L'interview : Arnaud Fontanet - 24/08
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:32OuverteRéponse directe
Le coronavirus, où en est-on ? Le virus a-t-il muté ? Est-il plus contagieux, moins virulent ?
- 0:56OuverteRéponse directe
Vous ne portez pas le masque avec moi.
- 1:09OuverteRéponse directe
Est-ce que nous devrions porter un masque ?
- 1:36RelanceRéponse directe
Mais est-ce que vous ne pensez pas que certains risquent de se cacher derrière le masque ?
- 2:09FerméeRéponse directe
Est-ce que le virus a muté depuis l'hiver et le printemps ? Oui ou non ?
- 3:19RelanceRéponse directe
Oui, mais en passant de la chauve-souris à l'homme, il a muté, non ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:13InvitéFait
« Alors, le virus que nous avons en France est le même que celui que nous avions début mars au moment de la grande épidémie. »
- 2:45InvitéFait
« C'est-à-dire qu'il est plus contagieux. »
- 3:02InvitéFait
« Il n'est pas moins virulent. »
- 4:00InvitéChiffre
« On est passé de peut-être 1000 à 2000 infections répertoriées chaque jour à aujourd'hui 4000 à peu près sur la fin de l'été. »
- 4:17InvitéChiffre
« On teste presque 100 000 personnes par jour. On était à 30 000 au début de l'été. »
- 4:22InvitéFait
« Ce qui est important quand même, c'est le taux de positivité qui est élevé et qui nous dit donc que ce n'est pas simplement une question de dépister plus. »
- 4:32InvitéFait
« Cette circulation se fait beaucoup chez des sujets jeunes, 15-44 ans, qui eux vont faire très peu de complications. »
- 4:46InvitéChiffre
« On a quand même depuis la mi-juin une augmentation de 15% des hospitalisations chaque semaine. »
- 5:25InvitéFait
« Alors, chez les moins de 15 ans, par exemple, plus de la moitié d'entre eux, quand ils seront infectés, ne feront aucun symptôme. »
- 5:45InvitéFait
« Ce qu'on sait, c'est que les comorbidités qui font que quand vous êtes infecté, vous faites des complications que sont le diabète, l'hypertension, les maladies cardiaques, le surpoids. »
- 6:36InvitéFait
« Ah, il y a plus de personnes contaminantes que ce qu'on avait à la mi-mai, oui. »
- 7:11InvitéFait
« Alors, les enfants sont contagieux. »
- 7:38InvitéFait
« on se rend compte qu'en tout cas, ils ont des concentrations virales qui sont les mêmes que les adultes. »
- 10:15InvitéFait
« En revanche, on a l'observation qui nous montre quand même que les clusters sont en milieu confiné et c'est ça qui nous a amené à penser que les aérosols devaient jouer un rôle »
- 14:48InvitéFait
« Alors la bonne nouvelle c'est que quand même les six mois d'expérience de traitement des patients nous ont permis grâce aux anticoagulants grâce à la corticothérapie à faire beaucoup mieux »
- 15:30InvitéFait
« Et en réanimation les patients aussi s'en sortent mieux aujourd'hui »
- 17:28InvitéChiffre
« Il y a aujourd'hui six vaccins qui rentrent dans la dernière phase d'expérimentation qu'on appelle la phase 3 »
- 18:33InvitéFait
« Alors la grippe nous inquiète parce qu'à partir du moment elle se met à circuler les symptômes sont similaires »
- 18:50InvitéFait
« la grippe ne circule pas parce que les gens se protègent contre le coronavirus et de fait sont protégés aussi contre la grippe »
- 19:50InvitéPromesse
« Je recommande une vaccination notamment pour les personnes vulnérables »
Temps de parole
- Invité75 %
- Présentateur25 %
≈ 2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Bonjour à toutes et à tous et merci d'être avec moi tous les matins à 8h35. Notre invité aujourd'hui, Arnaud Fontanet, directeur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur, professeur Arnaud Fontanet, pardon, membre du conseil scientifique, chercheur très respecté. Le coronavirus, où en est-on ? Le virus a-t-il muté ? Est-il plus contagieux, moins virulent ? Il circule rapidement. Est-ce que l'épidémie reprend ? Reconfinement, rentrée scolaire, nous allons parler de tout cela. Traitement, vaccin, où est la vérité ? Où est la réalité ?
