Jean-Christophe Lagarde prône l'écriture des ordonnances "avec des parlementaires" pour éviter "une forme d'ubérisation"
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Un nouvel acte de terrorisme s'est produit hier après-midi à Paris. Le Conseil des ministres doit adopter une mesure présentée par Emmanuel Macron. Que pensez-vous de cette task force contre le terrorisme ?
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C'est un gadget, il faut faire d'autres choses ?
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Vous pensez que le renseignement en France ne fonctionne pas bien ?
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Vous craignez une concentration excessive des pouvoirs chez Emmanuel Macron ?
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Est-ce que vous avez envie de travailler avec Emmanuel Macron après les élections législatives ?
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Est-ce que les députés UDI se situeront dans l'opposition ou dans la majorité ?
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« Il s'agit de réunir quelques autorités politiques ou du renseignement autour d'une task force susceptible d'agir plus rapidement contre le terrorisme. »
- 0:52InvitéFait
« C'est la recentralisation à l'Elysée de l'unité de commandement des services de renseignement. »
- 2:41InvitéFait
« C'est la raison pour laquelle moi j'avais refusé de voter la prolongation, la troisième prolongation de l'état d'urgence. »
- 3:57InvitéFait
« Emmanuel Macron a été élu Président de la République, et soit il réussit, soit il échoue. »
- 5:19InvitéFait
« La question, en l'occurrence, est de savoir s'il va avoir un parti unique ayant le pouvoir absolu et lui carte blanche pour faire absolument ce qu'il veut pendant 5 ans. »
- 7:28InvitéFait
« On a essayé la majorité absolue et le parti unique en 2002 avec Jacques Chirac, en 2007 avec Nicolas Sarkozy, en 2012 avec François Hollande. »
- 10:03InvitéFait
« Il n'y a pas beaucoup de précision dans tout ça. »
- 11:42InvitéPromesse
« Je suis favorable aux ordonnances si c'est pour aller vite, mais si elles sont co-écrites avec les groupes parlementaires. »
- 15:55InvitéChiffre
« 85% des emplois sont en CDD. »
- 18:16Invité politiqueFait
« Édouard Philippe annonce dans Le Parisien qu'il va différer au 1er janvier 2019 le prélèvement de l'impôt à la source. »
- 18:26InvitéChiffre
« Ça va coûter 50 millions. »
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Et bienvenue à tous dans l'émission politique de France Info. On est ensemble comme tous les matins, jusqu'à 9h avec vous, Jean-Michel Apathy. Bonjour. Bonjour Fabien. Gilles Borne-Jeterin est avec nous, et Guy Birenbaum également. Et notre invité ce matin est président de l'UDI.
Bonjour Jean-Christophe Lagarde. Bonjour M. Apathy. Un nouvel acte de terrorisme s'est produit hier après-midi à Paris sur le parvis de Notre-Dame. Et ce matin, justement, le Conseil des ministres devrait adopter une mesure présentée par Emmanuel Macron lors de sa campagne électorale. Il s'agit de réunir quelques autorités politiques ou du renseignement autour d'une task force susceptible d'agir plus rapidement contre le terrorisme. C'est un gadget, c'est nécessaire, il faut faire d'autres choses qui n'ont pas été faites, Jean-Christophe Lagarde ?
Je pense d'abord que c'est mal nommé parce que la task force n'est pas ça, mais en réalité c'est la recentralisation à l'Elysée de l'unité de commandement des services de renseignement. J'espère en tout cas que ça préfigure. Le rassemblement d'un certain nombre de services de renseignement, quand il y a trop en réalité de séparation et du coup des renseignements qui se perdent et une efficacité qui est moindre que celle qu'on pourrait attendre.
Vous le pensez ? Vous le savez ? Je le pense. Que le renseignement en France aujourd'hui, si on vous écoute, ne fonctionne pas bien ?
Je pense par exemple qu'entre la DGSI qui est là pour faire du renseignement et l'ASDAT, la coopération est insuffisante. Elle existe naturellement, mais je me demande pourquoi on a ces deux unités. Je ne vous prends que cet exemple-là. Parce que la DGSI est déjà un regroupement. Oui, mais je vous dis qu'on a besoin en l'occurrence d'avoir, de mon point de vue, deux types d'unités. Une unité pour l'intérieur et une unité pour l'extérieur. Je pense aussi qu'on devrait s'inspirer un peu des méthodes du renseignement militaire à l'extérieur. C'est ce qu'on fait en Syrie, au Sahel, etc. Aussi pour mieux se connecter à l'intérieur.
