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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 3 octobre 2025 11 minAutoproduitMixteÉconomie & entreprisesBudget & impôts

Projet de budget 2026 : "Toute hausse de la fiscalité sera forcément répercutée sur les assurés", prévient la présidente de France Assureurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 30 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47InvitéFait
    « Pour l'instant j'attends. »
  • 1:04PrésentateurPromesse
    « On ne sait pas où ça va atterrir. »
  • 1:12PrésentateurChiffre
    « Toute hausse de la fiscalité, elle sera d'une façon ou d'une autre répercutée. »

Temps de parole

  • Présentateur55 %
  • Invité44 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

France Info

0:02
Invité

Bonsoir Florence Lutzmann, vous êtes à la tête de France Assureur, la fédération française des assureurs qui représente des sociétés comme AXA, Groupama, des mutuelles aussi. Merci d'être sur France Info ce soir avec nous. Bonsoir Fanny Guinochet et merci pour votre invitation. Alors ce matin au cours d'une allocution, Sébastien Lecornu a redit son opposition à la taxe Zuckman. On le rappelle c'est un prélèvement de 2% sur les très hauts patrimoines. Ils proposent une autre taxe qui ne toucherait pas l'outil professionnel, l'outil de travail. Pas question de taxer les parts que l'on détient dans une entreprise, c'est une bonne nouvelle pour vous ?

Moi ce que j'attends surtout c'est des annonces sur la baisse des dépenses. C'est ça notre problème en France. Et pour l'instant vous vous estimez qu'il n'y en a pas ? Pour l'instant j'attends. D'accord. Quand même on voit bien que ce profil une hausse de la fiscalité, notamment sur les entreprises. Est-ce que ça veut dire que vous vous y attendez ?

1:00
Présentateur

En tout cas ça fait partie effectivement des discussions qui sont en cours. On ne sait pas où ça va atterrir. Mais toute hausse de la fiscalité, elle sera d'une façon ou d'une autre répercutée. Répercutée sur les clients, répercutée sur les assurés. Et elle aura donc des impacts négatifs sur l'économie.

1:18
Invité

Donc ce que vous dites c'est que s'il y a une hausse des prélèvements sur les sociétés d'assurance, les contrats, il faut que les Français s'attendent à avoir augmenté encore leurs contrats d'assurance.

1:26
Présentateur

Oui, alors la raison principale qui explique l'augmentation des tarifs d'assurance, c'est certes d'un côté l'augmentation des taxes quand on subit, mais c'est surtout l'augmentation des risques. Parce que les risques, ils augmentent. Ils augmentent en fréquence et ils augmentent en intensité. C'est par exemple les risques climatiques, mais pas seulement. On a aussi le risque cyber, on a des risques émergents comme les incendies des batteries. Et donc il y a plus de risques, donc il y a plus de sinistres dans notre jargon d'assureur. Et puis surtout, les sinistres, ça coûte de plus en plus cher de les réparer. Je vous prends juste un exemple.

Si vous prenez l'optique de phare pour les voitures, la réparation de l'optique de phare sur 4 ans, ça a augmenté de plus de 70%. Et donc tout ça, évidemment, ça pèse sur les tarifs.

2:19
Invité

Certes, mais on voit quand même que la hausse est conséquente. Alors, ce sont des cabinets qui font des études, mais en regardant, on est entre des hausses entre 5 à 8%. Ça dépend évidemment des estimations, qui sont bien supérieures à l'inflation. Ce n'est pas quand même un peu facile d'augmenter juste à cause du coût ?

2:42
Présentateur

Non, je ne crois pas. Si je prends les événements naturels, dans les années 80, en moyenne, chaque année, il coûtait 1,5 milliard d'euros. Aujourd'hui, chaque année, en moyenne, il coûte 6 milliards d'euros. Donc ce sont des augmentations qui sont très, très importantes. Je vous parlais tout à l'heure, du coup, de la réparation, c'est la même chose. À la sortie du Covid, on a vu des augmentations sur les tuiles, également de l'ordre de 30% sur les charpentes métalliques.

3:09
Invité

Et en même temps, on voit que vos entreprises, les entreprises que vous représentez, elles se portent plutôt bien. AXA a fait de très bons résultats, 10% de plus l'an dernier. Groupama, groupe mutualiste, pareil, a fait une hausse. Elles peuvent aussi prendre un peu sur leur marge, non ?

