Macron n'a plus le choix : il doit dissoudre l'Assemblée
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 6 %Attaque 78 %Défensif 16 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:02OuverteRéponse partielle
Fallait-il vraiment le faire ? Pourquoi ? Qui gagne ? Qui perd ?
- 2:43OuverteRéponse partielle
Qui a gagné ? Qui a perdu ? Françoise ?
- 5:39OuverteRéponse partielle
Le cadre de ce débat permet-il de faire bouger les lignes ?
- 9:21RelanceRéponse partielle
Il est à la chasse au buzz, est-ce que c'est difficile de répondre ?
- 18:07OuverteRéponse directe
Macron doit-il dissoudre l'Assemblée nationale ?
- 25:41OuverteRéponse directe
Est-ce que tu penses qu'il y a aussi quelque chose de très grave qui se joue ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:57InvitéChiffre
« 80 à 100 milliards sur la question de la fraude fiscale dont vous ne parlez jamais. »
- 2:00InvitéChiffre
« Quant à la fraude sociale, c'est 2,3 milliards d'euros. »
- 19:14InvitéFait
« Vous avez des gens qui arrivent, vous leur donnez deux ans et demi de délai pour toucher les allocations. »
- 19:37InvitéFait
« Deux ans et demi de délai. Aujourd'hui, il faut six mois. »
- 20:42InvitéFait
« Vous savez, ça me fait penser à toute l'Assemblée nationale qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain. »
- 24:09InvitéChiffre
« C'est plus de 50%, je crois, en 2022. »
- 24:35InvitéFait
« Alors l'alignement, ce sera toujours plutôt Hitler que le Front Populaire. »
- 26:03InvitéFait
« Jamais à ce point, faire rentrer à ce point la ligne directrice de l'extrême droite française dans un texte de loi, ça n'est jamais arrivé. »
- 27:45InvitéFait
« Ce qui s'est passé sur la loi immigration, ça montre simplement qu'il a toujours une portée de fusil de l'Union des oppositions. »
- 28:39PrésentateurFait
« puisqu'ils nous ont surpris avec cette immigration. »
- 29:35InvitéChiffre
« Vous avez déjà rentré dans l'histoire en leur faisant rentrer 86 députés en 86 ? »
- 35:37InvitéChiffre
« 10 millions de voix en 2017, 5 millions de voix entre les deux taux. »
- 41:51PrésentateurChiffre
« elle va faire venir 450 000 immigrés en Italie. »
- 42:41InvitéFait
« celle qui a demandé au service secret de mettre en garde à vue une journaliste qui a révélé que des moyens de renseignement militaires français servaient à la dictature égyptienne pour supprimer des opposants politiques, Ariane Lavrieux. »
- 44:03InvitéFait
« si on ne vote pas la loi immigration avec un contenu raciste, la préférence nationale, le Rassemblement National va gagner. »
Temps de parole
- Invité47 %
- Invité 236 %
- Présentateur13 %
- Locuteur non identifié3 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
En France, on n'est pas discriminé à l'emploi, au logement, parce qu'on est blanc. Ça, c'est vraiment Jean-Marie Le Pen dans ses grandes œuvres, c'est l'héritière. Il y a un basculement général des chaînes d'information et de la façon de traiter l'information. Nous avons un pouvoir macroniste qui se met à genoux devant la droite et l'extrême droite pour passer à un texte gravissime.
Salut à toutes et à tous, vous êtes sur Le Média et vous nous regardez sur le canal 350 de la Freebox, sur notre site internet ou sur notre chaîne YouTube. Vous regardez un nouvel épisode de Sans Langues de Gois, le débat hebdomadaire qui met Françoise de Gois, journaliste chroniqueuse pour plusieurs médias, ancienne conseillère politique qui se considère comme rose vif face à un contradicteur. Et aujourd'hui, elle est à nouveau face à Paul Élec, chroniqueur politique aux médias. Au sommaire, retour sur le débat de ce dimanche, arbitré par BFM TV entre Mathilde Panot de la France Insoumise et Marion Maréchal de Reconquête. Fallait-il vraiment le faire ? Pourquoi ? Qui gagne ? Qui perd ?
Et sur le fond, à quoi ça sert ? Après le succès de la motion de rejet préalable de la loi Darmanin sur l'immigration, Emmanuel Macron doit-il prendre acte du blocage politique, soit latent, soit ouvert en France en l'absence de vraie majorité parlementaire, et prendre la responsabilité de dissoudre l'Assemblée nationale ? Et enfin, le coup de gueule de Françoise sur l'alliance qui ne dit pas son nom entre la France d'Emmanuel Macron et des gouvernements aussi problématiques que ceux de Viktor Orban en Hongrie et de l'italienne Georgia Meloni sur un sujet aussi important que la possibilité d'espionner les journalistes sur les territoires de l'Union Européenne. Salut Françoise, salut Paul.
Salut Théphile, salut Paul.
Salut. Avant d'évoquer le premier sujet de cette émission, le débat Mathilde Panot, Marion Maréchal, regardons quelques extraits de cet affrontement filmé.
