MALI-ALGÉRIE : LES DESSOUS D’UN CLASH QUI PEUT FAIRE TRÈS MAL
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Bonjour le monde, bonjour l'Afrique, bonjour la diaspora. Chers téléspectateurs, bonjour. Merci de nous retrouver pour une nouvelle édition de Décrypter l'Afrique, votre rendez-vous hebdomadaire coproduit avec le média et box Africa diffusé tous les dimanches à 16h GMT.
C'est une crise ouverte qui a commencé avec la destruction d'un drone malien par l'armée algérienne dans la région frontalière de Tinzawaten. Un drone de fabrication turque qui aurait pénétré la frontière algérienne sur 2 km selon Alger, ce que démant fermement Bamako. De fait, les débris se sont retrouvés sur le territoire malien.
En guise de solidarité avec le Mali, le Niger et le Burkina Faso, les autres pays membres de l'Alliance des États du Cel ont rappelé leurs ambassadeurs en Algérie et la guerre des ner n'en finit pas. Côté algérien, on stigmatise plus que jamais le gouvernement de transition militaire malien. Au Mali, l'agente pouchiste tente désespérément de dissimuler ses échecs et de faire face à la menace terroriste, remettant en cause la crédibilité et l'efficacité de l'Algérie dans sa lutte implacable contre le terrorisme.
Walid Sari et Badiar Marni. Du Mali au Burkina Fasou jusqu'au Niger, on assiste à des scènes de chaos et d'instabilité dû au coût d'état militaire et au blocage des processus de transition démocratique dans un contexte d'absence totale de stabilité politique et d'échec des expériences démocratiques. Les crises du Sahel, les coûts d'état et les ambitions militaires sont accentuées. l'aisolement de ces zones tant au niveau régional qu'international les transformant en terrain d'intervention étrangère au dépend des peuples de la région.
Le Mali, un pays on proie à des crises profondes et à une situation économique et sociale en nette détérioration souffre de l'accaparement du pouvoir par la jeunte poutiste. Cette jeunte tente de détourner l'attention du peuple malien pour masquer les échecs flagrants à tous les niveaux. Des échecs dont le peuple malien paye le prix fort.
Et côté malien, on met désormais la France et l'Algérie dans le même sac. Hier, une centaine de jeunes euh manifestés à Abamaco, mobilisation devant l'ambassade d'Algérie. Au Mali, nous ne cherchons que la paix.
Que l'Algérie nous dédommage pour notre drone, c'est tout. Nous ne voulons ni de la France ni de l'Algérie. Ce sont des États terroristes.
Nous ne voulons plus entendre parler d'eux. De plus, la porte de la ES reste largement ouverte pour tous ceux qui soient y adhérer. La porte est grandement ouverte pour tout le monde.
C'est pour la la rupture diplomatique avec ces pays-là et que nous en faisons bon usage par rapport à l'heure ambassade. Jusqu'où ira cette course folle vers la belligérance et surtout comment l'expliquer ? Pour en avoir le cœur net, j'ai fait appel à CDIC Aba, journaliste, écrivain, auteur notamment de ce livre Malië, notre Afghanistan à nous et président du SIRS.
Bonjour Cédic, bonjour Théophile. Bonjour à vos téléspectateurs. Essayons de prendre du recul et intéressons-nous aux enjeux de long terme de la crise entre l'Algérie et le Mali.
Au-delà des invectives, de quand datent-elles et quelles sont les contradictions de fonds entre les deux pays ? Non, je crois qu'on peut situer la crise à l'arrivée au pouvoir des militaires à Bamako et notamment le 2e coup d'état, c'est que beaucoup ont appelé le coup d'état dans le coup d'état, c'est-à-dire la prise de pouvoir par le général aujourd'hui Assimi Goita en mai 2021. À partir de cet instant, on est allé à un processus de remise en cause de ce qu'on appelle l'accord issu du processus d'Alger qui a été signé en 2013 entre le pouvoir du président IBK et les ex Ibrahim Bouakar Keita, pai à son âme qui est décédé et les ex rebelles.
Il s'est installé avec l'arrivée des militaires au pouvoir et du premier ministre Chogel Maiga une sorte de révisionnisme de l'accord. Et cette révision n'ayant pu se faire, on est allé vers des contradictions. L'Algérie étant à la fois le pays de l'accord mais le pays qui est le garant de processus de d'Alger puisque l'Algérie préside le comité de suivi de la cor d'Alger.
Et plus tard, les choses ont évolué et on est arrivé en sautant les états bien sûr à l'épisode de novembre 2023 où à l'occasion de la reconquête de Kidal par la force par l'armée malienne, les ex-rebelles se sont refugiés sur la frontière algérienne dans la zone de tinzawaten et pour se réorganiser militairement pour le pouvoir de Bamako au bas mot, l'Algérie a fermé les yeux. si elle n'a pas aidé, elle a fermé les yeux dans ce processus de réorganisation. Donc ça n'a pas amélioré les relations.
Ensuite, l'Algérie a invité les ex-robelles puisque pour l'Algérie, malgré la reconquête de KDAL, elle continuait à être le médiateur légitime de entre les partis maliennes. L'Algérie a invité à à Alger les ex-rebelles sans avoir avisé Bamaku. Ça aa été considéré comme un acte inamical.
Ensuite, en décembre, je crois que ça a été un moment important, l'Algérie avait invité décembre 2023 invité l'imam DIIK qui était devenu la bête noire du régime militaire Diko qui est un imam de Bamako, un imam de Bamako ex-président du haut conseil islamique du Mali et figure qui a aidé au renversement du pouvoir de Ibeka mais qui était devenu un opposant au militaire. Donc le fait qu'il ait été invité à Alger et qu'il ait été reçu par le président Tboun a été perçu comme un axe d'hostilité. par le pouvoir de Bamako.
À la suite de ça, un mois plus tard, en décembre 2024, là il y a eu la dénonciation officiel de l'accord d'Alger par le pouvoir militaire de Bamako. À partir de cet instant, pour les Maliens, et je crois que c'est là que l'incompréhension se nouait en fait pour les Maliens, l'accord d'Alger est à mort. il n'y a plus de médiation extérieure que la les difficultés entre maliens sont devenues une question de politique intérieure et toute prise de parole ou toute activité autour de ça est considérée comme une injérence.
Alors que du côté de Alger, on considérait que malgré la dénonciation des accords d'Alger, l'Algérie avait un un rôle à jouer en tant que voisin et en tant que médiateur des différents autres accords et en tant que médiateur mais aussi en tant que grand frère. On a l'impression que c'est un rapport de grand frérisme qui existe entre l'Algérie et le Mali et que finalement pour des raisons générationnelles ou autres, ben les jeunes militaires au pouvoir ben n'ont pas l'intention d'accorder à à Alger ce rôle de grand frère, de le lui concéder. C'est ça.