Alors, c'est bien que le président de la République veuille reconcentrer. Je pense que ça aurait été mieux au niveau du ministère de l'Intérieur ou de Matignon que de l'Elysée. Pour le reste, ce qu'il faut en réalité changer, ce que nous demandons, ce qu'il semble vouloir faire, c'est... Ce que semble vouloir faire Emmanuel Macron. Emmanuel Macron. C'est ne pas vivre sous état d'urgence permanent. Il y a des lois, nous disons ça depuis janvier 2015 et novembre 2015. Il y a des lois qui sont nécessaires en situation d'état d'urgence, mais l'état d'urgence n'étant pas permanent, ces lois-là, il faut le rentrer dans le droit normal. Mais donc du coup, ça sera un état d'urgence de fait.
Et je vais vous dire, moi j'ai voté... Vous comprenez le raisonnement ? C'est un peu curieux. Non, non. Il faut transposer l'état d'urgence dans les lois, comme ça on n'appelle plus état d'urgence,
puisque c'est des lois, mais c'est la même chose. Non, parce que par exemple, quand vous avez la perquisition administrative ou l'assignation à résidence, etc., vous avez peu de voies de recours dans la loi état d'urgence, on en aurait beaucoup plus dans l'état de droit classique. C'est ce que nous avions demandé à François Hollande, c'est la raison pour laquelle moi j'avais refusé de voter la prolongation, la troisième prolongation de l'état d'urgence. Si je suis député dans quelques jours, je voterai celle-là, parce qu'on nous annonce enfin, jusqu'en novembre, et en novembre, dans la loi, il y aura les mesures antiterroristes prévues et normales.
Vous avez dit à l'instant même préféré que cette task force soit domiciliée au ministère de l'Intérieur. Est-ce que ça veut dire que vous craignez une concentration excessive des pouvoirs chez Emmanuel Macron, pour dire les choses clairement ? Non, je pense simplement que le ministre de l'Intérieur est le mieux placé pour assurer la sécurité des Français, que le Président de la République a bien d'autres missions, et que si évidemment il y a notamment le Conseil de sécurité, enfin de défense nationale, etc., pour recentraliser, ou que le Président commande, il a besoin, il l'a dit, d'avoir des ministres qui travaillent, qui font le travail.
Ce n'est pas à lui de tout faire, il a bien d'autres choses à faire.
Donc, le Conseil des ministres, ce matin, ou de nouvelles mesures seront adoptées. Vous voyez Emmanuel Macron travailler depuis quelques jours à l'Elysée, 15 jours, 3 semaines bientôt. Vous avez envie de travailler avec lui après les élections législatives ? Pour moi, la question ne se pose pas comme ça. Moi, je la pose comme ça. C'est gentil d'y répondre.
Je vais vous donner ma réponse, ne vous inquiétez pas, monsieur le Président. C'est gentil. La question, en réalité... Vous allez reformuler la question. Si vous me laissez le faire, oui. Emmanuel Macron a été élu Président de la République, et soit il réussit, soit il échoue. S'il réussit, c'est les Français qui en bénéficient. S'il échoue, c'est nous qui payons les pots cassés. Et donc, l'UDI... Est-ce que vous avez envie de travailler avec lui ? Et donc, l'UDI travaillera avec Emmanuel Macron sur tous les sujets qui permettront à la France d'avancer, et qui permettront aussi aux Français d'en tirer des fruits. C'est ça, notre état d'esprit.
Il ne s'agit pas de reproduire des vieux réflexes débiles, d'ailleurs, nous ne les avons jamais eus, d'opposition systématique à tout. Vous savez, on a voté 14 textes, je crois, sous François Hollande. Il y a beaucoup de bêtises qu'il a faites, mais quand ce qu'il disait était bien, on le votait, et on fera exactement la même chose avec Emmanuel Macron.
Je vais poser ma question à Tromain, alors. Mais c'est ma question, si elle est bête, vous la reformulerez. Vous étiez dans l'opposition à François Hollande. Oui. Ça ne vous a pas empêché, quand des textes vous semblaient bons de les voter, mais vous étiez dans l'opposition. Est-ce qu'aujourd'hui, vous pouvez dire que les députés UDI, quand ils entreront à l'Assemblée nationale, se situeront psychologiquement dans l'opposition à Emmanuel Macron, en votant ce qu'il y aura de bien ? Ou bien, est-ce que vous diriez au contraire, et qu'ils seront dans la majorité ?
