Après la chute de François Bayrou, quel avenir pour la France ? L'analyse de Jean-Louis Bourlanges
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Questions et réponses
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- 0:31OuverteRéponse directe
Avec moi pour en parler ce matin, Jean-Louis Bourlange, bonjour.
- 2:18OuverteRéponse directe
J'imagine que vous n'avez pas été surpris ?
- 5:10RelanceRéponse directe
Jean-Louis Bourlange, est-ce que François Bayrou a eu raison de rajouter de l'instabilité, du chaos ?
- 6:29OuverteRéponse directe
Les Français ont conscience, disait-il, de l'importance du sujet de la dette ?
- 7:02OuverteRéponse partielle
Quel regard portez-vous sur les neuf mois passés par François Bayrou à Matignon ?
- 9:36OuverteRéponse directe
Est-ce que la Ve République est un peu à bout de souffle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09PrésentateurFait
« 364 contre, 194 pour hier soir à l'Assemblée. François Bayrou a largement perdu le vote de confiance qu'il avait provoqué. »
- 0:25PrésentateurFait
« Chute inédite d'un gouvernement dans l'histoire de la Ve République. »
- 2:44Invité politiqueFait
« il a eu tout à fait raison de poser le problème dans ces termes historiques. »
- 2:51Invité politiqueFait
« Ce n'est pas simplement, il faut bien voir, un problème d'équilibre budgétaire. »
- 3:13Invité politiqueFait
« Quand vous avez des déficits budgétaires et des déficits de commerce extérieur aussi importants, ça veut dire que vous consommez plus que vous ne produisez. »
- 3:32Invité politiqueFait
« Soit on consomme moins, ça s'appelle, si on est à l'extrême gauche, la décroissance. Ça s'appelle sinon l'austérité. »
- 3:45Invité politiqueFait
« Soit on décide de s'organiser pour produire plus. Et ça s'appelle la volonté. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Pourquoi les jours fériés ont-ils fait scandale ? Pourquoi l'âge de la retraite a-t-il fait scandale ? »
- 5:19Invité politiqueFait
« Non, je crois qu'il a estimé, et je crois qu'il avait raison, qu'il ne pouvait pas gouverner dans la confusion. »
- 6:42Invité politiqueFait
« mais leur idée, c'est que ça doit être payé par les autres. »
- 6:50Invité politiqueFait
« La justice, dans cette affaire, le budget de M. Bayrou, tel qu'il le préconisait, n'avait rien d'injuste, il était très équilibré. »
- 7:47Invité politiqueFait
« qui aurait été certainement sanctionnée par les marchés, et par un certain nombre d'acteurs politiques, comme le président des États-Unis. »
- 9:06Invité politiqueFait
« il y a un risque énorme, aujourd'hui, de rapprochement du pouvoir du Rassemblement National. »
- 10:03Invité politiqueFait
« aujourd'hui, nous sommes dans un système qui est largement primo-ministériel sur le plan intérieur et pas présidentiel. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Et là, nous sommes dans une situation où la majorité présidentielle est minoritaire, mais elle est quand même la grosse minorité. »
Temps de parole
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Ce programme est disponible grâce au don de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr 364 contre, 194 pour hier soir à l'Assemblée. François Bayrou a largement perdu le vote de confiance qu'il avait provoqué. Chute inédite d'un gouvernement dans l'histoire de la Ve République. Le Béarnais remettra ce matin sa démission à Emmanuel Macron qui doit nommer un nouveau Premier ministre dans les tout prochains jours. Avec moi pour en parler ce matin, Jean-Louis Bourlange, bonjour. Bonjour. Merci beaucoup à vous d'être venu ce matin, ancien député Modem, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
Hier à l'Assemblée, on a pu voir les mines des députés. Il y avait de la gravité dans l'air.
