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AutreFrance Inter — Le grand face-à-face (sur Site radio)· 5 février 2022 54 minContradictoireMixte

Quelle politique pour la jeunesse ? avec Camille Peugny

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0:09
Présentateur

Merci d'écouter le Grand Face à Face de France Inter. Heureux de vous retrouver. Les piliers de l'émission sont à mes côtés, Natacha Polony et Gilles Finkelstein. Et ils sont prêts pour le duel. Ce sera dans un instant avant le débat du samedi. Quelle politique pour la jeunesse ? Génération désenchantée, vous l'entendiez jeudi matin dans la matinale d'Inter. Génération surtout fracturée par les inégalités, exposée plus que les autres à la précarité. C'est le constat que fait le sociologue Camille Peuny dans un essai qui vient de paraître aux éditions du Seuil et où il cherche à imaginer une politique de la jeunesse.

Et si c'était à l'État plus qu'aux familles de prendre en charge la jeunesse pour l'accompagner vers l'âge adulte, vers l'autonomie surtout, aider le plus grand nombre à trouver leur place dans la société. J'avais 20 ans, je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. On en débat tout à l'heure avec le sociologue Camille Peuny. Mais tout de suite, le duel.

1:07
Locuteur non identifié

France Inter Le grand face à face Ali Badou

1:13
Présentateur

Le duel entre la directrice de Marianne, Natacha Polony, le directeur de la fondation Jean Jaurès, Gilles Finkelstein. Salut les amis ! Bonjour ! Heureux de vous retrouver et je suis vraiment très content de vous avoir mis la chanson Génération Désenchantée dans la tête. Merci ! Je sais que vous m'en voudrez pendant longtemps et en tout cas pendant au moins 24 heures. On va commencer avec le sujet qui fait scandale et qui concerne aussi le problème des âges de la vie et on va en débattre dans un instant. Mais d'abord, la ministre de l'Autonomie, Brigitte Bourguignon.

1:47
Invité

Je leur ai bien expliqué, d'abord notre colère, ma colère, mon émotion et surtout qu'ils avaient peut-être des actionnaires à rassurer mais moi c'était des gens que je dois rassurer, des résidents, des familles qui sont inquiètes et des professionnels qui ont beaucoup souffert de ces techniques. Et en face de vous, vous aviez deux hommes quoi, qui niaient tout ? Tout. Et puis, qui ne se remettent pas en question en tout cas et qui ont l'air de dire qu'ils ont des explications pour tout.

2:13
Présentateur

Brigitte Bourguignon, donc ministre de l'Autonomie, c'était mercredi matin sur LCI et elle revenait évidemment sur Orpea, le scandale Orpea dans un livre-enquête publié il y a maintenant quelques semaines. Le journaliste Victor Castané accusait ce groupe spécialisé dans l'hébergement des personnes âgées de rationner les soins d'hygiène. Il s'en prenait également à la prise en charge médicale qui ne pensait qu'à la rentabilité de l'entreprise. Mardi, donc, la ministre annonçait l'ouverture de deux enquêtes administratives avant de recevoir les dirigeants du groupe. Qu'est-ce que vous pensez de cette histoire, Gilles ?

2:51
Intervenant

Il y a le scandale Orpea, le scandale de la réaction des dirigeants d'Orpea que vient d'évoquer Brigitte Bourguignon et qui, de fait, a été consternante. Le scandale surtout de la financiarisation débridée de ce groupe dont ont été mis au jour des pratiques à la fois de marge, y compris sur des produits remboursés par la Sécurité sociale, de, non pas de rationalisation, mais de rationnement des dépenses. Donc, il y a ça. Le risque est qu'une nouvelle fois, on ait une émotion épisodique, comme on en a eu en 2005 avec les morts de la canicule, comme on en a eu en 2020 avec les morts des EHPAD pendant la pandémie.

Et puis que tout ça s'efface parce que ça fait maintenant des années que l'on est face, comme le déni climatique, face à un déni démographique. On a une transition majeure dont on sait qu'elle est devant nous et qu'on ne veut pas regarder. Natacha ? Oui, je prolonge ce que dit Gilles. Il serait dommage de voir là un débat immédiat où les coupables vont payer, mais momentanément, ce qui n'empêchera pas ces grands groupes, car Orpea n'est pas le seul, de reprendre leur politique de bénéfice absolument effarante, avec en effet des pratiques qui sont particulièrement choquantes et qui, pour certaines, s'apparentent à de la fraude.

Simplement, la question derrière est celle du financement du grand âge. Il y a des pays où la prise en charge du grand âge et de la dépendance est uniquement publique. où ça ne relève pas de la financiarisation. Et ça nécessite pour cela, en effet, d'affronter réellement la question du financement. Le financement doit-il être individuel ou collectif ? Le financement doit-il se faire par, par exemple, un élargissement de l'assiette, de la CSG, par une prise en charge plus grande par la création, enfin de toute cette cinquième branche de la sécurité sociale, avec une réflexion sur la façon dont on abonde cela ?

Je pense que, et à côté de ça, vous avez actuellement, et depuis longtemps, en fait, des assurances qui réfléchissent à ce qu'elles peuvent faire, elles. Mais ça pose des problèmes majeurs. Par exemple, si on individualise ça, si en effet ce sont les assurances privées qui prennent en charge ça, on va se retrouver avec un bouleversement, par exemple, dans la transmission des biens, c'est-à-dire l'usage du viagé pour financer cela. Du coup, vous avez de moins en moins de transmissions aux générations suivantes. Il faut anticiper tout ça, ça change beaucoup de choses. J'ajoute juste un point.

5:45
Présentateur

D'un mot, oui.

5:46
Intervenant

D'un mot. La question, c'est celle de l'emploi. On ne peut pas financer par la puissance publique le grand âge s'il n'y a pas suffisamment de cotisations, donc s'il n'y a pas d'emploi. On en revient toujours au même point. L'emploi, notamment l'emploi industriel, c'est ce qui permet de financer tout cela. Gilles, effectivement, la question est celle du financement. Je crois que la mauvaise question, c'est celle dans laquelle on sait, comme souvent dans ce pays engouffré, qui est la nature publique ou privée de ces établissements et une nouvelle fois la question de la nationalisation. Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne question. Pourquoi ?

Aujourd'hui, les EHPAD, les établissements privés représentent un peu plus de 20% de l'ensemble. Est-ce que dans les 50% d'EHPAD public, c'est le bonheur d'un côté et le malheur de l'autre ? Personne ne peut penser ça. Est-ce que, mieux encore, on peut penser qu'il y aurait eu 130 000 lits supplémentaires construits dans les 20 dernières années s'il n'y avait pas eu ces financements privés ? Sans doute pas. Et jusqu'où va-t-on aller ? De la même manière, on dit 50% du financement de ces EHPAD privés sont des financements publics. 90% du financement des cliniques privées sont des financements publics. Est-ce qu'on va tout nationaliser ?