80 à 100 milliards sur la question de la fraude fiscale dont vous ne parlez jamais. Quant à la fraude sociale, c'est 2,3 milliards d'euros. Donc, il n'y a pas d'assistés dans ce pays autre que les riches qui, eux, regardent, contrairement à ce que vous pensez sur les personnes exilées, qui, eux, vont regarder les droits un peu partout des autres pays pour savoir où est-ce qu'ils vont cacher l'argent qui doit revenir dans la solidarité nationale.
Il y a manifestement, en effet, une partie de la population aujourd'hui qui n'a pas envie de faire France de tout bois, qui déteste la France, déteste son histoire, déteste son identité, déteste même les Français pour ce qu'ils sont, se complète dans une forme de racisme anti-blanc que j'imagine vous contestez. D'ailleurs, ce serait intéressant. Qu'est-ce que vous pensez du racisme anti-blanc ?
Il y a des appels à la haine qui peuvent exister et qui sont tout à fait condamnables, mais ça ne s'appelle pas du racisme anti-blanc, qui, je le rappelle, est une invention de l'extrême droite. Ah, oui, d'accord.
Je suppose que vous avez tous les deux regardé ce débat ultra-médiatisé et je voudrais vous poser la question classique après ce genre de joute, même si c'est une question caricaturale. Qui a gagné ? Qui a perdu ? Françoise ?
Toutes les deux ont gagné, en fait. Je dirais que Mathilde Panot a gagné et Marion Maréchal a gagné en ce sens que ce débat ne sert pas à faire bouger une ligne, ça ne sert pas à faire bouger une voix, ça sert avant tout, comment dirais-je, à rassurer son électorat, à conforter son propre électorat. Il y a longtemps qu'on n'avait pas entendu, notamment depuis le 7 octobre, finalement on a entendu Jean-Luc Mélenchon sur France Inter, mais on n'avait pas entendu sur la longueur une des figures de la France insoumise sur les questions, d'ailleurs, qu'elle maîtrise bien mieux, à mon avis, que l'international, c'est-à-dire le social.
Donc Mathilde Panot, pour la France insoumise, elle a envoyé son message à son électorat, et bien sûr celui de la France insoumise, éventuellement un électorat plus large, en gros à l'électorat de la NUPES. Voilà. Et Marion Maréchal a fait la même chose, elle est en campagne. Donc en ce sens-là, chacune a réussi sa partition dans l'objectif qu'elle s'était fixée. Après, moi, je suis absolument interrogatif sur ce type de débat, je ne sais pas à quoi ça sert, en réalité. Je pense que ça se justifie dans les grandes périodes présidentielles. J'avais assisté avec grand plaisir de A jusqu'à Z au débat entre Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour. Là aussi, on se demandait qui a gagné, qui a perdu.
Ce n'était pas le sujet, mais il y avait un très haut niveau. On était sur un niveau d'idéologie et de combats idéologiques qui étaient passionnants, en fait, à regarder. Hier, ce n'était pas vraiment le cas. On a senti, j'ai bien compris, que Marion Maréchal voulait se payer les gauchistes. En fait, c'est exactement ça. Il y avait ça dans son attitude. C'était extrêmement pas structuré, extrêmement pas, comment dirais-je, argumenté. C'était extrêmement... Voilà, c'est le cerveau reptilien qui parle sur le racisme anti-blanc. Moi, je comprends bien ce que Mathilde Panneau voulait faire, faire une vraie démonstration sur ce qu'est le racisme systémique, etc.
Mais face à Marion Maréchal, on ne peut pas faire ça. En réalité, c'est comme face à Le Pen. Il faut répondre tel un animal, même pensant. Donc, je veux dire par là que je pense que personne n'a gagné, mais toutes les deux, elles ont gagné dans l'objectif qui était recherché. Ensuite, sur l'affrontement, qu'est-ce que vous voulez qui sorte de cet affrontement-là ? Vous pensez vraiment que Marion Maréchal va convaincre Mathilde Panneau et vice-versa ? Non. Ça fait de l'audience parce qu'il y a eu une énorme audience.
Non, mais elle fait m'a gagné, au moins.
Oui, mais elle fait m'a gagné. Et pas en très bonne position. Très, très bonne audience. 600 000. Ça a permis à la France insoumise d'être rassurée sur la bonne santé de Mathilde Panneau, sa présidente de groupe. Et ça a permis aux supporters de Marion Maréchal d'être rassurée sur Marion Maréchal. Voilà. Donc, un peu stérile, en fait.
Alors, Paul, est-ce que le cadre de ce débat permet de faire bouger les lignes ou alors l'objectif, c'était d'une certaine manière de redonner un nouveau souffle, en tout cas pour ce qui est de Mathilde Panneau à la France insoumise, en utilisant le même moyen que Jean-Luc Mélenchon en 2022, qui, on se souvient effectivement de son débat enflammé avec Zemmour.
