Sarkozy-Kadhafi : un pacte de corruption ? | Les débats de Débatdoc
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 3:00OuverteRéponse directe
Fabrice Arfi, vous êtes à l'origine des révélations sur cette affaire dès 2011. Pouvez-vous nous expliquer comment tout a commencé ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Timothé Bouteri, vous avez assisté au procès. Quels éléments matériels ont été présentés par l'accusation ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Vincent Nousy, pourquoi Abdallah Senoussi est-il un personnage central dans cette affaire ?
- 12:00RelanceRéponse directe
Fabrice Arfi, les rencontres secrètes de 2005 sont-elles la preuve d'un pacte de corruption ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Timothé Bouteri, les contreparties évoquées sont-elles avérées ?
- 18:00OuverteRéponse directe
Vincent Nousy, les carnets de Chokri Ghanem sont-ils une preuve déterminante ?
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Après 10 ans d'instruction et 3 mois de procès, la justice va donc devoir trancher la question. Nicolas Sarkozy, a-t-il Noé avec Moar Kaddafi un pacte de corruption avant son élection à la présidentielle de 2007 en échange de contrepartie en faveur du régime libyen ? Nous allons y revenir dans ce débat d'occumentaire réalisé par Antoine Victine et nous allons le faire avec trois journalistes qui ont assisté à ce procès sarco-libien.
Fabrice Arfi, pour commencer, bienvenue à vous Fabrice Harfi. Vous êtes coresponsable des enquêtes à Média Park. Vous êtes à l'origine des premières révélation sur cette affaire SarkoZi Kaddafi dès 2011 au côté de Carles Lasque qui est un de vos confrères à Médiapart. affaire à laquelle vous avez consacré un livre avec les compliments du guide publié chez Fard puis une BD SarkoZi Kaddafi, des billets et des bons publiés cette fois chez Delcour et enfin tout récemment un film documentaire réalisé par Yannick Kerquat et intitulé "Perdne n'y comprend rien ! 150000 personnes se sont déplacées dans les salles pour voir ce ce documentaire.
C'est extrêmement rare de voir autant de personnes se déplacer en salle pour voir un documentaire. Voilà ce qu'on peut dire de ce film. Mais il est encore temps de le voir.
Personne n'y comprend rien. Pourquoi personne n'y comprend rien ? Ben tout simplement parce que Nicolas Sarkozi à un moment avait dit "Mais dans cette affaire, personne n'y comprend rien." Ben vous avez relevé challenge en quelque sorte avec ce titre concernant ce documentaire.
Timothé Bouteri est également avec nous. Bienvenue. Vous êtes journaliste au service police justice du quotidien le Parisien aujourd'hui en France.
Vous avez assisté à l'essentiel hein de ce de ce procès. C'est pour ça que vous êtes avec nous aujourd'hui hein. Vincent Nousy est enfin avec nous.
Bienvenue à vous Vincent Nousy, vous êtes journaliste d'investigation indépendant. Vous êtes le co-auteur avec Carles Lasque qui a travaillé avec vous donc et Samir Sheekvara de ce livre L'assassin qu'il fallait sauver au cœur de l'affaire Sarkozy Kaddafi. Un ouvrage publié chez Robert Lafond. ouvrage dont vous avez écrit la préface d'ailleurs Fabrice Arfi et cet assassin qu'il fallait sauver c'est Abdallah Senous qui était le chef des renseignements libyens beaufrère de Mohamad Kaddafi et surtout maître d'œuvre en 1989 d'un attentat dans l'avion décis de la compagnie UTA qui provoquera la mort de 170 personnes dont 54 français.
Il a été condamné par Contumas euh en mars 1999, euh condamné à perpétuité. Euh il est aujourd'hui euh sous les écrous en en Libye, hein, d'ailleurs. Euh et il revient dans dans le cadre de cette affaire.
On essaiera de comprendre pourquoi d'ailleurs tout à l'heure concernant c Il est vraiment au cœur de cette affaire de cette affaire Sarkozy. Le personnage de Sinousi est absolument central dans le pacte de corruption en présumé qui qui a été traité dans ce procès. On va y revenir ensemble.
