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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 octobre 2022 25 min

Plan de sobriété énergie, pénuries de carburant, retraites, liquidation de Camaïeu... Ce qu'il faut retenir du "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Six mois après l'élection présidentielle, vous venez de fonder votre propre mouvement politique Nous France. Vous nous direz pourquoi et quel rôle vous entendez jouer dans la reconstruction de la droite et sur la scène politique nationale. D'abord le plan de sobriété du gouvernement, il sera annoncé tout à l'heure. Au-delà des efforts collectifs qui vont être demandés aux Français, qu'est-ce que vous, vous Xavier Bertrand, vous personnellement, vous êtes prêt à faire pour réduire la consommation ?

0:27
Xavier Bertrand

Personnellement ou président de région ? Personnellement. Personnellement, de faire davantage attention à tout, on faisait auparavant parce que je suis persuadé qu'il n'y a quand même pas beaucoup de Français qui étaient dans l'abondance, mais faire attention c'est une évidence, c'est vrai sur le chauffage, c'est vrai aussi sur les déplacements, c'est vrai aussi sur les lumières, mais je pense qu'on peut faire des efforts à notre niveau, c'est important, les petits ruisseaux font les grandes rivières, mais ce n'est pas ça le plus important. C'est quoi ?

Le plus important, c'est, un, de comprendre comment on est arrivé à cette situation de dépendance, de dépendance pour un grand pays comme la France, et plutôt que de chercher à faire le procès des uns des autres, tout le monde a compris à l'époque le marchandage, c'est l'ERA qu'il y a eu, qui a abouti entre les socialistes et les écologistes à la fermeture de Fessenheim, mais c'est de ne pas passer un siècle là-dessus. C'est de comprendre ce qui s'est passé pour que ça ne se reproduise plus jamais, comment on retrouve notre indépendance, et surtout, maintenant, ce que nous attendons de l'État et du gouvernement, pour que nous puissions passer l'hiver sans coupure et sans explosion des prix.

C'est ça aujourd'hui que j'attends du gouvernement, et c'est là-dessus que je voudrais vous faire des propositions. C'est la raison de ma venue aussi ce matin. Allez-y, pour vos propositions ? Ce que j'attends du gouvernement, le plan de sobriété énergétique, c'est une chose, mais par contre c'est au niveau européen qu'il faut se battre. Vous l'avez vu, on a obtenu un bouclier tarifaire énergie pour les particuliers. C'est normal, et c'est vrai que s'il n'y a pas ce bouclier tarifaire, les prix auraient explosé, comme ça se passe dans d'autres pays. Pour les entreprises aussi ? Non, pour les entreprises, ce n'est pas le cas. Pour les petites entreprises ?

Ce que je demande, ce que je propose depuis maintenant plusieurs semaines, et il faut absolument que nous puissions l'obtenir, c'est un bouclier tarifaire énergie pour l'ensemble des entreprises. Parce qu'il n'y a pas que les petites entreprises qui sont concernées, et il n'y a pas non plus que les très grandes entreprises qui sont des grosses consommatrices d'énergie.

2:16
Invité

Les entreprises énergivores, elles aussi, ont droit à des aides.

2:17
Xavier Bertrand

Chez moi, Arcelor, par exemple, à Dunkerque, Aluminium Dunkerque ont bénéficié d'aides. Mais ce sont celles qui sont entre les deux. Quand le gouvernement nous dit qu'il y a 300 entreprises concernées, ce n'est pas pensable. Dans la seule région des Hauts-de-France, j'en ai beaucoup plus que cela.

2:31
Présentateur

C'est 300 entreprises qui ont fait appel au fonds d'urgence dont le gouvernement a répondu qu'il n'était pas à la hauteur de la situation.

2:38
Xavier Bertrand

Il nous faut absolument faire plus. Nous avons mis en place, par exemple, dans la région des Hauts-de-France, une task force avec l'État, le monde économique et la région, pour justement détecter quels sont les problèmes, pour que les grandes compagnies d'énergie, et eux, se parlent. Le président de la République avait dit aux entreprises, ne signez pas. L'entreprise me dit, M. Bertrand, on fait comment si on ne signe pas ? Donc, clairement, il nous faut avoir ce bouclier tarifaire, que la France obtienne de l'Europe une dérogation.