Effectivement, il y a une différence avec le débat pendant la présidentielle, à un moment où les gens attendent que des projets se confrontent. Et là, on avait, à l'époque, deux candidats à la présidentielle. Là, on a Mathilde Panneau, présidente d'un groupe important à l'Assemblée nationale, et Marion Maréchal, qui n'est personne. Elle est anciennement députée, elle est de la famille Le Pen, mais finalement, là, elle représente un parti à qui, malheureusement, finalement, on donne la parole, alors qu'ils n'existent pas dans l'enceinte parlementaire.
Ils existent très peu dans l'espace électoral et surtout, ils existent par les paniques identitaires qu'ils arrivent à envoyer dans le monde médiatique. Et c'est peut-être ça, la difficulté. Tu me demandais, bon, est-ce que ce débat, est-ce qu'il faut le mener comme ça ? C'est une vraie question à poser. Est-ce que, quand même, il faut avoir des moments où on s'oppose à cette espèce d'instrumentalisation permanente de faits divers ? Je veux dire, vraiment, Reconquête est devenu les spécialistes du rattrapage des faits divers pour en faire des propos politiques toxiques et racistes, en fait, pour justifier leur vision civilisationnelle.
Et en fait, derrière leur vision civilisationnelle, le vrai mot, c'est la suprématie blanche ou, si vous voulez, une vision raciste et xénophone, mais vraiment très, très ancrée au sein de secteurs particuliers qui sont des secteurs extrêmement bourgeois. En fait, Reconquête, c'est ça, c'est la bourgeoisie radicalisée sur la base du fascisme, ce que d'ailleurs Mathilde Panot a bien souligné quand elle a dit vous êtes une ultra réactionnaire et une ultra libérale, c'est-à-dire, elle a dit vous êtes un Emmanuel Macron radicalisé ou je ne sais plus la formule et, bon, il y a une vraie question sur comment on s'y confronte.
Le problème, encore une fois, de ces débats, c'est que, voilà, ils sont biaisés parce que, sur le plan des idées, je pense que Mathilde Panot, elle a clairement réussi à montrer que, derrière, il y avait un raisonnement, une vision de la France et de l'autre, en face, il n'y avait pas d'idée, il y avait de l'affect, du complotisme, des... voilà, une manière qui ne passe que par les sentiments.
Or, et je pense que c'est ça la limite que je mettrais, c'est que, quand on est dans un raisonnement, quand la gauche présente des arguments, il faut qu'elle évite d'être systématiquement mise dans la situation où elle est sur le plan théorique, quand les autres essayent de revendiquer le plan des affects. Parce que le problème des affects, c'est que, voilà, ça touche des personnes qui sont déjà convaincues, ça radicalise le caractère spectaculaire de l'émotion médiatique et on n'arrive pas à débattre sur le fond.
Et d'une certaine manière, c'est que les macronistes, quand les choses n'ont plus de sens, quand on n'a pas un règlement du débat qui est intéressant, parce qu'au passage, Benjamin Duhamel n'a servi à rien. J'ai trouvé qu'il était assez juste avec Mathilde Panot. J'ai trouvé qu'il arrivait quand même, je m'inquiétais de cela, je trouvais qu'il arrivait quand même à remettre assez souvent Marion Maréchal à sa place en lui disant laissez terminer Mathilde Panot. J'ai trouvé que ça, au moins, régulateur, c'est pas mal.
Moi, je l'ai surtout entendu venir demander à Mathilde Panot de répondre à certaines questions qui, en tant que telles, posaient problème pour moi sur le point de vue des idées, parce que ces questions-là étaient généralement malhonnêtes, voire vraiment, encore une fois, à la limite de propos hallucinants de racisme.
Lui, il est à la chasse au buzz et justement des sujets comme le fameux racisme anti-blanc auxquels, en réalité, il est très difficile de répondre parce que...
Il n'est pas très difficile.
Il y a une position extrêmement claire sur le fait que le racisme anti-blanc n'existe pas pour une raison, c'est qu'encore une fois, ce qu'elle a essayé de dire Mathilde Panot, c'est que quand on parle de racisme, on parle d'un système généralisé de discrimination et je suis désolé, mais en France, on n'est pas discriminé à l'emploi, à l'embauche, au logement et de manière générale parce qu'on est blanc et que c'est sur cette base-là qu'on peut dire que le racisme anti-blanc n'existe pas et là, il a failli dans son rôle puisqu'il revient effectivement chercher le buzz mais on n'a pas en fait de cadrage intellectuel du débat qui ne permette pas d'être juste dans le spectaculaire et ça, ça me gêne.
C'est typiquement l'illustration sur la question du racisme, l'illustration de la difficulté de débattre avec le Rassemblement National et reconquête avec Marion Maréchal. C'est assez étonnant parce qu'on revoit avec Marion Maréchal, en réalité, c'est le canal historique, c'est vraiment la petite fille de son grand-père. Elle a les mêmes, comment dirais-je, les mêmes tendances lourdes que son grand-père, c'est-à-dire Jean-Marie Le Pen, c'est-à-dire déjà l'art de la punchline, l'art de la formule quand elle, je vois bien comment Mathilde Panot se lance dans la démonstration pour expliquer ce que dit Paul et qui est très juste en réalité.