3:25
Présentateur

Alors, on a une réglementation dans le secteur de l'assurance qui garantit la pérennité de nos entreprises, parce que nous, le plus important pour nos assurés, c'est qu'on soit toujours là, le jour où vous aurez un sinistre, et éventuellement un très gros sinistre. Donc on a l'obligation d'être globalement équilibré, et même un peu plus, puisqu'il faut qu'on mette de l'argent en réserve pour être toujours là, même en cas de coup dur. Et ça, c'est la première qualité de votre assureur.

3:51
Invité

Donc c'est pour ça, vous dites, on garde un petit trésor de guerre au cas où, parce qu'on voit d'un côté les risques qui augmentent, les coûts qui, par ailleurs, progressent également. Donc on se fait notre trésor de guerre.

4:03
Présentateur

Alors, ce n'est pas un trésor de guerre, ça s'appelle des fonds propres, et ils sont fixés réglementairement par une directive européenne. Donc le montant, le niveau des fonds propres, il est fixé par une directive européenne.

4:14
Invité

On entend aussi beaucoup qu'il y a des frais de gestion qui sont très lourds. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

4:20
Présentateur

Les frais de gestion, d'abord, dans un marché qui est extrêmement concurrentiel. Il faut savoir qu'on a en France le marché le plus concurrentiel d'assurance par rapport aux autres pays européens. Ça tire les tarifs vers le bas. On a les tarifs d'assurance auto, en particulier, qui sont les plus faibles de toute l'Europe. Maintenant, on a un corpus réglementaire qui est vraiment très, très important et qui, effectivement, occasionnent des coûts de gestion, mais qui sont très limités par rapport au montant total de la cotisation que vous payez.

4:52
Invité

Quel conseil vous donneriez aux auditeurs qui voient quand même donc leurs contrats augmentés, les tarifs de leurs contrats augmentés ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?

5:01
Présentateur

La première chose, c'est de faire un point régulièrement avec son assureur sur les garanties pour être sûr qu'on a toujours les bonnes garanties par rapport à ses besoins. Ça, c'est vraiment le premier conseil. Le deuxième conseil, c'est de faire jouer la concurrence puisqu'on a précisément un marché qui est très, très concurrentiel. Et le troisième conseil, c'est de prendre des mesures de prévention parce que le meilleur sinistre, c'est celui qu'on a pu éviter. Par exemple, ne pas laisser les batteries de téléphone chauffer, ça risquerait de mettre le feu à la maison. Exactement.

On a des risques très classiques et puis on a des risques émergents avec la multiplication des batteries dans les téléphones, dans les trottinettes électriques, les vélos électriques, etc. On a un risque d'emballement, c'est-à-dire de prise de feu. Et donc, ne laissez pas vos batteries dans l'entrée, en charge, toute la nuit.

5:51
Invité

Les risques climatiques, comment on peut les prévenir ? Souvent, on n'y peut rien. Enfin, quand on est une famille, un ménage sur sa maison, c'est difficile de prévenir des risques dus au réchauffement climatique.

6:06
Présentateur

Alors, on peut quand même limiter l'impact d'une tempête, par exemple, en fermant les volets, en ne prenant pas la route. Si on prend les dernières tempêtes qui ont balayé la Bretagne, par exemple, eh bien, le circuit de la tempête était assez proche de tempêtes plus anciennes. Et on a constaté que, compte tenu des SMS que les assureurs vous envoient, on vous dit, attention, il y a une tempête, donc prenez vos dispositions. Compte tenu aussi des consignes de la préfecture, qui avaient interdit la circulation sur un certain nombre de routes, eh bien, on a eu globalement moins de sinistres que la fois d'avant.

6:42
Invité

Alors, Florence Lutzmann, vous dirigez une des plus grandes fédérations patronales, patronales, depuis cinq ans, vous avez été réélu, pas plus tard qu'en juin dernier. Vous étiez quand même la seule candidate, alors vous avez été plus perspicace que les autres. Comment vous avez fait pour... il n'y avait pas beaucoup de suspense ? Ça veut dire quoi ? Que personne ne voulait y aller ?

7:01
Présentateur

Alors, moi, je dirais que le secret, c'est l'écoute et le travail collectif. Et on a, je crois, eu tous envie de continuer.

7:09
Invité

D'accord, vous aviez tous envie de continuer. Bon, vous avez commencé quand même votre carrière comme contrôleuse des assurances en tant que haut fonctionnaire. Et puis ensuite, vous vous êtes passée de l'autre côté de la barrière, puisque vous vous êtes passée du côté de la banque et puis du côté des assurances. Comment on fait ce... pourquoi ce passage de l'autre côté du miroir ?