Moi, je crois que ce que vous la présentation que vous faites est tout à fait exact parce que du côté de l'Algérie, du fait de la frontière et du fait de lien historique qu'il y a eu puisque l'Algérie a été quand même euh le Mali a été la base arrière des forces des mujahidines qui se battaient pour l'indépendance de l'Algérie en 58 et et 62 pour ensuite l'Algérie à euh comment dire dans le cadre de la proximité. Il faut sans doute, je ne l'ai pas entendu, souligner que la le Mali est un des rares pays de la sous-région à reconnaître la République arabe sarawiou démocratique en et ça a été fait en 1973 du fait de la qualité de ses relations exceptionnelles avec l'Algérie et le Niger est voisin de de de l'Algérie, il l'a pas fait mais en fait il y avait des ces liens historiques et donc cette incompréhension liée à partir de la dénonciation de la cor d'Alger où les Algériens considèrent qu'ils ont encore une carte a joué en tant que médiateur historique et en tant que voisin et grand frère. alors que la partie malienne a organisé en mai 2024 un dialogue intermalien et ce dialogue intermalien pour les Maliens a a suffi à à à à à résoudre la question parce que les ex-rebelles se sont organisés en ce qu'on appelle le CSP, conseil stratégique permanent euh qui euh n'est pas venu au dialogue qui n'est pas venu au dialogue et les Maliens étaient sont partis du postulat que tous ceux qui ne sont pas venus au dialogue demain 2024 à Bamako sont des terroristes, ne sont plus de partisans de la paix.
Donc le fait que l'Algérie considère continue à recevoir les ex-robelles à leur accorder souvent le dite et le couvert à amener les autorités de Bamako à faire en septembre 2024 la déclaration devant la tribune des Nations- Unies par laquelle l'actuel premier ministre Abdouah Maiga avait accusé l'Algérie de soutenir le terrorisme et de connivance avec les terroristes qui n'étaient plus qui qui ne sont d'autres personnes que les exrbelles signataurs des accords d'Algérie. Ça que le mot terrorisme est un mot politique. En fait, le terroriste c'est l'adversaire avec lequel on refuse de négocier de tout temps et et en tout lieu.
Alors, les Algériens se caractérisent également par le nationalisme sourcieux. Il est pas évident qu'ils auraient bien pris qu'un pays voisin héberge des opposants armés à leur à leur pouvoir. Ah, tout à fait, tout à fait.
Je suis sûr que euh l'Algérie n'aurait pas aimé que euh des euh des adversaires parce que l'Algérie aussi a ses problème irrédentiste que ça soit la question de la Kabylie, la question des Amazir, leur leur statut et cetera. Donc l'Algérie aussi a ses propres et c'est pour ça que moi je je pense que euh au-delà de cette escalade euh qu'il y a une certaine incompréhension mais que les choses pourraient euh se mettre se remettre en place parce que personne n'a intérêt à cette confrontation entre l'Algérie. Et globalement, à mon avis, ce qui est important de de retenir, c'est cette crise de confiance au-delà de du drone et de l'épisode parole contre parole puisque l'Algérie dit que le drone est entré dans son espace aérien mais les Maliens disent qu'il n'est jamais entré.
Au-delà de ça, c'est cette perte de confiance, c'est cette porte de relation fluide entre les deux pays qui a alimenté cette incompréhension et qui a amené à la situation d'aujourd'hui. Alors, justement la présence des troupes assimilées à la Russie en au Mali, le fait que les Maliens c'est se fassent également aidés par des Turcs dans le domaine de la technologie de l'armement. Est-ce que ça ne gêne pas un peu Alger justement qui a l'impression que cette zone du nord du Mali était sa chasse gardée et doit désormais vivre sous le regard d'une armée russe qui n'est pas non plus une armée hostile à l'Algérie a priori mais c'est un changement justement dans ce rapport grand frèiste.
C'est un changement de paradigme. Vous avez absolument raison de le rappeler. Vous savez, vous l'avez dit tout à l'heure, l'Algérie est un pays très sorcieux de sa nation de son nationalisme et d'ailleurs jusqu'à une date récente, l'Algérie n'avait la la Constitution interdisait à l'armée algérienne d'intervenir au-delà des frontières parce que l'essentiel c'est la défense du territoire national et le fait qu'il ait au voisinage de l'Algérie euh des armées extérieures, même une armée comme la Russie euh qui est en principe a priori un allié de de l'Algérie puisque l'Algérie avec la l'Égypte est un des premiers clients euh militaires de de la de la Russie.
L'essentiel de l'équipement militaire algérien vient de la Russie et là quand on sait que l'Algérie a un budget militaire de 4 milliards de dollars par an à peu près essentiellement acheter de l'armoire russe, on pourrait a priori penser que cette prence ne génit pas. Mais en réalité, ça fait partie aussi du contentieux avec le Mali, le fait qu'il ait des armées étrangères euh dans son voisinage et même quand il y a eu l'intervention Serval puis barcan, la France a dû négocier pied à pied avec l'Algérie pour installer des bases militaires notamment à Tessalit. La France a dit dire à l'Algérie, voilà, il n'y a pas de c'est pas un acte d'hostilité mais on veut installer un poste avancé à Tessalite pour mieux contrôler.
Donc l'Algérie a toujours perçu la présence extérieure et ça ça a alimenté l'incompréhension. Ça a été un des éléments important je crois euh qui a fait que puisque à partir du moment où les canaux de discussion les d'échang avec Bamako ne sont plus fonctionnels, l'Algérie a pris mal ce cette présence militaire et puis le fait que le combats se soient rapproché puisque la bataille de juillet 2024 a eu lieu autour de Tzawaten et il était prévu aussi une autre bataille. Euh l'armée malienne souhaitant prendre sa revanche puisque le euh l'affrontement de juillet 2024 n'avait pas tourné à sa faveur et l'Algérie avait fait des mises en garde disant que elle considérerait comme un axe d'hostilité que le combat se rapproche de sa de la frontière commune.
Et et là, on entre dans toute l'ambiguïté parce que quelque part cette zone un peu euh euh floue est une zone tampon également euh euh qui euh c'est-à-dire le le le le contrôle plus ou moins euh réel de cette zone, un tampon par à l'armée du Mali et quelque part une sorte de sécurité pour l'Algérie et et certaines sources expliquent même que l'Algérie protège des chefs djihadistes algériens qui rôent dans la zone. zone parce que justement on s'en est un peu débarrassé en les envoyant dans la proximité du Mali puisque l'Algérie a subi le terrorisme djihadiste pendant de nombreuses années que l'Algérie protégerait également IAD Agali qui était un chef Tareg mais djihadiste également est-ce que ces théorieslà vont trop loin et qu'elles exagèrent une forme de complaisance toute simple avec des sépératistes Tareg non il y a une part de vérité absolue et même une vérité historique parce que Il ne faut pas oublier que c'est le GSP, est-ce le GSPC, le groupe salafiste pour la prédication et de combat qui est d'origine algérienne qui s'est installé à l'époque dans les années 2000-2005 sur la frontière commune qui était un homland parce que le Mali n'a pas les moyens de contrôler 1300 km de frontière commune. Le GSPC qui est lui-même l'émanation du GIA le groupe islamique armé s'était installé sur la pression de force de défense et de sécurité algérienne. s'était installé de l'autre côté de la frontière, du côté du Mali et qui est devenu Akm qui est pas après avoir fait allégance à l'État à Al-Qaïda était devenu le GSPC était devenu Al-Qaïda au Maghreb islamique.
