Législatives anticipées : "On travaille pour revenir avec la majorité", assure Laure Lavalette
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse directe
Est-ce une double victoire pour le RN ?
- 1:03OuverteRéponse directe
Vous attendiez-vous à cette dissolution ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Qu'a-t-on dit lors de la réunion des cadres du parti ?
- 2:18OuverteRéponse directe
Si vous gagnez, quel sera votre candidat pour Matignon ?
- 2:25OuverteRéponse directe
Pourquoi Jordan Bardella et pas Marine Le Pen ?
- 2:44RelanceRéponse partielle
Matignon affaiblirait Marine Le Pen avant 2027 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Invité politiqueChiffre
« Il est arrivé en tête dans 94% des villes, c'est un score inégalé depuis 40 ans. »
- 0:54Invité politiqueFait
« Et couronné par la dissolution. »
- 1:36Invité politiqueFait
« Surprise totale, mais après, effectivement, je ne vois pas comment il pouvait faire autrement. »
- 1:42Invité politiqueFait
« l'arrêt de cette politique migratoire folle, qui veulent une concurrence loyale »
- 1:55Invité politiqueChiffre
« Regardez, on a eu 23-49-3, je crois. »
- 3:20Invité politiqueChiffre
« La balance commerciale est déficitaire de 100 milliards d'euros. »
- 3:38Invité politiquePromesse
« la liste qui arriverait en premier dans ces élections serait la liste de l'alternance. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Les Français ont envoyé un message très fort, un message d'espoir sur Jordan Bardella »
- 4:21Invité politiqueFait
« Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce que vous dites. »
- 4:32Invité politiqueFait
« Marine Le Pen a utilisé l'expression de gouvernement d'union nationale il y a quelques mois dans la presse. »
- 5:55Invité politiqueChiffre
« Rien que nous, nous faisons 45%. »
- 7:42Invité politiqueFait
« Ils ont un bilan qui est absolument indéfendable, qui a mis les Français à genoux. »
Temps de parole
- Laure Lavalette75 %
- Présentateur25 %
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7h47, Sonia De Villers, votre invitée ce matin est députée Rassemblement National du Var. Alors, était, exactement, c'est ce que j'allais dire, depuis hier soir 21h, n'est plus députée de la deuxième circonscription du Var. Bonjour Laurel Avalette. Hier soir, donc, à la surprise générale, Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée Nationale dans la foulée de la victoire de votre parti aux européennes. C'est une double victoire pour le Rassemblement National ?
Oui, bien sûr, cette dissolution, nous l'appelions de nos voeux. Permettez-moi déjà de remercier tous les gens qui ont voté pour Jordan Bardella. C'est millions de gens qui ont voté pour cette liste, c'est millions de gens qui ont voté pour la première fois. Et votre collègue le disait, Jordan Bardella est arrivé premier dans toutes les catégories socio-professionnelles, ce qui est quand même quelque chose qui est vraiment remarquable. Il est arrivé en tête dans 94% des villes, c'est un score inégalé depuis 40 ans. Et couronné par la dissolution. Et couronné par la dissolution et avec une forte légitimité, puisque quand même la participation était là aussi la plus forte depuis 30 ans.
Est-ce que vous vous attendiez à cette annonce ?
Est-ce que vous vous attendiez à ce que le président de la République dissolve l'Assemblée Nationale, lui, qui s'y était refusé du début à la fin de la campagne ?
Oui, d'autant plus que je me dis qu'il est passé à côté d'un débat aussi avec Marine Le Pen, puisque quand il avait proposé le débat, Marine Le Pen lui avait dit, « Ok, comme vous mettez tout votre poids présidentiel dans cette campagne, moi je veux bien débattre avec vous, à condition que si vous perdez, soit vous entamez une dissolution ou une démission. » Et là, je me dis, c'est dommage, finalement, il dissout sans avoir débattu. Donc, surprise totale pour vous, surprise totale à l'état-major du RN ? Surprise totale, mais après, effectivement, je ne vois pas comment il pouvait faire autrement.
