Sébastien Chenu : "PS et LR ont peur du peuple et des électeurs !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse partielle
Ce matin Sébastien Lecornu a échappé à deux motions de censure, dont l'une déposée par le RN. Il a gagné son pari ?
- 1:05FerméeRéponse directe
Vous ne demandez pas sa démission ?
- 1:51OuverteRéponse partielle
Sur la réforme des retraites, est-ce que les députés du RN voteront la suspension ?
- 2:43RelanceRéponse directe
Vous considérez qu'on ne peut pas lui faire confiance ?
- 4:19OuverteRéponse directe
Si vous arrivez au pouvoir en 2027, que se passera-t-il pour les retraites ?
- 4:59FerméeRéponse directe
40 annuités avant 20 ans, on s'arrête à 60. Pour les autres ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Invité politiqueFait
« Il a acheté à pas cher le Parti Socialiste et les Républicains ont renoncé à ce qu'il défendait pour pouvoir garder leur place. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Ces vieux partis-là, ils ont peur des électeurs. »
- 1:39Invité politiqueFait
« Les Français vont se réveiller quand ils vont voir la hausse des taxes sur l'éthanol, c'est-à-dire la hausse des taxes à la pompe. »
- 1:55Invité politiqueFait
« Nous, on est contre cette réforme des retraites. »
- 4:25Invité politiquePromesse
« Abrogation de la loi sur les retraites, de cette loi. »
- 6:37Invité politiqueChiffre
« On a proposé un impôt sur la fortune financière qui lèverait 3 milliards d'euros. »
- 6:45Invité politiqueFait
« C'est-à-dire une part fiscale supplémentaire à partir du deuxième enfant. »
- 10:27Invité politiqueChiffre
« Le gel des barèmes sur l'impôt sur le revenu, ça va faire rentrer 200 000 foyers fiscaux dans l'impôt. »
- 10:30Invité politiqueFait
« Le gel des retraites, il y a du lourd quand même dans ce budget. »
- 15:10Invité politiqueFait
« On considère que les gens qui en bavent, les gens qui travaillent, les gens qui ont peu, eh bien on doit les épauler. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu75 %
- Présentateur25 %
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Bonsoir Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée Nationale, vice-président du Rassemblement National. Ce matin, on va parler de ce qui se passe à l'Elysée, mais ce matin Sébastien Lecornu a donc échappé à deux motions de censure, dont l'une déposée par le Rassemblement National. Il a gagné son pari ?
Non, parce qu'en fait c'est une sorte de manœuvre. Il a acheté à pas cher le Parti Socialiste et les Républicains ont renoncé à ce qu'il défendait pour pouvoir garder leur place. En réalité, les vieux partis, ce qu'on appelait nous l'UMPS, LR et PS... Quand vous en faisiez partie de l'UMPS. Voilà, il y a bien longtemps. Ça commence à dater, ça fait 13 ans. Jusqu'en 2014, je crois. Ça fait déjà quelques années. Mais ces vieux partis-là, ils ont peur des électeurs. Donc ils se sont associés pour pouvoir empêcher, évidemment, le Premier ministre de tomber. Et ils l'ont fait au prix de leur conviction. Ils l'ont fait au prix de leurs idées politiques.
Et en fait, ils ne défendent plus que leur place. Ils ne défendent pas l'intérêt des Français. Mais pour être bien clair, Sébastien Chenu, vous considérez tout de même que Sébastien Lecornu
est légitime à préparer le budget à partir de lundi, puisque l'examen va débuter. Il n'y a pas de boucle là-dessus. Vous ne demandez pas de démissionner ?
Non, il est Premier ministre. C'est à lui de préparer le budget. Il est légitime dans le sens où il a été nommé, qu'il n'a pas été renversé. Il est là. Mais tout ça viendra à point. Sébastien Lecornu ne sera pas là très longtemps, à mon avis, vu le projet de budget qu'il est en train de préparer pour les Français. Parce que je pense que les Français vont se réveiller. Mais les appareils politiques connaissent déjà tout ça. Mais les Français vont se réveiller quand ils vont voir la hausse des taxes sur l'éthanol, c'est-à-dire la hausse des taxes à la pompe.
