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interviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 19 mai 2026 42 min

Tribune anti-Bolloré : pourquoi l’affaire Canal + secoue le cinéma

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Depuis Cannes, Maxime Saada, patron de Canal+, premier financeur du cinéma français, a annoncé ce dimanche rompre avec les 600 signataires d'une tribune publiée dans Libération dénonçant l'emprise de Vincent Bolloré, une décision qui suscite de vives réactions dans le monde du cinéma et qui révèle le poids économique de Canal+, dans la production cinématographique française. Pour en parler, nous sommes en duplex depuis Cannes avec Marie Massmonteil. Bonjour. Bonjour. Vous êtes productrice et vice-présidente du collège long-métrage du syndicat des producteurs indépendants, le SPI. Il y a également Nicole Vulser. Bonjour. Bonjour.

Vous êtes journaliste au Monde, en charge de l'économie et de la culture. Et puis ici même, dans ce studio, Thomas Paris. Bonjour. Bonjour. Vous êtes professeur associé à HEC Paris, directeur scientifique du MAC. Le MAC, c'est Médias, Arts et Création. Vous êtes également chercheur au CNRS. Alors, tout cela a débuté le 11 mai 2026. On était donc à la veille de l'ouverture du 79e Festival de Cannes. 600 professionnels du cinéma ont signé une tribune publiée dans Libération intitulée Zappé Bolloré. Et cette tribune, comment la lire, Thomas Paris ?

1:24
Invité

Il y a plusieurs lectures possibles. La première lecture, c'est qu'on a sans doute basculé dans un monde à l'international et en France complètement décomplexé et où les piliers de la démocratie peuvent être un peu fragilisés. Et donc, la première lecture, c'est des citoyens, avant d'être des gens du cinéma, c'est des citoyens qui s'inquiètent de la place dominante d'un acteur, d'un individu dans des secteurs qui peuvent avoir une influence considérable sur la pensée, sur la culture. Ça, c'est la première lecture.

Et la deuxième lecture, c'est ce qui est en train de se jouer avec une entreprise industrielle qui suit un agenda purement industriel, qui est Canal+, dont la position a été un peu bousculée ces dernières années parce que le monde de l'audiovisuel et du cinéma a changé. Et donc, Canal+, est obligé d'évoluer. Et dans son évolution, cela a conduit à décider de prendre des participations dans UGC, de monter dans UGC, donc dans l'exploitation. Et avec cette question de la position encore plus dominante d'un acteur économique dans une filière.

qui n'aurait peut-être pas posé tant de problèmes il y a quelques années, avant qu'on bascule dans cette période où on a l'impression que les tabous tombent et que des acteurs industriels peuvent avoir des actions décomplexées. Voilà deux premiers niveaux de lecture de cette tribune.

2:48
Présentateur

Une tribune dont les mots sont extrêmement durs. J'en cite un extrait. La bataille culturelle dont on parle partout ne désigne pas un simple affrontement d'idées en laissant le cinéma français aux mains d'un patron d'extrême droite. Nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l'imaginaire collectif.

3:10
Invité

Oui, donc ça renvoie à ce que je disais dans ce premier point. C'est une espèce de hantise, d'une bascule possible, qui était encore inimaginable il y a sans doute 10 ou 15 ans, ou d'une prise de contrôle idéologique d'un système. Maintenant, ce qu'il faut observer, c'est que c'est jusqu'à maintenant un procès d'intention. C'est-à-dire que dans le cinéma, Canal+, a toujours été à peu près irréprochable, y compris depuis que M. Bolloré est devenu actionnaire de référence. Donc c'est plus cette espèce de hantise citoyenne qui s'exprime que le résultat d'observations de faits avérés.

3:47
Présentateur

Justement, c'est important peut-être de revenir là-dessus. Nicole Vulser, vous êtes journaliste au Monde, actionnaire de référence, qu'est-ce que ça veut dire pour Vincent Bolloré ? Pourquoi cette tribune intervient-elle à ce moment ? Alors on comprend bien que c'est la veille du Festival de Cannes, mais au-delà de ça.

4:07
Invité

En fait, je pense qu'elle s'inscrit dans la foulée de la fronde anti-Bolloré qui a été menée chez Grasset. C'est directement, je pense, un corollaire de ce qui s'est passé dans l'édition. Il faut se souvenir que Vincent Bolloré a vraiment eu des positions politiques extrêmement fortes, d'abord dans les médias, puis dans l'édition. Ça a démarré avec la modification éditoriale radicale du JDD qui est devenu vraiment un organe d'extrême droite. De la même manière, ITV a été totalement transformée en une télévision d'extrême droite. Et donc, au sein d'Achette, Vincent Bolloré a pris le contrôle d'Achette en 2023 et a pris successivement comme Fayard, puis Grasset.

Fayard, il l'a totalement modifié précisément, là encore, pour y publier de nombreux auteurs d'extrême droite, ce qui n'avait jamais été fait, comme Jordan Bardella, comme De Villiers, etc. Et donc, au sein de Grasset, il a limogé de façon extrêmement brutale Olivier Nora, qui est le PDG de ces éditions. À la suite de ce limogé, plus de 200 auteurs ont décidé de ne plus publier leur prochain ouvrage chez Grasset. Donc, il y a une fronde extrêmement importante qui a été menée. Ils sont suivis aujourd'hui par les auteurs étrangers.

