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AutreFrance Culture — Affaires étrangères (sur Site radio)· 2 mars 2024 59 minContradictoireMixte

Les États-Unis : la campagne s'accélère

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0:06
Présentateur

France Culture, Affaires étrangères, Christine Ockrent.

0:14
Invité

Bonjour à tous. Nous autres Européens sommes depuis des mois directement confrontés à deux guerres en Ukraine et à Gaza. Les Américains en restent majoritairement très éloignés et c'est avec plus ou moins d'intérêt qu'ils vivent leur propre campagne présidentielle. Une campagne qui s'accélère plus tôt que d'habitude et dont les enjeux dans un tel contexte géopolitique nous concernent davantage encore. La Cour suprême vient d'accorder à Donald Trump un avantage significatif en acceptant de se saisir de la question de l'immunité présidentielle.

Ce qui veut dire que le procès de son rôle dans l'assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021 ne pourra pas intervenir avant le scrutin de novembre prochain. Sur le plan pénal, les manœuvres dilatoires de ses avocats semblent donc réussir. Il en va autrement de la justice civile mais Trump, le battleur, s'est admirablement joué à la victime même si la facture en dollars s'alourdit. Mardi prochain, c'est le Super Tuesday. Des primaires auront lieu simultanément dans 15 états pour choisir dans les deux camps leur candidat à la Maison Blanche. Aucun suspense ni d'un côté ni de l'autre et pourtant des questions.

Jusqu'où va l'emprise de Donald Trump sur un parti qu'il a métamorphosé à son avantage ? Quelle est la part des républicains qui lui résistent encore et sur lesquels Nikki Haley fonde son propre avenir politique ? Côté démocrate, quel degré de mobilisation auprès des jeunes en particulier ? Quel est pour Joe Biden le coup politique de la tragédie de Gaza ? Quelles sont de part et d'autre les vraies préoccupations des électeurs ? Israël, Ukraine, au moment où l'éclat de voix d'Emmanuel Macron concernant une présence militaire occidentale sur le sol ukrainien continue d'embarrasser la plupart des alliés, à commencer par Washington.

Les enjeux internationaux vont-ils cette fois peser sur l'élection présidentielle américaine ? Et quelles conséquences pour nous autres en Europe ? C'est ce que nous allons comprendre ce matin grâce à vous, Anne Désine. Vous êtes juriste, professeure émérite de droit et de civilisation américaine à l'université Paris-Nanterre. C'est là où vous enseignez, Elisa Schell, professeure de sciences politiques. Merci d'être avec nous. Alexandra de Haupcheffer, c'est du franglais. Donc vous êtes senior vice-présidente pour les questions géopolitiques au German Marshall Fund et Laurie Kenton, maître de conférences en civilisation des pays anglophones à l'université de Versailles Saint-Quentin.

Anne Désine, avec vous, pour une fois, on va commencer par la conclusion. Ce n'est pas la justice américaine qui va arrêter Donald Trump dans sa course à la Maison-Blanche et sûrement pas la Cour suprême qui vient d'annoncer sa décision de se saisir du dossier plaidé par les avocats de Trump, évidemment, le dossier de l'immunité présidentielle, en se livrant à une course de lenteur.

3:40
Locuteur non identifié

Oui, alors la grande question, c'est la justice peut-elle arrêter Trump ? Et on s'achemine de plus en plus vers la négative. Quant à la Cour suprême, effectivement, elle est au cœur de cette élection à travers deux affaires sur lesquelles elle doit se prononcer, l'immunité mais aussi l'inéligibilité. Ce n'est pas la première fois que la Cour suprême est totalement au cœur d'une campagne et en 2000, nous nous rappelons qu'elle a donné la présidence à George W. Bush en statuant d'arrêter le décompte des suffrages en Floride, alors qu'a priori, ça relevait plutôt du droit de Floride et qu'elle aurait dû laisser en l'état la décision de la Cour suprême de Floride.

Donc là, nous avons deux décisions. L'inéligibilité, quelque part, ce n'est pas aberrant si la Cour conclut que le 14e amendement, section 3, ne peut pas s'appliquer tel quel au président.

4:31
Invité

Et là, elle a été très vite pour faire savoir qu'elle réfutait les arguments donc des Cours suprêmes du Colorado auxquels s'étaient joints le Maine et l'Illinois. Mais là, ça a été très vite pour dire, bon, ces arguments ne sont pas sérieux. En revanche, la Cour a décidé d'un calendrier véritablement très étiré puisque c'est à partir du 22 avril, je crois, que les juges vont étudier

5:05
Locuteur non identifié

véritablement les arguments. La question de l'immunité. En fait, si on reprend le calendrier, Trump, à l'automne, a saisi la juge de première instance qui, donc, est amenée à juger non seulement l'assaut contre le Capitole mais également l'obstruction parce que les deux chefs d'inculpation principaux sont l'obstruction à une procédure, l'obstruction au travail du Congrès et puis deux autres qui touchent à la privation de droits fondamentaux, en l'occurrence le droit de vote puisque tous ceux qui ont voté Biden auraient été privés de leur impact électoral.

Donc, dans cette affaire, tout d'un coup, les avocats de Trump ont dit « Ah, mais on ne peut pas avoir de procès » parce que Trump jouit de l'immunité absolue. Donc, la juge a statué très rapidement une opinion très fondée, très documentée disant « Mais non, il n'y a pas d'immunité parce que, de toute façon, on ne peut pas considérer que ces actes ont été accomplis dans l'exercice de ces fonctions mais en tant que candidat. » Et c'est à ce moment-là que le procureur spécial Smith a demandé à la Cour suprême de prendre l'affaire tout de suite pour gagner du temps. Et elle a refusé. Et le procès aurait dû commencer sur lundi. Voilà, tout à fait.

Et donc, la Cour a refusé la première possibilité pour accélérer le processus et faire en sorte que les électeurs aient la possibilité de voter en novembre en sachant si Trump est coupable ou non. Donc, la Cour a dit « Non, non, non, laissons la Cour d'appel ». La Cour d'appel a fait très très vite, elle a organisé une audience très vite, elle a rendu une décision avant Noël. Et là, Jack Smith a un peu changé, il a dit « Écoutez, vous, Cour suprême, laissez cette décision, elle est très bien rédigée, elle fait 60 pages et elle conclut qu'il n'y a pas d'immunité pour tout un tas de raisons. » La Cour a mis très longtemps avant de décider de prendre l'affaire, petit un.

