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InterviewC à vous (sur YouTube)· 18 avril 2024 5 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeÉducation & recherche

Violences des mineurs : Attal présente un plan d’autorité - Patrick Cohen - C à vous - 17/04/2024

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    À son centième jour à Matignon, Gabriel Attal veut endiguer la délinquance des mineurs.

  • 2:27OuverteRéponse partielle

    Et sur le plan de la justice, de la réponse pénale ?

  • 4:30OuverteRéponse partielle

    Une remarque sur le calendrier.

  • 4:49ComplaisanteRéponse directe

    Bon, et une citation pour finir ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:44InvitéFait
    « en leur proposant que leur enfant soit envoyé en internat où il y a, paraît-il, des milliers de places vacantes. »
  • 2:05InvitéPromesse
    « Un contrat d'engagement signé à chaque rentrée entre les parents, l'établissement et les élèves. Engagement à respecter l'autorité et les valeurs de la République sous peine de sanctions. »
  • 2:22InvitéPromesse
    « Avec la possibilité de retrait de points au brevet ou au bac pour les fauteurs de troubles. »
  • 2:33InvitéFait
    « L'ordonnance de 1945 a été réformée pour devenir un code de la justice pénale des mineurs. »
  • 2:43InvitéFait
    « il reste un principe fixé par l'ordonnance de 1945 qui divise par deux la peine maximale encourue par un mineur. »
  • 3:36InvitéPromesse
    « Ce que le gouvernement voudrait instaurer en revanche, c'est la possibilité d'une comparution immédiate à partir de 16 ans et non plus 18. »
  • 4:18InvitéFait
    « l'adolescent ne sera jugé qu'en juin par un tribunal pour enfants. D'ici là, il n'a pas été placé en détention provisoire, ce qui était pourtant possible pour un délit passif de plus de trois ans de prison. »

Temps de parole

  • Invité75 %
  • Invité 218 %
  • Présentateur7 %

5,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

À son centième jour à Matignon, Gabriel Attal veut endiguer la délinquance des mineurs. Il l'a dit à Viry-Châtillon, près de Paris, là où il y a deux semaines, un garçon de 15 ans a été battu à mort à la sortie de son collège. C'est un discours important.

0:12
Invité

On le saura dans deux mois, puisque c'est le temps de concertation que s'est donné le Premier ministre. On verra alors si les actes suivent les paroles, mais pour les promesses et les slogans, on a été servi. La République contre-attaque, mobilisation générale de la nation contre l'addiction à la violence d'une partie de la jeunesse, besoin d'un sursaut d'autorité, d'attaquer le mal à la racine, ce mal que Gabriel Attal a ainsi résumé. Comment accepter qu'on s'en prenne à un improviseur, à un jeune garçon parce qu'il parle avec une fille, à des professeurs, à des policiers, à des pompiers, à des fonctionnaires, à des écoles, à des équipements publics, à des lieux de culture.

Comment accepter qu'on touche, qu'on s'alisse, qu'on s'en prenne à ce qu'il y a de plus sacré en République. Comment accepter cette spirale, ce déferlement, cette addiction d'une partie de nos adolescents à la violence. Oui, je parle de spirale. Oui, je parle de déferlement. Oui, je parle d'addiction. Et non, on ne peut pas l'excuser. Gabriel Attal qui prend garde à ne pas généraliser. Nos ados ne sont pas fichus, a-t-il lancé, mais sans non plus relativiser. Par rapport à la population générale, a-t-il rappelé, il y a deux fois plus d'adolescents de 13 à 17 ans impliqués pour coups et blessures, quatre fois plus pour trafic de drogue, sept fois plus dans les vols avec armes.

Les faits divers, agressions et meurtres de ces dernières semaines ne sont pas des actes isolés, grossis par la loupe médiatique. Que propose le Premier ministre ? Il a ouvert pas mal de pistes. D'abord, responsabiliser les parents en privilégiant d'abord l'aide à la punition. Par exemple, en leur proposant que leur enfant soit envoyé en internat où il y a, paraît-il, des milliers de places vacantes. Ça, ça reste à vérifier, à confirmer. Mais aussi en sanctionnant les parents défaillants. Réguler les écrans parce que la violence du virtuel ne tarde jamais à se déverser dans le réel. La commission nommée par Emmanuel Macron doit rendre ses conclusions d'ici la fin du mois.