Donc, je pense que, dans le milieu du cinéma, ils ont considéré qu'il était temps de mettre un frein, un coup d'arrêt, pour éviter, en fait, c'est plus une position à l'avenir.

5:52
Présentateur

Mais alors, le problème, Nicole Vulser, pardon, je vous coupe comme vous êtes en duplex, le problème, c'est qu'en fait, les univers ne sont pas transposables. C'est-à-dire que la prise de position ou plutôt la décision de Vincent Bolloré, puisque, sur le plan capitalistique, Grasset lui appartenait déjà, la décision de licencier Olivier Nora, c'est une chose, ça se passe dans une maison d'édition, c'est un secteur très atomisé. Le cinéma, ça n'est pas du tout la même industrie.

6:20
Invité

Non, ça n'a rien à voir. D'un côté, il y a une maison d'édition qui a 16 millions de chiffres d'affaires, de l'autre côté, c'est un groupe de plusieurs milliards d'euros. Donc, effectivement, cette prise de conscience, cette tribune, elle a été signée par 600 personnes, dont Juliette Binoche, Swan Arlo, Arthur Harari. Et donc, là, depuis lundi dernier, on a appris qu'il y avait 600 autres personnes qui avaient signé. Donc, en fait, il y a une polarisation, il y a une radicalisation, en fait, de cette fronde anti-Bolloré.

6:58
Présentateur

Thomas Paris, l'une des décisions, ou en tout cas, l'une des raisons pour lesquelles cette tribune a été signée aujourd'hui, c'est parce qu'il y a, donc, la question du Gécé qui se pose, la montée de Vincent Bolloré dans le capital du Gécé. Et là, je pense que ça mérite quelques explications, parce que la nébuleuse Bolloré est si compliquée qu'on s'y perd un peu.

7:22
Invité

Oui, là encore, je vais partir sur une lecture purement industrielle. Canal+, a été un acteur dominant de l'écosystème de l'audiovisuel du cinéma français pendant des années, ce qu'il est encore, mais le jeu concurrentiel a un peu bougé parce que les frontières se sont ouvertes et Canal+, s'est retrouvé en concurrence avec des acteurs qui sont des mastodontes, Netflix, Disney, Amazon notamment. Et donc, à partir de là, Canal+, a été obligé d'opérer un certain nombre de transformations. Il y a quelques années, 5 ans, 10 ans, je ne sais plus exactement, tout le monde s'inquiétait de la disparition possible de Canal+.

Et donc, Canal+, a fait, d'une part, en allant vers l'international et d'autre part, en allant vers l'agrégation et n'étant plus uniquement un éditeur. On est toujours dans cette logique-là. C'est-à-dire que le rachat du GC consiste à participer à cette dynamique de consolidation qui se traduit par le fait d'avoir des groupes plus importants pour pouvoir résister dans un environnement concurrentiel plus compliqué.

8:20
Présentateur

Aujourd'hui, Vincent Bolloré

8:22
Invité

a 35% du GC ? Aujourd'hui, il a, oui, 35%, oui, je crois que c'est ça et avec la capacité à prendre l'ensemble des parts d'ici 2 ans, 3 ans. C'est-à-dire qu'à l'horizon

8:35
Présentateur

2028, il pourrait donc devenir actionnaire unique et non plus actionnaire de référence, comme on dit ?

8:42
Invité

Il pourrait avoir le contrôle sur le GC, effectivement. Est-ce qu'il y avait d'autres candidats au rachat du GC ? Pas à ma connaissance. Je ne crois pas, je n'ai pas vu passer d'autres noms publiquement. Marie Massmontel,

8:57
Présentateur

vous êtes productrice et vice-présidente du collège long-métrage du syndicat des producteurs indépendants. On va revenir sur ce rachat, mais comme vous êtes productrice, j'aimerais que vous m'expliquiez parce que c'est assez compliqué et les néophytes n'y comprennent pas grand-chose. Lorsque vous souhaitez produire un film, vous avez évidemment besoin d'argent, de beaucoup d'argent. Comment ça se passe ? Comment interviennent les différents financements ?

9:23
Invité

En fait, en France, on a quand même la chance d'avoir un système extrêmement complexe qui repose sur un certain nombre d'acteurs au premier plan desquels il y a effectivement Canal+, mais également l'ensemble des chaînes en clair, notamment France Télévisions, TF1, M6, et tout un système, parce que c'est effectivement le socle de financement, mais il y a beaucoup d'autres acteurs. On a quand même, lorsqu'on n'a pas Canal qui investit dans un film, on peut aussi trouver des solutions à travers des coproductions internationales.

Et également, depuis 2020, on a l'ensemble des organisations du cinéma réussi, comme on l'a fait à chaque fois avec tous les acteurs qui exposent des films, à intégrer les plateformes étrangères, notamment Netflix, Amazon et Disney, dans notre système très complexe d'investissement dans le cinéma. C'est-à-dire qu'il y a ce concept un peu compliqué de décret SMAD, des services de médias audiovisuels à la demande. Ça concerne l'ensemble des plateformes qui exposent les films et auxquelles on s'abonne pour pouvoir avoir accès à des films soit frais, soit de catalogue.

