Emmanuel Grégoire - Le Barbier du matin du 26/06/24
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05ComplaisanteRéponse partielle
Grégoire, bonjour.
- 0:14OuverteRéponse partielle
Vous êtes candidat dans la 7ème circonscription, vous êtes le premier adjoint au maire de Paris.
- 0:18ComplaisanteRéponse directe
Un petit mot quand même pour ces Jeux Olympiques.
- 0:48OuverteRéponse directe
Vous ne serez peut-être plus premier adjoint à ce moment-là. Comment se passe la campagne sur le terrain ?
- 0:53OuverteRéponse directe
Est-ce que cette campagne est claire après la dissolution ?
- 1:33RelanceRéponse directe
Cette précipitation a donné l'accord du nouveau Front populaire avec beaucoup de non-dits. Est-ce que c'est vraiment un avantage ce Front populaire pour une circonscription comme la vôtre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« Oui, ça se présente bien. On a beaucoup travaillé collectivement pour préparer cette échéance. »
- 1:02Invité politiqueFait
« C'est de priver le pays d'un débat profond, sincère, transparent. »
- 1:56Invité politiqueFait
« L'ennemi qui doit nous rassembler tous, c'est la lutte contre le Rassemblement national. »
- 2:17Invité politiqueFait
« Je suis très proche de Raphaël Glucksmann, du Parti Socialiste. »
- 2:51Invité politiqueFait
« Le Rassemblement national est la plus grande menace qui pèse sur les libertés publiques. »
- 3:15Invité politiqueFait
« Dans toutes les circonstances où ces déclarations, y compris de complaisance avec l'antisémitisme, ont été observées et sont inacceptables en toutes circonstances. »
- 4:47Invité politiqueFait
« Vous comprenez que Jean-Luc Mélenchon n'en fait pas partie. »
- 5:23Invité politiqueFait
« Non, c'est inacceptable et je crois que c'est l'avant-garde de tout ce qu'il a longtemps voulu cacher. »
- 6:30Invité politiqueFait
« Fondée par des Waffen-SS, par des négationnistes, et ce que c'est aujourd'hui encore dans les individualités qui constituent le noyau dur de son organisation. »
- 8:44Invité politiqueFait
« Le secteur est bloqué parce qu'il n'y avait pas de volonté politique de le porter. »
- 10:32Invité politiqueFait
« Mais reculer l'échéance ne me paraît pas la solution. »
- 11:51Invité politiqueFait
« Oui, ça peut arriver, ça peut arriver évidemment. »
- 14:01Invité politiqueFait
« Il se dit de gauche ? Oui, il se dit de gauche, mais comme beaucoup se sont dit de gauche en appartenant à des gouvernements de droite. »
Temps de parole
- Emmanuel Grégoire85 %
- Présentateur15 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les grands débats commencent sur Radio-G.
Grégoire, bonjour. Bonjour. Vous êtes candidat dans la 7ème circonscription, vous êtes le premier adjoint au maire de Paris. Un petit mot quand même pour ces Jeux Olympiques. On apprend ce matin dans le Parisien que ça se passe bien, que ça se présente bien.
Oui, ça se présente bien. On a beaucoup travaillé collectivement pour préparer cette échéance. On est dans les temps de parcours de la préparation. On a vraiment tout fait pour essayer de faire en sorte que ce soit la plus belle fête possible pour tout le monde. A la fois pour ceux qui auront des billets, qui viendront pour l'événement. Mais partout dans Paris et dans les villes qui accueillent des épreuves, il y aura plein de lieux pour faire la fête. Et notre pays, je crois, dans ce climat politique, a besoin de faire un peu la fête tous ensemble.
Alors vous ne serez peut-être plus premier adjoint à ce moment-là. Vous serez conseiller de Paris, mais par la loi du cumul, vous serez député. Comment se passe la campagne sur le terrain ? Est-ce que cette campagne est claire après la dissolution ? Ça permet de dire des choses.