Donc il y a une dimension historique et IAD lui-même appartient à cette mouvance de Al-Qaïda et et IAD curieusement en tout cas on peut dire on peut se dire est un des principaux chefs euh rebelles et ensuite islamiste à avoir échappé à l'élimination systématique qu'il y a eu. Vous savez, la plupart des grands chefs terroristes de cette région par la France ont été éliminés par l'armée française et IAD a curieusement réussi. Et il y a même une anecdote qui n'est pas simplement une anecdote qui dit que qui a été racontée par les sources officielles ici que la France avait dans son viseur IAD et pouvait l'éliminer mais a dit par courtoisie pour l'Algérie, on va quand même prévenir l'Algérie et que à l'époque l'Algérie avait dit non ne le faites pas nous allons nous en occuper et puis depuis il n'a jamais été éliminé.
Donc il y a effectivement beaucoup d'éléments donc d'indices concordants pour parler comme les magistrats qui amènent à penser que il y a pendant longtemps bénéficier du parapluie algérien. Est-ce que c'est le cas aujourd'hui ? Je ne peux pas l'affirmer.
En tout cas, quelque part, c'est euh des personnes indésirables chez moi que je préfère voir roder dans la proximité avec le voisin. Au moins, ça me garantit une forme de sécurité tout en en étant conforme à la logique de Concord national de Bouteflica qui n'a pas voulu l'éradication totale de ses ennemis djihadistes de l'époque. Oui, c'est tout à fait exemple.
Moi, je crois que euh l'Algérie a eu pendant longtemps une attitude ou une posture qui consistait à penser que tant que ça se passe sur le voisin, c'est pas grave pour nous. Et à partir du moment, même si les gens sont partis de là pour s'installer là-bas, pendant longtemps, euh le Mali a été presque le se seul confronté à la menace terroriste qui qui venait euh de du GSPC, qui venait de Akmi. Et je crois la posture à l'époque du président Amadou Tumali Touré qui a dit que ce ne sont pas des maliens.
Tant qu'ils vivent là-bas et qu'ils ne viennent pas dans les villes, ils peuvent rester là où dans ce Nomansland tant qu'ils vivent là-bas. Et les naturellement les groupes djihadistes à l'époque avaient profité pour faire des prises d'otage pour avoir toute la rançon et là souvent on l'occulte mais il y a une responsabilité de l'Occident dans le financement du terrorisme euh pour donner simplement un ordre de grandeur. Lorsqu'on a libéré en octobre 2020 Susala Sissé Pon âme et Sophie Pétronet c'est environ 15 à 18 millions d'euros de rançons qui ont été payés lorsqu'on a libéré en 2013 les ex employés d'areva qui avait été enlevé en septembre 2010 au Niger c'est environ 15 à 13 millions.
Pendant longtemps, l'Occident aussi a alimenté le terrorisme de l'argent qui manière absolument dans beaucoup de qui qui ont qui a l'argent liquide qui a bénéficié aux intermédiaires qui a souvent bénéficié à certains seècles de pouvoir dans les pays de la ruggion. Alors, on peut également euh dire que euh l'Algérie euh se caractérise par une relation trouble et ambigue à ses ex GIA qui sont devenus GSPC puis des mouvements dihadistes. Parce que à l'époque dans les années 90, on parlait toujours des ambigués entre les généraux et les GIA.
Ah oui non il y a ça c'est c'est je pense que personne le démar il y a eu des relations très ambues entre l'Algérie service algérien pendant les années noires, ce qu'on a appelé les années de plomb euh entre il y a eu beaucoup de manipulations entre le DRS euh la la direction du renseignement et et de la sécurité et certains mouvements même les IAD Agali déjà ont été utilisés dans le cadre de ces relations. Je pense que ça ça a été documenté et c'est pas démenti. Et ça vous savez ça c'est quelque chose ça peut toujours c'est il y a toujours le retour de la manivelle quand on crée des monstres comme ça et qu'on les lâche dans la nature en le soutenant en pensant que pour l'agenda du moment on a besoin d'eux mais pour l'enagenda d'après eux ils n'auront pas besoin de vous.
Donc ça ça a pu être ça ça a absolument alimenté le terrorisme dans cette partie de du Sahel. Alors le début de réconciliation entre Paris et Alger. Bon, c'est fragile tout cela pourrait bien renforcer les suspicions côté AES des fake news faisant état de déclaration de Jean-Noël Barreau, le chef de la diplomatie française sur une Algérie qui serait un allié de la France dans la conquête du CEL, ont abondamment circulé là aussi.
Non, il y a je crois que il y a beaucoup d'exagération. D'abord sur le plan du timing, la crise avec le Mali a commencé après euh la déclaration de Jean-Noel Barre et et puis il faut pas oublier qu'il y a toujours eu une revendication, une rivalité entre la France et l'Algérie sur le contrôle du SEL euh quand euh euh la France soutenait de façon très ouverte et massivement même la création du G500L en 2014, l'Algérie était restante. Pour une fois, il y a une initiative au Sahel qui se fait sans l'Algérie parce que il ne faut pas oublier que avant le G5 Sahel, l'Algérie avait créer avec le Niger, le Mali et la Mauritanie le SM, le comité mixte d'étatmajor qui était basé à Tamaraset et qui était qui avait une vocation militaire de pour essayer de partager le renseignement de faire ça.
C'était une initiative algérienne. En plus de cette initiative est venue se greffer en 2014 comme j'ai dit le G5 Sil qui était soutenu avec beaucoup d'enthousiasme par la France qui était contente de voir une grande initiative comme ça sans l'Algérie. Donc il y a toujours eu cette rivalité.
Je crois que si la France a fait cette déclaration dans le contexte précis pour moi, c'était parce que la France a perdu pied au Sah complètement et que elle pense que euh si elle se réconcilie avec l'Algérie, ça peut au moins lui permettre d'avoir un canal de discussion avec euh les pays du Sahel. Un pays comme le Niger, la France est complètement absente. Il n'y a même pas d'ambassade, ni école française, ni AfD. et et alors que le Niger a beaucoup de relations avec l'Algérie, les relations diplomatiques, des relations économiques.
