France - Algérie : relations toujours sous tensions ? Réponse avec le sénateur Akli Mellouli
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Bonsoir à tous et bienvenue dans l'entretien du jour. Après plusieurs mois de tension diplomatique entre la France et l'Algérie, le retour de l'ambassadeur donc français Alger et la visite également du ministre donc de l'intérieur à Paris marquet-elle une volonté de réconciliation véritable ? Et pour en parler ce soir, nous recevons ACL Méloui.
Bonsoir. Bonsoir à nos téléspectatrices et téléspectateurs. Alors, vous êtes sénateur français du Val de Marne.
Tout d'abord, allons un peu plus en profondeur personnellement. Comment avez-vous ressenti euh accueilli ces derniers mois, ces fortes tensions entre Paris et LGS ? Pour vous encore une relation qui peut s'apaiser ou elle est fragile ?
Bah aujourd'hui dans un monde, vous l'avez vu, dans un monde où le retour des impérialismes se fait, on voit bien que toutes les relations sont fragile. Vous voyez bien ce qui se passe dans le monde. Et donc, il est important aujourd'hui que la France rappelle son multilatéralisme.
Et donc, dans le multilatéralisme, on doit effectivement trouver des alliés, on doit trouver euh des convergences avec le de nombreux pays. Plus on est, plus on partage certaines valeurs, plus on peut avancer. Et euh et c'est vrai que le problème, c'est que comment on le ressent ?
Alors ça dépend, c'est pas des ressentis personnels quand on parle de de de relation internationale. On peut à titre personnel être trché. Moi, j'ai des origines que je ne cache pas et auxquels je suis attaché et je suis légitimement attaché à à mes origines.
Je suis euh 100 % euh fier de mes origines comme je suis 100 % fier d'être euh sénateur français. Donc il y a pas il y a pas de dicotomie entre les deux. Il faut que les gens arrêtent d'avoir c cette vision un peu où vous êtes pour, ou vous êtes contre.
Non, il faut regarder les choses dans le fond. Et donc aujourd'hui la la cette tension qu'il y avait entre les deux pays était un était comment dirais-je un frein à notre développement économique, à notre à la construction euh d'une certaine vision du monde. Et donc quand je dis ça euh le BDFI a été en Algérie, c'est quand même pratiquement depuis ces ces tensions-là, on ne doit pas être loin des 17 milliards d'euros quand on cherche des budgets.
Ensuite, on construit pas pendant ce temps-là et donc on est en train d'hypothéquer. Vous savez quand vous bâtissez pas des choses, quand vous êtes pas dans une dynamique de construction, c'est pas vous repartez pas de zéro, vous reculez de 50 ans. Donc on était en train de perdre de la vitesse et de perdre les l'enjeu du développement.
Vous savez, moi j'ai toujours dit ça et les gens peuvent dire ce qu'ils veulent mais il y a vous vérifiez l'axe parisger est un axe essentiel pour le développement de la Méditerranée et vers l'Afrique. Il y a effectivement aujourd'hui un enjeu important de tirer vers le haut la Méditerranée et l'Afrique. Et donc si euh Paris et Alger ne se réconcilie pas ou ne prennent pas conscience des enjeux, c'est l'ensemble de ces enjeux qu'on est en train d'hypothéquer et donc c'est les générations pour 2050 qu'on est en train d'hypothéquer.
Mais aujourd'hui, est-ce que parmi tout justement les conséquences des rapports France-Alger qui peut subir avec cette visite également aussi le repatriment donc de l'ambassadeur français Stéphane Romaté à LG ? Est-ce que pour vous dans le fond c'est un geste fort symbolique où dans le fond on n'est pas forcément dans le concret parce qu'on a vu he il y a plusieurs donc crise qui fait que aujourd'hui la France et l'Algérie ont des dysfonctionnements. Je rappelle aussi avec la reconnaissance du Sahara occidental.
