocation extrêmement difficile. De plus en plus ? De plus en plus, les chiffres le montrent, bien évidemment, mais la vie tout simplement le montre.
Ça fait partie aussi du climat, malheureusement, de défiance et de violence. Sans doute que la République ne met pas encore assez de moyens pour les protéger. Je dis République au sens large. La République, la police et la gendarmerie. Dans le cas du maire de Saint-Brévin, la gendarmerie a fait son travail. Peut-être qu'on aurait dû faire davantage, incontestablement.
Il dit qu'il vous a appelé à plusieurs reprises, qu'il vous a demandé de l'aide, et qu'il s'est senti abandonné par l'État. Vous recevez ces paroles ?
Bien sûr que nous recevons ces paroles. C'est toujours évidemment une défaite de la politique, une difficulté, un échec lorsqu'un maire démissionne, il s'est attaqué dans sa vie personnelle, même s'il y a encore une enquête judiciaire qui donnera, j'en suis sûr, des résultats. Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, l'avait appelé. Le président de la République lui avait adressé un courrier avec les coordonnées. Christophe Béchut lui avait donné ses coordonnées personnelles. La gendarmerie, à plusieurs reprises, et le sous-préfet sont allés le voir.
Donc vous dites qu'on en a fait assez ?
Non, peut-être qu'on n'en a pas fait assez, en effet. Ce n'est pas assez au rendez-vous de la protection des élus, et notamment des élus ruraux. Bien sûr que c'est une remise en cause de l'action que nous menons tous collectivement. Après, il faut voir que des élus agressés, Mme Salamé, il y en a malheureusement tous les jours. Et il y a plus de 2500 agressions, si je regarde l'année dernière, d'élus, quel que soit leur bord politique, là encore. Je pense au maire de Sevran, par exemple, sur un autre sujet que l'immigration. Lorsqu'il lutte contre la drogue avec nous, et pourtant le maire de Sevran n'est pas du tout de notre bord politique, il se fait menacer personnellement.
Nous mettons parfois des élus sous protection policière. Et parfois discrètement, parce qu'il ne faut pas forcément le dévoiler. Donc bien sûr que ça nous pose des questions, et notamment il nous faut beaucoup de modestie pour continuer à protéger les élus.
Alors venons-en, Gérald Darmanin, aux chiffres de la délinquance. En 2022, ils étaient en nette hausse sur bien des indicateurs. Violence sur les personnes, coups et blessures volontaires hors du cadre familial, plus 14%, escroquerie plus 8%, vol de véhicules plus 9%. Les nouveaux chiffres de 2023 contredisent-ils cette tendance ?
Oui, alors les chiffres de la délinquance, ce n'est pas la réalité totale de la délinquance, parce qu'il faut que les gens aillent déposer plainte. Je voudrais évidemment dire ça en préambule. Mais oui, ces chiffres baissent. Je pense qu'ils sont la preuve que lorsqu'on met plus de policiers, de gendarmes dans la rue, on arrive à obtenir des résultats parfois impressionnants dans les violences dans les transports. Par exemple, c'est moins 20% depuis le 1er janvier, puis c'est moins 15% sur une année. Les vols avec violence ont beaucoup baissé, moins 15%. Les cambriolages, pour une fois, continuent à reprendre le chemin vers la baisse.
Après, nous avons un point noir, et un point noir très difficile.
Les violences intrafamiliales.
Ce sont les violences dans la famille, les violences faites aux femmes. En général, c'est entre 10 et 15% d'augmentation. Les violences faites aux enfants, qui malheureusement continuent à augmenter. Donc on voit bien que dans l'espace public, quand on met des policiers, des gendarmes, des caméras de vidéoprotection, lorsqu'on améliore les enquêtes, on arrive à obtenir des baisses fortes de la délinquance. Et bien sûr, je m'en félicite, et je remercie les policiers et les gendarmes.
Dans le cadre de la famille, c'est-à-dire là où mettre des policiers ne sert pas à grand-chose, c'est l'écoute, la prévention, et bien sûr l'enquête judiciaire qui doit être plus rapide, qui résout les choses, on est moins bon.
Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Quand on voit plus 15% d'augmentation, plus 23% à Paris d'augmentation interfamiliale. Si on prend la question des féminicides, grande cause nationale du précédent quinquennat, vous avez pris un certain nombre de mesures. Il ne s'agit pas de dire que vous n'avez rien fait. Mais les chiffres ne baissent pas. 42 femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint depuis le début de l'année, en 4 mois et demi, 42 femmes tuées, 147 en 2022, 133 en 2021, ça ne baisse pas. Ça fait 6 ans que ce gouvernement est au pouvoir, et ça ne baisse pas.
Alors d'abord, évidemment, je pense qu'il faut voir que seule la police et la gendarmerie ne peut pas résoudre tous les problèmes. Il y a évidemment des problèmes que peut résoudre la police et la gendarmerie. On peut encore s'améliorer, bien évidemment, dans l'accueil et dans l'écoute. Mais lorsqu'on voit les féminicides, je pense ceux de l'année dernière, malheureusement, il n'y en a que 4 sur 10, parmi ces femmes qui sont mortes, qui avaient fait un appel à la police ou à la gendarmerie. Un appel quel qu'il soit, un dépôt de plainte ou un appel. Donc il y en a quand même 6 sur 10 qui ne l'avaient pas fait.
Et donc il faut comprendre aussi quels sont les autres environnements qui nous permettent, nous policiers et gendarmes, d'intervenir alors que cette femme n'ose pas, ne peut pas, n'a pas l'idée d'aller voir la police et la gendarmerie. Il y a manifestement le monde médical. Je crois qu'il a une grande responsabilité dans l'alerte, comme ils l'ont pour les violences faites aux mineurs. Ce n'est pas encore tout à fait le cas. Alors il y a le secret médical. Je sais que c'est très compliqué, mais c'est un sujet. Il y a les associations et les élus locaux.
Lorsqu'on va voir un élu local pour se plaindre de quelque chose, c'est parfois un appel à l'aide, notamment lorsqu'on a envie de déménager, on a envie de changer ses enfants d'école, on a envie de changer de travail. Peut-être qu'on doit travailler encore avec eux pour faire ses alertes. Et puis il y a la justice. Alors il y a des annonces sortes qui ont été faites par la première ministre.
Est-ce qu'elle va assez vite, la justice, pour les éloignements, les mesures d'éloignement ? Parce qu'on a vu que sur certaines femmes, notamment en début d'année, il y avait eu des mesures d'éloignement et l'homme l'a quand même tué.
Je crois qu'on peut toujours, effectivement, évidemment s'améliorer devant les drames que nous voyons. Je ne veux pas jeter la pierre à la justice, c'est une question d'organisation aussi. La première ministre a annoncé des pôles spécialisés. Comme en Espagne. En Espagne, ils ont réussi en partie à régler les problèmes des violences familiales. Il y a un pays qui a réussi à le faire, c'est l'Espagne.
Mais pourquoi ? Parce que ça fait six ans qu'on répète... Pardon, je mets un peu d'intensité dans ma question, parce que c'est vrai que j'ai l'impression de reposer la question tout le temps, tout le temps, sur les violences faites aux femmes et les féminicides. Parce que ce n'est pas seulement tapé, c'est tué là. Et pourquoi l'Espagne y arrive et pas nous ? Ça fait six ans que vous êtes au pouvoir, pourquoi ils y arrivent et pas nous ?
Il y a beaucoup d'explications, mais je pense que l'une des explications, c'est qu'ils ont accepté de faire des tribunaux spécialisés, avec un pôle spécialisé pour les violences intrafamiliales, ou les violences faites aux femmes, avec donc des services enquêteurs spécialisés dans les services de police et de gendarmerie. Nous avons spécialisé les services enquêteurs dans la police et de gendarmerie, nous n'avons pas encore spécialisé totalement les services de justice.
Et c'est très important parce que quand on sait qu'une femme qui est sous l'emprise d'un homme qui est violent physiquement ou psychologiquement, en moyenne, ce que vous disent les enquêteurs et les enquêtristes que je rencontre, c'est que jusqu'à sept fois, elle revient malheureusement chez son agresseur pour des raisons psychologiques que l'on comprend tout à fait. Il ne s'agit pas là de dire qu'elle est repartie chez son agresseur, du coup, on va la laisser tranquille. Il faut au contraire l'accompagner et que la condamnation soit à la première demande finalement d'appel à l'aide de cette femme.
