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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 28 avril 2026 22 min

Crainte d'une pénurie de kérozène, audiovisuel public... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Maud Bréjon. Bonjour à tous les deux. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul Barcelone. Bonjour à tous. Le blocage du détroit d'Ormousse continue et avec lui ses conséquences, notamment des prix du carburant toujours trop élevés. Et pas seulement, le patron de Total Energy, Patrick Pouyanné, alerte sur un risque de pénurie si rien ne change d'ici deux, trois mois. Est-ce un scénario auquel le gouvernement se prépare, Maud Bréjon ?

0:26
Maud Bregeon

Écoutez, je veux être très claire ce matin, il n'y a, à l'heure où on se parle, aucun risque de pénurie. Aucun risque de pénurie sur l'essence, aucun risque de pénurie sur le diesel, aucun risque de pénurie sur le kérosène pour les semaines à venir. Pourquoi le patron de Total dit-il cela ? Ce matin, environ 4% des stations-service ont une difficulté sur au moins un carburant. Ça correspond à la norme en temps de paix, si vous me permettez cette expression. Maintenant, est-ce qu'on suit la situation jour après jour, depuis le début de la guerre en Iran ? La réponse est évidemment oui.

Et personne ne sait aujourd'hui lire dans le mar de café et dire ce qu'il adviendra de cette situation dans quelques mois. Mais donc vous ne vous préparez pas à ce scénario ?

1:07
Présentateur

Parce que vous avez quand même le patron de Total Energy, Patrick Pouyanné, qui sait un peu de quoi il parle, qui parle d'un risque de pénurie. Je vais vous répondre. Vous vous dites que c'est faux.

1:13
Maud Bregeon

Il n'y a pas de risque de pénurie à l'heure où on se parle. Nous avons des stocks stratégiques, 100 millions de barils. Nous en avons libéré moins de 2%. Nous avons donc encore plus de 3 mois de stocks pour pallier à d'éventuelles difficultés d'approvisionnement. Et contrairement à certains pays qui font face à des difficultés d'approvisionnement, nous avons largement diversifié nos approvisionnements. Notre pétrole vient des Etats-Unis. Notre pétrole vient en partie d'Afrique. Et nous sommes bien moins dépendants du Moyen-Orient que ceux que peuvent l'être, par exemple, certains pays d'Asie.

1:48
Intervenant

Vous dites 3 mois de stocks stratégiques. Cela nous mène à l'été. Le calcul est facile à faire. Est-ce que l'on va passer l'été, tenir et avoir de quoi tenir jusqu'à l'été ?

1:55
Maud Bregeon

Nous ne sommes pas dans une situation aujourd'hui où nous puisons massivement de nos stocks stratégiques. Ce que je dis, c'est qu'en cas de grande difficulté, on aurait des stocks. Et c'est normal. Il y a des stocks qui sont entretenus, qui sont suivis quotidiennement. Et c'est tout à fait légitime. Pour autant, aujourd'hui, par exemple, pour le mois de mai, les distributeurs que l'on rencontre chaque semaine ne nous remontent pas de difficultés d'approvisionnement. Donc, je crois que là encore, pour terminer... Mais donc, ce que dit le PDG de Total, c'est faux.

Ce que je dis, et l'État est dans son rôle, c'est que nous suivons la situation jour après jour, qu'aujourd'hui, nous n'identifions pas de risque de pénurie, que nous avons des stocks et que, par ailleurs, il n'est pas... Vous semblez quand même très formelle là-dessus,

2:42
Intervenant

alors que votre collègue ministre de l'Économie dit « on se prépare à tout ».

2:45
Maud Bregeon

C'est un petit peu différent. Je dis, écoutez, j'ai écouté Roland Lescure avant de venir, qui dit la même chose que moi. À ce stade, il n'y a pas de risque de pénurie. Maintenant, le vrai rôle de la France, c'est ce qu'on fait à l'international. C'est le travail qui est mené, l'initiative du président de la République pour libérer le Détroit d'Hormuz, ce qui est la seule façon de pallier à tout risque sur les volumes, mais surtout sur les prix. Parce qu'on va ensuite parler des prix. Mais ce qui se passe aujourd'hui au Détroit d'Hormuz, ça impacte les Français.