Donc, je ne suis pas sûr que ce soit ça la bonne question. Quelles sont pour moi les bonnes questions ? Je disais tout à l'heure, parmi les choses les plus certaines, il y a la démographie. Quand on regarde la démographie, la première question, celle qui est pour nous, dans la décennie qui vient, ce n'est pas celle de la dépendance, c'est celle du vieillissement. Le nombre de personnes de plus de 85 ans ne va pas augmenter dans les 10 prochaines années. Ce qui va exploser, c'est le nombre de personnes de 75 à 85 ans. Et eux, leur problématique, c'est bien vieillir. La question de la prévention, ce n'est pas la question de la dépendance. C'est comment on fait pour adapter leur logement.

C'est comment on fait pour adapter les transports. C'est comment on fait pour adapter la ville. Comment on fait pour éviter que 10 000 personnes meurent chaque année par des chutes. Donc, c'est ça la question, la première question de côté. Et puis, il y a la question d'après, qui est celle de la dépendance. Parce que ces personnes qui vont avoir de 75 à 85 ans dans la décennie qui viennent, ils auront 85 ans dans la décennie suivante. Et ça, il faut anticiper. Et là, il y a une question de financement. On sait, c'est tout à fait documenté de combien on a besoin. En gros, 10 milliards d'euros supplémentaires en 2030. 1 milliard de plus chaque année. C'est beaucoup. Ce n'est pas considérable.

Ce n'est pas insurmontable pour un pays comme le nôtre. Et par contre, ça, il faut le programmer. Parce que ça veut dire qu'il faut recruter, qu'il faut former. J'ajoute encore un tout dernier mot, si c'est possible. Oui, d'un mot. Juste un mot.

8:38
Présentateur

Il y a une autre chose. Parce que vous parlez peu du cynisme. Vous parlez des structures, du financement, de la capitalisation, de la financiarisation, de la prise en charge des personnes les plus âgées en perte d'autonomie. Mais là, en l'occurrence, on est aussi face à une question morale, quasiment éthique, non ?

8:54
Intervenant

Évidemment, on est face à une question éthique. On est d'autant plus face à une question éthique que ce sont, je l'ai dit au début, des choses qu'on ne veut. On met la vieillesse, la grande vieillesse, le grand âge, la mort, de plus en plus à distance dans nos sociétés. C'est des choses qu'on ne veut pas regarder. Mais je termine d'un mot par ça. Il faut aussi penser ce que sont ces établissements de demain. Parce que ceux qui vont aller dans ces EHPAD dans 10 ans, ce seront les 68A. Ce sera ceux qui écoutaient les Stones, et pas ceux qui écoutaient Miss Tinguette. Ce ne sont pas les mêmes.

Ça veut dire qu'ils ont besoin davantage de liberté et d'autonomie que n'en ont aujourd'hui les personnes qui sont dans ces établissements. Ça veut dire qu'il faut les penser non pas comme des résidents, mais comme des habitants. Que les espaces individuels, ça ressemble plus à un appartement qu'à une chambre. Et donc là aussi, c'est des choses qu'il va falloir anticiper. Il y a eu une note de Jérôme Gage et de Luc Broussy, le nursing tank matière grise, comment on fait pour repenser ces bâtiments-là. Je crois que c'est ces réflexions-là qui doivent être au cœur de cette campagne présidentielle si on veut, pour une fois, parler du fond.

Je suis entièrement d'accord avec tout ce que vient de dire Gilles. La seule nuance, mais c'est d'ailleurs celle qu'il a soulevée, c'est sur la question... Mais rapidement, c'est celle sur la question du public privé. Parce que je suis d'accord que ce n'est pas merveilleux dans le public et abominable dans le privé. En revanche, l'argent qui est accumulé par des groupes qui maintenant appartiennent au CAC 40 et qui constituent les plus grosses fortunes, cet argent-là pourrait être réintroduit dans le bien commun. Et c'est là où est le sujet. C'est-à-dire que... Mais pour ça, il faut que l'État puisse financer cela.

Et pour qu'il puisse financer, je le souligne, il faut le financer par le travail, donc par la production. Et c'est là qu'on va pouvoir réintroduire tout ça dans le système et créer des emplois qui ne soient pas des emplois précarisés, qui ne soient pas des emplois non financés parce que les gens qui vont rester à domicile ont besoin d'aide à domicile et ils ont besoin que ces aides à domicile aient un statut. Ça va avec.

11:01
Présentateur

Et les âges de la vie sont une question éminemment politique et nous aurons donc tout à l'heure l'occasion de débattre de la jeunesse. Le duel continue sur Inter.

11:09
Locuteur non identifié

Le grand face-à-face. Le duel. Le problème de la police, c'est une justice laxiste. Je pense que vous êtes aux premières loges d'un combat de civilisation. C'est-à-dire que vous n'avez pas à faire seulement face à des délinquants. Vous êtes aux premières loges d'un conflit de civilisation. Vous êtes donc agressé en permanence car vous représentez l'État. Vous représentez la France. Et derrière vous, c'est l'État et la France que l'on attaque.

11:40
Présentateur

Éric Zemmour qui s'exprimait devant les forces de l'ordre mercredi. C'était lors de son intervention pendant le grand oral de la sécurité organisé par le syndicat de police alliance. Il s'est également prononcé sur la théorie du grand remplacement qu'il défend. Et il disait aux forces de l'ordre qu'elles étaient aux premières loges d'un conflit de civilisation qui s'est étendu sur notre sol. Vous vouliez y revenir l'un et l'autre. Qu'est-ce qui vous a intéressé dans ce sujet-là et dans cette manière en tout cas de s'en emparer ?

12:11
Intervenant

Les propos qui ont été tenus par Éric Zemmour à cette occasion sont assez hallucinants. Il faut quand même le dire.

C'est-à-dire que qu'on fasse le constat qu'il y a une violence notamment dans certains quartiers qui relèvent d'une violence territoriale dans la mesure où on a des caïds qui se sont appropriés un territoire et qui mettent en place une forme de gestion clanique sur ces territoires ça on en fait je pense que beaucoup de gens en font le constat et qu'en effet il y a de ce point de vue-là la vision des forces de l'ordre comme j'allais dire comme le clan opposé donc ça c'est quelque chose qu'il faut traiter mais transformer ça comme il le fait en un conflit de civilisation en expliquant parce que c'est pas dans l'extrait qu'il y a en gros ceux qui font le djihad à l'étranger et ceux qui font le djihad ici et que c'est ça le problème de la sécurité dans les banlieues c'est quand même on franchit un autre pas mais bon c'est une vision qui a été présentée lors de cette manifestation dont il faut souligner que c'était donc un syndicat de police qui est le syndicat majoritaire chez les gardiens de la paix mais qui ne représente pas la police et qui avait choisi donc de ne pas inviter Jean-Luc Mélenchon par exemple et les candidats de gauche avaient choisi de ne pas y aller parce que comme l'a dit Fabien Roussel dans un commentaire non officiel c'est comme le crocodile qui rentre dans une maroquinerie il a toutes les chances de terminer en sac à main donc quel intérêt voilà