Euh pour bien comprendre après ce film euh tout d'abord la chronologie de cette affaire. Euh juillet 2011, ce sont les premières révélations euh du site Media Part. Nous sommes euh en juillet 2011, mais euh Mohamar Kaddafi trouvera la mort lui quelques mois plus tard hein, en octobre 2011.
L'ouverture d'une enquête judiciaire a lieu en avril 2013. En mars 2018, c'est la mise en examen de Nicolas Sarkozi. Le procès a duré de janvier au 8 avril 2025.
Il a duré 3 mois et le verdict de ce procès est attendu en septembre prochain et pour être exact le 25 septembre prochain. Nicolas Sarkozy est accusé d'avoir Noé avec le dictateur Mohamar Kaddafi un pacte de corruption avant son élection de 2007 en échange de contrepartie en faveur du régime libyen et puis enfin les protagonistes de cette affaire. On a essayé de simplifier au maximum les choses avec le camp SarkoZi.
Tout d'abord, quatre principaux noms ressortent : Nicolas Sarkozi, l'ancien ministre de l'intérieur Claude Guéan, l'ancien ministre Bris Ortefeu, l'ancien ministre Eric Wertz, les intermédiaires Zadedin, Alexandre Juri, on en dira forcément un mot à un moment dans notre échange. Et puis enfin le camp Kaddafi avec Bchir Sal qui était l'argentier en réalité hein du régime libyen à l'époque et Abdallah Al Senousi dont on vient de parler avec vous Vincent Noi qui était à la fois le chef de renseignement libyen et aussi le beaufrère de Mohamar Kaddafi. On a essayé de dire les choses le plus simplement possible sur une affaire extrêmement compliquée.
Peut-être que pour commencer et pour bien comprendre Fabrice Arfi, est-ce que tout a commencé concernant ce fameux pacte de corruption qui aurait eu lieu ? Euh le 6 octobre 2005, autrement dit au moment où débute le documentaire que nous avons vu et au moment où Nicolas Sarkozy visite pour la première fois euh Mohamad Kaddafi en Libye. Alors presque du point de vue presque du point de vue de l'accusation du parquet national financier, donc le procureurs qui représentent le ministère public dans l'ordre judiciaire, le pacte de corruption présumé s'est noué en réalité 5 jours plus tôt. le 1er octobre 2005 à Tripoli dans un restaurant au moment où le directeur de cabinet de l'époque de Nicolas Sarkozy, Claude Guéan, rencontre dans le dos de l'ambassade de France sans garde du corps, sans traducteur, sans diplomate, le fameux Abdallah Senusi, terroriste d'État, condamné, recherché par la France en présence d'un personnage qui a été qualifié de de toxique par l'accusation dans le dossier, à savoir le fameux intermédiaire Zadakiedin. que le PNF présente comme un agent de de corruption et ce jour-là PNF parquet national national financière bien sûr.
Absolument. Et ce jour-là euh se nous d'après euh l'accusation les premières discussions dans la perspective d'un financement occulte de la campagne qui va avoir lieu 2 ans plus tard avec ensuite des contreparties puisque la l'impact de corruption euh présumé c'est la rencontre d'intérêts convergents de l'argent qui va ici et des contreparties en faveur du régime libyen qui va dans le dans le dans le sens inverse. 5 jours plus tard, il y a la visite de Nicolas Sarkozi à Tripoli où il rencontre pour la première fois Mohamar Kaddafi.
Et mois plus tard, en décembre 2005, le ministre délégué aux collectivités territoriales française, un certain Brisortefeu qui est un intime depuis l'adolescence de de Nicolas Sarkozy qui le présente d'ailleurs comme un frère, va à son tour se rendre à Tripoli dans un voyage que la diplomatie française a un peu eu du mal à comprendre. Sauf que une nouvelle fois ce jour-là, Brisortefeu va rencontrer secrètement dans le dos de l'ambassade Abdallah Senusi avec Ziat Takedin. Exactement dans les mêmes circonstances que Claude Guant.
Les deux hommes Claude Guéan, Ibriss Ortefeu disent que ils sont tombés dans un piège. Le problème c'est qu'ils n'ont parlé de ce piège absolument à personne, pas même à leur ministre, pas même au services de renseignement, pas même au à l'ambassade de France. Et ce qui du point de vue de l'accusation est important, c'est que dans les jours qui ont suivi ces rencontres secrètes à Tripoli, des flux financiers sont partis du régime libien, des caisses publiques du régime liben pour atterrir sur une société offshore de l'intermédiaire de celui qui faisait le lien entre les équipes françaises et les équipes libiennes à savoir Ziyad Takedin.