Donc il faut absolument que nous changions, même si on a beaucoup amélioré l'accueil, même on peut toujours commencer à le faire évidemment pour la police de l'Armorie. Nous changeons notre continuum entre la police et la justice. La première ministre nous l'a demandé,
nous le faisons avec le garde des soeurs. Et puis il y a la question des violences à l'encontre des personnes LGBTQ. La haine reste ancrée dans la société française. S'alarme dans son rapport annuel publié hier, l'association SOS Homophobie. L'évolution est préoccupante sur les agressions physiques en hausse de 28% en 2022 par rapport à 2021. Les actes transphobes ont aussi augmenté de 26%. SOS Homophobie, demande au gouvernement de renforcer les moyens d'enquête, de mieux former les policiers et les gendarmes qui refusent encore trop souvent, dit l'association, de prendre en compte les plaintes des victimes.
En cette journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, que leur répondez-vous ? Que c'est vrai.
C'est vrai. Je crois que nous avons beaucoup d'améliorations à faire.
Pourquoi ça augmente là aussi ? C'est beaucoup un tiers d'augmentation de violences contre les LGBT. Pourquoi ?
Je crois qu'il y a une société qui accepte de plus en plus de considérer que ces violences sont évidemment des vraies violences et qu'elles méritent d'avoir une plainte et une réponse pénale. Je pense que jusqu'à un certain temps, nous ne le faisions pas forcément dans la société. Deuxièmement, je crois que les policiers et les gendarmes prennent de plus en plus ces plaintes. Et c'est bien parce qu'il faut prendre chaque plainte de quelqu'un qui vient se plaindre, bien évidemment. Et c'est à la justice de classer ou ne pas classer. Ce n'est pas aux policiers de considérer si vous avez le droit ou pas de déposer plainte.
Et même si tout le monde n'est pas formé, aujourd'hui, par exemple, tous les nouveaux policiers, tous les nouveaux gendarmes depuis deux ans sont formés. Ce qu'il nous faut former, désormais, c'est ceux qui sont sortis de l'école de police il y a 15 ans et qui n'ont pas connu ces formations. Et troisièmement, il y a eu des expérimentations à des grandes échelles, je prends Lyon, où il y a eu un travail très important qui a été fait avec les associations pour cartographier les lieux de violence.
On voit que c'est souvent les mêmes, souvent dans les mêmes rues, souvent dans les mêmes endroits, souvent dans les mêmes sorties de lieux festifs, par exemple, qui ont permis d'être plus présents, de constater plus de faits graves et donc aussi de constater cette augmentation. Et puis, il y a la question incontestable, vous avez raison, d'une prise en considération par le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Justice.
Et par les policiers, et par les policiers, c'est ce qu'ils disent. Les policiers, les gendarmes. Souvent, oui, souvent les policiers refusent de prendre en compte les plaintes des victimes.
Souvent, je ne sais pas si c'est le mot, en tout cas... C'est ce que dit SOS Homophobie. Oui, j'ai rencontré SOS Homophobie lundi, on en a longuement parlé. Souvent, je ne pense pas que ce soit le cas, mais c'est vrai qu'il arrive, qu'on nous remonte des cas où les policiers ou les gendarmes ne veulent pas prendre plainte, notamment dans les territoires ruraux. Et ce qu'on voit, c'est aussi que dans les villes, on commence à être bien sensibilisés à ces questions. C'est moins le cas dans les territoires ruraux et c'est évidemment inacceptable.
C'est aujourd'hui, Gérald Darmanin, le dixième anniversaire de la promulgation de la loi autorisant le mariage pour tous. Vous aviez à l'époque voté contre la loi Taubira. Vous avez depuis fait votre mea culpa en reconnaissant vous être trompé à l'époque. Avec le recul, diriez-vous que vous avez changé de conviction sur le fond ou que vous aviez voté contre parce que c'était la position de votre camp et de votre électorat à l'époque ?
Je pense un peu des deux, mais c'est sur le fond que j'ai changé. D'abord, sur la forme, je pense que je ne me comporterais pas pareil. Le débat parlementaire est parfois rude. Quand on aime la politique, on aime les joutes oratoires, mais parfois on va trop loin. Moi, j'ai été, je pense, trop loin et j'ai blessé des gens sans doute parce qu'ils me l'ont dit depuis dix ans que je fais de la politique que je rencontre des citoyens. Moi, je ne fais pas de la politique pour blesser les gens. Je suis la politique pour porter mes convictions. Chacun me connaît, je pense que j'ai un caractère. On aime ou on ne l'aime pas, mais je ne fais pas ça pour blesser les gens.