3:15
Présentateur

On le voit sur le prix à la pompe. Et donc, c'est aussi à ça qu'on doit répondre. Mais ça fait deux mois que le Détroit d'Hormuz est bloqué. Et pour l'instant, on ne voit pas de solution diplomatique très claire.

3:21
Maud Bregeon

Mais vous ne voyez pas de risque de pénurie non plus, à Gatombré ?

3:24
Présentateur

Il y a un sujet qui préoccupe notamment les compagnies aériennes. C'est le kérosène dont elles ont besoin pour les avions. À l'approche de l'été, des grands départs en vacances, des vols ont été annulés. Ces derniers jours, on écoute Jean-Pierre Mas, le président de l'organisation des entreprises du voyage, au micro de France Info.

3:41
Invité

Aujourd'hui, ce que l'on entend des compagnies aériennes, c'est que le kérosène, qui représentait 25% du prix d'un billet d'avion, en représente 40%. Ça qui a donné lieu à des augmentations de prix. Et ce que l'on entend de certaine, c'est qu'il pourrait y avoir, en cours d'été, une pénurie de kérosène si la situation s'aggravait. Il y a globalement une baisse des réservations de 30% sur les mois de mars et d'avril. Si ça devait durer, ça deviendrait un vrai problème.

4:07
Présentateur

Alors là aussi, vous dites, pas de problème, on ne risque pas de manquer de kérosène ? Je dis qu'à ce stade,

4:12
Maud Bregeon

nous n'avons pas d'inquiétude pour le mois de mai. Seulement pour mai. Nous recevrons les compagnies aériennes demain ou après-demain, dans les jours à venir, et pour échanger sur ce sujet-là avec Roland Lescure, avec Philippe Tabarro. Là encore, pour leur demander de la visibilité, je précise quand même que c'est un sujet que nous ne découvrons pas aujourd'hui, et que chaque semaine, quand nous discutons avec les distributeurs, nous faisons un point sur l'état des stocks de kérosène. Je précise également que la France, qui a des stocks de carburant, a aussi en partie des stocks de kérosène.

4:46
Intervenant

Qu'est-ce que vous dites aux compagnies aériennes ?

4:48
Maud Bregeon

Je dis aux compagnies aériennes que leur responsabilité, c'est évidemment d'une part de faire la transparence sur les besoins qui sont les leurs, et donc c'est ce qu'on va faire avec elles, je n'ai pas d'inquiétude là-dessus, et ensuite d'avoir une politique la plus raisonnable possible vis-à-vis des prix.

5:03
Présentateur

400 vols annulés de la part de Transavia pour mai et juin. On a besoin de comprendre

5:12
Maud Bregeon

est-ce que ces annulations sont dues à des difficultés d'approvisionnement en volume, ce qui ne nous était pas remonté jusqu'à présent, ou sont dues à des difficultés économiques, à un déséquilibre économique au regard de la hausse du prix du kérosène vis-à-vis du prix des billets.

Nous allons en discuter avec elles, et on fera évidemment un point, tout ça doit être public, je le redis, aujourd'hui tout est suivi quotidiennement, et moi ce qui m'importe, c'est que les Français qui doivent aller au travail, qui ont des besoins impératifs de se déplacer pour emmener leurs enfants à l'école, pour aller faire leurs courses, puissent avoir accès à du carburant sans aucune difficulté, c'est le cas aujourd'hui.

5:54
Intervenant

Alors des Français veulent aussi partir en vacances, notamment cet été, selon une enquête réalisée par l'Alliance France Tourisme, la moitié des Français restera en France cet été, 37% déclarent partir, c'était 50% l'an dernier, est-ce que ces chiffres sont de nature à vous inquiéter, est-ce que vous les appelez, compte tenu de ce que l'on décrit de la situation des carburants, une forme de sobriété, et peut-être à la proximité ?