Là aujourd'hui est-ce qu'on rentre plus dans l'image du symbole que dans le concret du problème ? Alors vous avez raison de dire qu'il y a il y a effectivement un désaccord fort entre Paris et Alger notamment sur le Sara occidental. D'ailleurs, c'est pas avec Paris Alger que le désaccord il est, c'est avec l'ONU.
L'ONU reste ça reste un territoire déconisé comme en basine, comme d'autres endroits. Donc si si on le rappelle pas, donc il y a effectivement ce désaccord. Ensuite, c'est pas parce que ensuite c'est pas les tensions ont été construites de toute parts.
Il y a aujourd'hui des philosophies excluantes des partis comme le RN, comme un certain nombre d'acteurs euh l'ancien ministre de l'intérieur, Bruno Auto et d'autres qui sont et d'ailleurs le président a sifflé la fin de la récréation quand il est il a eu des propos durs à la guerre de ceci qui essaent de de créer un problème avec l'Algérie. En fait, ils essayent de créer un problème. Nous avons des une histoire un problème historique avec l'Algérie.
Nous avons des difficultés. et nous avons un travail de mémoire mais pas uniquement avec l'Algérie, avec l'ensemble de l'Afrique. Mais en fait ce ce problème a été construit et donc le retour effectivement de l'ambassadeur de de Romaté qui est un ambassadeur d'ailleurs je tiens à le dire qui a toujours milité mais il est un ambassadeur mais en plus parce que je crois que c'est ses convictions profondes donc ce n'est pas seulement symbolique alors hein.
Non ce n'est pas symbolique. Le retour et vous avez raison le retour de l'ambassadeur hô n'est pas symbolique. C'est un retour qui marque et vous l'avez vu pour le 8 mai.
La ministre Ruffo s'est déplacé à Lunaise avant elle, Gérald Armanin dernièrement, ça montre qu'il y a une volonté effectivement de reprise. Mais ce qu'il faut savoir et ce que me disait l'ambassadeur qui lui a toujours été dans cette ligne, qui a défendu et on peut le saluer parce que je pense qu'il a fait un gros travail. Les gens sous-estiment parfois le travail des ambassadeurs même s'il est tenu par son rôle d'ambassadeur, donc sur son expression.
Mais en tous les cas euh elle nous disait c'est le travail qui est fait et ça montre qu'effectivement de l'autre côté aussi parce qu'ils ont été accueillis, ils ont été reçus dans de bonnes condition et euh l'ambassadeur me le disait pas plus tard qu'hier justement qu'effectivement les relations étaient bonnes avec les gens. Il s'est très content de le retrouver. Donc, il y a une volonté de part et d'autre, contrairement à ce qui nous est à ce qui nous est vendu, de retrouver les voies du dialogue et de reconstruire, même s'il y a encore des désaccord à pointer et c'est bien qu'on les on les marquera mais nous avons des désaccords avec plein de pays, nous en avons avec les États-Unis, nous en avons avec d'autres, mais on fait pas autant de cinéma.
Tout de même, monsieur Méloi, hein, pardon, plus d'un an, les relations étaient quand même rompues avec des expulsions, des tensions consulaires, des arrestations. La liste est vraiment longue, hein, avec des allements aussi d'opposants et surtout l'affaire Boem sans sale. Et face à cela, le président Emmanuel Macron avait pourtant déclaré vouloir se faire respecter et mener une politique de fermeté sans politique de non contact.
Finalement, on voit bien que ce n'était pas la bonne méthode. C'est drôle parce que l'affaire Bohem Sensal, elle est pas elle est tout le monde pourra juger de la réalité de ce qui se passe avec Boem Senal. On voit bien quand même ce qu' défend comme philosophie parce que moi je suis pas pour qu'on mette les gens en prison et donc je pense que si on s'est fâché pour cette raison-là aujourd'hui, on doit tous militer pour libérer Christophe Gaise et je pense qu'on n'est pas aussi fâché.
Donc il faut faire attention au deux poids de mesure et notamment parce qu'aujourd'hui on voit quand même que il allait partir d'ailleurs en Belgique malgré la connaissance alors que ils sont fâchés. Si c'est lui la raison de de avec lequel s'est fâché, on va se fâcher avec beaucoup de pays parce que nous avons beaucoup de personnes qui sont maltraitées dans beaucoup de pays. Je vais pas faire la liste, la liste est l'ongle et pour lesquelles on s'est pas autant battu.
