J'ai lu la BD de François Ruffin et c'est le beau !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 95 %Défensif 5 %
Temps de parole
- François Ruffin100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour, je suis de retour bien que je ne sois jamais réellement parti. Je suis de retour parce que j'ai lu Picardi Splendor, hein, les aventures de François Ruffin, député reporter. C'est une bande dessinée. Et en tant que bédéfile, voilà, je je me devais d'aller euh voir ce que ça vaut esthétiquement, hein, parce que j'estime que lorsque l'on fait de la bande dessinée, c'est qu'on a des ambitions esthétiques. Ceci sera donc une vidéo 100 % apolitique. Bien évidemment, nous ne mangeons pas de ce painl et je suis totalement enrumé. Vous allez m'entendre nailler, hein. Voilà. Pendant 1 heure peut-être.
C'est une BD qui est par BD qui est donc scénarisée par François Ruffin et par quelqu'un d'autre que je ne connais pas, Laurent Galandon. Et il y a plein de gens au dessin dont Jul Jul, je sais pas faire Jul l'auteur de Silex and the City que je déteste profondément et des tas d'autres gens que je ne connais pas. Et la BD s'ouvre sur une rencontre entre François Ruffin et son éditeur. Enfin, je crois, j'en sais trop rien.
Bref, il parle avec quelqu'un, quelqu'un qui lui dit "Voilà, tu devrais faire ta plus grande œuvre." he voilà une œuvre importante qui va marquer l'époque he voilà c'est pas moi qui le dit bien évidemment tous les extraits sont utilisés dans le cadre du droit d'auteur hein voilà car ici nous sommes dans la critique il y a une exception au droit d'auteur pour la critique la critique de la critique critique. Et donc là François Ruffin se compare à Carl Marx en disant que bon lui sa vie est quand même beaucoup plus difficile que celle de Carl Marx parce que voilà lui il doit enchaîner les amendements à l'Assemblée nationale.
Bah oui, parce que François Ruffin est député donc c'est fatiguant, il a pas le temps pour écrire le capital parce que bien évidemment Carl Marx n'avait pas de problème d'argent, était pas expulsé sans arrêt des pays, ne devait pas élever ses enfants. Les conditions matérielles d'existence de François Ruffin sont bien pires que celles de Carl Marx à son époque et donc ça lui permet pas de mettre autant de temps dans une œuvre aussi importante. Et il dit qu'il veut pas forcément un fil rouge mais qui veut juste raconter des histoires, les lier pour représenter en fait un peu ce que c'est que la France. Mais quel beau projet ! Moi j'adhère, je suis pour ce projet.
Surtout que moi, j'ai lu Marcel Prou, hein, contrairement à vous. Et Marcel Prou dans contre Saintbu, souvenez-vous, il dit "Chaque jour, j'accorde moins de prix à l'intelligence." C'est-à-dire que pour lui, ce qui est intéressant dans une œuvre, c'est l'émotion qu'elle va te véhiculer. C'est pas la personne qui l'écrit. On s'en fiche un peu de la personne qui l'écrit. Euh, Bruce te sépare l'homme de l'artiste parce que lui, il dit que l'artiste est forcément supérieur à l'homme. Parce qu'en fait, l'artiste lorsqu'il écrit ses histoires, mais en fait, il va tout mettre. il va mettre le meilleur de lui-même.
Et donc en fait, c'est plus intéressant pour Prou de lire un livre pour connaître quelqu'un parce qu'il va mettre le meilleur de lui-même que de parler avec lui, hein. Euh lorsqu'on parle avec quelqu'un, il peut paraître un peu médiocre alors que si on le lit qu'il a mis le meilleur de lui-même, au moins on voit vraiment ce qu'il vaut, hein. C'est pas moi qui le dit, c'est Marcel Prou, rappelez-vous, je suis innocent. Donc, qu'on aime ou pas François Ruffin, qu'on soit d'accord avec lui politiquement ou non, voyons ce que esthétiquement il est capable de proposer, hein, vu que c'est le meilleur de lui-même d'après Marcel Prou, toujours d'après Marcel, moi je suis innocent.