Après, et vous voyez comment, ah bon, et quand quelqu'un se fait larder de douze coups de couteau en disant je vais tuer des blancs, c'est pas du racisme. Donc ça, c'est vraiment Jean-Marie Le Pen dans ses grandes œuvres et vraiment, elle a en plus de ça la doctrine économique de Jean-Marie Le Pen. Vraiment, c'est l'héritière. Je ne dédouane pas Marine Le Pen d'autre chose, mais là, la réalité, c'est cela. Après, sur ce que dit Paul, donc c'est la difficulté. Personnellement, je pense qu'il ne faut pas accepter ce genre de débat. Je pense qu'il ne faut pas
accepter ce genre de débat, ce n'est pas finalement ouvrir, participer à l'élargissement de la fenêtre d'Overton. Ou alors,
il faut le faire, il faut le faire, il faut s'y préparer peut-être encore plus.
Je ne dis pas du tout que Mathilde Panot ne s'était pas préparée, on voit bien qu'elle était préparée, mais il faut, comment dirais-je, exiger un cadrage plus élevé, il faut exiger un cadrage différent, il faut faire des parties sociales beaucoup plus longues, il faut faire, on ne peut pas, comment dirais-je, je pense qu'on est dans une, accepter ce genre de débat si on n'est pas prêt, c'est qu'on participe de l'ambiancement général, parce que c'est très difficile de contrer une, comment dirais-je, la stratégie de communication de Marion Maréchal, alors c'est vrai que Paul a raison quand elle dit elle n'est rien à une personne, mais la réalité c'est qu'on compte en fonction aussi des scores à la présidentielle et que le temps de parole, donc 7% d'Éric Zemmour, c'est de toute façon beaucoup plus que 1,5% d'Anne Hidalgo ou 2 ou 3% de Roussel, donc on compte en fonction de ça, ou de Pécresse bien sûr, et Marion Maréchal, si vous voulez, elle a un objectif, ça m'ennuie qu'on serve de prétexte à Marion Maréchal pour aller draguer une partie des Républicains car le seul objectif de toute façon de Marion Maréchal pour les Européennes, c'est de passer devant les Républicains.
Si demain, si le 9 juin, Marion Maréchal passe devant les Républicains largement, c'est-à-dire à 2 ou 3 points, on peut dire que c'est l'enterrement en première classe de la droite française. Moi, j'ai vraiment aucune certitude sur le fait qu'il faille soit refuser ce débat, soit l'avoir... Je m'interroge moi-même, pardon. Évidemment, j'ai des souvenirs de, pendant la campagne de Jean-Luc Mélenchon, le fait que dans des portes-à-portes que j'ai pu faire nous ont beaucoup parlé de ce débat. Alors, ce n'était pas le même, mais c'était le débat Mélenchon-Zemmour. C'est peut-être pas le même niveau, etc.
Mais derrière, je sais aussi qu'il y a eu des expériences à gauche de retrait de l'espace médiatique de la part, par exemple, des intellectuels. Je rappelle de, je ne sais pas, Bourdieu, Deleuze et compagnie qui disaient non mais moi, je ne peux pas y aller. Le cadrage intellectuel est tellement médiocre que je ne vais pas y aller. Et je peux comprendre ça. Je pense qu'avec le recul aussi, il faut qu'on voit qu'il y a un basculement général des chaînes d'information et de la façon de traiter l'information qui fait que, de toute manière, le discours de Reconquête et de toutes les factions réactionnaires qui s'organisent aujourd'hui sera présent et extrêmement présent.
Et puis quand ils ne sont pas là à travers le choix même des sujets, la passion des faits divers qui est désormais aussi celle de BFM qui est témoin là-dedans que Seigneur. Parce qu'il y a une fusion
entre cette espèce de spectaculaire médiatique et la zone affective qui est travaillée par l'extrême droite. Et du coup, des fois, je me demande si de toute manière le discours est en présent, il ne faut pas quand même essayer d'arriver à avoir des gens. Alors, ça ne marche pas à chaque fois, mais encore une fois, je pense que Mathilde Panneau n'a pas à lire de ce qu'elle a dit et de ce qu'elle a présenté. Donc du coup, bon,
moins représenter ceux qui sont écrasés par ce discours.
Mais ceci dit, je pense quand même que, alors, vous allez dire que je suis l'indécrotable optimiste de service, mais quand même, il ne faut pas se tromper non plus sur la force de l'influence des médias. Parce que, regardez Éric Zemmour, quand même, au moment de voter, vous savez, au moment de voter, dans l'urne, il y a toujours cette question qu'on se pose, où est-ce que tu m'emmènes, toi ? Où est-ce que je vais avec toi ? Où est-ce que je vais avec Zemmour ? Où est-ce que je vais avec Macron ? Alors, sans joie, on ira peut-être entre deux mots, il faut choisir le moindre. Où est-ce que je vais avec Le Pen ?