Donc ça vous avez bien fait de m'en parler. On va dire que moi je je trouve que effectivement et chacun pourra juger puisque tout le monde a pu juger de ses déclarations et de ce de ce qui faisait sa boussole à ce monsieur. Mais au-delà de ça, je pense que ces relations doivent s'apaiser.
Vous le vous l'avez dit vous-même, c'est vrai qu'il y a eu de fortes tensions. Il y avait plus d'ambassadeurs. Quand vous avez rappelé vos ambassadeurs, voulit quoi de plus ?
C'estàd qu'il y avait plus effectivement les relations étaient coupées. Les relations étaient coupées. Nous en terme de diplomatie parlementaire, nous y avons été l'an dernier pour le 8 mai pour garder le lien avec eux parce que je pense qu'il faut garder le lien.
Vous savez, je ne parle pas que d'Algérie, je parle aussi avec le Mali, le Burkina, le Niger et d'autres pays en Afrique, le Sénégal et d'autres pays. Il faut toujours qu'on garde le lien au cité nuus parce que nous devons comme Moyen-Ori, nous devons garder le lien parce que vous le savez très bien, de toute façon, la dernière marche avant la guerre, c'est la diplomatie. qu'on veuille ou pas et la première guerche après la guerre c'est la diplomatie donc à un moment ou autre il faut se parler donc pourquoi il faut pas rompre le dialogue et donc il y a eu des canaux qui ont essayé de maintenir ce dialogue et vous avez parlé tout à l'heure de l'ambassadeur il y a contribué certains ministres y ont contribué certaines personnalités ont contribué parce que ils ont compris que c'était l'intérêt le sens de l'intérêt c'est notre intérêt et c'est l'intérêt aussi des Algériens vous savez on parle souvent de la communauté algérienne en France mais on oublie de parler de la communauté française en Algérie.
Ça impacte aussi une communauté. Nous avons plus de au moins nous avons plus de 450 ou 500 entreprises françaises qui travaillent encore en Algérie et qui a travaillé même quand on avait rompu et qui alertait sur les difficultés. Donc vous voyez, il faut arrêter de regarder qu'inversant de la montagne pour voir la montagne dans sa totalité.
Et euh moi, j'essaie de regarder les problèmes de leur totalité. Je et et je me dis tout ça pour ça et euh je sais que vous allez me parler après d'autres choses, mais voilà, c'est en réalité en fait quand vous regardez, vous dites en fait c'est quoi le problème ? On narrive pas à le définir.
En fait c'est il y en a qui vous disent oui parce que l'Algérie veut qu'on fasse le travail de mémoire mais l'Algérie veut, le Sénégal veut, le Congo veut, tous les pays africains veulent qu'on fasse le travail de mémoire. Les africains aussi ont besoin de comprendre pourquoi on a déraciné la la l'esclavage puisque ça aussi on en parle pas. Pourquoi on a déraciné tout un peuple ?
On a enlevé toutes les forces vives de l'Afrique pendant plus plusieurs siècles, tout ça. Et mais bien sûr qu'ils veulent que sur l'esclavage on reconnaisse un crime contre l'humanité et c'est normal qu'il le qu'il le demande parce que c'est c'était une injustice qui a été faite. Vous voyez ce que je veux dire ?
Donc c'est pas anormal que les gens veulent comprendre, veulent que l'on reconnaisse les choses. Reconnaître, c'est pas se flageller. reconnaître c'est se grandir.
En tout cas, le message est passé concernant le dialogue parce que l'Élysée annonce que ce retour donc de l'ambassadeur vise à restaurer donc un dialogue efficace et à traiter les relations avec honnêteté. Mais si on y va vraiment plus loin, où est l'honnêteté donc de la France ? car il faut le dire en justement reconnaissant le savoir occidental, est-ce que la France ne s'est pas engagée dans cette politique là de sacrifice avec sa relation avec Alger pour contenir justement le Maroc et essayer là avec le retour de l'ambassadeur et puis la visite de l'Union lunaise à donc assumer essayer de réparer ses ses choix sans forcément les assumer ?