C'est difficile. C'est d'ailleurs peut-être l'une des fautes du président. C'est de priver le pays d'un débat profond, sincère, transparent. Il y avait dans la précipitation de cette décision aussi une forme de malignité qui était d'empêcher que s'installe le débat et d'empêcher la gauche de se rassembler, de profiter des fractures qui étaient nées pendant les élections européennes. Et c'est vrai que c'est un peu dommage. L'avantage, c'est que la système circonscription, on la traverse en 20 minutes à pied. Donc on voit beaucoup de monde, etc. Mais je sais la frustration de nombreux candidats qui n'ont pas le temps de dialoguer autant qu'ils l'aimeraient avec leurs concitoyens.
Cette précipitation a donné l'accord du nouveau Front populaire avec beaucoup de non-dits, beaucoup de thèmes laissés de côté. Ce boulet du débat sur qui sera Premier ministre. Est-ce que c'est vraiment un avantage ce Front populaire pour une circonscription comme la vôtre ?
C'est un avantage, oui, mais c'est surtout une nécessité. Je vais être très franc. Pourquoi c'est une nécessité ? Parce que l'ennemi qui doit nous rassembler tous, c'est la lutte contre le Rassemblement national. C'est la lutte contre les discriminations, la lutte contre la haine, la lutte contre l'antisémitisme, la lutte contre le racisme. Et face à cet impératif moral, il était nécessaire de s'unir. Il n'est à l'évidence pas complet, il n'est à l'évidence pas aussi profond qu'on le souhaiterait collectivement. Mais moi, je suis très proche de Raphaël Glucksmann, du Parti Socialiste. Cette ligne-là a beaucoup pesé pour imposer les clarifications indispensables dans cet accord.
Et cet accord, aujourd'hui, il constitue une nouvelle base de travail à gauche dans la clarté et aussi conforme aux enseignements du scrutin des Européennes.
Est-ce que vous comprenez néanmoins que dans une perspective de second tour, certains n'aient pas un réflexe automatique de soutenir celui qui sera opposé au RN, mais vont regarder de près ? Est-ce que c'est un LFI ? Est-ce que c'est un LFI tendance Ruffin ou tendance Mélenchon ? Vous comprenez cette hésitation ?
Mon sentiment, c'est que le Rassemblement national est la plus grande menace qui pèse sur les libertés publiques, sur les droits d'un certain nombre de concitoyens, et qu'à ce titre, il doit être sans aucune exception combattu. Mais je ne peux que comprendre l'émoi suscité par un certain nombre de candidats d'individualité qui, par leur déclaration, ont aussi commis des choses inacceptables. Je l'ai déjà dit hier, je le dis aujourd'hui, je le redirai demain, dans toutes les circonstances où ces déclarations, y compris de complaisance avec l'antisémitisme, ont été observées et sont inacceptables en toutes circonstances.
Une fois que vous vous retrouverez Front Populaire, soit majoritaire, soit dans une opposition, il faudra remettre encore sur la table cet accord pour le peaufiner, le durcir, clarifier encore les choses ? Ça, c'est les Français qui vont le choisir.
C'est évidemment en fonction du résultat des élections législatives que nous verrons quelles sont les étapes engagées à suivre. Mais à l'évidence, je souhaite que le nouveau Front Populaire, parce que c'est la seule force qui peut empêcher le Rassemblement national d'être majoritaire, absolu, seul, à l'Assemblée nationale, et je crois que chacun mesure la menace que cela peut faire peser. Et oui, il faudra approfondir autour d'un projet de gouvernement pour la France, mais il faudra le faire dans la clarté, évidemment, et en approfondissant les grands principes qui ont été posés la semaine dernière.
Et si vous êtes majoritaire, vous avez, vous, un Premier ministre préféré en tête ? C'est la question de la semaine.
Oui, j'ai un profil, en tout cas, qui permet d'exclure un certain nombre d'autres. Alors, la première chose, c'est que, évidemment, le candidat à la fonction devra être au centre de gravité du nouveau Front Populaire. Pas forcément dans le groupe le plus puissant, mais... Ah non, ce n'est même pas du tout la logique. La logique, c'est qu'il devra être au centre de gravité représentatif de tout, évidemment, ce nouveau Front Populaire. Deuxièmement, ça doit être quelqu'un de consensuel. On doit animer une majorité, animer un gouvernement.