13:50
Présentateur

en revanche Valérie Pécresse Marine Le Pen et Éric Zemmour donc ils sont allés

13:55
Intervenant

oui en effet ils y sont allés et ils ont délivré chacun une vision au moins ça clarifie certaines choses mais je pense qu'il y a là une surenchère de la part d'Éric Zemmour une fois de plus qui est en train de le positionner d'ailleurs il suffit de voir le commentaire de Marine Le Pen dans le Figaro hier pour comprendre ce qui est en train de se jouer quand elle explique que le zemmourisme est un communautarisme et qu'il y a chez Éric Zemmour des catholiques intégristes des païens et quelques nazis c'est à dire en gros tous ceux

14:30
Présentateur

des nazis

14:31
Intervenant

tous ceux qui étaient au rassemblement national il y a quelques années qui ont été nettoyés petit à petit c'est là c'est ça qui est intéressant ce qui se joue c'est que Marine Le Pen évidemment renvoie Éric Zemmour au front national ancienne version c'est à dire celui qui était diabolisé et qui n'avait pas vocation à gouverner puisque le message qu'elle essaye d'envoyer c'est qu'elle aurait vocation à gouverner on est là dans un jeu de dupe Gilles Finkelstein quand on regarde ce qui s'est passé disons depuis le début de l'année depuis du mois de janvier on est dans de la politique à l'ancienne des ralliements individuels une succession de ralliements individuels venant soit des républicains comme Pelletier soit du rassemblement national comme Gilbert Collin peut-être demain Marion Maréchal Le Pen soit d'autres comme d'autres endroits comme Philippe de Villiers de la démonstration de force il y a aujourd'hui même un gros meeting à Lille et puis une petite musique très classique sur Éric Zemmour serait sous-estimé dans les sondages en fait il y aurait une dynamique cachée mais que les sondeurs mettraient sous le tapis en réalité

15:43
Présentateur

d'où elle vient d'où elle vient cette petite musique

15:45
Intervenant

elle vient comme toujours de ses supporters qui voient qu'après la percée réelle qu'on avait analysée il y a eu une érosion il n'y a pas eu un affaissement qui a aujourd'hui une remontée petite mais qui n'a pas de dynamique et donc il faut essayer de créer ce mouvement avec cette petite musique deuxième chose si cette fois-ci on se rapproche du moment et de ce que vous venez d'évoquer moi ce qui me frappe Natacha disait les propos sont hallucinants moi je le trouve vraiment inquiétant parce qu'il y a une banalisation de la violence qui est un thème récurrent chez Éric Zemmour c'était vrai du thème de la guerre civile c'était vrai on l'a vu de la manière dont il jouait avec les armes c'était vrai implicitement dans ce qu'il disait aux policiers qui étaient une forme on vous dédouane par avance de tout dérapage et ça a été vrai ça n'a pas été évoqué de cette proposition qu'il a faite il y a quelques jours de modifier les règles de droit sur la légitime défense en les transformant avec ce qu'il a appelé la violence excusable

16:58
Présentateur

la défense excusable

16:59
Intervenant

dans laquelle il n'y a pas besoin de proportionnalité à la riposte donc tout ça est plus qu'hallucinant je crois que c'est inquiétant mais ça passe de manière maintenant il y a une forme aussi de banalisation d'Éric Zemmour et on y prête moins attention je termine juste d'une phrase Éric Zemmour va perdre je pense qu'il ne sera pas qualifié et si déqualifié il sera battu de loin c'est lui maintenant qui est le méchant c'est lui qui inquiète les français beaucoup plus que Marine Le Pen il y a eu une enquête de l'IFOP encore cette semaine donc il va perdre mais d'une certaine manière il a déjà gagné il a modifié la frontière du dissible et de l'indicible et il a enclenché la reconfiguration des droites on n'en a pas fini avec Éric Zemmour Natacha encore un mot en effet sur cette reconfiguration des droites c'est ça qui est en train de se jouer autour d'un paradoxe d'ailleurs c'est à dire que Éric Zemmour prétend effacer le cordon sanitaire qui existait entre la droite classique la droite de gouvernement et l'extrême droite et pour cela il réactive ce qu'il y a de plus radical dans l'extrême droite qui était la cause de ce cordon sanitaire il est là le paradoxe oui c'est assez paradoxal bien sûr mais tout simplement parce qu'il est sur cette ligne qui est une ligne identitaire et il part du principe qu'une part des électeurs de droite vont le rejoindre en tout cas ont en tête que même s'ils votent pour la droite de gouvernement pour la droite pour les républicains ils sont en train de basculer dans cette dimension identitaire et son but c'est uniquement de casser le positionnement du rassemblement national qui est un positionnement on va dire pour le dire rapidement populiste c'est à dire bloc populaire contre bloc élitaire et finalement en effet ce qui se prépare c'est la recomposition ceux qui rejoignent Éric Zemmour en quittant le rassemblement national ne croient pas qu'Éric Zemmour va faire mieux que Marine Le Pen ou a une chance de gagner il prépare la suite c'est à dire le moment où Marine Le Pen aura peut-être perdu sans doute même perdu sa troisième candidature sa troisième présidentielle et où finalement l'avenir ce sera la recomposition avec en toile de fond l'arrivée peut-être de Marion Maréchal mais en tout cas une façon de repenser de casser le Front National c'est ça qui est en train de se jouer de casser une part de LR sachant que l'avantage aussi d'Éric Zemmour il est pour Emmanuel Macron pourquoi ?

parce que en fait Éric Zemmour en réactivant cette figure du méchant permet aussi de remobiliser une part des gens de gauche non pas pour le vote de gauche mais pour un vote macroniste de barrage alors même qu'on sait en effet comme le dit Gilles que Éric Zemmour ne gagnera pas

19:43
Présentateur

Gilles acquiesce mais alors s'il sait qu'il ne gagnera pas ça veut dire qu'il joue le coup d'après les législatives ou à un horizon politique en tout cas au-delà de l'élection présidentielle de 2022 Gilles oui oui c'est au moins très clair

19:57
Intervenant

le duel

19:59
Présentateur

continue

19:59
Locuteur non identifié

le grand face à face le duel il y a incontestablement une très grave crise politique avec le Mali ce régime a décidé entre autres de renvoyer notre ambassadeur c'est pas simplement un problème franco-malien c'est un problème du Mali de la lutte contre le terrorisme internationale

20:24
Présentateur

la question du Mali qui s'invitait à l'assemblée au Sénat cette semaine avec un débat qui sera organisé au Parlement pour évoquer l'engagement militaire de la France des troupes françaises au Mali et plus généralement au Sahel il y a un contexte de crise diplomatique entre la France et le Mali vous venez d'entendre Jean Castex devant les sénateurs c'était mercredi également pourquoi il y a cette situation qui se durcit alors qu'il y a encore quelques mois Natacha il paraissait simple légitime de réfléchir aux relations à la présence française sur place

21:01
Intervenant

il y a une conjonction de facteurs d'abord il faut s'inquiéter de voir l'Afrique de l'Ouest renouer avec les putschs militaires et l'instabilité dans ce contexte là