Vous, moi, nous tous voulons savoir, professeur Arnaud Fontanet, bonjour. Bonjour. Merci d'être là. Vous ne portez pas le masque avec moi.
Je ne portais pas le masque aujourd'hui. On en a discuté avant de venir sur le plateau. Je ne vous cache pas que je serais plus à l'aise avec un masque. Que dans ma vie professionnelle, à mon bureau, j'ai un masque quand je travaille avec mes collaborateurs. On est ici dans ce qu'on appelle un milieu confiné. Et c'est un endroit où il sera important de porter le masque. Est-ce que nous devrions porter un masque ? A l'antenne, par exemple. Est-ce que je devrais porter un masque ? D'un point de vue purement sanitaire, oui. Vous devriez porter un masque parce qu'on est en espace clos. Parce que vous avez des invités qui sont des gens qui ont beaucoup de contacts.
Qui sont potentiellement eux-mêmes à cette phase qu'on appelle présymptomatique. Où ils pourraient être excréteurs de virus. Et donc vous mettre à risque. Après, il y a une question de ventilation des locaux.
Mais est-ce que vous ne pensez pas que certains risquent de se cacher derrière le masque ? Certains invités politiques, par exemple.
C'est pour ça que je vous dis d'un point de vue sanitaire, il est important de porter le masque. Et d'un point de vue journalistique ? Le point de vue journalistique est différent. Il est différent. Il y a la qualité du son. Je comprends tout à fait. Après, il y a une question de ventilation des locaux. Qui est importante pour les lieux confinés comme ceux-là. Il faut que vous ayez une aspiration d'air. Il n'y a pas de recirculation d'air.
Donc en entreprise, on doit porter un masque.
En entreprise, on doit porter un masque tous les lieux clos. Une fois de plus, à l'Institut Pasteur, nous portons un masque au travail. Comme au Conservatoire national des arts et métiers où je travaille également.
Arnaud Fontanet, grande question. Que tout le monde se pose. Est-ce que le virus a muté depuis l'hiver et le printemps ? Oui ou non ?
Alors, le virus que nous avons en France est le même que celui que nous avions début mars au moment de la grande épidémie. Il y a eu dans les toutes premières introductions un virus un peu différent qui nous arrivait de Chine. Mais celui qui a été responsable de la très grande épidémie de mars est le même virus d'aujourd'hui qui est ce fameux virus mutant dont on a beaucoup parlé dans la presse la semaine dernière. Il est mutant. Et il ne mute pas. Il est mutant par rapport au tout premier. Mais depuis mars, c'est le même. C'est le même. Il n'a pas muté. Celui-là, c'est le même.
Et c'est un virus qui, effectivement, se transmet peut-être un peu mieux que celui des tout débuts du mois de janvier. C'est-à-dire qu'il est plus contagieux. C'est-à-dire que nous sommes potentiellement plus contagieux. Mais une fois de plus, c'est le même depuis mars. Pour nous, la situation n'a pas changé en France. Mais comparé à ce virus de janvier, peut-être qu'il est un petit peu plus contagieux, effectivement. Il n'est pas moins virulent. Comme j'ai pu le dire dans la presse la semaine dernière, je pense que l'article n'a pas été très bien interprété parce qu'il y avait une phrase qui disait il n'est pas plus virulent. Donc les gens ont dit donc il est moins virulent.
Non, il est juste aussi virulent que les précédents. Si ce n'est pas un tout petit peu plus. Mais bref, c'est le même que celui que nous avons depuis le début de l'épidémie.
Oui, mais en passant de la chauve-souris à l'homme, il a muté, non ? N'a-t-il pas muté ?
Ça, c'était il y a très longtemps. C'était il y a très longtemps. Ça, c'est il y a des dizaines d'années.
Oui, il y a des dizaines d'années. Pourtant, tous les virus mutent, non ? Les virus mutent. On dit que les virus de la grippe mutent. J'entends ça chaque année.
Ce virus-là, en plus, est un virus qu'on appelle la ARN qui sont connus pour faire des erreurs dans les copies et ne pas les réparer correctement. Donc c'est un virus pour lequel on attend des mutations qui finalement ne sont pas venues. C'est plutôt une bonne nouvelle.
