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interviewBFMTV· 26 août 2022 26 min

Immigration, visas, gaz... L'intégralité de la prise de parole d'Emmanuel Macron depuis Alger

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Ils peuvent difficilement avoir des visas. Y a-t-il une réflexion pour les parents de citoyens franco ? Et puis, si vous permettez, les gens payent 200 euros. Quand ils n'obtiennent pas le visa, la totalité de la somme n'est pas remboursée. Peut-on prendre des frais et rembourser la différence ? Merci, M. le Président.

0:18
Emmanuel Macron

Non, merci beaucoup. Vous avez raison de parler de ce sujet qui est si sensible et qui fait partie des sujets dont on a longuement discuté avec le Président, sur lequel on a demandé d'ailleurs un travail à nos ministres et qui a fait l'objet, soyons lucides, de tensions qui ont pu exister. Parce que c'est un sujet qui, si on n'y veille pas avec beaucoup à la fois de précautions, d'exigences et de délicatesse communes, peut conduire à des malentendus. Je crois que nous partageons la même volonté. D'abord, c'est de véritablement avoir une politique qui permet de lutter contre l'immigration clandestine. Je le dis parce que d'une rive l'autre, il faut comprendre les contraintes.

C'est très compliqué d'expliquer aux Françaises et aux Français qu'on ne met plus de contraintes sur les visas si en même temps il y a beaucoup d'immigration clandestine, qui était la situation qu'on avait. Et dans le même temps, vous l'avez dit, il y a des tas de familles qui vivent des destins partagés, qui sont les victimes en quelque sorte des politiques qu'on doit prendre à ce moment-là. Donc ce que nous avons décidé, c'est de travailler ensemble et avec aussi une certaine, je dirais, confiance collective. Et donc ça ne se fera pas par voie de presse, mais je vous en donne. Non, non, mais je vous dis comment on va procéder.

On va être très rigoureux pour ensemble lutter contre l'immigration clandestine et les réseaux, et être beaucoup plus efficaces pour prévenir et pouvoir raccompagner plus efficacement. Et nous souhaitons avoir une approche beaucoup plus souple sur l'immigration choisie, c'est-à-dire les familles de binationaux, mais aussi les artistes, les sportifs, les entrepreneurs, les politiques, qui nourrissent la relation bilatérale. Dans ce cadre-là, on souhaite pouvoir améliorer les délais. Et en effet, vous avez tout à fait raison, il y a ce sujet des frais.

Donc ce qui permet, si on simplifie un peu nos procédures, d'avoir une visibilité plus rapide et d'éviter d'engager trop de frais qu'on doit ensuite rembourser. Donc c'est un dossier sur lequel on a longuement parlé hier, jusqu'au milieu de la nuit, avec le président, et sur lequel nous avons mandaté nos ministres, et donc qui va avancer dans les prochaines semaines et prochains mois.

2:15
Locuteur non identifié

Donc on va vers un institutissement des visas accordées aux ingénieurs ?

2:18
Emmanuel Macron

Alors, non, on va... Vous savez, il y avait beaucoup, beaucoup plus de visas qui étaient accordées. Je ne suis transparent avec vous, les chiffres sont publics, il y a 5 ans. Donc il y a eu une politique aussi que j'ai souhaitée, qui était, à mon avis, légitime, de remise sur le métier de ce sujet. Mais comme je viens de le dire, on souhaite le faire dans un esprit très partenarial, avec beaucoup de délicatesse. On souhaite améliorer la coopération pour lutter contre l'immigration clandestine, pour mieux lutter contre celles et ceux qui trompent l'ordre public et qui sont perçues comme dangereuses, et je crois que c'est notre volonté commune.

Et à côté de ça, simplifier les choses pour les femmes et les hommes qui construisent la relation bilatérale. Donc c'est surtout, on va clarifier notre approche commune de l'immigration pour être beaucoup plus coopératif et efficace dans la lutte contre les trafics et les personnes dangereuses, et pour être beaucoup plus proactif pour les familles de binationaux et ces migrations choisies, comme celles pour nos jeunes en particulier, vers lesquelles je vais aller dans un instant. Monsieur le Président, est-ce que vous avez terminé le président Tebboune ? Alors il faut... regardez, regardez... Le gaz algérien. Alors, je vais répondre sur le gaz.

Reformulez votre question pour que le monde l'entende.