Je vous promets qu'on va en parler dans quelques minutes du budget. Il y a plusieurs mesures sur lesquelles je voudrais effectivement vous entendre et entendre la position du Rassemblement national. Simplement, sur la réforme des retraites, est-ce que les députés du RN voteront la suspension ?
Ah mais oui, nous, on est contre cette réforme des retraites. Donc vous voterez bien la suspension. On votera la suspension, mais je veux vous dire que...
Manon Bré, qui était là pour les insoumis il y a quelques minutes, qui est contre la réforme des retraites, n'était pas pour voter la suspension.
Mais en fait, je ne sais pas ce que ça veut dire que la suspension. Je m'explique. Moi, j'ai regardé de près ce que ce texte... D'abord, pour l'instant, il n'y a rien. Il n'y a pas... Dans le projet de budget de Sébastien Lecornu, il n'y a pas un seul élément qui aujourd'hui prend en compte la suspension de la réforme des retraites. Mais la suspension, juridiquement, ça ne veut rien dire. C'est-à-dire que, où il y a une abrogation, mais je ne vois pas comment le texte peut être rédigé pour suspendre, suspendre combien de temps... Je vous assure que c'est extrêmement compliqué, extrêmement compliqué. Tout ça me semble être une arnaque en vue, quoi. Arnaque en vue.
Le terme d'arnaque, on l'a entendu dans la bouche du RN, dans celle des insoumis aussi. Maude Bréjon, vous n'étiez pas avec nous tout à l'heure, M. Chenu, mais Maude Bréjon, la porte-parle du gouvernement, je l'ai interrogé là-dessus en disant, est-ce qu'il y a une arnaque ? Est-ce que ça n'aura pas lieu ? On est rentré même dans le détail de ce sera un amendement déposé par le gouvernement au budget de la Sécu, qu'est-ce qui se passera sur le Sénat qui est à droite ? Elle nous a dit, à la fin, la suspension aura lieu. Il n'y aura pas de loup, il n'y aura pas d'embrouille. Vous considérez qu'on ne peut pas lui faire confiance ?
Non, on ne peut pas leur faire confiance, ça c'est clair. Donc il y a une embrouille. Mais évidemment, déjà, qu'est-ce que c'est que la suspension ? Je vous l'aurais dit, c'est combien de temps la suspension ? Est-ce qu'il y a un texte juridique ? Jusqu'au 1er janvier 2018, dit le gouvernement. Écoutez, ça c'est une nouveauté. En tous les cas, je ne connais pas de texte de loi qui suspende de façon temporaire, où on abroge, où on promulgue une loi, mais je n'ai jamais vu ça. Donc je pense que tout ça, ce sont encore des manœuvres.
À la fin, il y aura une commission mixte paritaire qui validera ou pas l'amendement qui aura été proposé, qui aura été en tous les cas rédigé, vont bien réussir à rédiger quelque chose. Et puis, à la fin, ce sera l'entourloupe. La loi sur les retraites, elle ne sera pas, évidemment, abrogée, ni même suspendue. Elle s'appliquera. Et les socialistes, c'était... Le savent déjà, d'ailleurs. Mais c'était leur façon de pouvoir voter... Ne pas voter la censure. C'était le prétexte pour ne pas voter la censure. Mais les socialistes savent déjà. Eux-mêmes, ils savent qu'à la fin, il n'y aura pas d'abrogation de la loi sur les retraites.
Il n'y en aura pas. Si vous arrivez au pouvoir en 2027, si Marine Le Pen ou Jordan Bardella l'emportent à la présidentielle, que se passera-t-il pour les retraites ?
Abrogation de la loi sur les retraites, de cette loi. Et on va où ensuite ? Et puis ensuite, nous, nous avons une proposition que nous mettrons sur la table, qu'on fera discuter aussi. On a une proposition, il y en a eu plusieurs ces dernières années qui ont parfois évolué. Il y en a une qui est très claire. Quand vous avez vos 40 annuités, si vous avez commencé à travailler avant 20 ans, souvent ce sont des professions plus difficiles quand on a travaillé avant 20 ans, ce sont des professions souvent manuelles, etc. Pour cela, ce sera quel âge ? Vous pouvez partir à 60 ans, à partir de 60 ans avec vos 40 annuités.
40 annuités avant 20 ans, on s'arrête à 60. Pour les autres.
