Alliance de la gauche aux régionales en Île-de-France, bilan de Valérie Pécresse et réforme de l'assurance chômage... Le "8h30 franceinfo" d'Anne Hidalgo
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Bonjour Annie Dalgo. Dimanche dernier, au premier tour des élections régionales, la candidate que vous souteniez ou que vous soutenez toujours en Ile-de-France, Audrey Pulvar, est arrivée en cinquième position, seulement un peu plus de 11% des voix. Est-ce que c'est un échec pour vous aussi ?
D'abord, les élections régionales ont été plutôt un moment de traumatisme démocratique quand on voit cette abstention très très importante. Ensuite, elle a plutôt montré qu'à la fois les forces politiques de gauche, je pense bien sûr à tous nos candidats du Parti Socialiste, notamment les sortants, Carole Delga, vous avez Alain Rousset, Marie-Gitte Dufège, François Bonneau, je ne vais pas tous les citer, qui sont arrivés en tête et qui, je le souhaite, en tous les cas je les soutiens beaucoup, arriveront sans doute aussi à transformer l'essai la semaine prochaine.
En Ile-de-France, il y a eu trois listes, une division de la gauche, malheureusement, dès le départ, que j'ai regretté, qui fait que les trois listes sont arrivées grosso modo dans un mouchoir de poche, mais avec un avantage pour François Bayou, je soutiens le rassemblement qui se construit autour de lui. C'est Julien Bayou ? J'ai dit, pardon ? François.
Ah pardon, Julien, pardon, excusez-moi, j'étais, voilà, mais bien sûr Julien que je connais très très bien par ailleurs et que je soutiens, et que j'ai soutenu d'ailleurs dès dimanche, soir, sur ce rassemblement, et je pense qu'il peut y avoir, sur l'Ile-de-France, une proposition, cette proposition, avec ce rassemblement, dans lequel figure évidemment Audrey Pulvar, qui permettent de sortir d'une région qui s'est totalement désintéressée des franciliens.
En 2015, à Nidalgo, la gauche était déjà divisée, le PS avait fait 25%, là le score est divisé par 2,5.
Nous sommes en 2021, il s'est passé beaucoup de choses depuis, et surtout ce que... Oui, enfin, vous savez, aux dernières élections municipales, j'ai fait 30 au premier tour, et quasiment 50 au deuxième dans une triangulaire. Nous avons eu une élection législative partielle dans le 20e arrondissement, où là, notre candidate a fait 57%. Donc, vous voyez, je pense que c'est plutôt une dynamique intéressante, du point de vue notamment d'une offre politique. Ce qu'on a vu surtout dans ces élections régionales, nationalement, c'est que les Français, d'abord, ont besoin d'être réenchantés, réattirés par la politique. Ça concerne évidemment les responsables politiques, ça concerne aussi les médias.
Et deuxièmement, ce que l'on a vu, c'est que les Français ne veulent pas du match annoncé depuis déjà des mois et des mois, qui serait de réitérer un match Emmanuel Macron-Marine Le Pen. Donc ça, cette donnée-là, est une donnée qui va nous permettre de travailler, ce que je fais, avec des maires, avec des élus locaux de toute la France, pour apporter une proposition politique qui corresponde, d'abord, à une proposition beaucoup plus juste socialement, une proposition résolument écologique, et aussi résolument républicaine et démocratique.
Vous l'avez dit, pour le second tour, la gauche s'est réunie autour de l'écologiste Julien Bayou. Vous avez choisi, parce que Marc en parlait, Audrey Pulvar, vous, dès le premier tour, un profil trop écolo, ancienne présidente de la Fondation Elo, et en fait, les électeurs ont choisi plutôt l'original à la copie. C'est ça que vous regrettez ou pas ?