Donc l'Algérie pourrait être comment dire la France pourrait perpasser de messages ou recevoir des messages. C'était dans cette démarche, je crois que plutôt que Mais en plus, de toute façon, les déclarations ont été déformées parce qu'en réalité, il n'y a pas eu de de déclaration du chip de ce qui a circulé. En revanche, les déclarations, c'était une sorte de de souhait plus général de ce Rabibochet avec Alger.
Cette histoire a été aussi un test de cohésion pour l'Alliance des États du Sahel. Un test plutôt réussi. La solidarité totale là.
Oui, on peut le dire euh parce que la charte des l'Alliance des États du Sahel prévoyait une architecture de défense et de sécurité commune qui est en train de se mettre en place. On a vu avec les manœuvres militaires de mai 2024 à Tawa, dans le nord-ouest du Niger, qui ont rassemblé les armées de trois pays avec le Togo et le Tchard comme invité d'honneur. Euh, il y a eu maintenant cette idée de création d'une force conjointe de 5000 hommes qui auraient pour et la devrait serait un espace. on sortirait de forces qui seraient cantonnées chacun dans son pays pour aller vers une force qui peut se mouvoir sur l'ensemble de l'AS et sur le plan diplomatique.
Il faut dire que cette bruit intervient au lendemain d'une délégation conjointe de la qui était à Moscou qui a rencontré le président, le premier ministre, le ministre des affaires étrangères de Laavrope qui pour défendre les idées de la et lorsqu'il y a eu cette crise avec l'Algérie en dépit des intérêts qui sont peuvent être divergents, les pays de la ont fait cette déclaration de rappel de l'amb des ambassadeurs du Niger, du Burkina et du Mali. Oui, il y a une démonstration de cohérence. Maintenant, il reste à savoir jusqu'où ça peut aller parce que comme j'ai indiqué, les intérêts avec l'Algérie ne sont pas les mêmes et il n'y a pas le même niveau d'intensité de relation diplomatique et économique aujourd'hui.
C'est-à-dire le Niger, par exemple euh est dans une trajectoire de réchauffement même de ses relations avec l'Algérie. En août 2024, le premier ministre nigérien Ali Manzen était s'était rendu en Algérie. il a rencontré le président Teboun et il a il était il s'est rendu avec une forte délégation.
En février 2025, le ministre nigérien de de du pétrole s'est rendu à Alger parce que la Sonatra, la compagnie algérienne de pétrole et d'urrocarbure conduit des prospections au Niger. Elle a trouvé des des des indices très prometteurs. Il y a même on est même à la phase de test et puis si le pétrole du nord du Niger sort, il est prévu dans un schéma nouveau que il soit raccordé au pétrole algérien pour être exporté.
Et puis vous savez le Niger qui essaie aussi de se défaire de sa de sa dépendance au Bénin. Au Bénin. Et il y a aussi le fait que le trans-saharien le gaz qui doit passer qui quitte le Nigéria doit passer par le Niger pour venir en Algérie et venir en Europe.
Donc il y a beaucoup d'intérêts du Niger qui ont été quand même mis de côté pour faire cette euh position commune avec l'Algérie. Mais à mon avis euh il faut avec le le le Burkina et le Mali avec le Burkina avec le Burkina et le Mali plutôt. À mon avis, si le chose évolue, je verrais plutôt le Niger choisir un une posture de médiateur entre le Mali et l'Algérie comme j'ai indiqué à cause des relations d'abord du Niger avec l'Algérie mais aussi parce que ce n'est dans l'intérêt de personne en tout cas ni de l'Algérie ni des pays de la S que cette confrontation se poursuive.
En tout cas, on ne peut pas se battre contre l'histoire ni contre la géographie. C'est une guerre perdue d'avance. Merci Cédic.
Je vous en prie. Le franc CFA, c'est une monnaie qui n'en a peut-être plus pour longtemps et lu au Sénégal sur une promesse de rupture et notamment sur le terrain monétaire, l'exécutif Dioma FAI Sonko s'est montré assez timide sur la thématique du franc CFA ces derniers mois. Mais à la faveur de la fête de l'indépendance et dans un contexte de crise de la dette, Bassirou Diumfai a affirmé et je le cite, "Nous ne renoncerons jamais dans la quête de la souveraineté intégrale et la recherche des voies et moyens pour disposer de notre propre monnaie, soit en passant par la CDAO, soit en passant par l'UMO, soit en créant directement une devise nationale, même si, a-t-il expliqué, ce type de transition ne peut s'opérer à court terme.
Les pays de l'AES ont déjà annoncé leur projet de se doter d'une monnaie commune. CFA même si pas grand-chose ne semble bouger de ce côté-là. En Côte d'Ivoire, le président du PDCI, Tidan Tiam, candidat face à Alassan Ouattara, si on le laisse se présenter, et lui est également critique envers le fran CFA, du moins dans sa forme actuelle.
Je crois que la monnaie est un attribut essentiel de la souveraineté et je pense que une nation qui n'a pas le contrôle de sa monnaie n'est pas vraiment souveraine. Maintenant, le fait d'avoir une zone monétaire, ça a de gros avantages et je crois que il faut à terme que les États d'Afrique occidentale francophone apprennent à vraiment gérer une monnaie avec tout ce que cela comporte, notamment le taux de change, notamment le taux de change, notamment la parité externe. Donc c'est un c'est quelque chose qui peut pas se faire du jour au lendemain qui va se faire.
Ma vision ce serait d'avoir une zone crédible, autonome, bien gérée avec une monnaie unique. Le franc CFA donc semble condamner à moyen terme mais que mettre en place à sa place ? C'est autour de cette question centrale que tournera l'entretien que vous allez regarder.
Mon interlocuteur c'est Abdouissé, actuaire, économiste en industrie des assurances et de la finance, banque connaisseur de l'économie africaine et auteur de nombreuses tribunes très riches sur les sujets connexes. Abdouissé était déjà sur ce plateau pour évoquer la crise de la dette au Sénégal il y a quelques semaines. Bonjour Abdou Sissé.
Bonjour Théophile. Alors le président Bassir Mafil a évoqué à nouveau la question du fran CFA. alors que son pays fait face à une crise de la dette assez importante suite à la découverte des chiffres, on va dire maquillés par l'exécutif précédent.
Est-ce qu'on peut relier cette difficulté là et le fait que le sujet français fasse fasse à nouveau la une au Sénégal ? Merci encore pour l'invitation. C'est vrai que c'est il est possible de faire la liaison entre les deux sujets.
Pourquoi ? parce que le le franc CFA continuera t toujours à être un problème d'actualité, ça c'est certain. Maintenant, ce qui a fait qu'aujourd'hui le Sénégal s'est retrouvé à niveau de dette, en niveau de déficit et cetera, il ne faut pas en sortir le fran CFA.