7:25
Présentateur

Après le contrôle, j'avais envie d'agir. Donc, c'était pour passer à l'action. Et simplement, quand on est dans la fonction publique, et c'est tout à fait normal, et qu'on a contrôlé un secteur, il y a un petit sas de décompression qui était de cinq ans à l'époque, donc cinq années pendant lesquelles... Eh bien, j'ai fait autre chose. J'étais disponible pour relever d'autres défis. Et j'ai eu beaucoup de chance, parce qu'on m'a proposé de diriger, de piloter le plan Alzheimer.

7:48
Invité

Alors, effectivement, c'est un gros sujet de vieillissement qui rejoint vos sujets. Avant cela, vous avez été... Alors, j'ai été ébahie par votre parcours, polytechnicienne, ingénieure générale des mines, passée par Sciences Po. Bref, vous êtes bardée de diplômes. Un profil de très bon élève. C'est la clé pour asseoir une légitimité dans un monde de l'assurance qui est quand même réputé assez masculin, un peu conservateur ?

8:13
Présentateur

Je ne sais pas. Oui, il y a un minimum de crédibilité technique, je dirais. Ça, c'est le socle. Mais je crois que le plus important, c'est, en tout cas pour une fédération, c'est de créer du lien, de faire travailler les gens ensemble, et puis d'avoir un vrai projet collectif. Et nous, notre projet, c'est d'être au plus près de nos assurés, parce qu'on est dans un monde qui devient de plus en plus compliqué. Nos concitoyens sont inquiets. Alors, ils le montrent en épargnant, ils le montrent aussi en souscrivant beaucoup d'assurance. Ils ont besoin d'être protégés contre ces nouveaux risques, et nous, on est là pour eux.

8:45
Invité

Vous parlez de l'épargne, parmi les assureurs, beaucoup proposent des contrats d'épargne, des contrats d'assurance-vie. C'est une bonne nouvelle pour vous qu'il y ait un taux d'épargne actuellement de 19 %, ça fait vos affaires ?

8:57
Présentateur

Oui, c'est une bonne nouvelle, évidemment, parce que le contrat d'assurance-vie, c'est le placement préféré des Français. Ça se confirme de mois en mois, et c'est surtout une très bonne nouvelle pour notre économie, parce que les deux tiers de l'argent que vous nous confiez, il est investi dans les entreprises.

9:14
Invité

Oui, mais en même temps, on entend beaucoup vos homologues patronaux dire « les Français, ils épargnent, ils ne consomment pas, donc ça ralentit l'économie ».

9:24
Présentateur

Non, mais pas du tout. Nous, on investit, notre investissement, au deux tiers, il se fait dans les entreprises, donc dans la croissance, dans l'emploi. C'est productif, le contrat d'assurance-vie.

9:34
Invité

Alors, j'ai une dernière question quand même, le temps passe très vite. France Assureur, c'est une des plus grosses fédérations adhérentes du MEDEF, qui appelle à se mobiliser le 13 octobre prochain. Quel va être le message ? Parce que maintenant que vous avez échappé à la vague Zuckman, qu'est-ce que vous voulez dire ?

9:55
Présentateur

Ce qu'on voudrait, c'est illustrer concrètement la contribution des entreprises à l'économie et donc à la solidarité nationale.

10:03
Invité

Elle est trop importante pour vous, cette contribution ?

10:05
Présentateur

Je ne dis pas qu'elle est trop importante, je dis qu'elle finance l'économie et qu'elle finance donc la solidarité nationale. On veut démontrer, et ça pour moi, c'est l'objectif du 13 octobre, que l'entreprise, c'est un territoire de réconciliation, d'apaisement, c'est un territoire de projet collectif, donc c'est quelque chose qui est à valoriser.

10:23
Invité

On n'a pas l'impression que ce soit vraiment un meeting d'apaisement quand on voit que, par ailleurs, il y a d'autres organisations patronales qui ne ressentent pas du tout, qui n'ont pas du tout envie de s'associer. La CPME a dit qu'elle n'irait pas le 13. L'UDEP, qui représente les artisans, a aussi dit, demande même un peu d'essence de la part des grandes entreprises qui parfois étouffent les grands groupes, qui parfois étouffent les petites sociétés, ça ne donne pas le sentiment d'un apaisement. En tout cas, moi, c'est l'objectif que je fixe à cette journée du 13 octobre. Donc, vous irez le 13 octobre ? On y sera. Très bien.

Merci Florence Lussman, à la tête de France Assureur, d'avoir été l'invité éco de France Info. Merci.

11:05
Locuteur

Merci. Merci. Merci.