Écoutez, d'abord, dans cette élection, il y a un deuxième tour, et ce deuxième tour doit nous permettre de battre Valérie Pécresse. Parce que Valérie Pécresse, qu'a-t-elle fait pour la région ? Pas grand-chose. Pas grand-chose. Regardez son bilan sur les lycées. Dramatique. En plus, une politique très clientéliste, parce que les lycées parisiens ont été particulièrement maltraités. Une politique qui n'a pas du tout été visionnaire sur les questions d'écologie, de lutte contre la pollution. Je me souviens encore combien, en 2016, 2017, elle a essayé d'empêcher Paris de faire ce que nous avons fait en matière de lutte contre la pollution.
Je me souviens aussi, parce que c'est très frais comme souvenir, comment elle a essayé de tuer la métropole du Grand Paris, et même son ami politique, Patrick Collier. Il fallait que je vienne à sa rescousse pour qu'il puisse être élu président de la métropole, parce que Mme Pécresse avait décidé qu'à par elle, il ne devait rien exister au niveau de la région. Elle a été très préoccupée. Je termine. Elle a été très très préoccupée par un seul sujet. C'était sa personne, sa future candidature à la présidentielle, et très peu par la région. Donc il faut arrêter ça.
Et la coalition qu'il y a autour de Julien Bayou, avec Audrey Pulvar, avec aussi Clémentine Autain, est une coalition qui peut permettre, enfin, de sortir de cette situation.
Les écologistes, pour reprendre une expression que vous aviez utilisée il y a quelques mois, n'ont donc plus de problème avec la République ? C'est fini, c'est oublié tout ça ?
Non, surtout pas. Mais vous les soutenez quand même ? D'abord, ce sont mes alliés. Vous savez, si vous instaurez des murs entre les gens qui ne se parlent pas, qui n'essayent pas de s'influencer, alors là, bonjour la démocratie, et bienvenue au totalitarisme dans notre pays. Je suis une responsable politique. Mon rôle, c'est d'affirmer des positions. Ma position, par exemple, sur les questions républicaines, sur les questions de laïcité, est très claire. Et je ne transigerai pas sur ces questions-là. Elle est aussi, bien sûr, de faire bouger les lignes, et de faire bouger les lignes d'un certain nombre de partenaires. Nous sommes en coalition à Paris.
Nous avons aussi, avec nous, le Parti communiste. Ce sont des coalitions qui existent partout en France. Est-ce que quand vous avez des partenaires, ça veut dire que vous abdiquez toutes vos convictions ? Non. Vous travaillez. Mais vous travaillez intelligemment, en responsabilité. Et donc, ce que je trouve très intéressant...
Je n'ai jamais fait d'alliance avec la France insoumise,
et je ne ferai pas d'alliance avec la France insoumise. Pourquoi c'est possible au niveau régional ? Je finis, si vous permettez, mon raisonnement. La question est importante. Elle est très importante. D'abord, sur la question républicaine. Je trouve que la proposition que vient de faire Julien Bayou, qui est notamment d'instaurer un observatoire de la laïcité, comme je l'ai fait à Paris. Parce que la laïcité, c'est un sujet important, théorique, politique, mais c'est aussi un sujet très concret.
D'installer un observatoire de la laïcité, comme je l'ai fait à Paris, qui vient nous aider sur des sujets très concrets, quand il y a des problèmes qui se posent, notamment dans le service public, je trouve que c'est une très bonne chose. C'est une façon rationnelle de dépasser des sujets sur lesquels, je ne dis pas qu'il y a eu peut-être des incompréhensions, en tous les cas où il était nécessaire de poser un cadre pour mieux se comprendre, et en ce qui me concerne, pour ne rien lâcher. Vous parlez des insoumis. Je ne ferai jamais alliance, et je n'ai jamais fait alliance avec les insoumis aux élections municipales, ni en 2014, ni en 2020.
