La grande interview : David Lisnard
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews et Européens, c'est David Lissnard. Bonjour à vous. Bonjour. Maire de Cannes, président de Nouvelle Énergie et candidat à l'élection présidentielle. Un mot de cet épisode de chaleur intense que la France vit avec des pointes à 39 voire 40 degrés par endroit demain selon Météo France. Les services de santé et de secours sont en alerte, alerte aussi dans les écoles. Est-ce qu'on a perdu notre bon sens pour gérer ces épisodes climatiques, David Lissnard ? Urbanisation massive, bétonisation des centres-villes, manque de moyens pour les immeubles et les maisons où l'on étouffe. Ou est-ce que justement c'est une question d'argent ?
Est-ce qu'il faudrait un grand plan pour que toutes ces écoles soient, comme vous l'avez fait à Cannes, des endroits de fraîcheur ?
Les deux sont liés, c'est-à-dire qu'on a perdu le bon sens en général de toute façon. Et effectivement, il faut s'adapter à ces conditions climatiques. Ce qui passe par des plans fraîcheurs, c'est-à-dire désimperméabiliser les sols, réparer ce qui a été fait au 19e et au 20e siècle. C'est faisable ? Oui, mais ça prend du temps. Vous voyez les centres-villes ? C'est pareil, la lutte contre les inondations. Donc c'est faisable, ça se fait progressivement. On plante des arbres. Moi, je vois beaucoup de communes en France, je sillonne le pays où les maires ont pris le dossier à bras-le-corps. Après, c'est une question de moyens. On nous restreint les moyens, on nous augmente les obligations.
Donc il y a forcément hiatus. C'est une salle climatisée. Pas toutes les salles, mais une salle climatisée. Ce qui ne pose pas de problème puisqu'on a une électricité surabondante et décarbonée en France grâce au nucléaire et à l'hydroélectrique. Donc il n'y a pas de souci là-dessus. Donc il faut évidemment installer des climatiseurs. Partout, c'est une salle plus fraîche que les autres. Et moi, je le vois, quand on a des seuils de chaleur élevée, les élèves se regroupent. C'est souvent la salle du réfectoire parce qu'on peut y accueillir plusieurs classes. Et on doit tenir la classe. On doit surtout ne pas interrompre l'école. Mais vous savez, on étouffe...
Vous savez combien fait de pages la notice thermique que l'on reçoit quand on est maire pour construire une école ? Allez-y. Désormais, 3 800 pages. Alors vous voyez, on étouffe surtout sur la bureaucratie en France. C'est ça qui nous étouffe avant tout et qui nous fait perdre de l'argent, du temps, des moyens et qui expose à la surchaleur comme parfois au surfroid.
David Lysnard, hier, Emmanuel Macron a vanté l'électrification du pays. Il appelle à une mobilisation collective. On sait bien, après deux mandats de lancer ce type de grandes idées.
Vous avez répondu à ma place.
Voilà. Mais c'est aussi une nécessité. Il faut aller évidemment vers cela.
Oui, oui, très bien.
C'est vrai qu'on est en mai 26.
Mais c'est les mêmes que l'on retrouve d'ailleurs à l'élection présidentielle. Je vous remercie d'avoir appelé que j'étais candidat. J'invite tous vos collègues à faire de même. Pourquoi on oublie de le dire ? Oui, ça arrive de temps en temps. Mais qu'un maire, qu'une voix du terrain puisse se faire entendre, ça peut heurter les conformistes. Mais ce sont les mêmes, Emmanuel Macron et les autres, qui se vantaient aussi de fermer Fessenheim. Ce sont les mêmes qui annonçaient la fermeture de 14 réacteurs nucléaires. Ce sont les mêmes qui aujourd'hui annoncent la relance du nucléaire, très bien.
Mais qui ne reviennent pas sur la primauté des énergies d'être renouvelables dans l'architecture électrique du pays. Ce qui se fait au détriment du parc nucléaire, au détriment de la compétitivité de notre électricité.
Donc on coupe tout ce qui est le financement de l'éolien ?
Alors, on laisse d'abord ce qu'il faut, c'est toujours comparer le coût avantage. Quelle électricité ? La plus abondante, la plus pilotable, la plus fiable, la moins chère. Aujourd'hui, nucléaire et hydroélectrique. Ensuite, il faut permettre aux initiatives locales. Moi, je mets des panneaux solaires sur beaucoup d'équipements. Et ça, ce sont des petites autoconsommations, soit individuelles, soit collectives, qui ont beaucoup de sens et de pertinence. Mais l'architecture globale électrique, celle qui est connectée au reste de l'Europe, elle doit être assise sur un élément fiable qui a fait la grandeur et la fierté de la France, qui est l'électro-nucléaire et qui est l'hydroélectrique.