Troisièmement, je pense que c'est quelqu'un qui devra avoir l'expérience de la gestion des affaires de l'État parce qu'on ne s'improvise pas le Premier ministre. Et je pense qu'il y a de très nombreux profils qui peuvent y prétendre. Vous comprenez que Jean-Luc Mélenchon n'en fait pas partie. Je le dis très clairement et je crois que c'est suffisamment dit pour maintenant que tout le monde comprenne que ce ne sera pas le cas. Moi, j'ai beaucoup de noms qui me viennent en tête. Et puis, j'ai, à titre personnel, dit que je pense que ce serait intéressant que ce soit une femme, y compris pour incarner ce renouvellement, ce dépassement que nous souhaitons porter avec le nouveau Front Populaire.
On va parler des propositions du Front Populaire dans certains domaines. Un mot sur cette idée du RN, interdire l'accès à certains postes à des binationaux, des postes stratégiques en sécurité, dit le RN. Est-ce que c'est acceptable ?
Non, c'est inacceptable et je crois que c'est l'avant-garde de tout ce qu'il a longtemps voulu cacher. Dans son effort de respectabilité, le RN a essayé de cacher ce qu'il est profondément. Et ce qu'il est profondément, c'est un pays raciste, c'est un parti raciste, antisémite et qui fera de la préférence nationale un principe d'exclusion des autres. Et on peut le dire ici, de quoi on parle quand on parle des binationaux ? On parle des franco-américains, on parle des franco-israéliens, on parle des franco-chinois pour prendre trois grandes nations sur lesquelles, évidemment, il y aura des soucis.
À quel moment on se dit qu'il est juste d'exclure par un principe de binationnalité des gens remettant en cause très profondément, philosophiquement, leur attachement et leur sincérité de citoyenneté française ? C'est, je pense, un très bon exemple de ce que fera le RN en le démultipliant ensuite. Parce que d'abord, ce sera pour les emplois dans l'État, et après ce sera dans les emplois privés peut-être, et après ce sera dans les emplois dans le secteur du commerce, etc.
Je vais vous dire, il n'y a pas besoin de gratter loin sur le vernis RN pour rappeler ce que c'est, et dans son histoire, fondée par des Waffen-SS, par des négationnistes, et ce que c'est aujourd'hui encore dans les individualités qui constituent le noyau dur de son organisation, et dans lesquelles il y a toujours des accointances avec des mouvements néo-nazis, etc. Et je sais que parfois il y a de la confusion, mais je veux que vraiment, collectivement, on ne se trompe pas d'ennemis. On ne se trompe pas d'ennemis, et je reconnais l'effort de ripollinage et de respectabilité. Ils ont plutôt réussi cet exercice de dédiabolisation.
Mais quand on gratte un tout petit peu, ils sont toujours là, ils sont toujours là, et c'est ça qui prendra le pouvoir s'ils sont en situation de gagner les élections législatives.
Le logement est au cœur du programme du Front populaire, et puis c'est très important pour les électeurs parisiens, notamment l'abolition de la loi anti-squat. Mais il y a beaucoup de gens qui sont victimes de squatteurs et qui n'arrivent pas à récupérer leurs droits sur leur appartement. Vous les affaiblissez ?
Alors non, parce que ça, que la justice soit capable, quand il y a un comportement délictuel, on va dire, de quelqu'un qui occupe indûment un logement, il y a déjà des mécanismes, y compris avant la loi anti-squat. Ils sont lents, mais c'est un problème de lenteur de la justice. Ce n'est pas un problème, ni d'évaluation des sanctions, ni de mise en œuvre des sanctions. C'est la justice, mais des années pour juger ce qu'elle devrait... Donc peut-être qu'on doit travailler pour les cas clairement frauduleux.