3:05
Invité

Voilà, le président dit, ne signez pas, parce qu'en attendant, je suis en train de négocier avec la Commission européenne.

3:09
Xavier Bertrand

Il nous faut obtenir deux choses. La même chose que l'Espagne, qui a pu obtenir une dérogation, ça nous permettra, dans ces conditions-là, que nos entreprises puissent passer des contrats de long terme avec EDF, et de ne pas subir l'explosion du coût de l'énergie. Qu'est-ce qui va se passer ? Ça va coûter de l'argent. Vous allez certainement me dire, ça va coûter de l'argent. Oui, c'est vrai. Mais ça va nous coûter beaucoup moins d'argent que si les entreprises mettent la clé sous la porte. Pendant la crise Covid, on a aidé toutes les entreprises. Là, ce que je souhaite, c'est qu'on aide nos entreprises, qui sont saines aujourd'hui, mais qui sont fragilisées par le prix de l'énergie.

Et donc, clairement, c'est un combat pour l'emploi. Parce que si des entreprises saines ferment à cause du coût de l'énergie qui explose, on aura du chômage, et les gens auront aussi du mal à pouvoir payer leurs factures à titre individuel. Vous voyez, c'est un combat pour l'emploi.

3:59
Présentateur

Le gouvernement nous dit, vous dit, Xavier Bertrand, baissons les températures dans tous les bâtiments publics de 1 ou 2 degrés en cas de coup dur cet hiver, favorisons le télétravail. On va le faire. Est-ce que vous allez en faire plus que ça ?

4:11
Xavier Bertrand

Oui, parce qu'il y a un objectif, je crois, de 10%. Nous pensons à la région qu'on peut faire très rapidement au Conseil Régional des Hauts-de-France davantage que ça, pour aller vers 15%, mais il faut s'engager aussi sur un plan de moyen et long terme. Qu'est-ce que vous allez faire de plus ? Dans les lycées, on veut booster l'implantation de panneaux photovoltaïques sur les toitures, mais qu'on puisse récupérer justement cette énergie pour chauffer les lycées. Les investissements que nous voulons faire, c'est clairement pour la rénovation énergétique, pour éviter d'avoir des passoires thermiques.

Mais, encore une fois, moi, je veux bien qu'on dise on chauffe plus tard, on retarde, mais j'ai des internats où nous avions prévu, comme l'an dernier, d'ouvrir au 15 octobre. La météo, la semaine prochaine, ne va pas être aussi clémente. On ne va pas laisser des jeunes dormir avec 12 à 13 degrés. Donc, on va réouvrir dès la semaine prochaine, un peu plus tôt. D'autre part, on a aussi des logements dans lesquels résident un certain nombre de directeurs d'établissements, du personnel qui est avec des astreintes. On va rouvrir pour ce week-end, parce que j'ai vu des endroits où il fait 13,8 degrés.

Donc, on a beau nous dire que c'est au 15 octobre, il y a des endroits aussi, il faut faire preuve de bon sens. Xavier Bertrand ? Il y a un autre point sur le plan européen, par contre. Et là, ce qui est en train de se passer est très grave. Nos amis allemands, je dis nos amis allemands, entre guillemets, ne jouent pas le jeu. C'est quoi ? C'est le plan de 200 milliards ? Le plan de 200 milliards d'euros de M. Scholz. Ça, c'est clairement un coup de canif dans le marché européen de l'énergie. L'Allemagne a beaucoup de moyens, sauf qu'ils sont en train de créer une disparité de concurrence entre entreprises au niveau européen.

5:52
Invité

Laurence Woon, qui était à votre place hier, la ministre chargée de l'Europe, disait, non, non, l'histoire n'est pas finie. On a un plan de relance 750 milliards dont la totalité n'a pas été redistribuée au pays. Et donc, on pourrait piocher dedans, justement, pour plus d'égalité pour les autres pays européens.

6:06
Xavier Bertrand

Sauf que M. Scholz, le chancelier allemand, le fait tout seul de son côté avec 200 milliards d'euros. Ça veut dire que si lui le fait, nous ne pouvons pas ne rien faire. Parce que ça voudra dire autrement que le gouvernement allemand va soutenir son industrie et nous, on doit soutenir absolument notre industrie. On ne peut pas parler de relocalisation des entreprises si on ne met pas le paquet pour que nos entreprises ne soient pas fragilisées par l'économie. Vous dites la même chose en France, il faut mettre 200 milliards aussi de ce côté-ci ? C'est pas forcément 200 milliards parce qu'eux, dans leurs 200 milliards, il y a une partie pour les particuliers.

