Marine Tondelier : "L'écologie punitive, ce n'est pas la mienne ! On n'est pas là pour emmerder les gens !"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Simon Le Baron, le 7-10.
Ce devrait être le sujet central, au moins l'un des sujets centraux de la vie politique. Et pourtant, entre crise agricole, coupe budgétaire ou remise en cause du pacte vert européen, l'écologie passe clairement au second plan. Est-ce la preuve d'ailleurs de ce phénomène ? A deux mois des élections européennes, deux mois tout juste aujourd'hui, la liste écolo est bloquée dans les sondages, dans les intentions de vote en quatrième position. Marine Tondelier, vous êtes la secrétaire nationale du parti Les Écologistes, anciennement Europe Écologie-Les Verts. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes également élue municipale à Hénin-Beaumont, le fief électoral de Marine Le Pen et conseillère régionale des Hauts-de-France. Le standard est ouvert, 01-45-24-7000, ainsi que l'application France Inter pour nous écrire et vous interpeller, Marine Tondelier. Alors l'écologie au second plan, quelle est votre part de responsabilité à vous, parti écologiste ?
J'espère que vous voyez le problème dans votre raisonnement quand même, parce qu'il y a plein de raisons pour lesquelles ce sujet est difficile à aborder en politique, on en parlera, mais je voudrais bien qu'on ne m'explique pas ce matin que c'est les écologistes le problème, alors que ce sont les seuls qu'ils soient écologistes politiques, élus, je pense notamment à nos maires écolo qui font un travail fantastique, qu'ils soient associatifs, qu'ils soient entrepreneurs.
Les écologistes, c'est ceux qui se bougent aujourd'hui, et donc peut-être qu'on pourrait plutôt poser la question à celles et ceux qui ne se bougent pas, voire qui bougent dans le sens inverse, on peut toujours faire mieux, mais certains font vraiment vraiment pire, et peut-être que c'est à eux qu'il faut poser la question.
Il peut y avoir un problème de positionnement qui vous est reproché d'ailleurs ?
Bien sûr, c'est nous le problème, il n'y a pas de problème. Moi ce que je vous dis, c'est que ce sujet, c'est le sujet du siècle. Il y a plein d'autres sujets, mais celui-là prédétermine toutes les autres batailles qu'on a à mener. Si on perd la bataille du climat, alors les autres sujets, bientôt on n'aura plus à s'en préoccuper. Samedi 6 avril, on a enregistré les températures jamais aussi chaudes, depuis le début des relevés météo, avant un 15 avril, on était le 6 avril. Le début d'année a été le plus chaud de l'histoire des relevés météo aussi, et quand on prend les 12 derniers mois, chaque mois, chaque mois, était un record en lui-même.
Donc oui, c'est dramatique, et vous savez, il y a beaucoup de chercheurs, y compris en neurosciences, qui ont étudié ce qu'ils appellent le syndrome de l'autruche, c'est-à-dire pourquoi le cerveau humain est conditionné pour ne pas réussir à appréhender ce sujet. C'est trop gros, c'est trop énorme, on ne sait pas quoi faire, on est tous un peu responsables. Donc il y a du déni, il y a de l'éco-anxiété. Chacun réagit comme il peut à ce sujet, mais il est éminemment difficile.
C'est le défi le plus immense que l'humanité n'ait jamais eu à relever, et vous avez raison d'alerter sur le fait que c'est mal parti, et que, moi je me rappelle, en 2019, la campagne européenne, on parlait beaucoup de ce sujet. Nous sommes cinq ans après, le sujet est plus urgent, il se pose de manière encore plus dramatique. Moi je pense aux inondés, dans Nord-Pas-de-Calais, dans la Creuse, dans d'autres régions, je pense aux agriculteurs dont les rendements ont baissé de 20 à 30% à cause du changement climatique. Je pense à toutes les personnes qui sont déjà impactées dans leur vie quotidienne, et vous avez raison, on en parle moins.
Mais je vous repose la question, vous avez forcément une part de responsabilité, vous, dans ce phénomène-là. Plus de 13% avec Yannick Jadot il y a cinq ans aux élections européennes, 8,5% pour la liste de Marie-Toussaint aujourd'hui dans les intentions de vote. Encore une fois, est-ce que votre positionnement, qui est considéré par certains comme déconnecté, peut-être retourné vers les privilégiés qui habitent dans les villes, est-ce que ce positionnement est à la hauteur de l'enjeu ?