6:15
Maud Bregeon

D'abord, je pense que beaucoup de Français font d'ores et déjà preuve de sobriété. Quand vous avez des prix au-dessus de 2 euros le litre pour le gazole, et qui avoisinent 2 euros le litre pour l'essence, vous faites déjà en réalité attention. Beaucoup de Français se déplacent un peu moins, font attention dans leur trajet au quotidien, diminuent peut-être leur vitesse, et donc ce n'est pas le rôle de l'État, je crois, d'avoir une parole paternaliste ou maternaliste,

6:45
Présentateur

les Français connaissent déjà tout ça. Mais qu'est-ce que vous faites pour les accompagner ? En revanche, sachant que le moral des Français aussi ne s'est jamais autant dégradé depuis 2022, depuis le début de la guerre en Ukraine, selon l'INSEE.

6:57
Maud Bregeon

Oui, on a pris depuis le début de cette crise des décisions de soutien, d'une part à l'activité économique, aux pêcheurs, aux agriculteurs, aux transporteurs, aux entreprises du BTP. Ces mesures ont été, d'une part, reconduites, et d'autre part, rehaussées, je pense notamment aux agriculteurs, c'était une aide de 4 centimes par litre, c'est désormais une aide de 15 centimes par litre, c'est également le cas des pêcheurs, 20 centimes initialement, entre 30 et 35 désormais. Première chose, pourquoi est-ce qu'on le fait ? On le fait parce que derrière, c'est des emplois, et parce que derrière, c'est des salaires.

Et donc, quand on aide les secteurs économiques, en réalité, on aide les Français qui travaillent dans ces secteurs économiques. Est-ce que vous allez en rester là, Maude Bréjean ? Il y a notamment la question des VTC, des taxis, qu'est-ce que vous faites ? Vous me parlez des Français qui partent en vacances. On a fait un choix pour les grands rouleurs. Ceux qui roulent plus de 8000 kilomètres par an, ceux qui ont des salaires très modestes, moins de 1500 euros par mois net pour une personne seule. Évidemment, ça monte quand vous êtes en couple et que vous avez des enfants. Une aide qui équivaut pour 3 mois à 20 centimes par litre et qui sera versée à 3 millions de Français.

Il faut bien comprendre une chose. On prend des décisions de soutien qui nous semblent être d'une part les plus efficaces parce qu'elles sont ciblées et en même temps respectueuses des finances publiques. Et quand je vois que cette crise a déjà coûté plus de 4 milliards d'euros à l'État, notamment du fait de la hausse des taux d'intérêt, je pense que quand on est aux responsabilités, on ne peut pas porter des discours populistes et on doit avoir un équilibre entre un soutien important au secteur d'activité, Et donc vous gardez le pied sur le frein. Est-ce qu'il y aura de nouvelles aides pour les taxis et les VTC ? Et en même temps, une prise en compte de la réalité du déficit.

Moi de vrai, j'en ai la question sur les VTC et les taxis. Il y a des discussions qui sont en cours. Là encore, je le redis, nous ne laisserons personne sur le carreau. Ça a été notre politique depuis le début de cette crise. Ça a été en réalité notre position depuis 9 ans avec le président de la République. Nous adaptons les mesures au fur et à mesure de l'évolution de la crise. Comprenez bien qu'il est normal qu'on aide, là encore, les entreprises les plus touchées, celles qui sont le plus dépendantes du carburant, celles qui sont le moins solides financièrement.

Et en même temps, il faut faire attention à l'argent du contribuable, Agathe Lambré, parce que quand on dépense de l'argent, c'est de l'argent que vous ne pouvez pas utiliser ensuite pour baisser les impôts ou pour investir dans les services publics.