Et deuxièmement, au lieu de... Alors, c'est vrai que dans le calendrier habituel de la Cour suprême, prévoir avril, c'est-à-dire deux mois de délai, c'est rapide. Sauf que dans le calendrier électoral, c'est très très lent. Et comme il faudra ensuite deux mois, une fois que la décision sera rendue, sans doute en juin, avant que la Cour de DC puisse commencer à siéger, c'est la raison pour laquelle, mais je m'arrête, Jack Smith va essayer de convaincre la juge de Floride de prendre l'affaire en juillet, de façon à ce que le calendrier soit dégagé en septembre-octobre, pour l'affaire de DC.

7:27
Invité

Voilà, mais ça, c'est l'autre affaire au pénal, au niveau fédéral, parce que là aussi, c'est tellement différent de notre système à nous qu'on s'y perd un peu. Et donc, s'agissant de l'aphorite, c'est l'affaire des documents classifiés que Donald Trump a conservés.

7:48
Locuteur non identifié

Oui, qu'il a refusé de rendre, malgré des citations, malgré arrêt d'une perquisition du FBI, autorisée par un juge. Laurie Kenton, ce qui est fascinant,

7:57
Invité

en fait, c'est que, et partout en Europe, et en France en particulier, on suit cette campagne électorale, non pas en s'intéressant à ce que tel ou tel candidat pourrait faire, en tout cas sur le plan de la politique intérieure, mais on guette les trous de mémoire de l'un et de l'autre, les difficultés de Joe Biden, donc plus âgé de trois ans seulement, mais qui manifestement est en moins bon état que Donald Trump, et on va voir, donc, ce week-end, et surtout à partir de mardi, un certain nombre d'élections primaires, qui, alors là, disons-le, il n'y a aucun doute, Trump sera le candidat républicain, et Biden le candidat démocrate, mais expliquez-nous les bizarreries de ce système électoral, qui, encore une fois, à chaque fois, on les découvre, et on s'étole de leur archaïsme, en fait.

8:58
Présentateur

Alors, ce qui est intéressant, c'est de bien comprendre que, comme pour le système judiciaire, il y a une spécificité américaine qui est le fédéralisme, donc chaque état décide selon son propre calendrier. On pourrait très bien imaginer un système dans lequel tous les états votent en même temps, et comme ça, c'est le même jour pour tout le monde, et on n'en parle plus. mais le fait de faire traîner ce processus sur à peu près six mois, finalement, parce que ça s'arrête en juin, permet également de lever des fonds et de mettre chaque état plus ou moins en lumière.

C'est pour ça qu'il y a toujours des espèces de guéguerres entre les états pour savoir qui sera le premier, qui sera avant les autres. Donc, il y a ce type de guéguerres. Alors, ce qui est intéressant, c'est qu'il y en a d'autres qui se retrouvent complètement en fin de parcours et tout le monde s'en fiche. Et puis, il y a tous ceux qui sont amalgamés dans le Super Tuesday qui prend une importance parfois capitale quand il y a un véritable enjeu. Là, il n'y en a pas vraiment. Et donc, ils se retrouvent un petit peu noyés dans cette espèce de masse.

Et donc, ça veut dire que pour nous, Annalise, le Super Tuesday, bon là, il n'y a aucun enjeu, mais ça peut être assez compliqué d'y retrouver parce qu'il y a une quinzaine d'états en même temps, parfois pour chaque partie. Là, en fait, le principal sujet, c'est plutôt la persévérance de Nikki Haley et l'analyse des électeurs de Nikki Haley et de ce qu'ils nous disent aujourd'hui qu'ils feront en novembre. C'est-à-dire qu'elle pourrait très bien dire je n'ai plus vraiment la capacité de l'emporter à la régulière. C'est-à-dire que je n'aurai pas autant de délégués que Donald Trump. Donc, je plie bagage, ça coûte cher, c'est fatigant. Donc, voilà, c'est fini. Mais elle continue.

Et elle continue et à chaque élection, et là, on va encore le voir avec le déluge de sondage qu'on va avoir pour le Super Tuesday, on va avoir un certain nombre, à peu près la moitié, des électeurs de Nikki Haley qui disent, en tout cas, si on s'en réfère aux élections précédentes, dans les états précédents, je ne voterai jamais pour Donald Trump en novembre.

10:59
Invité

Et on a vu ça dans le Michigan, la primaire du Michigan.

11:02
Présentateur

Et dans le New Hampshire avant, et en particulier en Caroline du Sud qui a donné une victoire assez large à Trump alors qu'elle était gouverneure de Caroline du Sud.

11:14
Invité

Mais donc, on en revient à la question de l'argent. Et depuis que la Cour suprême a déplafonné les dépenses de campagne, les montants sont véritablement obscènes. Donc, s'agissant de Mme Haley, elle avait en particulier le soutien de ces milliardaires de l'acier des frères Coq qui ont dit non, là on arrête les frais. Néanmoins, on comprend qu'elle veut se positionner comme un recours côté républicain si jamais Trump, pour une raison ou une autre, ne parvient pas jusqu'à la Maison Blanche. Mais ce qui est sidérant lorique, c'est qu'on a affaire quand même à une culture politique ou une culture tout court ou l'irrationnel. Le complotisme joue désormais un rôle considérable.

Je lisais quelque part que 17% des Américains sont convaincus des théories de QAnon selon lesquelles les démocrates broient des enfants dans un souterrain à Washington pour en boire le sang et qu'à peu près un tiers des Américains considèrent que l'élection de 2020 a véritablement été volée. D'où vient cette vérité alternative pour reprendre une formule justement ?

12:35
Présentateur

C'est une constante parce que déjà à l'époque d'Obama il y avait toujours un matelas d'environ 30% des Américains qui pensaient que malgré les dénégations Obama était né à l'étranger n'était pas né à Hawaï et donc était un président illégitime.

donc on a toujours cette espèce de plafond d'environ 30% de la population entre 20 et 30% qui se retrouvent dans la base indéfectible trumpiste et donc cela on pourra leur dire tout ce qu'on veut de toute façon tout fait vient de l'establishment et donc tout fait de l'establishment fait partie du complot donc nier le complot ça veut dire qu'on fait partie du complot mais ça c'est très ancien parce que dans une carrière précédente j'avais travaillé sur le 17ème siècle notamment sur les rumeurs et les rumeurs de guerre dans l'Amérique coloniale et c'est exactement la même chose quand un gouverneur de colonie dit ah mais non non on n'a pas d'alliance avec les indiens n'ayez crainte ça voulait dire qu'il y avait une alliance avec les indiens et donc il fallait avoir peur.