On mélange beaucoup de choses. La première chose, c'est que les bookmakers, ce n'est pas le match. Les bookmakers, ce n'est pas le match. Et vous allez un peu vite en besogne en expliquant qu'en 2019, tout allait bien, Yannick Jadot, Caracol est en tête, et puis que là, ça ne va pas. Marie-Toussaint, elle est au-dessus dans les sondages aujourd'hui que Yannick Jadot à la même époque. Elle est à 8,5, il était à 6. Le matin même de l'élection, où il termine à 13,75, les sondeurs le donnent à 6. Donc bookmakers, match, différence. Deuxième chose, ce serait de notre faute, on ne s'y prendrait pas bien, etc. En plus, vous me parlez de l'écologie des centres-villes.
L'écologie, c'est pour tous les territoires. Moi, je rentre de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane. Je vais à la Réunion et à la Mayotte, parce que je n'oublie pas les Outre-mer. Et les écologistes se battent. On le fait depuis des mois, partout en France. Dans la ruralité, dans les quartiers populaires. Évidemment que ces territoires délaissés, parfois un peu oubliés, sont en première ligne du changement climatique. Donc je ne veux pas vous entendre dire ce matin qu'on s'occuperait que des bobos des centres-villes. C'est faux.
Je relaie un reproche qui vous est souvent fait.
Eh bien oui, mais vous le relayez, vous pourriez le faire avec nuance. Mais donc, je nuance pas même. Et puis surtout, vous savez, être écologiste, c'est être un élu à la fois du quotidien et du lendemain. Bien sûr qu'il y a plein d'autres sujets tout le temps. On va en parler d'ailleurs aujourd'hui. Mais le propre des écologistes, c'est que jamais on oublie qu'on se bat pour le lendemain, pour les générations futures. Et on ne se laisse pas aspirer par le quotidien ce que fait le gouvernement, ce que font tous les partis politiques, par manque de temps, par manque de formation ou parfois par malhonnêteté intellectuelle. Ça, c'est plus grave.
Mais vous voyez évidemment qu'on ne peut compter à la fin que sur les écologistes pour faire de l'écologie. On parlera sans doute ce matin des batailles qu'on vient de gagner à l'Assemblée nationale, des réalisations de nos maires sur tous les territoires, de ce que les associations nous aident à faire. On se bat tout le temps. Et donc je veux bien entendre à la fin que c'est de notre faute. Moi, je dis à tous ceux qui veulent nous rejoindre pour nous aider, faites-le. Vous avez raison, on n'est pas assez nombreux. À tous ceux qui pensent que peut-être il fait mieux que nous, eh bien venez, remplacez-nous, il n'y a pas de problème. Moi, je ne demande qu'à ce que les sujets avancent.
En attendant, on est là. Ça fait 40 ans et vous savez, on va fêter bientôt les 50 ans de René Dumont. C'est la première candidature écologiste à la présidentielle. Il était avec son verre d'eau, comme ça. Et il disait, regardez, c'est un verre d'eau et vous savez, bientôt on en manquera. Tout le monde avait rigolé. Il avait d'ailleurs écrit un programme qui s'appelait l'utopie ou la mort. Et à l'époque, on disait, oui, les écologistes, c'est des utopistes. Mais aujourd'hui, ce n'est plus nul, les utopistes. Aujourd'hui, les utopistes, ce sont toutes celles et ceux qui pensent qu'on va pouvoir tout continuer sans rien changer, comme avant, et que ça va bien se passer.
Alors justement, quand vous voyez, par exemple, que le pacte vert européen, qui est censé tendre vers la neutralité carbone en 2050, est remis en cause, que beaucoup de pays, de dirigeants de l'Union Européenne veulent le détricoter, comment vous expliquez cela ?
Parlons-en, justement. Il faut se dire ce que c'est l'Europe depuis des décennies. C'est une co-gestion entre les socialistes, en gros, et les libéraux, j'y inclue la droite et les macronistes pour la France. Ils sont en co-gestion, c'est le ventre mou de l'Europe. Donc ils sont là, selon les résultats, ils sont toujours un peu là au milieu, et puis ils sont aux manettes. Et qu'est-ce qu'ils font ? Comme ce ne sont pas des gens très courageux, en fait, ils regardent un peu le sens du vent. Et donc, quand le sens du vent va vers plus d'écologie, que c'est ça que réclament les citoyens, alors ils y vont.