Bien. Est-il vrai qu'en France, le virus se répand plus facilement mais provoque moins de dégâts ? Ça, c'est faux. J'ai lu ça aussi.
Alors, ce qu'on voit depuis deux mois à peu près, c'est effectivement une augmentation de la circulation du virus. On est passé de peut-être 1000 à 2000 infections répertoriées chaque jour à aujourd'hui 4000 à peu près sur la fin de l'été. Donc on a une circulation plus intense du virus. Elle pourrait être liée en partie à un meilleur dépistage. On teste presque 100 000 personnes par jour. On était à 30 000 au début de l'été. Je vais revenir sur les tests. Ce qui est important quand même, c'est le taux de positivité qui est élevé et qui nous dit donc que ce n'est pas simplement une question de dépister plus. C'est vraiment qu'il y a une transmission, circulation plus importante du virus.
Cette circulation se fait beaucoup chez des sujets jeunes, 15-44 ans, qui eux vont faire très peu de complications. Et c'est ce qui explique probablement pourquoi on ne voit pas aujourd'hui une augmentation des hospitalisations, même si elle existe. On a quand même depuis la mi-juin une augmentation de 15% des hospitalisations chaque semaine.
Oui, augmentation des hospitalisations, mais pas augmentation du passage en réanimation.
Alors ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on prend mieux en charge les patients qui sont touchés par le coronavirus.
Grâce au traitement, je vais y revenir, mais je voudrais qu'on s'attarde sur les plus jeunes. Les plus jeunes sont plus résistants. Ils font moins de complications. Ils font moins de complications. Ils sont plus asymptomatiques. On ne sait pas s'ils sont porteurs ou pas du virus. Quand on est plus âgé, on a des conséquences de la maladie tout de suite. Pas quand on est jeune, si j'ai bien compris.
Alors, chez les moins de 15 ans, par exemple, plus de la moitié d'entre eux, quand ils seront infectés, ne feront aucun symptôme. Et ceux qui feront des symptômes, feront des symptômes bénins dans l'immense majorité des cas.
Oui. Pourquoi est-ce que les moins de 50 ans développent des formes asymptomatiques ? Pourquoi ?
Alors, on ne sait pas bien pourquoi. Ce qu'on sait, c'est que les comorbidités qui font que quand vous êtes infecté, vous faites des complications que sont le diabète, l'hypertension, les maladies cardiaques, le surpoids. Et en tout cas, pour les trois premières, diabète, hypertension, maladies cardiaques, sont plus fréquentes chez les gens plus âgés. Donc ça, ça peut expliquer le fait qu'il y ait plus de formes sévères. Après, il y a aussi l'âge. Notre système immunitaire répond moins bien quand on est plus âgé. Et pour les plus de 50 ans, une fois de plus, c'est le fait que le système immunitaire réponde moins bien qui peut expliquer une grande partie des formes plus graves.
Professeur Fontanet, résumons-nous. Est-ce que l'épidémie reprend ? Oui. Parce que j'ai... Oui. Oui, elle reprend. L'épidémie reprend. Reprend parce qu'on fait plus de tests ou pas ?
Non. Elle reprend parce que depuis la mi-mai, qui était la période de sortie de confinement, il y a eu un relâchement des...
Donc, il y a plus de personnes contaminantes aujourd'hui ? Ah, il y a plus de personnes contaminantes que ce qu'on avait à la mi-mai, oui. Donc, les semaines qui viennent vont être des semaines où il va falloir être très attentifs.
Et c'est ce qui m'inquiète. Et prendre des mesures très strictes. C'est ce qui m'inquiète, c'est que là, on aborde une période. Oui. On va avoir successivement la réouverture des écoles, le retour en milieu professionnel, les transports en commun. C'est une période qui va être tendue. Et j'aurais été plus serein si on abordait cette période avec le nombre d'infections qu'on avait chaque jour à la mi-mai, alors qu'aujourd'hui, on a quand même beaucoup plus d'infections. Donc, ça va être plus difficile à contrôler.
Rentrée scolaire la semaine prochaine, est-ce que les enfants sont contagieux ?