Donc, le « en même temps », ça ne marche pas. Parce que le « en même temps », ça crée une énergie intermittente et qui se fait au détriment de la performance. C'est pour ça qu'il faut changer de gouvernement.
Et il y a aussi notre dépendance aux hydrocarbures. On le voit, et avec la crise des carburants, les Français y sont confrontés tous les jours. Est-ce qu'il y a des solutions, là encore ?
C'est toujours pareil. C'est-à-dire que ceux qui vous proposent des solutions, soit de chèques pour les habitants, soit de baisse fiscale. Moi, je suis pour la baisse de la fiscalité, je pense au RN, mais sauf qu'ils n'ont pas de vrai plan de baisse de dépense.
Mais vous vous proposez quoi ? La baisse de la TVA ?
Mais il faudra... Non, ce n'est pas la baisse de la TVA. La baisse des taxes. J'ai proposé depuis le début, le premier, la baisse des C3E. J'ai vu que ça avait été repris par Michel-Edouard Leclerc et par d'autres parties, dont le RN. Très bien. C'est parce que ça n'a pas d'incidence budgétaire. En fait, ça n'entre pas dans la dépense publique, même si c'est un prélèvement obligatoire. Donc ça, on peut le faire tout de suite. C'est 17 centimes de baisse. Mais le problème, il n'est pas là. C'est que ces gens-là sont en apnée. Ils sont tous étatistes. À chaque crise, ils vous promettent des choses qui ne sont pas finançables ou qui sont financées par nos enfants.
Parce que pendant qu'ils parlent de cela, baisser la fiscalité, la France va emprunter 310 milliards d'euros sur les marchés, c'est-à-dire plus que pendant le pic Covid. Et toutes nos lâchetés, nos facilités présentes, on les fera payer par nos enfants et nos petits-enfants. On va l'acheter sur la retraite, on va l'acheter sur le système social. L'État-providence ne peut plus fonctionner. On ne fait plus assez d'enfants, il n'y a plus assez de cotisants et on ne fait plus de productivité. Donc, il faut une véritable rupture et c'est ce que je propose avec Nouvelle Énergie.
Mais David Lysnard, quand vous proposez de supprimer la C3E, comme vous le dites, est-ce que ce n'est pas sacrifier la transition énergétique, l'avenir de la transition écologique et grever nos dépenses publiques ?
Surtout pas, parce que localement, on est bourré d'initiatives. On est en train de faire, dans ma commune, la plus grande centrale d'énergie marine enterrée. Il y en a une autre qui va se faire à Marseille. Je vois plein de communes, les initiatives. Laissez libérer les choses, laissez les faire. Mais en revanche, il faut bien trancher. Quand vous avez un plein, moi je l'ai fait à 2,10 euros, pour beaucoup de Français, c'est insoutenable. Donc, s'il y a une mesure immédiate à prendre, outre des mesures individuelles à certaines professions, dont les pêcheurs, qui sont très impactées, c'est évidemment une mesure provisoire de suspension de ce qui est secondaire sur le plan environnemental.
Parce qu'il faut comprendre que, si on veut décarboner, lutter contre la part humaine du réchauffement climatique, c'est l'énergie qui compte. C'est la production d'une énergie, on en revient à l'électrification. L'isolation, c'est sympa, mais c'est beaucoup moins important. Toutes les études l'ont montré, ça a beaucoup moins d'impact. Donc, diriger, c'est trancher. Et moi, c'est ce que l'on fait dans une entreprise, c'est ce que je fais dans une mairie, c'est ce qu'il faut faire au niveau de l'État.
David Lissnard, vous êtes un libéral, vous vous revendiquez comme tel. Je ne sais pas si vous comparez à Ravier Méley en Argentine. Où est-ce qu'il faut couper dans la dépense publique ?
Moi, je préfère comparer à RUEF avec De Gaulle en 58. Vous avez raison. En 58, en France, vous voyez.
Français. Mais où est-ce qu'on coupe dans la dépense publique ? Est-ce que vous proposez du sang et des larmes ?