Là, il s'agit d'avoir Clémentine Autain, ancienne adjointe de Bertrand Delanoé, chargée de la jeunesse, et du Parti communiste. Là aussi, je ne suis pas à la manœuvre, puisque je ne suis pas candidate, je soutiens cette coalition, mais ce que je sais, c'est qu'il y aura sans doute encore des recompositions dans la vie politique française, et qu'il y a des jeunes élus. Il y a aussi la famille communiste, autour de Fabien Roussel. Tout à l'heure, je vais soutenir aussi Christian Favier. Ce que vous dites, c'est Clémentine Autain et Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas la même chose ?
Je pense que ce n'est pas tout à fait la même chose, et il faut se donner des chances de dépasser des choses qui sont choquantes. Je l'ai dit, les propos souvent très violents de Jean-Luc Mélenchon me heurtent, continueront à me heurter. Mais je pense qu'il y a dans cette famille, qui est à la gauche de la gauche, et dans laquelle le Parti communiste, à travers la stratégie de Fabien Roussel, qui essaye de récupérer, de repositionner aussi cette offre qui est présente partout en France, je pense qu'il y a à terme des recompositions possibles, et qu'il faut se donner cette chance de recomposition et ne pas théoriser l'irréconciliable en érigeant des murs entre nous.
Mais évidemment, que ça veut dire être très clair, très ferme sur les valeurs, c'est mon cas, je serai cette vigie de la gauche en ce qui concerne les valeurs républicaines.
Il est 8h42, le fil infos avec Mélanie Delonnet, et on vous retrouve dans un instant à Nidalgo.
Des documents entreposés par terre, mis à la poubelle, et parfois cas exceptionnels, brûlés, Gérald Darmanin énumère les dysfonctionnements constatés chez le prestataire Adrexo, chargé de distribuer la propagande électorale pour les régionales. Des dizaines de milliers de plis ne sont pas arrivés jusqu'aux boîtes aux lettres. Depuis près de trois quarts d'heure, le ministre de l'Intérieur répond aux questions de la commission des lois du Sénat, qui va se transformer en commission d'enquête. Les syndicats dénoncent la passivité de l'État, et des constructeurs Renault et PSA, la fonderie automobile MBF Alu de Saint-Claude dans le Jura liquidé, près de 300 emplois supprimés.
L'unique offre de reprise n'a pas été retenue par le tribunal. Le pessimisme des experts climat de l'ONU, le pire est à venir pour nos enfants, et nos petits-enfants d'ici 30 ans, les canicules extrêmes seront plus nombreuses, même si on parvient, disent-ils, à limiter la hausse des températures à 1,5 degré, en dessous des 2 degrés fixés par l'accord de Paris sur le climat. Passe sanitaire obligatoire dans les zones de départ et d'arrivée des 4 étapes bretonnes du Tour de France cycliste. Il s'élance samedi de Brest, mais pas besoin de vaccins ou de tests négatifs. Si vous voulez regarder, passez le peloton au bord de la route.
France Info. Le 8.30 France Info. Salia Braquia. Marc Fauvel. Toujours avec la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo. Si vous étiez électrice dans les Hauts-de-France, vous voteriez sans éditer pour Xavier Bertrand dimanche prochain ?
Dans les Hauts-de-France, il n'y a pas de risque Front National. Je pense que Xavier Bertrand gagnera. Il y a Karima Adéli dans les Hauts-de-France qui est candidate. Je voterai Karima Adéli si c'était le cas. Puisque dans les Hauts-de-France, il n'y a pas de risque Front National.
Les sondages ont appris à nous méfier un peu ces derniers temps.
Oui, c'est vrai. Mais par exemple, vous pourriez aussi poser la question aux membres du gouvernement en ce qui concerne la région Franche-Comté-Bourgogne, où là, la liste La République En Marche se maintient. Et il y a un risque dans cette région. Marie-Guide Dufay a fait une très très bonne campagne, est arrivée en tête. Et vraiment, je pense qu'elle l'emportera parce qu'en plus, elle a fait du très bon boulot de présidente de région. Mais dans les Hauts-de-France, et c'est très bien. Donc vous voteriez pour la gauche ? S'il y avait eu un risque, comme ça avait été le cas en 2015, où j'avais appelé à voter aussi pour Xavier Bertrand, je le ferais.