D'abord, quand on blesse les gens, évidemment, il faut savoir le reconnaître.
Et il y a dix ans, à l'Assemblée nationale notamment, vous avez pris la parole sur cette question-là pour être très contre la loi Taubira.
Bien sûr, comme beaucoup d'ailleurs de mes collègues, comme vous l'avez dit, du groupe LR de l'époque. Et deuxièmement, je pense qu'il faut savoir reconnaître lorsqu'on s'est trompé. Les craintes exposées à l'époque par l'UMP notamment n'étaient pas fondées. Il faut savoir le reconnaître.
Allez, on file au standard. Karim nous attend. Bonjour Karim, vous nous appelez de Lyon.
Oui, bonjour. De Lyon, Lacan-Rousse, Terre des Canus, exactement. Donc moi, M. Darmanin, je ne suis pas content de votre travail et je m'adresse à mon concitoyen plutôt qu'au ministre, excusez-moi. Donc, que signifient toutes ces démissions parmi la police ? Donc, j'ai lu, il y aura au moins 6 000 policiers qui ont démissionné en 2023. 10 000 en 2021 et moi, ça m'inquiète pour les effectifs pour les Jeux Olympiques en 2024 notamment parce qu'ils sont mal payés, ils n'ont pas les moyens. Moi, j'habite dans un quartier où de nombreux gendarmes habitent et je vois leurs véhicules qui sont en bon état mais qui sont usés même les éléments, les autocollants rassuchissants sont usés.
Vous êtes policier, Karim ?
Ah non, non, non, je n'ai pas de tout. Je n'ai pas de tout. D'accord.
D'accord. On a bien compris votre question. Merci en tout cas de l'avoir posé. Gérald Darmanin vous répond sur ces mouvements de démission de policiers. Gérald Darmanin ?
Bonjour monsieur. Bon, je n'ai pas le même avis que vous. Bien sûr, il y a des policiers, des gendarmes comme toute personne dans n'importe quelle entreprise ou administration qui démissionne parce que par ailleurs, nous permettons la possibilité de changer de vie professionnelle mais ce n'est pas évidemment dans les hauteurs que vous évoquez. Vous savez, il y a 250 000 policiers et gendarmes donc les chiffres que vous donnez évidemment par an ne sont pas justes. Et puis deuxièmement, moi j'ai tout à fait conscience de la difficulté du travail du policier et de gendarme. Nous essayons de réparer des difficultés extrêmement fortes qui viennent par la violence de la société.
On est tous un peu responsables de cette violence dans la société. Plus de moyens matériels on leur a donné. On a changé effectivement les trois quarts de leur voiture. Merci de l'avoir constaté. Il faut constater aussi qu'ils n'étaient pas très bien payés. Vous avez parfaitement raison. Nous leur donnons quasiment un treizième mois et c'est tout à fait normal avec la loi qu'on a fait voter de programmation du budget du ministère de l'Intérieur.
On recrute en gros 18 000 policiers et gendarmes de plus depuis six ans et je crois que les policiers aujourd'hui vous savez, contrairement à ce qu'ils disaient il y a encore quelques années, ils vous disent c'est très dur mais le moral est bon en général. Alors il y a toujours des cas particuliers. Évidemment je suis là pour les entendre et pour les accompagner et je pense qu'ils voient qu'ils sont soutenus et je pense d'ailleurs qu'on me reproche souvent de soutenir les policiers et les gendarmes.
Gérald Darmanin, venons-en à présent au projet de loi immigration que vous portez alors question simple pour commencer. On en est où ? C'est vrai qu'au ministère on chante Claude François ça s'en va et ça revient concernant ce projet de loi que vous n'arrivez pas à faire passer.
Alors au ministère de l'Intérieur on chante peu.
C'est le monde qui dit ça je précise.
Le monde n'est pas toujours extrêmement bien informé je m'excuse auprès de vos confrères du monde mais au ministère de l'Intérieur pour quiconque qui y est en général on dort peu on travaille beaucoup on ne réussit pas toujours mais en tout cas on n'a pas tellement le loisir de chanter.
Il en est où ce projet de loi ? Il sera présenté quand ?
Moi je souhaite qu'il soit présenté le plus rapidement possible. La première ministre a évoqué le lendemain des élections sénatoriales c'est-à-dire grosso modo octobre de cette année. Il est prêt ce projet de loi il a été je rappelle d'ailleurs adopté par la commission des lois du Sénat.