Non, je propose d'augmenter le salaire net. D'autres le reprennent d'ailleurs maintenant, sauf qu'ils ne disent pas ce qu'ils vont déréguler et ce qu'ils vont baisser. Nous, nous le disons avec Nouvelle Énergie, 80 milliards dès la première année, un objectif de 200 milliards sur le quinquennat. En fait, il faudrait avoir 300 milliards de baisse des dépenses qui seraient très raisonnables. Parce que ça veut dire qu'on serait à 50% de la richesse produite dépensée par la puissance publique. On serait toujours l'un des pays qui dépense le plus d'argent public.
Il faut bien comprendre que plus on a dépensé d'argent public, moins on a eu d'infirmiers aux urgences, moins on a de policiers dans les rues, moins on a de magistrats. C'est tout le paradoxe que j'essaie de faire comprendre. Et pour redonner des services publics de proximité et du pouvoir d'achat aux Français, il faut cotiser moins pour gagner plus. Pour cotiser moins, on va commencer par, dans les 1200 agences de l'État et organismes de l'État qui ont été créés depuis 20 ans, qui ont recruté 850 000 agents de la fonction publique, qui dépensent 100 milliards par an. Un objectif, dès la première année, de baisse de 30%, c'est 30 milliards d'économies.
Aujourd'hui, la population française représente 0,9% de la planète. Les dépenses sociales en France, c'est 5% de toutes les dépenses sociales mondiales. C'est un tiers du PIB. On doit faire 10% d'économies dans ces 990 milliards de dépenses sociales. On ne doit plus attribuer des allocations à des gens qui n'ont pas contribué et qui viennent de l'étranger. Pourquoi sommes-nous masochistes au point d'importer de la pauvreté et de financer avec l'argent de nos enfants de la pauvreté que l'on importe ? Je peux vous... Il faut évidemment s'attaquer aux retraites.
Mettre en place une retraite par capitalisation obligatoire, ne plus indexer les autres retraites parce qu'aujourd'hui, on dépouille les actifs au profit des inactifs. Donc tout cela, on le documente et c'est ce qui va permettre de retrouver de l'espoir. C'est ce qui va permettre de retrouver des services publics efficaces. Et vous voyez, si on baisse, si on arrive à ces 200 milliards, on en rend 60% aux Français, 120 milliards. Ça veut dire que pour un salaire pas loin, un peu en dessous du salaire médian à 2000 euros, eh bien on gagne 200 euros net de plus par mois. C'est ça qu'il faut faire. Il faut rendre le travail et l'investissement beaucoup plus attractifs et compétitifs.
Et sans doute l'un des pays d'Europe
où les salaires réels baissent le plus. Bien sûr. Quand on se compare à la Pologne, c'était dans le Figaro aujourd'hui. Et on a le record du monde des impôts, des charges. Et on gagne moins bien que les Polonais.
Voilà. Donc il faut dépenser moins pour cotiser moins, pour gagner plus. C'est ça, c'est une vraie révolution. Mais ça va être une source de progrès. Ça ne sera pas du sang et des larmes. Il faut juste un peu de courage politique et de cohérence.
Vous parlez de l'immigration. Gérald Darmanin a proposé un rapport de 3 ans sur l'immigration légale. Est-ce que c'est une bonne chose pour vous ? Gabriel Attaloui propose de durcir les conditions du regroupement familial. Chacun y va de son couplet. Alors que jamais la France n'a accueilli autant d'étrangers sur son sol.
Non mais on voit les biceps là. Vous avez vu tous. Ça va dans le bon sens ou pas ? C'est qu'ils sont au pouvoir depuis 10 ans et qu'on n'a jamais autant eu d'immigration depuis 10 ans. Indépendamment du respect que je porte aux personnes que vous citez, l'actuel ministre de la Justice, ancien ministre de l'Intérieur, il a signé 807 000 titres de séjour comme ministre Gérald Darmanin.
Parce qu'il est resté plus longtemps à Beauvau.
C'est ce qu'il dit. Mais enfin, quand il fait, depuis 1980, il y a eu 32 annonces de maîtrise de l'immigration. Depuis 1980, 30 de lois. Ce n'est plus un problème de loi. C'est qu'il faut changer le cadre constitutionnel. Parce qu'aujourd'hui, vous pouvez annoncer ce que vous voulez. C'est, comme disait l'autre, de la poudre de perlimpinpin. Tout simplement parce que nous, à Nouvelle-Énarchie, évidemment, on veut revenir sur le droit du sol. Évidemment, il faut de l'immigration. Mais une immigration... Il y a un référendum, David Dessart ? Vous savez, plein d'immigrés sont d'accord avec nous. Ils nous disent, mais nous, on est venus en France pour des bonnes raisons.