Ça c'est d'après l'accusation le pacte de corruption qui en soit a été discuté et même consommé puisque l'argent est parti. Évidemment, la défense de Nicolas Sarkozy dit qu'il n'en est absolument rien avec des arguments qu'ils ont développé qu'ils ont développé à l'audience. Le procès a permis de de mettre en lumière la quantité d'éléments matériels qui justifient cette première accusation, d'autant qu'il est reproché à Nicolas Sarkozy quand il est ensuite devenu euh président de la République d'avoir favorisé les intérêts du régime Kaddafi en accueillant avec un faste dont on se souvient tous Mohamad Kaddafi en décembre 2007 à Paris en tentant de faire sauter le mandat d'arrêt d'Abdal Sinoui dans l'affaire du DC10 en voulant vendre du nucléaire par exemple contre la vie de la société française au régime dictatorial de de Mohamar Kaddafi.
Ça ça fait partie du champ des contreparties qui est reproché euh à l'équipe Sarkozy. Et chronologiquement hein, si on a bien compris, les faits reprochés aux 12 prévenus qui étaient dans ce procès porte sur la période 2005, hein, pour l'essentiel. Alors oui, les les le pacte de corruption c'est 20052006 et ensuite les contreparties elles c'est entre 2005 et jusqu'à au moins mai 2009 puisque'en mai 2009 il y a une réunion à l'Élysée entre Claude Guéan qui est le bras droit de Nicolas Sarkozy Ziyad Takedin qui a ses entrées au palais euh de de l'Élysée justement sur le sujet du mandat d'arrêt d'Abdalla Senussi le terroriste libien.
Alors justement, on y vient. Abdallah, c'estusi, personnage clé, personne clé euh de ce procès. Il était pas présent dans le box des accusés.
Il est il est incarcéré en Libye aujourd'hui. À propos des fameuses contreparties qui auraient euh émergé dans ce fameux pacte de corruption. Euh du côté libien, on attend quat on attendrait on en aurait attendu quat ce pacte de corruption très clairement et concernant notamment Abdallah Abdallahi il est dans une situation très particulière puisqu'il a été condamné par un tribunal franc 99 par défaut he il était pas là il a un mandat d'arrêt international émis contre lui.
Donc la France le recherche. C'est un personnage infréquentable. Il est il a les services de renseignement français ont même dit à plusieurs reprises aux officiels français qui soient en Libye ou qui viennent en Libye ne rencontrereitez pas Abdallah Senusi.
Or évidemment ces deux rencontres suspectes en secret d'une part de Claude Guéan puis de Brisortefeu à des moments clés les deux lieutenants de Nicolas Sarkozy lesquels plaident d'un piège qui finalement a été assez démonté par l'audience hein parce que le piège ne tient pas. Si c'est un piège, on revient, on dit "Je suis tombé dans un piège." On prévient les services de renseignement ou son patron et surtout on se prévient éventuellement entre eux.
Et puis d'autre part, on on va peut-être reprocher à celui qui vous a mis dans cette situation en l'occurrence l'intermédiaire Ziac Takedin. On va peut-être rompre en lui disant "Tu m'as tu m'as mis dans la merde avec ce avec ce ces rendez-vous secrets, je ne peux plus te faire confiance." Or, les deux, que ce soit Géant et Orthopfeu vont continuer d'entretenir des relations avec Takedin.
Et surtout le le principal la principale demande émise par Abdallah Senoui, mais pas seulement par Abdallah Senusi, son beau-frère Moham en parle, il en a parlé à Jacques Chirac en 2004, il en reparle à Nicolas Sarkozy en 2005 lors de cette venue dont on a vu des extraits dans dans le documentaire. Il demande que soit levé la condamnation de son beau-frère dans cette affaire du décis. C'est comme un sparadrac qui lui colle depuis euh cette condamnation de 1999.
Ce euh Abdel Senusi est considéré comme un criminel, comme un assassin, comme un terroriste en chef. Évidemment, il agissait à l'époque en 889 au moment des grands attentats, celui du décis du ta et puis un quelques mois avant celui de dit de Lockerby, 270 morts au-dessus de l'Écosse. Donc c'est lui, c'est c'est nous qui est responsable et qui est commanditaire chef d'orchestre de cet attentat.