Et la deuxième chose, c'est que dans les cas qui nous choquent le plus, c'est-à-dire les gens qui sont dans une misère très grave et dont l'alternative qui s'offre à eux est soit d'avoir du mal à payer leur loyer, soit de dormir dans la rue. Et là, c'est là qu'il faut qu'il y ait des politiques sociales qui accompagnent pour faire en sorte de sortir les gens des logements, mais en leur proposant une alternative. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de fraudeurs de bon cœur. Si c'est le cas, il faut les sanctionner en raccourcissant les délais de justice. C'est ça le sujet qui insécurise les investisseurs dans le logement. Et pourquoi je m'y intéresse beaucoup ?
C'est parce qu'on sait, notamment à Paris, que beaucoup de gens refusent de louer, y compris pour ne pas prendre le risque d'avoir ce type de problème juridique, d'un payer, etc. Et donc, il faut fluidifier les prises de décisions et puis il faut renforcer les mécanismes alternatifs, d'hébergement notamment social, pour permettre à des gens qui ne peuvent plus payer leur loyer de ne pas aller dormir seulement sous les ponts.
200 000 logements sociaux construits par an pendant 5 ans, vous le promettez, mais aucun gouvernement dans les 10-15 ans qui nous ont précédés n'ont réussi à tenir les promesses. Le secteur est bloqué.
Le secteur est bloqué parce qu'il n'y avait pas de volonté politique de le porter. Et pour une raison qui est, je trouve, complètement idiote, qui est le fait de ne pas considérer le logement et le bâtiment comme une activité économique noble. Et il y a un vrai problème de sous-investissement de l'État, qu'elle soit d'ailleurs sur le plan financier, mais y compris sur les mécanismes juridiques. Le bâtiment, c'est l'un des plus précieux secteurs économiques de notre pays, pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'il permet de fournir un toit aux gens pour dormir. Sur le plan sociétal, c'est fondamental. Deuxièmement, parce que c'est de la main-d'œuvre non délocalisable.
Et à chaque fois que l'immobilier traverse une crise, le coût en matière d'emploi est immense. Par ailleurs, c'est un des secteurs qui a les meilleurs rendements fiscaux pour l'État. C'est-à-dire que pour un euro investi, le retour sur investissement fiscal de l'État est immense. Et donc, il y a eu des propositions extrêmement intéressantes qui avaient été faites dans le cadre du CNR sur le sujet de logement. Aucun n'a été repris par l'État. On a fait travailler des centaines et des centaines de personnes très intelligentes de tout secteur public, privé, associatif sur ces sujets-là. Et malheureusement, il n'a pas été repris. Et donc, il y a plein d'idées.
Il faut relancer la construction de logements. Il faut évidemment renforcer l'application de la loi SRU. Il faut que les préfets aient la charge de l'appliquer plus fort et plus vite quand les maires ne le font pas suffisamment. Et quand les maires ont des politiques volontaristes en la matière, c'est le cas à Paris, il faut accompagner les communes pour mettre en œuvre ces projets.
Il y a des logements qui vont sortir du parc locatif. C'est tous ceux qui sont considérés comme passoires thermiques. Est-ce qu'il ne faut pas un moratoire où repousser les délais pour ne pas se priver de ces logements ?
Alors ça, on comprend bien le problème. On a à la fois une crise de logement et en même temps, l'ambition d'obliger à la rénovation thermique d'un parc immobilier qui est vieillissant et qui ne permettra pas de respecter les trajectoires de neutralité carbone horizon 2050. Mais reculer l'échéance ne me paraît pas la solution. Mais en revanche, nous souhaitons mettre en place des mécanismes incitatifs sur le plan financier et ensuite desserrer un peu la contrainte juridique pour faire en sorte que les travaux soient engagés, qu'ils soient programmés, qui pourraient par exemple permettre de détendre la location de ces logements, mais à la condition qu'un plan de rénovation soit engagé.