3:28
Locuteur non identifié

Avez-vous manifesté au président Tebboune un intérêt de la France pour augmenter ses importations de gaz algérien ?

3:33
Emmanuel Macron

Alors, je sais que ce sujet, et c'est tout à fait normal dans la période, qui alimente beaucoup de chroniques, je veux ici le préciser. La France, comme vous le savez, dépend peu du gaz dans son mix énergétique. Nous, c'est à peu près 20% de notre mix, donc c'est très peu. Et dans cet ensemble que représente le gaz, l'Algérie représente environ 8 à 9%. Donc vous voyez, nous ne sommes pas dans la situation de beaucoup d'autres pays où le gaz algérien est quelque chose qui peut changer la donne.

J'ajoute à cela que contrairement à nos amis et collègues italiens, qui ont un gazoduc, compte tenu de la faible distance qu'il y a entre le territoire italien et le territoire algérien, il n'y a pas de gazoduc. Nous, c'est du gaz qu'on va donc liquéfier puis regazéifier. Donc il y a des volumes qui existent, mais ça n'est pas de nature à changer les choses. Donc pour les mois qui viennent, on va continuer de faire ce qu'on fait, on l'a consolidé, on essaiera de faire un peu plus, mais la coopération franco-algérienne n'est pas de nature à changer la donne et à nous permettre de diversifier davantage, compte tenu de la structure même de notre relation sur ce sujet.

Donc quand j'ai entendu des commentaires disant « le président va venir à Canossa pour avoir plus de gaz », ça c'est n'importe quoi, il faut juste regarder comment ça se passe aujourd'hui, c'est pas possible. Par contre, je pense que c'est une très bonne chose qu'il y ait une coopération accrue et plus de volume à travers le gazoduc italien, parce que j'essaie de dézoomer les choses.

Nous, on ne va pas avoir de problème, parce qu'on dépend peu du gaz, on a un seul grand gazoduc qui est avec la Norvège, on a accru les volumes qui passent par ce gazoduc, on a diversifié les choses, on est en train d'avoir un nouveau terminal pour avoir plus de gaz liquéfié qui va se faire au Havre, avec nos entreprises. On a sécurisé nos volumes et on est à plus de 90% de nos stocks. Donc en franco-français, les choses vont bien se passer pour cet hiver. Le sujet est européen, et c'est un sujet de solidarité européenne.

Et donc, à ce moment-là, s'il y a une solidarité européenne, et elle est nécessaire, il y a des pays qui sont beaucoup plus dépendants du gaz, et en particulier du gaz russe. Et c'est là qu'il faut faire un effort collectif, et c'est dans ce cadre-là qu'il y a à la fois un plan de sobriété, de diversification du gaz, et d'accélération d'autres projets. C'est pas qu'en franco-français. Donc dans ce cadre-là, c'est pour ça qu'on n'est pas du tout en compétition à cet égard avec l'Italie. C'est très bien que, et j'en remercie l'Algérie, l'Algérie, il dit j'augmente les volumes qui passent par le gazoduc entre l'Algérie et l'Italie, parce qu'il n'est pas à plein.

Il y a une marge d'augmentation, et on peut l'augmenter d'un peu plus de 50% des capacités aujourd'hui utilisées. Donc il va, d'une part, être un peu augmenté d'ici cette année, et il y a des perspectives ensuite derrière. Ça, c'est une très bonne chose. C'est bon pour l'Italie, donc c'est bon pour l'Europe, donc c'est bon pour nous, parce que ça va réduire, ça permet d'améliorer la diversification gazière de l'Europe, et donc, ce faisant, de nous protéger de tous les aléas géopolitiques. En parallèle de ça, et à plus long terme, nous, ce qu'on veut engager avec l'Algérie, c'est d'abord consolider un partenariat qui existe entre nos grands industriels.

Total, Énergie, Renouvelle et Sonatrac ont un partenariat. Je souhaite qu'on continue de le développer, que ce soit un partenariat industriel et de recherche, pour limiter aussi les émissions sur le fossile. Et puis nous, on va consolider aussi les partenariats économiques sur matériaux et terres rares, qui est vraiment un immense levier géopolitique entre l'Algérie et la France. Puis sur le plan économique, on va aussi le diversifier sur les sujets d'innovation. Et pour moi, dans le grand pacte que je veux ouvrir avec la jeunesse, les sujets d'innovation et de digital seront clés.