21:13
Présentateur

il y a eu le Burkina Faso il y a encore quelques jours

21:15
Intervenant

dans ce contexte là la France a en fait une position complexe pourquoi parce que autant l'opération Serval en 2014 était plus que légitime elle avait un objectif précis elle fut une réussite militaire qui a permis de montrer que la France avait encore la capacité à projeter des troupes et il s'agissait d'empêcher tout simplement la chute de Bamako ce qui change la donne c'est l'opération Barkhane c'est à dire une opération qui n'a pas de but précis qui prétend pacifier l'ensemble de la zone sahélienne sans suffisamment de soutien des puissances alliées européennes notamment qui a un territoire grand comme l'Europe il faut le dire mais bien sûr sans intégrer suffisamment les pays du G5 Sahel pour permettre que tout cela soit pris en main par les pays d'Afrique c'est tout ça qui se joue avec une position de la France qui est une position d'ancienne puissance coloniale et ça doit être pris en compte c'est à dire qu'on ne peut pas continuer ce jeu où on va répondre à une provocation par une autre provocation en expliquant que c'est quand même scandaleux de traiter la France comme ça il faut prendre en compte la psychologie qui est celle de population qui considère la France comme l'ancienne puissance coloniale qui a des responsabilités d'autant plus que alors c'est vrai que c'est injuste parce que la France finalement ne se comporte pas plus mal que les puissances qui sont en train de prendre sa place en Afrique c'est à dire la Russie à travers la milice Wagner mais aussi la Chine mais aussi la Turquie mais aussi les pays du Golfe simplement il n'y a pas ce passif donc la France doit aujourd'hui

22:55
Présentateur

enfin il faut dire aussi que les populations locales ne sont pas consultées

22:57
Intervenant

non mais c'est bien le problème et il faut dire aussi que la France a trop souvent soutenu des régimes qui n'ont absolument pas pensé à leur jeunesse qui n'ont pas fait les réformes nécessaires donc il y a un contexte qui explique tout cela la France n'est pas coupable de tous les maux mais elle doit aujourd'hui réfléchir à tout simplement j'allais dire un retrait en bon ordre pour éviter un Kaboul c'est à dire pour éviter d'être dans la situation des américains à Kaboul et pour ensuite essayer de repartir sur des bonnes bases et de ne pas tout perdre face à d'autres puissances qui sont largement agressives en Afrique Gilles avant de passer au débat il y a eu l'élément déclencheur le plus récent a été le renvoi de l'ambassadeur de France au Mali il y a eu ce faux pas politique en réaction aussi bien de Marine Le Pen que de Valérie Pécresse disant qu'il fallait dans la foulée renvoyer l'ambassadeur du Mali en France qui pourrait paraître anecdotique le faux pas puisqu'il n'y avait plus d'ambassadeur ce qui est intéressant c'est depuis quand il n'y a plus d'ambassadeur du Mali en France parce que ça ne date c'est de 2020 mais ça ne date pas ça fait deux ans oui mais ça ne date pas du premier coup d'état c'est antérieur au premier coup d'état c'est à dire du temps de l'ancien président Keïta c'est dire que la dégradation des relations entre la France et le Mali sont maintenant très anciennes on est là dans une situation qui est à la fois très simple et très compliquée elle est très simple parce que la France est allée au Mali à l'appel des autorités maliennes dans le cadre d'une légalité à la fois africaine de l'OUA internationale de l'ONU aujourd'hui quoi qu'on pense des autorités maliennes elles demandent à la France de partir la France doit se retirer là où ça devient très compliqué c'est ce que disait Natacha c'est à dire à la fois le contexte les autres pays qui sont là et se retirer en bon ordre c'est à dire ne pas se retirer on ne peut pas se retirer immédiatement il y a plusieurs milliers d'hommes qui sont là tout ça s'organise et c'est sans doute quitter le Mali sans quitter le Sahel c'est ça qui doit être organisé après je termine juste d'un mot si on fait un petit zoom arrière mais comment quitter le Mali sans quitter le Sahel ?

non c'est rester au Sahel en quittant le Mali oui

25:15
Présentateur

mais c'est un pays gigantesque le Mali et qui occupe une bonne part justement de la zone sahélienne

25:20
Intervenant

oui mais il y a d'autres pays avec lesquels nous discutons et dans lesquels il serait possible sans doute d'aller je pense notamment au Niger dernier point cette fois-ci si on fait un petit zoom arrière il y a cette question classique des opérations extérieures on sait toujours comment on y va on ne sait jamais comment on en repart et enfin dernier mot le bilan d'Emmanuel Macron on voit qu'il s'est investi sur un certain nombre de sujets qu'il a pris des initiatives mais aussi bien en Algérie aussi bien au Liban aussi bien là au Mali on voit qu'il y a eu des difficultés à ce que tout cela se concrétise le risque est que les présidents de la république qui sont appelés par les français à rester en France se désinvestissent de l'international qui est décidément bien compliqué

26:12
Présentateur

à tout de suite le débat dans le grand face à face avec le sociologue Camille Peny

26:17
Locuteur non identifié

France Inter le grand face à face le débat

26:22
Présentateur

quelle politique pour la jeunesse je vous l'annonçais en ouvrant cette émission la pandémie de Covid-19 a révélé l'urgence de mieux prendre en charge cet âge de la vie elle a joué le rôle de révélateur un moment où l'on est davantage exposé à la précarité aux inégalités où le destin de chacune de chacun semble se jouer dans la grande compétition scolaire c'est quelque chose qu'on a pu constater donc depuis deux ans maintenant peut-on parler de génération sacrifiée à quoi pourrait ressembler une vraie politique de la jeunesse bonjour Camille Peny bonjour et bienvenue dans le grand face à face vous êtes professeur de sociologie à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines vous publiez pour une politique de la jeunesse c'est dans la collection république des idées aux éditions du Seuil on va débattre de cette politique de la jeunesse que vous appelez de vos voeux on est en pleine campagne présidentielle les candidats parlent beaucoup ou en tout cas assez régulièrement de la jeunesse et pourtant vous faites le constat Gilles n'a pas l'air d'accord avec moi mais il va en débattre avec vous mais vous faites le constat d'une absence de vraie politique de la jeunesse dans cette campagne on va en parler mais d'abord qu'est-ce qu'un jeune ?

27:38
Invité politique

oula redoutable question pour commencer alors il y a plusieurs façons de définir la jeunesse on peut essayer de chercher des marques biologiques ce qui est plus intéressant c'est d'essayer de voir justement au cours du cycle de vie quels sont les événements qui peuvent marquer l'entrée dans l'âge adulte puisque la jeunesse finalement c'est quelque chose qui s'étend aux confins de l'adolescence jusqu'à l'entrée dans l'âge adulte une réponse rapide c'est de vous dire qu'on pourrait considérer que c'est par exemple les 16-25 ans pourquoi ?

parce que 16 ans c'est l'âge de fin de scolarité obligatoire et 25 ans c'est l'âge auquel en France les jeunes deviennent pleinement citoyens parce que par exemple c'est l'âge auquel ils peuvent prétendre au RSA c'est-à-dire à la protection sociale commune donc on peut dire 16-25 on peut dire 16-30 si on considère que

28:19
Présentateur

16-30 ?

28:20
Invité politique

oui parce que

28:20
Présentateur

c'est le syndrome Tanguy pour reprendre le titre de ce film célèbre ?

