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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 13 novembre 2020 26 min

Confinement, contrôles, menace terroriste, étrangers radicalisés... Le "8h30 franceinfo" de Gérald Darmanin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Bonjour Gérald Darmanin, le confinement va donc jouer les prolongations au moins pour 15 jours, on l'a tous constaté autour de nous ces derniers jours, il est sans doute moins bien respecté que le premier confinement, celui du printemps, vous venez d'envoyer en début de semaine une note à tous les préfets pour leur demander de renforcer les contrôles, est-ce que vous dites aux français qui nous écoutent la tolérance maintenant c'est fini ?

0:24
Gérald Darmanin

On le fait bien sûr sur renforcement de contrôle pour les français, il y a plus de 400 morts par jour, vous l'avez vu, chacun peut être touché dans sa famille et effectivement il convient désormais de faire respecter un peu plus encore ce confinement qui est différent du premier, on ne peut pas tout à fait les comparer puisqu'on peut aller chercher les enfants à l'école, on va travailler, donc il est forcément différent du premier mais il doit être davantage respecté donc j'ai effectivement demandé au préfet de faire davantage respecter les règles du confinement

0:50
Présentateur

On va avoir davantage de policiers et de gendarmes sur le bord des routes, dans les rues des centres-villes, dans les commerces ?

0:55
Gérald Darmanin

C'est déjà le cas depuis au moins 24 heures puisqu'il y a eu 100 000 verbalisations depuis le début du deuxième confinement et il y en a eu 12 000 dans les dernières 24 heures Donc le rythme s'accélère ? Le rythme s'accélère mais je le dis encore une fois, si chacun respecte les règles sanitaires, alors on sortira le plus vite possible de cet état qui nous tous nous dérange évidemment, qui est l'état du confinement

1:17
Auditeur

Gérald Darmanin, dans les grandes surfaces aussi, c'est le rôle de la police de faire des patrouilles pour vérifier qu'un magasin ne vend pas des jouets par exemple ?

1:26
Gérald Darmanin

Le rôle de la police c'est de protéger les français, vous savez on est en pleine crise terroriste, protéger les lieux de culte, protéger les écoles, protéger les hôpitaux Elle le fait de mauvaise grâce et la consigne donnée à tout le monde c'est de respecter aux chefs d'entreprise, aux personnes qui vont acheter des choses, aux français de manière générale Respecter les règles sanitaires, si jamais il faut que la police vienne les faire respecter, elle le fera Mais que chacun ait un comportement de citoyen, c'est-à-dire que chacun respecte l'autre Et encore une fois, plus le virus circulera parce que nous circulerons, alors plus on restera dans cet état de confinement qui n'est agréable pour personne

2:02
Auditeur

60% des français avouent ne pas avoir respecté les règles au moins une fois depuis le début du confinement Est-ce que ça vous est déjà arrivé à vous de ne pas respecter au moins une fois la règle ?

2:11
Gérald Darmanin

Je ne le crois pas, je suis allé courir à Tourcoing, alors près de chez moi, un peu plus d'un kilomètre de chez moi, un kilomètre de 7 Donc vous n'avez pas respecté les règles ? Parce que mon service, parce que mon service de sécurité souhaite que lorsque je fasse des sorties, je les fasse de manière sécurisée Malheureusement, je n'ai pas la liberté de chacune et de chacun, je dis malheureusement parce que c'est parfois un petit peu lourd à vivre Mais je le fais évidemment, donc je pense que moi j'ai respecté les règles du confinement

2:38
Présentateur

Les écologistes demandent que cette règle du kilomètre pour pouvoir se déplacer soit assouplie pour que les français puissent par exemple aller dans un parc ou dans une forêt C'est une possibilité ou c'est non ?

2:48
Gérald Darmanin

La possibilité c'est de remplir son attestation et d'être en lien avec son attestation Et donc il y a la règle du 1 kilomètre, cette règle du 1 kilomètre il faut la respecter Mais le problème n'est pas d'aménager les règles d'aujourd'hui Le problème c'est de les respecter afin de ne pas prolonger l'état de confinement Nous serons tous très heureux de sortir de cet état On pourra de nouveau aller dans les commerces, on pourra de nouveau aller au restaurant rire avec ses amis On pourra de nouveau vivre, s'embrasser, se serrer la main

3:15
Auditeur

Donc vous dites non aux écologistes sur cette possibilité là ?

