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InterviewC à vous (sur YouTube)· 1 avril 2021 19 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEurope & international

Emmanuel Macron, du "Je" au "Nous" - C à Vous - 01/04/2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Quand le « nous » d'un président n'est pas de majesté, mais un encouragement à tenir encore quelques semaines.

  • 0:42OuverteRéponse partielle

    Le « nous » a remplacé le « je » puisqu'on reproche si souvent à Emmanuel Macron de décider seul. Et ce n'est pas anodin ?

  • 0:55OuverteRéponse directe

    Et ce n'est pas anodin, Natacha Polony ?

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Avec le sourire, j'ai envie de vous demander si les mesures sont aussi enfermistes que vous l'auriez souhaité.

  • 4:44OuverteRéponse directe

    Cet équilibre-là, il vous convainc, il vous parle ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Les efforts, ils seront faits, mais voilà, ça fait un an qu'on est dedans. La motivation, le psychologique, ça commence à être difficile.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueChiffre
    « Nous aurons été au moins 4,5 millions à contracter la maladie. »
  • 5:57InvitéFait
    « la promesse d'Olivier Véran au mois de juin dernier de 12 000 lits de réanimation. Hier, il nous explique qu'on est à 7 000, on va monter à 10 000. »
  • 14:11InvitéFait
    « Les données d'efficacité et de tolérance ont l'air tout à fait satisfaisantes. »
  • 16:59InvitéChiffre
    « Avec 90 millions de doses qui nous ont fait défaut de l'AstraZeneca. »

Temps de parole

  • Invité38 %
  • Invité 231 %
  • Invité 319 %
  • Emmanuel Macron5 %
  • Présentateur3 %
  • Invité 42 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Quand le « nous » d'un président n'est pas de majesté, mais un encouragement à tenir encore quelques semaines.

0:06
Emmanuel Macron

Mes chers compatriotes de métropole, de l'outre-mer et de l'étranger, où en sommes-nous aujourd'hui ? Nous devons, pour les mois à venir, fournir chacun un effort supplémentaire. Nous avons tous consenti des efforts importants. Nous aurons été au moins 4,5 millions à contracter la maladie. Nous allons tenir encore. C'est ainsi que nous pourrons rebâtir ce chemin d'espoir.

0:34
Présentateur

Bonsoir Natacha Polony, directrice de la rédaction de Marianne, carré de la combe-chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Henri-de-la-Paris. Merci de votre présence à toutes les deux. Le « nous » a remplacé le « je » puisqu'on reproche si souvent à Emmanuel Macron de décider seul. Hier, le pronom personnel n'était pas tout à fait le même que d'habitude. Et ce n'est pas anodin, Natacha Polony ?

0:57
Invité

Non, mais rien n'est jamais anodin dans un discours politique de cet ordre-là. Et les différentes thématiques abordées, la scansion, le début, qui est en fait une réponse directe à ceux qui, depuis des semaines, expliquaient qu'il fallait confiner tout de suite. Il y a différentes étapes qui sont là pour justifier les choix qui ont été faits. Et ça peut se décrypter. Donc il est assez logique, là, que le « nous » serve, en fait, à emmener un maximum de gens. Bon, c'est une pratique de rhétorique assez normale. Convaincante ? Alors, convaincante.

Je pense qu'Emmanuel Macron a fait des choix, qu'il y a eu un tort dans son entourage depuis quelques semaines qui était de parler de Paris à propos de ce choix. Je pense que c'était une grosse erreur. Ça s'appelle un arbitrage. Que cet arbitrage ait été le bon ou le mauvais, je pense que la question est de savoir, est-ce qu'il avait les moyens, ensuite, de monter en puissance et de mener la politique nécessaire pour que cet arbitrage se passe bien. C'est ça qu'il faut se poser comme question. Je ne pense pas que l'arbitrage qu'il avait opéré soit totalement illégitime.

Il me semble qu'au vu de la complexité de la situation, des souffrances engendrées, de la lourdeur de ce que constitue un confinement, et on vient de le voir dans les quelques extraits que vous avez passés, ce n'était pas complètement idiot de tenter au maximum de maintenir les choses ouvertes. Tout le problème est de savoir si derrière, on a les moyens de suivre en termes de vaccins, en termes de tests, en termes tout simplement de moyens pour l'hôpital public. C'est tout cela aussi qu'il faut poser comme question.