Et donc, nous, en France, on a, avant tous les autres pays européens, imposé des obligations d'investissement à ces plateformes étrangères.

10:50
Présentateur

Mais alors, attendez, parce que moi, j'aimerais repartir au départ. Marie Massmontaille, quand vous produisiez un film, est-ce que vous pourriez nous donner un exemple du tour de table que vous devez réaliser ? Quelle est la part prise éventuellement par Canal+, quelle est la part prise par le CNC ?

11:08
Invité

Encore une fois, il n'y a pas un schéma unique. C'est vrai qu'on a parlé de l'importance du CNC. Évidemment, il y a un élément que tout le monde connaît, c'est l'avance sur O7, qui est destiné à intervenir sur les films les plus difficiles ou les plus fragiles. Mais il y a tout un système de mécanismes automatiques qui fait que quand on produit un film, on va générer ce qu'on appelle du compte de soutien qui permet de financer le développement d'autres films. Alors après, quand vous travaillez sur un film qui est majoritairement français, c'est vrai que jusqu'à récemment, la première préoccupation, c'était évidemment d'abord d'avoir un distributeur qui peut mettre le film en salle.

Et donc, c'est le premier regard du marché qui intervient sur un film. Et après, évidemment, en fonction du budget du film, on va voir les différents partenaires qui peuvent intervenir sur le film qui sont effectivement, comme je viens de le dire, les chaînes de télévision, Canal+, évidemment. C'est-à-dire que Canal+, c'est vrai, est un acteur incontournable, de financement du cinéma français puisqu'à récemment, jusqu'à récemment, il avait très très peu de concurrence. Et après, effectivement, quand vous avez un budget relativement important, c'est également important d'avoir ce qu'on appelle les chaînes en clair, c'est-à-dire Arte, France Télévisions, TF1 ou M6.

Alors attendez, on va le prendre différemment

12:37
Présentateur

parce que je pense que c'est quand même important de fixer les bases. En 2024, Canal+, a investi environ 200 millions d'euros dans le cinéma. pour fixer les idées, Marie-Masse-Monteille, ça représente davantage que France Télévisions, TF1, M6 et Arte réunis. Donc, on peut considérer que, ça c'est évident, Canal+, est aujourd'hui le contributeur dominant, la moitié des investissements des diffuseurs traditionnels sont réalisés par Canal+. est-ce que ça, c'est un chiffre qui corrobore les vôtres ?

13:14
Invité

Alors ça, c'était le cas des précédents accords. Les 200 millions, il y avait quand même déjà 20 millions qui étaient consacrés à Cine+, et en fait, le chiffre pour uniquement Canal+, c'était 170 millions. 170 millions d'euros représentés... 170 millions,

13:30
Présentateur

ça c'est le prévisionnel pour 2027 ?

13:34
Invité

Non, ça c'était dans les accords avant 2025. Et effectivement, ce qui s'est passé en 2025, c'est que Canal+, a vu arriver un concurrent qui était Disney, parce que Disney n'avait plus d'accord avec Canal+, pour exposer ses films sur la plateforme MyCanal, et n'avait plus d'accord avec Canal+, pour que les films Disney arrivent à 6 mois après la sortie en salle. Et donc, Disney s'est retourné vers les organisations professionnelles du cinéma, dont le SPI, évidemment, pour négocier un nouvel accord pour permettre au film Disney d'arriver plutôt dans la chronologie.

14:13
Présentateur

Et donc, ce qui s'est passé, c'est qu'à la suite

14:15
Invité

de cet accord avec Disney, Canal a voulu renégocier un nouvel accord avec nous et a réduit un petit peu ses investissements. Et aujourd'hui, l'investissement global, effectivement, de Canal+, est passé de 200 millions à 160 millions, tout compris Ciné+, achat de films et pré-achat de films frais.

14:39
Présentateur

Nicole Vulser, on voit bien que Canal+, pèse de manière importante, sa part diminue. Alors bon, Canal+, explique que si sa part diminue, c'est parce qu'il y a une baisse des abonnés, une concurrence des plateformes, et puis cette tension, comme vient de l'expliquer Marie-Masse-Monteil, autour de Disney+.

14:59
Invité

Oui, alors en fait, Canal+, a financé 96 films, enfin pré-acheté en fait, 96 films l'an dernier, alors qu'il en était à près de 137 l'année précédente. Donc effectivement, il y a eu une baisse absolument importante et très très nette qui fragilise quand même un peu le cinéma français. Aujourd'hui, quand même, la question du financement du cinéma, elle est due à cette baisse des investissements de Canal, mais d'une manière générale, celle des télés, parce que TF1 et M6 aussi ont baissé.

15:37
Présentateur

Pour des raisons d'ailleurs semblables.

15:41
Invité

Oui, en fait, les investissements de TF1 et M6 sont calculés sur leur chiffre d'affaires. Donc comme ils baissent en fonction, puisque leur recette publicitaire baisse, la manne qui est accordée au cinéma baisse aussi.

15:53
Présentateur

Et donc du coup, c'est devenu compliqué pour beaucoup de cinéastes de monter leurs films. En France, on entend beaucoup qui attendent depuis des mois qu'un projet se monte.