Et donc dans la première histoire qu'il veut nous raconter, il se met en scène dans le train, hein. Voilà, François Ruffin aime bien se mettre en scène. Il fait la même chose dans ses films, notamment "Merci patron qui est le seul que j'ai vu de lui." Et c'est bien pour ça que j'aime pas le film parce qu'en fait c'est son histoire, c'est lui, il dora forcément tirer la couverture à lui. Mais donnons une chance à cette bande dessinée où il se représente comme quelqu'un d'actif, il est au téléphone et tout, il veut passer et cetera et là il rencontre quelqu'un des signes avec des traits pas du tout caricaturaux, voilà qui s'énerve dans le train, elle veut pas payer.
Que fait l'avatar de François Ruffin ? François Ruffin se propose de payer l'amende pour repartir. Ce n'est pas du tout parce qu'il estime que la personne verbalisée est victime d'une injustice. Non, c'est parce qu'en fait lui, il veut repartir. Lui c'est un homme pressé, lui il a des choses à faire. Mais surtout il est pas content parce qu'en fait ça fait 10 minutes qu'on est à l'arrêt. Voilà pour pour ça quoi. Et vous savez c'est exactement pour ce genre de séquence que j'adore Emmanuel Kant. Non c'est bon, je veux pas citer Emmanuel Kant, rassurez-vous.
Mais Kant explique que si jamais on fait une bonne action, en fait il faut la faire parce que c'est une bonne action et pas la faire parce qu'on en tire quelque chose. Sinon c'est pas une bonne action. On le fait pour le bénéfice que nous on va en tirer. Et donc là en fait, on voit François Ruffin qui fait un acte totalement non qu'ancien. Il est pas là en train de payer l'amende parce qu'en fait il estime que c'est la bonne chose à faire. Il le fait parce que bah lui en fait il en tire un avantage. L'avantage c'est d'arriver à Paris plus vite et aussi pour se mettre en scène en héros dans cette bande dessinée. Voilà un double avantage.
François Ruffin n'est donc pas quelqu'un de cancien philosophiquement. C'est pas grave, vous avez le droit de ne pas être cancien. Je vous tolère. Et cette séquence où François Ruffin va payer prend place juste après une séquence où en fait le représentant des forces de l'ordre, je sais pas ce que c'est, je crois que c'est un truc de la SNCF mais bon je suis pas expert, manque de respect à la personne qui est verbalisée, se met à la tutoyer ce qui provoque un peu l'indignation générale et donc plus les gens s'indignent, plus lui va se proposer de payer. Au manque de respect, il répond par l'argent. Sur la planche suivante, l'agent de la SNCF continue à dénigrer en fait cette dame.
Il lui jette son ticket comme ça. Il y a quelqu'un qui est pas content, qui continue de s'indigner. Les forces armées de la SNCF disent "Attention, on va vous embarquer et tout." Et là, François Ruffin redit son objectif. "Mon objectif, c'est que le train parte." Il voit qu'en fait, il y a quelqu'un qui est victime d'une discrimination qui se fait maltraiter et lui son objectif c'est que le train reparte. Il s'est mis en scène en train de dire ça. On a ce dessin absolument lunaire où il est là comme ça avec le drapeau blanc où d'un côté, il y a les forces de la SNCF et de l'autre côté bah, il y a les gens qui ont pas envie de se faire marcher sur les pieds pour 1,20 €.
Et lui, il est là comme ça dit "Oui, c'est la paix hein parce que voilà euh François Ruffin, c'est quelqu'un d'objectif." Il y a une citation de God, enfin en tout cas qui est attribué à God, je sais pas si elle est vraie, dans lequel il disait "L'objectivité c'est 5 minutes pour les juifs et c'est 5 minutes pour Hitler." Dans ce cas-là, l'objectivité c'est 5 minutes pour les personnes victimes de racisme et c'est 5 minutes pour les personnes racistes. Et pour faire respecter cette objectivité, il commence par dire à la personne "Attention, il faut respecter la police." Et après, il va gronder quand même les policiers. Voilà, c'est l'objectivité. On coupe la poire en deux, c'est important.
