Texte sur la fin de vie : vibrant discours d'Anne Souyris sénatrice écologiste
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 25 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Anne SouyrisFait
« Monsieur le président de la République, je vous demande le droit de mourir. »
- 0:25Anne SouyrisFait
« Depuis, les droits des malades en fin de vie ont progressé grâce aux lois Léonetti de 2005 et CL Leonetti de 2016. »
- 1:00Anne SouyrisChiffre
« Une dizaine de départements ne disposent pas d'unités de soins palliatifs et 190000 personnes y sont accueillies chaque année. »
- 1:15Anne SouyrisChiffre
« Quels seront 460000 à nécessité de tels soins d'ici 2040 ? »
- 1:30Anne SouyrisChiffre
« Le déploiement d'une stratégie décennale pour les soins palliatifs et l'accompagnement doté d' 1,1 milliards d'euros supplémentaires représente ainsi un préalable incontournable. »
- 3:00Anne SouyrisFait
« La proposition relative à l'accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs transcrit dans la loi ces mesures nécessaires. »
- 3:30Anne SouyrisPromesse
« Nous défendrons alors le rétablissement du texte voté par l'Assemblée nationale, l'aide à mourir comme droit, son accès dès lors que le pronostic vital est engagé en phase avancée ou terminale. »
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Monsieur le président de la République, je vous demande le droit de mourir. Le 30 novembre 2002, Vincent Humbert, jeune jeune pompier accidenté de la route, condamné à passer sa vie dans une chambre d'hôpital interpellé monsieur Cherc. Vous avez le droit de grâce et moi je vous demande le droit de mourir.
Un an plus tard, Vincent Hbert sollicitait de sa mère un ultime acte d'amour. Maman, si tu m'aimais, tu me laisserais mourir. Le 26 septembre 2003, Vincent Hbert mourait grâce à l'intervention de sa mère et du médecin de l'hôpital de Ber.
C'était il y a 23 ans. Depuis, les droits des malades en fin de vie ont progressé grâce aux lois Léonetti de 2005 et CL Leonetti de 2016. Malgré ces avancées aujourd'hui encore en France, un droit essentiel manque celui de mourir sans avoir à subir l'insupportable selon la conscience de chacun et de chacune.
À l'ouverture de ce débat, je pense à celles et ceux qui ont souffert et qui souffrent encore, à celles et ceux qui sont à leur chevet, à celles et ceux qui lorsque la médecine ne peut plus régner sur la mort veulent partir sereinement. J'imagine aussi le soulagement de celles et ceux qui se battent pour une fin de vie digne. Cher Line Renault, cher Jean-Luc Romero, votre combat n'aura pas été vain.
Je forme le vœu que cette semaine, après l'Assemblée nationale, le Sénat vote ces deux propositions de loi, des lois de dignité, de fraternité, de liberté. Nous écologistes qui défendons depuis tant d'années le droit de vivre une fin de vie digne, saluons la tenue de ces cette promesse présidentielle. Alors, au seuil de ces débats, nous souhaitons affirmer deux principes qui doivent guider notre discussion.
D'abord, la loi doit garantir la dignité dans la fin de vie. Chacun souhaite avoir une mort douce et sans douleur dont la maladie nous éloigne pourtant. N'est-ce pas la tâche du médecin ?
D'adoucir les douleurs et souffrances des malades et cela non seulement si cet adoucissement conduit à leur rétablissement mais encore lorsqu'il sert à procurer aux malades une mort douce et paisible comme le remarquait le philosophe Francis Bécon en 1605. Bien loin d'un luxe ou d'un confort imaginé, les soins palliatifs et l'accompagnement constituent la pierre angulaire de cette fin de vie digne que nous appelons de nos vœux. militante de la lutte contre le VIH sida dans les années 90, j'ai constaté à quel point cette culture palliative rebutait alors une partie du corps médical pendant que les jeunes gens décédés dans la douleur de la tuberculose, de la pneumonie et d'autres maladies opportunistes.
Fort heureusement, ces temps sont en partie révolu grâce à l'engagement formidable de professionnels de santé dans la démarche palliative à la suite des associations et je veux ici les en remercier. Pour autant, la difficulté qu'on nos concitoyens et nos concitoyennes à accéder aux soins palliatifs nous enjoint à agir. Une dizaine de départements ne disposent pas d'unités de soins palliatifs et 190000 personnes y sont accueillies chaque année.
Quels seront 460000 à nécessité de tels soins d'ici 2040 ? Le déploiement d'une stratégie décennale pour les soins palliatifs et l'accompagnement doté d' 1,1 milliards d'euros supplémentaires représente ainsi un préalable incontournable à toute autre discussion sur la fin de vie. Le développement de cette culture palliative passera aussi par la formation transversale des professionnels de la et l'accompagnement des aidants.
La proposition relative à l'accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs transcrit dans la loi ces mesures nécessaires. Je salue mesdames Firmains Lebodo et vos trains qui les ont défendu. Le groupe écologiste votera cette proposition.
Mais nous avons un regret. Pour que le droit aux soins palliatifs soit une réalité, il doit être oppos. Les rapporteurs ne l'entendent pas ainsi.