On veut que la France, elle soit tenue. Donc, il faut des immigrations. Mais il faut diviser au moins entre 5 et 8, selon les chiffres, l'immigration légale. Pas la mettre à zéro. C'est pour ça que ça me fait... Ça, ça ne marchera pas. Mais il ne tient pas une semaine. Parce que la Cour européenne des droits de l'homme, le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel, vous dire, merci monsieur, vous avez fait votre effet d'annonce et puis on va continuer. Plus on nous annonce ce genre de choses, plus il y a d'immigrés légaux et illégaux. Donc, il faut évidemment élargir l'article 11 de la Constitution.
Il faut remettre la primauté du droit de maîtrise du peuplement sur les textes internationaux, faire des alliances européennes pour modifier les traités avec l'Italie, avec le Danemark, avec la Pologne, avec la Hongrie. C'est tout à fait tenable. Menacer le retrait de la Cour européenne des droits de l'homme ou... Ou le faire ? Peut-être provisoirement. Après, une grande nation, il faut garder quand même les principes d'un État de droit. Ce n'est pas du tout antinomique, mais il faut régénérer l'État de droit. L'État de droit, ce n'est pas l'impuissance de l'État.
Ça doit être tout simplement l'équilibre entre des droits naturels, le respect de la dignité de la personne et la possibilité pour la souveraineté nationale de s'exprimer et d'exercer son autorité.
David Lissnard, 2027 est dans toutes les têtes. Il y a une multiplication des candidatures. On le voit à droite, à gauche. Est-ce que ça laisse craindre pour vous un affrontement inéluctable entre le RN et les filles ?
Il n'est pas inéluctable, mais ça fait longtemps. Je l'avais dit ici même qu'il y a deux ans, depuis ça fait deux ans que je prêche pour un quart de finale avant la demi-finale qui est le premier tour, pour une compétition sans indéfinir le périmètre. Vient qui veut des gens qui se sentent...
Une primaire ?
Oui, une primaire qui par définition doit être ouverte, autrement c'est un truc interne. Et vote qui veut, vient qui veut. Je ne demande pas à Bruno Retailleau de soutenir M. Attal ou M. Attal de soutenir M. Zemmour, M. Zemmour soutenir Edouard Philippe, ce n'est pas mon sujet, mais qui va décentriste, qui va jusqu'à la droite, mais n'en définissons pas... Jusqu'à M. Zemmour ? Mais vient qui veut. Le RN ne viendra pas puisqu'ils se disent ni de gauche ni de droite. D'ailleurs, ils ont raison puisqu'ils disent les deux en même temps. Il y a de lignes ORN ? Oui, mais c'est tactique peut-être. C'est dur en même temps.
C'est ce qui a été fait par Emmanuel Macron, mais ça reste des étatistes, ça reste des conformistes. D'ailleurs, tous, on les retrouve en grande partie à l'air, on les retrouve bien sûr dans la Macronie. À gauche, je n'en parle pas. Et c'est pour ça que moi, j'arrive avec mon équipe, avec une proposition pour inventer un État performance, adapter notre société et que l'État serve la société, non pas service la société, qu'on renverse cette espèce d'État qui, comme disait le président Pompidou, emmerde tout le monde par des procédures, des serfas. J'entendais Arnaud Montebourg. Je l'écoutais, j'avais l'impression qu'il avait adhéré à Nouvelle Énergie. Bienvenue Arnaud Montebourg.
Ancien ministre socialiste. Oui, qui racontait ce qu'il vit dans le monde réel maintenant qu'il y est. Mais ce n'est pas possible pour faire n'importe quel équipement, n'importe quelle décision. Je dois remplir des serfas, je dois avoir des autorisés. Ben oui, moi j'ai connu ça dans le commerce, je connais ça dans ma mairie. Et la France a un énorme potentiel. On est un pays créatif, on a un beau peuple, on a tout pour être un Eldorado dans le XXIe siècle. Il faut juste qu'on s'attaque à la bureaucratie, il faut qu'on remette de l'ordre dans nos rues, il faut qu'on assainisse les comptes publics, il faut qu'on retrouve une ambition éducative, scientifique, culturelle.
La France doit être une superpuissance éducative. Donc, soit j'arrive à faire valoir ce projet dans une primaire, ce qui permet de comparer non seulement les projets, mais ce qu'ont fait les gens. Vous savez, c'est ce que disait le président du Sud-Vietnam avant d'être envahi par les communistes, il disait arrêtez d'écouter ce que disent les communistes, regardez plutôt ce qu'ils ont fait. Arrêtez d'écouter ce que disent les candidats, regardez ce qu'ils l'ont fait ou ce qu'ils n'ont pas fait.