Et tout est bien qu'il finit bien parce que à la fin la personne qui s'était emportée parce que les agents de la SNCF sont irrespectueux et ben voilà, il remercie en fait le bon héros. Euh voilà, il dit "Merci d'être intervenu, merci d'être là, euh merci de nous avoir protégé. Euh sinon euh voilà en fait sinon on finissait au poste quoi." Et ça aurait été grave. On est dans une situation où on a quelqu'un qui va dire aux gens qu'ils subissent une discrimination ou en tout cas on vient et on leur manque de respect, il leur dit "Non mais calmez-vous." Voilà, ça suffit maintenant. On se calme et il est content parce qu'il va pouvoir aller à Paris.
Enfin, son objectif est rempli et il se permet quand même une petite réflexion parce qu'en fait il a peur que si jamais Le Pen ou Bardé la passe, en fait, il y a les forces obscures qui vont être libérées dans le pays. Voilà, je sais pas trop de quoi il parle. C'est très abstrait et surtout on l'a vu lui lutter contre ses forces obscures en séparant euh la poire en deux en disant euh voilà il y a les torss sont partagé et encore une fois c'est ça bédé à lui. L'histoire s'arrête ici et toutes les deux ou trois pages, on a une nouvelle histoire. On va suivre de nouveaux personnages avec un autre dessinateur. On change de style graphique.
Bon, je vous avoue, je suis absolument pas fan de cette idée de raconter plusieurs histoires avec différents styles graphiques et cetera, différents dessinateurs. On sent que tout ça est quand même très décousu. Et dans cette histoire là, on va suivre une dame qui fait de l'aide à la personne, qui est en grève. Et là, on peut se dire "OK, ça va être une tranche de vie.
On va voir en fait qu'est-ce que c'est que le quotidien de cette personne qui est en grève mais qui continue à travailler par conscience professionnelle parce que les gens qu'elle est en train d'aider qui sont atteints d'Alzheimer en fait, ils ont besoin d'aide et que bah en fait sans elle et ben la personne qui est aidée ben va simplement mourir." Donc en fait, on se dit on est sur un truc qui est un peu intéressant. Bon, déjà le style graphique, je trouve ça immonde. Mais surtout François Ruffin continue de se mettre en scène. Il ne peut pas ne pas se mettre en scène ici. La dame raconte son quotidien, il y a 10 fois trop de textes.
C'est-à-dire qu'en fait là, cette histoire, elle dure trois pages. On a le temps de rien développer euh par le dessin, par le découpage. Il faut absolument tout dire. Donc on a plein de bulles qui sont beaucoup trop longues pour raconter des choses. Bon, en fait, où les informations te sont juste débité comme ça en pleine figure. Mais en fait, bon, en fait, c'est juste chiant à lire. C'est pas très intéressant à lire. Et pourtant, Dieu sait qu'en fait le quotidien des personnes qui pratiquent le soin, c'est intéressant. Mais François Rufin n'arrive pas à rendre ça intéressant. Pourquoi ? Bah parce qu'en fait, il lui accorde trois pages. Ces trois pages, c'est pas plus.
Il faut qu'il se mette bien sûr en scène également avec parce que bah voilà, c'est c'est l'objectif, c'est de se mettre en scène en train d'écouter la vie des gens. Mais c'est tout. Il y a pas d'ambition esthétique. On ne cherche pas à te faire ressentir quelque chose. Je suis désolé. Comment est-ce qu'en trois pages tu veux faire ressentir quelqu'un qui est en grève depuis des semaines voir des mois ? Quelqu'un qui souffre, quelqu'un qui donne tout, quelqu'un qui s'épuise ?
Si en fait bah juste en fait tu mets du texte, du texte, du tex pour lui faire dire "Oui, je suis fatigué, je suis fatigué, je suis en grève et tout et cetera mais je continue à faire mon travail." Comment est-ce que tu veux le faire ressentir ? Là, en fait, on n'est clairement pas face à une œuvre qui a un intérêt esthétique parce qu'en fait tout passe par le texte et rien par l'image. Donc si jamais tu ne voulais pas que ça passe par l'image, ne fais pas une bande dessinée. Écris un roman ou un essai si tu as pas d'ambition artistique. Un essai, c'est très bien. Et là, on arrive à l'aspect absolument insupportable de la bande dessinée.