9:26
Présentateur

Et donc vous devez avoir cette logique de responsabilité. Les marges brutes des distributeurs de carburant sont plus importantes aujourd'hui qu'avant la guerre. C'est ce qu'a révélé, il y a quelques jours, France Info, qui a pu consulter un document de travail du gouvernement. Pourtant, les ministres ont répété ces derniers jours qu'ils n'en étaient rien, tout en menaçant de taxer ces mêmes distributeurs. On a du mal à comprendre. Expliquez-nous.

9:48
Maud Bregeon

Vous faites référence à un document, d'une part non validé, et qui contient une formule de calcul des marges qui, là encore, n'est pas validé, n'est pas fini. Pourtant, c'est un document de travail. Oui, c'est un document de travail, mais c'est un document de travail qui n'est pas abouti. Avoir une formule unique, chacun peut le comprendre, pour calculer les marges, alors même que les modèles de distributeurs sont très différents. Vous voyez bien qu'entre eux, pardonnez-moi de citer, Leclerc Total ou un distributeur indépendant, vous avez des logiques économiques derrière qui ne sont pas les mêmes, vous avez des coûts qui ne sont pas les mêmes, et donc je ne commande pas les résultats.

10:25
Intervenant

Est-ce que les distributeurs ont profité de la guerre ?

10:27
Maud Bregeon

En revanche, ce que je peux dire, c'est d'une part qu'il y a eu des hausses effectivement très rapides au départ, et que donc d'autre part, on porte ce message, encore une fois, très clair, les baisses doivent être répétées aussi vite que les hausses l'ont été. Maintenant, ce document, là encore, moi je ne vais pas me faire la porte-parole des distributeurs, mais ce document évoque des marges brutes. Il faut faire la différence entre les marges brutes.

10:52
Intervenant

30 centimes avant la guerre, un peu plus de 33 centimes.

10:55
Maud Bregeon

Mais les marges brutes ne sont pas les marges nettes, puisque les marges brutes n'intègrent pas l'ensemble des coûts de transport ou de salaire, par exemple. Est-ce que vous voulez demander un effort au distributeur ? Ne laissons pas croire aux gens qu'au bout de la chaîne, les marges sont de 30 ou 35 centimes nettes, ce n'est absolument pas ça. On demande aux distributeurs d'être raisonnables, d'avoir un comportement éthique, et de répercuter les baisses aussi vite que les hausses l'ont été.

11:20
Présentateur

Et quid des raffineurs, Maud Bréjon ? Parce que les distributeurs disent marre d'être les boucs émissaires. Ceux qui font les plus grosses marges, ce sont les raffineurs. Deux choses.

11:27
Maud Bregeon

D'abord, pour revenir à la question des volumes, vous savez qu'on a augmenté les capacités de raffinage en France. Je fais un petit pas de côté, mais c'est important, parce que là encore, c'est une garantie de non-risque d'approvisionnement. Et ensuite, on a demandé une enquête à l'échelle européenne sur les marges des raffineurs. Et pourquoi ? Parce qu'en réalité, sur le diesel, 80%, 90% du diesel que nous consommons en France n'est pas raffiné en France. Et donc, c'est des activités qui se font ailleurs. C'est là où il faut prendre un petit peu de champ. Quand vous regardez la logique économique de ce milieu-là, vous ne pouvez pas uniquement prendre en compte les stations-service.

C'est regarder le problème par le petit bout de la lorgnette. Il y a un ensemble de chaînes de valeur qui partent des États-Unis, du Moyen-Orient, en fonction du lieu d'extraction et qui, effectivement, termine dans les stations-service.

12:20
Présentateur

Mais il y a tout un tas d'acteurs. C'est vous qui avez menacé de taxer les distributeurs avec un projet de décret ? Il est enterré, ce décret ? Nous n'avons pas menacé. Vous l'avez envisagé, Maude Bré.

12:29
Intervenant

Et il n'a jamais été utilisé ?

12:30
Présentateur

Vous l'avez envisagé ? C'est enterré, cette mesure ? L'État est dans son rôle. Mais est-ce que cette mesure est enterrée ?