Donc lui, il est il a été condamné par la France, il veut absolument pouvoir circuler librement sans avoir ce mandat d'arrêt. Et effectivement, il va y avoir des démarches entreprises par le camp Sarkoi pour tenter de voir comment régler cette situation de monsieur Senousi. Et c'est ça, c'est une des contreparties de ce présumé pacte de corruption.
Alors, il y avait une audition qui était très attendue à l'occasion de ce procès euh et pour cause hein, c'est celle du commandant Vidal. Alors le commandant Frédéric Vidal, c'est lui qui a mené cette enquête. On va rappeler tout de même que cette enquête comporte 300 procès verbaux, 60 perquisitions, 500 scellés et 180 auditions.
Elle a duré du ans cette instruction. Qu'avez-vous retenu finalement vous de cette audition de Frédéric Vidal à l'occasion de ce procès ? Bah déjà, elle était vousêes vous avez dit qu'elle était très attendue.
En fait, elle était surprenante parce que elle n'était pas initialement programmée. En fait, Fré Vidal était cité comme témoin par la défense, par un avocat de la défense de ce procès. Alors c'est c'est très surprenant puisque on se doute bien qu'un directeur d'enquête, il va plutôt témoigner à charge puisque bon bah c'est ces investigations qui ont conduit au renvoi des prévenus devant le tribunal.
Donc voilà, grosse surprise, il est arrivé en en fin d'audience euh et en fait Frédéric Vedal, c'est c'est la mémoire vive de de de ce dossier. C'est c'est vraiment lui qui l'a mené de bout en bout. Il travaille dans un service qui s'appelle l'OCliff.
C'est c'est un service de la police judiciaire qui est spécialisé dans la corruption et les infractions, les infractions fiscales et financières. et euh il a commencé par une perquisition et puis à partir de là ça s'est enchaîné et pendant 10 ans il a conduit un peu son son odyssée en fait et il a dû naviguer entre les comptes offshore les auditions baroque en Libye avec des hommes en armes, dépouiller des comptes, faire quantité d'auditions, des auditions qui qui n'ont pas pu avoir lieu. Voilà ça ça c'est aussi une enquête qui qui a duré longtemps parce que il y a beaucoup de choses à l'étranger, beaucoup de commissions rogatoires internationales.
C'estàdire que les juges demandent la coopération de de pays étrangers. La coopération qui n'a pas toujours été excellente en fait. Et et ce qui est frappant aussi c'est que voilà Frédéric Vidal, il a parlé 2 heures sans note, sans accro et euh comment dire par petite touche en fait il a retracé le le le les 10 ans d'instruction de manière très claire en arrivant quasiment à citer tous les prévenus.
Juste la présidente lui a dit "Ah il y en a un que vous avez pas cité, c'est un tel." Mais c'est vrai que à la fin on se retrouvait avec un un tableau. Voilà.
B alors qui est qui est le tableau de de l'enquêteur voilà il est ce témoignage il a pesé lourd selon vous bah disons que dans ce procès alors ce qui est intéressant c'est qu'il est arrivé en vraiment en toute fin de en toute fin de procès et alors que les débats sur le le pacte de de corruption présumé était achevé on était on avait basculé sur d'autres volets de cette histoire à tiroir et là d'une certaine manière il a replongé le tribunal euh tous ces acteurs, les les les suiveurs que nous sommes dans dans ce qui fait évidemment le le cœur de de cette audience qui est ces qui sont ces accusations du pact de corruption. Ce qu'il y a d'intéressant avec le le commandant Vidal, c'est que Nicolas Sarkozy n'a cessé de de crier à la débauche de moyens pour le faire tomber dans cette affaire. dit, "On jamais dépensé autant d'argent.
C'est c'est un scandale. Il a été très vindicatif vis-à-vis de de la police qui demande pas que celle pour un ancien ministre de l'intérieur. Parce qu'en 2014, dans une tribune au Figaro, Nicolas Sarkozy avait quand même comparé le service du commandant Vidal à la Stasie est allemande.