3:17
Gérald Darmanin

Je dis que c'est pas un service à rendre aux français que de leur faire croire qu'on pourrait vivre dans un état de confinement amélioré C'est pas le but du jeu Le but c'est de respecter des règles sanitaires strictes Afin de sortir de l'état de confinement que nous connaissons Ces règles elles fonctionnent Le Premier ministre l'a dit hier Vous avez vu la France est un des seuls pays où les contaminations se stabilisent Alors on ne le voit pas encore dans les mises en réanimation On ne le voit pas encore dans les décès Parce qu'il y a un effet retard de 15 jours, 3 semaines vous le savez Mais nous allons vers le bon chemin Mais c'est un chemin qui est difficile En attendant le vaccin, en attendant la disparition du virus Et la France je crois est parmi les pays qui a les meilleurs résultats Dans les difficultés sanitaires, économiques que nous connaissons tous les pays occidentaux

4:02
Auditeur

Les offices religieux, monsieur le Premier ministre, monsieur le ministre de l'Intérieur, pardon

4:05
Gérald Darmanin

Ah, non, non, non, c'est très bien comme ça C'était pas prévu

4:09
Auditeur

Donc les offices religieux sont interdits et pourtant Dimanche dernier des centaines de fidèles catholiques se sont retrouvés à Nantes et à Versailles En extérieur sur le parvis de leurs églises pour prier On avait cru comprendre que même en extérieur les rassemblements de plus de 6 personnes étaient interdits Est-ce que c'est toujours le cas ?

4:26
Gérald Darmanin

Oui, c'est toujours le cas

4:27
Auditeur

Donc ces personnes ont été verbalisées ?

4:30
Gérald Darmanin

Écoutez, on essaye au maximum de faire de la pédagogie Et je pense pas que le rôle des policiers, des gendarmes, c'est d'aller verbaliser des gens qui sont devant des lieux de culte Mais s'il faut le faire, on finira par le faire

4:40
Présentateur

Ils ont prévenu qu'ils allaient le refaire ce week-end Il y aura donc des policiers pour les accueillir ?

4:43
Gérald Darmanin

Je préviens que dans ces cas-là, nous verbaliserons Mais franchement, je crois que les religions, elles aiment la vie, elles protègent la vie Et j'avais cru comprendre que c'était le cas de l'église catholique Et je remercie Mgr Moulin-Beaufort, qui est le président des évêques de France Avec qui nous travaillons extrêmement bien Qui est bien sûr désolé des mesures que nous prenons Et c'est à leur bon droit qu'ils ont fait un recours au Conseil d'Etat Contre les décisions du gouvernement C'est tout à fait respectable dans un état de droit Sauf que le Conseil d'Etat a donné raison au gouvernement Il ne peut pas y avoir d'office religieux Vu la gravité de la situation Où toutes les 30 secondes, il y a quelqu'un qui devient malade Et qui connaît des difficultés liées au coronavirus Donc je dis aux catholiques de France Mais comme je dis aux musulmans de France Comme je dis aux juifs de France, aux protestants de France Bien sûr que la liberté de culte est très importante Nous avons d'ailleurs laissé ouvert les lieux de culte Les lieux de culte peuvent continuer à faire du culte Avec un ministre du culte Qui peut continuer à faire son office Et filmer d'ailleurs son office Pour que pendant les quelques semaines Que nous connaissons l'état de confinement On puisse avoir un lien avec sa religion Nous le respectons profondément Mais la vie est plus importante que tout Et la vie, c'est de lutter contre le coronavirus Donc je ne souhaite pas envoyer les policiers Les gendarmes verbaliser des croyants devant une église Évidemment, mais s'il s'agit d'un acte répété Et qui est manifestement contraire aux lois de la République Je le ferai

5:58
Présentateur

Vous le ferez dès ce week-end ?

5:59
Gérald Darmanin

Je le ferai dès ce week-end Il y a eu un week-end de m'ensuit Qui était le week-end de l'entrée dans le confinement Et qui était aussi le week-end de rentrée Des vacances scolaires Il n'y aura plus de week-end de m'ensuit

6:09
Présentateur

Gérald Darmanin, un documentaire, en tout cas un film Qui se présente comme tel Qui s'appelle Hold Up Est sorti ces derniers jours sur internet Qui affirme que la crise du Covid Est une manipulation des élites Des politiques et des médias Vous l'avez vu ? Non, je ne l'ai pas vu Est-ce qu'on peut laisser un film se propager comme ça ? Est-ce que c'est la démocratie ? Ou est-ce qu'il faut faire quelque chose ?