Et puis après, de façon progressive, avec 42 annuités, vous pouvez partir à partir de 62 ans. Et puis, comme c'est progressif, si vous êtes rentré dans le monde du travail à 25 ans, il vous faut vos 42 annuités. Donc 67. Mais aujourd'hui, on entre en moyenne, et c'est bien l'une des problématiques d'ailleurs, à 27 ans sur le marché du travail. Donc nous, ce qu'on veut en parallèle pour pouvoir actionner, pour pouvoir atteindre ces objectifs, c'est évidemment travailler sur l'employabilité des jeunes plutôt...
Je résume, Sébastien Chenu, ça sera entre 60 et 62 en fonction de l'âge de l'entrée. Jordan Lardella, l'an dernier, après les législatives, avait dit, notre position sur les retraites... Attendez, ne dites pas encore non, je n'ai pas posé l'action. Notre position sur les retraites, elle pourra encore changer en fonction de la situation économique du pays et de la situation du régime des retraites. Est-ce que ça peut... Je sais que le RN va publier dans quelques jours un contre-budget, je ne sais pas si la mesure a fait grand, mais est-ce que ça peut encore changer ? Est-ce que c'est 60-62 ? Est-ce que ça pourrait être 63 ?
Aujourd'hui, on est sur ça. Oui, parce qu'on a trouvé les moyens de financer et parce que les politiques qu'on veut mener, que ce soit les économies, que ce soit la fiscalité ou que ce soit la relance de la croissance et de la productivité, mais aussi celle de la natalité, nous font penser qu'on peut tenir ce pari. Et nous, on le dit devant les Français, on ne se cache pas derrière notre petit doigt, on a fait cet effort, évidemment, et on le demande aussi aux Français, 40 annuités, 60 ans, 42 annuités, 62 ans. Voilà, c'est le schéma qu'on propose, il est financé, il est finançable et on a ça comme objectif et on peut le tenir. Mais c'est un choix de société.
Et Marine Le Pen l'a très bien dit, d'ailleurs. Pourquoi on veut une fiscalité qui soit adaptée ? Par exemple, on a proposé un impôt sur la fortune financière qui lèverait 3 milliards d'euros. Parce que derrière, ça nous permet de financer des aides à la natalité, c'est-à-dire une part fiscale supplémentaire à partir du deuxième enfant. C'est-à-dire que tout notre schéma, il est autour de ce choix de société.
On va parler du budget dans un instant. Vous allez nous dire s'il y a des mesures qui trouvent grâce à vos yeux ou si vous rejetez tout et si vous rejeterez tout également pendant l'examen du budget. Un mot tout d'abord parce que vous étiez à la tribune de l'Assemblée en tant que courateur, co-représentant du groupe RN lors du discours de la déclaration de politique générale de Sébastien Chenu. Et vous avez à un moment évoqué le nom de Marisol Touraine, ancienne ministre socialiste qui a allongé la durée de cotisation à 43 ans. Vous avez dit dans votre discours qu'elle doit se retourner dans sa tombe alors qu'elle est évidemment...
Et j'ai corrigé en disant qu'elle est heureusement toujours vivante.
Oui.
Voilà. Ça voulait dire quoi ? C'était une maladresse ? Ça a provoqué un peu d'émotion ? Mais je vais vous dire, en réalité, dans la vie, ce qui fait sourire souvent, c'est ce qui est méchant et de mauvais goût. Donc c'était méchant et de mauvais goût probablement. Donc on entend ce soir que vous considérez que ce n'est pas une idée. Mais je n'ai rien pour Mme Touraine. En revanche... Vous l'avez appelée pour lever tout... Non, il ne faut pas exagérer. Non, mais attendez. À un moment, ça va aussi. En revanche, là où c'est absolument scandaleux, c'est que les socialistes aient cherché à démonter leur propre réforme. Enfin, je veux dire, ça, c'est pas de la plaisanterie.
Que des socialistes en soient à démonter leur propre réforme...
L'accélération du passage vers les 43 ans de cotisation pour tout le monde.
Je veux dire, sincèrement, ça montre que ces gens n'ont mis vraiment aucune conviction. Marine Le Pen disait qu'ils sont capables de scouper un membre pour pouvoir ne pas se retrouver devant les électeurs. Alors, je ne sais pas quels membres sont capables de scouper. Mais enfin, visiblement, ils sont prêts à faire des concessions.