C'est pour ça que j'ai lancé ce fonds lors du sommet des deux rives, qui va permettre à nos entrepreneurs et notre diaspora de porter des projets en Algérie. C'est pour ça qu'on veut ici financer et lancer un équivalent de l'école 42 pour former la jeunesse, aider à former la jeunesse sur ces métiers. Et c'est pour ça qu'on veut créer un grand incubateur du numérique pour permettre de développer des projets. sur les propos qui vous ont été prêtés dans septembre dernier. En ce début de voyage, ces propos sont oubliés. Non, mais vous savez, c'est une histoire d'amour qui a sa part de tragique. Non, mais il faut pouvoir se fâcher pour se réconcilier.

Et moi, j'essaie, depuis que je suis président de la République et même avant, de regarder notre passé en face. Je le fais sans complaisance. Et donc, j'entends souvent, au fond, sur la question mémorielle et la question franco-algérienne, nous sommes comme sommets en permanence de choisir. Et il faudrait dire, choisissez la fierté ou la repentance. Moi, je veux la vérité et la reconnaissance. La vérité et la reconnaissance. Sinon, on n'avancera jamais. Moi, je ne suis pas un enfant de la guerre d'Algérie. Ma famille non plus. Mais je sais une chose. La France ne peut pas avancer sans avancer sur ce sujet. Et l'Algérie non plus. Pourquoi ? Parce que nos histoires sont liées.

Parce que la place que représente l'Algérie avec le nombre de binationaux, de Français d'origine algérienne, d'Algériens vivant en France aujourd'hui fait qu'il y a des millions de Françaises et de Français ou de binationaux qui sont concernés par cette histoire. Si j'ajoute à ça, les harkis et leurs descendants, les rapatriés et leurs descendants sont encore plus de millions de Français. Et c'est pareil pour l'Algérie. Nous avons été ici pendant un siècle et demi. Et donc, cette histoire, on doit la regarder en face avec courage, avec lucidité, avec vérité. C'est ce que je fais depuis 5 ans.

Et je le fais d'abord avant tout pour la France parce que c'est la matrice du problème mémoriel que nous avons avec tant et tant de pays. Je crois que beaucoup de choses ont été faites par nos historiens, ensuite politiquement, comme jamais nous ne l'avions fait. Ce que nous avons acté ensemble hier avec le président Tebboune, c'est une avancée à mes yeux qui est historique aussi puisque pour la première fois ensemble, on a dit nous allons mandater une commission mixte d'historiens. 5 à 6 historiens de chaque côté. On va leur ouvrir la totalité des archives. J'ai, dans les périodes récentes, ouvert des archives qui étaient encore fermées.

Ils auront évidemment accès à celles-ci, mais le président Algérien m'a dit j'ouvre aussi les miennes et de la période 1830 jusqu'à la fin de la guerre de pouvoir donner à cette commission la possibilité de travailler sur tout. Les premiers temps de la colonisation avec leur dureté, avec la brutalité, avec ces événements si importants pour la nation algérienne et sur lesquels il faut revenir jusque, par exemple, le travail qui est fait sur les disparus qui était une commission administrative et qui doit revenir aux historiens. Et donc tout ça, on va laisser les historiens travailler et on va leur demander de nous donner les travaux qui seront peut-être des premiers travaux d'ici un an.

Et ensuite, nous jalonnerons ce travail avec des gestes communs. Ça, je crois que c'est une avancée considérable pour eux. Ce travail de vérité, de reconnaissance qui est un des socles pour construire la relation d'avenir. Sinon, on bégaye en permanence.

10:36
Présentateur

Monsieur le président, qu'est-ce que vous avez obtenu comme garantie ? La jeunesse, pourtant, beaucoup de jeunes à qui on n'a pu parler dans les rues d'Alger disent nous, on a tourné la page déjà. Est-ce que vous avez le sentiment en venant autour des 24 premières heures de voyage sur cette mémoire d'être en phase avec cette jeunesse ?