12:36
Maud Bregeon

Non. L'État dit une chose simple. Notre responsabilité, c'est notre travail, c'est d'envisager, d'une part, tous les scénarios et de se doter de tous les outils. On a cette carte. Elle existe. Si jamais elle était nécessaire, nous n'hésiterions pas à l'utiliser. En tout état de cause, elle ne l'est pas aujourd'hui. Et puis, permettez-moi de prendre un peu de champ. Tout ça dépend de ce qui se passe ailleurs. Donc, il faut aussi revenir à ce que l'on porte à l'échelle internationale, à ce que fait le président de la République, cette initiative où il a rassemblé une cinquantaine d'États pour travailler à une libération du détroit d'Hormuz. C'est la vraie clé de la solution.

Et ensuite, il faut parler de notre dépendance. Et si vous me permettez un mot très rapide, 60% de l'énergie que l'on consomme provient d'énergies fossiles importées, provient du gaz, provient du pétrole. La vraie question qu'on doit se poser pour les années à venir et pour se préparer à la prochaine crise, c'est comment est-ce qu'on sort de ces dépendances. Parce qu'aujourd'hui, on paie le coût de nos dépendances. Les Français paient le coût de nos dépendances.

13:36
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Paul Barcelone.

13:42
Présentateur

Avec Maud Bréjon, porte-parole du gouvernement, ministre délégué en charge de l'énergie. À l'instant, sur France Inter, le président de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public s'interroge. Je me demande si le rapporteur Charles Lalonc n'est pas le cheval de troie du Rassemblement National en faveur de la privatisation, dit-il.

14:01
Intervenant

Et ce, alors qu'après plus de quatre heures de discussion, les députés de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public ont adopté hier le rapport du député UDR, le parti d'Éric Ciotti, Charles Laloncle. Celui-ci va donc être rendu public. Ce sera le 4 mai. Ce député, donc proche d'Éric Ciotti, qui revendique, c'était hier soir sur BFM TV, un travail de salubrité publique.

14:21
Invité

Depuis le début de cette commission d'enquête, mon seul objectif était de braquer un projecteur sur les dérives et sur les dysfonctionnements de l'audiovisuel public, de proposer des recommandations pour mieux les résoudre et pour mieux sauver aussi ces entreprises.

14:33
Intervenant

Est-ce qu'il est le cheval de troie du Rassemblement national, comme le dit le président de la commission ? Et est-ce que ce rapport est à charge et probablement malveillant ?

14:43
Maud Bregeon

Trois choses. D'une part, le droit de contrôle des parlementaires est bien légitime. D'autre part, Charles Laloncle est évidemment un allié du Rassemblement national. C'est un secret pour personne.

14:54
Intervenant

Il appartient au parti

14:56
Maud Bregeon

d'Éric Ciotti, qui porte une politique extrêmement offensive et dure vis-à-vis de l'audiovisuel public. Tout ça est connu. Moi, je vais vous dire une chose simple. Je n'ai pas participé à cette commission enquête. Il y a de toute évidence eu un travail important qui a été mené. Je pense notamment au président de la commission, Jérémie Patriel-Etus. Jérémie Patriel-Etus, pardon, 67 auditions menées, plus de 200 heures de travail. Donc, je ne dis pas que tout est à jeter. loin de là. Et beaucoup de parlementaires ont travaillé avec méthode et avec sincérité. Qu'est-ce qui vous dérange, alors ?

Pour autant, il y a eu, pardonnez-moi, un comportement de Charles Laloncle des méthodes qui ont été détestables. Il a fait le show. Il y a eu un côté show-off, une utilisation politique de cette commission qui aurait probablement eu de vraies vertus. Moi, je crois qu'il y a un travail à mener. On peut dire, et c'est ma conviction, qu'on a besoin d'un audiovisuel public fort et en même temps qu'il y a probablement à s'interroger sur le modèle tel qu'il est aujourd'hui. Mais quand on voit qu'il y a dans ce rapport des incriminations à l'encontre du président de la commission ou de la présidente de l'Assemblée nationale, ce n'est pas comme ça qu'on mène une commission d'enquête.