Et puis, quand il y a ce qu'on appelle des backlashs, où on demande plus de sécurité, plus de rigueur, la xénophobie monte, c'est dur, pour tout le monde ça se tend. Alors là, ils font comme ils vont le faire cette semaine, ils s'apprêtent à voter un pacte sur asile, immigration, avec des choses terribles, très régressives, qui vont mettre en danger des gens, il faut le dire. C'est plus de gens qui vont mourir dans la Méditerranée, et qu'on va laisser à leur triple sort en ne s'en préoccupant pas, ou en laissant en première ligne les gens à Lampedusa, Mayotte, qui vont devoir se débrouiller comme ils peuvent. Et ça, c'est inadmissible.
Et donc, ce qui va se passer le 9 juin avec l'élection européenne, c'est que vous pouvez voter pour que ce soit tout comme avant, les socialistes, les macronistes, la droite, ça c'est le ventre mou de l'Europe, ou vous pouvez faire un choix radicalement différent. Certains prendront un bulletin à un rassemblement national, mais toutes celles et ceux qui veulent mettre la barre de l'autre côté, pour plus d'espoir, pour de la joie, de l'enthousiasme, des mesures qui soient positives, qui se battent pour la justice environnementale sociale, alors il y a un bulletin qui permet de le faire, dont toute l'Europe, c'est le bulletin vert.
Et s'il y a la tentation de remettre en cause ce Green Deal, ce pacte vert européen, c'est aussi parce que les normes environnementales sont de plus en plus contestées dans ces pays. En France, on le voit. Et d'ailleurs, ces normes environnementales sont de plus en plus décrites aujourd'hui comme un carburant au populisme et aux extrêmes droites.
Un carburant renouvelable, j'espère, car nous sommes contre les énergies fossiles.
J'imagine que ça doit vous poser question.
Vous avez raison de dire qu'il y a un problème d'acceptabilité sociale de la manière dont ça fonctionne aujourd'hui sur l'écologie. Moi, ce que je vous répondrai, c'est qu'il n'y a rien de pire, rien de pire que l'écologie quand elle n'est pas faite par des écologistes. Parce que ça se transforme en mesure péremptoire, punitive. On dit parfois que c'est l'écologie punitive. Mais l'écologie punitive, ce n'est pas la mienne, ce n'est pas la nôtre. Nous, c'est l'écologie de la joie, une écologie de justice, d'espoir, de redistribution, de renouer du pouvoir de vivre.
Mais manifestement, ce discours a du mal à passer.
Eux, ils ne savent pas le faire. Donc sinon, ils ne font rien pendant des années. Puis d'un coup, ils paniquent. Paf, punition. Paf, attient les agriculteurs. Puis ce n'est jamais contre les gros. Ce n'est pas contre Total, contre les hauts, c'est contre les petits agriculteurs. Allez hop, 3 centimes de plus par litre pour votre tracteur. Alors qu'évidemment, celui qui est en tracteur, il ne va pas les moissonner en vélo. Donc il n'a pas trop d'alternative. Et on s'en prend aux plus petits. C'est un système qui est fort avec les faibles et faible avec les forts. qui, à aucun moment, ne se pose la question de l'acceptabilité sociale, de la justice des mesures qui sont mises en œuvre.
Et donc ça, c'est l'écologie quand elle n'est pas faite par les écologiques.
Qu'est-ce que vous feriez différemment, vous, aujourd'hui ? Comment vous mettriez en œuvre ces politiques-là de manière plus progressive, moins brutale ?
Mais nous, en fait, déjà, on n'est pas là pour... Je vais être un peu vulgaire, excusez-moi, par avance, mais on n'est pas là pour emmerder les gens. On n'est pas là pour emmerder les gens qui galèrent déjà du fait des mêmes politiques, d'ailleurs, qui en général, cumulent les emmerdements envers les gens. Il y a des mesures assez simples que Marie Toussaint, notre tête de liste, propose. Par exemple, l'ISF climatique. Parce qu'aujourd'hui, c'est Robin Desbois à l'envers. C'est-à-dire qu'on taxe de plus en plus... On demande plus d'efforts en France aux chômeurs, aux gens qui ont l'allocation logement, aux personnes, aux petits retraités. Alors là, c'est toujours plus d'efforts.
Par contre, les gros, on ne leur demande jamais rien. Eh bien, nous, on propose l'inverse. Ça paraît assez simple, en fait. Donc, c'est l'ISF climatique.