13:33
Invité

Non mais ça c'est le mensonge en politique

13:34
Présentateur

et le phénomène de la rumeur c'est pas forcément le mensonge c'est la façon dont c'est perçu par l'opinion et à partir du moment où on est persuadé qu'il y a un complot et il y a toute une toute une foule de raisons qui alimentent cette méfiance Washington ça date de la guerre du Vietnam les années 60-70 le Watergate n'a rien arrangé et puis il y a toute une culture populaire à Hollywood et dans les séries qui alimente ce côté le gouvernement ment et opère dans l'ombre on pense à X-Files par exemple mais même dans la série Stranger Things on voit le gouvernement qui fait des expériences sur les enfants donc il y a toute cette culture qui a l'air un petit peu inoffensive mais qui finalement alimente un récit du gouvernement qui ne peut pas être bon

14:20
Invité

le gouvernement ne peut pas être bon Elisa Schell c'est évidemment pour le président en exercice la difficulté en général le président sortant on le dit toujours a un avantage mais cette fois côté démocrate on voit que 8 démocrates sur 10 considèrent que Joe Biden est véritablement trop âgé et donc c'est le principal reproche qu'on lui fait dans son propre camp

14:50
Locuteur non identifié

oui effectivement ça fait partie des reproches qui sont faits à Biden celui d'être trop âgé mais aussi son bilan économique même si aujourd'hui la conjoncture économique est meilleure aux Etats-Unis elle a quand même beaucoup pâti de l'inflation ces derniers mois ce qui a lourdement touché les classes moyennes et les classes modestes et ça les électeurs s'en souviennent mais ça

15:15
Invité

ça nous surprend nous parce que les chiffres macroéconomiques sont tout simplement éblouissants

15:20
Locuteur non identifié

oui mais Joe Biden a comment dire il fait campagne sur l'alternative à Trump c'est ça son argument dans cette campagne c'est qu'il est l'alternative à Trump et il dit d'ailleurs si vous n'êtes pas satisfait avec Trump regardez quelle est l'alternative et Joe Biden n'est pas quelqu'un de très charismatique il ne l'a jamais été il fait beaucoup de gaffes mais on se souvient que Barack Obama se méfiait déjà des gaffes qu'il pouvait faire quand il était vice-président donc il n'est pas quelqu'un de très charismatique qui va emporter la ferveur comme avait pu le faire Obama lors de sa première élection mais il reste quand même le meilleur argument pour ne pas voir revenir Trump au pouvoir il bénéficie quand même de la position de président donc il peut continuer à arguer de décisions qui relèvent de la présidence par exemple il a gracié des pré-étudiants en masse il va directement vers les jeunes pour les séduire on a vu aussi qu'il a investi très récemment la plateforme TikTok pour oui ce qui est tout à fait

16:35
Invité

paradoxal parce que évidemment le congrès dans son ensemble dénonce TikTok c'est chinois donc évidemment le rôle que TikTok joue ou non enfin ou joue ou non dans la désinformation qui est aussi à l'oeuvre là-bas

16:51
Locuteur non identifié

comme chez nous d'ailleurs oui tout à fait mais de plus en plus d'américains se renseignent via les réseaux sociaux et plus via les médias traditionnels et ça les équipes de campagne que ce soit d'ailleurs côté républicain ou côté démocrate le savent donc il faut aussi aller à la rencontre de ces publics alors avec plus ou moins de succès si vous regardez la chaîne TikTok de Biden qui s'appelle Biden HQ on va pas dire qu'il est complètement rentré dans les codes en fait de ce réseau social donc il y a effectivement des vidéos de Biden mais aussi de Kamala Harris qui sont longues et un peu ennuyeuses il faut le dire donc ils ne maîtrisent pas encore complètement ce média mais ils essayent d'aller vers les jeunes qui sont de plus en plus nombreux dans l'électorat général et qu'il avait fait gagner et qu'il avait fait gagner aux élections précédentes donc il sait que l'une des clés de sa réélection tient à l'électorat jeune à ceux qui vont voter pour la première fois cette année et qui ne vont pas spontanément vers Donald Trump c'est un effet de génération

17:58
Invité

néanmoins c'est un électorat jeune qui en tout cas dans les milieux disons plutôt privilégiés c'est à dire des gens qui accèdent à l'éducation supérieure dans les universités sont très émus c'est l'émotion brute émus par ce qui se passe à Gaza ils ne sont pas les seuls évidemment et on a vu en particulier dans la primaire du Michigan Elisa que 13,2% des suffrages ont été des votes blancs enfin un vote non engagé alors c'est un état où il y a beaucoup d'arabos palestiniens et aussi de musulmans puisqu'il y a une bonne partie de la communauté afro-américaine musulmane désormais donc la leçon de cette primaire-là est-ce que cela veut dire que ce qui se passe à Gaza est véritablement pour Joe Biden un enjeu spécifique à cette campagne-ci

19:02
Locuteur non identifié

alors relevons tout d'abord qu'il y a 10 ans dans le Michigan dans les mêmes circonstances le vote blanc était de 10,9% donc il y a certes une augmentation mais ce n'est pas non plus un raz-de-marée de vote blanc par rapport à ce qu'on a pu observer les années précédentes la manière dont fonctionne en fait cette communauté arabo-musulmane dans le Michigan est assez typique du fonctionnement du parti démocrate ces dernières années c'est-à-dire que pour obtenir on va dire gain de cause sur une revendication donc là le cessez-le-feu à Gaza les groupes se mobilisent dans la rue dans l'espace public et là dans les urnes pour être entendus et espérer que leur demande soit relayée au niveau du parti et le parti démocrate fonctionne comme ça c'est vraiment un relais de mobilisation qui se manifeste dans la rue et ici dans les urnes donc on sait que dans les états les majorités sont fines il suffit parfois de quelques dizaines de milliers de voix pour qu'un état bascule d'un côté ou de l'autre donc même si cette minorité n'est pas numériquement significative par définition elle peut espérer peser dans la balance d'un côté ou de l'autre et donc d'être entendue par le président démocrate je dirais que c'est de bonne guerre dans une campagne électorale Alexandra de Hobschever

20:24
Invité

la Maison Blanche a annoncé hier la participation des Etats-Unis à une opération de parachutage d'aide alimentaire sur le territoire de Gaza Joe Biden l'a annoncé en recevant madame Meloni la présidente du conseil italien cela veut dire qu'une telle participation il faut rappeler que la France et la Jordanie ont procédé déjà deux fois je crois à de telles opérations il y a eu ces terribles émeutes de la fin jeudi dernier on voit à quel point l'enjeu du soutien à Israël qu'incarne en quelque sorte Joe Biden depuis qu'il est dans la vie politique américaine devient pour lui un vrai problème