Et en fait, le le commandant Vidal est l'incarnation du contraire de ce que dit Nicolas Sarkozy. Il n'y a pas eu un seul policier détaché à temps plein pendant 10 ans sur cette affaire. Voilà, le commandant Viga a porté à bout de bras pendant 10 ans sous l'autorité de juge d'instruction qui étaient les les directeurs et directrices de l'enquête cette affaire.
Mais ça n'était pas sa seule affaire au commandant Vidal. Donc en réalité le témoignage du commandant Vidal qui avec une espèce d'économie de de mot mais une efficacité absolument redoutable, une sobriété très efficace dans ce qu'il racontait et comme le disait Timothé à juste titre, c'est l'enquêteur et on n'est pas là évidemment pour dire que les uns et les autres vont être condamnés, doivent être condamnés, mais ont permis de documenter la masse, j'ai envie de dire dantesque de ce qui a été les éléments, y compris matériels qui ont été réunis par l'enquête. Il est la démonstration que en réalité dans notre pays, on donne peu de moyens aux autorités répressives dans la lutte contre la délinquence en Colblanc.
On attendait aussi beaucoup, et c'est peu de le dire, des des dépositions euh du côté de la défense et et des prévenus qui étaient Nicolas Sarkozy, Claude Guilland, Brisortefeu pour les trois noms qui ressortent le plus hein du côté des prévenus. Vous avez assisté à ces auditions euh respectives. Euh qu'est-ce qui vous qu'est-ce que vous avez retenu de ces euh ces dépositions de Nicolas Sarkozy, Claude Guandisortefeu pour l'essentiel ?
Moi je moi j'ai retenu plusieurs choses qui m'ont marqué. La première c'était que Nicolas Sarkozi se débattait comme un comme un beau diable. Enfin, je veux dire qu'il c'est un c'est un tribin, il sait parler, il sait se défendre, il sait argumenter.
Alors, il répète toujours un peu les mêmes éléments de de langage. Bien sûr, en disant "Je n'ai rien su, je n'ai rien vu, je ne suis pas au courant et vous ne trouverez jamais jamais pas 1 € mais pas un centime libien dans ma campagne hein 9 janvier à la barre. Je ne sais rien, je ne sais je n'ai rien à me reprocher." C'est une revanche du clan Kaddafi.
Voilà pour l'essentiel ce qui est ressorti. Alors ça c'est les éléments de langage qui à chaque fois qu'il a pu s'exprimer, il l'a fait de manière assez virulente même sur ce thème-là. Le problème c'est que d'une part euh ça tient pas toujours, il ne répond pas toujours aux questions qui lui pos sont posées, il répond parfois à côté si on lui il dit on na jamais tout trouvé un un centime d'argent dans les biens sur sur mes comptes à moi.
Évidemment, c'est pas du tout ce qui lui est reproché. Euh la même façon, il dit on pas retrouver un centime d'argent liben dans la campagne. En réalité, les juges n'ont pas besoin de démontrer qu'il y a une source libyenne d'argent illicite dans la campagne.
Il suffit de montrer qu'il y a de l'argent illicite tout simplement dans la campagne. Et puis la deuxième chose, c'est qu'il s'est souvent défaussé et ça les confrères peuvent en témoigner également euh sur ces deux principaux lieutenants en parlant de fautes, d'erreurs, même parfois de naïé de naïé concernant Claude Guant notamment. Claude Guillon fait reconnaître que c'était il s'est défendu à la barne de manière très très molle d'abord parce qu'il était affaibli parce qu'il il est malade mais aussi parce que on sent qu'il est noyé par les propos de son ancien patron qui le charge.
On a l'impression que c'était un peu le parrain et les lieutenants qui étaient obligés de prendre les coups eu le même sentiment. Je dirais qu'il est un peu c'est très embêtant les rendez-vous avec Abdallahusi Fabrice Ladi. C'est c'est quand même ça le le cœur du sujet.
C'est ces rendez-vous de Claude Guéron puis de de Brisortefeu euh parce que il est totalement infréquentable. Alors Claude Guillant, il a expliqué le la thèse du Getapan du piège et avons-le il a été très peu convaincant. Voilà, son audition c'était alors Vincent il l'a dit, il était affaibli mais c'était un peu un naufrage et la présidente elle est très fine Nathalie Gavarino.
