Les paradoxes de François Bayrou
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'édito politique de Carl Beus. Bonjour Carl. Bonjour Alexandre.
Ce matin, vous revenez sur les propositions de François Bairou annoncé hier par le Premier ministre lui-même et qui porte sur près de 44 milliards d'euros d'économie l'année prochaine. Alors ce qui vous a frappé vous Carles, ce sont ce que vous appelez les paradoxes de François Baïou. Quels sont-ils ces paradoxes ?
François Baïou a été au rendez-vous qu'il avait fixé avec les Français. Le premier ministre avait dit qu'il prendrait des mesures fortes pour réduire la dette qui s'élève. Il l'a longuement rappelé à 3300 milliards d'euros.
Il a effectivement pris des mesures fortes. Vous les avez rappelé sur votre antenne. Mais ce qui était frappant hier, en effet, c'était les paradoxes qu'on voyait surgir au fur et à mesure que le chef du gouvernement énonçait ses propositions.
J'en ai relevé au moins trois. Le premier d'entre eux, et pas des moindres, concerne les augmentations d'impôts. Dans sa première demi-heure consacrée à la pédagogie de la dette, François Baot a dit cette phrase : "Si l'abondance des impôts faisait le bonheur d'un pays, alors nous serions le pays le plus heureux de la planète.
Sous-entendu, les règlements obligatoires sont les plus élevés puisque la France, voilà, est dans cette situation là. La déduction logique de ceux qui l'écoutaient à ce moment-là était simple. Il n'allait pas y avoir d'augmentation d'implot dans le plan du Premier ministre.
Et ben c'est raté. Il y en a bien même s'il refuse de le reconnaître. On a donc ce paradoxe que le Premier ministre n'augmente pas les impôts, mais que malgré tout les impôts augmenteront pour certains en 2026. les plus riches avec la fameuse contribution de solidarité, les détenteurs de niche fiscale supprimé parce que faut rappeler l'objet d'une niche fiscale, c'est justement de diminuer cette pression fiscale sur certaines catégories pour que soit elles investissent ou elles emploient.
Supprimer la niche, c'est mécaniquement augmenter les impôts de ces catégories de français. les retraités qui subiront la pens la suppression de l'abattement de 10 % lié aux frais professionnels de leur impôt sur le revenu et ils verront aussi cet impôt augmenté. Enfin, l'année blanche fera mécaniquement entrer dans l'impôt sur le revenu ou progresser des tranches les Français qui auront eu une augmentation de salaires.
Alors, quels sont selon vous les autres paradoxes de François Baïou ? Toujours dans cette première partie sur la prédagogie, François Baou a pris l'exemple de la crise grecque sous le gouvernement de Cypras de 2015. qui a été obligé de baisser les retraites de 30 % et les salaires des fonctionnaires de 15 %.
C'est là que nous en sommes à lancer le Premier ministre pour faire comprendre à tout le monde la gravité de la situation. À partir de là, on se dit que le Premier ministre va prendre des mesures drastiques sur la fonction publique justement pour en arriver pour éviter d'en arriver aux solutions extrêmes de la Grèce. Mais François Beirou ne propose la suppression que de 3000 postes de fonctionnaires en 2026.
Euh pour rappel, la France compte 5,7 millions de fonctionnaires parmi lesquels 2,54 millions travaillent dans la fonction publique de l'État. La réduction de 3000 ne couvre même pas l'augmentation de 2024 que l'IFRAP a calculé à 32000 nouveaux fonctionnaires. Il est quand même paradoxal de brandir la menace grecque et d'en arriver à un chiffre aussi ridiculement bas.
Et c'est la même chose pour le non remplacement d'un fonctionnaire sur 3. En 2007, Nicolas Sarkozy avait mis en place le non remplacement d'un fonctionnaire sur de 4 ans plus tard, la Cour des comptes avait estimé que ce dispositif, au lieu de rapporter 800 millions d'euros comme prévu, n'en avait rapporté que 100 millions. Et quand Michel Barnier a voulu reprendre ce dispositif d'un sur de en décembre dernier, l'Institut Montigne avait calculé que cela permettrait une économie de 680 millions d'euros pour 29000 départs.
On sera très loin du compte avec le 1 3. Bon, dites-moi, est-ce que François Baou va arriver à le faire voter ce budget cet automne par le Parlement ? Alors Alexandre, sans trop prendre de risque, je vais m'avancer aujourd'hui en vous prononcequant qu'avec ces mesures annoncées hier, le budget ne sera pas voté cet automne.
Le premier ministre devrait donc obligatoirement recourir à l'article 493 et faire face à une motion de censure. Et c'est là le dernier paradoxe de Bairou. Il propose un plan ambitieux de réduction de la dette sans majorité à l'Assemblée nationale alors que son contenu supposerait qu'il s'appuie sur une majorité solide et cohérente et surtout qu'il ait obtenu au préalable un mandat des Français qui aurait validé ses choix et mis par exemple pendant une campagne électorale euh avant un scrutin.
Or, non seulement les résultats des dernières législatives ne permettent pas de dire que les électeurs lui ont donné un tel mandat, mais rien ne dit non plus que les partie du socle commun a commencé par les républicains se pli de bonne grâce à l'exercice de soutenir le plan de François Baou. votre édito politique sur Europa. Merci Carl Meus, rédacteur en chef au Figaro magazine.
François Bayrou