10:51
Emmanuel Macron

Mais je suis simplement... D'abord, je regarde ce que nous, nous devons faire pour nous. Je suis aussi accompagné par beaucoup de jeunes qui en avaient l'air dans les... L'histoire est prise... Et familiale est prise par cela et qui en ont besoin. Je sais aussi que dans nos pays, on n'a pas de leçons, nous, à donner, nous, Français. Force est de constater que la dernière session de l'Assemblée nationale, elle s'est ouverte avec un député français qui a reparlé de l'Algérie. Donc vous voyez bien que ça ne passe pas non plus. Donc il ne faut pas laisser n'importe quelle parole se dire. Il faut pouvoir dire des paroles de vérité qui sont historiques.

Nous, on n'a pas de leçons à donner, vous savez. Ce n'est pas passé chez nous non plus. Et l'exemple que la France a donné sur le plan politique, je vais raconter, moi, aux Algériens, nous, on a tourné la page, etc., tout va bien. Ce n'est pas vrai. Après, je vois aussi qu'il y a beaucoup de manipulations sur les réseaux sociaux et ailleurs de puissances impérialistes contemporaines qui utilisent ce passé pour dire la France, regardez ce pays. Les impérialistes d'aujourd'hui disent « N'aimez pas la France, c'était vos colons d'hier. » Extraordinaire myopie et manipulation de l'histoire.

Le seul antidote face à ça, ce n'est pas de donner des leçons, ce n'est pas de manipuler l'histoire face à la manipulation de l'histoire, c'est d'être ouvert et de dire « Cette histoire est la nôtre. Elle est embarquée, c'est notre dette, je ne la qualifie pas, mais elle est sur nos épaules. » Et on doit la regarder, la reconnaître pour que chacun y prenne sa place. Et donc, je pense que nos jeunesses en ont besoin, oui. Après, pour moi, ça n'emporte pas tout et je ne veux pas y rester plongé, enfermé. Ce que je sais, c'est qu'à chaque fois qu'on laisse ces plis de l'histoire ainsi collés, en quelque sorte, on se heurte au retour du refoulé.

Parce qu'en fait, ce n'est pas, si vous voulez, c'est presque psychanalytique dans la vie des nations. Pour pouvoir vivre après la guerre, il a fallu oublier. C'est le décret de Sparte. Tu dois oublier. Et c'est ce qui s'est passé des deux côtés. Et quand il y a ce devoir d'oubli, cette sommation politique, parce que tant et tant de vies étaient embarquées, il y a un refoulé. Et ce à quoi on assiste ces dernières décennies, c'est le retour du refoulé. Si on veut avancer, il ne faut pas en rester là. Parce qu'avec le retour du refoulé, vous avez le ressentiment, vous avez le mensonge, vous avez le fantasme qui vient sur l'histoire. Et beaucoup de choses qui nous sont brassées.

Et donc, nous, on doit pouvoir, et je pense que nos générations peuvent le faire, parce que nous n'avons pas été partie prenante. c'est de se dire pour nous-mêmes, on doit réussir ce travail de mémoire et d'histoire, vérité et reconnaissance. Quels sont les garanties ? Vous avez le prévu du côté algérien

13:36
Locuteur non identifié

sur l'ouverture de leurs archives. Et qu'est-ce que vous répondez à certains responsables politiques qui en France disent ça y est déjà, encore de la repentance ?

13:43
Emmanuel Macron

Non, mais je l'ai dit, ce n'est pas du tout de la repentance, c'est de la vérité, de la reconnaissance. Il n'y a pas de grande nation s'il n'y a pas de vérité sur notre histoire. Et de reconnaissance, il n'y a pas de grande nation. Ce n'est pas vrai. Et il y a un travail politique de chaque jour. Faire de la politique au sens noble du terme, présider, c'est en effet écrire une histoire contemporaine. C'est projeter le pays, c'est pouvoir bâtir cette aventure. Simplement, cette histoire, elle ne peut pas reposer sur des mensonges, sur des oublis ou sur en quelque sorte bloc à bloc des récits qu'on voudrait opposer l'un à l'autre.

Sinon, on construit en quelque sorte l'impossibilité d'une amitié franco-algérienne. Parce qu'on se dit aimer la France, c'est bâtir un récit qui ne vous reconnaît pas. Aimer l'Algérie, c'est bâtir un récit qui ne vous reconnaît pas ou dit que vous n'êtes que cela. Parce qu'il y a aussi de ce côté de la Méditerranée, un récit qui s'est construit expliquant à la jeunesse au fond, votre avenir, c'est de continuer le combat qui consiste à ne pas aimer la France. Certains le disent. Ce n'est pas vrai. Parce que cette jeunesse, elle n'a jamais connu la colonisation, ni même la guerre. Donc vous voyez bien que c'est un travail de confiance.