21:16
Locuteur non identifié

complètement on peut dire que je dirais de manière en fait assez directe que cette guerre pourrait faire perdre à Biden sa réélection la géopolitique en plus de tous les sujets de politique intérieure dont on vient de parler n'a jamais été aussi présente dans les débats politiques américains dans cette campagne mais aussi dans la vie quotidienne des américains et là on vient de parler effectivement du Michigan on a la communauté arabo-musulmane aux Etats-Unis qui s'organise qui a créé cet espèce de groupe qui s'appelle Abandon Biden donc abandonnez Biden ne votez pas pour Biden les jeunes qui ont permis comme vous l'avez rappelé à Biden d'être élus en 2020 qui se désolidarise totalement aujourd'hui de la posture de soutien de Biden envers Israël et donc Biden se rend compte du coup politique de son soutien à Netanyahou littéralement Biden aujourd'hui est pris au piège de Netanyahou cette scène où il mange sa glace avec beaucoup de plaisir devant les caméras de grands médias américains où il annonce qu'il a réussi à négocier et à convaincre Israël d'un cessez-le-feu et que d'ici quelques heures ce sera mis en place et puis dans l'heure d'après on a le ministre de la défense israélien qui dit que même s'il y a un cessez-le-feu temporaire ils continueront leurs opérations à Gaza ça cristallise aujourd'hui en fait l'incapacité de Washington et donc de l'administration Biden a pesé sur son allié un allié clé qui est Israël et ça c'est public c'est aux yeux de tout le monde en même temps ce que ça fait c'est que ça isole les Etats-Unis sur la scène internationale Washington vient de poser son troisième veto contre une résolution du Conseil des Nations Unies qui cherchait justement à appeler un cessez-le-feu immédiat à Gaza Washington une nouvelle fois seul à voter contre

23:15
Invité

et Joe Biden a annoncé hier encore qu'il espère un cessez-le-feu dans la nuit du 10 au 11 mars c'est-à-dire au moment où commence le ramadan mais ce qui est singulier aussi c'est que Donald Trump ne dit rien sur Gaza s'il a dit une chose qui est quand même tout à fait significative et qui traduit bien sa forme d'expression qui fonctionne tellement bien auprès de son électorat il a dit le conseil que je donnerai à Bibi Netanyahou c'est qu'il fasse un meilleur job en relation publique c'est une citation les palestiniens font beaucoup mieux que lui donc c'est aussi du côté républicain du côté de celui qui sera sans aucun doute le candidat républicain à cette élection présidentielle à la fois un signe de prudence mais de désintérêt profond

24:19
Locuteur non identifié

oui mais encore une fois sous l'administration Trump il a montré à plusieurs reprises qu'il n'était pas un isolationniste moi je pense pas du tout comme ce qu'on entend beaucoup dans les débats aujourd'hui que le trumpisme c'est de l'isolationnisme il a montré à plusieurs reprises qu'il était capable et volontaire pour intervenir dans ces situations de crise et moi je le vois pas du tout rester à l'écart de cette crise mais ce que l'on voit en fait véritablement aujourd'hui c'est que en fait ce que reproche l'électorat américain aujourd'hui à Biden c'est qu'il n'utilise pas le levier principal dont dispose aujourd'hui Washington pour faire infléchir Israël c'est-à-dire l'aide militaire et qui continue qui continue qui continue au détriment de l'aide à l'Ukraine et également à Taïwan et là c'est ce que lui reproche l'électorat jaune c'est ce que lui reproche la communauté arabe Osemane et même au sein de son administration aujourd'hui vous avez une administration Biden qui est totalement divisée sur le sujet donc il y a de plus en plus de crispations de tensions que vous ressentez aussi au niveau du Congrès alors effectivement son annonce hier de participer à cette coalition de pays qui vont larguer des cargaisons humanitaires c'est vraiment du symbolique alors là c'est vraiment de la com' mais qui n'a aucun impact sur la politique américaine et c'est ce qu'on reproche aujourd'hui à Biden c'est que certes dans la rhétorique il dit voilà il faut faire attention à la situation humanitaire à Gaza mais dans la politique il n'y a absolument aucun changement

25:54
Invité

Anne Désine avec vous revenons à l'aspect judiciaire qui coûte très cher au candidat Donald Trump en tant que citoyen et qui coûte très cher aussi à son parti puisqu'il a tendance à demander à ses partisans évidemment de l'aider à financer ses propres procès donc il y a un certain nombre de procès aux civils il faut rappeler qu'il y a quelques 91 infractions reprochées à Donald Trump dont 4 au pénal mais aux civils l'ardoise est déjà très lourde puisque si on additionne deux jugements récents Trump doit payer quelques 450 millions de dollars et ça c'est dans le cadre de l'état de New York et là aussi expliquez-nous comment d'un état à l'autre

26:52
Locuteur non identifié

les règles diffèrent alors pour schématiser il y a deux affaires aux civils qui coûtent effectivement près d'un si les décisions réussissent à être exécutées c'est là l'une des difficultés un demi-milliard de dollars c'est-à-dire la première affaire c'est une affaire qui a commencé assez petite pour harcèlement sexuel par l'ancienne journaliste Eugene Carroll elle a gagné pour harcèlement sexuel mais comme Trump a continué à mentir elle a intenté une autre action en justice pour diffamation et là c'est le jackpot pour elle et là nous avons 83,3 millions de dollars dont 16 à titre de dommages et intérêts punitifs le dommage et intérêts punitifs ça n'existe pas en droit français mais en droit américain ça vise à dissuader l'individu qui a été condamné à continuer de mentir ce qu'il fait alors cette affaire est intéressante plus globalement et pour rejoindre ce que disait Laurique parce qu'on se rend compte que dans le climat des informations totales aux Etats-Unis qui est permis à la fois par les théories du complot mais aussi par la jurisprudence absolutiste de la Cour suprême sur le premier amendement on peut mentir sans aucune sanction et là on se rend compte qu'il y a une petite voie de sortie le procès en diffamation rappelons-nous Fox News qui a été condamné pour 870 millions de dollars pour avoir menti sur les résultats voilà en toute connaissance de cause puisqu'on connaissait donc ça c'est la première chose et le point commun avec la deuxième affaire qui est le procès pour fraude financière intenté par la ministre de la justice de New York et là nous sommes à 350 millions plus 100 millions d'intérêts qui continuent à courir et d'ailleurs ce qui réjouit ceux qui n'aiment pas M.

Trump c'est que chaque jour qui passe il y a 100 000 dollars d'intérêts de retard qui s'accumulent donc immédiatement il a fait appel mais il y a une règle dans l'état de New York comme dans beaucoup d'états c'est que pour faire appel il faut poser la somme la somme totale donc il doit poser dans les deux affaires grosso modo 500-600 millions de dollars pour que la sentence soit suspendue jusqu'à il a un mois pour faire cela

29:02
Invité

un mois depuis la sentence voilà c'est ça

29:06
Locuteur non identifié

ça fait un peu plus de 15 jours maintenant mais il a le droit d'emprunter alors il peut soit poser l'argent soit poster ce qu'on appelle un bond c'est-à-dire qu'une institution extérieure va mettre l'argent contre une certaine somme c'est un mécanisme bancaire classique qui sera peut-être 10% 20% donc ça lui coûterait de l'argent de façon à ce que l'appel soit suspensif pour le moment il n'est pas suspensif tant que l'argent n'est pas posé le problème c'est que M.