Cette question fondamentale qui est intimement liée à notre façon de concevoir la politique et surtout la Ve République, cette monarchie présidentielle, c'est très important, donc on la critique, mais c'est aussi quelque part un airbag de protection parce que la réalité, c'est que si on avait écouté les médias, et moi, je sais, je faisais beaucoup de télé à l'époque et j'étais la seule à dire, vous verrez, il sera en dessous de 10% très largement parce qu'au moment du vote, il y a quelque chose qui ne se fait pas avec ce genre d'individu.
Et moi, je crois justement, je suis d'accord avec ce que dit Paul sur l'ambiancement général, évidemment, mais je pense que les Français, en fait, sont intelligents, en réalité, je suis très ségoléniste, je crois à l'intelligence des gens, mais j'y crois vraiment parce que... Et à la bravitude. Oui, à la bravitude parce que élection après élection, OK, le RN monte, je suis d'accord, mais regardez Zemmour, on le disqualifie, il n'y a certainement pas eu un candidat qui a eu plus de une, plus de couverture médiatique qu'Éric Zemmour, Emmanuel Macron. Ça a marché pour Macron. Mais non, mais sur ça, je suis... Vous êtes d'accord, tu es d'accord ?
Effectivement, mais déjà, les variables du vote, c'est-à-dire, en faisant un petit peu de socio-égyptoire, on se rend compte qu'il y a des choses beaucoup plus importantes que l'espace médiatique. Il y a ce qui s'appelle la formation, le diplôme, la qualification, le revenu, le patrimoine, le vécu de la discrimination. Par exemple, pourquoi un certain nombre des classes populaires ne votent pas pour le Rassemblement National ? Parce qu'aussi, elles sont les premières victimes. C'est bien que vous le disiez, parce que ça serait bien d'arrêter avec cette espèce de... Je suis très ravi que vous le disiez en tant que sociologue en plus.
J'en ai marre d'entendre ce discours réducteur, les classes populaires votent Le Pen. Non. Il y a une vraie hétérogénéité, en fait, depuis, on va dire, l'effondrement de ce qu'on a appelé la classe ouvrière, en tout cas, dans sa grande formule qui était identifiée entre classe ouvrière égale ouvrier égale plus on est intégré dans la classe ouvrière, plus on vote communiste. Bon, maintenant, aujourd'hui, il faut assumer qu'il y a une hétérogénéité, mais non seulement des conditions sociales, c'est-à-dire des expériences de travail, des expériences de logement, des rapports à la propriété.
Par exemple, si vous regardez qui vote Rassemblee Nationale et qui vote Jean-Luc Mélenchon, rien que sur le rapport de propriété. Vous verrez des gens entre des petits pavillons en périurbain qui ont un rapport à la propriété qui les lie, à la peur d'être taxés sur leur héritage et de l'autre côté, des gens qui habitent dans des grands espaces urbains, ils ne sont pas forcément propriétaires, ils sont dans des logements collectifs. Rien que ça. Et en fait, cette hétérogénéité des conditions sociales, elle produit aussi une hétérogénéité idéologique, c'est-à-dire une façon de se positionner dans le monde qui est très, très différente.
Donc, bref, l'idée, c'est de dire que les ressorts du vote ne fonctionnent pas uniquement sur la question médiatique. Par contre, le problème du cadrage médiatique, c'est que ça indique des questions sur lesquelles on passe du temps à se battre pour essayer de délier les fantasmes de l'extrême droite qui permettent aussi bien au pouvoir d'instrumentaliser telle ou telle affaire ou telle ou telle position politique pour pouvoir réorganiser ces alliances. Parce qu'on va y venir, mais il y a un problème de fonctionnement du pouvoir qui n'arrive pas à trouver sa majorité. Et donc, ça aide ce genre de cadrage très réactionnaire pour pouvoir venir jouer les amis des uns et les amis des autres.
Mais effectivement, les ressorts du vote, c'est la vie des gens, c'est quelque chose de sérieux. C'est ça.
Au moment où nous enregistrons cette émission, on ne sait pas encore, on va le dire, c'est le lundi, on ne sait pas encore si la commission mixte paritaire est arrivée ou pas à un consensus sur la loi d'Armanon au sujet de l'immigration. Mais ce feuilleton nous rappelle, soit ce que l'exécutif Macron n'a pas de majorité parlementaire. Et ton avis, c'est que Macron doit avoir le courage de dissoudre l'Assemblée nationale. Alors, je voudrais peut-être même pour l'histoire, parce que peut-être que ça sera développé au moment où on va diffuser, mais tu es venu ici en disant que tu avais mal au ventre à cause de ce lundi. Tu as mal au ventre à cause de cette CMP. Oui, oui, je suis en vrille
parce que je pense qu'il y a quelque chose qui va se passer si cette CMP est adoptée. Il va se passer quelque chose dans notre pays qui ne s'est pas passé depuis, je pense, 20 ans. Vous avez une majorité relative qui va accepter de représenter demain au Parlement, demain, puisque nous sommes lundi, au Parlement, si la CMP est adoptée, un texte qui est totalement identifiable à la préférence nationale. Je pèse mes mots.