6:29
Gérald Darmanin

Je n'ai pas vu ce film Donc je ne vais pas commenter quelque chose que je n'ai pas vu

6:32
Présentateur

Un film dans lequel par exemple Philippe Dousteblasi est interrogé Il a expliqué hier soir Qu'il avait été piégé lui-même Il demande à être retiré Je n'ai pas vu ce film

6:40
Gérald Darmanin

Donc je ne vais pas faire comme ceux qui commandent Des choses qu'ils n'ont pas vues La démocratie On en a beaucoup parlé cet dernier temps C'est aussi de laisser diffuser Des choses qu'on n'aime pas entendre diffuser Maintenant c'est au travail des journalistes Des critiques par définition Peut-être aussi des femmes et des hommes politiques Du débat public Que de casser des arguments Qui relèvent du complot Évidemment Vous voyez bien que tous les pays du monde Ont été concernés par le coronavirus Cette bataille pour la santé mondiale C'est une bataille très importante Il est sûr que nous vivons quelque chose d'extraordinaire Que notre génération connaît On pourra dater les photos Du temps où on avait les masques sans doute C'était du temps du coronavirus Mais malheureusement à l'échelle mondiale Et à l'échelle de l'histoire du monde Ce n'était pas très original La grippe espagnole a tué des millions de gens Au lendemain de la première guerre mondiale On ne s'en souvient plus Parce qu'il y a peu de gens pour témoigner évidemment Mais je dis aux français Evidemment ne laissez pas vous laisser bercer Par des théories complotistes Qui ne servent que les paranoïaques L'actualité du jour C'est aussi la menace terroriste C'est à l'IA Braclia

7:37
Auditeur

Oui juste après l'interview Vous vous rendez aux commémorations Des attentats du 13 novembre 2015 Depuis 5 ans 20 attentats ont été commis Sur le sol français 3 fois plus ont été déjoués Est-ce que le risque aujourd'hui Est-ce que le risque aujourd'hui Est-ce que le risque est plus élevé Qu'il y a 5 ans ?

7:53
Gérald Darmanin

Le risque aujourd'hui est très élevé en tout cas Je ne sais pas s'il était plus élevé qu'il y a 5 ans Mais il est très élevé Il est très élevé parce que nous avons à subir Une double menace La menace qu'on appelle exogène L'extérieur Des gens qui sont envoyés sur notre sol Ce qui était le cas en 2015 Pour tuer Évidemment tout ce qui ressemble A l'identité française Les terrasses de café Des salles de concert Des journalistes Et puis nous avons aussi une menace très forte Endogène Des gens qui sont parmi nous Des ennemis de l'intérieur Qui s'arment idéologiquement Avec ce que moi j'appelle Les officines islamistes radicales Et qui passent à l'acte Avec parfois un couteau Évidemment qu'ils ont été chercher Dans des endroits Qui sont des endroits Tout à chacun Sa cuisine Ce qu'on appelle parfois

8:41
Présentateur

Le terrorisme du coin de la rue

8:43
Gérald Darmanin

En tout cas les deux sont L'un prend le pas sur l'autre En ce moment La menace endogène est plus forte La menace intérieure Est plus forte Mais il ne faut pas exclure La menace exogène Même si l'armée française Vous l'avez encore vu très récemment Contribue à supprimer Cette menace exogène Avec ce qui s'est passé Encore récemment Au Mali

9:01
Présentateur

La mort du chef militaire D'Al-Qaïda au Mali Annoncée ce matin Par votre collègue Florence Parly

9:06
Gérald Darmanin

Mais j'encourage Tous les français S'ils le souhaitent Et pardon de faire la publicité Pour un journal en particulier De lire l'excellente interview Qu'ont donné les deux chefs Le patron de la DGSE Les services extérieurs Monsieur Emier Qui est sous l'autorité de Mane Parly Et monsieur Lerner Le patron de la DGSE Les services intérieurs Qui est sous mon autorité Ils expliquent extrêmement bien Ce qu'est la menace terroriste Elle est très forte Et chaque français De doit être vigilant

9:26
Présentateur

Depuis sa prise de parole A la Sorbonne Pour réaffirmer le droit A la caricature On sait qu'Emmanuel Macron A été la cible De menaces de mort Sur des réseaux sociaux Est-ce que sa sécurité A été renforcée ? Je n'ai pas commenté

9:38
Gérald Darmanin

La sécurité des personnes Qui sont renforcées Y compris si Si c'était le cas Vous nous le diriez ? Non Non Non mais en tout cas Ce qui est sûr C'est que les menaces Se multiplient Elles se multiplient Contre des hommes politiques Ou des femmes En responsabilité politique Elles se multiplient Contre des journalistes

9:53
Auditeur

Le président de la République C'est le plus menacé ?