Nous, c'est déjà fait, mais c'est leurs entreprises. Si les Allemands décident d'aider leurs entreprises, nous devons absolument aider nos entreprises. Et ce que j'attends du gouvernement, c'est qu'ils se battent, pas seulement là dans les jours qui viennent, mais aussi dans tout ce mois d'octobre et qu'on donne de la visibilité à nos entreprises. Depuis le mois de juin, j'ai alerté le gouvernement parce que nous voyons bien comment les choses allaient évoluer, mais aujourd'hui, on ne peut pas les laisser tomber. Et il n'y a pas que l'industrie.

Vous avez aujourd'hui des restaurants avec, comme on dit, des pianos, des cuisinières qui sont au gaz, qui voient leurs factures exploser et ils ne peuvent pas répercuter ça sur les tarifs. Donc, je vous le garantis, ce combat, c'est un combat pour l'emploi et pour l'avenir de notre économie.

7:19
Présentateur

Xavier Bertrand, président Les Républicains de la région Hauts-de-France et l'invité de France Info 8h40, le fil Info Maureen Suignard. Et on poursuit juste après.

7:26
Invité

Un bonus de 100 euros proposé aux nouveaux adeptes du covoiturage. Dès janvier prochain, voici l'une des mesures du plan de sobriété énergétique dévoilée aujourd'hui par le gouvernement. Plus d'eau chaude pour se laver les mains dans les administrations. Chauffage à 19 ou 18 degrés. Une réduction aussi de 2 degrés et sera demandée pour les gymnases 1 degré dans les piscines. Au chapitre de l'éclairage, un décret vient de paraître au journal officiel. Il interdit les publicités lumineuses entre 1h et 6h du matin, à l'exception des aéroports, des gares et des stations de métro.

Emmanuel Macron est à Prague, aujourd'hui en République tchèque, pour le premier sommet de la communauté politique européenne. Un symbole, 7 mois après l'invasion russe en Ukraine, les Européens veulent afficher leur unité. Cette communauté politique plus large que l'Union réunit 44 pays. Le PSG accroché en Ligue des champions de football hier soir, un but partout contre le Benfica. Ce soir, c'est au tour de Monaco, Nantes et Rennes de jouer un match de Ligue Europa. Cette fois, Nice sera en Ligue Europa Conférence. France Info

8:31
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.

8:36
Invité

Toujours avec Xavier Bertrand, le président LR des Hauts-de-France. Votre région est celle qui compte le plus de stations-services en panne sèche en ce moment. Environ un tiers des stations des Hauts-de-France ont des difficultés d'approvisionnement, en raison notamment de la grève qui frappe les raffineries. Qu'est-ce qu'il faut faire ?

8:53
Xavier Bertrand

Anticiper. J'aurais aimé qu'on le fasse plus tôt, d'anticiper, parce que ça fait des jours et des jours qu'il y a des alertes qui remontent. Que ce soit les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs routiers, les transports scolaires. Nous avons un préfet qui a pris la mesure des choses, mais je pense que c'est au niveau national qu'il aurait fallu anticiper. C'est-à-dire faire quoi ? Libérer les stocks stratégiques. Ça a été fait depuis hier dans deux départements de notre région. Depuis hier, parce que nous avons sonné l'alarme et que j'ai aussi, je tiens à le dire, un préfet avec qui nous dialoguons beaucoup, mais ça aurait dû être fait au niveau national.

Le porte-parole du gouvernement hier a dit, ce n'est pas si grave, il y a 10% des stations dans lesquelles il peut y avoir un problème. Non, nous, chez nous, il y a 32% des stations. Pourquoi eux aussi ? Parce qu'on a beaucoup d'étrangers qui viennent faire leur plein chez nous. Les frontaliers. Parce que c'est moins cher en France grâce à la ristorme. Parce que c'est moins cher d'à peu près 20 centimes par rapport à la Belgique. Donc on a eu ce mouvement massif. On a aussi eu des transporteurs internationaux qui ont fait le plein chez nous, ce qui n'a pas toujours été le cas. Donc ça nous a fragilisés.