Pour beaucoup d'économistes africains, le fran CFA a participé à à la situation actuelle du Sénégal. Donc franchement c'est la liaison, elle est elle est elle est obligatoire, elle est même normale. On doit faire cette liaison et c'est par rapport à cette ces forme de liaison qu'on arrive toujours à trouver des solutions pour savoir exactement qu'est-ce qu'il faut faire demain.
Mais ce qui est intéressant dans le discours de monsieur Bass à l'indépendance, c'est qu'il a relevé le fait qu'il y a trois sources de financement dans un pays. C'està-dire le financement par le la fiscalité, les recettes, le financement par la dette. Mais pour la première fois, j'entends un président de notre zone dire qu'on peut utiliser le financement par la monnaie.
Et c'est ça, c'est ça qui est intéressant. Et quand vous regardez par exemple nous au niveau du SC consulting sur les 10 dernières années, tous nos travaux, c'est essayer de montrer à quel point le levier monétaire peut-être utilisé. Mais non, on tombe souvent sur des problématiques avec des économistes qui restent toujours dans le dans dans le monétaisme ou qui restent qui restent toujours dans leurs leurs convictions anciennes qui disent ou mais quand vous faites ceci cela, vous faites la création monétaire et cetera.
Et je pense que c'est la raison même pour laquelle j'ai j'ai été ravi d'être invité d'être invité pour en parler. On va en parler parce que le franc CFA, il semble condamné à changer ou à mourir à moyen terme. Donc le débat sur pour ou contre, il est déjà un débat du passé.
La question de l'après doit désormais se poser. Pour aller loin dans cette problématique, il faut s'interroger sur ce que tu appelais avant le début de ce tournage l'utilité marginale d'une monnaie. Quelle monnaie pour quels usages dans l'Afrique de demain ?
Merci beaucoup. Alors euh quelle monnaie pour quel usage dans l'Afrique de demain ? Et je pense que euh dans nos travaux, dans dans les travaux que nous effectuons nous, nous cherchons toujours à convaincre les Africains qu'il y a possibilité de faire des choses à l'africaine.
Quand vous prenez la notion de monnaie, elle a toujours été théorisée par les économistes. Les temps de K, des fritman, tout ça, ça existe. Il y en a qui croient en une à une portion de la monnaie, d'autres à une autre portion.
Et vous voyez aujourd'hui que vous venez au Sénégal, vous pouvez trouver trois types ou quatre types d'économistes, vous allez même au Cameroun qui ont pas les mêmes idées de comment faire avec la monnaie. Alors pour cela, je voulais inviter les Africains à comprendre réellement entre 2008 entre 2008 et 2023 qu'est-ce qu'est-ce qu'est-ce qu'a été la définition de la monnaie en Occident ? Ça c'est important.
Alors, on arrive 2008, toutes les banques occidentales sont faillites. Et je vous dis à l'instant où je vous parle en 2025, si on est en valeur de marché et qu'on regarde qu'on qu'on tient compte de ce qui est dans le hors bilan des banques, toutes les banques occidentales pour moi, elles sont en faillite. Alors, comment ça se fait ?
Maintenant, regardons ce que ce qu'a fait la Suisse quand il quand il a fallu sauver le crédit suisse, le crédit suisse pour sauver la Suisse pour pour excusez-moi le la Suisse pour pour sauver le crédit suisse a utilisé UBS UBS une banque qu'elle avait sauvé en 2008 avec l'argent du contribuable sauvé. On prend UBS et on lui propose de lui vendre le crédit suisse, le crédit suisse de notre cher ami euh Tian Tchaam à 3 milliards de francs suisse. 3 milliards.
Mais le problème c'est que quand vous regardez le montage financier qui était derrière, on se rend compte de quoi ? que la Banque nationale suisse, donc la Banque centrale Suisse a sorti 150 milliards en prêt pour le crédit pour le pour le pour UBS et derrière a sorti encore 100 milliards garantis par l'État fédéral. Donc on a sorti 250 milliards, on l'a mis sur la table pour que UBS achète le crédit suisse à 3 milliards.
Donc les enjeux sont ailleurs. Donc vous voyez cet argent c'est de l'argent de banque centrale, c'est de la création monétaire. Hm hm.
Mais et est-ce que vous avez entendu dans le monde un africain ou qui que ce soit critiquer ce problème en disant que c'est de la création se ? Personne n'en a parlé. Et lors des crises récentes 2008-2023, quels ont été les mécanismes enfin 2023, c'est-à-dire crise euh euh euh des suprêmes, crise du Covid, crise Russie-Ukraine ?
Quels ont été les outils qui ont été utilisés par les banques en Occident ? Alors là, je viens de définir le premier outil qui consiste à prendre de l'argent et à prêter ça directement à une banque pour la sauver. créer de l'argent euh créer de l'argent carrément.
Mais on sauve la banque en même temps, on sauve l'État parce que si tu sauves tes banques, tu sauves l'État et si tu sauves l'État, tu sauves le peuple. Hm. D'accord.
Donc la Suisse a sauvé ses banques, son état et son peuple. On vient en 2023, je vais sauter et après je vais revenir encore parce que je finis par la France que je avec le la l'arrimage du franc CFA. On vient en 2023 les banques régionales américaines tombent en faillite.
Il y avait une garantie assurantielle sur les dépôts à hauteur maximum de 250000 dollars. L'État fédéral, donc la Fed, la Fed et l'UR fédéral ont décidé de garantir tous les comptes de dépôts, même les comptes de dépôt où il y avait 700000 dollars, on a remboursé avec quel argent ? On a sorti de l'argent de la Fed.
On a fabriqué de l'argent pour les sauver. Et mais on a sauvé plutôt les spéculateurs parce que sinon si les banques régionales tombaient qu'est-ce qui allait se passer ? C'est que la plupart des hedge fonds qui étaient autour allaient aussi tomber et on allait avoir une crise systémique.
On les sauve donc on sauve les banques, on sauve les spéculateurs, on sauve les déposants, le peuple et derrière tout ça, il y a eu l'hélicoptère monnaie que les États-Unis avaient fait. On a mis de l'argent dans les comptes des gens. Ça c'est de l'argent exnilo hélicoptère monnaie.
C'est-à-dire que on vient, on dit voilà maintenant euh les ménages ont des problèmes et on regarde si vous toute personne qui a un compte bancaire et on dépose à un certain niveau 1000 € ici quand c'est des enfants, on dépose 500 € c'est ça les hélicoptè on donne de l'argent à tout le monde mais ils peuvent le faire hein. Pourquoi ? parce que le dollar le le franc suisse des monnaies qui sont quand même internationalement convertibles et c'est des et c'est des formes devises.
Donc ça doit nous faire réfléchir sur nous comment faire pour que le CFA soit une devise. Je vais y revenir. Dernier lieu 3è point, on vient maintenant au pays des enfants de Molière.