Professeur Karine Lacombe, vous faites partie de ces médecins hospitaliers qui ont sonné l'alerte ces derniers jours, qui ont demandé des mesures fortes pour stopper le tsunami qui menace d'engloutir les services de réanimation, au point de vous faire traiter d'enfer miste. Avec le sourire, j'ai envie de vous demander si les mesures sont aussi enfermistes que vous l'auriez souhaité. Je pense que ce que l'on souhaite tous, c'est retourner à une vie normale. On a une perspective qui est la vaccination, qui semble être quand même la seule clé pour qu'on retourne à une vie normale dans les mois à venir.

Et les mesures qui ont été prises actuellement, on ne peut pas dire que ce sont des mesures enfermistes. Et d'ailleurs, le président a bien dit que ce sont des mesures de freinage. Il a de nouveau employé le même terme. Il n'a pas employé le terme de confinement, il a employé le terme de freinage. On voit bien qu'on s'est placé, et ça, ça a été l'option qui a été prise ces derniers mois, de se placer non pas dans une optique de vivre sans le virus, de zéro Covid, mais de vivre avec le virus et d'attendre que la campagne de vaccination fasse effet. Et on a pris l'option de vivre avec le virus présent de façon très importante.

Et le but actuel qui est poursuivi, c'est de vivre avec un taux d'infection assez élevé, mais pas trop. Et pour maintenir ce taux d'infection pas trop élevé, on a des mesures de freinage. Ce ne sont pas des mesures de blocage, ce sont vraiment des mesures de freinage. Est-ce qu'elles seront suffisantes, ces mesures, pour empêcher encore une fois la thrombose des hôpitaux ? Oui, ce que l'on espère, c'est que même à un niveau élevé, qu'on n'aille pas encore à un niveau plus élevé, mais qu'on maintienne ce niveau pas plus élevé que ce qu'il est maintenant, de façon à ce que la campagne de vaccination ait le temps d'agir.

Donc on est encore dubitatif, mais on est tous aussi portés par l'espoir que ça marche. Emmanuel Macron a parlé d'équilibre hier soir. Il a présenté les choses de cette façon, dans un équilibre entre les nécessités de santé publique et les nécessités de la vie sociale. En quelque sorte, ce ne sont pas ces termes, mais c'était l'idée. Cet équilibre-là, il vous convainc, il vous parle, Natacha Polanyi ? Oui, oui. Enfin, je veux dire, il faut rester une fois de plus, on ne le redira jamais assez, assez humble face à des choix, qui sont des choix extrêmement complexes.

Or, il me semble que ce qu'on mesure assez difficilement, ce seront les dégâts à long terme de cette épidémie, des différents confinements qui ont eu lieu, les dégâts sur des gens qui, tout simplement, n'ont plus rien à manger, n'ont plus de quoi vivre. Il y a des gens qui n'ont pas travaillé depuis quasiment un an. Je pense qu'il faut bien avoir conscience. Vous voyez, moi, s'il y a un confinement, je suis payée à la fin du mois, je suis salariée. Voilà, il y a des gens qui ne sont pas salariés. Il y a des gens pour qui c'est une catastrophe absolue, des gens qui ont perdu le résultat de toute une vie de travail, un patrimoine qui part en fumée.

Il y a des souffrances de la part des enfants aussi. On a vu des décrochages absolument majeurs. Donc, on ne peut pas, en fait, faire ce genre de choix en ayant un seul critère en tête. La question sanitaire est fondamentale. L'engorgement des hôpitaux est un problème. Et on peut critiquer Emmanuel Macron, par exemple, sur un point, la promesse d'Olivier Véran au mois de juin dernier de 12 000 lits de réanimation. Hier, il nous explique qu'on est à 7 000, on va monter à 10 000. Où sont passés les 12 000 lits ? Ça, il faut interroger le pouvoir là-dessus.

En revanche, se dire qu'on doit prendre en compte tous les critères qui sont des critères de vie et de mort, parce que c'est aussi la vie de savoir si on va permettre à des gens de survivre, de ne pas basculer et aller en hôpital psychiatrique, il y a tout ça. Les 12 000 lits qui avaient été annoncés à l'été dernier, ce n'étaient pas des lits permanents, ce n'étaient pas des lits pérennes. C'est les hôpitaux, dans les hôpitaux, on en reparlera, on désarme des lits, on les réarme pour en faire des lits de réanimation. Mais il y a aussi cet effort supplémentaire qu'a demandé Emmanuel Macron dès le début de son allocution aux soignants.

Et ça, vous allez voir, semblait jeter un coup de froid dans les hôpitaux, dans les services.

6:46
Emmanuel Macron

Nous devons, pour les mois à venir, fournir chacun un effort supplémentaire. C'est cela, ce que je nous demande collectivement ce soir. Un effort des soignants, d'abord, pour augmenter nos capacités en réanimation.