Il y avait de la gravité, je ne sais pas. Je n'étais pas à l'Assemblée puisque je ne suis plus parlementaire. Mais j'ai trouvé un contraste assez fort entre ceux qui ont voté pour François Bayrou, les gens du Modem, du Bloc central, qui étaient effectivement très conscients des risques énormes que ce vote, et au-delà de ce vote, l'évolution fondamentale de la politique française fait courir au pays. Et puis d'autre part, une agitation que j'ai trouvée assez stérile, faite d'une excessive agressivité, tant à l'égard du président de la République que du Premier ministre sortant, et des groupes les uns vis-à-vis des autres, une excessive agressivité qui n'a pas lieu d'être.
Le pays est dans une situation très difficile. Ça devrait appeler à de la réflexion, de l'introspection, de la concertation. Justement, quelqu'un comme celui que le parlementaire que vous venez d'inviter, Dominique Potier, qui était un formidable parlementaire socialiste, en est tout à fait pénétré. Mais j'ai trouvé qu'on était beaucoup plus dans les règlements de comptes, les petits arrangements, ce que le général de Gaulle appelait les jeux, poisons et délices du système.
François Bayrou a fait mine ces derniers jours de toujours y croire, mais le résultat hier a été sans appel. J'imagine que vous n'avez pas été surpris ?
Non, lui non plus, à mon avis, je crois qu'il n'a pas été surpris. A-t-il été étonné, selon la distinction célèbre de l'ITRE ? Je ne sais pas. Mais il a effectivement créé une situation qui conduisait à un risque énorme pour son gouvernement. A-t-il eu raison de le faire ? Je crois que sur le fond, il a eu tout à fait raison de poser le problème dans ces termes historiques. Ce n'est pas simplement, il faut bien voir, un problème d'équilibre budgétaire. C'est un problème de rapport des Français entre eux et avec le pays. Nous sommes dans un monde, c'est très simple économiquement.
Quand vous avez des déficits budgétaires et des déficits de commerce extérieur aussi importants, ça veut dire que vous consommez plus que vous ne produisez. Ça veut dire que donc le pacte fondamental qui vous unit les uns aux autres, qui unit les Français les uns aux autres, est rompu. On consomme trop pour ce qu'on produit. Face à cela, il n'y a que deux réponses possibles sur le fond. Soit on consomme moins, ça s'appelle, si on est à l'extrême gauche, la décroissance. Ça s'appelle sinon l'austérité. Soit on décide de s'organiser pour produire plus. Et ça s'appelle la volonté. Et Bayrou a bien montré que là était l'enjeu. Ce n'était pas simplement un enjeu financier.
Et maintenant, nous sommes, et il n'a pas été entendu, a-t-il, je pense qu'il y a eu de sérieux défauts de communication au cours des trois dernières semaines. Le débat a tourné sur des choses assez secondaires. Les jours fériés ? Non, les jours fériés, ce n'est pas du tout secondaire. Les jours fériés, c'est un... Pourquoi ? Pourquoi les jours fériés ont-ils fait scandale ? Pourquoi l'âge de la retraite a-t-il fait scandale ? Simplement parce que c'est l'effort demandé aux Français dans sa forme la plus visible. La plus concrète. Là, vous faites, vous mesurez cet effort. Et nous avons, effectivement, au sein du pays, un grand nombre de gens qui ne veulent pas en entendre parler.
Alors, ils s'en sont pris à ces mesures, pas parce qu'elles étaient mauvaises, mais parce qu'elles étaient significatives de quelque chose qu'ils ne voulaient pas. Et là, je pense que c'est le Premier ministre qui a raison. Ce n'est pas un effort immense, mais c'est un effort nécessaire qui est demandé aux salariés, même si, je conviens volontiers, que l'ensemble du redressement ne doit pas porter uniquement sur ceux qui travaillent.
Jean-Louis Bourlange, est-ce que François Bayrou a eu raison de rajouter de l'instabilité, du chaos ? Parce qu'en fait, c'est ça ce qui s'ouvre devant nous, ces nouvelles pages instables.