9:56
Gérald Darmanin

Il est aussi Très bien protégé Ce n'est pas que Le président de la République Beaucoup de gens Prennent des positions Extrêmement courageuses Je pense notamment A vos collègues journalistes Que nous devons parfois protéger Je pense aussi à des maires Qui ne connaissent pas Les protections que peuvent connaître Les membres du gouvernement Par exemple Et qui courageusement Prennent des positions Je pense au recteur De la mosquée de Paris Je pense à des personnes Qui se lèvent Et qui se disent Notre vie en commun La France Que l'on soit français Ou étranger Mais que nous aimons Les valeurs de la République Que l'on soit catholique Protestant Musulman Juif Agnostique Nous pensons nous Que nous avons Un destin commun Et qu'il y a des gens Qui veulent nous faire la guerre Qui s'appellent Les terroristes islamistes Et bien ces gens là Se lèvent Et courageusement Se défendent Et défendent notre pays Et ils sont par nature menacés Et notre travail C'est de les protéger

10:43
Auditeur

Gérald Darmanin Hier vous étiez donc En Russie En fin de semaine dernière En Algérie En Tunisie Des déplacements Dans le cadre De la lutte Contre le terrorisme Dans ces trois pays Vous avez soumis Aux autorités Une liste De leurs ressortissants En situation irrégulière En France Et soupçonnés De radicalisation Que donc Vous souhaitez expulser Quelle a été La réaction De ces autorités Quand vous leur avez présenté Cette liste

11:07
Gérald Darmanin

Bon d'abord Ils m'ont reçu Je les en remercie Souvent le président De la République A eu des échanges très forts Précédemment Avec les dirigeants De ces pays Le président de la République Vladimir Poutine au téléphone Il a eu le président tunisien Au téléphone Par exemple Et il m'a envoyé Pour effectivement dire Que les étrangers En situation irrégulière Ayant épuisé Toutes voies de recours Doivent être expulsés Du territoire national Et singulièrement En priorité Puisqu'en plus Nous sommes dans une période De Covid Et les espaces aériens Sont souvent fermés Les personnes Que nous pensons Être des personnes radicalisées Ou en lien Avec une mouvance Terroriste Des gens qui sont inscrits Dans le fameux fichier FSPRT Des islamistes radicaux Et ces pays Nous accueillent En nous disant Que c'est normal Qu'on leur dise cela Ils souhaitent connaître Les personnes Vérifier que ce sont bien Des nationaux De leur pays C'est tout à fait logique Si on renvoie Quelqu'un en Russie Ou au Maroc Ou en Tunisie Il faut bien que ce soit

11:58
Auditeur

Donc pas de binationaux Dans la liste

11:59
Gérald Darmanin

Non non Il n'y a que Des étrangers Institution irrégulière Par nature Qui ne sont pas binationaux Les binationaux Ils restent Sur le territoire national Ils sont aussi français Mais nous parlons bien Des gens qui doivent Qu'ont vocation A quitter le territoire Sur les 231 personnes Que j'avais évoquées Bien avant les attentats D'ailleurs Où j'avais évoqué La menace Il y en a déjà 48 Qui ont été expulsés Depuis que je suis ministre De l'Intérieur Il y en a eu plus 450 Depuis que le président De la république Est Emmanuel Macron Donc 48 Depuis le 1er juillet Pour faire très vite De cette année C'est un chiffre Très important Je le rappelle Qu'il est fait Pendant la période Du Covid Et il y a la moitié De ces 231 personnes Qui sont désormais Or état de nuire Plus de 50 sont actuellement Au moment où je parle En CRA En centre de rétention Administratif En attendant d'être expulsés Dans les heures Dans les jours qui viennent Et puis une quarantaine Sont assignés à résidence Afin d'être Particulièrement surveillés Nous devons continuer Ce travail Il y a encore Plus d'une centaine D'étrangers En situation irrégulière Que nous soupçonnons De radicalisation Et qui vont être expulsés Sous quel délai ?