Mais ce sera le même projet de loi que vous avez présenté le 1er février au Conseil des ministres parce qu'on a posé la question à Olivier Véran qui a dit je suis incapable de vous dire si c'est le même projet de loi. Qu'est-ce que c'est que c'est flou autour d'un texte aussi important ? C'est-à-dire que dans un premier temps vous avez expliqué qu'il viendrait que vous deviez le présenter là en un seul texte ensuite Emmanuel Macron a dit il sera saucissonné en plusieurs textes puis ensuite il est revenu sur ça en disant non c'est un seul texte c'est à l'automne oui mais après les sénatoriels pourquoi ce flou ? Il y a un problème autour de ce texte ?
Alors il ne vous aura pas échappé qui est une majorité relative à l'Assemblée nationale et quand on a une majorité qui n'est pas absolue on doit discuter avec d'autres groupes sinon on est minoritaire
Donc c'est la faute des LR ?
Attendez je termine s'il vous plaît votre phrase ma phrase s'il vous plaît et sinon on est minoritaire ou sinon on accepte de faire le 49-3 sur les textes et quand on fait le 49-3 on dit c'est pas bien donc il faut savoir ce qu'on veut moi je souhaite que ce soit un seul texte je souhaite que ce soit le texte que j'ai proposé au président de la République et à la première ministre avec Olivier Dussopt puisqu'il y a une partie de travail dans ce texte et je souhaite effectivement qu'avec les groupes politiques nous puissions discuter aujourd'hui ceux avec lesquels on peut le plus discuter c'est le groupe LR et le groupe LR moi je dis d'ailleurs aux partis socialistes et aux Verts et aux autres groupes discutons-en mais pour l'instant c'était plutôt non de leur part
Gérald Darmanin ce sera le même texte que celui que vous avez présenté le 1er février ou vous allez le changer ?
Ce que je vous dis c'est que je souhaite que ce soit le même texte maintenant dans un compromis dans une démocratie parlementaire ce non-gouvernement n'est pas responsable de tout on discute avec nos partenaires vous savez c'est quoi ce texte ? ce texte parce que sinon on peut parler du texte mais c'est important c'est le fond
c'est méchant avec les méchants et gentil avec les gens mais ce texte
oui mais c'est très important c'est que les gens qui travaillent et qui veulent s'intégrer en France quelle que soit leur nationalité leur couleur de peau puissent le faire et ceux qui ne respectent pas nos règles doivent partir c'est aussi simple que cela et c'est très important et moi je crois que les LR aujourd'hui doivent se poser une question on leur tend la main est-ce qu'ils veulent être un parti de gouvernement et donc discuter avec nous et qu'on fasse des compromis politiques sur un texte ou est-ce que c'est un parti qui va vers le côté du rassemblement national en disant il n'y a qu'un faucon et dans ces cas-là ils vont partir assez loin on ne pourra pas trouver de compromis avec eux donc je suis chargé de trouver un compromis avec eux et avec d'autres groupes politiques s'ils le souhaitent et je souhaite pour répondre à notre question que ce texte soit débattu et voté je l'espère d'ici la fin de l'année
Est-ce qu'il y aura dans le texte les fameux titres de séjour pour métier en tension disposition très critiquée par la droite notamment les LR qui parlent d'une mesure qui risque de créer un appel d'air pour l'immigration illégale ?