Si nous partageons certaines critiques juridiques à cet établissement, nous rappelons qu'un tel recul pour les droits des patients serait interprété comme une prompte défaite de l'action publique en faveur des soins palliatifs. Ainsi, le groupe écologiste défendra le rétablissement de l'opposabilité de ce droit. Enfin, la fin de vie ne peut être digne si elle n'est pas libre.
Ainsi, parvenons-nous au deuxième principe que nous défendrons lors de ces débats. Ce droit naturel est inaliénable, cette valeur sacrée constitutive de notre République. Cette liberté nous invite à permettre enfin que la vie, la fin de vie soit choisie.
C'est pourquoi nous soutenons le droit à l'aide à mourir. Face au nomm de la droite sénatoriale, nous défendons un oui ferme. Grâce aux combattants et combattantes du sida aux féministes, à celles et ceux qui ont imposé la démocratie sanitaire dans notre système de santé, le slogan "Mon corps, mon choix" est devenu une réalité dans les parcours de soins.
Nous aspirons à ce qu'il le deviennent également dans nos derniers jours. nos dernières semaines, nos derniers mois car trop souvent encore la fin de vie est présidée par trois empires qu'il nous faut combattre pour garantir aux malades le respect de sa volonté. D'abord, l'Empire du médecin.
Je pense avec émotion au récit que nous transmet Emmanuel Carer à propos des derniers jours de sa mère. Elle avait demandé à ses enfants de faire le nécessaire pour abréger ce souffrance au juste moment. En dépit de ces instructions, le chef de service a refusé de procéder à la sédation longue et profonde jusqu'au décès.
À l'inverse, d'autres patients ont vu leur traitement interrompu sans que leur demande expresse ou préalable n'ait été sollicité. Ces fait, sans qu'il ne remettent en question le corps médical en tant que tel, qui fait le plus souvent ce qu'il peut dans un cadre qui de facto le laisse trop seul à décider, nous impose de clarifier notre intention. La volonté du patient doit primer.
Ainsi, je vous proposerai de renforcer le rôle des directives anticipé dans le cas de l'arrêt des traitements et de la sédation profonde. Pour ces mêmes raisons, nous défendons pour l'aide à mourir l'établissement d'une procédure collégiale au sein de laquelle la volonté du patient puisse primer. Ensuite, l'empire de la religion.
Que chacun vive la fin dans la foi qu'il souhaite, c'est entendu. Mais gardons-nous de légiférer sous les auspices d'un être suprême et répétons cette fable d'Elvetus. L'avèement de la religion par le Sénat des castors n'a aussitôt entraîné que de villes débat.
C'est la Loutre, disent les uns. C'est le rat musqué, répondent les autres. Qui est le premier ?
Qui le premier présenta à Dieu les grains de sable dont il forma la terre ? Le fanatisme sonne la charge. Il ne suffit que d'un pas pour entendre alors les gens sénistes clam la souffrance et la mort.
Nous sommes le pays des Lumières. Tenons alors la religion à distance de cet hémicycle et au contraire puisons la force de la loi dans les mœur et l'aspiration des Français et des Françaises à une législation renouvelée. Enfin l'Empire de la famille.
Notre fin de vie n'appartient pas à nos parents, pas à nos enfants, pas à nos partenaires de vie. Elle nous appartient. Sous l'influence de ces trois empires, le Sénat remagé le texte qui nous est soumis.
Dès lors, la version établie par la commission tombe à côté des aspirations des Français et des Françaises du Comité consultatif national d'éthique et de la convention citoyenne pour la fin de vie. Il nous demandait de légiférer pour les cas qui ne sont pas déjà prévus par la loi pour les patients dont le pronostic vital est engagé à moyen terme en leur donnant le choix du mode d'administration de la substance létale. La commission a rejeté ses demandes.
Nous défendrons alors le rétablissement du texte voté par l'Assemblée nationale, l'aide à mourir comme droit, son accès dès lors que le pronostic vital est engagé en phase avancée ou terminale. Enfin, une procédure qui place en son centre le patient. Et nous nous battrons pour expurger de la version sénatoriale les dispositions qui n'ont rien à y faire, la présence d'un officier de police judiciaire lors de l' de l'aide à mourrir, le délit d'opinion dans le contrôle de la loi et le droit du médecin de ne pas informer son patient des possibilités qui s'offrent à lui pour décider de ce que sera sa fin de vie.
Quand la médecine ne peut plus guérir, quand l'amour des proches est impuissant, il ne reste à la République qu'un devoir respecter la volonté de celles et de ceux qui souffrent. Il est temps enfin que le législateur français permette à chacune et à chacun de choisir la manière dont il souhaite vivre la fin de sa vie. Je repense à Vincent Hbert, ce jeune homme si courageux.
Il écrivait à propos de sa mère. Ne la jugez pas. Ce qu'elle aura fait pour moi est certainement la plus belle preuve d'amour au monde.
Alors oui, cette loi doit être votée et dans une version qui respecte la personne jusqu'au bout pour que tous et toutes puissent bénéficier de ce droit sans nul que ne sans que nul ne soit mis en danger. Notre République a bâti la liberté, l'égalité et la fraternité dans la vie. Elle doit maintenant garantir la liberté, l'égalité, la fraternité face à la mort.
Mon corps, mon choix. Merci. Merci madame.
Anne Souyris