Non, ce n'est pas notre état d'esprit. Il a dit où ? Qu'est-ce qui n'est pas votre état d'esprit ? L'Assemblée nationale, c'est d'être dans l'opposition. L'Assemblée nationale. Donc vous savez ce que c'est ? Donc vous êtes à la majorité. Pardon.
Il n'y a pas le choix, alors. Donc c'est majorité.
Figurez-vous que si. C'est un peu binaire. Figurez-vous que si, parce que ce n'est pas binaire. Et que la vie politique, il y a une nouvelle phase de la vie politique française. Manifestement, dans l'élection législative, en tout cas c'est ce que disent les intentions de vote, la question n'est pas de savoir si le président de la République aura une majorité pour gouverner. La question, en l'occurrence, est de savoir s'il va avoir un parti unique ayant le pouvoir absolu et lui carte blanche pour faire absolument ce qu'il veut pendant 5 ans. C'est ça en réalité l'enjeu des élections législatives. Ça sera déterminé au premier tour dimanche prochain. Il aura une majorité absolue.
C'est ce que je viens de vous dire. Il aura une majorité absolue. Et la difficulté de mon point de vue, c'est que ça va empêcher toute forme de rassemblement. C'est même un piège pour lui. Je vous le dis comme je le pense. Le fait d'avoir la majorité absolue, ça veut dire, pour un parti unique, de ne plus discuter avec personne, de ne plus dialoguer avec personne, de ne pas avoir besoin de considérer... Oui, peut-être, mais... Monsieur Apathy, de ne pas avoir besoin...
Lui veut la majorité absolue, donc... Oui, mais vous avez raison.
Ce qui montre d'ailleurs qu'En Marche devient un parti comme les autres, qui veut tout le pouvoir. Et Emmanuel Macron disait, il y a 6 mois qu'il fallait un rassemblement. Ce rassemblement risque d'être empêché. Je le dis. Je sais bien qu'aujourd'hui, rien n'est audible, mais je le dis quand même, et on en rediscutera dans quelques mois, parce que, vous voyez chez les Républicains, vous voyez chez les Socialistes, et c'est l'état d'esprit de tous les candidats UDI. Des gens qui veulent participer au redressement de la France, mais pas le doigt sur la couture du pantalon. Or, quand vous n'avez pas de discussion possible, il n'y a pas de rassemblement possible.
La recomposition dont il parlait, elle ne peut pas avoir lieu avec une majorité absolue. Je vous en cite juste un exemple. Je vous en cite juste un exemple. Je lisais hier un proche d'Emmanuel Macron, qui disait, on va même avoir la majorité sans le modem, on pourra se passer du modem. Vous voyez que ça attend à la capacité de rassemblement. Et c'est toujours mauvais en démocratie. Parce que quand le débat politique se concentre dans une seule famille politique, je termine juste ma phrase, quand le débat politique se concentre dans une seule famille politique, eh bien, il n'y a plus de débat. Et le problème, c'est celui du pluralisme à l'Assemblée nationale.
Si le débat n'a pas lieu à l'Assemblée nationale, malheureusement, c'est ailleurs qu'il se transfère, c'est dans la rue, et ça finit par bloquer un pouvoir qui se croit absolu.
J'ai oublié ma question. Non, non, non, pas du tout. Très sérieusement, c'est quand même assez drôle de vous entendre, vous, depuis qu'on marche et là. En gros, plus personne, tout le monde pense désormais qu'une majorité, c'est une mauvaise chose. Enfin, vous vous êtes tous battus pour avoir une majorité. On se souvient de François Baroin qui disait avant les élections « Nous, on a besoin d'une majorité obèse ». Vous y étiez tous, mais maintenant que c'est Emmanuel Macron qui va l'avoir, subitement, ce n'est pas bien d'avoir une bonne majorité.
Écoutez, je vais vous dire, on a essayé la majorité absolue et le parti unique en 2002 avec Jacques Chirac, en 2007 avec Nicolas Sarkozy, en 2012 avec François Hollande. Ces trois présidents n'étaient pas des imbéciles. Ils ont été prisonniers de ce système-là. La France a une culture bonapartiste, c'est pour ça que ça n'est pas entendable ce que je dis, mais je le dis quand même. Nous avons une culture bonapartiste, nous pensons qu'en donnant tous les pouvoirs au chef, on lui donne de la puissance et de l'efficacité. Donc si vous avez la majorité, vous allez donner des députés.