Donc nous, nous sommes engagés en bonne foi, on l'a décidé ensemble. Quand on s'engage en bonne foi, on s'engage à réussir ou peut-être à avoir des échecs ou des écueils. Mais enfin, je crois dans la parole du président. Pour la première fois, nous l'avons décidé ensemble. On a signé un texte qui va l'acter. et nos historiens font avancer ensemble.

15:14
Locuteur non identifié

Comment qu'elle dit sur le président sur la situation ? Ça a été tendu pendant quelques temps.

15:20
Emmanuel Macron

Elle est amicale de confiance. Nous avons passé beaucoup de temps à discuter. D'abord, je pense que nous savons l'un et l'autre que pour nos pays, il nous faut travailler, lever les malentendus et savoir passer beaucoup de temps à nous comprendre. et nous l'avons fait jusqu'au milieu de l'ennemi. Et je dirais que c'est une relation de respect et d'amitié.

15:44
Locuteur non identifié

Et le dossier sur les victimes ? Alors attendez, j'arrive. Sur la situation au Sahel, la France a acté le retrait de ses armées. L'Algérie est un pays qui vaut dans la région. Quelle est la position aujourd'hui de l'Algérie et par extension, la présence de Wagner, ces mercenaires russes dans la région ?

16:05
Emmanuel Macron

Alors écoutez, d'abord, sur la position de l'Algérie, il appartient aux autorités algériennes de l'Algérie. Par moi, ce qui est vrai, c'est que l'Algérie a un rôle tout à fait clé dans le Sahel, géographiquement, politiquement, et aussi dans la mesure où les accords d'Algérie restent le texte fondateur de la transition pour le Mali. Les troupes françaises auxquelles je veux ici rendre hommage quelques instants après avoir rendu un hommage pour les morts pour la France ici dans ce cimetière, les troupes françaises ont lutté contre le terrorisme au Mali, contre ce qui était un risque quasi avéré de partition du Mali.

Et sans les troupes françaises, il est à peu près sûr aujourd'hui que le Mali ne serait plus un pays uni et que le terrorisme aurait refleuri, je le dis, dans un pays qui a connu le terrorisme islamiste. donc je veux rendre hommage à nos armées et nos armées se sont retirées du Mali, pas de la région parce que nous avons réarticulé une stratégie aux côtés de plusieurs pays du Sahel et du Golfe de Guinée visant à des consolidés venir en appui pour lutter contre justement ces mouvements terroristes qui affaiblissent les Etats et menacent les populations et nous menacent tous, la région et l'Europe.

Dans ce contexte-là, la volonté, c'est de renforcer le partenariat avec l'Algérie, de pouvoir oeuvrer ensemble à la fois sur le plan politique et diplomatique pour le suivi des accords d'Alger mais aussi pour passer les bons messages et éviter en effet que des mercenaires puissent fleurir dans la région, en particulier ceux de Wegener.

17:35
Locuteur non identifié

Vous avez évoqué la question des droits de l'homme et des centaines de détenus d'opinion qui se font dans les prisons algériennes avec le président Tebboune ?

17:42
Emmanuel Macron

Nous avons tout évoqué avec le président Tebboune avec beaucoup de liberté et l'intégralité des sujets. Il ne m'appartient pas ici de m'ingérer dans la politique algérienne. Les cas dont j'ai parlé sont les cas que nous connaissions et sur lesquels nous avions à connaître si je puis dire et à avancer et je lui ai fait part de la manière dont je voyais les choses qui est celle toujours de la transparence, des libertés politiques et de leur respect. Je sais qu'il y est sensible et je sais aussi qu'il est attaché à cela. Ces cas se régleront en plein respect de la souveraineté algérienne et du chemin qu'il aura à mener.

18:22
Locuteur non identifié

Je reviens à la mémoire. Est-ce que le dossier de Reagan, vous en avez discuté et est-ce que les victimes vont être en charge ?