Trump a tellement de casseroles c'est qu'il n'y a pas beaucoup d'institutions financières qui vont se bousculer pour mettre cet argent et là il commence à y avoir des vraies craintes que ceux qui vont proposer de prêter de l'argent ce sont les Russes et les Chinois en espérant qu'ils deviennent présidents et qu'ils aient ainsi une entrée à la présidence qui veut dire un risque de conflit d'intérêts de violation des règles d'éthique etc.

mais surtout un risque de sécurité nationale enfin pour les Russes c'est quand même pratiquement impossible étant donné les sanctions oui et non bon il faut se rappeler que durant la présidence Trump les Chinois une branque chinoise détenue par l'état chinois louait des locaux dans Trump Tower pour un total de mémoire de 7 millions de dollars donc ce n'est pas un risque ridicule donc à la fois il est acculé et c'est un vrai problème mais c'est aussi un problème d'image parce qu'il s'est toujours présenté comme le businessman à qui tout réussissait qui est richissime etc.

et là il est un petit peu acculé parce qu'il n'est pas si riche que cela il n'est pas si bon que cela puisqu'il a été finalement rattrapé par la justice

30:41
Invité

Elisa Shell on en arrive à cette cette contradiction qui peut paraître étrange entre le personnage Trump sa réputation et ses nombreuses affaires judiciaires qui confortent cette réputation il faut bien le dire et un électorat républicain dont le socle est cimenté par le courant évangélique et ça je crois qu'il faut l'expliquer parce que le rôle de la religion aux Etats-Unis depuis la fondation de la république américaine est majeur et singulièrement la manière dont ce courant du protestantisme a été converti à la doctrine de la prospérité c'est à dire Dieu est content de vous si vous gagnez beaucoup d'argent expliquez-nous comment ce courant évangélique a véritablement imprégné et cimenté le socle électoral de Donald Trump malgré ses mœurs personnelles

31:44
Locuteur non identifié

alors bien avant Donald Trump la droite religieuse se politise depuis les années 70 et participe de l'alimentation du courant conservateur aux Etats-Unis avant Donald Trump le Tea Party avant le Tea Party Reagan enfin d'autres donc ce positionnement politique de la droite évangélique américaine n'a rien de nouveau et Trump capitalise sur ce mouvement ainsi que sur un électorat qui est peu éduqué ça fait partie des électeurs on va dire fidèles de Donald Trump les électeurs peu éduqués c'est à dire qui n'ont pas un niveau supérieur au baccalauréat ou l'équivalent en termes de diplôme les évangéliques et aussi un certain nombre d'électeurs qui sont plus aisés mais qui veulent préserver on va dire leur fiscalité si je puis dire et votent avec leur portefeuille pour leur intérêt économique et Donald Trump il ne faut pas oublier qu'il est arrivé dans le paysage du parti républicain grâce à la généralisation des primaires dans les différentes élections c'est à dire que la nomination du candidat est passée de plus en plus par un vote populaire et le fait que cette nomination ou cette investiture d'un candidat passe de plus en plus par un vote populaire a pour conséquence la désignation de candidats qui sont connus et pas forcément de candidats qui sont compétents donc on a un appareil du parti républicain ou des appareils si on multiplie par le nombre d'états qui n'ont pas un rôle déterminant dans le choix du candidat et c'est ça aussi qui fait le succès de Donald Trump il ne faut pas oublier qu'il a été un homme d'affaires très connu de la jet set et connu pour ses frasques sexuelles parmi d'autres il a eu aussi beaucoup d'affaires aux civils avant de rentrer en politique et il a été une star de la télé-réalité pendant 10 ans il a été sur un show qui s'appelle The Apprentice dont il a d'ailleurs rappelé l'existence récemment en disant Joe Biden you're fired

34:08
Invité

c'était la formule quand il sortait un candidat avec une brutalité

34:12
Locuteur non identifié

oui mais ça ça sonne comme une référence que les gens comprennent donc Donald Trump a une grande force c'est que les gens le comprennent donc c'est un langage qui bien sûr pour des catégories éduquées semble vraiment bas de plafond vulgaire etc mais il est en contact avec l'électorat populaire et Donald Trump joue vraiment sur cet anti-establishment malgré le fait qu'il ait fait une grande école de commerce la Wharton School il a complètement fait oublier qu'il était le produit d'une grande école et l'héritier d'une fortune immobilière oui et d'une fortune et d'une fortune familiale donc c'est un héritier qui a fait une grande école mais qui par son discours et son style a réussi à faire oublier le fait qu'il était pas un patricien au sens des Bush ou des Clinton mais quand même quelqu'un qui faisait partie de la haute société américaine et ça c'est une grande force

35:08
Invité

et désormais il contrôle l'appareil du parti républicain au point vraisemblablement de faire nommer sa belle-fille

35:15
Locuteur non identifié

à la tête oui effectivement alors ce qu'on a vu ces derniers jours ces dernières semaines c'est vraiment un certain nombre de tours de force de la part de Donald Trump qui a réussi à placer sa belle-fille donc à l'un des postes clés de direction du parti républicain il a aussi réussi à on va dire obtenir ou en tout cas à bénéficier du retrait d'un certain nombre de ses concurrents la configuration du super Tuesday est très favorable à Trump pour plusieurs raisons notamment qui ne sont plus que deux donc souvenons-nous qu'au moment des primaires de l'Iowa ils étaient encore quatre et s'ils étaient toujours quatre dans la course la configuration serait particulièrement défavorable à Trump puisque dans un certain nombre d'états on a une règle d'attribution des délégués qui fait que si on dépasse 50% des suffrages on remporte la totalité des délégués et pas un chiffre proportionnel et c'est le nombre de délégués il y a un certain pourcentage il faut 1215 délégués pour s'assurer de l'investiture à la convention du parti républicain cet été donc dans une configuration à deux avec en plus en face une Niki Ely qui joue la sécurité qui ne veut pas attaquer très très frontalement Donald Trump elle dit des petites choses mais elle a encore dit hier je ne suis pas anti-Trump donc elle ne va pas dans la constitution d'une coalition anti-Trump ouvertement et elle compte sur les votes des indépendants des non-affiliés et de quelques démocrates qui pourront voter dans les primaires ouvertes ça aussi autre règle importante dans le schéma du Super Tuesday Ely mise sur les primaires ouvertes c'est à dire dans les états où il n'y a pas de registres électoraux tout le monde peut voter à une primaire pour autant qu'il n'ait pas voté à l'autre primaire donc il peut voter aux primaires républicaines s'il n'a pas voté aux primaires démocrates et Niki Ely mise vraiment là-dessus mais les sondages ne sont pas excellents je pense que 40% des scores qu'elle a fait pour l'instant sont le meilleur qu'on peut attendre d'elle elle joue