Alors moi, j'ai pas de problème he que enfin je vois pas pourquoi on voudrait pour avoir de bonnes relations avec l'un être fâché avec l'autre. Moi j'ai je complique un peu quand même. Voilà.
Moi je je pense que nous devons être nous devons avoir des relations avec tout le monde. Nous devons travailler avec tout le monde dans de la même façon. Nous devons pas être dans le de poids de mesure.
Après vous vous souvenez, vous dites que effectivement pour l'Algérie effectivement c'est un point de prépation le Sara occidental par rapport au droit international et d'ailleurs vous voyez bien que c'est toujours pas réglé et donc il y a une volonté de demande et c'est ça fait partie on a on a le même problème aussi en France avec la Nouvelle-Caédonie c'est des territoires qui font partie des territoires à décoloniser et donc il y a des règles du jeu mais la France reste tout de même honnête en jouant ce double jeu si je puis dire avec le Maroc et l'Algérie de garder quand même le Maroc et en même temps au respect non mais vous me dites est-ce qu'elle est honnête je peux pas on peut parler de on peut pas parler maleté, est-ce qu'elle est stratégique ? C'est autre chose. Parce que l'honnêteté, c'est pas d'avoir des mauvaises relations avec l'un ou faire plaisir à l'un ou à l'autre.
L'honnêteté, c'est d'être de respecter le droit international, de ne rien faire en dehors du droit international et d'avoir de bonnes relations avec tout le monde parce que quand vous enlevez le droit, vous mettez quoi à la place ? Donc c'est ça le vrai sujet. Ensuite, si aujourd'hui vous parlez effectivement euh l'ambassadeur disait qu'il a été d'ailleurs très bien reçu parce que l'autre côté aussi on voit bien qu'il y a pas une volonté de de de d'aller à la bagarre pour aller à la bagarre.
Il y a il y aura effectivement les gens vont continuer à réclamer que sur le nucléaire, nous avons eu un débat d'ailleurs dernièrement sur le nucléaire, ils ont besoin d'avoir les éléments et cetera pour justement pouvoir engager des actions pour protéger leur population. Ce qui est légitime. Ce qui est légitime, on leur reproche de de d'un côté de ne pas s'en occuper.
Quand ils veulent s'en occuper, on leur reproche donc faut à un moment donné un peu de cohérence. Et donc c'est légitime, on l'a fait pour la on l'a fait pour la police des françaises aussi, ce qui est important. Les gens ont besoin d'être protégés, de comprendre et cetera parce que au-delà des des victimes, il y a aussi encore des lagons, des des territoires qui sont pollués.
Donc il y a besoin de travailler. Il y a besoin de de revenir aussi sur ce qui s'est passé euh pendant l' colonisation. C'est quand même un crime contre l'humanité, l'accusation.
Donc il y a besoin de reconnaître les choses mais c'est pas se flagelé et donc c'est il y a besoin d'écrire l'histoire parce que les gens vont nous dire "Oui mais ils ont ils ont fait mais ils vous ont on a ils ont demandé à personne d'aller là-bas." C'est-àdire que les africains n'ont demandé à personne de venir les occuper et donc euh voilà et et dire ça c'est pas être antifrance comme certains voudraient le dire ou pas patriote. Au contraire c'est avoir une autre une autre vision de la France.
La France moi ma France c'est pas celle de Vichi. Ma France est celle des droits de l'homme. Mais cette vision, elle peut se maintenir hein avec tout ce qui se passe parce queil faut quand même le rappeler en 2 ans hein Saïd Saout est quand même le premier donc euh la première personne de personnalité algérienne à se rendre en France après 2 ans euh de tension.
Laurent Nunet son homologue donc l'a reçu à l'Élysée. Est-ce que on peut avoir tout de même confiance à cette relation ? Qu'est-ce qui pourrait faire tenir ?