Très rapidement Je l'espère D'abord J'espère que les déplacements Et certains ont donné Déjà un certain nombre De résultats Je les remercie Vont faire accélérer Ces expulsions Il y a aussi Ces personnes Qui ont le Covid Donc il y a une période De quarantaine Que nous devons évidemment Respecter Parce qu'elles sont Évidemment Respectées Dans leurs conditions De santé sanitaire Il y a des théâtres D'opérations D'où viennent Ces personnes Qui ne peuvent pas Accueillir Ces personnes Je pense à la Libye Je pense à la Syrie Donc il y a des Syriens Et des Libyens Par exemple Que nous ne pouvons pas expulser Et que nous expulserons Demain ou après-demain Lorsque les choses Seront stabilisées Et en attendant Nous les mettons Évidemment En résidence Surveiller Et donc je voudrais vous dire Que l'état français A la demande du président De la république Est très ferme 48 expulsions Depuis le 1er juillet Sur les 231 Et plus de la moitié De ces personnes Qui sont désormais En centre de rétention Administratif Ou assigné à résidence Gérald Darmanin

13:53
Présentateur

Une proposition de loi Qui arrive la semaine prochaine A l'Assemblée nationale Provoque l'inquiétude De nombreuses associations D'une partie de la presse Également Elle vise à limiter Ou à interdire Selon les points de vue La diffusion d'images De forces de l'ordre Lors de leurs interventions Pour qu'on comprenne bien Si je suis témoin En quittant ce studio Dans quelques minutes De ce que j'estime être Des violences De la part d'un gendarme Ou d'un policier Est-ce que j'ai le droit De sortir mon téléphone Et de filmer Avec cette loi Vous avez le droit En direct

14:19
Gérald Darmanin

Vous avez le droit Si vous voyez un problème Qui relève du code pénal Est-ce que j'ai le droit De le filmer Et de le diffuser Alors vous aurez le droit De le filmer Et de le transmettre Au procureur de la république Qui est le seul A mon avis A faire ces poursuites Donc je n'ai plus le droit De le diffuser Sur un réseau social Si vous voulez le diffuser Sur internet De façon sauvage Pardon de le dire comme ça Vous devrez faire flouter Les visages des policiers Et des gendarmes Mais je voudrais Couper le canard Si je veux dire La tête du canard Qui vole Et qui rend complot Cet article extrêmement important C'est l'article 24 De la proposition De monsieur Fauver Et madame Toureau Je vous interromps

14:53
Présentateur

Un instant vous dites Il faudra le flouter On a bien lu l'article 24 Je ne l'ai pas dans l'article Je vais expliquer Je vais expliquer

14:58
Gérald Darmanin

Je vais expliquer A vos auditeurs Il y a aujourd'hui Des policiers et des gendarmes Qui sont constamment Menacés dans leur vie personnelle Des appels au viol Sur des policières Ou des gendarmes Qui font des interventions Par exemple Des policiers Qui sont reconnus Parce que leur image A été diffusée Je ne parle pas des journalistes Je parle de gens Qui prennent dans la rue Une vidéo D'un policier ou d'un gendarme Qui est en intervention Parfois qui n'est même pas En intervention Ou on met sur internet Parfois on leur dit Venez nous récupérer en MP En message privé L'adresse Le numéro de téléphone La plaque de matriculation De policiers ou de gendarmes J'ai un fichier Si tu veux te venger Sur un flic Fais-le Voilà ce qui se passe aujourd'hui Je rappelle d'ailleurs Que les attentats C'est aussi ceux de Magnonville Où un policier Et sa compagne Qui était policière Ont été égorgés Dans leur domicile Devant leur enfant De quelques années Par quelqu'un Qui a eu leur adresse Personnel Et qui a commis Un attentat Donc nous devons Je dois protéger Ceux qui nous protègent Cet article 24 Il vise effectivement A ne pas jeter en pâture Les policiers Et les gendarmes Qui font un travail Extrêmement difficile Mais les journalistes Pourront toujours Evidemment filmer Toute intervention En direct Ou en différé Toute intervention de police Vous pourrez toujours dénoncer Bien évidemment C'est même inscrit Comme tel C'est le dernier aliné De l'article 24 Je le lis On ne pourra pas faire Obstacle à la communication Aux autorités administratives Et judiciaires compétentes Le procureur de la république Par exemple Ou le ministre de l'intérieur Si on veut le saisir De ce que font Quelques-uns de ses agents Dans le cadre Des procédures Qu'est-ce qu'elle dit Diligeante D'image et d'éléments D'identification D'un fonctionnaire De la police nationale Ou d'un militaire De la gendarmerie nationale