18:29
Emmanuel Macron

Alors, nous avons discuté de ce sujet. Comme vous le savez, il fait l'objet d'une commission jointe qui a avancé. Il y a eu à nouveau des réunions qui se sont tenues en juin. Donc les choses avancent en toute transparence. Elles ont beaucoup avancé aussi sur les constats qui sont faits. J'ai montré ces dernières années ma volonté aussi d'ouvrir et d'indemniser. Donc oui, le chemin se fera. Il faut après que chaque cas soit documenté et qu'on puisse, derrière ce travail très précis qui est historique et individuel, pouvoir ensuite mettre en place ces indemnisations. Une question européenne

18:57
Locuteur non identifié

sur Deschouast qui dit que le jury ne s'est pas prononcé sur si vous étiez un ennemi ou un ami de la Grande-Bretagne. Comment vous réagissez ?

19:07
Emmanuel Macron

Écoutez, c'est jamais bon de trop perdre ses repères dans la vie. Si on me posait la question, parce que c'est plutôt comme ça que je vais vous répondre en creux, quelle que soit la personne qui est considérée et le leadership à venir en Grande-Bretagne, je ne m'interroge pas une seule seconde. Le Royaume-Uni est ami de la France. Et vous savez, nous vivons dans un monde compliqué. Vous avez de plus en plus d'illibéraux, de démocratie autoritaire, de puissance, de déséquilibre. Si on n'est pas capable entre Français et Britanniques de dire si on est ami ou ennemi, le terme n'est pas neutre, on va vers de sérieux problèmes.

Donc oui, à coup sûr, je le dis, le peuple britannique, la nation qui est le Royaume-Uni est une nation amie, forte et alliée, quels que soient ses dirigeants. Et parfois, malgré et au-delà de ses dirigeants ou des petites erreurs qu'ils peuvent faire dans des propos d'estrade.

20:17
Locuteur non identifié

Sur l'Ukraine, M. le Président, avant du retour de Repoulay, quelle est l'opinion ou le point de vue de l'Algérie sur la guerre en Ukraine et la Russie ?

20:26
Emmanuel Macron

Là, il appartient aux autorités algériennes de se prononcer. Je sens ici, je vois ici, comme vous, je le sais, je pense sous le contrôle de vos confrères algériens. La nation algérienne s'est construite contre le colonialisme et l'impérialisme. La guerre en Ukraine est une guerre de puissance coloniale et impériale qui va envahir un voisin. Donc, j'en tire une conclusion simple de par ce syllogisme. Le peuple algérien ne peut être que contre une guerre coloniale qui consiste à envahir un État souverain et à violer sa souveraineté et son intégrité territoriale. Il n'y a pas de doute là-dessus. Est-ce que vous êtes un pied des derniers

21:01
Locuteur non identifié

événements à Zaporizh et est-ce qu'il y a une inquiétude particulière ?

21:03
Emmanuel Macron

Il y a une préoccupation, une inquiétude très forte sur la sûreté nucléaire. C'est pour ça que depuis mars dernier, je me suis profondément engagé en lien avec le directeur général de l'Agence internationale pour l'énergie atomique pour tout faire, pour protéger d'abord Tchernobyl puis maintenant Zaporizh. J'ai rencontré hier matin le directeur général après de nombreux contacts durant l'été et des contacts avec les présidents Zelensky et Poutine. Je veux dire deux choses très simples. La première, la guerre en aucun cas ne doit porter atteinte à la sûreté nucléaire du pays, de la sous-région et de nous tous et donc le nucléaire civil doit être totalement protégé.

C'est l'objet de cette mission qui se tiendra très rapidement et dont nous avons obtenu les garanties de sécurité de la part pour laquelle nous avons obtenu les garanties de sécurité de la part des Ukrainiens et des Russes et qui pourra donc se déployer, faire une mission indépendante et aider à protéger. La deuxième chose, c'est que le nucléaire civil ne doit pas être un instrument de guerre et donc la souveraineté des États doit être respectée quant aux installations nucléaires.

22:09
Locuteur non identifié

Sur l'Iran. Vous êtes président sur des nouvelles puissances impérialistes. Est-ce que vous faites le constat d'un certain désamour avec la France sur le continent africain qui a une autre autocritique sur la politique française sur les dernières années à faire ?

22:24
Emmanuel Macron

Écoutez, j'ai réengagé depuis 5 ans une politique avec le continent, la jeunesse totalement nouvelle que j'essaie de théoriser des Ouagadougous qu'on a ensuite décliné. Là aussi, on a parfois les oripeaux du passé et ça met du temps pour construire la confiance. Mais je le fais avec patience, engagement et affection pour le continent africain et pour l'Algérie en particulier. Parce que nous sommes liés et parce que je pense qu'il y a quelque chose dans nos âmes profondes qui nous lie et doit nous permettre de bâtir ensemble. Et donc oui, la France est critiquée.