16:06
Invité

Il y a beaucoup en fait de banquiers du cinéma qui constatent qu'effectivement, aujourd'hui, c'est devenu beaucoup plus dur. Il y a d'abord, maintenant, on commence à voir des films qui rentrent en tournage alors que le financement n'est pas bouclé. Donc ils sont obligés de ratiboiser beaucoup leur budget, notamment essayer de comprimer au maximum les journées de tournage. Et j'entends dire de plus en plus que les producteurs ont du mal eux-mêmes à se rémunérer. Et idem, cette question du financement du cinéma est plus large puisque les distributeurs eux-mêmes ont beaucoup de mal aujourd'hui.

Et les distributeurs, c'est quand même le maillon le plus faible et celui qui prend le plus de risques dans le domaine du cinéma, c'est eux qui investissent pour les sorties des films et donc qui investissent dans le film et doivent se récupérer avec les entrées. Donc, l'année 2025 ayant été tellement mauvaise en termes de fréquentation, du coup, c'est recette et du coup, il y a eu un problème de trésorerie pour beaucoup d'acteurs du cinéma.

17:10
Présentateur

On se retrouve dans quelques minutes, Nicole Vulser, vous êtes journaliste au Monde, Marie Massmonteil, vous êtes productrice, Thomas Paris, vous êtes professeur associé à HEC Paris. On va voir maintenant cette fois-ci le volet politique de la chose, la réaction de Canal+, et puis les craintes du milieu du cinéma. 8h sur France Culture.

17:35
Locuteur non identifié

6h30, 9h, les matins de France Culture. Guillaume Erner.

17:39
Présentateur

Et l'on reparle de cette situation particulière du cinéma français suite à une tribune publiée dans le journal Libération, une tribune qui s'émouvait de la place de Vincent Bolloré, une tribune qui mettait en évidence également l'importance du groupe Canal+, dans le financement du cinéma français. On en parle en compagnie de Thomas Paris, professeur associé à HEC Paris, Marie Massmonteil, qui est productrice et vice-présidente du collège long-métrage du syndicat des producteurs indépendants et Nicole Vulser, journaliste au Monde en charge de l'économie de la culture. Nicole Vulser, donc, on l'a vu, Canal+, est un acteur très important.

Canal+, c'est également désormais 35% du GC peut-être plus. C'est un secteur du cinéma qui est fragilisé et c'est un secteur qui a vu en se projetant probablement ce qui s'est passé chez Grasset, d'où des inquiétudes avec ses 600 signataires donc de cette tribune pour stopper Bolloré, 600 signataires qui sont devenus aujourd'hui 1200. Qui trouve-t-on parmi ces signataires ? Alors, vous n'allez pas nous faire la liste mais juste pour essayer d'en déterminer le profil, Nicole Vulser.

19:00
Invité

Alors, on trouve par exemple Blanche Gardin, on trouve Dominique Molle, on trouve Sergi Lopez, Nicolas Clotz, Claudie Tilde M par exemple, Anne Consigny, Louis Chevillotte, Dominique Cabrera, Louis Aymond donc à la fois des gens très jeunes et aussi des gens extrêmement reconnus et donc cette difficulté c'est quand même une chose rarissime d'avoir une liste noire. C'est quand même pas arrivé en France depuis la guerre. Je veux dire, c'est quand même un truc absolument dingue. Ça existe, ça a été mis en place en Corée par exemple, ce qu'on sait très mal et donc aujourd'hui le président du jury a été victime en Corée d'une censure et a été blacklisté.

Mais sinon, effectivement, on voit mal comment en fait Canal+, va ou non le mettre en place. la question dans ce cas-là, est-ce que les acteurs n'auront plus qu'une chose à faire, c'est-à-dire faire du théâtre ou s'ils sont dans le cinéma aller travailler à Los Angeles, ça va être extrêmement compliqué pour eux.

20:11
Présentateur

Il y a quand même encore d'autres financeurs que Vincent Bolloré mais avant de vous redonner la parole, on va écouter parmi les actrices Cépidé Farsi.

20:22
Invité

J'ai été très surprise en fait en lisant les déclarations de M. Sarrada. Cette déclaration fait montre d'une fermeture d'esprit plutôt qu'une ouverture d'esprit. Moi, j'aurais aimé voir une invitation de la part de Canal à dire faites une délégation, venez nous voir, parlons pour voir ce qui vous fait peur et au lieu de ça, dire d'emblée nous n'allons plus travailler avec les gens qui sont signataires de cette tribune, je trouve que ça confirme les craintes qu'on avait alors que le groupe Canal Plus a été créé pour apporter un souffle au cinéma français. Certes, c'est un groupe privé mais c'est quand même pour renforcer ce qu'on appelle l'exception culturelle française.

Je trouve qu'ils perdent d'ailleurs en plus beaucoup de richesse puisque ce sont des gens quand même extraordinaires qui ont signé cette tribune. Un peu comme ce qui s'est passé chez Grasset en renvoyant Olivier Nora. C'est pour faire peur en fait, pour donner l'exemple pour que d'autres ne signent pas. Alors on va voir comment le collectif va réagir. Je pense qu'il y aura une réaction certainement. Thomas Paris. Oui, il faut prendre un peu de hauteur pour comprendre un peu ce qui lit les acteurs du cinéma français à Canal Plus.