37:30
Invité

elle joue sur l'avenir elle sait bien à ce stade qu'elle ne sera pas la candidate de son parti sauf si il arrive malheur à Donald Trump d'ici novembre mais en tout cas pour revenir brièvement sur le dossier judiciaire il y a dès le 25 mars une affaire pénale à nouveau et c'est disons la plus vulgaire puisqu'il s'agit de Stormy Daniel donc cette dame star du porno dont Donald Trump à en croire son propre avocat qui depuis l'a trahi a acheté le silence pour qu'elle ne nuise pas à sa carrière politique et il y a cette autre affaire parce qu'on est quand même au pays des séries et d'Hollywood l'affaire de Géorgie qui était en fait la plus grave parce que là c'est pas fédéral mais c'est beaucoup plus lourd en termes de sanctions et là c'est la procureure qui a manifestement une liaison malvenue avec le juriste qu'elle a elle-même nommé pour accabler Donald Trump donc bref il y a deux affaires qui restent au pénal et là aussi Donald Trump a de fortes chances

38:56
Locuteur non identifié

de s'en sortir donc pour récapituler vous aviez raison tout à l'heure il y a bien 91 chefs de mise en examen au pénal certains pour deux affaires fédérales les autres pour deux affaires étatiques New York et la Géorgie les deux affaires fédérales sont plus ou moins bloquées pour le moment à cause des manœuvres dilatoires de Donald Trump pour Washington D.C.

c'est la Cour suprême et l'immunité pour la Floride c'est la juge qui est très très favorable à Trump qui à chaque fois statue en sa faveur il faut dire qu'elle a été nommée par Trump elle fait partie de ce lobby la Federalist Society très à droite et donc à chaque fois que le camp Trump demande quelque chose elle a tendance à statuer pour le temps hier une audience de la journée entière le matin le procureur spécial disait j'aimerais bien que ça commence en juillet et le camp Trump disait non non après l'élection l'après-midi le procureur spécial disait j'aimerais bien l'anonymat pour les témoins parce qu'il y a un historique de harcèlement et le camp Trump disait pas du tout pas du tout et la juge a dit je vous donnerai ma réponse dans 15 jours donc le niveau fédéral il ne se passe rien pour le moment donc les espoirs de ceux qui se disaient peut-être Trump sera-t-il arrêté un jour sont maintenant entre les mains New York qui est l'affaire vous avez raison la plus légère une sombre histoire de son avocat à payer 130 000 dollars ce n'est pas non plus pour acheter le silence de la star du porno mais l'avocat en question Michael Cohen s'est fait rembourser en honoraire donc il y aurait une violation et peut-être aussi une violation de la loi sur la campagne électorale le problème c'est que donc la première affaire qui va venir devant un juge devant des jurés parce qu'il y aura des jurés alors des jurés qui seront très hostiles à Trump parce que c'est Manhattan il n'y a pas beaucoup de pro-Trump à New York mais c'est la plus légère et donc cette stratégie de victimisation de Trump c'est une chasse aux sorcières on m'empêche de faire campagne etc.

va jouer à plein parce qu'effectivement les charges sont très légères alors que si le premier procès qui avait eu lieu c'est Washington DC avec l'assaut et l'obstruction à la certification des résultats cela donnait une tournure bien préférable la Géorgie et je finis là-dessus ça aurait été très très bien parce que comme c'est une affaire étatique s'il y avait un verdict de culpabilité le droit de grâce fédéral ne peut pas s'appliquer donc

41:17
Invité

et donc Trump s'il est élu ne pourrait pas s'auto-amnistier mais Laurie Kenton venons-en aux préoccupations des électeurs ceux qui se dérangent pour aller voter dans les primaires dans les deux camps donc il faut toujours rappeler que c'est dans chaque camp que se déroulent ces primaires que disent les sondages au niveau national s'agissant du duel Biden-Trump que disent les tout derniers sondages

41:49
Présentateur

alors les sondages actuels au niveau national sont à prendre avec d'énormes pincettes parce qu'il y a deux choses c'est qu'ils sont extrêmement imprécis parce que rien ne se joue au niveau national mais tout se joue dans les états et deuxième chose les sondeurs se sont tellement plantés qu'ils ont tendance à surcompenser les chiffres qu'ils ont sur Trump pour éviter de se tromper le problème c'est qu'ils se trompent probablement dans l'autre sens notamment quand on voit un certain nombre quand on regarde un petit peu sous le capot qui est mon activité favorite on voit que par exemple parfois les jeunes sont ceux qui plébiscitent Trump le plus quand on suit la politique américaine avec un peu d'attention on peut s'étonner de ce genre de trouvailles alors ce qu'on voit de manière tout à fait objective c'est que Trump est systématiquement devant absolument partout quasiment ou à égalité et que parfois c'est dans la marge d'erreur mais enfin il est quand même devant il y a deux types de sondages il y a les sondages en face à face donc Trump Biden et il y a les sondages où on voit les autres petits candidats derrière notamment l'héritier Kennedy puis un certain nombre de dissidents à gauche qui grappillent un certain nombre de points qui grappillent un certain nombre de points aux deux mais essentiellement à Biden et donc on voit que Biden est encore plus derrière quand on regarde la véritable situation c'est à dire quand il y a un certain nombre de Jill Stein la candidate écologiste Cornel West qui est très à gauche et le fameux Kennedy qui prend un petit peu à tout le monde donc à l'heure actuelle la situation est très défavorable à Biden mais quand on regarde le temps qui reste ce qui peut se passer et si éventuellement les sondages ne sont pas un petit peu faussés en faveur de Trump cette fois-ci on se rend compte qu'on est en fait dans la marge d'erreur et que comme on l'a déjà dit à plusieurs reprises tout se jouera dans six états à dix mille voix près

43:35
Invité

dans six états à dix mille voix près et à un moment où les indicateurs de l'inflation en particulier pourraient s'améliorer alors que pour les consommateurs américains et surtout pour les automobilistes ça a été véritablement le mauvais point accordé à l'administration en place