Le budget 2026, vous le qualifiez, le RN, de boucherie fiscale. De tout ce qui est présenté, toutes les mesures qu'on connaît désormais, aucune n'est bonne pour vous.
Mais il y aura peut-être dans celles que nous connaissons ou que nous ne connaissons pas, il y aura peut-être ici et là... Allez-y, parce qu'il y en aura peut-être... La taxe sur les holdings, un milliard, un milliard et demi
pour taxer ceux qui cherchent à échapper à l'impôt.
Moi, je préfère notre impôt sur la fortune financière. Mais vous le votez ou pas ? Il faut regarder comment c'est fichu. Moi, ça ne me semble pas terrible et surtout, ça ne ramène pas grand-chose. Je dis, nous, je préfère notre impôt sur la fortune financière qui ramène 3 milliards d'euros. Là aussi, c'est une contribution qu'on demande à ceux qui ont beaucoup... Mais vous le faites à la place de l'impôt actuel ? On le fait à la place de l'impôt. Donc c'est la somme quasiment nulle, en fait. Oui, mais on le flèche autrement. Ce n'est pas davantage les plus riches qu'Emmanuel Macron. D'accord, mais là, si vous voulez, je pense qu'il faut regarder le détail.
Mais ça me semble, dès qu'on touche, évidemment, si ce n'est à l'outil de travail, en tous les cas, je le vois à des entreprises, il faut vraiment regarder comment c'est fait. Ça m'a l'air de ne pas lever grand-chose, en tous les cas, de ne pas résoudre grand-chose. La suppression des APL pour les étudiants non européens ? Non, mais ça, nous, pour le fait que les ailes sociales soient réservées, en tout cas celles qui ne sont pas contributives, soient réservées aux nationaux. Donc là, vous dites bravo, là, ça enleve. Ça ne doit pas être très élevé non plus.
Bon. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, appelle à une mobilisation contre le projet de budget au début du mois de novembre. Vous la soutenez ? Sans descendre dans la rue, évidemment.
Non, mais toujours par heure. Sans descendre dans la rue, j'ai dit. Je vous connais. À chaque fois qu'il y a un mouvement social, on nous demande, on laisse les gens faire. Ils n'ont pas besoin. Nous, on n'est pas une centrale syndicale. Madame Binet, c'est son boulot de faire la grève et d'appeler à aller dans la rue. Elle fait ça toute l'année. Elle le fait probablement très bien, d'ailleurs. C'est pas que ça. Ah oui, enfin, bon, elle fait surtout ça, on va dire. Elle occupe beaucoup le trottoir. Eh bien, nous, nous ne sommes pas une centrale syndicale. Les gens qui ont envie d'aller manifester, le feront. Nous, on cherche des solutions.
Nous, on va voter, on va faire des propositions, puis on va s'opposer. J'avais commencé à lister quelques sujets. Il y a des mesures. Franchement, le barème, le gel des barèmes sur l'impôt sur le revenu, ça va faire rentrer 200 000 foyers fiscaux dans l'impôt. Le gel des retraites, il y a du lourd quand même dans ce budget. Les Français vont être très fortement mis à contribution. Et de l'autre côté, eh bien, les dépenses se continuent. Il y a des hausses de dépenses publiques, il y a des hausses d'impôts. Et derrière ça, la dette sera toujours au même niveau. C'est-à-dire qu'en fait, cet énorme coup de rabot sur le dos des Français ne résout rien.
Le 23 octobre, dans quelques jours, le Rassemblement national, Marine Le Pen l'a annoncé, présentera son contre-budget. Allez-vous reprendre une idée qui était dans le projet de Marine Le Pen lors de la dernière élection présidentielle, je dois froncer les sourcils, qui était la suppression de l'impôt sur les revenus pour tous les moins de 30 ans ? Eh bien, vous verrez,
je ne vais pas défleurer... Qui était une mesure qui avait fait parler... Bien sûr, bien sûr, mais c'est intéressant cette mesure. Tout, quelles que soient les revenus. Vous verrez si elle est reprise ou pas. Mais la logique... Vous ne pouvez pas nous le dire ce soir. Ben non, sinon, ça n'a plus d'intérêt de le présenter dans quelques jours. Une mesure qui avait été très critiquée en disant, vous savez, on vous avait dit qu'Ilien Mbappé ne paierait pas d'impôts grâce à vous. La philosophie, elle est intéressante. Vous allez me dire, il n'est plus en France. Et après, elle peut être encadrée.