C'est des rapports qui ont toujours été des rapports de petits vis-à-vis d'un grand qui a toujours occupé beaucoup d'espace et tout le monde arrivait à peu près à s'accorder parce qu'on a construit un échafaudage dans lequel Canal Plus est essentiel. Et puis, fait nouveau, cette espèce de position dominante de Canal Plus est attaquée par un certain nombre d'acteurs et tout ça arrive à un moment où des négociations vont reprendre entre Canal Plus et les professionnels du cinéma. Ces négociations portent sur deux choses. Un, le montant d'investissement de Canal Plus, dans combien de films et à quel niveau Canal Plus investira.

Et deux, quelle est la fenêtre, ce qu'on appelle la fenêtre d'exploitation de Canal Plus, c'est-à-dire la durée dans laquelle Canal Plus a une forme d'exclusivité sur la diffusion du cinéma français. Et ce sont ces deux éléments qui ont toujours été négociés entre l'ensemble des acteurs du cinéma français qui ont pu voir à un moment donné la place de Canal Plus comme extrêmement menaçante et Canal Plus. Et tout s'est toujours très, très bien passé jusqu'à maintenant. là, sans doute, la prise de parole de Maxime Saada, c'est de dire j'ai toujours, Canal Plus est toujours un acteur important avant ces négociations et c'est important de le rappeler.

22:34
Présentateur

On écoute une réalisatrice, Jeanne Herry, une réaction hier.

22:39
Invité

C'est vrai que moi, je comprends d'où est née cette tribune. Elle est née d'une peur, d'une anxiété. C'est sûr que quand derrière, on entend liste noire, menace, ça ne fait qu'entretenir cette anxiété. Voilà, c'est normal. Mais moi, je peux parler comme réalisatrice. Il se trouve que le groupe Canal est très, très, très important dans ma vie professionnelle. Depuis le début, j'ai été toujours soutenue par Canal Plus et distribuée par Studio Canal. C'est des gens qui m'ont suivie dans tous mes projets, qui ont suivi tous les virages, tous les sujets que je voulais aborder et qui m'ont permis toujours de faire les films que j'avais envie de faire à moi, à mes producteurs.

c'est ça la réalité aujourd'hui de ce qui se passe pour ceux qui travaillent avec Canal Plus et Studio Canal. En tout cas, je peux témoigner de ça.

23:30
Présentateur

Une réaction, Marie Massmonta et vous qui êtes productrice et vice-présidente du collège long-métrage du syndicat des producteurs indépendants.

23:38
Invité

Moi, j'ai l'impression que ce qui est en train de se passer, ça me rappelle la fameuse phrase de Maurice Piala lorsqu'il avait eu la palme d'or pour le film Sous le soleil de Satan. Il avait répondu à ceux qui le huaient. Il avait dit « Si vous ne m'aimez pas, je ne vous aime pas non plus ». Et j'ai l'impression que c'est un peu ça qui est en train de se passer. C'est-à-dire que la tribune, elle a été quand même assez frontale. Vous l'avez dit tout à l'heure, c'est Zapon Bolloré.

Et pourtant, les signataires de la tribune, Boris Lofskine s'est exprimé, Emmanuel Mars s'est exprimé en disant « Oui, on est inquiet de la place que prend Vincent Bolloré en tant que tel dans l'écosystème du cinéma français, mais on ne remet pas du tout en question les équipes de Canal qui font un travail sérieux, qui nous soutiennent sur nos films. Le film d'Arthur Harari en compétition a été soutenu par Canal, préacheté par Canal, le film d'Emmanuel Mars aussi. Et parallèlement, donc, la réponse sans doute excessive de Maxime Saada a été de, je crois, d'avoir un fort sentiment d'injustice en disant « Mais moi, je ne comprends pas que vous vous attaquiez à Canal.

» Or, évidemment, zapper Bolloré, automatiquement, dans l'inconscient collectif, ça veut dire zapper Canal. Or, zapper Canal, ça veut dire que les 43 films qui sont présentés à Cannes ici, qui ont été soutenus par les équipes de Canal, je pense qu'il s'est beaucoup exprimé au nom des équipes de Canal, ils n'auraient sans doute pas pu se produire si Canal n'avait pas préacheté ses films.

Donc là, une fois qu'on a dit ça, je pense qu'il faut quand même essayer de faire baisser la tension parce que dans ce moment très antagoniste, alors qu'on essaye, nous, effectivement, vous l'avez dit, les organisations du cinéma de retrouver les conditions d'un meilleur financement du cinéma français, on cherche, au contraire de cette tribune, à augmenter l'investissement de Canal+, dont depuis 42 ans, qui depuis 42 ans a toujours soutenu l'ensemble de la diversité du cinéma français et depuis 15 ans où Vincent Bolloré est l'actionnaire principal de Canal, n'a jamais, quasiment jamais, sauf le cas de François Ozon, n'est jamais intervenu de façon idéologique dans le choix des films.

Quel est le cas

25:52
Présentateur

de François Ozon ?

25:55
Invité

Oui, le film de François Ozon Grâce à Dieu qui mettait en cause les prêtres pédophiles et donc on sait, là, objectivement, qu'il y a eu une intervention pour que ce film ne soit pas préacheté par Canal, mais il a été préacheté par OCS à l'époque, qui n'était pas à l'époque qui était indépendant de Canal à l'époque.