Ben écoutez, échangiau immigration, sécurité, c'est grâce à ça que cette relation va se maintenir ? Non, c'est grâce à beaucoup de choses. Vous savez, ça va être dansé, c'est d'avoir des feuilles de route de vous savez, pour avoir une relation saine, il faut avoir une approche saine.
En tout cas, c'est sur ces deux sujets là qu'ils arrivent à être conc. Voilà. Mais il faut il faut le dire et puis je vais vous dire une chose, même sur les EQTF, l'Algérie n'est pas le plus mauvais élève de la classe, hein.
Donc pourquoi la stigmatiser un seul pays ? Il y a plein de pays qui reprennent pas. Il y a plus de 17 pays avec qui on a aussi et vous l'avez vu depuis la visite de Laurent Nugèz l'Algérie et d'ailleurs je crois que c'est le ministre qui a qui a fait qui qui a eu le plus de résultats sur les oc d'ailleurs je vous le dis quand même au passage he contrairement à ce qu'on avait avant parce queavant on avait eu zéro résultat hein.
Donc on peut agiter les bras et faire du vent. un moment donné, quand on regarde le bilan, vous savez c'est au bilan qu'on regarde, hein. Moi, je peux vous dire que je suis champion, que je ceci cela, mais si je suis à la ligne d'arrivée, j'y suis pas, je suis pas champion, hein.
Donc voilà. Mais à un moment donné, il faut revenir dans la réalités, hein. Faut il y a ce qu'on entend et le bruit en disant "Bah c'est bien, il est fâché, il un truc mais vous obtenez quoi ?
En fait, on a obtenu quoi depuis plus de 2 ans ? Un an 18 mois je crois. On a obtenu quoi ?
Plus 18 mois, enfin 2 ans déjà fa mais 18 mois de du rappel de l'ambassadeur. On a obtenu quoi ? On a rien obtenu et là avec le Rè de Svite, il a obtenu là le fait que Darmanait sur la justice, il y a des choses et vous savez notre DGSE sur la sécurité dans le S et cetera ont toujours très bien travaillé et ils le disent eux-mêmes, même le directeur le dira, l'autre correspondab le dit, ont toujours très bien travaillé avec les services algériens.
Donc il y a pas d'un côté ceux qui voudraient avancer, enfin ceux qui et ceux qui bloquent de l'autre côté. Il y a une volonté commune de travailler dans l'intérêt des peuples, mais il y a aujourd'hui euh une partie euh de de de de politiciens euh qui n'ont pas de projet pour la France et qui euh font de l'immigration, de l'Algérie et d'autres, les bouqu émissaires pour ne pas parler du fond. Moi, je parle de résultats et je peux vous dire que aujourd'hui le ministre de l'intérieur euh actuel, Laurent Nèz, a eu plus de résultats que son prédécesseur et aujourd'hui euh euh le fait qu'on on a relié des choses et il y aura moi je veux pas les divulguer ici, mais il y a des ministres qui vont qui veulent se déplacer. on va essayer de renouer une relation apaisée avec l'Algérie.
C'est pas la fin des désaccords. On n'est pas dans un monde de bisons. On est dans un monde euh de réel politique.
Donc ce sera pas la fin des accords. Mais en tous les cas, on discutera de nos désaccords, on les pointera, on verra comment on peut les surmonter ou pas d'ailleurs parce que c'est aussi ça. Mais en tous les cas, la logique c'est d'inverser cette logique haineuse parce que c'est ça aujourd'hui, on le voit bien le débat sur les musulmans l'immigration vers une logique de débat apaisé, serein, qui cherche des perspectives, qui cherchent des solutions.
Parce que quand d'un côté vous voulez bloquer l'immigration et de l'autre vous voulez enlever l'aide au développement euh en Afrique et ailleurs, je crois qu'il y a un moment donné quelques paradoxes qu'il va falloir qu'il nous explique hein parce que c'est pas possible de fonctionner comme ça. Surtout que quand de développement, quand on parle de santé mondiale, c'est notre santé qu'on protège parce que les pandémies c'est pas elles restent pas depuis le Covid, les gens l'ont vu, elle nous atteignent. Donc si les pandémies repartent aujourd'hui, c'est la question c'est pas de savoir si on aura une pandémie, c'est comme le climat, c'est est-ce qu'on aura des cyclones ?