Et donc derrière, je le dis, nous avons besoin que le gouvernement nous dise la vérité sur la façon dont tout va être livré dans les jours qui viennent. Je vous donne plusieurs exemples. J'ai lundi des lignes de bus scolaires, c'est la compétence de la région, qui n'ont pas pu circuler problème d'approvisionnement. Là, la libération hier de certains stocks va nous permettre de tenir pour combien de temps ?

10:14
Invité

Vous demandez quoi ? Vous demandez qu'on limite la vente de carburant dans les stations-service ?

10:17
Xavier Bertrand

Non, qu'on nous dise la vérité. Qu'on nous dise la vérité sur l'acheminement. La SNCF, dans les dépôts notamment de gasoil, pour les trains qui roulent encore au gasoil, ont aujourd'hui une visibilité qui va à 6 à 7 jours. Moi, je ne veux pas qu'on ait une catastrophe dans 6 ou 7 jours. Donc, je veux que le gouvernement nous dise la vérité.

10:33
Invité

Vous pensez que le gouvernement cache quelque chose ?

10:35
Xavier Bertrand

Écoutez, en tout cas, ils se sont réveillés bien tard. Hier, M. Véran nous dit qu'on suit la situation. Non, ce qu'on attend de l'État, ce n'est pas qu'il suive, c'est qu'il anticipe la situation. Donc, aujourd'hui, il y a des réunions en urgence parce qu'on a sonné l'alarme. Mais donc, encore une fois, les ambulanciers, les services de santé, les services prioritaires, tout cela doivent avoir une vraie visibilité. Et les gens, pour aller travailler, ont besoin aussi d'y voir clair. Donc, déjà, je demande la vérité. La deuxième chose, c'est que ça a quand même bien tardé le blocage des raffineries. Et là, encore une fois, il ne faut pas hésiter. C'est stratégique.

C'est la vie économique du pays. C'était, effectivement, la réquisition ou la menace de la réquisition. C'est-à-dire que vous envoyez l'armée. Libérer les stocks. En général, quand vous dites que vous allez le faire, le travail a repris. C'est ce qui s'est passé hier. Vous, président, vous auriez envoyé l'armée dans les raffineries bloquées par la CGT. Je le dis très clairement. Je le dis très clairement. Les stocks stratégiques ne peuvent pas être bloqués. Et quand il y a des raffineries qui sont bloquées, le droit de grève est constitutionnel. Mais une chose est certaine, il ne doit pas faire obstacle à la continuité des services publics.

Donc, très clairement, vous ne pouvez pas laisser le blocage tel qu'il a eu lieu aussi longtemps.

11:39
Présentateur

Une grande entreprise de votre région, Xavier Bertrand-Camailleux, vient de mettre la clé sous la porte. 2 600 personnes sur le carreau. Est-ce qu'il y avait une solution pour vous pour sauver cette entreprise ou pas ?

11:49
Xavier Bertrand

Pour sauver l'ensemble des 2 600, c'était très difficile. C'est une entreprise qui a absolument besoin de se transformer. On aurait eu besoin également que l'actionnaire fasse un effort plus important. Et puis, surtout, il y a eu un problème, une décision de la justice qui les a amenés à payer tous leurs loyers pendant la période Covid. Ils n'avaient pas payé pendant cette période. Et ils ont même fait l'objet d'une attaque informatique qui a coûté des dizaines de millions d'euros. Donc, l'entreprise n'était pas sauvable ? Non, elle pouvait l'être.

Et d'ailleurs, je pense qu'aujourd'hui, même après la liquidation, il y a, je le pense, je le souhaite, des projets qui pourraient reprendre la marque et une partie du personnel. Si c'est le cas, si c'est le cas, on aidera ces projets de reprise.

12:29
Présentateur

Vous avez des informations qu'on n'a pas.

12:31
Xavier Bertrand

Visiblement, vous dites qu'il y a des projets de reprise encore aujourd'hui. Oui, mais la liquidation a été prononcée. Après une liquidation, vous pouvez avoir notamment des projets qui permettent de faire revivre la marque. Il ne s'agit pas de faire naître le moindre espoir. Ce que je veux dire, c'est que les salariés qui aujourd'hui sont licenciés, nous allons les aider dans ma région. Il y a 600 emplois. Dès la semaine prochaine, nous organisons des réunions pour justement prendre en charge tout le monde et voir pour l'ensemble des salariés, est-ce qu'ils ont envie de rester dans le métier de la vente ou est-ce qu'ils veulent faire autre chose ?