Alors, les enfants sont contagieux. Ils le sont, là aussi, c'est une question d'âge, en partie. C'est-à-dire qu'on le sait, chez les plus de, on va dire, collèges et lycées, ils sont presque aussi contagieux que des adultes. Chez les enfants de moins de 10 ans, c'est plus débattu. On avait l'impression à la mi-mai qu'ils étaient très peu contagieux. On est un peu revenus là-dessus, parce qu'une fois de plus, comme ils sont très peu symptomatiques, ils étaient très peu testés. Maintenant qu'on a un peu plus d'études qui ont été faites pendant l'été sur les enfants, on se rend compte qu'en tout cas, ils ont des concentrations virales qui sont les mêmes que les adultes.
Maintenant, comme ils ne font pas de symptômes, probablement, à cause de ça, ils sont moins contagieux.
Bien, rentrée scolaire, donc collège, lycée, les enfants, les personnels, les élèves, les personnels enseignants, tous les personnels, d'ailleurs, vont devoir porter un masque. Indispensable.
Ils vont devoir porter un masque, oui. Indispensable. Indispensable.
Pourquoi est-ce que les moins de 11 ans n'en portent pas ? Et pourquoi est-ce que dans les écoles, on ne portera pas de masque ?
Alors, pour les moins de 11 ans, c'est la difficulté de faire porter un masque à un enfant. On aurait pu mettre la barre un peu plus bas, 7-8 ans, par exemple. Il y en a d'autres qui proposaient 3 ans. Ceux d'entre nous qui ont eu des enfants en bas âge et qui en ont la mémoire se diront que ça devient effectivement vraiment difficile à partir de l'âge en dessous de 6 ans de demander à un enfant de porter un masque. Puis après, il y a les erreurs de manipulation du masque. Donc, on va dire, le choix a été fait de dire plus de 11 ans, moins de 11 ans, par rapport à collège, lycée versus école primaire. Très bien. Mais là, le masque, oui, va aider.
Est-ce que vous recommandez le port obligatoire du masque dans l'espace public, en dehors de chez soi ?
Alors, en dehors de chez soi, on le sait tous, pourquoi est-ce qu'on porte un masque ? C'est pour se protéger, d'une part, des projections. Et donc, là, c'est une distance de 1 mètre à 2 mètres qui font que vous êtes...
On se protège
et on protège les autres. Et on protège les autres. Quand vous portez votre masque et que vous êtes en période très symptomatique, vous protégez les autres. Après, la deuxième question, c'est ce qu'on appelle ces fameuses aérosols, dont on sait aujourd'hui que ce sont des particules très fines, moins de 5 microns, qui sont émises quand on parle, quand on chante, quand on crie, qui, elles, vont rester en suspension parce qu'elles sont extrêmement fines et on sait maintenant qu'elles sont potentiellement contagieuses. Donc, il y a du virus dans l'air.
Et c'est ça qui fait qu'en milieu clos, il est devenu important, maintenant qu'on sait que ces aérosols peuvent être contagieux, de porter un masque. On le sait aussi parce que les clusters, vous savez, ces foyers, on les a retrouvés beaucoup dans les milieux clos, moins dans les milieux aériens.
Oui, mais Arnaud Fontanet, moi j'ai cherché des études montrant l'efficacité du masque. Je n'en ai pas trouvé. Est-ce qu'elles existent ?
Alors, il y a beaucoup d'études. Beaucoup d'études qui ont porté sur l'efficacité du masque. Il y avait un papier récemment dans le Lancet qui en recensait 173.
Oui. Mais est-ce qu'elles ont prouvé ces études
l'efficacité du masque ? Alors, déjà, il faudrait savoir par rapport à quel type de virus ces études ont été faites parce que le SARS-CoV-2, il n'est pas comme les autres. C'est un virus qui est dans la gorge à des concentrations très élevées alors que des virus comme le SARS de 2003, ils étaient dans les poumons. Donc, ce n'est pas du tout le même risque qui est représenté par le fait de parler, par exemple, ou de crier entre ces deux virus. Donc, des études avec le SARS-CoV-2, avec un essai tirage au sort, randomisé, tout ce qui fait qu'un essai est de bonne qualité avec ce nouveau coronavirus, on ne les a pas. Oui, oui. On ne les a pas.