16:31
Auditeur

Alors votre problème C'est quoi ? C'est les réseaux sociaux En fait Les manifestants Par exemple Qui filment Une intervention De maintien de l'ordre

16:39
Gérald Darmanin

Bien sûr C'est de mettre En ligne Directement Le visage Les interventions De ces personnes C'est comme ça

16:46
Présentateur

Que l'affaire Benalla A éclaté par exemple

16:48
Gérald Darmanin

Mais l'affaire

16:49
Présentateur

Si il n'y avait pas Une vidéo de l'affaire Benalla D'Alexandre Benalla

16:52
Gérald Darmanin

Il n'y aurait pas eu D'affaire Benalla D'abord Alexandre Benalla N'est pas policier N'est pas gendarme Il n'aurait pas Il n'aurait pas Été empêché Que des gens Qui aient filmé Une intervention Saisissent évidemment Le procureur de la république Qui aurait évidemment Ouvert une enquête Et troisième Parce que là Il s'agissait non pas D'une personne Vue comme étant Quelqu'un qui n'était pas policier Mais quelqu'un Qui aurait Commis des violences Et troisièmement Un journaliste Aurait tout à fait pu Filmer cette scène Et la diffuser Évidemment Dans des médias Pour être parfaitement clair Un journaliste

17:23
Présentateur

On aura donc continuer Un manifestant

17:25
Gérald Darmanin

On ne pourra pas On aura des débats Parlementaires Sur l'article 24 A l'assemblée Au sénat On aura l'occasion D'améliorer le texte S'il le faut Mais je ne veux pas rentrer Dans le débat Qui consiste à jeter en pâture Les policiers Et les gendarmes Vous savez Quand vous êtes policier Et que vous êtes gendarme Et que vous intervenez Dans des conditions Extrêmement difficiles Et que vous avez Des dizaines de personnes Parfois Qui au lieu de vous aider Ce qui était le cas Il y a quelques années Me semble-t-il Filment Parfois vous insultent Alors que vous faites Une intervention De quelqu'un Qui a agressé Une dame dans la rue Par exemple Il faut avouer Que nous sommes Dans un drôle de monde Et mon travail C'est de protéger Les policiers Et les gendarmes Alors je sais Qu'il n'y a pas La question du floutage Dans le texte de loi Tel que présenté Par la proposition de loi De monsieur Fauver Donc on aura Cette discussion Vous souhaitez Que nous protégeons Les policiers Et les gendarmes Mais que nous acceptons Évidemment Que les journalistes Fassent leur travail Ou que toute personne Qui ait vu Un acte qui serait délictuel Puisse le dénoncer Bien sûr Au procureur de la République En reconnaissant Telle ou telle personne D'ailleurs les policiers Et les gendarmes Ils ont ce qu'on appelle Le ROI C'est-à-dire un numéro Ils l'ont tous sur eux Y compris le préfet de police

18:27
Auditeur

Mais ils ne le portent pas Systématiquement

18:29
Gérald Darmanin

Tous eux Ils doivent le porter Sauf ceux qui sont En intervention terroriste Par définition

18:33
Présentateur

C'est toujours le cas On a pu voir monsieur le ministre Récemment encore Des vidéos de force de l'ordre Qui disent On l'a enlevé à la demande De notre hiérarchie Pour pas qu'on nous l'arrache Pour pas qu'on nous le connaisse