Il y a aussi celles et ceux qui travaillent au siège, dans la logistique. Le deuxième aspect, c'est que s'il y a un projet de reprise, je suis prêt à ce que la région, avec l'État, puisse aider budgétairement, financièrement, si c'est un vrai projet d'envergure. Et puis, il y a aussi autre chose qui est plus grave.

13:15
Invité

Là, vous dites que l'État a eu raison de ne pas participer, de ne pas sauver l'entreprise.

13:19
Xavier Bertrand

Je pense qu'il y avait une possibilité qui peut rester sur la table s'il y a un projet valable. Mais non, il y a autre chose que je voudrais dire. C'est que ce qu'on appelle le retail, le commerce de détail, ce n'est pas mort. Ce n'est pas mort. Et que même si on parle beaucoup d'industrie, il ne faut pas voir disparaître le commerce de détail. Je sais bien qu'il y a de plus en plus de commerce sur Internet.

13:39
Invité

Plus de concurrence.

13:40
Xavier Bertrand

Mais au moment où il y a notamment les dark stores qui viennent s'implanter, ce n'est pas le moment de laisser tomber le commerce de détail. Il faut l'aider à se transformer. Ce n'est pas le moment de leur tirer le tapis sous les pieds parce qu'il y a encore des millions de Français qui travaillent dans le commerce de détail et que tous les achats ne se feront pas sur Internet. Donc l'industrie, oui, à fond. Mais le commerce de détail, on ne le laisse pas mourir. On l'aide à se transformer.

14:02
Invité

Xavier Bertrand, deux mois de concertation et un projet de loi en mars. C'est la méthode qu'a finalement choisi Emmanuel Macron pour mettre en place sa réforme des retraites. Est-ce que la droite doit voter la réforme ?

14:12
Xavier Bertrand

S'il y a un véritable dialogue social, s'il y a des efforts pour assurer l'équilibre des retraites et surtout s'il y a de la justice, moi je suis prêt à m'engager et à dire que cette réforme des retraites, il faut la voter. Mais attention, une vraie concertation. Pas pour nous dire que déjà on a pris la décision que ça finira au 49-3.

14:30
Invité

Là, il y a un calendrier qui a été annoncé hier.

14:33
Xavier Bertrand

Je viens de vous dire. J'ai été acteur de la réforme des retraites depuis des années et des années. S'il n'y a pas de dialogue social, ça ne fonctionne pas. Parce qu'il y en a toujours plus en deux têtes que dans une. Et vous avez des partenaires, pas tous, mais certains qui ont des idées, qui sont prêts à faire des propositions. Il faut écouter ce que dit Laurent Berger.

14:47
Invité

Oui, la CFDT.

14:48
Xavier Bertrand

Oui, mais déjà dans l'histoire des retraites, quand il y a eu des réformes qui ont demandé des efforts, 2003, même durée de cotisation publique-privée, il y a aussi eu les carrières longues. J'étais le rapporteur de ce texte, donc ça m'a beaucoup marqué. La deuxième chose, c'est qu'il faut qu'on assure l'équilibre des retraites. Parce que les retraites, ça ne doit pas être une réforme pour affirmer l'autorité du président. C'est une réforme pour garder l'un des piliers du contrat social français, le lien entre les générations. Et la justice, je la vois au moins à deux ou trois niveaux.

La première des choses, celui qui est quand même fracassé par son métier, il faut qu'il parte à la retraite plus tôt, plus tôt que les autres. L'injustice française, c'est combien d'années il vous reste à vivre en bonne santé une fois que vous avez pris votre retraite. Et il y a sept ans d'écart entre un ouvrier et un cadre supérieur.

15:35
Invité

Donc la pénibilité, à prendre en compte.

15:37
Xavier Bertrand

Mais vraiment. Et puis, autre aspect, la justice. Public, privé, les régimes spéciaux. Aligner les règles. Exactement.

