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interviewEurope 1 — L'interview politique du week-end· 13 décembre 2025 10 min

Dermatose bovine : «Le gouvernement fait de l'abattage de masse, qui est la logique la moins efficace » estime le député insoumis Hadrien Clouet

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Et à 8h13 sur Europe 1, l'invité de ce Europe 1 matin week-end, c'est Adrien Clouet, député de la France Insoumise de Haute-Garonne. Bonjour Adrien Clouet. Bonjour. Pour commencer, je voulais évidemment vous faire réagir sur la détresse et la colère paysanne. Je rappelle aux auditeurs d'Europe 1 qu'il y a des blocages actuellement en cours sur la 64 à hauteur de carbone dans le sud-ouest de Toulouse. Ils sont en colère parce qu'hier notamment en Ariège, plus de 200 bovins ont été euthanasiés après la découverte d'un cas de dermatose nodulaire contagieuse. Ils sont désemparés nos agriculteurs parce qu'il y avait peut-être un autre chemin que celui d'abattre tout un troupeau.

Pensez-vous d'ailleurs Adrien Clouet qu'il y avait un autre chemin justement pour nos agriculteurs ?

0:43
Hadrien Clouet

Tout à fait, je le comprends parfaitement. D'abord que tout le monde comprenne bien, cette dermatose est une maladie qui provoque des nodules, de la fièvre, beaucoup de douleur chez les animaux. Et ça pose des gros problèmes parce que du coup les animaux ils maigrissent, ils donnent moins de lait ou ils deviennent infertiles. Bon, ça c'est un peu les soucis que ça pose pour les éleveurs, il faut intervenir. Or ce que fait le gouvernement, vous l'avez dit, c'est de l'abattage de masse de manière indiscriminée. Et pourquoi il fait ça le gouvernement ? C'est pas juste parce qu'il se trompe, c'est parce que d'abord il n'y a pas de stratégie cohérente sur la santé animale.

Et ensuite parce qu'ils refusent de vacciner, qui est le seul élément de prévention utile sur l'ensemble d'un pays. Pourquoi ils refusent de vacciner en fait ? Parce qu'ils vivent dans l'illusion que la France est indemne, qu'il n'y a pas de contamination ou d'épidémie en France. Et comme ça ils veulent continuer à exporter, mais c'est juste pour ça qu'ils s'y refusent. Or du coup plus on attend avant de faire une vaccination générale, comme le demandent les syndicats d'agriculteurs, et bien plus on laisse l'épidémie courir.

1:35
Présentateur

Alors ils ont demandé, je me permets juste de vous reprendre sur ce point Adrien Clouet. J'ai cru comprendre que justement le gouvernement voulait étendre la vaccination à d'autres départements en Occitanie. On a écouté aussi sur notre antenne M. Sapin qui nous disait qu'il fallait justement vacciner, que c'était un point important.

1:53
Hadrien Clouet

Mais ça fait des mois en fait qu'on le demande et que les agriculteurs le demandent depuis le mois de juillet. Il y a la demande d'une vaccination générale et puisque ce n'est pas fait, c'est la raison en fait pour laquelle on est dans l'abattage de masse, qui est la logique la moins efficace. Et puis par ailleurs qu'il nécessite aussi des mesures de biosécurité qu'il va falloir financer. Un exemple très simple, que les camions d'écarissage soient bâchés pour éviter les contaminations. Et puis parce que l'abattage pose plein de problèmes aussi chez les exploitants.

Il y en a plein qui ont des problèmes évidemment économiques, parce que vous imaginez, ils perdent tout leur élevage alors qu'on aurait pu réfléchir avant et vacciner. Et puis des problèmes psychologiques, parce que quand toutes vos bêtes sont abattues en quelques heures chez vous par des autorités publiques, évidemment que c'est traumatisant aussi pour l'éleveur.

2:33
Présentateur

Donc pour vous, très clairement, vous le dites ce matin sur Europe 1, un cas de dermatose détecté dans un troupeau de bovins, il ne faut pas systématiquement, ce que préconisent certains vétérinaires, abattre l'ensemble du troupeau et les 200 vaches qui suivent.

2:49
Hadrien Clouet

Tout à fait, il faut mettre évidemment de côté en quarantaine l'animal en question. Et puis surtout, il faut enfin lancer ce plan de vaccination qui est demandé par tous les syndicats agricoles et par la France Insoumise depuis juillet dernier.

2:59
Présentateur

Dans l'actualité également, Adrien Clouet, la liquidation judiciaire du groupe Brandt, elle a été prononcée jeudi. Le congloméral Gérardien-Cévital, qui détenait l'entreprise, n'a pas réussi à redresser la situation. 700 salariés sur le carreau. Quelle est votre réaction et pourquoi avons-nous échoué, Adrien Clouet, sur ce dossier ?