Même question à PACA, où là, il n'y aura que deux candidats, et René LR.
J'ai été en contact régulier avec Renaud Muselier depuis plusieurs semaines, bien avant le premier tour. J'ai immédiatement appelé au rassemblement et au vote pour Renaud Muselier contre le RN en PACA. Voilà, j'ai accompagné cette démarche-là, j'ai pris ma part aussi, pour que, ce qui a été très bien, le candidat vert, qui portait une liste d'union de la gauche, se retire. Difficilement.
Oui, oui, oui, oui, tout à fait, mais il l'a fait, et c'est très bien, et je ne peux que le saluer, et je pense que ce qui est important, c'est qu'il l'ait fait, et qu'il l'ait fait à temps, et je l'ai dit, mais déjà depuis des semaines, je suis en contact avec Renaud Muselier depuis des semaines, parce que cette situation de PACA était en effet très préoccupante, et comme en 2015, où j'avais aussi appelé à voter pour le candidat républicain face à l'époque au FN.
C'est vous, au nom du Parti Socialiste, qui était en lien avec Renaud Muselier, mais pourquoi ? Non, écoutez,
je suis Anne Hidalgo, maire de Paris, et je prends mes responsabilités, et j'ai évidemment ces contacts, je les noue comme je l'entends, je suis une femme libre, et c'est très bien d'ailleurs que le Parti Socialiste et Olivier Faure, dès le soir même, aient appelé à voter aussi, et au retrait de la liste de gauche, mais voilà, je ne prends pas mes consignes, vous savez, je suis une femme, qui est plutôt à décider par elle-même.
L'actualité, c'est aussi la réforme de l'assurance chômage qui devait entrer en vigueur dans un peu plus d'une semaine, qui a été retoquée hier.
Oui, la décision est tombée, le Conseil d'État suspend l'entrée en vigueur de cette réforme, notamment à cause des nouvelles règles de calcul du montant de l'allocation. Que doit faire le gouvernement, selon vous ?
D'abord, c'est une réforme qui, depuis le départ, est très très mal partie. Enfin, elle vise à faire plus de précarité pour les précaires. Vous savez que la plupart des personnes qui étaient déjà dans une situation précaire, ceux qui étaient autour de, je crois, 800 euros par mois, allaient perdre 200 euros. Dans cette réforme-là, c'est quand même incroyable qu'en 2021, pendant la crise, la pandémie, et au sortir de la pandémie, la seule obsession du gouvernement sur l'assurance chômage, c'était de taper sur les précaires et de les empêcher d'avoir un revenu décent. Le gouvernement dit très très bien.
Les demandeurs d'emploi vont gagner moins,
mais plus longtemps. Oui, c'est cela. Sûrement qu'ils ont eu raison et que le Conseil d'État n'avait pas vu... Il n'a pas tranché sur le fond, le Conseil d'État. Il a tranché en disant
que ce n'est pas le moment d'appliquer cette réforme.
Oui, d'accord. Le fond n'a pas été arbitré. Oui, mais vous verrez sans doute l'arbitrage sur le fond. Et je trouve que c'est très bien que le Conseil d'État ait arrêté, que la justice de notre pays ait arrêté cette décision. Et je salue d'ailleurs le travail fait par les organisations syndicales qui se sont mobilisées et qui ont introduit les recours, notamment jusqu'au Conseil d'État. Donc, la décision sage et raisonnable et évidemment de ne pas remettre cette réforme-là, qui est une réforme vraiment, vraiment de régression sociale sur l'établi. Elisabeth Borne dit qu'elle sera appliquée
d'ici la fin de l'année. C'est juste une question de temps.