C'est ce que proposait l'économiste Jean Pisani-Ferry dans son rapport l'année dernière ?
Alors, c'est ce que proposent les écologistes depuis des décennies, on va ce que dire. Et même le conseiller économie de Macron, celui qui a écrit son programme en 2017, finit par dire il y a un an, en fait, c'est une bonne idée, je le propose aussi. Bon, ben voilà, encore une consécration pour les écologistes. Maintenant, il faut le faire. On propose aussi, c'est une proposition de Marie Toussaint, elle est la seule à le proposer, que les États, mais en fait, via l'Europe, prennent des parts dans toutes les boîtes pétrolières que compte notre Europe. C'est-à-dire, montent la participation publique à 51%. Pour qu'on prenne le contrôle, qu'on les force à faire du renouvelable.
Parce qu'aujourd'hui, ces boîtes sont dans l'impunité la plus totale. Et en plus, ils s'appellent Total. Mauvais jeu de mots. Mais vous savez, Total, où tous les autres pétroliers, dans les années 70, ils ont commencé à avoir les premiers rapports qui leur disaient l'impact qu'avait leur activité potentiellement sur l'avenir de l'humanité. Non seulement, ils n'ont rien fait, ce qui est déjà un problème, mais en plus, ils ont mis en place ce qu'on appelle la fabrique du doute. Ils ont dénigré, manipulé, ils ont vraiment mis en place des campagnes de diffamation.
Ils ont intimidé les scientifiques qui sortaient ces chiffres et ils ont tout fait pour les dissimuler, ce qui est extrêmement grave. Et aujourd'hui, ça va encore être de la faute des écologistes. Donc ça commence un peu à bien faire et ces gens-là doivent répondre à leurs actes et doivent payer.
Alors, dans ce contexte, la Cour européenne des droits de l'homme rend aujourd'hui une décision très attendue. Pour la première fois, elle se prononce sur la responsabilité de plusieurs États, 32 États face au changement climatique. Ça peut être un tournant, cette décision ?
Ce qui est extrêmement intéressant, c'est qu'on reconnaît que oui, le droit à un avenir climatique est un droit humain. Ce n'est plus juste une question écologique, c'est une question d'avenir de l'humanité. Donc oui, c'est un droit humain. Je remercie énormément toutes celles et ceux qui se battent, y compris en justice, parce que j'ai parlé de l'action de nos élus, j'ai parlé des associations, j'ai parlé des partis politiques, j'ai parlé des entrepreneurs, mais il y a aussi des justiciables qui finissent par aller contester devant la justice. Et souvent, ils gagnent. La France a quand même été condamnée par la justice française pour une action climatique.
Alors, ce n'est pas juste des procédures judiciaires qui vont faire gagner la bataille, mais chacun est à son poste et tous les moyens qu'on peut employer pour gagner cette bataille du climat doivent être mis en oeuvre parce que, comme je vous l'ai dit, c'est la bataille du siècle qui prédétermine toutes les autres.
Une question, Marine Tondelier, chef du Parti des écologistes, pour vous au Standard d'Inter. Bonjour Didier.
Bonjour Didier. Bonjour.
Nous vous écoutons.
Alors, j'ai une question. Moi, j'entends que vous défendez et vous luttez contre les énergies fossiles. Ça, je le comprends forcément puisque c'est ce qui participe au réchauffement climatique. Mais vous défendez du coup le nucléaire puisque quand on défend l'électricité, on va forcément utiliser beaucoup d'énergie nucléaire en France, avec la relance des EPR, tout ça. Donc, c'est un sujet où on ne vous entend pas beaucoup. Et du coup, en plus, moi, c'est lié aussi au train où on nous dit toujours que les écologistes sont favorables au train.
Mais nous, en Provence, je suis à Toulon et on a un gros projet de ligne nouvelle qui va marcher à l'électricité, certes, mais qui demande des travaux énormes et qui ne seront pas équilibrés au niveau CO2 avant 2050, voire 60. Donc, je voulais savoir un petit peu quelle était votre vision.
Marine Tondelier, sur le nucléaire d'abord.