Vous savez, quand vous avez plus de 30% des gens qui plébiscitent, Jordan Bardella, qui plébiscitent l'identité, la souveraineté, la sécurité, l'arrêt de cette politique migratoire folle, qui veulent une concurrence loyale, ils ne pouvaient pas faire comme si rien ne s'était passé. C'est difficile pour lui, vous voyez bien, un peu vous qui êtes observateur de la vie politique, d'arriver à faire passer des lois. Regardez, on a eu 23-49-3, je crois.
À 22h30, vous vous êtes réunis, les cadres du parti se sont réunis. Qu'est-ce qui s'est dit à cette réunion ?
Il y avait une certaine gravité aussi de se dire que voilà, on dissout, nous, là, on travaille pour revenir avec, évidemment, la majorité. C'était le lancement de la campagne, hier soir ? Bien sûr, c'était le lancement de la campagne, évidemment. La campagne des législatives ? Bien sûr, bien sûr.
Si vous gagnez ces législatives, Laure Lavalette, quel sera votre candidat pour Matignon ? Ah ben ça, on l'a dit, c'est évidemment Jordan Bardella.
Et pourquoi Jordan Bardella ? Pourquoi Jordan Bardella et pourquoi pas Marine Le Pen ? Parce que c'est le candidat naturel, Marine Le Pen l'a toujours dit, on a énormément de chance dans cette famille politique, ce qui est assez inédit sous la 5e République, c'est d'avoir un ticket gagnant, avec Marine Le Pen, que nous voyons évidemment bien en présidente de la République, et Jordan Bardella en commun.
Donc Matignon, ce serait abîmé Marine Le Pen ? Ce serait l'affaiblir, ce serait risquer de la griller avant les présidentielles de 2027 ?
Non, c'est qu'on a un candidat tout à fait naturel qui est là, qui est Jordan Bardella, qui encore une fois a été plébiscité, et que ça nous paraît tout à fait cohérent.
Vous savez bien, Laure Lavalette, qu'il y a un scénario parmi d'autres, qui est si le RN a le pouvoir, le RN va s'affaiblir, le RN va se griller, le RN va faire montre de son incapacité à gouverner, et donc on pourra revenir en 2027.
Oui, alors vous savez, entendre ce scénario de la part de gens qui ont fait 900 milliards de dettes en 7 ans, il faut dire quand même que les macronistes ont fait autant de dettes en 7 ans que l'ensemble de la dette de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'aux années 2000. La balance commerciale est déficitaire de 100 milliards d'euros. Enfin, vous voyez, les leçons de bonne conduite, de bonne gestion du pays, je leur laisse.
Nous, on arrive avec beaucoup d'humilité, parce que justement, il faut dire aux Français que les caisses sont vides, donc ça n'est pas complètement simple non plus, il y a beaucoup d'humilité, une gravité, mais on pense effectivement, et nous l'avions dit, que la liste qui arriverait en premier dans ces élections serait la liste de l'alternance. Les Français ont envoyé un message très fort, un message d'espoir sur Jordan Bardella, et effectivement, il ne se dérobera pas.
Alors, alternance, vous n'y arriverez probablement pas tout seul. Hier soir, votre liste remportait 31,5% des voix. Celle des LR, 7,3%, celle de Reconquête, portée par Marion Maréchal, 5,5%. Éric Zemmour a immédiatement appelé à former avec son parti la plus vaste union des droites. C'est son expression. Est-ce que vous allez lui répondre ?
Bon, c'est un peu déjà étonnant de la part d'Éric Zemmour, qui a passé sa campagne à nous taper dessus, en disant que de voter Jordan Bardella, ça n'avait pas de sens. C'était un vote idiot, c'était un vote qui ne servait à rien. La preuve que non, c'est un vote qui écrit l'histoire quelque part. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce que vous dites. Moi, je pense qu'on peut y arriver. Je pense qu'on peut y arriver seul, mais ça n'est pas évidemment l'enjeu, puisque là, on est en capacité, j'allais dire, d'accueillir tous les patriotes. Même Marine Le Pen a utilisé l'expression de gouvernement d'union nationale il y a quelques mois dans la presse.