J'espère qu'elle respectera le droit et surtout, j'espère qu'elle comprendra qu'une grande partie de la colère des Français, vous savez, la question des inégalités dans notre pays s'est accrue. Ce quinquennat d'Emmanuel Macron a été un quinquennat très, très dur pour les classes moyennes qui ont continué à décrocher, pour les catégories populaires. Il n'y a pas eu du tout de propositions, par exemple, sur la question de la précarité au travail, sur la question des travailleurs, des plateformes. Je regarde ce qui se passe, par exemple, en Espagne.
Dans le plan de relance de Pedro Sanchez, le président socialiste du gouvernement espagnol, il y a des mesures qui sont des mesures pour lutter contre la précarité des travailleurs, des plateformes et de cette ubérisation de la société. Et nous, on fait quoi ? On en rajoute une louche en faisant que la protection sociale, notamment l'assurance chômage, soit plus faible pour les personnes précaires qui ont eu peu de durée de cotisation et des contrats très courts. C'est quand même un monde qui ne regarde pas, en tous les cas, un pouvoir politique qui ne regarde pas la réalité en face. La réalité, ce sont des inégalités extrêmement violentes qui frappent qui ?
Les classes moyennes et les catégories populaires. Donc, il faut ouvrir les yeux. Et si on n'ouvre pas les yeux, s'ils n'ouvrent pas les yeux, eh bien, on aura encore ce désintérêt pour la politique, sans aucun doute, mais aussi des moments de tension sociale et d'incompréhension et de fracture que l'on voit dans notre pays où il faut réparer beaucoup de choses. Commençons par cela. Que le gouvernement renonce à cette régression, parce que je ne peux pas appeler ça une réforme, sur l'assurance chômage, d'ailleurs, comme sur les retraites, et qu'on reprenne les choses de façon posée en regardant cette situation qui est aujourd'hui, quand même en France, les salaires sont incroyablement bas.
En France, les niveaux de loyers et de logements sont incroyablement hauts.
Y compris à Paris.
Et y compris à Paris. Et dans beaucoup de grandes villes. Il y a un écart qui n'existe pas, par exemple, en Allemagne, et qui est vraiment un problème majeur. Il faut regarder cette question des salaires. Il faut regarder ce qui est le premier poste de dépense des ménages, le logement. Il faut regarder la réalité, partir de la réalité, pas d'un dogme qui consisterait à dire que les gens qui sont au chômage et qui bénéficient, le mot est fort, de l'allocation chômage, seraient des profiteurs. Ça, ça ne peut pas être la clé d'entrée dans une réforme.
Anne Nidalgo, on vous retrouve dans un instant. Le fil info à 8h50. Mélanie Delaunay.
Des peines d'avertissement de 3 à 6 mois de prison avec sursis. C'est ce que requiert le procureur contre 12 jeunes jugés pour avoir menacé Mila. L'adolescente iséroise qui a posté des vidéos critiquant l'islam elle a encore reçu des menaces sur les réseaux sociaux. Pendant le procès, le jugement sera rendu dans deux semaines. Les recherches reprennent à Beauvais-d'Anloise où un lycéen a été emporté par la rivière qui traverse la ville. La maternité et le service de chirurgie rouvrent ce matin à l'hôpital, touché par les inondations. La vigilance orange pour les risques de crues est levée dans le département de l'Oise mais elle est maintenue dans l'Orne et l'Eure.
Des pages dans le désordre ou qui manquent, des professeurs de philosophie alertent sur des problèmes de numérisation des épreuves du bac qu'ils doivent corriger. Le ministère de l'Éducation assure que les copies peuvent à nouveau être scannées en cas de problème. L'enjeu pour les Bleus, c'est la première place du groupe. Déjà qualifiée pour les huitièmes de finale de l'Euro, les footballeurs français affrontent le Portugal à 21h. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, à partir de 2022, le stationnement pour les deux roues va devenir payant dans la capitale mais le stationnement reste gratuit pour les véhicules électriques. Aussitôt annoncée, la mesure a fait réagir notamment Valérie Pécresse, la présidente de région.