Elle est critiquée pour le passé, elle est critiquée parce qu'on a laissé trop longtemps des malentendus s'installer, elle est critiquée aussi parce qu'il y a une immense manipulation et que, soyons clairs, beaucoup des activistes de l'islam politique ont un ennemi, la France, beaucoup des réseaux qui sont poussés en sous-main, qui parlent à Turquie, qui parlent à Russie, qui parlent à Chine, ont un ennemi, la France, et ont un agenda d'influence et un agenda néocolonial et impérialiste. Et il y a un ennemi simple, c'est la France, ça met tout le monde d'accord. C'est trop facile. Donc moi, je veux dire simplement à la jeunesse africaine, expliquez-moi le problème.

Et parfois, ne vous laissez pas embarquer parce que votre avenir, ça n'est pas l'anti-France, c'est pas vrai. Peut-être que ça a été le combat de vos grands-parents ou de vos parents, mais là, partout en Afrique, on vous raconte des cracks, des carabistoumis. Faux. Quand il y a des problèmes, faisons-les ensemble. Moi, j'appartiens à une génération qui n'est pas celle-là. J'aborde tous ces sujets avec beaucoup de liberté, d'ambition, d'amour. Donc avançons.

23:56
Locuteur non identifié

Monsieur le Président, vous avez parlé de sport hier. La dernière fois que la France et l'Algérie se sont en foot, c'était il y a 20 ans, il y a eu un envahissement de la pelouse, ça s'était mal fini. Est-ce que vous souhaitez, Monsieur le Président, qu'un nouveau match de foot ait lieu entre les sélections algériennes et l'équipe de France ?

24:10
Emmanuel Macron

On va en parler avec évidemment le Président et ses équipes. C'est pas à moi de prononcer pour certaines, je ne le souhaite.

24:19
Locuteur non identifié

Amical, amical.

24:21
Emmanuel Macron

Mais moi, je pense que le sport doit réconcilier. Donc c'est pour ça que demain, à Orange, je serai avec nos sportifs en prévision des JO.

24:29
Locuteur non identifié

Le sport et la culture.

24:30
Emmanuel Macron

Exactement, on fera les deux. Ce sont des lieux où on doit ensemble financer des projets, porter des projets, dès la jeunesse à s'engager. L'innovation, la culture, comme je l'évoquais hier dans la conférence de presse et le sport, ce sont des terrains où nous devons être ensemble. Alors parfois, on peut s'affronter, mais on s'affronte amicalement.

24:47
Locuteur non identifié

Donc oui, un match entre les équipes de France algérienne et...

24:49
Emmanuel Macron

Je pense que ce serait une bonne chose pour conjurer...

24:51
Locuteur non identifié

Le diffère iranien, vous croyez qu'un accord est imminent ? Vous croyez qu'un accord

24:55
Emmanuel Macron

est signé dans le prochain jour ? Écoutez, il ne m'appartient pas de faire des pronostics. Il m'appartient de dire que nous, nous avons été très vigilants à ce que les équilibres d'un accord sérieux soient préservés. On a eu des discussions importantes ces derniers jours avec le président Biden, le chancelier Scholz, le Premier ministre Johnson pour avancer. Maintenant, la balle est dans le camp des Iraniens. J'ai pu aussi réassurer le directeur général de l'AIUA de notre attachement à l'indépendance de l'agence et au fait que la France sera derrière l'agence pour que tous les sujets techniques qui relèvent de celle-ci ne fassent pas l'objet de pression politique.

Je pense que c'est un accord, s'il est conclu dans les termes qui sont aujourd'hui présentés, est utile et vaut mieux qu'un non-accord. C'est aussi un accord qui ne règle pas tout, nous le savons, qui fait que la question iranienne demeurera une question qui impose de parler du balistique et de l'influence régionale, des déstabilisations multiples et il nous faudra réengager. Voilà. Merci à vous. Merci. Merci. On continue. A tout à l'heure. Merci beaucoup.

25:55
Locuteur non identifié

Merci. Sous-titrage Société Radio-Canada