Mais bien sûr, et nous l'avons toujours dit, et vous savez bien pour ça que nous ne sommes pas, entre guillemets, pour l'union des droites, parce que nous pensons que c'est petit bras. On a évidemment envie de rassembler tous les souverainistes de l'entièreté de l'échiquier politique. Mais hier soir, vous vous êtes parlé avec Éric Zemmour ? Le parti a parlé avec Éric Zemmour ? Alors, moi, je n'ai pas parlé avec Éric Zemmour. Il y a des contacts avec Éric Zemmour ? Il y a sûrement des contacts avec Reconquête, comme il y en aura avec les LR, comme il y en aura avec des souverainistes de gauche. Ce qui est certain, c'est qu'il y a une opportunité majeure là de mettre en échec.
Et avec Marion Maréchal, qui, elle, ne vous a pas tapé dessus pendant toute la campagne, qui, elle, n'a pas attaqué Jordan Bardella ?
Je pense que c'est d'ailleurs ce qui a fait les dissensions absolument terribles à Reconquête, qui va, à mon avis, capoter aujourd'hui, si ce n'est déjà fait. Marion a toujours dit qu'elle avait des adversaires et pas des ennemis politiques. Donc, écoutez, voilà, je pense qu'effectivement, il y a 24 heures, 48 heures de discussion où tout le monde va bien frapper à la porte. Ce qui est sûr, c'est que ce leadership, c'est nous qui l'avons. On a un RN qui est très, très haut. Mais encore une fois, voilà.
Mais si Marion Maréchal frappe à la porte, on lui ouvrira.
Je ne suis pas à la tête de ce parti et je ne sais pas à ma porte qu'elle va aller frapper. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on aura besoin de tout le monde. Vous savez, moi, je suis élue du Var où il y a une grande, grande porosité, évidemment, entre le vote LR, le vote reconquête et le vote du Rassemblement national. Rien que nous, nous faisons 45%. Alors que si on additionne, effectivement, toutes ces forces-là, on passe largement au premier tour. Justement, est-ce qu'il pourrait y avoir, au cas par cas, des accords avec la droite, avec les LR ? Je pense qu'effectivement, tout s'entend. Et vous avez raison de dire que c'est au cas par cas. Mais là, vous dites avec la droite.
Mais pourquoi pas, encore une fois, avec des souverainistes de gauche. Donc, encore une fois, voilà. Des souverainistes de gauche. Il y a les 24 heures, là, les 48 heures de discussion. Marine Le Pen et Jordan Bardella ont sûrement leur téléphone qui sonne. Non mais, je peux penser à Montebourg, par exemple, qui était quelqu'un dans ce sillage de cette famille politique, où il y a des souverainistes à gauche. Donc, vous n'excluez pas des accords avec un Arnaud Montebourg, ancien socialiste ? Non mais, on n'exclut rien. Marine Le Pen l'avait déjà dit au moment de sa présidentielle. Vous savez, ce qui compte, c'est l'amour de la souveraineté, l'amour de la nation.
Et on a envie de remettre le pays en ordre, que ce soit en matière fin du laxisme judiciaire, en matière migratoire. Et tous ceux qui sont sur notre ligne sont évidemment les bienvenus.
Stéphane Séjourné, secrétaire général de Renaissance, qui sera notre invité tout à l'heure à 8h20, a assuré hier soir que la majorité ne présenterait pas de candidats contre des députés sortant. Ils sont issus du champ républicain. Comment vous avez entendu cette déclaration ?
Qu'est-ce que vous avez compris ? Je ne sais pas trop. Je ne sais pas trop si c'est semaine A, semaine B. Vous savez, avec le gouvernement, qu'est-ce qui est dans l'acte républicain ? Qu'est-ce qui n'est plus dans l'arc républicain ? Même nous, une semaine, nous l'étions. Pour eux, une autre semaine, nous ne le sommes pas. Je n'en sais rien. J'ai quand même du mal à croire que...
Ça pourrait être le retour du Front républicain ?
Oui, enfin, en tout cas, c'est un très très mauvais concept. Et je ne pense franchement pas que ça fonctionne. Non, non, ça ne peut pas être ça. Je n'en sais rien. Je pense qu'ils sont perdus. Vous savez, il y a une certaine fébrilité. Hier, j'étais sur les plateaux avec les représentants du gouvernement et tous étaient quand même dans un état, effectivement, de grande fébrilité. Ils ont un bilan qui est absolument indéfendable, qui a mis les Français à genoux. Effectivement, là, ils sentent qu'ils sont balayés. Il y a péril en la demande.