En revanche, on a l'observation qui nous montre quand même que les clusters sont en milieu confiné et c'est ça qui nous a amené à penser que les aérosols devaient jouer un rôle et puis à toutes les expérimentations qui ont été faites qui ont permis de voir qu'on émet effectivement ces aérosols et maintenant qu'on retrouve dans les aérosols du virus et que ce virus, quand on le cultive, il est contagieux. Simplement, si ce virus était seulement transmis par les aérosols, le fameux nombre de reproductions, le R, vous savez, le nombre de cas secondaires par personne infectée, il serait très élevé, il serait de l'ordre de 15 comme pour la rougeole qui est transmise par les aérosols.
S'il est de 3, c'est que ce nombre, ces aérosols, ils jouent un rôle mais pas un rôle prédominant dans la transmission. Il y a toujours les gouttelettes, donc le masque qu'on porte quand on est à moins d'un mètre d'une personne pour protéger les autres et se protéger et puis en milieu confiné, il y a les aérosols qui présentent un risque supplémentaire mais qui heureusement ne contribuent pas à l'essentiel des transmissions.
Est-ce qu'un reconfinement est envisageable ?
Alors le reconfinement, il n'est pas envisageable d'un point de vue social ou économique parce que... Et d'un point de vue sanitaire. On aurait un mal fou à le faire accepter. On est tous d'accord pour toutes ces raisons. On est tous d'accord. Vous le premier d'ailleurs, vous l'accepteriez ? Le problème, c'est que on n'est pas... On ne peut pas garantir qu'on ne se retrouve pas dans une situation où seul le reconfinement nous permettrait de faire face à une montée des cas. On ne peut pas...
Donc vous ne l'écartez pas ?
Ce serait pour nous le dernier recours, ce serait l'échec. Oui. Ce qui est envisageable, c'est des reconfinements localisés. Si on voit que sur un endroit particulier vous avez une épidémie qui s'en bat, là, le reconfinement peut vraiment aider. A l'échelle nationale, on a tous vu le coût que ça représente. Ce serait vraiment un échec. Mais je ne me permettrai pas de dire qu'il est complètement écarté parce qu'on ne sait pas comment les choses pourraient tourner. Néanmoins, on est beaucoup mieux armés aujourd'hui pour faire face à l'épidémie qu'on était en mars dernier. On a les masques, on a les tests, les gens ont appris les gestes barrières.
On sait qu'il y a des circonstances de rassemblement qui sont dangereuses. Si on évite tout ça, on devrait être en mesure d'éviter le confinement.
Est-ce que vous êtes membre du conseil scientifique et que vous donnez des recommandations au président de la République et au gouvernement ? Alors justement, est-ce que vous recommandez au gouvernement de multiplier les tests ? On parle de 700, un peu plus de 700 000 tests par semaine. On devrait faire beaucoup plus ? Non. Il faut qu'on fasse plus ?
Je pense que là, on est... Alors, il faut voir aussi quelles sont nos capacités. On est quand même à 700 000 par semaine. C'était l'objectif qu'on s'était fixé. Et on voit que les laboratoires qui doivent suivre derrière ont du mal. Si on tient à 700 000 et si on utilise les tests de façon rationnelle, on devrait être capable de faire face. Alors, c'est vrai qu'il y a des pays maintenant comme la Chine qui arrivent à tester encore beaucoup plus. Mais ils mettent un effort considérable et des moyens considérables dont on ne dispose pas.
Donc, la question qui se pose aussi aujourd'hui, et c'est ça un petit peu mon inquiétude par rapport au fait qu'on arrive en fin d'été avec une circulation assez active du virus, c'est qu'on va avoir dans les semaines qui viennent ces clusters parce que l'école, l'entreprise, les transports en commun, etc. et que là, ça va mobiliser énormément de ressources et il faut que ces ressources, elles tiennent. C'est-à-dire qu'il y a des endroits où il va falloir faire justement du dépissage massif autour des clusters qui auront été identifiés.
Il y a des zones qu'on va vouloir vraiment surveiller très près comme les EHPAD, on sait que les abattoirs, on sait qu'il y a des lieux où le virus circule beaucoup. Ça, ça demande beaucoup de ressources et c'est là où il est important qu'on diminue la circulation du virus pour ne pas trop mettre en tension les services de surveillance qui vont être obligés de faire face au comptage, dépistage, traçage, isolement et à ces campagnes de dépistage qui vont être de plus en plus intenses.