Donc si vous voulez, nous, les organisations du professionnel du cinéma, on a des convictions fortes, on défend l'ensemble de nos adhérents, l'ensemble de la filière et donc d'une certaine façon on ne peut qu'être contrit par ce qui est en train de se passer, on est hyper désolé de ce qui est en train de se passer, c'est la réaction de Maxime, Saada, effectivement, qui est une réaction du fort au faible d'une certaine façon, elle aggrave les clivages au lieu de rassembler, or on a besoin de rassemblement et encore une fois, moi je le redis, Canal+, les signataires de la tribune, ils ont fait une sorte d'amalgame entre le rachat par Canal+, du Gécu qui était à vendre et donc qu'est-ce qu'on aurait dit si c'était si il avait été Netflix ou Amazon qui avait racheté UGC ?

27:13
Présentateur

Et oui, est-ce que c'est aussi une situation qui pourrait se reproduire avec Pathé ? Donc juste pour fixer les idées, Thomas Paris, parce que je pense que c'est important de rappeler la taille économique des acteurs Canal aujourd'hui, c'est 9 milliards de chiffres d'affaires, Pathé et UGC ce sont des entreprises qui font respectivement je crois 800 millions et 500 millions de chiffres d'affaires, UGC n'est pas coté donc c'est compliqué de connaître les chiffres exacts mais pour Pathé on a une entreprise qui fonctionne mais qui est sur une économie elle aussi assez fragile Pathé c'est le principal studio intégré français.

27:52
Invité

Oui, alors ce qu'il faut rappeler c'est qu'on est dans un secteur l'économie de la création de l'économie du cinéma dans lequel la concentration est un phénomène naturel et ce qu'on observe un peu avec Antizici c'est-à-dire que l'intégration entre un acteur de la télévision et un acteur de l'exploitation existe depuis des années aux Etats-Unis où des mastodontes et des conglomérats énormes se sont créés c'est un phénomène tout à fait naturel ce qu'on a fait en France pour essayer de préserver la diversité c'est qu'on a limité cette concentration ce qui fonctionnait plutôt pas mal pendant des années qui devient un peu plus difficile à tenir à une époque où les frontières se sont largement ouvertes et la concurrence vient non plus d'intérieur mais d'extérieur c'est pour ça que TF1 qui est un acteur majeur aujourd'hui défend assez régulièrement le fait de libérer un petit peu les contraintes de concentration pour pouvoir jouer dans la cour des grands face aux nouveaux concurrents que sont YouTube et les autres et donc cette volonté de rachat de UGC par Canal+, s'inscrit dans une dynamique tout à fait normale qui peut-être met à mal un peu ce qu'on a construit en matière de défense de la diversité mais en tout cas c'est un phénomène normal dans l'économie de la création

29:05
Présentateur

On voit Nicole Vulser qu'on a cette question de fragilité des acteurs économiques et puis de l'autre il est évidemment difficile de distinguer Vincent Bolloré du groupe Canal+, puisqu'il en est l'actionnaire de référence donc il y a évidemment un amalgame qui est rapidement fait

29:28
Invité

Oui il est d'autant plus rapidement fait qu'en fait Canal+, c'est assez schizophrène il faut quand même se souvenir que Maxime Saada est aussi le patron de CNews donc c'est une chose essentielle et donc ce qui alimente en fait cette peur et il y a à la fois cette peur sur la question d'une emprise idéologique et il y a également à cette angoisse la question de UGC or on peut voir aussi quand même qu'aux Etats-Unis quand on regarde la taille des fusions quand on voit Paramount qui rachète Warner ça n'a rien à voir en termes de taille c'est des fusions qui sont strictement colossales et qui auront un impact direct sur tout le cinéma français donc à chaque fois qu'il y a des énormes fusions américaines elles se soldent par deux fois moins de films qui sont produits on prend le 1 et 1 n'égale jamais 2 dans les rachats de Majors hollywoodiennes on a eu la même chose quand Disney a racheté Fox 5 ans après finalement ils avaient deux fois moins de films qui étaient produits ce qui ce qui a un impact sur tout le monde entier vu qu'en fait la fréquentation mondiale elle est liée aussi à l'importance de ces blockbusters et depuis le Covid il faut quand même se souvenir que le cinéma n'est toujours pas revenu à ses seuils d'avant Covid il manque encore près de 20% des entrées pour arriver au seuil de 2019 donc ces angoisses sont alimentées par tout ce problème là

31:13
Présentateur

on voit Marie Massmonteil qui a un certain nombre de nuages qui s'accumulent est-ce qu'il est possible aujourd'hui en France de monter un film sans Canal Plus est-ce que ça fait partie donc des scénarios plausibles ?