C'est que toutes les trois pages ont qu'on change d'histoire et donc là ça va couper. Voilà, c'est qu'on n pas la fin de cette histoire là. On n pas le temps de s'attacher, de développer les personnages. Hop, on passe à une autre histoire. une histoire, il va voir euh sa fille qui fait de la danse. Je je je comprends même pas en fait. Je je vois pas l'intérêt, je vois pas le rapport avec le reste. Qu'est-ce que tu veux montrer que tu es un bon papa qui va voir le spectacle de sa fille ? OK et pareil ça dure deux pages, c'est tout.
Et on passe à une autre histoire où en fait des ouvriers se rendent compte que les cadres en fait vont toucher des grandes primes pendant que eux en fait bah ils vivent dans la misère. Et là encore une fois, notre avatar de François Ruffin va se mettre en scène pour porter la voix de ces gens et en fait l'apogé en fait de cette comment dire de cette injustice où en fait des gens vont s'enrichir pendant que d'autres s'appauvrissent. Le maximum qu'il fait, ce dont il est très fier, c'est de de passer en fait sur BFM TV, de faire une interview en disant bah les gens les pauvres, ils sont pauvres et tout et cetera, il faut les aider. Voilà, c'est l'apogé du truc. Il y a il y a rien de plus.
C'est-à-dire queen fait lui, il va pas dire "Alez écouter les syndicalistes, aller écouter leur revendication." Non, il va va se leur porte-parole, il va parler pour eux et il est content de parler pour eux sinon il le mettrait pas en scène dans la bande dessinée. S'en suis une nouvelle BD en fait où il est avec sa fille où il explique qu'en fait voilà, c'est dur d'être député et papa en même temps. Et je dois dire que je trouve ça un peu indécent parce qu'en fait il y a plein de femmes qui sont députées et qui sont mères aussi et à mon avis les mamans malheureusement dans la société actuelle sont toujours en train d'en faire plus que les papas.
Je sais pas c'est le cas chez François Ruffin, mais en tout cas je pense que malheureusement dans la majorité des cas, c'est malheureusement comme ça que ça se passe. Mais surtout en fait on s'en fiche un peu en fait euh tu es papa, OK euh tu es député mais en fait il y a des gens euh ils sont papa et en fait euh ils vont se lever tous les matins parce qu'ils sont éboueurs et après ils un deuxième métier. Enfin je je sais pas, il y a pas de pénibilité euh supplémentaire. Et donc là, on arrive à, je pense, la pire partie de la bande dessinée, puisqu'on va retrouver les soignantes qui sont en grève.
Et euh Ruffin arrive, il leur pose la question "Est-ce que voilà, vous avez rencontré quelqu'un et cetera de la préfecture, de je sais pas quoi, de la RS et tout et puis euh les femmes lui répondent "Bah non, on a rencontré personne." Et puis là, Ruffin, il peut pas s'empêcher de dire "Oui, mais moi une fois j'ai fait rencontrer à des soignantes le président de la République." OK. Et en fait, on s'en fiche un peu en fait. Et du coup, François Ruffin leur demande "Mais qu'est-ce que si vous voyez le président de la République, qu'est-ce que vous feriez avec lui ? Qu'est-ce que Qu'est-ce que vous lui diriez ?
Et puis bah elle lui disent "J'aimerais bien qu'il prenne notre place pendant quelques jours" et puis on échange quoi. Nous on va faire passer des décrets, des lois. Et c'est là que c'est extrêmement triste. Ces femmes demandent juste plus de frais kilométriques, des paniers repas, enfin il demandent des petits trucs en fait. Une prime d'assiduité, des heures supplémentaires majorées, un 13e mois, mais rien de plus. En fait, c'est pas des trucs qui sont extraordinaires. Je veux dire, elles sont pas là en train de dire voilà, il faut abattre le capitalisme ou j'en sais rien.