Une personne infectée au printemps peut-elle l'être à nouveau ? On ne sait pas. Pour l'instant, ça n'a pas été observé. Non, ça n'a pas été observé.
On a quand même du virus qui circule depuis huit mois maintenant. Vous connaissez mieux. Tout le monde attend de documenter cette réinfection qui est une question qui scientifiquement nous inquiète énormément. Donc, la bonne nouvelle c'est que ça n'a pas encore été mis en évidence. C'est vrai qu'on a encore peu d'expérience d'un retour du virus sur les mêmes lieux où il avait sévi quelques mois plus tôt. On le saura peut-être à cet automne mais pour l'instant ça n'a pas été mis en évidence.
Oui, sait-on pourquoi plusieurs mois après avoir été infecté certaines personnes souffrent encore de séquelles graves parfois ? Est-ce qu'on sait pourquoi ?
Non, on ne sait pas pourquoi et c'est vrai que c'est un virus respiratoire qui nous surprend parce que les autres virus respiratoires très typiquement donnent des atteintes qui sont limitées dans le temps. Bien sûr. Or là, on voit qu'il y a effectivement des personnes qui ont des séquelles neurologiques notamment qui durent plusieurs semaines où on n'en comprend pas encore le mécanisme.
Est-ce qu'aujourd'hui ça c'est une question essentielle Arnaud Fontanet est-ce qu'aujourd'hui nous disposons de traitements efficaces ?
Alors la bonne nouvelle c'est que quand même les six mois d'expérience de traitement des patients nous ont permis grâce aux anticoagulants grâce à la corticothérapie à faire beaucoup mieux puis il y a d'autres traitements qui sont d'applients.
Donc il y a plusieurs traitements aujourd'hui efficaces contre le coronavirus mais pas efficaces en prévention. On est bien d'accord parce qu'il faut bien faire la différence entre traitement et vaccin. Pas efficace en prévention mais efficace en traitement. Voilà. C'est pour des gens qui arrivent à l'hôpital. On traite la maladie.
Pour des gens qui arrivent à l'hôpital aujourd'hui ils sont mis aux anticoagulants si l'état continue de s'aggraver s'ils ont besoin d'oxygène on les passe en corticothérapie et là on diminue on divise par deux à peu près le risque de passer en réanimation donc c'est un très grand progrès. Et en réanimation les patients aussi s'en sortent mieux aujourd'hui c'est-à-dire que là aussi c'était très dépendant de l'âge quand vous aviez 30 ans vous aviez 70% de chances de guérison maintenant c'est 80% et quand vous aviez 70-80 ans vous aviez 20% de chances de guérison maintenant c'est 30% mais il y a eu des améliorations Donc il y a plusieurs traitements
Donc il y a des traitements Il n'y a pas un traitement miracle il y a plusieurs traitements qui parfois associés donnent des résultats Donnent des résultats
et puis on va bientôt avoir je l'espère des traitements antiviraux Quand ? Je pense cet automne On commence à voir il n'y a pas encore eu ces fameux essais randomisés vous savez c'est ces essais contrôlés qui nous permettent de l'affirmer mais il y a des pistes autour de traitements type interférons ou traitements contre ces molécules inflammatoires les cytokines qui ont l'air vraiment intéressantes Ces traitements sont aujourd'hui dans des essais contrôlés avec tirage au sort et j'espère qu'à l'automne on aura des traitements qui vont encore améliorer
ces chiffres Donc vous nous dites ce matin qu'à l'automne on saura probablement traiter le coronavirus Alors l'automne c'est long Oui Ou qu'à la fin de l'automne Avant la fin de l'année on saura traiter le coronavirus
On aura des meilleurs résultats Je ne dis pas qu'on guérira systématiquement tous les patients Non Mais je pense que les chiffres déjà qui se sont bien améliorés avec les traitements d'appoints comme la corticothérapie et les anticoagulants seront encore meilleurs notamment vis-à-vis des formes graves ce qui est le plus important parce que ça permettra de soulager les réanimations et ça permettra d'éviter les essais C'est très important parce qu'on va vivre une période difficile On a encore trois mois de circulation du virus Je sais que les gens en ont marre Quand on leur dit vous allez devoir reporter les masques vous ne vous réunissez pas avec vos amis vous évitez les rassemblements etc.