Je crois qu'il y a deux visions de l'écologie qui s'opposent. Il y a une vision qui est punitive, qui consiste uniquement à interdire et à taxer, taxer toujours plus, et une vision qui est positive, qui est la mienne, qui est celle d'inciter les Franciliens à pouvoir choisir l'écologie.
C'est de l'écologie punitive, ce que vous faites ? C'est surtout une vision, une non-vision de l'écologie. Vous savez, dans la plupart des grandes villes, d'ailleurs pas qu'en France, dans le monde entier, la pollution atmosphérique tue. Sur la métropole du Grand Paris, ce sont 6500 morts par an liées à la pollution atmosphérique. Ça, tout le monde est d'accord sur les chiffres, mais est-ce que vous êtes sûre que ça va baisser la pollution ? Bien sûr. Vous savez, en moyenne, depuis maintenant une dizaine d'années, non seulement le trafic automobile à Paris baisse de 5% par an en moyenne. Il y a eu des années avec plus de baisse et la pollution de 5% aussi en moyenne.
Ce que dit Valérie Pécresse, c'est qu'elle ne croit pas à l'écologie, qu'elle n'a pas du tout un projet écologique. D'ailleurs, elle a plutôt été celle qui a insisté sur les routes. Elle a fait un recours, un recours à l'époque où, comme la plupart des grandes villes du monde, j'essayais de casser ces autoroutes urbaines qui traversaient la ville, elle a fait un recours contre cela. Elle a aussi, à l'Hidalgo,
mis en place un système de location de vélo qui fonctionne contrairement à celui de la ville qui n'a pas fonctionné pendant des mois et des mois.
Et de la métropole, parce que c'est celui de la métropole qui fonctionne aujourd'hui et parfois victime de son succès. mais Valérie Pécresse, regardez son bilan, soyez honnêtes, regardez son bilan en matière d'écologie. Est-ce que la région Île-de-France a marqué, un tant soit peu, y compris par son leadership à l'international, la question de la lutte contre le réchauffement climatique ? Non. Heureusement qu'il y avait la métropole.
Heureusement que des gens, d'ailleurs, j'ai parlé tout à l'heure de Patrick Collier, la métropole du Grand Paris, elle est plutôt dirigée, elle est dirigée de façon partagée par la gauche et la droite, mais avec un président qui vient des Républicains, parce que c'est la majorité de cette métropole. Et qu'est-ce qui a été fait dans cette métropole ? Et d'ailleurs, il a fallu lutter contre la région, une zone à, non pas trafic limité, mais à faible émission sur l'ensemble de la métropole, parce que tous les maires de droite comme de gauche de cette métropole ont compris qu'il fallait baisser la pollution et donc le trafic automobile. La seule qui ne l'a pas compris, c'est Mme Pécresse.
Et deuxièmement, nous avons, et là, Patrick Collier a beaucoup bataillé contre Valérie Pécresse, qui ne voulait pas que l'on puisse mettre en place des aides pour justement changer de véhicule. Parce qu'évidemment qu'il faut des alternatives. Si vous réduisez la place, Voilà, c'est ce qu'elle propose dans son programme. Oui. Pourquoi ne l'a-t-elle pas fait avant ? Vous savez, pourquoi nous a-t-elle empêchés de le faire ? Puisque nous ne pouvions pas le faire au niveau de la métropole tant qu'elle ne donnait pas son accord puisque c'était une compétence régionale. Donc si vous voulez, je veux bien... Une question qui intéresse au-delà des franciliens, si vous me permettez.
Enfin, d'une campagne qu'elle se dise et qu'elle essaye d'utiliser le terme d'écologie, mais dans son bilan et d'ailleurs dans ce qui caractérise la région, y compris à l'international, où on classe les régions en fonction de leur engagement sur l'écologie, la région Île-de-France n'a vraiment pas brillé.
Anne Hidalgo, si vous êtes candidate à l'Elysée, est-ce que vous appliquerez à la France ce que vous avez fait à Paris ? Ou est-ce qu'il y aura une deuxième Anne Hidalgo plus souple ? Est-ce que vous direz par exemple à un habitant de la Creuse, votre diesel dans 5 ans, c'est fini ?