La France en 2008, toutes ces banques étaient en faillite et le le la pression qu'il y avait dans le système monétaire français, donc le le dans le marché interbancaire avait fait que aucune banque ne voulait prêter à une autre. Qu'est-ce qui s'est passé ? La France a décidé de créer une société de financement de l'économie française qu'on appelle la SFEF.
Elle la crée dans la nuit, je pense, du du 28 au 29 2008 décembre. Elle crée la société et chaque banque a donné 3 milliards en apport dans le capital. L'État était majoritaire et l'État a fait emprunter à cette société SFEF là dans les marchés euh euh 60 milliards d'euros 60 milliards d'euros.
Et ces 60 milliards d'euros là, la SF les a emprunté en tant que établissement privé d'utilité publique. Donc on lui a donné la force de l'État français. Donc on emprunte l'argent pour sauver les banques et cet argent ne rentre pas dans la dette française.
Si vous voyez très bien, l'argent n'est pas dans la dette française pu société privée. C'est c'est la société est privée d'utilité publique. On lui donne une force publique d'emprunter au même taux que l'État français.
Et il emprunte au même taux que l'État français. Et qu'est-ce qu'il fait ? Il renfle toutes les banques. 3 ans après, les banques étaient archi liquides et ont remboursé.
Et je pense que quelques temps après, ils ont même été jusqu'à fermer la société parce qu'elle n'avait plus d'utilité publique. Vous voyez ? Donc, vous voyez ce que c'est qu'une banque centrale en 2008 et 2023.
Alors nous africain, on veut rester nous avec une banque centrale qui va lutter contre l'inflation et on veut régler nos problèmes. Ce n'est pas possible. Donc en gros, les les occidentaux trompent les africains en leur donnant une banque, une en leur comment dire en leur imposant entre guillemets une monnaie qui ne sert à rien.
C'est tout. C'est tout. C'est c'est à un moment donné, il faut que nous africains on on prenne du recul et qu'on réfléchisse et qu'on dise bien on ne peut pas accepter ça.
Je prendre un exemple très simple. Comment la France peut regarder et la France et l'Angleterre ? Comment ils peuvent regarder leurs anciennes colonies qui aujourd'hui ont 200 fois moins de route, on 200 fois moins de moins d'école, 200 fois moins d'addiction d'eau, 200 fois moins de d'électricité, il les regarde aujourd'hui et que la France aujourd'hui la dépense par personne par année en santé est de 4200 milliards.
Vous prenez toute la zone CFA, vous faites la moyenne, vous ne trouvez pas 100 €. dépense par habitant par année en santé. Mais comment la France peut continuer à discuter avec les Africains dans ce contexte là ?
Il faut qu'on se réveille. On ne peut plus accepter ça. Maintenant, il faut qu'on trouve les solutions pour montrer que le CFA est une devise et je vais en venir parce que la Côte d'Ivoire a commencé à utiliser les CFA obligations qui me sont chers depuis 2017 et les utiliser de sur le plan international prouvent que le CFA commencer à être une défice.
C'est-à-dire c'est quoi exactement cette histoire de CFA obligation Alors c'est dit que la Côte d'Ivoire avait l'habitude d'emprunter dans en monnaie locale dans la zone du mois et s'il fallait emprunter en devise il util des des des eurobondes. Donc c'était carrément à l'internant. Les gens les gens nous prêtaient en euro ou en dollar.
Là maintenant là la Côte d'Ivoire a dit non je je j'emprunte mais ce que j'emprunte c'est du CFA. Vous pouvez ne pas avoir un compte dans en Afrique subsaharienne, mais vous me prêtez mais vous me prêtez, vous allez me donner des devises. Donc si vous prenez des Allemands qui veulent acheter l'ig les dernières obligations de la Côte d'Ivoire, ils peuvent donner des devises.
C'est de comme comme quand ils veulent acheter du cacao. Voilà, c'est ça. Il donne desvises.
C'estàdire que donc elle la Côte d'Ivoire empreinte peut recevoir des devises mais sa dette est libée en CFA. Ça c'est formidable. C'est la preuve que on peut utiliser le franc CFA et en faire une devise et ça c'est ça commence à venir et ça ça réveille les CFA obligation dont je parlais.
Mais moi la différence avec Mais est-ce que c'est pas parce que justement le CFA est lié par une parité fixe à l' Mais c'est ça c'est ça que c'est possible que c'est possible. Ça je suis d'accord. C'est possible parce que les gens ont compris que aujourd'hui quand vous avez des CFA mais vous pouvez les convertir, vous pouvez les convertir en euros mais c'est aussi possible mais c'est que si la France n'avait pas accepté, ça m'étonnerait que la Côte d'Ivoire puisse le faire.
Maintenant il faut pousser plus loin. Pousser plus loin, c'est quoi ? faire comme les banques centrales occidentales ne pas être dans un esprit de quantitative easing mais être dans un esprit de mutualisation de nos besoins. créer donc la de vous rapp vous rappelez bien la dernière fois j'ai parlais de créer la HING qui va financer les économies de l'Afrique d'œuf de et j'en profite pour faire un petit rectificatif parce que j'avais parlé de 1 million de dollars pour la holding c'est plutôt c'est c'est 1 milliard de dollars parce que c'est avec 1 milliard de dollars voilà c'est ça hein donc du coup et et donc je j'avais préconisé concret cette holding là et maintenant la se le le le là où il faut pousser un peu plus loin c'est il faut que la holding puisse lancer ses obligations en CFA, mais que la banque centrale du fait que aujourd'hui on ne lui demande pas de faire un citique mais on lui demande de racheter tout le principal des dettes des pays de la zone CFA.
Tout le principal. Et pourquoi on a le droit de lui demander ça ? Mais parce que le FMI aujourd'hui accepte qu'il a des responsabilités dans la situation du Sénégal.
La France a des responsabilités dans la situation du Sénégal. ne som pas les seuls responsables. Mais donc il faut quand même qu'on nous laisse un peu de flexibilité monétaire.
La flexibilité monétaire que la l'Amérique et l'Europe s'octroit. Alors, quel est justement le bilan de la tutelle monétaire française des institutions de Breton Woods ? Euh euh parce que on dit on va sortir du CFA mais il faut faire le bilan du CFA.
Qui a fait quoi ? Mais vraiment aujourd'hui, je je me retrouve vraiment avec des questions qui me qui me qui me font qui me font vraiment plaisir quoi. Alors faut faire le bilan du CFA, il faut faire le bilan des instituts des institutions de Breton depuis 1945.
Exactement. Alors euh quand nous nous sentons tous que le CFA va finir, ça ne peut pas continuer quand DJ My F se plaignent, Dijan Cham se plaint. Il faut qu'un jour qu'on en a quoi qu'il en soit, il faut sortir un jour du CFA.