Donc, il est entaché, ce rapport ? Je pense que ce rapport a été utilisé par le rapporteur comme un outil politique.

16:24
Intervenant

En tout cas, selon des informations de presse, le groupe Lagardère, qui a en partie à Vincent Bolloré, serait intervenu et aurait tenté d'influencer et d'influer sur le cours des débats. Est-ce que vous le soupçonnez aussi ?

16:34
Maud Bregeon

Écoutez, moi, je n'ai pas d'informations à ce sujet. Il y a une première question qui est, est-ce qu'ils ont tenté de le faire ? Une deuxième question qui est, est-ce que le rapporteur de la commission leur a permis de le faire ? Et donc, moi, je constate, je pense très froidement et très factuellement que cette commission d'enquête a été utilisée par le rapporteur à des fins politiques, effectivement, pour porter les idées du Rassemblement national et d'Éric Ciotti qui visent à une destruction de l'audiovisuel public. Quand vous proposez de raboter, si vous me permettez ce propos, le budget de l'audiovisuel public d'un milliard d'euros, vous voyez bien que c'est une destruction annoncée.

Donc, il ne faut pas reprendre les propositions de ce rapport ? En tout cas, ce n'est pas maligne politique.

17:22
Présentateur

Est-ce que vous avez pris votre carte à la CGT ? Non. Non, parce que Gabriel Attal accuse de vous

17:28
Maud Bregeon

d'avoir cédé

17:30
Présentateur

à la CGT et certains partis de gauche en retirant le texte qui devait élargir le travail le 1er mai. C'était hier sur ces news. Avez-vous cédé sous la pression de la CGT et de la gauche ? Vous savez,

17:44
Maud Bregeon

moi, je pense que le dialogue social, notamment lorsque vous discutez, certes, avec la CGT, mais aussi avec des syndicats réformistes comme la CFDT, ça ne peut pas faire de mal. Je pense que quand on touche à des sujets aussi symboliques et fondamentaux que le 1er mai et que donc, derrière le 1er mai, la question du droit, du travail, le faire en essayant de rassembler l'ensemble des partis que cela concerne, c'est une bonne chose.

18:10
Présentateur

Il vous soutient encore, Gabriel Attal ? Est-ce qu'il soutient

18:13
Maud Bregeon

encore le gouvernement ? Je pense, mais vous lui demanderez, je n'ai pas de doute qu'il voudrait répondre à que oui. Je pense qu'il y a un moment où le débat politique est très clivé, où on sent qu'il y a des tensions dans la société, qu'il y a des tensions importantes dans le Parlement, que tout ça fait du mal à la vie politique française. Vous avez peur du Parlement et de la reconstitution de l'inter-syndicale ou pas ? Prendre le temps de discuter, c'est une bonne chose. Surtout quand ça donne des résultats. On présentera mercredi un projet de loi sur le 1er mai qui permettra aux commerçants de proximité, aux boulangers et aux fleuristes de travailler.

Mais pas au boucher, pas au charcuter. Sur la base du volontariat. Et tout ça, c'est possible. Et tout ça, c'est possible, pardonnez-moi, parce qu'on a pris ce temps qui était nécessaire. De même qu'on l'a fait sur les ruptures conventionnelles. Vous savez qu'on a trouvé un accord.

19:02
Présentateur

Vous entendez mes questions ou pas, mais vous oubliez certaines catégories. Quand on oublie certaines catégories,

19:06
Maud Bregeon

dire qu'il y a certaines exceptions qui doivent pouvoir travailler le 1er mai sur la base, encore une fois, du volontariat et en étant payé double, c'est une chose. Ça ne signifie pas ouvrir à l'ensemble des professions ou à un spectre plus large de professions.