Non, je crois qu'il a estimé, et je crois qu'il avait raison, qu'il ne pouvait pas gouverner dans la confusion. Qu'il ne pouvait pas faire un budget, faire passer un budget qui reflétait ce qui lui paraissait être la priorité essentielle du pays, c'est-à-dire une concentration des forces gouvernementales, de l'autorité de l'État, sur le redressement financier et économique du pays. Il estimait que ce n'était pas possible. A-t-il quelle sera la conséquence de cela ? Je pense qu'il a quand même contribué à une prise de conscience accrue de la part de nos concitoyens.
Pas évident, parce que moi, quand il a fait sa sortie il y a un mois, sur son projet de budget, je me suis dit, voilà quelqu'un qui dit la vérité au pays, il est très bas dans les sondages, il est à 16%, il devrait remonter un peu. Et bien non, il est descendu à 12%, ce qui prouve l'étendue du rejet d'une grande partie de nos concitoyens à l'égard du diagnostic du Premier ministre.
Frédéric Dhabi, hier à votre place, sondeur, disait combien la dette cependant était quand même vue par les Français comme une priorité. Les Français ont conscience, disait-il, de l'importance du sujet de la dette ?
Oui, enfin, pas seulement, mais oui, mais la dette, les Français, ils finissent par comprendre que ça ne peut pas durer comme ça, mais leur idée, c'est que ça doit être payé par les autres. Qui payent ? Alors, ils disent que ce n'est pas juste, qu'il faut que la justice... La justice, dans cette affaire, le budget de M. Bayrou, tel qu'il le préconisait, n'avait rien d'injuste, il était très équilibré. Mais ce qu'on appelle la justice, ça veut dire pas moi. C'est pas à moi de payer. Quel regard portez-vous sur les neuf mois passés par François Bayrou à Matignon ? Je pense qu'il a... Le moment est un peu prématuré de faire... Mais je pense qu'il est passé par deux phases.
La première, quand il est arrivé, il s'est dit, et il avait raison, me semble-t-il, que le premier devoir était de faire passer le budget. Que Michel Barnier n'avait pas pu faire passer son budget, et que la France ne pouvait pas rester sans budget. Alors, il a fait un certain nombre de concessions pour obtenir l'aval des socialistes, et pour éviter cette espèce d'interègne, de vide de l'autorité, qui aurait été quand même extrêmement préjudiciable, et qui aurait été certainement sanctionnée par les marchés, et par un certain nombre d'acteurs politiques, comme le président des États-Unis. Ensuite, il a très vite compris que ça ne pouvait pas durer comme ça.
Et dès le milieu, dès le printemps, il a commencé, il a développé un discours qui était de se concentrer sur ce qu'il considérait être comme la priorité. Et c'est ça qu'il a mené, à travers trois étapes, sa première intervention au printemps, où il a dit ça, je ferai des propositions au mois de juillet, il a fait ses propositions en juillet, et ensuite, il y a trois semaines, il a dit, j'engage la responsabilité. Donc c'est un parcours extrêmement cohérent. Et simplement, est-ce que c'est...
Alors politiquement, moi je suis très frappé du fait que les partis politiques sont mûrés dans leurs oppositions, font de la politique politicienne d'une façon effrénée, et je pense qu'il y a un risque énorme sur le plan politique, ce n'est pas le risque né de la démission, de la censure de Bayrou, ça aurait été la même chose avec un échec budgétaire, mais il y a un risque énorme, aujourd'hui, de rapprochement du pouvoir du Rassemblement National. Je pense que les socialistes... Vous voyez le RN au pouvoir. Oui, je pense que les socialistes sont des apprentis sorciers dans cette affaire.
Ils le disent d'ailleurs, ils disent de temps en temps, « Ah bah oui, ça suffit, Bayrou, on ne pouvait plus supporter, nous sommes contents qu'il soit parti. » Mais enfin, en même temps, on est inquiet parce que ça rapproche le Rassemblement National. Bah oui, il faut avoir une priorité dans la vie.