Quand vous avez, dans ce texte que vous donnez grâce à la droite, même si vous réduisez la durée, que des gens qui travaillent et qui sont étrangers et qui travaillent dans ce pays, non, mais je suis en vrille, j'ai envie de pleurer tellement je suis en colère, je rigole de Mathilde Panot et moi, je ne me maîtriserai pas en débat. Vous avez des gens qui arrivent, vous leur donnez deux ans et demi de délai pour toucher les allocations. Deux ans et demi de délai. Aujourd'hui, il faut six mois. Deux ans et demi pour quelqu'un qui travaille, cinq ans pour quelqu'un qui ne travaille pas. OK ? Vous comprenez bien que ça, c'est la préférence nationale.
Vous comprenez bien que ça, c'est la structure même de l'extrême droite. Vous comprenez bien que cela, c'est la colonne vertébrale de Jean-Marie Le Pen depuis le début, depuis ses 0,5% à la présidentielle jusqu'à 2022. Et nous avons un pouvoir macroniste qui est supposé faire barrage à ces idées-là et qui se met à genoux devant la droite et l'extrême droite pour passer cette loi inutile, pour ne pas être vaincue, pour ne pas être défait. Alors qu'on recommence comme les retraites mais en pire. Si demain, ce Parlement vote cette loi, je pense que nous basculons, moi je vous le dis, les copains, nous basculons dans quelque chose qui va devenir extraordinairement dangereux.
Ça veut dire que c'est Macron lui-même qui fait sauter toutes les barrières. Cette motion de rejet, elle a été rejetée. Il ne fallait pas y revenir. Il ne fallait pas y revenir en commission mixte paritaire. Elle est rejetée, elle est rejetée, point. Blessure d'égo, blessure d'orgueil, faiblesse politique. On est prêts à tous les compromis. Vous savez, ça me fait penser à toute l'Assemblée nationale qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain. Vous savez, il y en avait peut-être 20 qui n'ont pas voté et puis il y a ceux qui n'étaient pas là en plus. Mais ça me fait, je vous assure, je suis dans, je trouve que nous sommes dans un moment de basculement terrible.
J'espère, peut-être que je me trompe, que la CMP ne sera pas adoptée, échouera, j'en doute. Et ce que je crois savoir, c'est qu'il y a une vingtaine de députés, en tout cas de la majorité, Macron, plutôt sensibilité gauche, qui disent, nous, on va s'abstenir, on ne peut pas voter un texte comme ça. Vous comprenez ? Face à l'histoire, on n'est pas dans des histoires d'Armanin présidentielle ou pas. On est dans quelque chose de gravissime. Si l'Assemblée vote ce texte demain, pour moi, il y a une rupture profonde, vraiment. Et je ne décolère pas parce que nous n'avons pas les moyens de l'empêcher. Et bravo la gauche d'avoir porté ce texte et d'avoir jeté. La gauche, elle a fait son travail.
J'entends les tombeaux de débilité, d'analyse, pardonnez-moi, je suis un peu énervée sur, oui, vous obtenez un texte encore plus dur. Qu'est-ce qu'il y a ? Vous allez obtenir un texte encore plus dur. Donc, on fait ça, on fait du tricot, on est à l'Assemblée nationale, on attend que les choses se passent. Une bataille, comme disait ma grand-mère, le millefeuille, c'est une feuille après une feuille. La gauche a eu tout à fait raison de voter et de présenter cette motion de rejet. Vive la NUPES. Pour une fois, la NUPES s'est retrouvée là-dessus et moi, ça m'a fait éminemment plaisir.
Si demain, ce texte est voté, je vous le dis, les copains, on passe dans quelque chose de diamétralement opposé. Il y a quelque chose qui saute définitivement dans notre pays.
Alors, on joue un peu contre le temps puisqu'on sera diffusé demain et beaucoup de choses se passent entre aujourd'hui et demain. Mais disons, d'un point de vue structurel, est-ce que tu penses qu'il y a aussi quelque chose de très grave qui se joue là devant nos yeux ?
Je suis d'accord que si un texte est proposé en mendiant les voix en fait des républicains sur la base d'une acceptation du principe de préférence nationale, on arrive dans un cran supplémentaire dans l'alignement idéologique entre la droite et l'extrême droite. Et ce serait macronisme droite extrême droite. On a besoin de 50 millions de réactionnaires. Le vrai truc, c'est que je ne suis pas sûr que ce soit une rupture au sens de que ce n'est pas quelque chose qui évoque des comportements successifs de la macronie en ce sens par le passé.
En fait, si on regarde encore une fois, il faut toujours revenir à 2017, le mirage social-libéral d'Emmanuel Macron qui se fait élire sur du social-libéralisme. Très très vite, il va s'évaporer et l'enjeu du premier quinquennat, c'est comment obtenir à droite le soutien qu'il perd à gauche en mettant une politique antisociale et une politique qui n'hésite pas à instrumentaliser ce que vous voulez, la laïcité ou ce que vous voulez pour pouvoir venir sur le terrain de la droite réactionnaire et continuer à les phagociter. D'ailleurs, on l'a très bien vu en 2022. Ça a marché. Ça a marché. Comment est passé le vote Macron ? Il est passé, il a bouffé le vote Fillon.