Et bien sûr, cette histoire se termine avec François Ruffin qui va prendre la parole devant tout le monde pour porter leur grande revendication. C'est-à-dire qu'en fait François Ruffin est pas en train de dire il faut changer le système, il est en train de dire il faut augmenter les frais de kilométrique des personnes qui sont dans le soin. Ce qui est en fait profondément déprimant. Je veux dire, en fait les gens, ils vont pas voter pour quelqu'un qui leur dit "Oui, on va augmenter 250 centimes l'indemnité kilométrique, ça fait pas rêver. C'est trop peu. C'est pas ambitieux du tout en fait.
Il se met juste en scène en train de dire voilà moi j'écoute les Français, je suis à leur écoute, je porte leur revendication et cetera. Mais en fait tous les politiques font ça de l'extrême droite à l'extrême gauche. On écoute n'importe quelle politique parler. Il va dire "Non mais moi je rencontre les Français. Vous savez si les maires dans ma commune je rencontre les trucs. Si j'aim les députés c'est dans ma circonscription les gens me disent ça. S'il est élu j'en sais rien. Voilà à chaque fois c'est à l'échelle où il est élu. Il va dire voilà je rencontre des gens sur mon territoire.
euh voilà, ils me disent ça, je me porte leur voix et cetera, mais en fait il est pas force de proposition politique. Écouter les gens, c'est pas une force de proposition politique. Et encore une fois, il est pas en train de restituer leur vie, de montrer leur lutte puisque'en fait, ils ont droit à trois pages et finalement en fait, c'est lui qui va avoir la vedette parce que c'est lui qui va aller parler au directeur à la fin. Donc là, et je parle purement en terme esthétique, il n'est pas en train de mettre en avant des personnes qui seraient marginalisées, précarisées et cetera. il est en train en fait simplement de se mettre en avant lui-même. Mais ça pose un problème.
Si l'objectif qui était au départ c'était de raconter des tranches de vie qui faisaient la France, ben là en fait la seule tranche de vie qui représente qui fait la France, c'est lui-même. Enfin, quoique pardon, je suis mauvaise langue. Puisqu'il va aussi représenter ce qu'il lit les différentes tranches de la France ensemble. Et bah du coup, visiblement son projet dans sa bande dessinée, c'est de montrer que la seule personne qui est en train de lier les différentes tranches de la France et ben c'est lui en fait. Mais le problème, c'est qu'il les lie en les invisibilisant. Je tiens quand même à montrer cette double planche là.
euh qui est la seule fois où en fait il y a pas de texte, où c'est une maman qui se lève tôt. Euh on voit qu'en fait ben il est tôt, ça nous est rabâché, il est tôt, il est tôt, on voit qu'elle aime son enfant, ça prend le temps d'installer quelque chose. On n'est pas sur un truc qui va à 100 à l'heure. Euh déjà, il y a pas François Ruffin qui est représenté. Vous en faites pas, il sera représenté après. Mais là, on est sur quelque chose qui est pourrait aboutir à quelque chose parce qu'en fait, on parle vraiment là du quotidien de gens qui vont travailler, leur enfant d'or encore parce qu'en fait, ils doivent être tôt au travail. Là, on est sur un truc qui est un peu intéressant.
Ça prend un peu de temps et avant d'avoir la suite de l'histoire, c'est en coupé avec ça. C'est euh la partie fait par Jul Jules, Jules, l'auteur de Silex and the City et euh c'est sans doute la pire planche de bande dessinée de toute la BD. La partie où il jouait le le sauveur là au début, c'est rien. En fait, on a François Ruffin qui rencontre encore une fois un contrôleur SNCF et le contrôleur SNCF va juste raconter des propos plus ou moins racistes sur des gens qui croisent. Alors, les Éréens, ils sont comme ça, les Syriens, ils sont comme ça, les Afghans, ils sont comme ça, et cetera. Et François Ruffin euh ben en fait il a rien à dire. Il dit rien, il répond rien et à la fin il part.