Non non, c'est quand aujourd'hui la pandémie c'est pas on sait qu'elle elle arrive. La problème c'est qu'on sait pas quand. Et donc c'est ça le fait de réduire l'aide l'aide à la santé mondiale, de réduire les aides sur l'action climatique.
C'est un arrive là, on sait pas quand mais il arrive très ça va c'est c'est dans les prévisions. Donc vous rendez compte, vous voyez ce que je veux dire ? On peut pas continuer à faire comme si de rien était le réchauffement climatique.
Les gens l'ont vécu là en mai. Donc à un moment donné, je veux bien qu'on fasse comme si de rien nétait ou que des gens vous disent "C'est pas grave, on va climatiser mais faut arrêter la fuite en avant." En tout cas, comme je l'avais dit précédemment hein, c'est ce qui réunit les problèmes que ce soit l'immigration ou bien la sécurité intérieure.
Et d'ailleurs, monsieur Miloui, les services de police et de gendarmerie française et aussi algérienne ont réactivé les mécanismes donc institutionnels et surtout il faut souligner hein qu'il y a eu un poste d'attaché de sécurité intérieure français qui vient d'être créé aussi à Alger. Donc quand on voit ça, est-ce que cela signifie que la France reconnaît enfin euh que l'Algérie est aussi un partenaire indispensable, comme vous l'avez souligné, pour la sécurité du Sahel, de l'Europe et pas seulement un problème juste migratoire. Oui, c'est euh ça fait longtemps que je pense que la France le sait et le reconnaît parce que les Américains les Américains dernièrement ont signé un accord de sécurité dans le Sil avec l'Algérie.
Donc c'est pour vous dire qu'il y a pas que les Français qui le reconnaissent. Tout le monde tout le monde le sait. Oui, il est temps, il est temps parce que on a tous besoin de se protéger contre les risques terroristes.
On a tous besoin de se protéger parce que c'est quand même incroyable que on est dans un monde, je vous le dis, qui est de plus en plus violent mais parce que et on a besoin de construire une culture de la paix et vous construisez une culture de la paix dans la connaissance de l'autre. En fait, on a besoin, c'est comme quand on défend les étudiants étrangers, c'est pas parce que on on fait du supplément d'hum ou du bon sentiment ou qu'on est on est qu'on est naïf. C'est parce que l'on sait que ces étudiants viennent tirer vers le haut les nôtres, il y compris algérien.
Donc ils viennent les challenger, donc il a pas truc et que nos étudiants quand ils se connaissent demain quand ils seront en responsabilité dans leur pays respectif et bien ils pourront dialoguer. C'est aussi simple que ça. Mais d'après vous, d'où vient cette prise de conscience ?
Est-ce que c'est parce que la France est actuellement en déficit également ? Elle a besoin d'alliés et donc vous ça vous a pas échappé que le MEDF aussi est passé avant en Algérie. Vous avez bien vu que le MDF a fait une délégation.
Bah c'est tout le monde a tiré le signal d'alarme. Bien sûr que nous sommes nous sommes effectivement aujourd'hui dans un monde interconnecté. Donc ce qui ce qui se passe là-bas nous touchera ici.
Ce qui se passe ici les touchera là-bas. Donc c'est comment on construit des passerelles intelligentes. Par contre, moi je le dis parce que ça c'est ma conviction profonde d'homme de gauche.
Nous il nous ne devons rien faire contre les peuples. Nous devons aujourd'hui travailler dans l'intérêt de nos deux peuples. Et quand je dis de nos deux peuples, je pourrais le dire aussi par rapport à l'Afrique, je pourrais le dire par rapport à la Méditerranée et parce que la France a pris conscience aussi que l'Italie est devenue le premier partenaire.