Le vote Fillon qui était en plus vraiment un vote de notable, plein de patrimoine. Il avait dragué les réseaux catho-intégristes, sens commun, vous vous rappelez. Et vraiment, en plus, un vote ancré chez les populations qui votent parce que le nombre de retraités qui participent du score d'Emmanuel Macron et c'est une folie. C'est plus de 50%, je crois, en 2022. Et donc, du coup, dans ce chemin-là, il faut comprendre qu'est-ce qu'est le raisonnement idéologique. Le raisonnement est très simple.
C'est que si l'alternative, c'est en face une attaque aux intérêts économiques des gens qui sont représentés par la Macronie, à savoir les grandes puissances dans ce pays, les grands industriels, tous ceux qui profitent de la fraude fiscale, etc., alors l'alignement, ce sera toujours plutôt Hitler que le Front Populaire. C'est une vieille formule mais c'est quand même systématique. Et on l'a vu, Darmanin, c'est ça dans le gouvernement Emmanuel Macron, c'était le poste de dialogue avec la réaction. Là, il a échoué et donc du coup, il faut mettre un cran supplémentaire, il faut aller encore plus loin et le problème, c'est qu'ils n'apprennent jamais de leurs erreurs.
à chaque fois, que ce soit la droite des Républicains avec Nicolas Sarkozy, que ce soit, et vous ne serez pas d'accord avec moi, François Hollande avec des propositions comme la déchéance de nationalité et qu'on a donné le point à l'extrême droite, il n'y a pas de point de retour là-dessus parce qu'on donne l'impression qu'ils ont raison, qu'ils posent des bonnes questions ou ce genre de bêtises et ensuite, le champ s'ouvre sur, dédiabolise au sens de, il donne raison à l'extrême droite et il donne l'impression que c'est dans cette direction qu'il faut orienter l'action politique et donc du coup, ça va simplement bénéficier à l'extrême droite et on ne peut pas comprendre que le Rassemblement National avant le Front National a systématiquement monté si on ne comprend pas qu'à chaque fois, des gouvernements ont donné le point systématiquement à l'extrême droite.
Alors François, on va peut-être revenir, peut-être que tu as une réaction mais à la question, est-ce que Macron doit avoir le courage face à tout cela de dissoudre l'Assemblée Nationale ? Peut-être que tu as une réaction.
Juste une seconde pour dire à Paul que moi, je pense que pourquoi c'est dramatique, c'est une rupture parce que jamais ça n'a été aussi concrétisé. Il y a eu bien sûr des votes de vice-présidente du Rassemblement National qui, mais là, jamais à ce point, faire rentrer à ce point la ligne directrice de l'extrême droite française dans un texte de loi, ça n'est jamais arrivé. Voilà pourquoi... Police, sécurité,
liberté, civiles, c'est pas la préférence nationale. Là, tu touches vraiment à la... C'est un cran supplémentaire mais je veux dire... Excusez-moi, j'arrête mon grand seul de la préférence nationale, il y a la... Comment dire ? La construction du délit. Est-ce que son papier va devenir désormais un délit ? C'est-à-dire, on pourra arrêter un livreur ou Uber Ease et puis le mettre en prison même si le pays, son pays d'origine n'en veut pas ? Je ne vous parle pas... Ça, c'est quand même énorme.
Je ne vous parle même pas de la caution qu'on va demander aux étudiants étrangers pour être sûrs qu'ils repartent bien chez eux, etc. Non, mais la liste est longue. Le racisme froid, Jacques Rancière dit ça, il y a le racisme chaud avec les propos racistes facilement condamnables et en face, on lui met un racisme technocratique. On va regarder dans les textes, on va regarder les dispositifs et en fait, c'est un racisme porté par l'État et c'est en ça que c'est un cran complètement... Alors, dissolution ou pas ?
Donc, mieux vaut dissoudre que se livrer à la droite et à l'extrême droite.
Il aurait, bien sûr, il aurait tout intérêt à le faire, il ne le fera pas malheureusement, mais il aurait tout intérêt à le faire. Il a rien à y gagner
de l'empoir de politique.
Je sais, il aurait beaucoup de choses à gagner, Emmanuel Macron, si vous nous écoutez, car je sais que vous êtes un très grand amateur de médias et que vous regardez tout. Et si vous nous regardez, je vous conseille...
Je vous conseille
de dissoudre parce que la réalité, c'est qu'Emmanuel Macron ne peut pas imaginer, pour lui, narcissiquement, personnellement, il ne va pas continuer dans une pétonnière comme ça pendant trois ans et demi. C'est impossible. D'abord, sa personnalité ne peut pas accepter d'être contestée en permanente par l'Assemblée nationale parce que ce qui s'est passé sur... Qu'est-ce que ça montre ? Ce qui s'est passé sur la loi immigration, ça montre simplement qu'il a toujours une portée de fusil de l'Union des oppositions. Il est toujours à un coup de fusil de l'Union des oppositions.