Se pose la question, tout de même, Jean-Louis Bourlange, de l'avenir, du futur. Est-ce que la Ve République est un peu à bout de souffle ? On a un peu l'impression de revivre ce qui se passait à la fin de la Ve République ? Une crise de régime ?
Non, je crois que vous avez raison de dire que la crise est importante. Je ne crois pas qu'elle soit institutionnelle. Mais la crise sous la Ve République était institutionnelle. C'était un régime d'assemblée qui ne pouvait pas gouverner. Là, la Constitution de la Ve République a montré son extrême plasticité. Aujourd'hui, nous sommes dans un système qui est largement primo-ministériel sur le plan intérieur et pas présidentiel. Mais que voulez-vous changer ? Le Président de la République, ce n'est pas lui qui gouverne. Le problème, il est au Parlement.
Le problème, c'est un problème politique, au sens le plus profond du terme, c'est-à-dire la tripartition de la société française sur le plan politique. Nous avons eu trois phases. Nous avons eu d'abord la Ve République avec une majorité claire pour le Président. Ensuite, on a eu une division. Président d'un côté, majorité de l'autre, ça a donné des formules de cohabitation. Et là, nous sommes dans une situation où la majorité présidentielle est minoritaire, mais elle est quand même la grosse minorité. Et l'opposition qui est majoritaire est totalement séparée entre le RN et LFI. Et c'est le fait que cette opposition peut détruire, mais ne peut pas remplacer, qui est le problème fondamental.
C'est donc le problème, et dans le pays, il faut savoir si ce que je considère être des partis démagogiques, que ce soit LFI ou le RN, va l'emporter dans une atmosphère de colère de la part des Français, ou si on va reconstituer ce qui a été la base de la République française depuis la guerre. Un système y par exemple. C'est-à-dire, non, enfin, ce n'est pas important. Ce qui compte, ce sont les idées, comme disait Thibaudet. La politique, ce sont des idées. Est-ce qu'on va maintenir le choix libéral, démocratique, parlementaire ? Est-ce qu'on va maintenir le choix de la solidarité européenne ?
Est-ce qu'on va maintenir le choix d'une économie libre et solidaire, libérale, sociale, européenne ? Ce sont les choix fondamentaux depuis 1945, et ce sont des choix qui sont simultanément mis en cause par LFI et par le RN.
C'est très intéressant, ce point-là, parce que vous faisiez partie du modem, mouvement démocrate. Aujourd'hui, est-ce que ce sont, entre guillemets, les Français qui pensent mal ?
C'était, je crois, Bertolt Brecht qui disait, on ne change pas le peuple, c'est le peuple qui décide, et on ne change pas de peuple comme ça. Donc, le problème est que les Français sont, à mon avis, profondément déboussolés, profondément désorientés, et non pas, ce n'est pas qu'ils pensent mal, mais c'est qu'ils ne sont pas, et on le voit depuis la dissolution, le débat politique est nul, nul, partout. Vous avez, le débat politique, c'est concentré sur deux choses, à qui on prend de l'argent et à qui on en donne. Ce n'est pas une politique économique, ça. Ce n'est pas une politique européenne, ça. Ce n'est pas une politique internationale, ça. Ce n'est pas une politique militaire.
Donc, il y a une espèce de désorientation générale de l'opinion qui fait que chacun, alors, c'est lié à des effondrements précis, à l'effondrement du Parti communiste, qui était un relais structurant, à l'effondrement de la puissance de l'Église, qui était aussi un élément structurant, au développement de toutes ces formes de solidarité numérique, etc., qui isole les gens les uns, qui les sépare les uns des autres. La troisième élite qui fait défaut, à son corps défendant, c'est les professeurs, les professeurs qui n'arrivent plus à enseigner.