19:22
Intervenant

Alors, autre sujet d'actualité. Lors d'un échange hier avec des soignants en déplacement dans l'arriage, Emmanuel Macron s'est insurgé contre un système qui contraint les médecins hors Union Européenne à repasser un concours pour pouvoir exercer en France, obtenir des équivalences de diplômes. Des médecins qui viennent principalement d'Algérie. L'occasion pour le président de dire et surtout de dénoncer les partisans de cette ligne dure avec l'Algérie, la fustigée, les mabouls, je le cite, qui veulent se fâcher avec l'Algérie. Qui visait exactement le président ? Est-ce que c'est un tacle à Bruno Retailleau ?

19:52
Maud Bregeon

Non. Et je crois qu'il a eu l'occasion de le préciser lui-même. Il me semble que des confrères à vous lui ont ensuite posé la question.

19:59
Intervenant

Oui, en disant je ne vise personne. Tout le monde a très bien compris qui il visait.

20:03
Maud Bregeon

Bruno Retailleau a compris d'ailleurs. La question de fond, c'est comment est-ce qu'on solutionne les difficultés auxquelles on est confrontés effectivement avec l'Algérie. Et ce que l'on constate aujourd'hui, c'est que la politique de non-contact ne fonctionne pas. Il y a la question des médecins, c'est une chose. Il y a aussi la question de l'application des obligations à quitter le territoire français.

Eh bien, sur ce sujet qui est important pour nous, qui est important pour les Français, qui est important pour Bruno Retailleau, on voit que cette politique de non-contact ne permet pas d'avancer parce que nous n'arrivons pas à obtenir les laissés-passés consulaires qui nous permettent d'exécuter les obligations à quitter le territoire français. Ce sont des sujets extrêmement complexes. Bruno Retailleau le sait. Tout ça va nécessiter du dialogue et c'est ce que porte le président de la République qui a raison.

20:52
Présentateur

Vous pouvez parler avec Bruno Retailleau, vous qui plaidez pour un rassemblement de la droite et du centre en vue de 2027. Bruno Retailleau, il en fait partie de ce rassemblement. Bruno Retailleau a été notre collègue

21:02
Maud Bregeon

au gouvernement. Il a été ministre de l'Intérieur pendant plus d'un an avec des ministres macronistes, avec des ministres...

21:10
Intervenant

Il s'est mis hors jeu en en sortant du gouvernement, en quittant le ministère de l'Intérieur.

21:14
Maud Bregeon

Je dis une chose simple. Les partis des uns et des autres m'importent peu. Ce qui m'importe, c'est qu'on arrive à proposer aux Français un projet clair, un projet d'avenir, un projet d'union de la droite et du centre de cette droite républicaine qui refuse toute alliance et toute connivence avec le rassemblement national jusqu'à ce bloc central que nous sommes et que nous incarnons avec le président de la République depuis neuf ans maintenant. Sans quoi nous ne serons pas au second tour et ce sera à la fois l'échec de nos candidats mais ce sera surtout l'échec et la fin de nos idées.

21:46
Intervenant

On va finir avec la question qui, la question qui adoube. Est-ce que vous pensez qu'il faut toujours une primaire à droite et au centre pour définir le meilleur candidat ? Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, vous pouvez travailler avec les trois ?

21:57
Maud Bregeon

Je pense que l'ensemble des candidats et des responsables de parti doivent se mettre autour d'une table pour échanger sur le fond.

22:03
Intervenant

Pas de primaire ?

22:04
Maud Bregeon

Je n'ai jamais plaidé pour une primaire. Vous serez où le 30 mai Maud Bréjean ? Je ne sais pas, je serai où le 30 mai à Gabriel Attal ?

22:11
Présentateur

Vous ne serai pas au meeting de Gabriel Attal ? Écoutez, je verrai. Je dirai en temps voulu.

22:15
Intervenant

On a connu plus enthousiastes.

22:18
Présentateur

Merci beaucoup Maud Bréjean d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul.

22:22
Intervenant

Avec plaisir, à bientôt.