Mais la philosophie, elle est intéressante, c'est se dire, retenir les jeunes qui sont créateurs d'entreprises, créateurs d'emplois et qui, parce qu'ils sont très imposés, veulent quitter notre territoire. C'est ça, la philosophie. Est-ce qu'il faut la plafonner ? Est-ce qu'il faut l'encadrer ? Peut-être. Et puis ça, c'est le rôle aussi du législateur. Mais la philosophie de dire on retient les jeunes ici, on ne laisse pas partir ceux qui créent de la richesse, ceux qui créent de l'inventivité, ceux qui créent du dynamisme économique, on ne les laisse pas partir.
Votre allié, Éric Ciotti, a demandé à rencontrer le patron des Républicains, Bruno Rotaillot, pour travailler avec lui, poser les bases d'une future alliance. C'est le nouveau sous-marin du RN, Éric Ciotti. C'est lui que vous chargez d'aller tenter de lancer l'union des droites incognito.
Non, ce n'est pas l'union des droites. D'ailleurs, vous savez que nous, on n'utilise pas ce terme. C'est pour ça que je vous demande ce qu'il fait, Éric Ciotti. Mais Éric Ciotti et Bruno Rotaillot, il y a encore un an et demi, siégeaient dans le même parti. Bon, M. Rotaillot, il faut dire qu'il est compliqué, lui. Il ne veut pas siéger avec Bruno Le Maire au Conseil des ministres, alors qu'il vient du même parti que lui, mais il accepte de siéger avec Manuel Valls et Elisabeth Borne. Mais s'il est compliqué, pourquoi aller discuter avec lui ?
Il n'est jamais très clair, mais parce qu'en fait, on se dit que Bruno Rotaillot s'est probablement fait avoir dans le gouvernement Macron et que sa place n'était pas là. Et que peut-être, en ouvrant les yeux, il se dirait qu'il mettrait son énergie la plus utile possible à nous aider à accéder aux responsabilités. Vous passez votre année
à taper sur Bruno Rotaillot
très régulièrement et en fait, vous êtes prêt à aller discuter avec lui. Non, mais M. Faudrel, il a été ministre macroniste. Il a cautionné ce qui s'est passé. Vous avez été militant UMP et cadre UMP. Non, mais M. C'était... Il peut y avoir plusieurs biens. Emmanuel Macron n'était même pas encore président de la République. Non, mais j'ai quitté, c'était encore François Hollande. Il peut y avoir plusieurs vies en politique.
Donc, Bruno Rotaillot, s'il considère qu'il s'est trompé, s'il considère qu'il s'est fait avoir, s'il considère que notre offre politique, elle peut redresser le pays, lui et tous ceux qui considèrent ça, et il y en a aussi à gauche des gens qui considèrent ça, ils sont les bienvenus, bienvenus dans l'aventure, parce que redresser le pays, ça ne va pas être de la tarte.
Est-ce que vous ne voulez pas de l'union des droites juste parce qu'elle est proposée par Éric Zemmour, que Marine Le Pen déteste plus que tout ?
Non, mais parce que c'est trop restrictif. Pourquoi l'union des droites ? Mais moi, je ne m'adresse pas aux Français uniquement de droite. Vous, c'est ni droite ni gauche. Mais au-delà de la droite et au-delà de la gauche, ce n'est pas ni droite ni gauche. Moi, je viens de la droite et je suis élu dans une circonscription dans laquelle il n'y a jamais eu un élu autre chose que de gauche qui a été élu depuis 1950. Qu'est-ce que vous avez de gauche, vous, par exemple ? Une conscience sociale, probablement affirmée. Et c'est vrai qu'on partage ça avec Marine Le Pen. On a une conscience sociale.
C'est vrai que nous, le discours mort aux pauvres qu'on a longtemps entendu chez les Républicains, ce n'est pas le nôtre.
Vous le partagez avec Marine Le Pen, mais est-ce que vous le partagez aussi
avec Jordan Bardelac
qui n'est pas tout à fait sur la même ligne ?