Sauf que, si je peux me permettre, du coup, vous l'enfermez dans son parti politique et ce qui ne se passera pas dans les forces politiques, les forces syndicales, etc., se passera dans la rue. On a en France l'apparence du pouvoir et finalement, ce pouvoir absolu devient vite impuissant face aux réactions de la population. C'est ça ce que je crains. Moi, je veux que ça fonctionne. Je veux que la France puisse redémarrer et je pense que c'est mieux dans un état d'esprit de rassemblement que dans l'état d'esprit du Parti unique qui n'a jamais fonctionné. On s'est déjà planté trois fois, on va recommencer.
Et l'émission politique va redémarrer. Ce sera dans une minute après l'essentiel avec vous, Léo Chapuis.
L'actualité, c'est d'abord l'agression d'un policier. Hier, devant la cathédrale de Notre-Dame de Paris, l'homme à l'origine de l'attaque ne présentait aucun signe de radicalisation. C'est le porte-parole du gouvernement qu'il affirme ce matin. Christophe Castaner parle d'un acte isolé. Cet étudiant algérien de 40 ans n'était connu ni de la police ni des services de renseignement. Il se revendique de Daesh. L'un des deux Français porté disparu après l'attentat de Londres a été identifié. Les tests ADN confirment la mort de Sébastien Bélanger, 36 ans, chef cuisinier dans la capitale britannique.
Il fait partie donc des sept victimes avec un autre Français, un troisième et toujours porté disparu. Et puis le prélèvement à la source, ce n'est finalement pas pour tout de suite. La réforme est repoussée d'un an. L'impôt sur le revenu prélevé directement sur votre salaire, ce sera donc qu'à partir de 2019, le gouvernement veut se laisser du temps pour mettre en place cette réforme complexe.
Jean-Christophe Lagarde est avec nous ce matin sur France Info dans l'émission politique question Gilles Bernstein.
Édouard Philippe a présenté hier le cadre de la réforme du marché du travail que va présenter le gouvernement et l'accueil des syndicats a été plutôt compréhensif. On écoute Jean-Claude Mailly, le patron de Force Ouvrière, c'était sur France 2 hier. Pour le moment, c'est une vraie concertation. Vous savez, en trois mois, avec beaucoup de réunions, on peut faire beaucoup de choses. Donc maintenant, on va discuter sur le fond du dossier et puis on verra comment ça tourne. Que pensez-vous de ce qu'on dit de cette réforme pour l'instant ? Il y a deux choses qu'on dit.
Il y a à la fois ce qu'affiche Édouard Philippe qui n'est que ce qu'Emmanuel Macron a dit, d'ailleurs assez flou, assez vague, assez large. Il n'y a pas beaucoup de précision dans tout ça. Je pense que les précisions, elles viendront avant le vote des Français, ce qui peut d'ailleurs nourrir quelques inquiétudes. Après les élections législatives. C'est annoncé, je crois, pour le 26 juin, les textes en Conseil des ministres. C'est dommage parce qu'il vaut mieux que les Français sachent avant, me semble-t-il. Mais enfin, c'est comme ça. En même temps, s'il y a de la concertation, ça prend du temps. Ça n'empêche pas de concerter en juillet et en août, mais d'avoir un texte le 26 juin.
Donc vous voyez bien que la concertation, elle ne sera pas sur le texte en soi. Deuxième observation. Moi, je ne veux pas qu'on pense que démonter tout le droit du travail français, c'est la solution pour nos entreprises. Bien sûr qu'il y a des choses à alléger. Par exemple, nous soutiendrons, et c'est ce que je vous disais dans la position libre qui sera celle des députés UDI, nous soutiendrons l'idée qu'il faut fusionner un certain nombre d'instances représentatives du personnel. Ce n'est pas la peine de les multiplier.
Nous souhaiterions, ça ne semble pas être le cas aujourd'hui, qu'on puisse prévoir à l'entrée du contrat de travail et les indemnités de licenciement qui sont prévues parce que ça sécurise le salarié qui n'attend pas des années devant les prud'hommes pour toucher de l'argent. C'est quand il est viré qu'il a besoin de ces indemnités et ça sécurise aussi le patron, ça favorise l'embauche. Ce que vous ne voudriez pas ? Moi, ce que je ne voudrais pas, c'est du passage en force. Je vais vous parler des ordonnances une seconde. Mais sur le fond, indépendamment de la méthode, vous avez l'air de dire que ce texte va trop loin. En tout cas, en quoi ça va trop loin ?