15:44
Présentateur

Public, privé, vous alignez les règles ? Évidemment. Mais vous les alignez sur qui ? Sur le privé. Quitte à faire baisser les montants des pensions. Non, ce n'est pas le montant des pensions. Si on calcule sur les 25 meilleures années au lieu des 6 meilleures, comme c'est le cas aujourd'hui, les pensions vont baisser.

15:58
Xavier Bertrand

Vous avez trois solutions, de toute façon, pour les retraites. Il n'y en a pas quatre. Soit vous acceptez de travailler plus longtemps, soit vous touchez moins, soit vous cotisez plus. Les impôts, les cotisations dans ce pays, ce n'est plus possible.

16:10
Invité

Non, mais si on parle des salariés du public, pardon, Xavier Bertrand, mais si on aligne avec le privé, effectivement, on prend en compte les 25 meilleures années.

16:17
Présentateur

Au lieu des 6 derniers mois.

16:18
Invité

Au lieu des 6 derniers mois. Les salariés du public sont payés moins. Il faut intégrer les primes. C'est ce que demandait la CFDT. Il faut intégrer les primes dans ces cas-là ?

16:26
Xavier Bertrand

Bien évidemment. Mais il faut intégrer les primes, notamment pour les classes moyennes qui sont dans le public. Parce que là, vous avez aujourd'hui un système où plus vous avez des fonctions élevées, plus vous avez des primes élevées. Et encore une fois, cette réforme des retraites, elle est ce à quoi je crois profondément. C'est aussi, d'une certaine façon, un combat pour le travail et pour les classes moyennes. Ils sont pour moi vraiment l'enjeu essentiel des années qui viennent

16:51
Présentateur

dans la société française. En un mot, Xavier Bertrand, si la gauche ou l'extrême gauche dépose une motion de censure, est-ce que la droite doit la voter pour renverser le gouvernement ? Non, parce qu'il y a aussi autre chose.

17:01
Xavier Bertrand

Tiens, vous parlez de la gauche ou de l'extrême-gauche.

17:02
Présentateur

Votre objectif n'est pas de renverser les abattes de bord.

17:04
Xavier Bertrand

Pourquoi vous avez oublié l'extrême-droite ? Vous avez raison. Elle est où, la réforme des retraites de Mme Le Pen ? Il est où, le projet de loi de M. Mélenchon, là ? C'est la taxe à 60 ans, dans les deux cas. Non, mais leur projet, en le finançant, au lieu d'érupter les uns et les autres, elle est passée où, Mme Le Pen ? Elle est en train d'hiberner, là, déjà ? Elle fête l'anniversaire du FN aujourd'hui. Elle s'est planquée au lieu de travailler ? Moi, ce que j'attends, c'est qu'on mette clairement sur la table qui propose quoi pour sauver les retraites.

17:31
Invité

Mais on connaît le projet des deux, ces 60 ans, 40 annuités.

17:34
Xavier Bertrand

Pardonnez-moi, ça, c'est un slogan. La vraie question, c'est comment on finance et comment on dit aux Français les retraites, on va les conserver, y compris pour vos enfants et vos petits-enfants. Et pour ça, il faut du sérieux. Et les Français ne s'y trompent pas, même s'ils sont en colère, au bout d'un moment, ils ont besoin de savoir qui est capable d'assurer leur avenir. C'est ça qui est le plus important. Et les extrêmes, je veux dire, associer nos voies à des extrêmes qui n'ont rien à proposer, qui veulent juste le chaos,

18:01
Présentateur

je ne veux pas le chaos pour mon pays. Le fil info à 8h51 avec Maureen Suignard. On poursuit juste après avec vous, Xavier Bertrand.

18:07
Invité

De longues files d'attente devant les stations-service, en particulier dans les Hauts-de-France. 30% des stations de la région touchées. Les autorités puisent dans le stock stratégique. La situation va s'améliorer dès aujourd'hui, rassure l'industrie pétrolière. Manque de carburant et prix de l'énergie qui flambe. Invité de France Info ce matin, Xavier Bertrand, le président de la région des Hauts-de-France, demande un bouclier tarifaire pour l'ensemble des entreprises, pas seulement pour les plus petites. Des rassemblements prévus dans une soixantaine de villes en France.