Ça c'est quand même un paradoxe, hein, faut le noter que l'Allemagne est en train d'emboîer le pas et des pays partout dans le monde et qu'aujourd'hui dans un monde interconnecté, si vous voulez pas la nature estors du vide, bah les autres vont prendre votre place et vous perdez de la et vous perdez du terrain. Et donc aujourd'hui, si on veut reprendre du terrain, il faut qu'on revoit notre stratégie y compris avec l'Afrique. Vous savez, moi je m'intéresse beaucoup au diaspora et j'arrête pas de leur dire les diasporas c'est une vraie passerelle.
Ce sont c'est une vraie richesse que nous avons qui nous permet de renouer des dialogues, de pouvoir de construire parce que les diasporas elles sont légitimement attachées à leur pays d'origine. Donc elles ne feront rien contre le peuple de leur pays d'origine mais elles ne feront rien non plus parce qu'elles sont attachées à leur pays d'accueil la France et elles ne feront rien. Donc ce sont les véritables porteurs de politique gagnant gagnant et les porteurs d'une politique d'intérêt pour les peuples.
Monsieur Miloui, on arrive à la fin de l'émission. Êtes-vous plus optimiste que inquiet sur la situation ? au moins à venir entre la France et l'Algérie actuellement.
Alors moi vous savez je suis quelqu'un qui je suis toujours optimiste parce que je pense c'est dans la difficulté. Nous en fait on s'est construit du fait de on s'est construit dans la difficulté quand les choses sont simples. En principe on est souvent écarté dans les difficultés on est souvent là parce que on est des gens qui qui a qui je le souhaite je enfin avec humilité je le dis qui sommes à chercher des solutions.
Donc je suis ni pessimiste, ni inquiet ni pas inquiet ni cela. Je dis juste qu'aujourd'hui on est en train de remettre le train sur les rails, mais il va falloir continuer à alimenter et effectivement veilleer effectivement que le train ne déraille pas par la suite parce que il suffit de de d'un petit grain de ça pour que ça déraille. Donc c'est plus facile, c'est plus dur quand on bâtit que quand on détruit.
Et donc ceux qui comme moi sont dans un souci de bâtir doivent être vigilants. Et aujourd'hui justement il faut, c'est pas parce qu'on a lancer le on a remis le train sur les rails que les choses sont réglées. Aujourd'hui, il faut effectivement euh continuer à travailler et donc j'espère que dans les jours à venir, on a déjà rencontré des gens, qu'on va continuer à se rencontrer, que prochainement une délégation de parlementaires parce que l'Algérie est en élection ira en Algérie pour travailler justement sur des propositions, travailler les choses au-delà des historiens et cetera. continuer à travailler, continuer à à poser les désaccords, continuer à réfléchir à des propositions concrètes pour essayer d'avancer ensemble.
C'est aussi ça. Et aujourd'hui, ce je me félicite et si c'est la le sens de votre question et si c'est le sens de l'esprit dans lequel le gouvernement français veut avancer parce que moi je suis parlementaire, c'est ce qu'en tous les cas on défendra au parlement. C'est ce qu'on défit avec nos collègues parlementaires.
Je me félicite que l'on prenne conscience que les pays africains sont indépendants, ce sont des partenaires à part entière et qu'on doit discuter avec eux comme on discute avec les États-Unis, avec la Chine, avec la Russie, avec l'Ukraine, avec la Belgique, avec la Hollande, enfin vous voyez ce que je veux dire, avec l'Angleterre, qu'on discute avec eux d'égal à égal et qu'on discute avec eux d'intérêts qui sont partagés et de partager avec eux une vision du monde. Merci beaucoup euh monsieur Alimoui, sénateur donc du Vermard. Merci d'avoir accepté notre invitation.
Merci à vous pour l'invitation. Merci également de nous avoir suivi. C'est la fin donc de l'entretien du jour.
Merci à l'équipe de la réalisation et je vous souhaite une bonne suite de programme sur Global Africa Télésud. [musique] Ah. [musique]
Akli Mellouli