Justement, si les 48 négociations, enfin discussions avec les syndicats, c'est une question d'état d'esprit. Soit c'est une discussion avec des avancées possibles et des négociations et auquel cas, il faut regarder comment ça se passe. Si c'est en réalité formel et puis on impose les choses et on passe en force, à ce moment-là, les ordonnances sont un problème. Moi, je suis, et je l'ai déjà dit, je suis favorable aux ordonnances si c'est pour aller vite, mais si elles sont co-écrites avec les groupes parlementaires qu'il y aura à l'Assemblée nationale, pas si c'est l'administration et seulement le pouvoir qui décide de tout après avoir discuté avec les syndicats, peut-être pas négocié.
Pourquoi ? Vous voulez que les parlementaires, les députés, les parlementaires participent à la culture des ordonnances ? On peut parfaitement avoir 2-3 députés par groupe parlementaire qui participent avec l'administration, avec le gouvernement, c'est la proposition que je ferai à Edouard Philippe, pour qu'on évite les erreurs habituelles d'un pouvoir trop centralisé, trop concentré, qu'il discute avec les syndicats, qu'il discute avec les forces parlementaires. à ce moment-là, les ordonnances sont un moyen de gagner du temps et pas de passer en force. Si c'est un moyen de passer en force, à ce moment-là, je trouve ça regrettable.
Donc il y a une co-écriture des ordonnances, on verra si votre sujet... Non, j'ai compris, on a compris le fond. C'est pour éviter
une forme d'ultra-mondialisation, d'ultra-ubérisation qui pourrait venir aussi...
Je reformulez pour annoncer ce qui suit. Donc vous demandez de participer à l'écriture des ordonnances, on verra si d'autres groupes parlementaires ou d'autres partis politiques le réclament. Mais partagez-vous sur le fond la critique de la réforme du Côte du Travail qu'a énoncée Benoît Hamon au cas de vérité de France 2 hier soir, hier matin.
Entreprise par entreprise, le contrat de travail, les protections qui sont les vôtres, elles seront fixées par l'entreprise et non plus par la loi. Bon, on peut appeler ça le bon sens, mais on peut dire qu'Emmanuel Macron est un petit génie, ça fait un siècle qu'on sait quoi, qu'on a besoin de protection au niveau de la loi, sans quoi les salariés qui n'ont pas forcément toujours le rapport de force très favorable serait moins bien protégé. Il a raison ? Non, c'est très caricatural. Nous, nous avons comme culture que le contrat, la contractualisation est bien souvent plus préférable par rapport à la législation. Pourquoi ?
Parce que la loi, elle est la même pour tout le monde, partout, quelle que soit votre situation. Or, chaque entreprise peut connaître, et chaque branche professionnelle, c'est là où va se concentrer le débat, peut connaître des situations différentes, des impératifs différents, des enjeux différents. Et le contrat, il est plus souple, plus adaptable. Alors, est-ce qu'il se fait par branche, est-ce qu'il se fait par entreprise ? Selon la taille des entreprises, c'est le débat, sans doute technique, aux yeux de nos téléspectateurs et de nos auditeurs, mais qui est essentiel. Et c'est là où je dis qu'il faut avoir une co-écriture. Et je ne réclamais pas ça pour l'UDI.
Je pense que quand il y a des ordonnances, le Parlement doit y être associé. Non, mais vous ne parlez que de méthode sur le fond. Non, si. Dire que c'est le Parlement... Excusez-moi, ce n'est pas une question... Non, mais laissez-moi poser la question. C'est une question de fond. Voilà.
Excusez-moi, c'est une question de fond
de savoir si c'est dans la branche. C'est la question qu'ils sont en train d'éviter. Si c'est dans la branche que ça se négocie ou dans l'entreprise. Vous avez voté la loi El Combris ? Pardon ? Vous avez voté la loi El Combris ? Non, je n'ai pas voté la loi El Combris parce qu'elle n'allait pas assez loin. Attendez, j'y vais ? Ah oui, c'est vrai. C'est 40 fois. Mais je ne l'aurais pas voté parce que... Je ne l'ai pas voté.