C'est c'est vraiment une très bonne magistrate. C'est qui avait présidé le le premier procès de de François Fillon et on l'a retrouvé en fait minutieuse. Elle en fait pas d'étonnes, elle va directement sur les faits.
Et là Claude Guayon, elle lui a posé plusieurs fois "Mais alors vous vous retrouvez dans la voiture et vous savez pas qui vous allez voir." Ah non, je sais pas mais vous vous discutez de quoi pendant les 20 minutes ? de choses et d'autres et quand vous arrivez ah bah oui là je me rends compte que et puis vous vous décidez pas de partir.
Bah non, vous avez pas pensé que vous auriez pu on aurait pu vous prendre en photo, on aurait pu vous faire chanter, on est en Libye. Ah bah non et après vous en parlez à personne en fait. Voilà vraiment une instruction très précise à l'audience et donc qui a vraiment mis en difficulté Claude Guéan.
Bris Orortfeu, c'était un peu pareil parce que lui aussi dit qu'il est tombé dans un tracnard avec le même Zatakedin. Et pareil, les précisions c'était en fait, il a une réception donnée en son honneur à la fin de de sa visite et d'un seul coup, il est extrait et il se retrouve avec Ziatakedine et là ils vont au domicile d'Abdalas et Noui et pareil il dit "Ben non, je savais pas qui j'allais voir et pourquoi donc là effectivement c'est c'était difficile comme point de vue." Alors Nicolas Sarkozi, il dit erreur faute, mais il les lâche pas non plus totalement.
Enfin, il est dans un espèce de Je pense qu'il va au maximum de de ce qu'il peut dire par rapport à à ces personnesl qui pour lesquelles il a encore enfin don dont il est très proche aussi. Donc il a pas non plus envie de les les enfoncer. Donc il va il va dire erreur, faute, naïveté et à un moment il va dire on lui dit "Mais est-ce que ça vous paraît crédible ?" Il dit "Je je je les crois." Enfin, c'est une espèce de de formule un peu formule un peu alambiquée sur cette idée que énoncée par Nicolas Sarkozi selon laquelle le ça serait une revanche du clan de Mohamar Kaddafi là pour le coup vous vous dites sur un plan chronologique je pour moi le procès pour moi le procès a matériellement battu en brèche cet argument qui est l'argument numéro 1 de Nicolas Sarkozi l'argument de Nicolas Sarkozy c'est de dire de toute façon cette affaire n'est qu'une fabrication de cadafistes revanchard parce que j'étais celui qui au sein de la communauté internationale a été le leader de la coalition armée qui va faire tomber le le régime Kaddafi en en 2011.
Pour pourquoi je dis que je pense que le le tribunal a battu en brèche, en tout cas les audiences ont battu en brèche cet argument. D'abord parce que et Claude Guéant et Bris Ortefeu ont dit à la barre du tribunal comme Nicolas Sarkozy l'avait fait pendant l'instruction que oui, les Liby ont versé de l'argent à Takédine en 2006 en pensant financer la campagne. Mais donc si les libiens ont versé de l'argent en pensant financer la campagne en 2006, que Takedine a gardé tout l'argent ou pas, peu importe, bah ils sont parfaitement de bonne foi et légitime en 2011 à dire qu'ils ont versé de l'argent pour financer la campagne.
Donc ceux qui démonétisent l'argument de Nicolas Sarkozi, c'est l'équipe Sarkozy elle-même. Mais il y a un deuxième élément et celui-là, c'est une preuve que le PNF, le parquet national financier, a qualifié de fondamental et déterminante, un élément matériel qui sont des carnets manuscrits rédigés par l'ancien premier ministre libien qui s'appelle Chokriganem. Cet homme, entre 2006 et 2011, tous les jours, il consignait comme un journal intime sa vie de dignitaire libien à la main.
Les carnets ont été retrouvés par la police hollandaise, fournie à la justice norvégienne, tout à fait dans une autre affaire et finalement ont été après leur authentification. On a retrouvé le corps de cet homme. Alors cet homme cet homme est mort en voilà, cet homme est est mort dans le Danube en avril 2012 dans des dans des circonstances euh étranges.