7:02
Présentateur

Les efforts, ils seront faits, mais voilà, ça fait un an qu'on est dedans. On le fait, on est là, mais voilà, la motivation, le psychologique, ça commence à être difficile.

7:15
Emmanuel Macron

Tous les volontaires de la réserve sanitaire, tous, sont mobilisés, seront mobilisés de manière accrue pour porter dans les prochains jours notre capacité à un peu plus de 10 000 lits.

7:26
Invité

Ce n'est pas ce qu'on appelle des lits armés, des lits sans respirateur, sans infirmiers, sans médecins pour s'en occuper. C'est juste un lit, quoi. Karine Lacombe, d'abord, sur l'effort des soignants. J'ai entendu des témoignages de soignants qui disent qu'on est à 90 heures hebdomadaires dans certains hôpitaux ou dans certains services. Bien sûr, oui, oui, oui. Bien sûr. Ça fait un an qu'on est sur le front. C'est ce qu'il faut comprendre. Et on travaille le jour, on travaille la nuit, on travaille les week-ends.

Évidemment, heureusement, à tour de rôle, mais on a repris des gardes de nuit, on a augmenté les gardes de week-end parce que s'occuper de 40 malades Covid, ce n'est pas s'occuper, pour l'exemple des maladies infectieuses, de 40 malades avec des pathologies infectieuses. Ça demande beaucoup, beaucoup plus de travail, beaucoup plus de personnel. C'est beaucoup, beaucoup plus lourd. Et avoir 90, et pour le cas de mon service, par exemple, 100% des lits occupés par des patients Covid, bien, que fait-on des autres malades ? Pour moi, je parle des maladies infectieuses, mais c'est pareil pour la cardiologie, la neurologie. Donc, c'est ça qu'il faut arriver à faire comprendre.

C'est qu'on parlait tout à l'heure des choix des arbitrages qui ont été faits, mais on parle des malades Covid, mais il faut aussi parler des autres. Il faut aussi parler des retards qui sont pris pour prendre en charge des pathologies cancéreuses, etc. Et en fait, c'est vrai que l'impact sanitaire, on a tendance à le mesurer à l'instant présent, mais il faut aussi savoir qu'à moyen-long terme, on va avoir un impact sanitaire majeur. Et sur les livres d'animation, sur leur nombre, et sur la capacité... C'est tout le temps le grand débat. Oui, alors, on dit oui. Évidemment, dans les lits de réanimation, vous comptez aussi les malades qui ne sont pas intubés, ventilés.

Mais un lit de réanimation avec des malades non intubés, ventilés, ce sont quand même des malades qui nécessitent des soins extrêmement lourds, beaucoup plus que des malades traditionnels en salle de médecine. Donc, ce sont des lits de soins intensifs. Des lits de soins intensifs, c'est comme ça qu'on arrive aux 10 000 ? Bien sûr, oui. Les soins intensifs et les malades d'intubés, ventilés, mais qui demandent un travail extrêmement important, bien plus important que des malades plus classiques. Et aujourd'hui, contrairement à l'an dernier, est-ce que les respirateurs sont en nombre et sont en nombre suffisant ? C'est ce qu'a dit la PHP qui dit qu'il y en avait plus.

Ah bah oui, oui, on en a beaucoup plus. Il y en avait beaucoup plus. On en a beaucoup plus, bien sûr. Et on fait d'ailleurs de la réanimation. Par exemple, l'oxygénothérapie à haut débit, on en fait maintenant dans des salles de médecine, ce qui n'a jamais, enfin, ce qui n'était pas concevable avant l'épidémie de Covid. Et on en fait aussi à domicile, parce qu'il y a 5 000 malades qui sont hospitalisés à domicile et la plupart sous oxygénothérapie. Alors attention, oui, l'oxygénothérapie, mais pas au débit. Pas au débit. C'est impossible à faire à domicile. Mais c'est important de le dire, parce qu'il y a eu des confusions dans les médias ces derniers temps. D'accord.

Sur le plan politique, l'Assemblée nationale, ce matin, on en a vu quelques images comme un théâtre. L'opposition s'oppose, affirme que le gouvernement a tout raté et refuse des mesures annoncées la veille par le président de la République. et le Premier ministre s'énerve. Mesdames et Messieurs les députés, je vous écoute, mardi après mardi. Mais quelle était la musique de ces interventions ? Les commerces ne les fermaient pas. Les stations de ski ne les fermaient pas. Les universités, rouvrez-les. J'ai entendu ça depuis des semaines pour ne pas parler des discothèques. Et aujourd'hui, voilà que nous serions trop mous, trop tardifs. C'est formidable.