L'autre il lui dit "Ouais bon en fait c'est ça que je reproche à la gauche c'est d'avoir abandonné l'immigration, le sujet de l'immigration." Et François Ruffin à la fin il laisse le contrôleur avec les gens sur qui le contrôleur a eu des représentations totalement clichées. Voilà ça se finit comme ça. Je ne sais pas comment l'interpréter. Je sais pas si François Ruffin il se dit "Ah ouais, c'est c'est une parole qui en fait qui est un peu intéressante ou s'il veut condamner.
Mais s'il condamne, pourquoi est-ce que c'est pas dit explicitement que tout le reste est hyper explicite parce qu'en fait moi je vois ça, je me dis les gens qui ont fait la BD avec François Ruffin lui veulent pas du bien. Soit c'est des mélanchonnistes qui voulait le discréditer. Il s'est dit "Vas-y, vas-y, oui, on va faire ta BD et puis on va mettre tous les trucs un peu racistes dedans comme ça pour bien montrer que tes prises de position sont un peu tordues pour essayer de montrer qu'en fait il est pas très clair sur le racisme, soit c'est des mecs de droite qui veulent le discréditer auprès de la gauche." Mais ça, cette planche, elle est pas possible.
Je veux dire, tu peux pas te mettre en scène en disant "Moi, je veux être président de la République. Moi je suis un député, je suis reporter. Moi, je joue au bon roi Salomon comme ça en disant les racistes, ils ont des torts et les racisés, ils ont des torts et on coupe la poire au milieu parce qu'en fait je suis un mec ferme, un mec fort, un mec puissant et en même temps te représenter comme un mec qui a rien à dire face à quelqu'un qui déroule un discours raciste. C'est pas possible.
Je veux dire, si jamais tu te retrouves à être président de la République, pourquoi est-ce qu'avant il veut se représenter comme un homme fort et là il se représente comme un mec qui qui dit rien, qui qui est mutique, qui fait rien, qui laisse le racisme se dérouler ? Je je veux dire, ça donne pas envie. Et vu que tout le reste de la BD c'est un peu son éloge, je comprends pas ce que ça veut faire là. Ce que moi ce que je comprends, c'est qu'en fait il est d'accord avec ça. Pour lui, c'est un discours euh qui est entendu, qui bah qui est un peu intéressant quand même euh sur la société dans lequel il faut tenir compte. Moi, c'est comme ça que je le comprends.
Je peux pas le comprendre autrement vu le ton du reste de la bande dessinée. Et surtout si quelqu'un se représente aussi mou face au racisme, je me pose la question mais qu'est-ce qu'il va faire lorsqu'il va se retrouver face à Donald Trump ou j'en sais rien en fait. Ce qu'il va aussi bah laisser dire et puis rien faire. Enfin, je je sais pas. Franchement, je je sais pas. Autre planche quasiment muette, mais celle-là, elle est bien pire que la précédente. On voit François Ruffin donc qui quitte son TGV qui arrive à l'Assemblée nationale et là en fait, il y a des personnes qui se trouvent avec des personnes noires qui doivent paramétrer la tablette des députés. J'ai rien compris.
Et lui en fait, il est gêné parce que en fait du coup il y a les vieux blancs d'un côté et puis il y a les jeunes noirs de l'autre et cetera. Il y voit un appartail de professionnel. Bon, OK, pourquoi pas ? Et plutôt que de pousser la réflexion, il dit oui, OK. à Paris en fait. Voilà, ce sont des noirs, ce sont des racisés, des gens de couleur qui font un peu les tâches un peu ingrates. Mais en campagne et ben en fait, ce sont des blancs qui les font. OK. Qu'est-ce que qu'est-ce que qu'est-ce que tu veux dire ? Quel est le projet ? Je je comprends pas.
Est-ce qu'il est en train de dire que la ségrégation sociale que vivent certaines personnes qui sont issues de l'immigration, c'est pas du racisme ? Est-ce que c'est ça qu'il est en train de dire ? Je je suis pas sûr. En fait, je cherche à comprendre. Je pose la question parce qu'en fait je vous ai menti, la première BD de sa BD, la première histoire en fait c'est une histoire de femme voilée. On sent qu'il s'est passé un truc grave mais en fait on sait pas encore quoi. Et là en fait on va apprendre ce qui s'est passé là maintenant. Voilà à la fin de la BD, on va enfin apprendre ce qui s'est passé.