18:41
Gérald Darmanin

Encore une fois Je constate même Que le préfet de police Le porte Donc tout agent de police Heureusement Non mais non Tout agent de police Tout gendarme Doit porter ce ROI Je n'ai pas voulu Moi que les policiers Et les gendarmes Mettent des cagoules Dans les manifestations Je ne l'ai pas souhaité Parce que la police de la République Elle doit être À visage découvert C'est la police de la République Ils ont sorti leur uniforme Et qui sont avec leurs femmes Leurs enfants Leurs maris Lorsqu'ils sont au supermarché Ou lorsqu'ils sont en week-end Des policiers Des gendarmes Qui sans cesse Se font agresser Vous savez Les refus d'obtempérer Y compris dans la zone gendarmerie C'est à dire dans la campagne C'est tout et demi-heure Il y a des policiers Des gendarmes Qui sont agressés Quotidiennement En tant que ministre de l'intérieur Personnellement J'en ai marre De signer des lettres De condoléances Aux familles Parce que telle personne A été renversée A 25 ans Je pense à cette jeune gendarme De 25 ans Dont les premières heures De mise à l'intérieur Ça a été présidé aux obsèques Et de parler à sa famille Et nous devons protection Aux policiers Et aux gendarmes de France Bien sûr La liberté Et les règles de droit Montrent qu'ils sont Comme tout le monde Soumis à une déontologie Et à des règles Et quand ils ont Un pas de travers Nous devons les sanctionner Mais je voudrais dire aussi A vos auditeurs Sur France Info Que les policiers Sont les personnes Les plus sanctionnées De l'administration C'est là où il y a Le plus d'enquêtes C'est un corps Qui est extrêmement contrôlé Et ils rendent des comptes Tous les jours De ce qu'ils font Ils doivent continuer A le faire évidemment Mais nous devons Plutôt les protéger Plutôt que de les mettre En pâture

20:05
Présentateur

Merci infiniment Gérald Darmanin On doit vous libérer Avec quelques minutes D'avance sur l'horaire Normal de cet entretien Parce que vous partez Tout simplement Aux commémorations Des attentats du 13 novembre Qui vont débuter Dans une vingtaine de minutes Au Stade de France

20:17
Gérald Darmanin

Exactement

20:17
Présentateur

Avec le Premier ministre Avec le Premier ministre Et se poursuivre ensuite Aux terrasses Puis au Bataclan Cinq ans Après ces attaques Qui avaient fait 130 morts Merci beaucoup Gérald Darmanin Il est 8h53 Sur France Info Le fil infodienne Ferschit Il y a eu 12 000 verbalisations Dans les dernières 24 heures Affirme sur France Info Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin Ses contrôles du confinement La police Les fait de mauvaise grâce Déclare-t-il Alors que les mesures Ne vont pas s'alléger Avant au moins Le 1er décembre Et même au-delà De cette date Pour les déplacements Il faudra toujours Une attestation Les commerces non essentiels Pourraient rouvrir Mais pas les bars Les restaurants Ni les salles de sport Dans la perspective D'un futur vaccin Contre le coronavirus Un français sur deux Seulement se dit prêt A se faire vacciner D'après un sondage Autoxa d'Ensou Consulting Pour France Info 15% des sondés Refusent d'emblée Toute idée de vaccination Plus d'un mois Après les terribles crues Dans les Alpes-Maritimes Les corps de deux habitants De la vallée de la Roya Ont été identifiés Le bilan de ces très fortes intempéries S'élève désormais A 9 morts identifiées Air France KLM Ne risque pas de disparaître C'est ce qu'affirme Le patron du groupe Dans les échos Ce matin Ben Smith Confiant Il assure Car France KLM A suffisamment de liquidités Pour le court terme Le chef militaire D'Al-Qaïda Au Sahel Tué par l'armée française Au Mali Annonce de la ministre Des armées Florence Parly Elle salue Un succès majeur Dans la lutte Contre le terrorisme C'était il y a 5 ans Les attentats Du 13 novembre A Saint-Denis Et à Paris Et pour la première fois Les proches des victimes Et les rescapés Ne vont pas pouvoir Venir se recueillir Pendant les commémorations Officielles A cause des mesures sanitaires Les commémorations Auront lieu en comité restreint Cette année France Info Gérald Darman A nous acquitté Pour se rendre donc Aux commémorations Des attentats Du 13 novembre 2015 Delphine Gauchot Chef du service police Justice de France Info Vient de nous rejoindre Bonjour Delphine Bonjour Marc Tout comme Jean-Jérôme Bertolus Son homologue Chef du service politique De France Info Avec vous On va revenir Pendant quelques instants Sur cet entretien Avec le ministre De l'Intérieur Qui a tout d'abord Confirmé Delphine Une forme de durcissement Dans l'application Des sanctions Liées au confinement