28:24
Invité politique

oui c'est aussi parce qu'en fait l'âge moyen du premier CDI en France est aux alentours de 28 ans donc on peut considérer que quand on a un emploi stable

28:33
Présentateur

quelque chose que je dis en souriant parce qu'il y a de vraies questions sociales qui sont au coeur de votre livre mais être jeune c'est aussi faire la fête c'est l'âge de la découverte de la sexualité ce sont les premiers amours ce sont les découvertes de tous ordres en l'occurrence pourquoi est-ce que cette dimension-là est si peu présente quand on est pas seulement sociologue mais même homme ou femme politique et qu'on s'intéresse à cette génération ?

29:00
Invité politique

parce que pour pouvoir faire de la jeunesse le temps de l'expérience ce dont je suis intimement convaincu qu'elle doit être il faut des politiques publiques qui le permettent et on a plutôt en France quand on regarde ce que signifie devenir adulte dans d'autres pays comparé à ces autres pays en France la jeunesse elle est vraiment marquée par une rhétorique de l'urgence c'est un âge de la vie qui est laissé assez largement sur les épaules de la famille c'est à la famille qu'on donne la charge d'accompagner les jeunes vers l'âge adulte ce qui on en reparlera peut-être d'ailleurs entretient à la reproduction des inégalités vous avez un chapitre plus d'Etat moins de famille oui oui parce qu'effectivement on s'aperçoit que quand on laisse cette période de la vie à la charge de la famille on voit bien dans les comparaisons internationales que cela favorise la reproduction des inégalités et les pays comme la France qui ont finalement peu de dispositifs universels publics en faveur des jeunes sont des pays dans lesquels la mobilité sociale est relativement limitée et de ce point de vue là la France on le voit dans la synthèse de l'OCDE qui n'est pas à proprement parler un repère de gauchistes pour dire les choses rapidement mais on voit bien que la France fait plutôt partie des pays du sud du point de vue de la mobilité sociale

30:05
Présentateur

je vais donner la parole dans un instant à Natacha mais Gilles vous n'aviez pas l'air d'accord sur l'analyse que les politiques parlent de la jeunesse dans la campagne présidentielle

30:16
Intervenant

je vois que vous réussissez à interpréter un simple haussement de sourcils oui j'ai été frappé en fait vous commencez votre livre comme ça en disant à quel point les jeunes la jeunesse a été présente vous dites François Mitterrand lorsqu'il est élu dédie sa victoire aux forces de la jeunesse et j'avais plutôt le sentiment inverse c'est qu'il y a eu une forme de relégation comme on dit au foot en deuxième division de la jeunesse dans le débat public peut-être parce que elle est moins nombreuse peut-être parce qu'elle vote moins mais je trouve que on parle en réalité

30:49
Invité politique

assez peu des jeunes je suis absolument d'accord avec tout cela je commence le livre par un paradoxe la jeunesse elle est utilisée de manière rhétorique par les politiques c'est-à-dire qu'il n'y a aucun politique qui va se présenter à une élection importante en ne disant pas qu'il veut être le candidat de la jeunesse mais quand on regarde les réalisations elles sont toujours relativement minces et surtout le point de départ de cet essai c'est le paradoxe suivant c'est de dire on utilise toujours la jeunesse comme argument d'un certain nombre de politiques qui sont menées d'autant plus quand elles sont douloureuses si on repousse sans cesse l'âge de départ à la retraite c'est au nom des générations futures pour qu'elles puissent bénéficier de retraite si on fait des politiques d'austérité budgétaire c'est parce qu'on ne peut pas laisser se creuser la dette qui devrait être remboursée par la génération future mais en face de ça en face de cet argument rhétorique il n'y a pas de véritable politique

31:35
Présentateur

enfin la réalité c'est quand même qu'on s'endette et qu'on s'endette considérablement et depuis des décennies en laissant aux générations futures le soin de le rembourser absolument

31:45
Invité politique

mais en réponse à cela on ne met pas en place de véritables politiques de la jeunesse qui permettrait de réduire la reproduction des inégalités ou de donner à chacun le temps d'être jeune Natacha

31:55
Intervenant

avant d'aller de plonger plus précisément dans cette question du rapport entre la famille et l'état et de la reproduction des inégalités qui est en fait en effet le coeur du problème une question sur justement ce que vous esquissiez le rapport entre les générations à l'aune des deux années que nous venons de vivre il y a eu plusieurs moments dans cette crise sanitaire où on a frôlé le conflit de génération et une des raisons pour lesquelles Emmanuel Macron n'a pas reconfiné en janvier 2021 c'est sans doute parce qu'il sentait que pointait ce conflit c'est-à-dire qu'en gros on allait de nouveau en gros casser à peu près tous les liens de sociabilité toutes les possibilités et tout le dynamisme économique qui pouvait éventuellement favoriser la jeunesse au profit de la protection des générations suivantes est-ce qu'on arrive à mesurer ce que va donner ce conflit-là qui a été sous-jacent pendant deux ans est-ce qu'il risque selon vous d'amplifier même si vous dites bien qu'il n'y a pas de conflit de génération pour l'instant est-ce que ça risque d'amplifier des dynamiques qui sont quand même à l'oeuvre dans la mesure où la génération des jeunes aujourd'hui entre beaucoup plus difficilement dans la vie active que les générations précédentes objectivement n'a pas le patrimoine vit moins bien a plus de difficultés à se loger etc.

c'est-à-dire qu'il existe quand même ce conflit de génération

33:24
Invité politique

Camille Penny Oui la crise sanitaire elle a révélé en fait un certain nombre d'éléments saillants de failles dans notre système de protection sociale et aussi dans le rapport potentiellement conflictuel entre les générations vous avez raison de dire que pour les jeunes moi j'enseigne à l'université cette période-là a été vraiment très difficile et on s'est rendu compte justement que la jeunesse y compris pour la jeunesse étudiante c'était aussi justement le temps de la sociabilité le temps des contacts etc.

et ils en ont été subitement privés notamment à l'université ça c'est aussi très intéressant jusqu'à l'été 2020 on ne parle pas de l'université dans les conférences de presse que font les différents ministres régulièrement

34:07
Intervenant

Il n'y avait pas la ministre de l'enseignement supérieur c'était fascinant

34:09
Invité politique

Absolument donc nous on attendait de savoir si on pourrait reprendre les cours en présentiel avant la fin de l'année et on n'avait pas de directives on n'avait pas de ministres qui s'exprimaient parce que cette jeunesse étudiante à l'université elle est relativement invisible comparée à la jeunesse des grandes écoles etc.