Et en fait euh ces femmes, elles se sont fait jeter par un mec qui tient un restaurant sur leur terrasse. Voilà. Et donc forcément nous, on peut se dire "Bah ces femmes ont été victimes de racisme parce qu'elles sont voilées, parce qu'elles arrivent avec leurs enfants, ils les chassent de leur terrasse et cetera. Genre en fait, on veut pas d'eux." Et donc les femmes, qu'est-ce qu'elles vont faire ? Elles vont se plaindre à François Ruffin. Bon, on enchaîne entre d'autres histoires, puis on a enfin à la conclusion.
Et là, en fait, la conclusion, c'est qu'en fait, il est pas raciste, c'est la mairie qui lui a dit "Oui, mais voilà, moi je voulais pas vous chasser et puis voilà et puis en fait, on s'aime tous." Il y a personne qui est raciste où en fait François Ruffin va se poser en médiateur où il va inviter le restaurateur blanc à parler aux femmes arabes avec leurs enfants. Et donc lui, son objectif, il l'écrit même, c'est que deux Frances ne se regardent plus en chien de faillance, que la Courneuve et Amien marchent main dans la main. OK, pourquoi pas ?
Mais je ne suis pas sûr qu'en invisibilisant le racisme, en faisant semblant qu'il y a pas de racisme, en fait, on va pouvoir convaincre les gens que en fait le racisme n'existe pas et qu'en fait bah les gens voilà, ils sont juste contents d'être côte à côte. Je veux dire, en fait, on est face à une position qui est purement idéaliste. Cette bande dessinée n'est pas frappée du matérialisme dialectique. Il pense qu'en fait ben tout simplement il suffit de se faire se rencontrer les gens et dire "Oh, je suis pas raciste, OK, bon ben voilà, on devient copain et tout va bien." Mais en fait, on sait bien que ça marche pas comme ça.
Et à la fin, il expose donc sa thèse où on a cette image magnifique où en fait les gens comme ça et ben en fait, ils s'agrippent entre eux pour former, ils sont chacun sur leur île isolé pour former une grande île, pour se mettre ensemble et tout. C'est magnifique, c'est beau. Et à la fin, il y a même une fête. Et à la fête, il y a euh le mec qui a été accusé de racisme qui donne euh une crêpe à un petit enfant noir et tout. Euh voilà, qu'est-ce qu'on s'amuse ? C'est ça la France, c'est beau, c'est magnifique. Bon, esthétiquement, on est d'accord, ça ne vaut pas grand-chose.
On rappelle lorsqu'on produit une bande dessinée, on fait une œuvre esthétique et lorsqu'on fait une œuvre esthétique, d'après Marcel Prou, on y met le meilleur de soi-même. Et là, le meilleur est quand même quelque peu bah décevant quoi. Ça va pas plus loin que soyons tous copains, regardez à quel point je suis génial, à quel point je suis un interlocuteur formidable. Regardez à quel point en fait je porte la parole des minorités et c'est un peu tout. À quel point surtout en fait je suis un bon roi Salomon euh capable de faire régner la justice, hein. Voilà l'objectivité. Je pense que cette bande dessinée est tout simplement une fin de carrière.
Je ne pense pas qu'il puisse se relever de ça. Le monsieur se met beaucoup trop en avant tout le temps, en permanence. Il invisibilise les autres autour de lui pour se mettre en avant lui-même. C'est quelque chose qui le sert lui et pas les personnes qui prétendent représenter.
Il se présente comme glorieux comme faisant plein de choses genre en étant un papa à peu près correct qui sont en fait juste des choses banales et même se représenter comme étant un sauveur, la bande dessinée n'arrive pas à le faire correctement parce qu'en fait on le voit lui il veut sauver la dame qui doit payer son amende mais il veut pas la sauver parce que l'amende est injuste parce qu'en fait elle se fait maltraiter mais non il veut la sauver parce qu'en fait comme ça le train va pouvoir arriver à l'heure. Je pense que les gens qui ont fait cette bande dessinée avec François Ruffin ne lui veulent pas du bien.