43:58
Présentateur

en fait les consommateurs regardent le prix de l'essence le prix des oeufs le prix de ce qu'ils achètent dans les supermarchés et pas forcément les grandes données macroéconomiques c'est un petit peu le problème c'est que les journalistes voient qu'au niveau macroéconomique ça se passe quand même plutôt bien mais les électeurs ne le ressentent pas et c'est un petit peu le problème c'est que les gens ressentent également l'économie non pas forcément au supermarché ou à la pompe mais également avec leur biais politique c'est à dire que quand on demande aux républicains si la situation économique est bonne en octobre 2020 ils vous disent que oui parce que Trump est président en novembre 2020 Trump n'est plus président ils vous disent que c'est une catastrophe l'économie donc en fait la perception de l'économie n'est pas macroéconomique et elle est aussi très partisane donc là on a aussi beaucoup de gens on va voir également dans les 6 mois à venir si c'est pas seulement la question de l'inflation mais si la Fed baisse les taux d'intérêt ce que pour l'instant elle est très prudente là-dessus et là à ce moment-là il pourrait y avoir un mécanisme qui aurait un impact mais assez modéré et assez lent sur les perceptions et ces perceptions pourraient à ce moment-là si elles s'améliorent jouer en faveur de Biden très modérément mais c'est ce qui peut suffire à Biden

45:12
Invité

mais il y a un sujet qui semble dominer les préoccupations des électeurs des deux bords c'est l'immigration une immigration qui l'année dernière une immigration illégale qui a véritablement fait un bond considérable on a vu jeudi les deux candidats Trump à un bout de la frontière du Texas-Mexique et Biden à l'autre bout pour prouver à quel point l'un et l'autre s'en préoccupent le problème c'est que Biden est président en exercice et que son administration a manifestement très mal géré cet enjeu-là et ça pèse aussi

45:51
Présentateur

il y a deux choses il y a ce que en fait on est dans un système de séparation des pouvoirs où l'exécutif donc le président et un certain nombre d'agences fédérales peuvent faire un certain nombre de choses de manière plus ou moins unilatérale mais ils ne peuvent le faire que s'ils ont le personnel pour faire ça et le personnel ils ne peuvent pas le fabriquer c'est à dire qu'il faut qu'il soit payé et pour payer des juges des gardes frontières etc il faut de l'argent accordé par le Congrès le Congrès ne fait rien notamment parce que là il y avait eu un accord sur un projet de loi qui pouvait donner plus de pouvoir à Biden mais qui a été bloqué par les républicains qui ont le petit doigt sur la couture du pantalon parce que Trump a dit surtout pas d'accord parce que pour moi ça veut dire que l'immigration n'est plus un problème et donc j'ai une carte en moins à jouer donc Trump joue toujours la stratégie du chaos il ne faut pas que Biden puisse obtenir une victoire bipartisan au Congrès qui serait un argument majeur pour Biden regardez un j'arrive à faire des choses deux j'arrive à faire des choses avec les républicains que demande le peuple Trump ne veut surtout pas qu'il y ait non seulement une victoire au Congrès mais en plus que l'immigration soit en partie en voie de résolution et donc il ne se passe rien Biden peut faire un certain nombre de choses mais c'est quand même relativement limité et là il a choisi d'accélérer un petit peu parce qu'il se rend compte contre son parti également c'est ça qu'il faut souligner c'est que oui il y a un problème et oui il va falloir faire quelque chose

47:22
Invité

Anne Désine il y a une décision de la Cour suprême de l'Alabama qui pose problème côté républicain ou qui peut jouer en faveur du camp démocrate puisque cela concerne l'avortement ou plus exactement l'insémination artificielle et on a vu dans des élections partielles que la question de l'avortement pour les femmes bien évidemment et même côté républicain reste une question extrêmement sensible et qui peut nuire

48:02
Locuteur non identifié

au candidat républicain alors petit retour en arrière en 1972 la Cour suprême déclare un droit fédéral à l'avortement ça permet à la droite religieuse de se mobiliser pendant 50 ans et grâce aux trois juges nommés par Trump et la Federalist Society ils obtiennent gain de cause dans la décision Dobbs qui dit c'est aux états de décider et qui se lavent les mains en disant comme cela tous les problèmes vont disparaître en fait cela ouvre la porte à de multiples autres problèmes et cette décision de l'Alabama c'est juste une continuation de dire les œufs non fertilisés enfin les embryons congelés sont des enfants et donc

48:39
Invité

ils ont une personnalité juridique

48:41
Locuteur non identifié

et donc tous les états dont l'Alabama qui ont une loi pour protéger les enfants il peut y avoir des actions en justice contre les cliniques de fertilisation in vitro et ça a gelé immédiatement toute l'activité in vitro d'où panique des républicains parce que évidemment les démocrates s'en sont emparés et donc dans l'Alabama il y a déjà le congrès de l'Alabama qui essaie de voter un texte qui ne tiendra pas sur le plan ni juridique ni logique en disant on autorise in vitro mais que va-t-on faire des embryons non utilisés etc donc la Cour suprême lorsqu'elle a mis fin à ce droit un petit peu général à l'avortement a créé de multiples problèmes c'est un des sujets qui peut bénéficier aux démocrates comme par le passé

49:21
Invité

avant d'en revenir avec vous Laurie Kenton et Elisa Schell au mois qui vont nous amener jusqu'au scrutin final donc le 5 novembre prochain Alexandra vous nous disiez tout à l'heure que Israël-Gaza pèse extrêmement lourd sur l'administration en place vous disiez même que cela pourrait faire perdre Joe Biden qu'en est-il de la guerre en Ukraine où là le consensus semble plus général même si ça n'a pas l'air de préoccuper l'opinion publique au sens large oui

50:05
Locuteur non identifié

alors il y a un lien du coup à faire aussi sur le dossier migratoire parce qu'en fait aujourd'hui le paquet d'aides américaines à l'Ukraine qui s'élève à 60 milliards de dollars est aujourd'hui prise en otage par la question migratoire c'est-à-dire que le Sénat l'a fait passer ce paquet maintenant c'est coincé à la chambre des représentants qui a comme chef donc speaker un Trumpiste Mike Johnson qui est donc téléguidé à distance par Trump lui-même et qui dit je ferai passer éventuellement le paquet d'aides si Biden s'engage à muscler encore plus sa politique migratoire notamment à la frontière mexicaine et donc c'est pour ça qu'il faut comprendre aujourd'hui que ce soit Gaza ou l'Ukraine c'est à la fois des sujets de politique étrangère certes mais avant tout de politique intérieure américaine

50:55
Invité

et c'est là où les propos du président français lundi dernier à l'issue de cette conférence très utile pour exprimer le consensus des alliés des alliés s'agissant du soutien à l'Ukraine cette petite phrase disant en dynamique en dynamique il faut envisager éventuellement non pas l'envoi de soldats il faut être précis dans ce que Emmanuel Macron a exprimé ce jour-là mais l'envoi possible en fait d'une assistance militaire sur le terrain