J'entends que, voilà, toutes les personnes qui disent comment on fait, comment on fait, qui paniquent, se dire peut-être que le nucléaire, ça va nous sauver. Comme certains agriculteurs pensent que les mégabassines vont les sauver. Moi, j'appelle ça des objets traditionnels. Vous savez, c'est comme les doudous pour les enfants. On leur dit prenez ça, vous voyez, ça va bien se passer. C'est un peu plus compliqué que ça et personne n'est obligé de choisir entre la peste et le choléra. Je le formulerai comme ça. On voit bien que les promoteurs du nucléaire proposent ça comme la solution magique.
Malheureusement, on n'a pas de solution magique pour traiter ces déchets qui ne sont pas vraiment meilleurs que le changement climatique pour les générations futures. Ce n'est pas une RG indépendante et au moment où on doit sanctionner réellement Poutine pour ce qui est en train de se passer à Gaza et on continue de dépendre de lui en Ukraine et qu'on continue de dépendre de lui pour l'approvisionnement en uranium enrichi et pour le traitement de déchets, en fait, c'est quand même un vrai sujet. Et puis, celles et ceux qui vous disent que le nucléaire va le sauver, il faudrait qu'ils m'expliquent comment ils vont... Et puis surtout...
Drastiquement, sans le nucléaire aujourd'hui ?
Non, mais sur le nucléaire, il faut dire les choses. C'est extrêmement long à développer. L'EPR de Flamanville, ça fait combien d'années qu'on l'attend et ça fait combien de milliards de déplacements, de dépassements en plus ? On ne sait pas le faire. On ne sait pas encore le faire. Et celles et ceux qui vous disent ne vous inquiétez pas, les nouveaux EPR vont arriver, ils n'arriveront pas avant 2040, 2045. C'est l'effet. Et donc, ils seront en fonction jusqu'à 2100-2110.
Emmanuel Macron, qui vous a dit qui aurait pu prévoir ce qui se passerait l'été prochain sur le climat, il sait prévoir en 2100-2110 où sera le niveau de la mer, quand le niveau du Rhône sera 40% moins élevé en 2050, il sait comment il aura assez d'eau pour ses centrales, il sait ce qu'il fera des déchets qu'il n'arrive toujours pas à enterrer à Bure. Voilà. Donc moi, je vous dis, c'est un choix entre la peste et le choléra. Je n'ai pas envie d'être anti-nucléaire par principe comme si c'était ma raison de vivre, mais franchement, je n'ai pas de raison d'être rassurée non plus et je ne le suis pas.
Quand le gouvernement qui mise très fortement sur le nucléaire vous dit qu'on a baissé les émissions de gaz à effet de serre en France de près de 5% l'année dernière. Mais ce n'était pas lié au nucléaire. En 2023 par rapport à 2022, ils n'existent pas. Et on nous dit qu'on va résoudre
les accords de Paris en 2030 grâce à des EPR qui ont mis en 2040. Si vous voulez déployer vite, faites des éoliennes, ça va beaucoup plus.
Mais mettent en avant ce chiffre, donc 4,8% de baisse de gaz à effet de serre.
Vous savez d'où vient ce chiffre ? Il vient du fait qu'il a fait moins froid, on en a parlé tout à l'heure, et donc que les gens ont dépensé moins de chauffage. Il vient aussi du fait que les factures énergétiques étaient telles que certaines entreprises ont tourné au ralenti, voire ont dû changer leur process de production, ça c'est bien, ou ont dû fermer et délocaliser. Qui va s'en réjouir ? Pendant le même temps, les vols domestiques, par exemple en avion, ont augmenté de 21%. Les vols internationaux de 27%. C'est une aberration. Et ça c'est leur responsabilité. Pendant le même temps, alors qu'ils nous disent qu'il faut faire 10 milliards d'économies, bon bah, ok, où les prenez-vous ?
Le premier poste d'économie, ça va être le ministère de l'Environnement. 2 milliards d'économies. 2 milliards d'économies, oui. Par exemple, ils vont prendre 1 milliard sur la rénovation thermique des logements. Vous savez ce que ça représente ? C'est 150 000 logements qui vont être rénovés en moins. C'est l'équivalent de toute la ville de Lille ou de toute la ville de Rennes. Et donc non seulement c'est une aberration climatique, mais c'est en plus des personnes qui vont continuer à ne plus savoir comment payer leur facture de chauffage et qui seront dans des bouilloires thermiques l'été. C'est inadmissible. En 2024, c'est inadmissible de faire ça et c'est irresponsable.