3:17
Hadrien Clouet

C'est évidemment désolant. Une grande entreprise d'électroménagers qui produisait en France, qui est liquidée par le tribunal de commerce, c'est 750 emplois qui sont en jeu. Ce qui d'abord est choquant, c'est que l'État n'a toujours pas fait appel via le procureur. Parce que lorsque le tribunal de commerce liquide l'entreprise, l'État peut demander à faire appel. D'autant qu'il y avait un projet alternatif, un projet de coopérative, soutenu notamment par Revive, qui était balayé sous la pression aussi de fonds étrangers et dans l'absence de soutien public. Tout à fait une coopérative de production, une scope, dans laquelle l'État ne propose...

3:47
Présentateur

300 emplois.

3:49
Hadrien Clouet

C'est ça. Alors pourquoi que 300 d'ailleurs ? Vous avez raison. Parce que l'État se refusait à apporter plus de 5 millions d'euros dans le prêt initial, ce qui est déjà un problème. Et je voudrais aussi souligner que cette entreprise, si elle est liquidée, c'est dans le cas d'une complicité avec un oligarque, puisque le groupe C'est Vital, vous l'avez évoqué, qui est actionnaire depuis 10 ans de Brandt, et dirigé par Issa Drébrabe, qui est un très proche de Macron, il dîne avec lui à la table présidentielle au sommet Choose France. Donc on a des gens très proches de l'exécutif qui sont à la tête de tout cela.

Et l'abandon ne peut se faire dans l'ignorance des pouvoirs publics, visiblement c'est préparé. Alors qu'est-ce qu'on peut faire aussi, moi en tant que député ? Parce que très concrètement, qu'est-ce qu'il faut faire maintenant ? Quel est le message ? Bien sûr, il faut lever les fonds nécessaires, notamment BPI France doit faire l'apport pour que le projet de coopérative ait lieu. Il faut que l'État fasse appel à la décision du tribunal de commerce en disant qu'il est prêt à monter, à mettre un peu plus d'argent et de prêts pour garantir tous les emplois dans le cadre d'une coopérative.

Et puis il faut que la loi enfin applique ce que nous on demande les insoumis depuis 20 ans, un droit de préemption. C'est-à-dire que lorsqu'il y a différents projets sur une entreprise, ce soit la reprise par les salariés qui passe en premier.

4:51
Présentateur

C'est très clair, on a bien compris votre position Adrien Clouet sur ce sujet. Je voulais aussi vous faire réagir ce matin Adrien Clouet sur cette information en Autriche. Vous avez sûrement vu passer cette info, monsieur le député. Le port du voile à l'école est désormais interdit pour les filles de moins de 14 ans. Est-ce une mesure de protection, comme le dit l'Autriche, ou selon vous, une atteinte aux libertés religieuses ?

5:13
Hadrien Clouet

En l'espèce, c'est une politique discriminatoire puisqu'elle ne cible que des gamines musulmanes. On n'est pas dans une politique comme la France, où il y aurait une législation sur tous les signes religieux sortatoires à l'école. On est sur une politique qui ne parle que du port du voile pour des petites qui sont musulmanes. Ça me semble d'autant moins acceptable qu'on est en Autriche. C'est un pays où, depuis le Concordat de 1933, il y a des croix et des crucifixes dans les hôpitaux et toutes les écoles.

Ça veut dire que dans les mêmes écoles où il y a un crucifixe, dans un pays où on fait payer l'impôt religieux aux gens, on va en revanche interdire seulement aux musulmanes d'avoir un signe religieux. Ça veut dire d'abord qu'un gamin qui a une grande croix autour du cou peut l'avoir, ce qui me paraît poser problème en fait, dans une même classe. Et je comprends bien, au vu de son histoire, que l'Autriche ne va pas interdire par exemple vous faire la chasse aux enfants qui portent la kippa. Ça me semble tout à fait cohérent. Ils l'ont déjà fait à une époque. Donc ils sont surtout dans une situation discriminatoire.

6:05
Présentateur

Est-ce que vous comprenez, M. le député, que certaines personnes, en Autriche mais en France aussi, voient une soumission de la femme qu'on cache finalement dès son plus jeune âge et qui disent aussi, attention, on tient à nos valeurs de liberté. On veut vivre dans une société où les femmes ont les cheveux au vent, une société où nous sommes les cheveux libres. Cette liberté qui est quand même très chère aussi à l'Europe. Vous leur répondez quoi à tous ceux qui sont inquiets de voir aussi peut-être leur tradition et leur culture catholique petit à petit reculer ?