D'abord, c'était la formule de Jacques Chirac quand il disait je ferai pour la France ce que j'ai fait à Paris. Ce serait votre cas aussi ou pas ? Ce que je dis régulièrement, notamment dans mon tour de France avec mon équipe de France des maires et j'espère là des présidents de région, j'ai pas cité Loïc Chenet-Girard. Girard, comme ça vous allez citer les 5. On peut revenir à ma question. Et je reviens à votre question. Mais évidemment que les solutions ne peuvent pas être les mêmes partout.
les solutions des grandes villes, les solutions des grandes métropoles qui ont un réseau de transports en commun, parce qu'il faut privilégier les transports en commun, qui ont des problèmes de pollution atmosphérique essentiellement liés à la place du trafic routier, ne sont pas les mêmes que celles d'une région très rurale.
La France n'est pas Paris. Et vous voulez échapper à ce reproche qui commence à vous être faite ?
Ce n'est pas du tout un reproche. Vous savez, quand je vais dans les différentes villes, je suis allée encore à Clermont récemment, en Bretagne, en Ardèche, dans le nord de la France, les gens sont contents qu'on vienne les voir et qu'on discute des solutions. Et moi, vous savez, je suis profondément décentralisatrice. Ce qui manque d'ailleurs à ce gouvernement, qui a été dans une centralisation extrême des pouvoirs, je pense qu'il y a beaucoup de solutions. On parle de pollution, mais parlons par exemple des solutions industrielles.
Lorsque je vois à Clermont-Ferrand les syndicats CGT, CFDT, CGC, que j'ai rencontrés, qui portent des projets de réindustrialisation envers et contre tout, sans être soutenus par le niveau national, bien sûr que les solutions, elles sont locales. Il faut partir de la réalité, de la vie de nos concitoyens. Et en matière, par exemple, de déplacement dans des zones très, très rurales, d'abord, il faut aider, beaucoup plus sur les aides aux véhicules individuels propres. Il faut plus de ferroviaires et il faut du transport en commun.
Et la solution n'est pas unique, on l'aura entendu à vos propos. Toute dernière question, Anne Hidalgo, que ferez-vous le 10 avril prochain ?
Écoutez, oui, j'ai cru comprendre qu'il y avait une élection. C'est la date du premier tour de l'élection présidentielle.
Est-ce qu'il y aura face à vous un bulletin à Anne Hidalgo ?
D'abord, vous savez, ce que j'essaye de construire avec toute cette équipe de France, des élus locaux, des maires, et dans un contexte où clairement, les Français ne veulent pas du match annoncé depuis des mois et des mois, Le Pen-Emmanuel Macron, je veux aider à construire une autre offre politique.
Avec un bulletin à votre nom où la décision n'est pas encore prise.
Ça, on le verra. Vous savez, je pense qu'il faut être dans des démarches collectives et il faut apporter des solutions au pays. Je l'ai dit tout à l'heure, il faut repartir de la vie quotidienne. La question des salaires est une vraie question. La question du logement, la question de la santé, de l'éducation sont des sujets sur lesquels, aujourd'hui, les classes moyennes décrochent. On a besoin de redonner confiance à ce pays, redonner confiance dans la démocratie et bien sûr, avoir un cap qui est la transition écologique. Autour de ces idées, nous travaillons, nous sommes un collectif.
Je reviendrai évidemment, mais je pense que la France a besoin de retrouver ce dialogue respectueux, ce dialogue posé sur les différentes solutions qui s'offrent à elle. Et je serai là avec toute une équipe pour proposer une autre solution que ce qui nous est proposé par Emmanuel Macron ou par le Rassemblement National.
Et on aura l'occasion, Anne Hidalgo, d'en reparler durant les 291 jours désormais qui nous séparent du premier tour de l'élection présidentielle. Merci et bonne journée à vous.
Merci à vous.
Anne Hidalgo