Actuellement, vous avez 89 députés. Vous êtes isolés à l'Assemblée nationale. Vous n'avez jamais exercé le pouvoir, à part localement. Au Parlement européen, vous êtes un groupe minoritaire et vous allez le rester. On va en reparler. Bref, le RN n'a jamais été un parti de gouvernement.
Vous pouvez le devenir d'ici le 30 juin. Alors, on n'est pas du tout isolés à l'Assemblée nationale. Je peux vous dire que ce qui passe, ça passe parce que nous le votons. Et quand ça ne passe pas, souvent, c'est parce que nous ne le votons pas. Donc, nous avons été cette première force d'opposition il y a deux ans, en juin. Donc, il n'y a aucune... On n'est pas du tout isolés. Et excusez-moi de vous dire que là, je pense qu'une soirée comme hier recentre évidemment au milieu du jeu le Rassemblement national. et nous sommes ceux qui allons envoyer à l'Europe la plus grosse délégation. Il y a déjà 30 députés. Vous allez commencer à compter un gouvernement ?
Je pensais que vous parliez de l'Europe. Encore une fois, voilà. Moi, je ne suis... Vous savez que porte-parole de campagne. C'est des questions qu'il faut poser à Marine Le Pen et Jordan Bardella. Mais nous n'avons aucune inquiétude sur le fait d'avoir les talents et les capacités pour faire un gouvernement.
Pousser de l'extrême droite, certes,
mais pas de raz-de-marée au niveau européen. Vous êtes déçus ? Non, mais déjà, moi, je ne me considère pas d'extrême droite. On ne va pas en reparler pendant 10 heures, mais ça n'est pas l'extrême droite. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a un réveil des peuples. Pardon, Laure Lavalette, c'est qui l'extrême droite ? L'extrême droite, c'est... Vous savez, quand vous êtes d'extrême droite, quand vous contestez tous les résultats électoraux, globalement, je ne suis pas sûre qu'il y ait des partis politiques qui les contestent. Il n'empêche, ce qui est sûr, c'est que voilà...
C'est que voilà, soir, vous étiez sur des plateaux télé, je vous ai regardé, et absolument tous vos interlocuteurs qualifiaient le score de votre parti de score de l'extrême droite. Oui, et tous vos interlocuteurs s'adressaient à vous comme une représentante de l'extrême droite. Moi, ce que je peux vous dire... Il se trouve que le 10 juin, vous n'êtes plus d'extrême droite.
Non, non, non, mais ce que je peux vous dire, moi, et je l'ai toujours dit, c'est que ça blesse les gens. Vous voyez, les gens qui ont voté pour nous, et les millions de Français qui ont voté pour le Rassemblement National et pour Marine Le Pen ne se sentent surtout pas d'extrême droite. C'est un vieux poncif que les médias continuent d'employer, mais je crois que ça n'est pas le cas.
La majorité ne va pas changer. L'alliance droite, libéraux et sociodémocrates va de nouveau dominer l'hémicycle pour les cinq prochaines années. Il vous faut faire une alliance avec d'autres groupes d'extrême droite comme ceux de Georgia Meloni ?
Je vous trouve assez audacieuse. On ne sait pas encore exactement quels vont être les équilibres. Ce n'est pas vrai. Vous savez, c'est tétris, très compliqué à l'Europe de savoir exactement comment constituer ces groupes. Je pense que rien n'est encore joué. Il faut attendre à voir tous les résultats et voir les tractations, voir comment ça se passe. Ce qui est certain, c'est qu'encore une fois, il y a en Europe un réveil des peuples, des peuples libres et souverains. Je pense que l'Europe telle qu'Emmanuel Macron, l'Europe de Bruxelles qui nous est vendue, est en échec. On l'a bien vu avec le score faramineux de Jordan Bardella. Merci Laura Lavalette. Merci à vous. Bonne journée.
Et merci Sonia Devillers.
Laure Lavalette