6:35
Hadrien Clouet

D'abord que si jamais il y a une personne ou une jeune en l'occurrence qui est sous emprise de ses proches, la loi l'interdit déjà. Donc le sujet est de savoir est-ce que quelqu'un est forcé à faire quelque chose et ça, les législations le prévoient. D'ailleurs je remarque que c'est parce qu'on coupe les postes d'éducateurs spécialisés ou de travailleurs sociaux que du coup on ne peut plus repérer ces cas-là. Mais donc ça existe déjà, la loi l'interdit. Mais moi je ne suis pas sûr que toutes les personnes malheureusement qui vivent les cheveux au vent soient totalement libres sur tous les points. Pourtant je leur souhaite, il faut se battre pour cela.

Mais dans le cas d'Espèce, vous voyez très bien qu'il s'agit vraiment d'une politique qui concerne le voile. Et d'ailleurs je rappelle qu'en 2019, les Autrichiens avaient déjà voulu interdire le voile en école primaire. Ça avait été annulé par leur cour suprême parce que c'était du ciblage religieux des musulmans uniquement. C'est quand même incroyable qu'ils refusent en fait d'interdire les signes religieux ostentatoires pour toutes les religions.

7:23
Présentateur

Ce qui serait un rapport d'égalité. Et puisqu'on parle de notre culture chrétienne, notre culture chrétienne, pardon, historique. Je ne sais pas si vous avez vu cette polémique à Montrouge en banlieue parisienne où le spectacle historique, un spectacle qui retrace l'histoire de France, de sa naissance. On parle de nos cathédrales, du général de Gaulle. Ce spectacle a été censuré puisqu'il est jugé trop à droite, trop conservateur, trop réactionnaire par des élus de gauche, de la France Insoumise d'ailleurs si je ne m'abuse. C'est quand même triste de voir ce spectacle annulé. Il devait se jouer le 18 décembre, ce spectacle à Montrouge, historique.

Vous ne regrettez pas que ce spectacle finalement soit annulé, Adrien Clouet ?

8:04
Hadrien Clouet

Non, moi je ne le regrette pas d'abord. Pourquoi ? Parce que je pense que la culture en France, vous l'avez dit à l'instant mais je reprends vos termes, elle n'est pas que catholique, elle est très plurielle. Il y a plein de gens dans ce pays qui croient, qui ne croient pas, qui ressentent quelque chose de fort. En voyant du patrimoine religieux, d'autres qui ne le ressentent pas. Et je pense que tout le monde vit très bien ensemble et que c'est une bonne chose.

8:21
Présentateur

Oui mais c'est l'histoire de fédérer derrière ce passé historique.

8:25
Hadrien Clouet

Oui mais en fait l'histoire n'est pas là pour fédérer, c'est intéressant ce que vous dites. L'histoire n'est pas là pour comprendre, elle n'est pas là pour faire des récits nationaux où on marcherait au garde-à-vous sous un récit unique. Elle est là pour apprendre ce qui s'est passé et que tout le monde puisse réfléchir à ce qui se passera plus tard. Ça c'est le sens de l'histoire. Maintenant Historoc en question, c'est une œuvre culturelle qui est financée par l'évadé fiscal milliardaire d'extrême droite, etc. qui comporte beaucoup d'erreurs historiques. Moi je ne trouve pas que c'est une bonne idée d'emmener des gamins, voir des choses qui ont des erreurs historiques.

8:53
Présentateur

Par exemple l'idée que Henri IV, Jean d'Arc, Louis XIV, Napoléon, c'est quand même nos personnages historiques qui sont des personnages importants, qui ont compté dans l'histoire de France.

9:03
Hadrien Clouet

Oui bien sûr ça a compté. Mais d'abord en régime scolaire, on ne devrait pas dire Saint Louis mais Louis IX, ça serait une bonne chose. Je rappelle que c'est quand même le premier qui a inventé les discriminations contre les juifs et les juifs en France. Mais bon, je mets ça de côté. Mais ce spectacle dit des bêtises. Par exemple que Henri IV serait le père de la laïcité, je pense que ce n'est pas bien d'aller apprendre à des gamins des bêtises. Avec l'éducation nationale.

9:22
Présentateur

Après on est sur un débat d'historien mais c'était plutôt je crois un spectacle plutôt bon enfant et qui revenait sur notre culture. Mais on a bien compris votre point de vue Adrien Clouet.

9:31
Hadrien Clouet

Pas dans le cadre de l'éducat, s'il y a des erreurs, vous voyez c'est quand même bizarre d'emmener les petits élèves à un spectacle comme ça.

9:37
Présentateur

Merci à vous. Merci d'avoir été avec nous ce matin dans Europe 1 Matin Weekend. Adrien Clouet, député de la France Insoumise en Haute-Garonne.

Dermatose bovine : «Le gouvernement fait de l'abattage de masse, qui est la logique la moins efficace » estime le député insoumis Hadrien Clouet — Hadrien Clouet · Pourquijevote