Sur le conflit de générations ce qui est compliqué c'est que les générations peuvent être conflictuelles au niveau macro-social c'est-à-dire effectivement vous le disiez il y a des problèmes de précarité de précarisation du début de parcours des jeunes je montre dans le livre qu'il commence à y avoir les traces d'un effet cicatrice c'est-à-dire que le retard qu'on a à 25 ans il n'est pas encore rattrapé totalement à 35 ans à 40 ans voire à 45 ans donc au niveau social on peut avoir les ferments d'un conflit de génération le problème c'est que précisément enfin le problème par contre comme notre système repose sur l'aide de la famille au niveau micro-social la solidarité la transmission familiale est absolument nécessaire donc il y a une sorte de paradoxe entre des générations qui sont socialement face à des destins socio-économiques différents mais qui ne peuvent pas vivre ces nouvelles générations sans l'aide de la famille donc il y a une sorte de paradoxe de tension entre le niveau macro-sociologique et le niveau micro-sociologique et puis j'ajoute un dernier point sur le problème d'un mot il n'y a pas véritablement de conflit de valeurs en réalité ce que je montre dans le premier chapitre il n'y a pas véritablement de conflit de valeurs y compris sur les dimensions liées à l'environnement à l'immigration donc il n'y a pas les ferments non plus d'un conflit idéologique mais il y a une génération Covid d'une génération pandémie je pense qu'il y aura en tout cas une génération de jeunes étudiants de jeunes étudiantes qui auraient été particulièrement marqués par cette période on a des étudiants par exemple qui vont arrêter leur cursus universitaire après une licence qui auront eu deux années et demie sur trois de cours à distance alors après si on veut parler de manière sociologique une génération doit être marquée tout au long de sa vie par cet événement fondateur je ne sais pas si dans 20 ans 30 ans les jeunes qui auront eu deux ans de cours en Zoom seront encore marqués par cet événement en tout cas c'est vrai qu'elle a affecté fortement cette génération de jeunes Je vais reprendre

36:03
Intervenant

cette question justement de ce qu'évoquait Natacha du conflit de génération que l'on aurait frôlé exactement dans l'autre sens que l'impression que j'ai eue en lisant votre livre c'est que d'une certaine manière vous reprenez à votre compte la formule de Pierre Bourdieu la jeunesse n'existe pas c'est à dire qu'il n'y a pas d'unité de la jeunesse et qu'il n'y a pas aussi fortement qu'on pouvait le penser de distinction entre la jeunesse et les autres générations et d'une certaine manière même c'est presque les plus âgés qui forment la catégorie

36:34
Invité politique

y'a pas un C'est ça alors d'abord la jeunesse est absolument hétérogène elle est traversée par les mêmes inégalités que les autres classes d'âge la jeunesse étudiante est très visible quand on regarde dans les dernières données de l'INSEE parmi les 18-25 ans on a une moitié d'étudiants l'autre moitié est déjà en emploi au chômage ou en inactivité on sait bien que les parcours les trajectoires sont marqués par l'origine sociale l'appartenance territoriale le genre etc donc il y a évidemment des jeunesses mais quand on regarde du point de vue des valeurs il y a une sorte de paradoxe entre je regarde par exemple les valeurs liées à l'environnement on présente souvent les jeunes comme étant la tête de pont de la prise de conscience environnementale effectivement vous avez raison quand on regarde dans les enquêtes statistiques on s'aperçoit que finalement les 18-30 ans ou les 18-25 ans ne sont pas différents ne sont pas plus en pointe que les 30-40 ans que les 40-50 ans et s'il y a une différence elle est à opérer entre les plus de 65 ans et tous les autres alors évidemment c'est compliqué des statistiques moyennes ça ne veut pas dire grand chose ça ne veut pas dire que les jeunes étudiants les jeunes lycéens collégiens qui sont en pointe dans les marches pour le climat ne jouent pas un rôle d'aiguillon pour la société etc mais en tout cas statistiquement on ne peut pas dire aujourd'hui que les 18-30 ans du point de vue des valeurs politiques des attitudes sont significativement

37:50
Présentateur

différents des autres ils votent déjà beaucoup moins donc en termes de valeurs politiques c'est peut-être la valeur cardinale en l'occurrence ils sont beaucoup plus nombreux à s'abstenir que leurs aînés

38:01
Invité politique

alors ce qui semble caractériser cette nouvelle génération je reprends les travaux d'un collègue politiste qui s'appelle Vincent Tibéry c'est un rapport beaucoup plus exigeant à la citoyenneté c'est-à-dire c'est la fin de la citoyenneté différente on va voter parce que cela se fait d'aller voter parce qu'on délègue notre incompétence à des politiques qui sont jugés être plus compétents on a une génération de jeunes citoyens qui est davantage dans du vote intermittent lorsque les enjeux semblent importants etc mais effectivement la jeunesse c'est un temps où l'on est davantage en retrait du vote la politiste Anne Buxell avait qualifié ça de moratoire de la jeunesse

38:36
Intervenant

je complète d'un mot ce que pour préparer l'émission je regardais le vote des jeunes donc évidemment ils s'abstiennent davantage mais contrairement à ce que l'on entend beaucoup ils votent ils continuent à voter beaucoup plus à gauche que le reste de la population je regardais dans la dernière vague du panel le total des candidats de gauche fait pratiquement un peu plus de 45% des voix chez les 18-24 ans

38:58
Présentateur

mais alors pourquoi est-ce qu'on dit que le rassemblement national est le premier parti chez les 18-24 ans mais on le dit à tort et bien voilà c'est très clair en tout cas Natacha Polony donc les jeunes ont les mêmes valeurs pardon les mêmes valeurs politiques que leurs années Natacha

39:09
Intervenant

ce serait enfin entre vote et valeur

39:12
Invité politique

c'est différent enfin voilà il peut y avoir des valeurs et le vote

39:15
Intervenant

il me semble que si on résume très rapidement et peut-être un peu brutalement il me semble que ce qui apparaît c'est que quand on mène une politique qui favorise les possédants ceux qui ont le patrimoine et le capital mécaniquement on favorise ceux qui ont pu accumuler ce capital donc les générations les plus âgées et qu'on crée on creuse des inégalités dans la jeunesse dans la mesure où en effet vous le disiez on fait en sorte que ce soit la solidarité intrafamiliale qui joue et on voit ça apparaître me semble-t-il dans le débat actuel sur les droits de succession sur la façon dont on va transmettre ce patrimoine est-ce que nous ne sommes pas en train de payer donc 30 ans de politique qui favorise ceux qui sont déjà installés les épargnants les possédants c'est-à-dire une monnaie forte des taux d'intérêt qui en fait stabilise les choses et dans ces cas-là est-ce que mener une politique pour la jeunesse ce n'est pas avant tout renverser totalement le système économique tel qu'il est

40:23
Invité politique

comme il poney oui redoutable responsabilité que vous me donnez là vous n'allez pas le faire tout seul non

40:30
Intervenant

non mais je veux dire peut-on penser la jeunesse en dehors de ce système économique quand on regarde tout ce que vous dites sur la génération des 30 glorieuses

40:39
Invité politique

oui alors je ne suis pas en désaccord avec ça mais ce que je pense de manière moins ambitieuse à ma place de chercheur c'est qu'on peut en tout cas avec les politiques publiques mettre en place des dispositifs qui rééquilibrent la balance intergénérationnelle des dépenses publiques je donne juste un exemple je pense que la politique de la jeunesse qu'il faut mener doit avoir deux objectifs c'est d'abord éviter que la fracture entre les générations ne grandisse elle est déjà suffisamment importante et elle doit aussi réduire les inégalités qui fracturent les générations de jeunes et quand je propose dans ce livre par exemple une réflexion sur la mise en place d'une allocation universelle pour les jeunes on peut l'appeler salaire étudiant on peut l'appeler allocation autonomie peu importe c'est précisément pour renverser cette balance des dépenses publiques on va dépenser de plus en plus pour la prise en charge de la vieillesse de la dépendance et on en parlait tout à l'heure

41:27
Présentateur

évidemment

41:27
Invité politique

et donc il est temps que dans nos sociétés dans lesquelles les jeunes sont des générations minoritaires dans des sociétés vieillissantes se voient réadresser une partie des dépenses publiques donc je pense que sans renverser totalement la table les politiques publiques ont les moyens de mener une véritable politique de la jeunesse qui aille au-delà des mots et des discours convenus selon lesquels la jeunesse est l'avenir

41:48
Présentateur

quand vous comparez les différentes politiques de la jeunesse en Europe qu'est-ce qu'on fait de mieux chez nos voisins ?