D'abord c'est faux il ne s'agit pas de faire venir des gens de l'extérieur pour les régulariser mais il s'agit de régulariser
C'est eux qui parlent d'appel d'air
Oui oui mais je le dis pour que chacun le comprenne tout le monde ne lit pas forcément le texte immigration le soir en rentrant chez soi il ne s'agit pas de faire venir des gens enfin j'espère pour les personnes qui nous écoutent il ne s'agit pas de faire venir des gens de l'extérieur pour les régulariser il s'agit de régulariser les personnes qui sont déjà là et qui sont déjà là depuis très longtemps et qui vous livrent vos repas lorsque vous commandez vos repas sur internet ou qui construisent vos immeubles ou qui ramassent les fruits et légumes de nos campagnes et souvent ils sont arrivés quand la droite était en responsabilité politique donc il ne s'agit pas de cet appel d'air Deuxièmement tout le monde au LR ne pense pas comme ça il y a plein de gens qui considèrent que c'est une mesure normale que les gens qui travaillent qui respectent nos règles puissent être intégrés c'était le cas d'une partie de ma famille que ceux qui ne respectent pas nos règles en revanche soient expulsés
Gérald Darmanin votre gestion de l'immigration en estimant que jamais nous n'avons accueilli autant d'étrangers dans notre pays et c'est vrai qu'en 2022 vous avez délivré 320 000 titres de séjour c'est 17% de plus que l'année d'avant vous assumez cela d'avoir battu le record de délivrance de titres de séjour l'année dernière
Mais on est un pays de 70 millions d'habitants vous évoquez 300 000 personnes
Je ne vous évoque pas c'est Eric Ciotti qui vous dit qu'il y a les paroles et les actes et que vous ne respectez pas les choses
C'est ce que je vous disais tout à l'heure Est-ce qu'on est sur la ligne au LR d'un parti de gouvernement qui a toujours été même s'il était dur sur les questions d'immigration plutôt modéré dans ses actes ou est-ce que désormais les LR sont du côté du RN Il faudra un jour d'ailleurs qu'il clarifie la situation La vérité c'est que nous parlons ici de 300 000 personnes par an et nous sommes 70 millions de français Les étrangers en soi ne sont pas mauvais Madame Salamé Je pense qu'il faut bien comprendre ça pour ceux qui nous écoutent et notamment pour ceux qui pourraient penser que Monsieur Ciotti a raison Ce n'est pas le fait qu'ils soient étrangers qu'ils faillent combattre c'est qu'est-ce qu'on demande aux personnes qui viennent sur notre sol comme condition d'intégration premièrement et deuxièmement qu'est-ce qu'on n'accepte pas d'eux pour rester sur le territoire national Nous nous pensons c'est le texte d'immigration qui doivent parler français Aujourd'hui vous savez ce n'est pas le cas Aujourd'hui un étranger qui a un titre de séjour en France il doit prendre des cours de français mais il ne doit pas réussir un examen de français Le texte de loi dit qu'il doit demain réussir un examen de français pour permettre son intégration Il ne doit pas commettre d'actes de délinquance Malheureusement aujourd'hui si un étranger commet des actes de délinquance je ne peux pas toujours l'expulser parce que la règle d'ailleurs mise en place par les LR je voudrais quand même le rappeler et M.
Suttit le sait très bien empêche de le faire Donc il ne s'agit pas de regarder le nombre d'étrangers en tant que tel il s'agit de savoir comment on intègre toutes ces personnes et c'est un débat qu'on doit avoir normalement calmement dans notre pays
Gérald Darmanin vous avez eu une altercation verbale au début du mois avec Giorgia Meloni la présidente du conseil italien en lui reprochant d'être incapable de régler les problèmes migratoires pardon elle vous avait répondu je mettrai en garde contre l'utilisation d'autres pays pour régler les problèmes de politique intérieure est-ce que vous maintenez ce que vous avez dit à savoir qu'elle est incapable de régler les problèmes migratoires L'immigration
c'est extrêmement difficile et quand on fait des promesses inconsidérées quand on est notamment d'extrême droite je crois que Mme Meloni elle n'est pas franchement progressiste de gauche et bien oui on s'aperçoit que la réalité est plus dure donc Mme Le Pen qui dit qu'à Faucon M. Bardala qui dit qu'à Faucon M. Ciotti vous dit
balayé devant votre porte c'est vous qui gérez pas l'immigration
D'abord c'est pas tout à fait vrai on est à plus de 18% d'expulsion on n'a jamais obtenu des chiffres aussi importants depuis 10 ans indépendamment de ça ce qui est certain c'est que
C'est le chiffre que vous nous annoncez ce matin plus 18% mais enfin vous étiez à 12% 18% vous n'allez pas vous féliciter de ça
C'est 18% de plus par rapport à l'année dernière mais bien sûr que c'est toujours très difficile bien évidemment et c'est ce que je dis l'immigration c'est une question difficile d'ailleurs c'est rarement une opinion on ne peut pas être pour ou contre l'immigration c'est idiot il y a des gens qui traversent le monde pour venir chez nous et il est très difficile simplement de les arrêter de venir et d'ailleurs c'est pas toujours souhaitable de les arrêter de venir mais juste pour terminer cette question de Mme Mélanie Monata qui n'était pas contre les Italiens qui est un grand peuple et notre peuple ami mais contre sa dirigeante des personnalités politiques on a le droit quand même de dire que Mme Le Pen qui prend comme exemple Mme Mélanie n'est pas le bon modèle on a le droit quand même de constater que M.