Si, il a une conscience sociale forte. Quand il défend la retraite avec 40 annuités à partir de 60 ans ou 42 annuités à partir de 62 ans, il a une conscience sociale très aboutie. Mais c'est Jordan Bardelac
qui avait dit 60-62 ans, il faudra peut-être rehausser tout ça si les finances sont mauvaises.
Il faudra rehausser tout ça. Il n'a jamais dit ça. Pendant la campagne de la dernière législative. Il a même dit dernièrement c'est un de nos totems.
C'est un de nos totems. D'accord. Jean-François Copé, ancien Bardem, je crois que vous aviez travaillé avec lui pour le coup. Oui, oui. Je vous rappelle des souvenirs.
On a l'impression de faire un voyage dans le temps.
Il dit ce matin...
Il y a bien des ministres de Raffarin dans le gouvernement. Ils disent qu'on est plus proche du train fantôme que du Futuroscope.
Il dit ce matin même qu'il n'y aura jamais de rapprochement entre l'ERR et l'ERN parce que votre programme est socialiste. Oh là... Vous pouvez dire j'ai un côté de gauche mais vous ne pouvez pas dire j'ai un côté socialiste sur l'économie. Non, j'ai une conscience sociale.
Je n'ai pas dit j'ai un côté de gauche mais j'ai une conscience sociale. Et moi je pense que... Moi je suis très heureux d'avoir cette conscience sociale. Ben oui, on est moins libéraux que M. Copé. Plus libéral, c'est possible d'ailleurs. Oui, on a une conscience sociale. C'est-à-dire que nous on considère que les gens qui en bavent, les gens qui travaillent, les gens qui ont peu, eh bien on doit les épauler. On ne doit pas les regarder de haut. Et oui, on est moins conservateurs aussi que tous ces gens-là. Ça c'est clair. Est-ce que ça nous empêche de travailler avec des gens de droite ? Ben non. Parce qu'il y a des tas de gens de droite qui partagent la même chose que nous.
La preuve, Éric Ciotti. Donc vous voyez, moi je pense qu'on a beaucoup de choses...
Il n'y aurait pas de honte à dire, pardon je vous interromps, économiquement, vous avez parlé de la réforme des retraites par exemple, je suis beaucoup plus proche de la gauche que des LR. Non, je... 60, 62, vous êtes sur la ligne des insoumis à 60 et des socialistes à 62. Mais moi je ne crois pas à ce truc
de gauche et de droite en fait, excusez-moi. Je ne crois pas à cette... Elle existe la droite, elle existe la gauche et vous existe aussi. Emmanuel Macron a dynamité d'ailleurs tout ça. Moi je pense qu'on a une conscience sociale plus aboutie que les partis classiques de droite aujourd'hui, ça c'est clair, plus aboutie que la Macronie. Oui, on est plus attentif au peuple qui en bave, aux Français qui ont moins. Oui, on est plus attentif à l'agriculteur qui voit évidemment son revenu diminuer chaque année. Oui, et ça je crois que c'est tout à notre honneur.
Un mot encore, si vous voulez bien Sébastien Chenu, il y a le Conseil d'État qui a infligé un revers à Marine Le Pen qui conteste toujours l'exécution immédiate de son illégibilité. Le Conseil d'État, sans rentrer dans les détails, refuse de saisir le Conseil constitutionnel. Ça veut dire très clairement qu'en cas de dissolution, Marine Le Pen ne pourra pas être candidate.
Oui, mais c'est pas pour ça que Marine Le Pen ne demande pas la dissolution. Marine Le Pen continue. Non, non, pardon, ce n'est pas ma question. Ça veut dire qu'elle ne sera pas candidate. En tout cas, s'il y a des voix pour l'être, elle les utilisera. Marine Le Pen explorera toutes les possibilités juridiques existantes, légales, lui permettant de rencontrer les Français aux élections législatives ou aux élections présidentielles.
Mais disons que si les élections avaient lieu dans trois semaines, là, elle ne se lancerait pas au vu de cette dernière décision.
Non, mais elle fera valoir tous ses droits. Il y a peut-être encore quelques chemins juridiques. Sous-titrage Société Radio-Canada
Sébastien Chenu