On parle du gouvernement, vous l'avez pris, disons-le, à son propre piège la semaine dernière à l'Assemblée nationale en faisant adopter une proposition de loi prévoyant d'instaurer des prix planchers pour les agriculteurs, ce qu'avait proposé Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture avant d'estimer que finalement c'était une usine à gaz. On ne l'a pas fait
pour piéger Macron, on l'a fait pour aider les agriculteurs. Est-ce que c'est juste
une tactique de votre part ou est-ce que vous pensez que cette mesure peut réellement entrer en vigueur ? Beaucoup d'experts disent que c'est très compliqué à mettre en œuvre.
Bien sûr que c'est compliqué et aucun des problèmes que vivent les agriculteurs ne se résoudra simplement. Déjà, moi je suis assez en colère de voir que toutes celles et ceux qui ont été précipités sur les barrages en disant nous on est avec vous depuis le début, c'était les mêmes qui votaient la PAC injuste au niveau européen en nous disant qu'on était irresponsables de ne pas la voter. C'est les mêmes qui votent et qui mettent en place les accords de libre-échange et là, après s'être moqué de nous sur cette mesure de prix plancher pendant des mois, pendant des mois, Emmanuel Macron acculé finit par l'achat au sein de l'agriculture qu'en fait c'est une bonne idée.
Donc on dit d'accord ça tombe bien on avait préparé une proposition de loi donc on la remonte dans nos priorités puisque même le président de la République dit que c'est une bonne idée mettons-la. Et là les macronistes ne la votent pas. La droite, ils ne sont pas là alors ils avaient piscine il y avait quand même zéro député de droite au moment du vote de cette mesure et ils en ont quand même quelques-uns donc c'est vraiment c'est hypocrite et lâche je le dis et alors au Rassemblement National ils étaient 11 sur 88 et puis ils étaient là ils ne savaient pas trop quoi faire.
Donc franchement les masques tombent. C'est possible techniquement aujourd'hui de mettre en place ces prix planchers ce n'est pas juste une tactique Je rappelle déjà
qu'un possible n'est pas français
pour regagner des points vis-à-vis des agriculteurs. Je ne vous dis pas
que ça suffira pour que les agriculteurs aient un revenu digne Je ne vous dis pas que ça suffira parce qu'il faut réformer la PAC il y a cette histoire de traité libre-échange sur lesquelles on se bat aussi depuis des décennies comme sur les prix planchers il faudra aussi s'attaquer aux marges de la grande distribution parce que si on garantit un prix plancher aux agriculteurs un revenu digne sans s'occuper des marges de la grande distribution alors il y a un risque d'inflation et je vous rappelle que agriculteurs et consommateurs sont les deux dindons d'une même farce puisqu'ils sont payés moins cher pour leur production ces derniers temps et nous on achète plus cher les produits agroalimentaires donc c'est bien que quelqu'un au milieu prend plus d'argent qu'avant il se trouve que c'est la grande distribution de l'industrie agroalimentaire et les gens qui se font des marges entre les deux et donc cette mesure sur les prix planchers c'est une énorme avancée et moi je remercie Marie Pochon qui l'a portée à l'Assemblée la députée de la Drôme d'ailleurs qui est fille et petite fille d'agriculteur et qui ne lâchera rien comme Benoît Biteau au Parlement européen comme Daniel Samon au Sénat pour défendre les agriculteurs
Et puisqu'on parle de l'agriculture sur le projet de loi agricole qui a été présenté il y a quelques jours et qui dans son article 1 place l'agriculture au rang d'intérêt national majeur au même titre que l'écologie qu'est-ce que vous pensez de cela ? Vous dites que c'est dangereux ça vous inquiète ?
Les grandes paroles franchement moi ça m'exaspère cette loi elle est vide il faut le dire elle arrive très tard puisqu'elle était prévue en décembre dernier moi je m'étais dit si c'est pour attendre et que ce soit mieux pourquoi pas mais là elle arrive et c'est clair Les syndicats agricoles
disent qu'elle va plutôt dans le bon sens d'ailleurs la FNSEA se réjouit que le gouvernement ait adopté une partie de son discours
Elle va changer quoi cette loi pour le revenu des agriculteurs ? J'aimerais beaucoup que Arnaud Rousseau me l'explique parce qu'il n'y a rien concernant les revenus des agriculteurs
Le patron de la FNSEA ?