Et puis, s'il n'y a pas cette primaire, j'espère que l'originalité de cette proposition, avec un gros travail sur le comment on fait, comment on dirige, comment on entreprise sur l'exécution, emportera une majorité. C'est le combat que je vais mener avec Nouvelle Énergie.
Vous avez parlé du RN étatiste, selon vous. Vous avez aussi réagi aux propos de Jean-Luc Mélenchon sur la ruralité. Il estime qu'elle est remplie de fascistes, entre guillemets, qu'elle n'existe pas, au contraire de la Nouvelle France qui, selon lui, doit la remplacer. Qu'est-ce que vous lui répondez à Jean-Luc Mélenchon ?
Oui, alors, après, il a dit que son propos a été tronqué, mais les extraits sont véridiques. Mais c'est simple, il voit des fascistes partout, il cite partout les fascistes, mais il ne voit pas le premier des fascistes qui est Jean-Luc Mélenchon. Il ne voit pas le premier du néo-fascisme qui est cette LFI qui veut faire tirer tout le monde, qui veut tyranniser tout le monde, qui veut imposer cette alliance du wokisme et de l'islamisme et qui est aujourd'hui profondément anti-républicaine, anti-démocratique. Moi, qu'importe la couleur de peau des gens, qu'importe leur croyesse, je suis profondément républicain.
Et c'est pour ça que l'éducation est fondamentale et qu'il faut une cohérence civilisationnelle. Parce que chacun doit pouvoir embrasser les valeurs de la France à condition d'en respecter les devoirs. Mais ces gens-là, ils ne sont pas républicains puisqu'ils voient un blanc, ils le voient tout vieux, tout moche. Ils dénigrent sans cesse la France. Il y a une espèce d'auto-flagellation permanente. Et c'est anti-républicain. Et moi, je le vois, beaucoup de gens de gauche rejoignent Nouvelle Énergie parce qu'on défend la culture, l'instruction, alors qu'on a un projet de droite, si vous voulez, sur l'ordre sécuritaire et libéral. C'est assez ferme.
David Lysnard, est-ce que cette gauche a la mainmise sur le magistère moral, la culture en France ? Vous avez écrit une tribune pour dire qu'il faut une politique culturelle ambitieuse dans notre pays, une ambition culturelle, diverse, qui entendent toutes les sensibilités. Ce n'est pas le cas aujourd'hui ?
Alors, on a encore un pays, heureusement, où la culture se produit, mais il y a un entre-soi dans la culture officielle.
Et vous l'avez vu à Cannes.
Et je l'ai vu à la Cérémonie des Molières aussi. C'est très uniforme. Moi, je suis pour... D'abord, il faut garantir la liberté d'expression. Chacun dit ce qu'il veut, y compris Jean-Luc Mélenchon. Sauf si ça sort de la loi, c'est autre chose. L'entretien du patrimoine et la transmission. Notre rôle, c'est de transmettre les belles œuvres de l'esprit, celles qui ont résisté au temps et à leurs auteurs. Troisièmement, il faut l'éducation artistique et culturelle. Pour que tous les gamins, quel que soit leur milieu, riches, pauvres, immigrés, pays, immigrés, se sentent dépositaires de la culture et eux-mêmes aient envie de créer.
Et il faut donc lutter contre les cahiers des charges publiques qui imposent des quotas, qui imposent des visions de la société que les progressistes pensent être l'alpha et l'oméga du bonheur sur Terre. Il faut de la diversité. C'est nous qui défendons la diversité. Heureusement, les œuvres, elles sont plus diverses. Pour parier de Cannes, allez voir cette formidable Palme d'Or qui est une grande œuvre, un grand film de Manjou, le réalisateur roumain, qui fait réfléchir, qui n'est pas manichéenne, qui rend un peu moins bête et c'est beau en plus. Et loin des polémiques. La culture, c'est d'abord le beau, c'est la poésie, c'est faire sentir la vibration des œuvres.
Les œuvres sont bien plus fortes que les discours des artistes. Alors, les discours ont droit de s'exprimer,
un des rares candidats à parler de culture. C'est un enjeu civilisationnel. On est aussi à l'heure de l'IA, de l'intelligence artificielle qui va balayer tout ça.
Vous avez raison de les lier, d'ailleurs.