Johnson en Grande-Bretagne lorsqu'il a promis le Brexit donc la fin de l'immigration par le Brexit a trompé une partie de ses électeurs puisqu'il y a toujours autant de personnes voire plus qui vont en Angleterre Donc vous maintenez vos propos
contre Mme Mélanie qui ne sait pas gérer l'immigration
Mais moi je ne suis pas un soutien à Mme Mélanie Non je vous pose la question Je n'ai pas tout le comprendre que la majorité parlementaire non plus
Non parce que la première ministre essaye de limiter la casse et plusieurs personnes du Quai d'Orsay après ce que vous avez dit vous vous maintenez
Moi je dis que si aux élections européennes nous disons à nos électeurs que ce que fait Mme Mélanie Non mais attendez c'est extrêmement important C'est très important
ça a ouvert une chose diplomatique avec l'Italie donc on vous interroge
Est-ce que Mme Mélanie qui a beaucoup insulté le président de l'Arplique précédemment aussi ne s'est pas formalisé plus que ça La question c'est est-ce qu'on doit travailler avec les Italiens la réponse est oui Est-ce que l'Italie est un très grand pays la réponse est oui Est-ce que les questions migratoires sont faciles de régler d'un clatement de doigts quand on est du droit extrême la réponse est non Voilà c'est un constat Et vous savez sur les 42 000 personnes qui sont arrivées en Italie qui est un drame pour l'Italie et que nous aidons Vous savez que nous faisons des relocalisations de migrants chez nous pour aider nos amis italiens à la demande du ministre de l'Intérieur italien Il n'y en a que 5000 Tunisiens Donc ceux qui pensent en plus que c'est juste en réglant la question tunisienne qu'on arrive à régler la question immigratoire en Europe se trompent La question est plus complexe que ça et les solutions simplistes de l'extrême droite ne marchent pas
Merci Non alors avant de vous laisser partir on va exploser le temps mais c'est pas grave c'est l'actualité du jour La majorité veut empêcher l'examen de la proposition de loi de Liott pour abroger la réforme des retraites argant de l'article 40 de la constitution Vouloir empêcher l'Assemblée nationale seule représentante du peuple de se prononcer sur ce texte constitue une dérive autoritaire inacceptable dit le groupe Liott qui ne sont pas des gauchistes c'est Charles de Courson
On peut se poser quand même
la question Vous vous demandez si Charles de Courson est gauchiste ?
Non je ne sais pas Manifestement J'ai vu Charles de Courson
évoluer beaucoup Vous avez peur d'examiner ce texte en fait à la majorité ? Vous avez peur qu'il soit voté ?
Non mais attendez Pendant trois semaines on a vu Olivier Dussopt la majorité parlementaire et une partie d'ailleurs des oppositions raisonnables vouloir discuter d'un texte que ni les opposants radicaux à la réforme du RN et de LFI ne voulaient étudier On a vu qu'ils ont empêché ce vote pendant trois semaines Donc on ne va pas nous reprocher désormais de refuser le débat parlementaire de qui se moque-t-on n'inversons pas les rôles Malheureusement
Pourquoi il ne faut pas examiner cette proposition de loi ? Pourquoi il ne faut pas la voter ?
La présidente de l'Assemblée nationale est seule à la responsabilité de l'article 40 dans un débat technicien de l'Assemblée nationale et je crois que
Il n'y a pas de dérive autoritaire ?
Attendez Ce qui s'est passé
Non, vous posez la question
Évidemment que non Le preuve, c'est qu'on en parle à l'Assemblée nationale et sur votre chaîne de radio il faut savoir avoir raison gardée Pendant trois semaines le gouvernement a discuté dans une extrême violence avec des oppositions qui ne voulaient pas en parler qui ont empêché le vote parlementaire Donc je pense qu'il y avait un débat pendant trois semaines Il n'a pas eu lieu malheureusement C'est dommage de vouloir refaire une nouvelle fois ce genre de guéguerre qui à mon avis
Merci Gérald Darmanin d'avoir été à notre micro Donc explosez le temps 8h49
Gérald Darmanin