31:29
Invité

en fait c'est toute la question encore une fois on a la chance d'avoir la possibilité d'avoir différents partenaires donc le fait que Canal intervienne depuis l'accord de 2025 sur moins de films nous on espérait que ça soit un petit peu compensé par l'arrivée des plateformes américaines et donc aujourd'hui Disney par exemple dans le cadre de l'accord qu'on a conclu avec eux en 2025 doit investir environ 35 millions d'euros dans la production de films et avec une obligation au volume de 23 films alors la problématique à laquelle on a été qu'on a vu se déployer c'est que finalement Disney n'intervient pas sur l'ensemble du spectre de la production il intervient surtout sur les films à moins de 4 millions et ensuite il n'intervient pas du tout sur les films du milieu entre 4 et 7 millions l'année dernière ils n'ont préacheté aucun film du milieu et donc en fait ce qui s'est passé avec Canal c'est que Canal reste et c'est pour ça que c'est un peu paradoxal cette tribule Canal reste un des acteurs qui intervient sur l'ensemble de la ligne éditoriale des plus petits aux plus gros films alors que Disney essaye surtout d'attaquer Canal sur les gros films ce qui entraîne une surenchère sur les films que tout le monde veut et qui donc laisse moins de place pour permettre aux films du milieu qui sont à peu près ceux qui sont les films français qui sont en compétition à Cannes aujourd'hui d'avoir un réel financement après comme je l'ai dit il y a aussi la possibilité de faire des coproductions internationales on a toute une série un producteur c'est quelqu'un qui assemble comme un Tetris toutes les possibilités qu'il a pour financer les films moi j'ai un film que Canal a refusé je vais réfléchir à monter une coproduction internationale avec le Québec évidemment réduire le budget trouver des solutions on a quand même beaucoup d'outils pour il y a encore

33:25
Présentateur

des solutions

33:28
Invité

il y a d'autres partenaires il faut quand même rappeler que Canal est un partenaire privé donc si vous voulez chaque année dans les équipes de Canal ils reçoivent environ 700 projets alors c'est vrai quand ils en faisaient 120 c'était plus facile mais quand ils en font que 80 automatiquement ça crée beaucoup d'amertume pour ceux qui n'arrivent pas à monter des projets qui n'ont pas de solution alternative

33:52
Présentateur

et qui donc doivent faire avec Thomas Paris comment on peut envisager l'évolution des choses donc il y a eu les propos de Maxime Saada qui ont déclenché beaucoup de réactions il y a aussi une économie du cinéma qui se bouleverse avec l'arrivée des plateformes avec donc l'arrivée de Disney Plus là aussi la production subit les conséquences de cette évolution

34:19
Invité

du cinéma oui ça en toile de fond de cette affaire il y a vraiment de mouvements d'un côté cette évolution drastique de l'économie du cinéma avec une moindre exposition des films à la télévision les gens regardent moins les films donc les films à la télévision ont moins de valeur y compris la télévision payante avec une augmentation des modalités de consommation des films pourquoi les gens regardent-ils moins les films c'est un produit entre guillemets qui a perdu de sa valeur avec l'arrivée des modes de consommation alternatifs c'est-à-dire que le côté rendez-vous de la télévision ne semblait un peu moins adapté aux films et on va plutôt consommer des films en VOD ou sur son abonnement Netflix et alors donc

35:00
Présentateur

le transfert du cinéma vers les séries est-ce que cela compense quelque peu l'économie du cinéma si on voulait

35:10
Invité

sommer les deux en termes en termes de financiers je ne sais pas où répondre notamment parce que les modèles économiques ont radicalement changé une série maintenant on la consomme dans le cadre d'un abonnement alors qu'un film historiquement on le consommait dans le cadre d'un paiement à l'acte maintenant là où une compensation c'est dans ce qu'on appelle l'économie de l'attention c'est-à-dire tout le temps qu'on passe devant des séries tout le temps qu'on passe devant des jeux vidéo on le passe beaucoup moins aujourd'hui devant des films de cinéma donc comment les choses peuvent se passer moi je ne crois pas beaucoup à la mise en oeuvre de cette liste noire je ne pense pas que Canal+, qui est un acteur quand même sérieux s'amuse à décortiquer les castings c'est plus le fait d'un patron qui tape du poing sur la table pour dire bon regardez si vraiment j'avais des intentions des mauvaises intentions ce n'est pas le fait d'avoir IGC qui me permet de le faire aujourd'hui je serais capable de dire je censure un certain nombre d'acteurs donc c'est plutôt un espèce de coup de poing je ne crois pas du tout qu'il y aura une mise en oeuvre de ce genre de pratiques

36:17
Présentateur

on écoute à ce sujet Gaëtan Bruel président du CNC hier au micro de France Inter

36:23
Invité

le droit d'exprimer son opinion est souverain mais le droit de rappeler les faits l'est aussi et à date je peux vous dire en tant que président du CNC qu'il est factuellement faux de dire que Canal aurait renoncé à soutenir toute la diversité du cinéma français je vais être très concret Canal c'est la moitié des films français produits chaque année 100 sur 200 c'est souvent les films les plus risqués c'est-à-dire les films sur lesquels d'autres acteurs par exemple les plateformes ne se positionneraient pas je l'ai dit Dossier 137 l'histoire de Souleymane c'est Canal partir un jour d'Amélie Bonin et tant de premiers films c'est Canal le dernier film de François Ozon L'étranger c'est encore Canal cette année à Cannes en ce moment on a 13 films sur 22 en compétition qui viennent de Canal donc moi je respecte absolument la démarche des signataires de la tribune je ne me retrouve pas dans les faits qu'ils avancent parce que dans le contexte où nous sommes on a évidemment le droit je crois que c'est ce qu'ils font d'exprimer des inquiétudes sur l'avenir mais il faut rester précis sur les faits et je crois qu'il faut faire attention aux prophéties autoréalisatrices