41:54
Invité politique

alors on fait des choix différents schématiquement dans les pays du nord de l'Europe on est vraiment sur un système d'autonomie précoce des jeunes porté par une politique publique ambitieuse type allocation autonomie pour les jeunes dans les pays libéraux on fait confiance au marché donc ça repose sur l'endettement et sur le marché du travail dans les pays du sud ça repose sur la famille mais une famille assumée culturellement c'est-à-dire que le film Tanguy n'aurait jamais eu aucun succès au Portugal ou en Italie c'est normal d'être chez ses parents à 26 ou 27 ans en France les jeunes font face à une injonction contradictoire on a une exigence libérale dans le discours soit adulte soit autonome prends-toi en main et dans les faits une familialisation de cet âge de la vie en France les jeunes sont considérés comme les enfants de leurs parents à 18 ans si vous avez des enfants qui ont plus de 18 ans qui poursuivent des études on va vous aider via des demi-parts fiscales via une prolongation de l'allocation familiale dans les pays du nord on aide les jeunes directement c'est pour ça que ça ne coûterait pas si cher que ça de mettre en place une allocation autonomie c'est juste une sorte de révolution philosophique politique à opérer Gilles partant de là

42:55
Intervenant

vous concluez une des conclusions du livre en tout cas de cette phrase claire et nette c'est la France n'a pas de réelle politique pour la jeunesse qu'est-ce que ça veut dire et qu'est-ce que cela pourrait être puisque on parlait tout à l'heure de la politique du vieillissement de la politique de la dépendance qui devrait être un des enjeux de cette campagne si on veut mettre des choses sur la table dans cette campagne électorale pour la jeunesse

43:21
Invité politique

ça serait quoi ?

Camille Pagny Alors quand je dis qu'il n'y a pas de politique de la jeunesse je ne dis pas que l'État ne fait rien que la puissance publique ne fait rien je dis qu'on a un millefeuille de dispositifs illisibles qui s'ajoutent année après année improvisés dans l'urgence des crises par exemple quand Édouard Philippe a annoncé au premier confinement telle aide ponctuelle pour les jeunes même les associations de jeunesse mettaient des heures à comprendre si telle ou telle catégorie de jeunes avait le droit à cette aide etc donc on a quelque chose d'illisible et si on a quelque chose d'illisible à mon sens c'est parce qu'on ne s'est jamais donné les moyens de réfléchir à ce que devait être politiquement philosophiquement cet âge de la vie moi je plaide pour que la jeunesse soit le temps de l'expérimentation on nous dit qu'on va vivre jusqu'à 100 ans on nous dit qu'on va travailler jusqu'à 70 ans il n'y a aucune raison pour que nous restions dans cette rhétorique de l'urgence où quand on arrive au bac à 19 ans et non pas à 18 ans on est déjà étiqueté en retard selon la terminologie des statistiques du ministère d'éducation nationale je pense que la jeunesse doit être le temps et vous plaidez

44:17
Présentateur

pour un temps long de la jeunesse mais à vous écoutez ça ne donne pas envie d'être jeune pourquoi ? parce que l'accumulation des difficultés être face à la précarité être confronté à des difficultés sociales qui sont quasiment des assignations qui forgent votre destin à 20 ans par exemple c'est dur d'être jeune je citais Paul Nisan tout à l'heure pas pour tout le monde

44:43
Invité politique

je dis bien dans le livre qu'il y a des jeunes qui vont très bien que la jeunesse elle est traversée par des inégalités et puis justement il faut proposer des solutions positives et je crois qu'on a aujourd'hui les moyens de mettre en place des systèmes qui permettent aux jeunes d'être jeunes et ne pas simplement d'être dans l'urgence de l'insertion

45:02
Intervenant

vous évoquiez la question de la formation des études la question scolaire est d'ailleurs très présente dans votre livre parce qu'elle est au coeur de cette problématique c'est à dire que alors quand on regarde les statistiques on voit que les jeunes français ne croient plus en la méritocratie qu'ils ont l'impression qu'ils ne peuvent pas faire leur preuve qu'on ne les laisse pas faire leur preuve plus de 50% le pensent

45:27
Présentateur

oui ça c'est fou

45:28
Intervenant

alors vous dites c'est parce que le système éducatif français est trop sélectif est-ce que en fait on n'a pas un malentendu sur cette question là c'est à dire qu'on a une hyper sélectivité pour le petit noyau favorisé qui justement contourne le système normal et qui va ensuite aller dans les grandes écoles où évidemment ces jeunes là auront des bénéficieront de dépenses publiques bien plus importantes et en général c'est des jeunes de milieux favorisés et pour tout le reste au contraire il y a le problème est qu'on a détruit toute idée de méritocratie et qu'on a fait en sorte de ne surtout plus pousser chacun à aller au plus près au plus loin de ce qu'il peut potentiellement faire est-ce que c'est pas ce décalage là qu'on paye ?

46:17
Invité politique

Camille Penier alors quand je parle de système élitiste en fait c'est ce que vous disiez c'est à dire qu'on a alors c'est aussi ce qui ressort des comparaisons internationales c'est à dire qu'on a un système éducatif qui est tout entier tourné vers l'hyper sélection d'une petite élite en gros il s'agit de très bien sélectionner ceux qui vont aller dans les classes préparatoires si possible les classes préparatoires parisiennes parce qu'en province c'est pas très sérieux et ensuite dans les grandes écoles au détriment de la réussite du plus grand nombre je vous donne juste un exemple de cet élitisme on continue aujourd'hui en France à dépenser 50% de plus pour un étudiant de classe préparatoire que pour un étudiant à l'université or elle est où la massification scolaire aujourd'hui ?