Donc, vous aviez les ouvriers avec le Parti communiste, le peuple catholique, le peuple fidèle, si je puis dire, agricole, etc., et puis aussi ouvriers, la CF. Bon, tout ça disparaît, et l'encadrement républicain, les hussards noirs de la République, tout ça s'est effondré, et nous avons un peuple atomisé, fragmenté, déboussolé, désorienté, et qui ne parvient pas à prendre conscience. Alors, Bayrou a essayé, et manifestement, ça n'a pas suffi.
Mais si je vous suis bien, Jean-Louis Bourlange, vous êtes en train de nous décrire la disparition de la France, du maire, de l'instituteur et du curé, synthétiquement. Quelle espérance avez-vous ? Comment vous voyez l'avenir, Jean-Louis Bourlange ?
Moi, je crois qu'il faut revenir. C'est vrai que c'est une question qui me... Vous me posez une question très difficile, parce que je suis très inquiet, à vrai dire. Donc, je ne suis pas sûr qu'une solution positive soit en vue. Vous êtes plutôt pessimiste aujourd'hui. Je suis plutôt... Alors, je suis naturel pessimiste. Mais là, je suis un peu inquiet. Mais je crois qu'il faut quand même revenir aux fondamentaux. Les fondamentaux, c'est d'abord, c'est bien comprendre. Et les Français y sont attachés, nos valeurs fondamentales. La démocratie, la liberté, toutes les libertés. La démocratie représentative. La solidarité internationale.
Je crois vraiment qu'il faut absolument que l'Europe se redresse. L'Europe vit quelque chose de très nouveau, qui est la confrontation avec deux adversaires. Les Russes, comme toujours. Les Soviétiques, puis maintenant Poutine. Mais également les Américains, qui mènent depuis six mois une politique agressivement hostile à l'Europe. Sur ses valeurs, sur ses intérêts. Même sur ses territoires. Donc, on a quelque chose de très... Et là, il faut vraiment se redresser. Et je pense que le chemin ne peut être tracé que par... Là, je suis d'accord avec ce qu'avait dit l'ancien Premier ministre Edouard Philippe. ne peut venir que de la présidentielle.
Soit nous aurons un homme ou une femme qui sera capable de proposer un véritable projet dans lequel les Français se reconnaîtront. Ce projet doit être modéré, juste, équilibré. Mais il doit être fort. Et il doit surtout se rappeler que nous sommes dépositaires d'un trésor qui est le trésor construit par la génération de l'après-guerre qui a donné à la France et à l'Europe la plus longue période de liberté, de paix, de prospérité, de stabilité, de respect des droits et de solidarité de toute son histoire. Ça, c'est un héritage absolument sacré. Et nous sommes en train de l'oublier.
Et je pense que l'avenir, ça sera de réactualiser cet héritage et de l'adapter aux défis nouveaux, notamment aux défis écologiques et aux défis géopolitiques créés par la situation que j'ai décrite, la montée de la Chine, que je n'ai pas décrite, mais qui est évidente, et la dislocation de l'ensemble euro-occidental. Vous parliez de la présidentielle. Emmanuel Macron doit-il démissionner ? Non, moi, je ne vois pas du tout pourquoi, alors que le problème est parlementaire, qu'est-ce qu'on reproche à Macron ? Moi, je lui reproche d'avoir fait la dissolution, parce que j'appartiens à l'ancienne majorité. Et je trouve que c'était vraiment se tirer une balle dans le pied.
Mais je ne comprends pas les gens qui reprochent à Macron la dissolution, alors qu'ils n'ont pas cessé de dénoncer Jupiter, la verticalité du pouvoir. Il a donné le pouvoir au peuple. C'était très, très contre-productif pour ses intérêts politiques, et les intérêts de son camp. Mais là, non, le problème est parlementaire. Le problème, c'est la tripartition de la population française, et c'est là que la solution doit venir.
Merci beaucoup, Jean-Louis Bourlanche, matin, d'avoir été l'invité de la matinée à l'ancien député Modem, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. C'était passionné. Il y a encore beaucoup de questions à vous poser. Et c'est sur rcf.fr qu'on peut tout réécouter.
Jean-Louis Bourlanges