Aujourd'hui, appel à la grève pour le personnel de la petite enfance qui dénonce la pénurie de professionnels dans le secteur. Il demande aussi le retrait d'un arrêté paru cet été qui permet de recruter plus facilement des salariés non diplômés. Un couple de touristes français portés disparu au Mexique. L'ambassade de France le confirme. Un mois qu'ils n'ont pas donné de nouvelles à leurs proches alors qu'ils se trouvaient dans le sud-est du pays. Sept mois après l'invasion russe, le président ukrainien salue un symbole de victoire. L'Espagne, le Portugal et l'Ukraine présentent une candidature commune. Pour le mondial de foot, ce sera en 2030. France Info

19:15
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Vous aviez dit Xavier Bertrand après votre défaite à la primaire des Républicains mon avenir maintenant c'est ma région finie la scène nationale. Vous créez un mouvement politique qui à notre connaissance est national et pas régional. Ça veut dire quoi ? Vous nous aviez menti à l'époque ou vous vous êtes trompé ?

19:33
Xavier Bertrand

Je me suis pris surtout un sacré coup sur la tête à l'époque. Au moment où je fais cette réponse à l'une de vos confrères. Des années de préparation et tout s'arrête. Je comprends que je ne pourrais pas concourir à l'élection présidentielle. Vous avez trouvé ça injuste ? Non, pas injuste. Je connaissais les règles. Pourquoi je participe à cette primaire ? Parce que je sais que s'il n'y a pas la primaire et un seul candidat, on est mort. Vous pensez que vous auriez gagné, vous ?

19:58
Invité

La présidentielle ?

19:59
Xavier Bertrand

Personne ne le saura. Personne ne peut le dire. Votre intuition, c'est quoi ? Mais que personne ne peut le dire. Je ne vais pas refaire l'histoire. Je ne me suis d'ailleurs jamais refait ce film dans ma tête. Mais à ce moment précis, par contre, je suis convaincu qu'on va gagner et que Valérie Pécresse va l'emporter. Et donc, pour moi, c'en est terminé de mes ambitions nationales. Sauf qu'on a perdu. Et on a perdu avec un score historique et qu'il y a des idées auxquelles je crois. Le combat pour le travail, pour les classes moyennes, pour l'autorité, pour les territoires. Si je ne le porte pas, qui va le porter dans le débat politique ?

20:28
Invité

Sauf qu'en fait, vous faites partie d'un qui s'appelle les Républicains.

20:30
Xavier Bertrand

L'ADN républicain de la droite qu'il porte à fond. Moi, je vais continuer à porter ces idées. Parce que la politique... Mais il n'y a que vous, républicains, sur cette ligne-là ? À ce flambeau-là, oui, je vais le porter haut et fort. Notamment avec Nous France. Si d'autres veulent venir dans ce combat, ils sont les bienvenus.

20:45
Invité

Mais pourquoi qu'il y a un nouveau mouvement alors que vous êtes adhérent des Républicains ?

20:48
Xavier Bertrand

Parce qu'aujourd'hui, les partis politiques tels qu'ils sont ont du mal à convaincre et à séduire. Alors que Nous France ne s'adressera pas aux seuls adhérents des Républicains. On va élargir. Nous étions 1000 personnes ce week-end. Je peux vous garantir qu'il y avait peu d'adhérents des Républicains. Il y a des gens qui venaient de partout et aussi des gens qui n'étaient pas adhérents.

21:06
Invité

On peut être Nous France et LR, Nous France et Renaissance, Nous France et Rassemblement National.

21:11
Xavier Bertrand

Comme c'est le cas pour beaucoup de mouvements politiques qui n'ont pas forcément même dynamique que Nous France où leurs dirigeants sont adhérents des Républicains mais ils ont voulu une autre structure. Juste pour bien comprendre, dans l'ADN de Nous France, l'autorité, le travail, les territoires. Mais vous savez, on va aussi parler d'éducation. On va parler de culture. On va parler justement des familles. On va parler de tous ces sujets, notamment la régulation de la haine sur les réseaux sociaux. On va aborder toutes ces questions-là.

21:38
Invité

On a l'impression que vous créez votre mouvement parce qu'on ne parle pas de tous ces sujets dans votre formation politique actuelle, à savoir les Républicains, qui plus et en plus va organiser à la fin de l'année un congrès. Pourquoi vous ne présentez pas carrément à la présidence des Républicains ?