Rien Donc c'est vide donc on va gagner du temps on ne va pas en parler et on va parler des vrais sujets sur lesquels on peut avancer
Sur l'agriculture pardon de vous en reparler mais sur l'agriculture Moi c'est un plaisir
J'adore les agriculteurs et j'adore en parler
Sujet d'intérêt national majeur au même titre encore une fois que l'écologie vous craignez que l'un se fasse au détriment de l'autre
Déjà si l'agriculture est un sujet d'intérêt majeur ce n'est pas parce qu'Emmanuel Macron décide de le mettre dans un article 1 de je ne sais quelle loi c'est parce que les français aiment les agriculteurs que les agriculteurs font partie de notre patrimoine c'est grâce à eux qu'on mange tous les jours c'est eux qui façonnent nos territoires donc voilà et quant à opposer agriculture et écologie j'espère qu'on n'en est plus là parce que chacun l'a bien compris et moi vous savez avec tous les parlementaires que je viens de citer on a fait une tournée des fermes on en a visité une quarantaine depuis des mois et tout le monde a bien compris même les agriculteurs on pourrait penser qu'ils ne sont pas forcément écolos en premier ils ont bien compris que si on ne protège pas les sols que si on ne protège pas l'eau alors on ne protège pas l'avenir de leur métier il n'y aura pas d'écologie sans les agriculteurs on doit faire la transition avec tout le monde mais il n'y aura pas non plus d'agriculture sans écologie
Vous avez réussi aussi la semaine dernière à faire adopter un texte sur les polluants éternels pour les interdire on les appelle les pifas les interdire dans les produits cosmétiques ou certains vêtements
Les polyfluorantilés je vois que vous avez peur de le dire je vous donne le nom scientifique
Je peux faire dire pifas je vous remercie
Les polluants éternels aussi on peut les appeler
Interdits mais pas dans les ustensiles de cuisine quand le gouvernement dit qu'il n'y a pas d'études scientifiques montrant leur dangerosité par exemple dans une poêle téfale qu'est-ce que vous répondez ?
Déjà que ce n'est pas à nous de prouver la dangerosité c'est aux producteurs aux industriels à l'état de prouver que ça n'est pas dangereux ça c'est le premier principe ça s'appelle le principe de précaution et c'est dans la constitution Pour que chacun comprenne bien de quoi on parle les pifas c'est des molécules de carbone fluor qui ont été développées dans les années 40 parce qu'elles sont anti-adhésives elles sont imperméables et elles aident à résister aux fortes chaleurs et donc progressivement on les a retrouvées partout Aujourd'hui à chaque fois que vous respirez que vous mangez que vous buvez quand vous portez certains vêtements quand vous utilisez certains cosmétiques quand vous utilisez certains essentiels de cuisine n'en déplaise au gouvernement et à leurs fabricants vous vous exposez aux pifas et il y a une étude non pas d'écologistes mais de santé publique France qui est quand même un peu sérieux qui a montré dans sa cohorte Esteban que 100% de la population française était imprégnée on a fait des tests sur les cheveux même ceux de Guillaume Meurice on a fait des tests dans l'eau du robinet nous les écologistes partout en France et on a montré qu'il y en avait partout tout le temps et il se trouve que par ailleurs c'est une substance qui est nocive puisqu'elle cause des problèmes endocriniens sur la thyroïde des cancers des problèmes de fertilité la grande cause d'Emmanuel Macron vous savez mais dès qu'il faut passer à l'action il n'est plus là des problèmes cardiovasculaires des problèmes de développement j'en passe c'est des meilleurs donc c'est un problème
donc là aussi vous allez continuer à vous battre pour que ce soit interdit y compris dans les ustensiles de cuisine
oui mais parce que vous savez ce sujet là où c'est important c'est qu'on dit parfois les écologistes ils râlent etc moi je veux bien entendre ça mais c'est pas qu'on râle c'est qu'on agit et on agit pas seul on a réussi sur un sujet qui n'était pas gagné d'avance à mobiliser la société civile écolo je remercie beaucoup Camille Etienne qui a fait beaucoup aussi en sens et à obtenir à la fin une unanimité sur ce texte une unanimité de tout l'hémicycle c'est très fort et ça ne s'arrêtera pas là je peux vous le dire
une question de Clément pour vous Marine Tourdelier au Standard Inter bonjour Clément bonjour Clément votre question