Elle est dans les premiers cycles universitaires elle est pas dans les grandes écoles et dans les classes préparatoires même s'il y a coût de discrimination positive on augmente un peu quand on est jeune

47:04
Présentateur

aujourd'hui en France on n'a pas le droit de se tromper on n'a pas le droit d'interrompre sa scolarité on n'a pas le droit de choisir un autre chemin que celui qu'on avait initié dès les tout débuts

47:13
Intervenant

ça c'est sûr il y a très peu de passerelles absolument on a un système

47:18
Invité politique

qui fige les choix scolaires très tôt et comme on n'a pas de dispositif ça coûte cher de faire des études les frais d'inscription sont quasi gratuits en France mais le coût du logement pour tous les étudiants qui n'ont pas la chance d'habiter les centres-villes est prohibitif donc vous ne pouvez pas forcément vous permettre de perdre un an de perdre deux ans de recommencer une année d'études et c'est pour ça là encore qu'il faut une forte intervention de la puissance publique les jeunes danois qui bénéficient de six ans de formation payée par l'Etat à 700 euros par mois peuvent utiliser ces 72 bons mensuels de formation comme ils les appellent en plusieurs étapes je commence deux ans d'études je m'aperçois que les études ne m'intéressent pas trop j'ai envie de gagner davantage je vais sur le marché du travail je m'aperçois qu'avec mes deux années d'études je ne gagne pas tant que ça je m'ennuie un peu je retourne à l'université il me reste 48 mois de formation donc la question de la deuxième chance de la troisième chance est une question centrale Gilles il nous reste une poignée de minutes

48:10
Intervenant

dans cette interrogation sur la méritocratie il y a sans doute aussi l'idée que la mobilité sociale est plus faible en France qu'ailleurs on a d'ailleurs les uns et les autres cité cette étude de l'OCDE qui disait qu'il fallait six générations pour une famille pauvre pour arriver à la classe moyenne et vous remettez en cause ces données en tout cas vous dites qu'il faut les nuancer

48:35
Invité politique

pourquoi ?

alors le constat est juste c'est à dire toutes les enquêtes y compris les chiffres que je présente d'après mes calculs dans cet ouvrage montrent que la France fait moins bien que la plupart des autres pays européens je calcule un rapport des chances sur la probabilité d'être diplômé de l'enseignement supérieur en fonction du diplôme du père ou de la mère et les rapports des chances qui sont calculés montrent que la France fait vraiment partie des mauvais pays en Europe il y a vraiment une vraie reproduction des titres scolaires en France simplement l'enquête de l'OCDE qui montrait effectivement qu'il fallait six générations pour un individu qui serait né dans le décile le plus pauvre pour rejoindre le niveau de vie médian je crois que c'était ça

49:13
Présentateur

du pays là où il en faut deux générations dans d'autres pays notamment aux Etats-Unis par exemple

49:19
Invité politique

alors je ne sais plus dans les pays scandinaves il y a un gradient géographique de la mobilité sociale plus on va vers le nord de l'Europe plus il y a de mobilité sociale cette enquête reposait sur des indicateurs un petit peu compliqués à expliquer rapidement mais je sais qu'elle a été fortement critiquée notamment par Clément d'Herbert-Court me semble-t-il qui était à France Stratégie France Stratégie a publié une note pour montrer à quel point les calculs de cette enquête particulière de l'OCDE étaient sujets à caution mais ça ne remet pas en cause le classement général en Europe

49:47
Présentateur

Est-ce qu'il faudrait une expérience fondatrice comme un service militaire un service civique obligatoire ça vous fait sourire mais Non non

49:55
Invité politique

ça me fait sourire moyennement mais je ne suis pas certain que ce soit ça qui permette de constituer le socle d'une véritable politique de la jeunesse Pourquoi ? Parce que je ne suis pas sûr que ce soit une réponse à la précarisation de la jeunesse à la reproduction des inégalités

50:16
Intervenant

Certainement pas mais est-ce que ça ne peut pas tout simplement permettre un brassage qui aujourd'hui n'a pas lieu parce que les jeunes pour beaucoup sont assignés à résidence que quand on habite vous l'esquissiez mais quand on habite dans un territoire rural on ne peut pas se payer des études dans une grande métropole c'est très compliqué donc ce service-là ils brasseraient au moins et ils font peut-être pas la jeunesse mais la nation

50:40
Invité politique

Moi je ne suis pas je ne suis pas fermé à l'idée que ce soit possible je trouve ça très bien que ce soit possible de la même manière que les systèmes de seconde chance qui ont été expérimentés ces dernières années tels la garantie jeune permettent aux jeunes de retrouver confiance de fréquenter d'autres jeunes etc mais je reste dubitatif sur le fait que ce dispositif même universel permettrait un vrai brassage de la jeunesse peut-être une déformation de sociologue mais j'ai l'impression qu'on trouverait toujours différentes façons de faire ce dispositif et je ne suis pas certain qu'il y aurait un véritable brassage et je pense qu'il ne faut pas figer enfin imposer des dispositifs aux jeunes je pense qu'il doit y avoir plutôt quelque chose qui serait sur la base du volontariat

51:17
Présentateur

l'idée c'est l'émancipation et pourtant quand vous parlez d'une politique pour la jeunesse c'est une politique qui est très interventionniste est-ce qu'il n'y a pas une contradiction justement entre la volonté de responsabiliser les jeunes de leur accorder davantage d'autonomie de possibilité de se réaliser de trouver leur place dans la société et de l'autre la volonté d'encadrer ça aussi fortement par l'état et par des politiques publiques

51:42
Invité politique

mais c'est mieux qu'être encadré par la famille ça réduit les inégalités ça desserre les taux de la reproduction des inégalités et pour moi c'est même pas une histoire de gauche ou de droite par exemple c'est-à-dire que ce dispositif il permet à des jeunes de trouver leur place et si un jeune a envie de monter sa start-up de rouler dans un gros 4x4 et de voter à droite et bien très bien voyez ce que je veux dire de manière un peu caricaturale c'est que c'est juste donner un cadre qui permette à chacun de trouver sa place dans la société et c'est ce qu'on a trouvé mieux quand même pour réduire les inégalités c'est mieux que le marché c'est mieux que la famille

52:14
Présentateur

mais ce sont des interventions qui sont nécessaires pour éviter la trop grande précarité ou les trop fortes inégalités ou est-ce que ça doit aller justement plus loin et comme le disait Natacha rebattre les cartes sociales elles-mêmes en fait faire de la jeunesse une vraie question sociale qui peut aboutir éventuellement à un changement complet de modèle de société

52:36
Invité politique

je pense en tout cas que quand on s'attaque à une vraie politique de la jeunesse on s'attaque à ce qui d'un point de vue de sociologue entretient le pessimisme la défiance et tout ce que vous voulez c'est casser cet étau de la reproduction de la reproduction des inégalités donc je pense que cette politique de la jeunesse que j'appelle de mes voeux elle contribuerait à réduire les inégalités entre les générations et elle permettrait probablement de casser ces classes sociales osons le mot qui fracturent la jeunesse

53:03
Présentateur

merci infiniment en tout cas à Camille Peny d'avoir été l'invité du grand face-à-face de France Inter pour une politique de la jeunesse c'est publié aux éditions du Seuil dans la collection La République des idées et Natacha Gilles rendez-vous samedi prochain pour un grand face-à-face XXL à Valence avec l'économiste Philippe Aguillon merci à Mathilde Clatte et à Paola Puerhari qui ont préparé cette émission à la réalisation c'était Marie Merier et à la technique Ludovic Aslo à suivre le journal