À l'école, un contrat d'engagement signé à chaque rentrée entre les parents, l'établissement et les élèves. Engagement à respecter l'autorité et les valeurs de la République sous peine de sanctions. C'était l'une des propositions d'une commission sénatoriale sur la laïcité à l'école. On en avait parlé ici. Avec la possibilité de retrait de points au brevet ou au bac pour les fauteurs de troubles.

2:27
Présentateur

Et sur le plan de la justice, de la réponse pénale ?

2:29
Invité

Alors, Gabriel Attal, il va prudemment parce que la loi a déjà changé il y a moins de trois ans. L'ordonnance de 1945 a été réformée pour devenir un code de la justice pénale des mineurs. La question la plus sensible étant ce qu'on appelle l'excuse de minorité, qui n'est plus une excuse d'ailleurs, mais il reste un principe fixé par l'ordonnance de 1945 qui divise par deux la peine maximale encourue par un mineur. Le Rassemblement national et une partie de la droite voudraient y mettre fin. Et il le répète assez souvent. Gabriel Attal, là-dessus, dit attention.

Ceux qui tiennent des discours donnant le sentiment que les jeunes peuvent en tout point être regardés comme des majeurs ne connaissent ni notre jeunesse, ni notre constitution. Ils ne connaissent pas non plus les mots du général de Gaulle et de l'ordonnance de 1945 qui disait « La France n'est pas assez riche d'enfants pour qu'elle ait le droit de négliger tout ce qui peut en faire des êtres sains. » Le Premier ministre ouvre donc un débat non pas sur l'abolition de cette excuse, mais sur son éventuelle atténuation. Aujourd'hui, les juges peuvent la lever pour un délinquant ou un criminel de 16 à 18 ans, mais cela reste une mesure exceptionnelle et qui doit être motivé.

Ce que le gouvernement voudrait instaurer en revanche, c'est la possibilité d'une comparution immédiate à partir de 16 ans et non plus 18. Exemple, hélas tout frais, ce jeune de 17 ans qui, au guidon de sa moto, faisait des roues arrières lundi à la sortie d'un collège de Schiltigheim, près de Strasbourg, face à la police municipale qui tente de le bloquer, lui n'hésite pas à foncer sur un agent. Fracture du poignet, six semaines d'arrêt pour le policier, mais ça aurait pu être évidemment beaucoup plus grave. Alors que les faits sont clairs et nets, l'adolescent ne sera jugé qu'en juin par un tribunal pour enfants.

D'ici là, il n'a pas été placé en détention provisoire, ce qui était pourtant possible pour un délit passif de plus de trois ans de prison. Violence sur personne dépositaire de l'autorité publique, il ne fait l'objet que d'un contrôle judiciaire.

4:30
Présentateur

Une remarque sur le calendrier.

4:31
Invité

Oui, Gabriel Attal promet des décisions après huit semaines de concertation avec les forces politiques. Ah bah tiens, dans huit semaines, ce sera le 9 juin, les élections européennes, quelle coïncidence. Une remarque aussi, pardon, sur la polarisation du débat public. La droite dit que c'est du vent et la gauche dit que c'est de droite.

4:49
Présentateur

Bon, et une citation pour finir ?

4:50
Invité

Oui, signé Pagnol, le grand Marcel Pagnol qui est mort il y a 50 ans, aujourd'hui. C'est une réplique entendue dans César. Ça c'est Marius, mais voilà, César c'est le troisième film de la trilogie. Une réplique qui vaut pour les affaires, pour la politique et même pour beaucoup de choses, pour la vie courante. S'il faut toujours dire la vérité à la clientèle, il n'y a pas de commerce possible.

5:13
Présentateur

Vous connaissez cette citation, Zine Bachelot ? Oui, je l'ai.