Ils vous disent on n'en peut plus Je leur demande juste de continuer parce que la guerre qu'on est en train de mener contre ce coronavirus on est en train de la gagner On tient encore quelques mois et on aura des traitements qui feront que cette maladie deviendra de moins en moins grave et l'année prochaine probablement des vaccins
Un ou des vaccins l'année prochaine en 2021
Il y a aujourd'hui six vaccins qui rentrent dans la dernière phase d'expérimentation qu'on appelle la phase 3 où on regarde s'ils protègent sur l'être humain qui sont expérimentés sur l'être humain Mais là on parle de dizaines de milliers de dizaines de milliers pour chaque essai Voilà pour chaque essai Ces vaccins-là on sait déjà que sur des petits nombres ils ont été bien tolérés et qu'ils suscitent une réponse immunitaire qui semble adaptée Maintenant il faut savoir si cette réponse immunitaire elle protège C'est ça les sept phases 3 Ils sont en cours ou sur le point de démarrer pour six vaccins En 2021 on aura les résultats et là on peut espérer qu'on ait des vaccins La priorité c'est qu'ils soient sûrs que ce soit des vaccins qui n'ont pas d'effet indésirable parce que le vaccin vous le donnez à quelqu'un qui va bien Donc vous voulez avoir un produit sûr et puis après on verra jusqu'à quel degré ils protègent Et le vaccin russe ?
Alors le vaccin russe il n'est pas encore arrivé à ce stade-là et il est comme les autres vaccins dans le pipeline mais on ne peut pas dire aujourd'hui qu'il sera plus efficace que les autres certainement pas
Bien La grippe La grippe nous allons entrer dans la saison de la grippe La grippe et le coronavirus entraînent des symptômes semblables Est-ce dangereux ? Est-ce dangereux ? Inquiétant ?
Alors la grippe nous inquiète parce qu'à partir du moment elle se met à circuler les symptômes sont similaires ça veut dire à la fois que ça rend le diagnostic de la Covid versus la grippe plus difficile et puis ça peut aussi venir saturer à nouveau les hôpitaux et les services de réanimation La bonne nouvelle vis-à-vis de la grippe c'est que dans l'hémisphère sud où c'est l'hiver actuellement la grippe ne circule pas parce que les gens se protègent contre le coronavirus et de fait sont protégés aussi contre la grippe il n'empêche qu'on ne va pas prendre de risques il faut vacciner contre la grippe pour définitivement éliminer la grippe de notre panorama pour avoir au moins un seul ennemi l'hiver prochain Oui mais Arnaud Fontanet est-ce qu'on connait
le virus de la grippe virus de cette année ?
Alors il a été récolté c'est vrai beaucoup moins en nombre d'échantillons beaucoup moins importants que les années précédentes mais suffisamment je l'espère
On le connait donc ?
Je ne peux pas vous dire de façon formelle combien d'échantillons ont été récupérés cette année ? Est-ce qu'il peut y avoir
une rencontre entre ces deux virus ?
Ils peuvent se rencontrer de façon fortuite mais ça c'est vraiment pas de chance Il y a eu des cas Pas de chance pour le patient Pas de chance pour le patient mais quand je dis pas de chance c'est vraiment une probabilité extrêmement faible donc ce n'est pas quelque chose qui nous inquiète c'est plus le fait que les deux épidémies avancent en parallèle Maintenant un nouveau vaccin va être prêt pour l'hiver prochain je ne sais pas sur combien de souches il a été contre la grippe je ne sais pas sur combien de souches il a pu être mis au point mais ce vaccin il sera important d'utiliser Vous recommandez une vaccination ?
Je recommande une vaccination notamment pour les personnes vulnérables parce que vous n'avez vraiment pas envie de vous poser de questions sur est-ce que j'ai la grippe parce que j'ai le coronavirus et il faut soulager les hôpitaux mais c'est vrai qu'on s'attend à ce que peut-être comme dans l'hémisphère sud la circulation de la grippe soit moins importante l'hiver prochain
Merci Professeur Arnaud Fontanet c'était clair Merci Tous les matins nous nous retrouverons comme cela à 8h35 pour des questions claires et des réponses directes je l'espère 8h54 Merci A vous RMC BFM TV Merci