bonjour moi je suis agriculteur dans l'un et je suis bien réaliste sur que c'est bien le programme des insoumis et des écolos qui est le seul valable pour l'agriculture du coup qu'est-ce qu'il reste de divergence entre les écologistes et les insoumis pour faire une alliance vu qu'on sait qu'il manquait dix voix aux dernières élections pour être au deuxième tour voilà
j'ai pas compris à quelle élection il manquait dix voix pour être au deuxième tour ça m'a échappé
au 2022 deuxième tour dix voix un peu plus pour être au second tour par commune ah chez vous par commune par commune 36 000 communes donc nous on est agriculteurs écolos donc dix fois 36 000 voix c'est un peu plus il reste une divergence entre vos deux sections pour fusionner et enfin être efficace
et ça rejoint la question de Nadia qui nous dit merci Clément qui nous dit je vous en veux d'avoir tourné le dos à l'union de la gauche sur l'application d'Intern
alors écoutez la première chose c'est que je remercie Clément qui nous appelle en disant qu'il est agriculteur et qu'il trouve que le meilleur programme pour répondre aux agriculteurs c'est le programme des écologistes c'est bien la preuve que les agriculteurs comprennent cela contrairement à ce qui a été affirmé tout à l'heure la deuxième chose c'est que les écologistes non ne sont pas des opposants à l'union je m'active d'ailleurs alors personnellement en tant que chef de parti et au nom de tout mon mouvement c'est ce que tous mes adhérents me demandent de faire elle a préparé très activement pour 2027 c'est ce qu'on fera et s'il faut prendre nos responsabilités pour 1, pour 2, pour 3, pour 12 nous le ferons j'ai dit très tranquillement d'ailleurs que nous il faudrait un candidat unique et que nous ne faisions pas du fait qu'il soit écologiste un préalable à tout ça donc je ne peux pas le dire plus clairement par contre les élections européennes c'est une élection proportionnelle à un tour donc on n'empêche personne d'être au deuxième tour puisqu'il n'y en a pas et donc c'est une élection où on vote avec son coeur on prend le bulletin où on se dit tiens c'est ça la priorité que je veux avoir c'est éminemment démocratique et donc c'est logique qu'on ait une liste écologiste ça n'enlève rien à personne et on ne fait pas ça évidemment contre aucun parti de gauche moi j'ai deux adversaires dans cette histoire ils sont l'extrême droite et les macronistes en place
pour terminer Marine Tourdelier sur la démission de Julien Bayou c'est l'affaire qui agite votre parti votre prédécesseur au poste de secrétaire national visé par une plainte déposée par son ex-compagne notamment pour harcèlement moral lui dénonce un acharnement à son encontre vous ne regrettez pas d'avoir lancé cette enquête contre lui au sein de votre parti ?
Ben non parce que je pense que je vous réponds là en tant que chef de parti que chef d'organisation j'ai pris la décision qu'aurait prise n'importe quel chef d'entreprise n'importe quel président d'association n'importe quel patron de chaîne de radio aussi pourquoi pas concerné par le sujet parce qu'il était chef de notre organisation que ce n'est pas juste un problème de son ex-compagne il y a quand même plusieurs personnes qui témoignent qui m'ont appelé qui m'ont fait savoir des choses et d'autres et le sujet n'est pas de les exposer à la radio le sujet est que ce soit traité dans un cadre approprié c'est-à-dire par un cabinet d'avocats avec une enquête à charge et à décharge la présomption d'innocence mais aussi la présomption de crédibilité des femmes et puis par des personnes qui sont formées
malgré sa démission ?
Ben évidemment puisque les femmes sont encore là et que je vais vous dire on a suffisamment parlé de cette enquête dans les médias pour qu'elle aille au bout parce qu'il faut qu'on sache maintenant ce qui s'est passé et on doit aux femmes mais vraiment il y a 25% des femmes dans ce pays qui sont victimes d'harcèlement sexuel au travail c'est un sujet qui est partout qu'on doit prendre extrêmement au sérieux et on doit créer une culture de sécurisation des femmes dans les orgas professionnels dans les orgas politiques dans la culture partout je sais que c'est plus dur dans les partis politiques il se trouve que nous prenons nos responsabilités et que cette enquête je vais vous dire non seulement il fallait la lancer mais on aurait dû le faire beaucoup plus tôt il se trouve qu'à l'époque le patron de l'orga qui aurait dû prendre la décision était
Julien Bayou
voilà vous l'avez dit vous-même
vous me l'avez fait dire bravo merci Marine Tondelier secrétaire nationale du parti Les Écologistes
Marine Tondelier