Jean Castex qui s'est aussi énervé sur les Yaka Faucon pour ceux qui réclament une accélération de la campagne de vaccination. Et d'ailleurs, les critiques de l'opposition que j'ai entendues ce matin portaient, il me semble, davantage sur la lenteur de la campagne de vaccination que sur les mesures annoncées hier soir. Natacha Polony, votre regard sur ce que j'ai appelé un théâtre ? Oui, alors le terme théâtre peut paraître péjoratif, mais c'est vrai qu'on est frappé par la capacité de certains à jouer la partition qu'on attendait qu'ils joueraient. Un point quand même.

La question, en effet, de savoir si la campagne de vaccination a été suffisamment rapide, même si on peut, en toute honnêteté, dire que ce n'est pas ce gouvernement qui est responsable des lenteurs. Pas seulement, en tout cas, et peut-être moins que, par exemple, les lenteurs de l'Union européenne, des choix logistiques qui ont été faits. Donc on peut reconnaître cela et pour autant se dire que les choix qui étaient ceux d'Emmanuel Macron, de ne pas reconfiner, ne tenaient que si on amplifiait cette campagne de vaccination.

D'ailleurs, on pourrait ajouter, il fallait amplifier cette campagne de vaccination plus, essayer davantage de trouver des solutions de traçage, d'isolement, etc., des grandes campagnes de tests, les tests salivaires promis à l'école. Ont-ils été assez rapides ? On peut poser légitimement ce genre de questions. Ce n'est pas indigne. Et c'est le rôle d'une opposition. La frustration de l'opposition, là, vient du fait que, de fait, ce genre de moment de débat n'a pas été suffisamment mis en œuvre pendant un an de pandémie. C'est-à-dire que, quand on voit la façon dont le Parlement britannique, notamment, a continué son travail, ses débats, ses discussions, on n'a pas ça en France.

12:52
Présentateur

Angela Merkel aussi qui réunit les landers, les heures et les heures de négociation.

12:54
Invité

Exactement. D'où le fait qu'on se retrouve avec cette impression d'un jeu de pantomime inutile, ce qui est dommageable pour la démocratie. Parce qu'à la limite, ce qu'il faudrait pouvoir tirer de cela, c'est le fait d'accepter certaines idées venant de l'opposition qui ne sont pas forcément idiotes. Il faut écouter, par exemple, ce que propose la France insoumise. Il n'y a pas que des critiques dans ce que propose Jean-Luc Mélenchon. Il y a aussi des idées, notamment des idées, alors j'étais sur les protocoles sanitaires à l'école, sur la façon d'aérer, de ventiler de façon massive. Tout ce genre de choses devraient pouvoir être débattues sereinement. Ça n'a pas été fait, c'est dommage.

Karine Lacombe, il y a eu une convergence droite-gauche qui s'est affichée ce matin sur la question du vaccin russe. Spoutnik, Éric Ciotti, avec des arguments différents, mais Éric Ciotti à droite et Jean-Luc Mélenchon à gauche, Jean-Luc Mélenchon a dit que c'était pour des raisons idéologiques, ont fustigé l'un et l'autre le non-recours au vaccin russe. Est-ce qu'ils ont raison et est-ce qu'on pourrait éventuellement s'en servir d'une façon ou d'une autre de ce vaccin russe, à votre avis ? Oui, non, non, mais ce n'est pas des raisons idéologiques. Dire ça, c'est ne pas comprendre comment fonctionne l'homologation de n'importe quel médicament en Europe. Et heureusement...

Mais est-ce que ça fonctionne bien et suffisamment... Alors, en fait, ce qui se passe avec le vaccin Spoutnik V, c'est que les données d'efficacité et de tolérance ont l'air tout à fait satisfaisantes. Les données qui ont été rapportées, qui ont été publiées il y a maintenant 4 semaines, montrent que c'est un vaccin qui est un vaccin de la même famille, d'ailleurs, que l'AstraZeneca ou le Janssen, et qui semblent avoir vraiment des résultats intéressants. Et donc, maintenant, ce qu'il faut faire, c'est le présenter à l'Agence européenne du médicament pour qu'il soit évalué et ensuite qu'il y ait les capacités de production derrière. Il semblerait qu'il y ait deux limites actuellement.