37:21
Présentateur

alors c'est intéressant le terme de prophétie autoréalisatrice Nicole Vulser ça veut dire que cette fascisation des esprits elle n'est pas selon Gaëtan Bruel qui préside le CNC à l'oeuvre dans les choix cinématographiques de Canal Plus

37:36
Invité

non effectivement je veux dire on peut on peut critiquer Ad Vitam Canal Plus en tout cas sur la question y a-t-il eu censure la réponse est non effectivement ce que disait Marie Massmontaille il y a eu le cas de Grâce à Dieu d'Ozon mais les films d'Ozon ont été tous préfinancés par Canal avant celui-là et le dernier l'étranger l'a été après donc finalement les personnes les plus inquiètes pourront dire oui mais il y a une auto-censure bon personne n'a réussi à la prouver en tout cas aujourd'hui et il y a quand même beaucoup de films qui peuvent être considérés comme woke dans lesquels effectivement on peut parler d'homosexualité sans aucune difficulté Canal a toujours continué à les financer donc là c'est un mauvais procès honnêtement la question est-ce que par exemple un jour dans un prochain bureau des légendes qui serait éventuellement financé par Canal Plus personne ne s'amuserait à prendre pour décor les ports d'Afrique par exemple je pense qu'effectivement ce ne serait pas la meilleure idée et je pense que donc c'est là

38:47
Présentateur

où il pourrait y avoir effectivement de l'auto-censure Marie Massmontey un mot de conclusion

38:52
Invité

écoutez je pense que comme l'a dit la ministre de la Culture et le disent l'ensemble des parlementaires qui défendent le cinéma Sylvie Robert hier était un déjeuner du CNC il faut être solidaire alors là évidemment la solidarité a été un petit peu écornée moi je dois dire que mon boulot en dehors d'être productrice c'est d'être présidente d'un syndicat de producteurs et de défendre l'ensemble de leur travail je n'ai pas signé la tribune mais je peux comprendre l'angoisse ce qu'ils ont exprimé cette angoisse est légitime encore une fois je pense que Maxime Sada a peut-être sans doute surréagi mais en voulant défendre ses équipes maintenant il faut retrouver et ça va être un peu compliqué mais il faut retrouver un peu de sérénité parce que ce qui nous attend au-delà du 4 canal et qui encore une fois est totalement irréprochable du moins pour l'instant c'est avant tout la défense de l'audiovisuel public qui lui est carrément attaqué carrément attaqué et du CNC dont certains parlementaires du Rassemblement National veulent clairement la suppression donc effectivement je pense que la bataille elle est surtout là et elle se déplace de l'ensemble des services publics et vous êtes très concerné par cette bataille

40:09
Présentateur

un dernier mot Thomas Paris

40:12
Invité

oui peut-être effectivement on voit que trois des piliers du cinéma français sont attaqués ces temps-ci l'autre phénomène marquant et peut-être c'est le fait le plus notable c'est une forme de décomplexification je ne suis pas complètement sûr du terme c'est-à-dire que des tabous sont brisés le fait de virer un patron historique d'une maison d'édition ou de dire puisque vous avez signé cette tribune je ne travaillerai plus avec vous c'était des tabous dans les secteurs de la culture et aujourd'hui ces tabous semblent vraiment brisés Thomas Paris

40:40
Présentateur

chercheur associé à HEC Paris Marie Massmontey productrice de cinéma Nicole Vulser journaliste au monde merci d'avoir été avec nous dans quelques instants François Saldiel Lucille Comeau et le 8h45 le journal de Marion Ferrer

40:54
Locuteur non identifié

L'an 1 c'est un carrefour philosophique qui mérite une série Géraldine Mullman on croit parfois que le monde monothéiste juif et le monde grec polythéiste où la philosophie est née ne communiquent pas c'est faux mais les contacts produisent aussi des violences en même temps on est au bord de la naissance du christianisme qui va réélaborer et le lait juif et le lait grec l'an 1 c'est un point de bascule dans l'histoire de la pensée avec philosophie du lundi au jeudi à 10h sur France Culture franceculture.fr et l'appli Radio France Entrez dans les coulisses de la création avec France Culture la Bibliothèque nationale de France et le Centre national du livre rencontrez puis échangez avec Marion Brunet autrice de romans noirs de littérature jeunesse et adulte à l'occasion d'une masterclass animée par Mathilde Wagman ce soir à 18h30 à la Bibliothèque François Mitterrand à Paris Entrez gratuite sur inscription plus d'infos franceculture.fr

41:52
Présentateur

François Saltiel Lucille Comot mais vous êtes en retard Lucille je vous vois pas

41:59
Invité

non non je suis là je suis là

42:01
Présentateur

mais vous êtes où

42:02
Invité

et bien je suis cachée je suis cachée Guillaume je suis au festival de calme le festival du cinéma

42:08
Présentateur

on va vous entendre vous allez parler de cinéma dans quelques minutes François de quoi allez-vous parler moi je vais vous parler de technologie tiens de technologie du côté d'un autre festival qui se joue en Californie 8h45 sur France Culture

Tribune anti-Bolloré : pourquoi l’affaire Canal + secoue le cinéma · Pourquijevote