J'ai dit une bêtise. J'ai encore bêtise.
Je suis... Je ne l'aurais pas... Oui, on n'aurait plus dire plus. Je vous laisse tranquille. Je ne l'aurais pas voté pour une raison simple, M. Apathy. C'est que justement, elle ne sécurisait pas le contrat de travail et notamment les indemnités des salariés alors que je pense que c'est... Et nous pensons que c'est nécessaire. Mais ce sont des questions de fond sur les branches mais je pense qu'on doit autoriser au premier tour dans les élections dans les entreprises des gens qui ne sont pas syndiqués à pouvoir se présenter. Qu'est-ce qu'on penserait des élections législatives si seuls les gens qui étaient dans un parti politique avaient le droit de se présenter ?
Ils ouvrent déjà beaucoup de fronts. Celui-là, il est compliqué. Celui-là, ils ne le font pas. Je le regrette. Mais en tout cas, cette discussion peut avoir lieu. Ce n'est pas un affrontement mais c'est une discussion qui me paraît nécessaire. Si vraiment on veut adapter, moderniser, d'une certaine façon, décentraliser une partie du contrat de travail, pas tout le contrat de travail comme veut le faire croire M. Hamon alors il faut en discuter sérieusement, sereinement avec des textes à l'appui et je répète une co-écriture avec le Parlement. J'ai peur dans cette affaire des excès. Une majorité absolue, un parti unique qui laisse à l'administration le pouvoir se livre à des excès.
Les Français en paieraient les frais.
Est-ce qu'il n'y a pas d'y avoir des entreprises à plusieurs vitesses ? Alors une entreprise où les licenciements sont très abruts ou une autre où les licenciements le sont moins où effectivement toute cette égalité qu'il pouvait y avoir quand même entre les salariés a complètement disparu. Des endroits où il fera bon travailler des autres qu'il faudra complètement éviter.
Mais vous savez aujourd'hui la difficulté principale de mon point de vue c'est que le refus d'embaucher en CDI 85% des emplois sont en CDD vient essentiellement de cette absence des embauches vous avez raison vient du fait de cette crainte de la fin du contrat de travail de la part des employeurs. Alors qu'est-ce qui est le mieux pour protéger un salarié ? L'empêcher d'être recruté ou faire en sorte qu'il ait un contrat dont on connaît le début de la fin ? La crainte de la fin c'est surtout du côté du salarié. Excusez-moi la question du salarié c'est qu'il n'y a pas de début parce que l'employeur a peur de la fin. Or il se trouve que le chômeur il a d'abord besoin de trouver un employeur.
Chômeur oui. Oui.
Si on facilite le licenciement c'est un CDD dont on ne connaît simplement pas l'issue.
Par exemple en Suède puisque c'est de là que naît le concept de flexi-sécurité et là je vois la flexibilité je ne vois pas la sécurité dans les dignes qui nous sont proposés. Vous avez effectivement plus de facilité à licencier mais il n'y a pas de chômage parce qu'il y a beaucoup plus aussi de facilité à embaucher ou de liberté d'embaucher. C'est un sujet qui tourne dans le débat français depuis longtemps. Le président est en train de le trancher j'espère qu'il le tranchera réellement sans déshabiller tous les droits des salariés mais en faisant en sorte de leur donner aussi la possibilité d'être embauché par des employeurs qui ne sont pas terrorisés par le CDI.
Et on y revient dans une minute il est 8h50 Léo Chapuis pour l'essentiel.
Le corps de l'un des deux français porté disparu après l'attentat de Londres a été identifié. Sébastien Bélanger 36 ans fait partie des 7 victimes. Deux français ont donc été tués dans cette attaque à la camionnette et au couteau. Un autre français est porté disparu. Du côté de l'enquête la police britannique annonce ce matin une nouvelle arrestation. Dans l'actualité aussi l'agression d'un policier hier sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris Lassaillant est un étudiant algérien de 40 ans qui se présente comme un soldat du groupe Etat islamique.
Pour autant d'après le gouvernement cet homme ne présentait aucun signe de radicalisation il n'était pas connu de la police blessé par un tir de riposte son état est stable. Et puis après l'élimination de Kristina Mladenovic il ne reste plus qu'une française encore en lice à Roland-Garros c'est Caroline Garcia Caroline Garcia qui dispute cet après-midi son quart de finale face à la tchèque Pliskova.