Or qu'est-ce qu'il y a dans les carnets de Chukrianem ? À la date du 29 avril 2007, il consigne précisément des versements, des montants, des canaux utilisé par le régime libyen dans la perspective du financement de la campagne de Nicolas Sarkozi. Mais si en 2007 un dignitaire libyen consigne des versements pour la campagne, il ne peut pas prévoir que 4 ans plus tard, il y aura la guerre.
Donc c'est la preuve matérielle que l'idée selon laquelle cette histoire ne serait qu'une forgerie de caddafistes Rinchard est tombé est tombé à l'audience. Alors venons-en aux réquisitions du parquet national financier concernant les principaux prévenus dans cette affaire. Nicolas Sarkozi 7 ans de prison, 300000 € d'amende 5 ans d'inéligibilité.
Claude Guay en 6 ans de prison, 100000 € d'amende. La saisie d'un appartement qui aurait été financé par l'argent libien et 5 ans d'inéligibilité. Et puis enfin Brisortefeu 3 ans de prison, 150000 € d'amende et 5 ans d'inéligibilité.
Quant à la défense à la plaider la relaxe Vincent Nousille, quelles sont vos observations concernant ces réquisitions du parquet national financier et ce qui a été la plédoirie de la défense ? la relaxe est demandé par la défense sur la sur la base de d'indices euh ni précis ni concordants selon eux, hein. En gros, un dossier qui serait totalement vide, une fabrication totale du parquet national financier.
Tout ça est assez pré était assez prévisible. Ce qui était peut-être un peu moins prévisible, c'est la hauteur des réquisitions du parquet national financier. Les trois procureurs, ça semble-t-il qui pendant 3 jours se sont sucéder frapper tous les observateurs ont succédé parce que c'est 7 ans pour un ancien président de la République, c'est quand même du jamais vu.
C'est historique, ça n'a jamais existé. C'est les peines les plus lourdes qui ont été requises contre des élus de la nation au plus haut niveau dans l'histoire de la 5e République. Donc on est dans des réquisitions qui sont historiques.
Est-ce que le les juges vont suivre ou pas cette réquisition ? Le débat reste entier jusqu'au 25 septembre à 10h précisément heure et date à laquelle le tribunal rendra son jugement qui fera certainement l'objet d'appel quel que soit le résultat. Mais on a on a été on a vécu des réquisitions absolument historiques pour un pacte de corruption qui est présenté par les procureurs comme étant extrêmement grave.
Alors on a dit et ça a été dit dans ce documentaire, il y a un chiffre qui a été avancé dans ce film d'ailleurs, c'est 50 millions d'euros. Ça serait le montant sur lequel porte ce fameux pacte. Or c'est un petit peu ce qu' a mis en avant la défense.
Il y a aucune trace en réalité de ces 50 millions d'euros. Alors vous allez répondre à Fabrique Sfie. C'est voilà, ça c'est est-ce que c'est pas le point faible hein du du côté euh il y a eu il y a eu plusieurs euh sommes qui ont été avancées par différents dignitaires libiens, différentes sources à différentes périodes.
Euh l'important est peut-être pas exactement le montant exact qui a été qui avait été qui avait été présenté au début comme étant 50 millions d'euros. Ce qui a été établi par l'enquête au bout de 12 ans d'instruction euh sous le je parle sous le contrôle de mes confrères, c'est que il y a des sommes d'argent, plusieurs millions d'euros qui ont été effectivement versés par différents canaux euh aux proches de Nicolas Sarkozi. Ça c'est établi de manière formelle.
Alors, ils peuvent dire les intermédiaires ont tout pris pour eux, il en a rien eu, mais il y a quand même il reste des sommes soit en espèce, soit des virements qui restent extrêmement suspects parce qu' il coïncident avec les dates de la campagne et il coïncident avec les besoins finanés hein. Oui. En fait, ce que disent les juges d'instruction dans leur rapport de synthèse après 10 ans d'enquête, euh, ils disent "On n'a pas une photographie globale de ce qui a été versé.
Euh ça a été dit tout à l'heure, faut d'une coopération internationale parfaitement effective, des embuges qui ont été données dans l'enquête, mais on a pu tout de même identifier des paiements et des contreparties. Donc ce que ce que disent les enquêteurs, c'est que la photographie du procès n'est pas la photographie totale de ce qui s'est peut-être passé, mais il y a quand même de quoi et ça se chiffre en millions d'euros discuter. Les 50 millions d'euros dont dont il est question, c'est pas ce qui a été versé, c'est la promesse.