21:51
Xavier Bertrand

Parce que mon ambition n'est plus de diriger les Républicains. C'est que votre ambition ? Je l'ai fait. Je l'ai fait. Vous le savez. Entre 2009 et 2011, j'étais à la tête de cette famille politique. Mais pourquoi je crée Nous France ? La raison de ma venue ici, aujourd'hui, je vous parle de l'expérience de ma région, la façon dont j'essaye de protéger le mieux possible les gens de ma région. Mais le combat que je mène dans ma région, il est aussi au niveau national. Vous vous rappelez aussi certainement de la fameuse prime Macron. Ce n'est pas toujours appelée prime Macron. C'est moi qui, à l'époque, la propose dans le débat public. Eh bien, c'est ce que je veux faire avec Nous France.

C'est qu'avec les élus de Nous France, avec les équipes de Nous France autour de Bernard de Flessel, on va faire venir des propositions comme le bouclier tarifaire énergie dans le débat pour que ça puisse être utile aux Français et au débat. Voilà ce à quoi je crois. Et avant que vous n'alliez plus loin, avant 2027, avant 2027... Ce n'était pas ma question. Mais allez-y. Qu'est-ce qu'on fera en 2027 ? Non, mais avant 2027, avant même la prochaine échéance présidentielle, je veux qu'on soit utile. Ça veut apporter des solutions

22:52
Présentateur

pour les Français. Ce sont les Français

22:54
Xavier Bertrand

qui le moment décideront... Vous ne dites pas

22:57
Présentateur

que ma vie d'avance est terminée.

22:59
Xavier Bertrand

Honnêtement, je vais vous dire que je suis candidat en 2027 alors que les Français sont dans la difficulté. Et puis j'étais persuadé d'être candidat en 2022. Vous avez vu comment ça s'est passé. Ça rend modeste. Exactement. J'ai des convictions profondes, l'envie de me battre pour mes idées, pour mes concitoyens, mais pour le reste, avant de tirer des plans sur la comète, d'ici 2027, il va couler de l'eau sous les ponts.

23:19
Invité

D'accord, mais il y en a dans votre parti qui sont beaucoup plus clairs que vous, à savoir Éric Chioti. Éric Chioti dit si moi je gagne la présidence des Républicains, automatiquement, c'est Laurent Wauquiez qui sera candidat pour les Républicains à la présidentielle de 2027. Cette clarté-là, est-ce que vous pouvez y adhérer ? C'est-à-dire que si Éric Chioti prend la tête des Républicains à la fin de l'année, vous restez dans le parti ou pas ?

23:40
Xavier Bertrand

J'ai bien l'intention de rester, de continuer à me battre pour que l'ADN des Républicains soit profondément républicain et qu'on dise clairement non à toute idée de rapprochement d'une façon ou d'une autre avec l'extrême droite. Parce que je vois bien ce qui est en train de se passer. C'est pourtant la ligne Chioti qui avait dit entre Macron et Zemmour, je vois de Zemmour. Moi, je vois bien ce qui est en train de se passer avec l'Italie. Certains se disent il faut s'allier et notamment c'est l'union des droites. Non, non, l'union des droites, ce n'est pas vrai. C'est l'union de la droite et de l'extrême droite. C'est non.

J'ai toujours porté ce combat dans toute ma vie politique, dans ma région et je continuerai à porter ce combat.

24:15
Invité

Si vous êtes fidèle à vos convictions, Éric Chioti prend la tête des Républicains.

24:18
Xavier Bertrand

Arrêtez de dire qu'Éric Chioti va prendre la tête des Républicains. Il y a d'autres candidats et l'élection n'est absolument pas jouée. Il y a différents candidats. Je dirais le moment venu pour qui je voterai mais je ne mêlerai pas nous France à cette élection qui est une élection interne. Mais on comprend dans vos propos

24:36
Présentateur

nous France

24:37
Xavier Bertrand

c'est très clairement pour venir dans le débat d'idées avec des solutions pour les Français. Voilà ce que je veux faire. Je repose une dernière fois la question. Vous ne voterez pas Éric Chioti ? Je ne rentrerai pas au moment où je lance nous France au moment où il y a des solutions comme je l'ai fait ce matin qui sont apportées. Je ne rentre pas aujourd'hui dans ce débat interne. Merci.

24:52
Présentateur

Merci à vous. Merci de votre invitation. Merci.

24:55
Locuteur

Merci. Merci.