Comment ? Quand ça, je suis d'accord avec vous. C'est pas simple à faire.
Il faudrait qu'on fasse attention. Mais moi, je pense que avant d'en sortir, il faut qu'on règle nos comptes. Nous avons dit du il y a des choses que le FMI et la France nous doivent à travers la gestion du CFA depuis 1945.
Et je pense qu'aujourd'hui, il faut qu'on en parle et qu'on essaie de trouver des solutions. Je vais prendre un exemple. Euh, prenons les ajustements structurel. 1980, il euh ça duré 15 ans minimum 15 ans où on nous a serré la ceinture.
Mais en fait, qu'est-ce qu'on nous a fait faire aux ajustements structurels ? On nous a interdit euh d'utiliser de l'argent souche dans nos économies à travers à travers ce qu'on peut appeler la dépense publique. Qu'est-ce que s'appelle ?
Parce que quand vous avez de l'argent dans une dans un environnement, vous avez deux types d'argent. Soit vous avez de l'argent souche, c'est de l'argent qui a qui est dans le pays, qui travaille pour le pays, mais en utilisant le multiplicateur de K, cet argent se multiplie et s'échange et ça gonfle le pipe. À part ça, vous avez de l'argent que vous utilisez parce que vous voulez acheter quelque chose qui n'est pas dans votre pays.
Donc vous payez de l'argent qui sort complètement. Ça c'est l'argent. Ensuite, les gens qui font la nouvelle théorie monétaire moderne, le comme mon petit frère Nongoambassi là que je salue au passage, ils ont théorisé ça.
H bon, j'utilise j'utilise un peu l'esprit qu'ils ont parce que je les vois progressistes, je les vois pas rester dans les modèles économiques d'avant, ils sont en train de réfléchir pour sortir de ça. Alors quand on utilise ça, donc nous on nous dit on va vous ajuster structurellement et donc dans l'ajustement mathématiquement si on le voit c'est qu'on réduit la dépense publique. Or dans la réduction de la dépense publique qu'est-ce qu'on fait ?
On réduit carrément le PIB. Mais en réduisant le PIB et que et qu'on considère la partie argent souche qui se trouve dans le PIB mais on réduit aussi la capacité de la de la monnaie à tourner à par le musculateur de K. Et donc quand tu regardes tout ça et on nous le fait pas, onche l'économie, on assèche l'économie, on nous on nous bloque.
Mais dans ce blocage là, le FMI aujourd'hui est d'accord que c'était pas normal. Ils l'ont dit en 2023. Il ils l'ont c'est que juste quand ils l'ont fait à la Grèce et après ils se sont rendus compte qu'ils ont fait des erreurs.
Ils ont dit c'était une erreur pour la Grè. Les Gr sont pas des des des noirs des noirs. Et maintenant donc bon mais on l'avait fait aussi pour les africains mais c'est pas juste.
Ils sont d'accord que c'est pas juste. Donc qu'est-ce qu'on fait nous ? Nous on a eu essayé de réfléchir pour quantifier ce qu'on nous doit.
Pourquoi ? Parce que en le préjudice de de cet asséchement volontaire des économies volontaires des économies. Qu'est-ce qu'on a fait euh en 2022 ?
On a eu la chance d'avoir été mandaté par la Fédération des assureurs de droit national africains qui avait qui voulait lancer les assurances obligatoires et qui a demander à mon cabinet d'aller faire une étude en Côte d'Ivoire, au Sénégal et en euh et au Cameroun et pour voir euh quelles sont les opportunités de mettre en place beaucoup d'assurances obligatoires. Et donc on a été obligé de rentrer dans ces pays et de chercher des données. Et dans ces recherches de données, on a fait une étude pour montrer quelle était la place de l'assurance dans le PIB.
Et cette étude a eu des des répercussions extraordinaires et ça nous a poussé aussi à faire la le comparatif avec les données que nous avons nous avions eu nous et les données qui étaient souvent publiées par la Banque de France, le FMI, la Banque mondiale, il publie tout le temps des données de l'Afrique. Rien que dans les données de la santé, il disait que la dépense par habitant par année au Cameroun ne dépassait pas 1 million de francs CFA. Ne dépassait pas non, excusez-moi, 5300 francs CFA.
Alors que nous, on a vu que 35 % des Camerounais, ils se soignaient par des racines, par des produits Camerounais. Donc le vous voyez donc le le statistiques n'ont pas de sens. Et donc on utilise ces statistiques là et on réfléchit.
On réfléchit, on regarde dans le temps, pendant tout ce temps de de la de la des ajustements structurels et on se rend compte que le fait de nous contracter les dépenses publiques, si on le regarde d'une année à l'autre, on est confronté à une d'une année à l'autre, nous sommes confrontés à la recherche d'une suite géométrique, une suite géométrique raison inférieure à 1 qui converge. Et cette suite là, je veux pas trop rentrer dans le calcul parce on est perdu. Je veux pas trop rentrer dans le calcul qu'on a fait mais au final on s'est rendu compte que cette contractation là a fait que nous avons perdu d'une année à l'autre 32 à 35 % du PIB chaque année.
Et donc quand vous rapportez ça dans un pays comme le Sénégal, on trouve on a trouvé exactement le montant, je l'avais même marqué quelque part pour pour ne pas me tromper 40000 400 milliards. C'est-à-dire que rien que si on nous avait remis ce qu'on nous doit sur les ajustements structurels, le Sénégal aurait encaissé aujourd'hui 40000 milliards. La dette Sénégal, c'est combien ? 18000 milliards.
Quel est le problème ? Donc on ne passe notre temps à compter notre passif, ce qu'on doit aux gens, mais il est grand temps aussi qu'on compte ce que les gens nous doivent. ce que les erreurs qui nous ont obligé à faire nous ont coûté et et le bilan du franc CFA on peut également là j'y viens parce que là je n'ai parlé que de l'ajustement structurel mais prenons la dévaluation de 94 et là je touche le CF 94 on a dévalué parce qu'en 93 on a arrêté la convertibilité l'arrêt de la convertibilité a poussé en début 94 à la dévaluation mais qu'est-ce que c'est que dévaluer dévaluer c'est faire en sorte que dans le compte de la monnaie vous diminuez le passif Et quand vous diminuez le passif, l'actif dépasse le passif.
Et quand l'actif dépense le passif, le compte, il est correct. Et donc, on a dévalué le franc CFA alors que nous avons signé avec la France un contrat de coopération. Le contrat dit que de façon illimitée, on vous fait la conversion.
Le contrat dit que de façon illimitée, quand vous avez besoin de devise, on vous donne. Mais le contrat ne spécifie pas quelles sont les primes que nous payons pour que la France nous donne cette garantie. Mais j'ai pris le temps en 2020, j'ai fait un article le 9 août 2020 que j'ai appelé euh l'accord de coopération, scanner de l'accord de coopération IRM de la garantie.