C'est la capacité de l'agence russe qui fabrique ce médicament de le présenter à l'Agence européenne du médicament et ensuite, surtout, la capacité de production de ce vaccin. Et pour l'instant, il semble qu'il y ait de gros problèmes de ce côté-là. Vous regardez la population russe, il y a finalement très peu de personnes en Russie qui sont vaccinées. Mais au-delà de ça, on n'a pas tellement d'inquiétude sur... Les Russes n'arrivent pas à le produire et on n'a plus de capacité de production pour éventuellement... Oui, voilà. Mais après, il faut que le dossier soit examiné par l'Agence européenne. C'est un problème idéologique. C'est un problème politique ou un problème européen ?

Je vais vous dire très sincèrement, je ne sais pas pour l'instant. Pour l'instant, je n'ai pas les moyens, moi, de savoir si c'est un problème idéologique ou pas. Ça mérite d'être étudié. Est-ce que les Russes ont mis trop de temps à donner les différents éléments qui permettent d'être jugés ? Est-ce que ça a traîné du côté de la Commission européenne ? Ça, pour l'instant, moi, je ne le sais pas. En revanche, ce qui est frappant, c'est le fait que l'Allemagne soit aujourd'hui en train d'envisager de jouer cavalier seule sur ce plan-là pour accélérer les choses. Comme si l'Allemagne considérait qu'il y a une lenteur de la part de l'Union européenne.

Ce qui est en train de fracturer un petit peu plus encore la stratégie vaccinale européenne. Et la Merkel a dit, s'il n'y a pas d'achat groupé par l'Union européenne, nous pourrions envisager d'en acheter pour nous-mêmes. Exactement. Donc, il semble que ce soit quand même un élément à prendre en compte dans la façon dont on regarde le problème. L'accélération de la vaccination, elle est maintenant programmée avec un agenda tel qu'Emmanuel Macron l'a fixé, avec un rythme. Vous avez regardé ça, Karine Lacombe ? Oui, oui. Alors, pour faire écho à ce que vous avez dit, c'est vrai que le problème, en fait, il n'est pas français.

Quand on regarde l'accès à la vaccination sur toute l'Europe, tous les pays européens se tiennent. Par exemple, on est vraiment parallèle à ce qui se passe en Allemagne. Mais il y a un vrai problème. C'est évident qu'il y a un vrai problème de conception de la campagne européenne de vaccination qui remonte à plusieurs mois en arrière, au moment de la négociation, de l'achat des vaccins, de la fabrication. Ça, il faudra en tirer les leçons pour plus tard. Bien sûr. En tout cas, actuellement... Avec 90 millions de doses qui nous ont fait défaut de l'AstraZeneca. Voilà. C'est quand même pas une paille.

Actuellement, c'est sûr que toutes les mesures de freinage qui ont été énoncées hier n'auront pas d'impact si on n'arrive pas à vraiment accélérer. Et je trouve qu'il y a encore un pari sur la campagne de vaccination parce qu'on annonce des échéances sur l'ouverture de la vaccination en fonction des tranches d'âge. Et on voit qu'on va changer de stratégie. On ne va plus vacciner uniquement pour prévenir la mortalité, mais pour prévenir la transmission, parce qu'on va vacciner de plus en plus jeunes. Encore faut-il être sûr que les livraisons de vaccins vont avoir lieu. Et moi, je trouve qu'on a encore quelques inconnus là-dessus.

17:40
Présentateur

Oui, avec le calendrier d'une réouverture mi-mai, c'est un nouveau pari que prend Emmanuel Macron.

17:45
Invité

Là, pour le coup, oui, puisque ça ne dépend pas de lui. En revanche, la chose qu'on peut reprocher à Emmanuel Macron sur ce plan-là, c'est tout simplement d'avoir toujours soutenu un système qui aboutit au fait que nous n'ayons pas les moyens de produire suffisamment de vaccins, qui a toujours soutenu un système qui aboutit au fait que nous n'avons pas suffisamment pensé les capacités, la logistique, les capacités d'action de l'Union européenne. C'est-à-dire qu'on s'aperçoit qu'on a un mastodonte qui est totalement enquisté. Et ça, c'était prévisible avant. On le savait, mais il faut une crise pour que ça apparaisse au grand jour. Ça, on peut le lui reprocher.

Mais après, on ne va pas lui reprocher directement de ne pas pouvoir accélérer la vaccination maintenant. Mais c'est vrai que gouverner ses prévoirs, ça aurait été pas mal. Merci beaucoup à toutes les deux.

Emmanuel Macron, du "Je" au "Nous" - C à Vous - 01/04/2021 — Emmanuel Macron · Pourquijevote