Faut faut c'est c'est ce à quoi le régime Kaddafi était prêt à s'engager dans la perspective de l'élection présidentielle. Ça veut pas dire que l'intégralité a été euh a été effectivement versée. Par rapport à tout ça et ce que vous posiez comme question euh tout à l'heure, ce qui est très significatif quand on sort de ce procès des 3 mois d'audience, je trouve vis-à-vis d'un côté des explications qui sont d'une invraissemblance qui confine parfois à l'irrationalité d'un Claude Guéan, d'un brisortefeu.
Nous avons eu un Nicolas Sarkozy par rapport au poids du soupçon qui est une gravité en en effet terrible infamante pour un ancien président de la République. En fait, on a un Nicolas Sarkozy qui nous a expliqué qu'il a été le ministre de l'intérieur le moins bien informé de France et le président de la République le plus mal entouré de l'histoire politique française. Au final, c'est ça qui nous est raconté.
Alors, est-ce que ça va suffire pour l'extraire du du dossier ou est-ce que comme le PNF, le parquet national financier l'a requis, en fait, ils sont tous liés les uns les autres d'une certaine manière, ils sont encordés et c'est un peu comme à la montagne. S'il y en a un qui dévisse, ils dévisse tous. C'est ça l'enjeu de ce qui va être le délibéré du tribunal de Paris et du jugement qui sera rendu donc fin septembre.
Peut-être je voulais revenir sur la la séquence réquisition défense. Vincent qu'on a été surpris. Alors pas totalement moi je dirais par ces peines parce que déjà c'est un réquisitoire en 3 jours.
Donc le premier jour il y a une très violente charge du parket national financier d'écrivant de Nicolas Sarkozy comme un être cupide qui a sacrifié la probité pour assouvrir cette ambition personnelle. Donc on est parti très haut. Et alors, on parle d'une infraction qui est punie de de 10 ans de prison.
Euh et et si on considère que ce pact de corruption a eu lieu comme l'accusation euh l'estime, alors on est dans le haut du spectre puisque on est sur le financement initiale pour la magistrature suprême de la part d'un voilà d'un d'un responsable politique de premier plan. Donc c'est c'est normal qu'on aille sur une échelle haute en fait des réquisitions. Donc voilà, après on va voir quel sera le raisonnement probbire des juges par rapport à à à ces accusations et quand même la défense aussi.
Oui. Euh Nicolas Sarkozy dit voilà, on a lasérisé ma campagne, c'est son expression. On n pas trouvé on n pas trouvé l'argent.
Euh il faut aussi dire que par rapport aux rencontres, vous avez parlé de la rencontre du du 6 octobre, l'accusation dit "Alors là, on considère qu'il y a pas eu de face- à faceace direct sans interprète entre moi Marc Kaddafi et et Nicolas Sarkozi". à la défense de Nicolas Sarcus soulligne en disant voilà cet élément-là l'accusation ne le retient plus et que les montants sont différents. Il y a plein de millions, 50 millions, 6 millions, 8 millions.
Donc ça aussi ce sont des des arguments qui sont soulignés par la défense pour dire regardez on sait même pas de quel argent, quelle devise, comment ils sont arrivés. Donc voilà, il y a aussi évidemment des éléments qui ont qui ont été portés par la défense et c'est normal dans le casre du procès pénal. Voilà.
Donc maintenant, c'est au juge de de trancher tout ça. Ça sera le mot de la fin. On serait resté bien plus longtemps avec vous he pour être honnête, pour revenir sur ce qui a été ce procès.
Verdict attendu le 25 septembre prochain. C'est la date annoncée en tout cas à ce stade. Un grand merci vraiment à tous les trois d'avoir participé à ce débat doc après ce documentaire d'Antoine Victin.
Grand merci aussi à Féliciter Gavalda euh pour son travail spécifiquement sur cette émission. Merci aussi à Yasmine Benissa qui m'a aidé comme à la coutume à préparer également cette émission. Vos réactions hashdbadoc.
Nos invités pourront réagir d'ailleurs à ce que sont vos réactions et je vous donne tout simplement rendez-vous pour un prochain débadoc. Ça sera bien sûr avec son documentaire et son débat. À très bientôt. [Musique]