Jean-Christophe Lagarde sur France Info dans l'émission politique jusqu'à 9h question Jean-Michel Apathy
Le Premier ministre Édouard Philippe annonce dans Le Parisien qu'il va différer au 1er janvier 2019 le prélèvement de l'impôt à la source c'est une bonne idée ou une mauvaise idée
je pense qu'il a raison et qu'il pourrait même abandonner l'idée ça va coûter 50 millions non ?
Oui d'accord ça va coûter 50 millions c'est pas parce que pardon c'est pas parce qu'une idée a été émise dont on nous annonçait d'ailleurs qu'on ne pourrait pas revenir en arrière la preuve que non et qu'elle est en réalité pour moi c'est un sujet qui n'est pas indispensable aujourd'hui en réalité quand vous faites prélever votre impôt tous les mois c'est comme si quand vous êtes mensualisé c'est comme si on vous le prélevait à la source la seule chose que ça a comme conséquence c'est d'aller à la fois risquer que l'employeur connaisse des choses sur votre vie privée et ça lui impose des charges supplémentaires inutiles on transforme les PME notamment en suppos des agents du fisc pour faire le boulot à la place je pense que ce n'est pas intelligent on reçoit
il faudrait mieux abandonner la réforme
oui on a tous reçu nos feuilles d'impôt notamment pré-déclarées la plupart des déclarations on les a tous remplies même la plupart des déclarations sont en réalité quasiment pré-remplies par l'administration fiscale il n'y a pas beaucoup de gens qui ont besoin de rajouter des choses là dessus et on peut avoir le prélèvement mutuel je pense que c'est plutôt une réforme inutile le Qatar subit le boycott de nombreux pays du Golfe et de l'Egypte quel rapport avez-vous entretenu vous Jean-Christophe Lagarde avec les autorités qataris dans le cadre de votre mandat parlementaire je sais que vous avez été membre du réseau d'amitié France Qatar jusqu'en 2013 c'est le groupe d'amitié France Qatar moi j'ai eu des contacts avec l'ambassadeur du Qatar à l'époque qui expliquait ce qu'était la stratégie de son pays la stratégie de son pays c'est une stratégie en tout cas celle qui est affichée d'influence vis-à-vis des pays occidentaux parce que c'est un tout petit pays coincé entre l'Arabie Saoudite et l'Iran d'ailleurs ce qui est en train de se passer manifestement c'est un conflit de l'attitude du Qatar vis-à-vis de l'Iran que ne supporte pas l'Arabie Saoudite et un certain nombre d'autres pays après ça fait longtemps que courent les bruits les rumeurs sans démonstration mais enfin quand même elles sont insistantes sur le financement du terrorisme par le Qatar je pense qu'il n'y a pas que le Qatar qui financerait le terrorisme dans cette région je ne suis pas sûr que toutes les familles d'Arabie Saoudite sont impeccables sur le sujet on se souvient que Ben Laden il venait de là mais même aujourd'hui encore bon la vraie question en réalité c'est est-ce que nous parvenons à avoir des partenaires fiables qui ne font pas blanc d'une main et noir de l'autre
il y a aussi beaucoup de rumeurs des livres ont été écrits sur l'attitude des autorités qatariennes vis-à-vis des parlementaires français des députés des cadeaux des voyages des choses qui ont peut-être pu porter atteinte à l'indépendance des parlementaires vis-à-vis de ce pays puisque vous vous avez été vous avez été à Doha invité par les autorités qatariennes
je suis allé une fois à la conférence de Doha pendant 36 heures pour faire une intervention je ne me souviens plus sur quoi c'était il y a une dizaine d'années ou 7-8 ans oui il paraît qu'il y avait des gens qui fréquentaient régulièrement le Qatar ça n'est pas mon cas j'ai recevait des cadeaux si les livres ont été écrits là-dessus jamais je ne sais pas si ça s'est produit vous jamais je pense que l'indépendance entre guillemets elle était plus compliquée au niveau des ministres d'une part et au niveau des chefs de l'état la convention fiscale qu'on a consenti ou qu'on a augmenté que vous avez voté en 2008 je ne m'en souviens plus monsieur Apathy je vote beaucoup de lois donc parce qu'il n'y a pas
toujours du 49 et puis c'est sûr
non et puis c'est surtout vous savez que les textes fiscaux quand ils passent comme ça il n'y a pas mais les avantages qu'on a consentis au Qatar et par exemple pas aux Émirats arabes pourquoi ? ça pourrait poser question vous venez dire ça pose un problème d'indépendance au niveau des ministres qui est une sorte d'accusation qu'est-ce que vous voulez dire ?