Donc j'ai scanné l'accord de coopération et je suis allé jusqu'à ce qu'on appelle l'IRM de la garantie pour voir que 28 fois dans le rapport la France utilise le mot garantie alors que j'ai démontré qu'il y avait aucune garantie. Et pourtant, on paye des primes. C'est il y a le droit de seigner, seigné, il y a la fabrication, il y a l'entretien des billets, on paye.
Mais pourtant la le sinistre arrive en 94, la France avait des problèmes parce qu'en 94 c'est Baladure qui était là. On venait de faire la cohabitation. Euh l'équipe de Mit venait de partir, les caisses étaient vitees.
Baladur a dit on n pas d'argent, on ne va pas payer. Et donc là c'est un accord à sens unique. Sens unique.
Donc du coup la France n'a pas respecté son accord. Mais dans le manque de respect de son accord, elle nous a poussé à faire quoi ? elle nous a poussé à faire en sorte que chaque année, on a fait l'effort, on a fait le calcul, on a fait l'effort de devoir apporter 20 % de plus de notre pouvoir d'achat, donc 20 % de plus que de notre pip pour pouvoir payer nos imports.
Donc ça, si on le quantifie et qu'on le l'actualise en valeur de 2025, j'ai trouvé 38000 milliards. Donc 40000 milliards plus 38000 milliards, on est à 78000 milliards. En tout cas, c'est une piste c'est une piste intéressante parce qu'on a toujours parlé de la dette illégitime.
Maintenant, on évalue le coût de cette dette légitime et le coût des politiques illégitimes qui ont été imposées dans un cadre néocolonial. On va sans doute revenir dessus. Mais euh ma dernière question, c'est les pays africains qui sont hors CFA et qui ont des monnaies, on va dire souveraines sont on peu prou les mêmes problèmes que les pays de la zone CFA, le Ghana à peu près les mêmes problèmes que la Côte d'Ivoire.
Euh par exemple, est-ce qu'il y a pas le problème de type monétaire ou de financement du développement en Afrique qui vont au-delà du franc CFA lui-même ? Est-ce que les monnaie souveraines africaines le sont vraiment ? Mais bonne question parce que très souvent vous avez bien fait de poser cette question parce que beaucoup d'économistes qui sont pro CFA quand ils expliquent ils disent voilà vous voyez la le Ghana a sa monnaie pourtant ils vous disent la Guinée a sa monnaie pourtant la Mauritanie a sa ils disent ça mais en fait il je pense qu'ils oublient quelque chose.
Nous nous sommes dans une communauté dans une communauté économique qui regroupe des pays de l'Afrique sub-saharienne. Et donc une petite erreur de la monnaie, ça se ressent beaucoup plus de façon beaucoup plus exponentielle que quand vous venez des pays éparpillé. Donc déjà parce que nous avons mutualisé nos réserves de change et nous avons mutualisé aussi la plupart de nos besoins.
Alors maintenant, qu'est-ce qu'il faut dire dans ce sens-là ? C'est que quand vous prenez toute la zone africaine, c'est depuis 1945 que les occidentaux ne pas n'ont pas accepté de nous regarder comme eux. Hm hm.
Il nous regarde toujours comme des gens qui sont pauvres ou des gens à qui il faut venir aider. Mais la raison, elle est très simple parce qu'ils viennent nous prendre nos matières premières. Ils n'ont aucun intérêt à nous dire que on peut faire comme eux.
C'est à nous de comprendre que comme nous fournissons les matières premières dans le monde entier, il faut plus qu'on accepte que les gens nous regardent avec des yeux comme ça. Et quand vous prenez pour chacun de ces pays-là, quelle que soit sa monnaie, le rapport entre le budget, le budget et le PIB, vous faites une étude sur les 20 30 40 années dernières, mais vous vous rendez rendez compte queen fait les leurs PIB ne sont jamais conséquents pour régler les problèmes de la population. Et en dehors de ça, vous revenez maintenant sur la masse monétaire.
Vous regardez la masse monétaire qui circule dans ces pays et vous le comparez. C'est 7P mass monétaire là, vous faites la comparaison avec le PIB. Vous vous rendez compte aussi que nous en Afrique, nous ne fonctionnons qu'avec de l'argent central.
C'est l'argent qu'a sorti la banque centrale pour que les banques commerciales puissent donner des crédits en fonction avec de l'argent ça. Il y a pas de levier. Et si vous faites le comparatif avec la France où comme je le disais la dernière fois, vous commencez à travailler, on vous paye l' on vous prête l'actualisation de 25 ans de vos revenus futurs pour en prêt immobilier. et et même un prêt pour la consommation.
Il y a que des prêts ici. Alors que chez nous avons on nous a bloqué pendant les ajustements structures, on nous a bloqué la dépense publique et il y a pas de crédit. Il y a pas de crédit.
Mais pourquoi justement il y a pas de crédit même dans les pays que Mais la façon dont le CFA fonctionne, on ne peut pas te donner beaucoup de crédit parce que l'émission monétaire est surveillée à 20 % de je ne sais quoi. Mais dans les autres pays, est-ce qu'il y a plus de crédit ? Alors dans les autres pays, le problème qu'ils ont, c'est que ils ont une monnaie qui n'est pas internationale.
Donc ils peuvent faire la politique qu'ils veulent entre eux. Si il y a pas le soutien du fait que ils ont des matières premières et qu'ils doivent s'asseoir sur ces matières premières pour aller à l'international, ils vont pas y aller. Mais ni les États-Unis, ni l'Europe, ni les ne restera les pays africains utiliser leur matière première pour aller à l'international.
Ils ont toujours refusé ça. Par exemple, est-ce qu'on peut imaginer que par exemple sur le cours enfin sur le marché boursier au Congo, le cobalt soit euh euh acheté en franc congolais que sur le marché du Ghana, le cacao soit acheté en CD ? Mais bonne question, il va falloir qu'on en arrive là, qu'on ait des marchés financiers interconnectés au niveau de l'Afrique d'abord pour que si un pays africain a besoin, on lui donne à partir du marché et au-delà de ça, on fasse en sorte que la les matières que nous fournissons et que nous vendons soient à côté chez nous.
Comment vous pouvez expliquer que c'est nous qui fabriquons du coton et c'est côté à Londres ou ce côté aux États-Unis, c'est incroyable. Ben, ce sont des des de belles révolutions à venir qui sont des révolutions de nature financière qui euh se devront se fonder également sur des innovations de nature monétaire. Merci beaucoup Abdouissé.
Merci beaucoup et merci à vous d'avoir regardé cette édition de Décrypter l'Afrique. Rendez-vous bientôt pour de nouveaux décryptages de l'actualité africaine. [Musique] Yeah.
Dominique Theophile