22:30
Auditeur

Ah oui Fini la tolérance Des premiers jours Le ministre de l'Intérieur L'a rappelé Les contrôles Se sont accélérés Notamment ces dernières 24 heures Puisqu'on enregistre 12 000 contrôles En France Ces dernières 24 heures 100 000 depuis le début Du confinement Gérald Darmanin A envoyé une note En début de semaine Lundi A tous les préfets En leur demandant D'accélérer le rythme De ces contrôles Et le ministre l'a glissé Je ne sais pas si vous avez Entendu cette petite phrase Les policiers le font De mauvaise grâce Mais ils le font Puisque vous savez Que les policiers Les gendarmes Sont sur tous les fronts Et notamment sur le front De la lutte contre le terrorisme

23:05
Présentateur

Jean-Jérôme Bertolus Qu'est-ce que vous retenez

23:06
Locuteur non identifié

De cet entretien Politiquement Alors justement Premièrement On sent bien que Le ministre de l'Intérieur Souhaite que les français Appliquent d'eux-mêmes Ce confinement Est un comportement citoyen Il l'a dit D'autre part Il est revenu Sur l'extrême fermeté Qu'il applique En tant que ministre de l'Intérieur Dans le cadre terrorisme Il a parlé effectivement D'une menace exogène Et endogène Encore renforcée Il est revenu Sur le bilan Parce que c'est vrai Qu'il en avait fait état Sur le bilan Des 231 personnes Qu'il souhaite expulser Les étrangers

23:39
Auditeur

En situation irrégulière Soupçonnés de radicalisation

23:43
Locuteur non identifié

Qui sont inscrits Effectivement

23:44
Auditeur

Au FSPRT

23:45
Locuteur non identifié

En indiquant que 48 L'ont déjà été Que 50 Depuis le 1er juillet Ont déjà été expulsés Je précise Que 50 ont été expulsés Que 50 sont maintenant En voie de lettre Dans des Ils sont effectivement Dans des centres administratifs Et ils vont être expulsés A préciser le ministre Dans les heures Et les jours qui viennent Et que 40 sont assignés En résidence 450 expulsions Depuis 2017 Au total A préciser le ministre

24:11
Présentateur

Sur la loi Qui fâche en ce moment Une partie des ONG Et qui inquiète Une partie des médias Delphine Gottschaud La loi sur la sécurité globale Sur la sécurité globale Et son article 24 Qui prévoit donc De restreindre La diffusion D'images de policiers Vous avez appris des choses Ce matin ou pas ?

24:25
Auditeur

Alors j'avoue Que je reste un peu Sur ma fin En ce qui concerne Les précisions du ministre Parce que Il dit Les journalistes Vous pourrez continuer A filmer Les forces de l'ordre Dans le cadre De manifestations Cet article C'est le crédo Du gouvernement Et des rapporteurs Et là Pour protéger Les policiers Et les gendarmes Pour empêcher La diffusion Sauvage A dit Gérald Darmanin Des images De policiers Sur les réseaux sociaux Des appels au viol A-t-il dit De certaines Policières et gendarmes Néanmoins Effectivement Sur La possibilité Pour les journalistes De continuer A filmer A diffuser Ces images Il n'a pas précisé Si elles devraient Elles aussi Faire l'objet D'un floutage Ou pas

25:12
Présentateur

Floutage C'est un terme Qui n'est pas aujourd'hui Dans cet article 24 Qui va être examiné Mardi prochain On saura donc Mardi Ou lors de l'examen Parlementaire Si effectivement Cette possibilité De flouter Le visage Des forces C'est une demande

25:25
Auditeur

Des forces de l'ordre En fait Qui n'a effectivement Pour le moment Pas été retenue Mais c'est une demande Des policiers Des policiers Des gendarmes

25:30
Locuteur non identifié

Exprimé Auprès du président De la république Quand les syndicats De police Ont rencontré Le président En octobre dernier Promesse réitérée Par Christophe Castaner Reprise effectivement Par Gérald Darmanin Avec un article 24 Qui suscite Des interrogations Parce que Dans ce cas là Il faut être Extrêmement précis On parle là Des journalistes Nous sommes journalistes Mais quid des citoyens On l'a vu Notamment lorsque Ce livreur L'affaire Cédric Chouviat Voilà Et c'était là Des citoyens Qui avaient juste

25:58
Présentateur

Merci à tous les deux On va poursuivre ce débat Dans quelques minutes Merci Jean-Jérôme Merci Delphine Dans quelques minutes Dans les informés Avec Renaud Déni Et tous ses débatteurs D'ici là La météo et le journal