parce qu'il y en a qui ont beaucoup fréquenté cette étape semble-t-il mais vous disiez en 2015 qu'il y a un Qatar bashing vous ne répéteriez pas la même chose oui parce que je trouve absurde de condamner le Qatar quand il est en train d'acheter le PSG parce que ça n'a pas grande importance sauf pour les supporters du PSG naturellement en revanche quand on parle de financement du terrorisme regardons l'ensemble des pays de la région j'ai le sentiment par exemple que les Émirats arabes unis ne financent pas le terrorisme et sont très proches de nos valeurs et seraient un allié bien plus fiable y compris que l'Arabie saoudite et peut-être que le Qatar en clair moi je suis pour qu'on fasse une sorte d'agernamento de nos relations avec ces pays là quand vous parlez d'un temps assez ancien on n'était pas encore dans les problèmes de Daesh de terrorisme d'internalisation
2015
non non non oui mais pour ce qui me concerne des relations
vous évoquez la proximité pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy si je comprends bien
oui enfin elle s'est poursuivie sous François Hollande ou sous François Hollande moi je poursuis vous avez dit des ministres ont trop fréquenté le Qatar vous en dites trop ou pas assez de quoi parlez-vous et de qui ? je lis les articles de presse comme vous donc vous les lirez on n'a pas d'autres informations
que la presse ?
non non là très franchement à partir du moment où je ne voyageais pas avec eux je ne vois pas comment j'aurais où ils passaient leur week-end
mais vous avez cité le football mais il y a le printemps il y a la Gardère il y a de multiples hôtels de luxe est-ce qu'il faut revoir non mais est-ce qu'il faut revoir aussi ce genre de relation je pense qu'il faut qu'on garde raison
c'est pour ça que j'avais cette expression sur le Qatar bashing les investissements dans un certain nombre d'entreprises sont assez limités et sont en réalité des investissements destinés à toucher des intérêts pour faire simple quand vous avez 3% 5% 6% d'une grosse entreprise ça n'a pas grande importance ça n'attend pas à cette entreprise ça n'exerce pas grande influence la Gardère c'est beaucoup la Gardère je crois savoir en tout cas c'est ce qui m'avait été dit à l'époque qu'ils avaient souhaité augmenter leur participation chez la Gardère et que c'est Nicolas Sarkozy qui les en avait empêchés notamment pour des raisons de défense nationale
dernière question parce que je trouvais que c'était pas clair tout à l'heure quand des électeurs vont voter pour des députés UDI vont voter pour des députés de la majorité ils voteront pour des députés libres qui voteront c'est marrant comment on tourne des fois autour du pot pas du tout parce que vous avez dit on sera pas dans l'opposition donc ils voteront pour des députés de la majorité
écoutez vous voyez bien qu'il y a un débat avec ceux qui veulent être dans l'opposition systématique à tout moi j'ai des accords avec ce que dit monsieur Macron notamment sur la construction européenne notamment sur l'égalité des français devant les retraites je veux qu'on aille plus loin que ce qu'ils disent dans l'éducation dans la capacité d'autonomie des enseignants d'individualisation des enseignements j'ai des désaccords avec lui sur la CSG sur la capacité d'indemniser des gens qui décident d'aller au chômage pendant qu'on va réduire la durée d'indemnisation des gens qui sont licenciés c'est à dire que la victime va payer pour celui qui choisit le chômage je ne chercherai pas les désaccords je ne cacherai pas les accords et je ne vais pas non plus et j'assumerai parfaitement et nous assumerons parfaitement les désaccords vous savez ce qui est dramatique dans ce que je disais 2002, 2007, 2012 ces espèces de majorité absolue et de parti unique c'est qu'on transforme les députés en machine à voter les députés unis ne sont pas une machine à voter ils seront là pour soutenir les idées justes combattre les autres après tout
ça devrait servir à ça un député avant c'était simple et maintenant tout est devenu compliqué merci Jean-Christophe Lagarde vous savez les centristes ils ont toujours
de ce point de vue là quand l'idée est juste on la soutient quand elle n'est pas juste on la combat on va dire ça
merci à tous
on se retrouve demain merci à tous
Jean-christophe Lagarde