Je pense en particulier sur le secteur de l'hébergement des étudiants. Il y a évidemment une crise du logement pour tout le monde, mais il y a aussi des sujets sur lesquels il y a une crise plus grave, notamment pour les jeunes salariés, pour les étudiants, etc. Et donc, on a les moyens d'engager la rénovation thermique. Et je le redis, la rénovation thermique, c'est un gisement d'emploi immense. Gisement d'emploi immense, c'est derrière des économies d'énergie qui seront à la faveur du pouvoir d'achat des ménages qui en bénéficieront.
Et ça permettra de façon globale à notre pays d'engager vraiment une trajectoire de baisse, on va dire, des consommations d'énergie conforme à l'objectif de neutralité carbone. Bref, tout le monde a gagné à travailler ensemble sur ces sujets. Et ils ont été beaucoup trop négligés ces dernières années.
À l'école, le Rassemblement National propose un choc d'autorité, le vouvoiement, écarter définitivement les élèves radicalisés, etc. Est-ce que vous reconnaissez qu'il y a ce problème d'autorité à l'école ?
Oui, ça peut arriver, ça peut arriver évidemment. On y est confrontés tous, comme parents, comme nos enfants nous le racontent, etc. Problème d'autorité, ça dépend quelle en est la cause. Et l'école, ce n'est pas un lieu où on doit subir les affres de la société, c'est un lieu où on doit les transformer, les améliorer. Prendre des exemples, quand vous avez des enfants qui sont insolents, quand vous avez des enfants qui sont irrespectueux vis-à-vis de leurs camarades, y compris dans des formes d'une gravité parfois insoutenable et inacceptable. Le rôle de l'école, c'est de mettre en place les mécanismes qui permettent de les améliorer.
C'est à la fois dans les moyens dont bénéficie la communauté éducative pour ces missions, c'est à mon avis faire en sorte que la mixité sociale soit renforcée dans les écoles pour éviter qu'il y ait des « trappes » endogames dans lesquelles on n'est plus confronté à l'autre, on ne rencontre plus les autres. L'école, c'est une priorité, si je suis élu député, sur laquelle je m'investirais beaucoup parce que c'est probablement l'un des symptômes les plus inquiétants de la désagrégation de notre pacte républicain.
C'est le lieu de la promesse d'égalité, de la promesse d'émancipation citoyenne dans lequel chacun arrive parfois avec ses préjugés, avec ses cultures, avec ses histoires et dans lequel on dit « tu peux t'en affranchir et tu peux te construire ton propre destin, ton propre chemin ». Et il est clair qu'aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Et c'est un cumul de plusieurs facteurs, il serait un peu caricatural pour moi de les énoncer trop rapidement ici, mais dans lequel se cumule un problème de mixité, un problème de moyens, un problème de niveaux, un problème de socle.
Et le gouvernement a fait tout l'inverse, c'est-à-dire quand il fait le choc des savoirs, il renforce les mécanismes ségrégationnistes, il renforce cette dérive d'une école qui serait favorable à quelques-uns et qui serait d'une certaine manière un purgatoire pour les autres. Et c'est dans les purgatoires que se nichent les méchancetés du monde. Et on ne peut pas faire de l'école un lieu qui a une autre mission que celle de rendre les gens ouverts aux autres, de prendre le plaisir d'apprendre, d'apprendre à apprendre tout seul. Et cette promesse-là, on doit la remettre au cœur du projet.
Un mot de votre adversaire, Clébombone, est-il de gauche ?
Non, il n'est pas de gauche, enfin je n'en sais rien. Il se dit de gauche ? Oui, il se dit de gauche, mais comme beaucoup se sont dit de gauche en appartenant à des gouvernements de droite. On n'est pas ce qu'on dit, on est ce qu'on fait. Et Clébombone, il a été ministre de gouvernement de droite. Contrairement à d'autres, il n'a pas fait le choix de rompre et notamment de démissionner. Aurélien Rousseau était en désaccord avec la ligne du gouvernement. Il a démissionné avec fracas. Clément doit mettre en accord ses actes et ses discours. Emmanuel Grégoire, merci, bonne journée. Bonne journée.
Emmanuel Grégoire