Et je pense que lui, je sais pas, il l'a pas relu, il s'est pas rendu compte en fait de l'image que ça renvoyait de lui. Je suppose qu'il s'est dit "Je vais sortir une bande dessinée" parce qu'il y a plein de politiques qui sortent des livres et à chaque fois ils sont invités un peu partout comme ça en fait on va m'inviter et puis je peux dire voilà c'est un peu populaire, moi je fais une bande dessinée. Sauf que ta bande dessinée elle coûte 22 €. D'accord ? 22 € moi je l'ai payé en numérique, je l'ai acheté avec des vrais sous. 17 € en numérique ça coûte 17 €. Le truc fait 100 pages. 100 pages, 17 € en numérique, c'est très cher. Cette bande dessinée n'est pas destinée à être lue.
C'est une bande dessinée comme ça qui sert à être invité sur des plateaux télé pour dire "Oui, voilà, moi j'écoute les gens dans ma bande dessinée, je vais parler de mon projet pour les Français et tout et cetera, mais c'est pas fait pour être lu, c'est fait pour se faire inviter." Et les journalistes qui l'invitent, bon, ils y connaissent pas grand-chose en bande dessinée, ils y connaissent pas grand-chose en art. Je pense qu'en lecture, voilà, en analyse d'œuvre plutôt, en fait, ils sont pas très bons non plus.
Ils arrivent pas à avoir la finesse d'analyse de l'œuvre pour se rendre compte qu'en fait la BD en fait elle tourne autour de lui, autour de son nombril et qu'en fait à la fin il y a rien qui est résolu. À la fin de toutes les petites scénettes, il y a rien qui est résolu. Dès qu'il y a des gens qui sont en lutte, qui font grève et tout et cetera, ça s'arrête au moment où lui il prend la parole, où lui il va aller parler avec les politiques, où lui il va parler avec le patron, où lui il va parler aux médias. Mais ça s'arrête là. Il y a jamais quelque chose ensuite. Jamais. [grognement] Il ne parle jamais des acquis sociaux qu'il a permis d'obtenir.
On ne sait pas à la fin euh s'il est soignante et ben elles ont une augmentation. On ne sait pas si elles vivent mieux. Mais on sait que lui il a pris la parole, il les a défendu. Et ça s'arrête là parce que c'est le seul truc qui l'intéresse, c'est de montrer comment est-ce que lui il les a défendu. Ça les intéresse pas en fait leur sort à l'arrivée. En tout cas, c'est ce qu'on ressent dans la BD. Leur sort à l'arrivée ne les intéresse pas. Pourquoi ? Parce qu'il n'est pas montré. Et de la même manière, la François Ruffin s'intéresse à des cas individuels. Il s'intéresse pas à des logiques de de masse, de groupe et cetera. Tout comme en fait dans son film Merci Patron.
Encore une fois, c'est le seul que j'ai vu lui qui était pas bien. Il présente ça comme une grande victoire et cetera mais en fait sa grande victoire c'est qu'il y a un mec qui a eu un CDI et il dit voilà on a roulé Bernard Arnaud et cetera mais tu as pas roulé Bernard Arnaud. Bernard Arnaud doit payer un mec en CDI. Si tuétait pas lui ça aurait été un autre. On s'en fiche. Cette bande dessinée est une bande dessinée qui est triste. Elle est triste parce que je ne mentais pas au début lorsque je disais que ces vidéos étaient politiques parce qu'en fait cette bande dessinée n'est pas politique. C'est pas politique. C'est juste lui en fait qui va dire "Regardez comme je suis bon.
Regardez comme je suis beau, regardez comme je suis fort. Regardez comme je sais intervenir. Regardez comme je suis juste. Sauf qu'en fait, en lisant les histoires, on voit bien qu'il est pas très bon, pas très fort et pas très juste. Parce qu'en fait, je ne sais même pas s'il comprend en fait le sous-texte qu'il y a dans chacune de ces histoires. Donc 17 €. Voilà, 17 € c'est le prix que j'ai payé pour à l'arrivé ne dire rien de plus que il faudrait qu'on soit tous copains. Voilà. Pour faire quoi ? On sait pas.
François Ruffin