51:27
Locuteur non identifié

une présence militaire là

51:29
Invité

ça embarrasse fortement la maison blanche

51:32
Locuteur non identifié

oui parce que la posture de Biden depuis le début alors lui on se souvient c'est lui qui a en fait mis en oeuvre d'abord le retrait des forces d'Afghanistan fin 2021 et dans quelles circonstances chaotiques et donc lui il veut pas que son héritage ce soit une implication dans une nouvelle guerre et donc son moto son slogan depuis le début c'est no boots on the ground donc pas de soldats sur le terrain or moi je pense que stratégiquement d'afficher sans arrêt publiquement ce qu'on ne va pas faire n'est absolument pas dissuasif aux yeux de Poutine et donc là après deux ans d'où je pense aussi l'importance de cette conférence sur l'Ukraine à Paris qui a accueilli le président Macron c'était de faire un bilan urgentissime parce que la situation sur le terrain n'est pas du tout en faveur aujourd'hui de l'Ukraine le vent tourne et puis il y a très clairement une crainte d'élargissement de cette guerre notamment via Kaliningrad entre la Pologne et la Lituanie qui est une énorme préoccupation des tentatives de déstabilisation russe de la Moldavie ou de pays membres de l'OTAN alors ce qui est extrêmement intéressant aussi c'est de voir la réaction allemande parce que l'Allemagne ça fait plus d'un an qu'elle réfléchit à ses scénarios également donc il n'y avait en fait aucune surprise sans doute ça a été très maladroitement comme parfois c'est le cas avec notre président exprimé mais il a exprimé quelque chose qui est en fait discuté au plus haut niveau des cercles politiques et des états-majors en Europe et aux Etats-Unis depuis plus d'un an et demi et là après deux ans dans le contexte où nous nous trouvons aujourd'hui en Ukraine il est urgent de repenser notre engagement effectivement et peut-être d'envisager un engagement qui soit plus direct

53:21
Invité

mais c'est là c'est là évidemment où un Joe Biden en campagne électorale ne peut pas en dire plus d'autant et ce sera pratiquement le mot de la fin et pardon parce qu'évidemment on pourrait discuter tous ensemble pratiquement jusqu'au 5 novembre sans discontinuer mais c'est là et j'aimerais qu'on termine là-dessus c'est là où le rôle de la désinformation qu'elle soit prioritairement russe ou chinoise devient de plus en plus préoccupant dans nos démocraties et d'abord dans la démocratie américaine Elisa ou Laurique l'un de vous deux malheureusement pas tous les deux nous on n'a plus le temps

54:03
Locuteur non identifié

oui sur la désinformation comme disait Laurique tout à l'heure les mensonges et les fausses nouvelles ne sont pas du tout le fait des réseaux sociaux de toute façon dans une démocratie on a toujours cette tension entre le nombre et la raison et le nombre est pour l'instant du côté de Trump et Biden essaye d'apparaître du côté de la raison mais pour gagner une élection il faut quand même être aussi présent du côté du nombre dans un certain nombre d'états du nombre et de l'émotion

54:42
Invité

qui est devenue

54:43
Locuteur non identifié

partout par la force de l'image de toute façon la politique n'est pas un exercice rationnel pour ceux qui la vivent on n'est pas dans une situation d'un peuple où tout le monde a bac plus 8 et disserte doctement sur la politique la politique elle est d'abord abordée de manière et ça c'est dans toutes les démocraties de cette manière elle est d'abord abordée de manière esthétique sentimentale c'est un ressenti et les responsables politiques doivent jouer avec un rapport irrationnel à la politique là où effectivement le jeu se complexifie c'est qu'on sait que les russes et les chinois sont à l'oeuvre pour produire un certain nombre de fausses nouvelles et d'essayer de faire basculer certaines opinions dans certains états on se souvient des mails par exemple des prod boys d'intimidation qui avaient été envoyés lors de la dernière campagne mais ce scrutin je pense sa particularité c'est qu'il ne sera pas tant un référendum sur le président sortant ce qui est normalement le cas mais il sera un référendum sur Donald Trump et en ce sens les sondages qui ont été évoqués qui donnent Trump sont plutôt favorables aux démocrates qui ont intérêt à ce que les procès peut-être n'interviennent pas trop tôt au moment des primaires mais peut-être un peu plus tard dans l'année ou en tout cas un certain nombre de décisions si elles pouvaient intervenir peut-être entre l'été et novembre ça serait intéressant pour eux ils ont tout intérêt à affronter un Trump qui est quand même très fragilisé qui clive et qui n'a pas le vote des indépendants et des modérés donc c'est plutôt une chance pour espérer revoir passer un Joe Biden qui effectivement affaiblit par l'âge et qui ne gagne pas en charisme avec les années un désigne un mot mais vraiment un mot sur les réseaux sociaux parce que le problème c'est qu'aux Etats-Unis les réseaux sociaux sont complètement protégés ils sont irresponsables en raison d'une section la section 230 d'une loi de 1996 donc ils peuvent s'ils ne font pas d'autorégulation laisser se protéger propager les pires nouvelles et c'est dans cette brèche que s'est engouffrée la Russie en 2016 et on ne sait pas si elle va recommencer de même que les Chinois en 2024 Laurie Kenton d'un mot qu'est-ce qui pourrait

57:03
Invité

modifier le cours de cette campagne électorale américaine d'ici le 5 novembre

57:09
Présentateur

Taylor Swift

57:10
Invité

et bien on en reparlera ensemble Taylor Swift d'autant qu'elle va se produire en France à Lyon je crois et à Paris au mois de mai on en reparlera ensemble nous sommes arrivés à la conclusion extrêmement provisoire de cette conversation et donc je vous remercie je commence par vous Alexandra il est évident qu'on a besoin de parler davantage encore des conséquences à la fois de l'Ukraine et de Gaza et cela va nous mobiliser dans les semaines qui viennent je rappelle que vous avez participé à cet ouvrage collectif qui est paru en 2022 l'Ukraine première guerre mondialisée aux éditions Philippe Ré et vous allez publier dans le quotidien Le Monde un papier très attendu sur précisément les réactions des alliés européens et américains au propos du président français sur l'envoi de troupes de l'OTAN au sol en Ukraine Elisa Schell vous allez vous on va vous faire de la pub tenir une conférence publique dans le 15ème arrondissement de Paris la démocratie américaine est-elle en danger au patronage laïque vous ne savez pas que ça existait Laurie Kenton vous êtes un grand spécialiste de la musique américaine et vous avez co-écrit avec Julien Grosso Rock'n'Roll Trip les Etats-Unis en mille chansons de l'Alabama au Wyoming hors collection en septembre 23 c'est une très bonne idée et bien sûr Andezine je recommande le prochain numéro de l'Hebdo 1 qui sort mercredi prochain où vous signez un papier consacré à cette question la justice peut-elle être un obstacle être encore un obstacle pour Trump à la réalisation Luc-Jean Reynaud à la technique Noé Chaban je remercie Merci Anesic chez la documentation de Radio France et tout de suite Nora Amadi sous les radars