Et le pape Léon XIV a produit une encyclique cette semaine où il dit qu'il faut dénoncer l'IA si elle provoque de l'esclavage chez les humains. Comment est-ce qu'on peut concilier tout ça dans les dix ans à venir ?
L'encyclique, il faut la lire. Et quel dommage que ce ne soient pas les hauts commissariats au plan, tous ces machins que l'on fait des impôts qui produit ça, c'est le pape. Et elle est vraiment dans la tradition de Rerum Novarum à l'époque de Léon XIII en 1891. Mais elle n'est pas technophobe. Le pape prend acte le fait que l'intelligence artificielle est une formidable révolution industrielle et à tout point de vue. Quelle est une invention de l'homme ? Alors après, quand on a la foi, c'est autre chose. Mais il rappelle effectivement qu'elle renvoie comme toute évolution, comme toute révolution anthropologique à une question civilisationnelle, celle de la responsabilité individuelle.
Ça veut dire quoi ? Que certes, il faut peut-être apprendre à nos enfants à coder de l'informatique, mais il faut surtout leur apprendre à décoder le monde. Il faut absolument sanctuariser l'école pour qu'elle redevienne un temps d'attention, que dans nos familles aussi, on doit apprendre à maîtriser ces outils, que l'on doit comprendre que le plus important, c'est la raison critique. Et ça revient à la culture. Donc, bien sûr qu'il faut maîtriser l'IA. Moi, mon plus gros plan d'investissement cette année en mairie, c'est l'IA parce qu'on va faire des gains de productivité, qu'on va défendre les contribuants, qu'on va avoir un meilleur service, qu'on va améliorer les conditions de travail.
Donc, ça va nous permettre de lutter contre les maladies, de régler des problèmes écologiques. C'est formidable. Mais il y a toujours un revers de la médaille qui est celui de l'aliénation à la technologie. Je ne crains pas l'intelligence artificielle, je crains la paresse naturelle que va générer cette intelligence artificielle.
On travaille beaucoup là-dessus dans Nouvelle Énergie et dans mon livre qui est toujours en librairie, qui s'appelle Ainsi va la France, il y a tout un grand chapitre sur comment retrouver une ambition sur l'IA et faire en sorte que la France et l'Europe ne soient plus les colonies des Etats-Unis et de la Chine et qu'on ait une vraie ambition sur l'intelligence artificielle, sur la quantique. Je visiterai tout à l'heure des entreprises françaises remarquables de la tech. Une sur les exosquelettes et l'autre sur la quantique.
Et la France peut jouer sa carte dans ce combat. Un dernier mot sur le progrès scientifique, le progrès médical, la GPA, la gestation pour autrui. Vous avez été interpellé par le fait que Gabriel Attal, en vue de la présidentielle, propose cela. ça clive au sein même de son parti. Qu'est-ce que vous, vous pensez de la gestation pour autrui ?
Je pense qu'elle est contraire à un principe fondamental de la société libérale, c'est-à-dire la dignité du corps et que tout n'est pas... Contrairement à ce que... Quand on veut disqualifier les libéraux, en France libérale, c'est une insulte alors que dans le monde entier... Tout n'est pas marchandisable. Tout n'est pas marchandisable. Tout n'est pas marchandise. Et notamment le corps humain. Et que cette notion de dignité, elle a émergé depuis 2000 ans dans la société judéo-chrétienne, mais elle a émergé juridiquement dans les sociétés libérales. Et que le marché doit répondre... C'est le meilleur outil pour répondre au maximum de besoins.
Et puis qu'il y a quelques exceptions qui renvoient à la souveraineté individuelle qui ne passe pas par la marchandisation du corps. Et en l'occurrence, j'y suis farochement opposé.
Et ça, c'est pour vous un enjeu civilisationnel, une rupture par rapport à Gabriel Attal ?
Oui, peut-être. Mais surtout, je pense que ça ne devrait pas être un enjeu de la présidentielle. Aujourd'hui, la priorité sur la présidentielle, c'est recréer de la prospérité par la liberté, c'est recréer de la sécurité par l'autorité, c'est recréer de l'unité par l'instruction et la science. Et c'est pourquoi je vais proposer ce projet avec Nouvelle Énergie. Et on va rassembler tous les orphelins de la droite, du centre et de la gauche, tous ceux qui veulent retrouver du réalisme et cette révolution du bon sens que j'appelle pour mon pays. Merci beaucoup,
David Gistard, d'être venu ce matin
David Lisnard