Et toute la difficulté depuis une semaine, le psychodrame pour essayer de faire aboutir cette CMP et après le vote à l'Assemblée nationale, plus Retailleau qui fait monter les enchères, tout ça, ça ne peut pas convenir à une personnalité comme Emmanuel Macron. Ça n'est pas possible. Vous croyez vraiment que pendant trois ans et demi, janvier, ça va être long, vous croyez que ce président-là va accepter d'être contesté en permanence sur tout sujet ? Ça, c'est le premier point qui est quasiment de la psychopathologie, de la psychopolitique, mais la réalité, c'est que je pense que c'est un point très important. dissoudre, ça lui permet d'avoir peut-être une surprise divine.
Évidemment que la NUPES ne partira pas unie à cette élection, à ces élections. Évidemment qu'il y aura moins de députés. On ne sait pas,
puisqu'ils nous ont surpris avec cette immigration.
Non, je ne crois pas du tout une minute que la NUPES pourra se rababucher si demain il y avait une élection anticipée. Je ne vois pas du tout des candidats uniques, sauf cas particulier, ça, ce n'est pas possible. Rien n'écrit que le Rassemblement national. Si vous n'avez pas un candidat NUPES, tendance à la fille ouverte en face, vous verrez que le barrage peut-être se fera un peu mieux. Donc on ne sait pas. Soit il a une mini-majorité, soit il rentre en cohabitation. Et rentrer en cohabitation pour Emmanuel Macron, ce n'est pas les emmerdes qui commencent, c'est la représidentialisation qui commence. Emmanuel Macron ne peut pas finir, sortir par la petite porte. Mais la cohabitation
serait avec qui ?
Peut-être le RN ? Mais on n'en sait rien. Et alors ? Un type comme Emmanuel Macron ne se satisferait pas avec sa psyché à lui d'une cohabitation pendant trois ans et demi avec le Rassemblement national ? Mais pourquoi ? Qu'est-ce que l'on empêche là ? On ne peut pas dans l'histoire comme celui qui leur a ouvert la porte, donné les clés, frotter les chaussures... Vous avez déjà rentré dans l'histoire en leur faisant rentrer 86 députés en 86 ? Mais ce n'est pas grave. Je veux dire par là, moi, je ne vois que des avantages pour Emmanuel Macron et de toute façon que des avantages pour la République. Il faut faire respirer. On ne va pas continuer comme ça.
On ne va pas continuer trois ans et demi avec un Parlement complètement bloqué. Trois ans et demi... En plus, on fout en l'air tout l'esprit des institutions. Je sais bien que tout le monde s'en fout. Mais la réalité, c'est que quand vous êtes déjugés comme ça sur une motion de rejet, mais le minimum, bien sûr, ce n'est pas une motion de censure. Je fais tout à fait la différence. Mais symboliquement, c'est exactement la même chose. Le minimum, l'esprit des institutions, c'est de retourner aux autres. Il faut faire un risque.
Ou alors de virer le ministre intérieur.
Mais il faut faire un... Il n'a rien à voir là-dedans. Il a très bien bossé. Il faut virer Franck Riester. Il faut virer... Il faut virer... Comment dirais-je ? La présidente de l'Assemblée nationale. Ils ne sont même pas foutus d'aller chercher neuf députés pour voter. Parce que je vous rappelle quand même qu'on parle de la victoire de la gauche et moi, j'en suis ravi. Mais quand même, objectivement, ils n'ont pas été foutus d'aller chercher neuf députés qui manquaient. Il manque neuf voix. Ça, c'est le travail. Ils avaient piscine. Mais oui, c'est le travail. Je ne sais pas s'ils avaient piscine. Ça, c'est le travail du ministre chargé des Relations avec le Parlement.
Donc, de toute façon, on ne peut pas continuer dans ce climat. Je sais bien que tout le monde me dit « Monsieur, on peut continuer. » Ça ne l'arrange pas. Moi, je pense que Macron, c'est l'homme de tous les coups. Je pense que s'il sent que, narcissiquement, pour se représidentialiser, pour sortir de cela, pour ne plus être contré ou alors être carrément contré parce qu'il a un premier ministre de coopération, je pense qu'il peut nous étonner. Il peut le faire. Préparez-vous, les États-majors.
Qu'est-ce que tu vois dans ton mar de café ?
Moi, je ne vois pas dans le mar de café, mais je pense qu'il n'a pas intérêt à le faire tout de suite. Par contre, il pourrait avoir un intérêt à le faire après les Européennes. Dissoudre à l'été, pour quelles raisons ? Oui, il y a les Jeux. C'est vrai, ça pose une question. Mais en fait, pareil, je veux dire, là, il a passé la séquence budgétaire 22e, 49.3. Ils ont fait la démonstration qu'ils n'ont que faire, effectivement, des institutions du Parlement. Premier quinquennat, chante d'enregistrement. Deuxième quinquennat, on met des claques pour que ça passe ou on utilise la police quand c'est dans la rue.
et du coup, après les Européennes, on aura sans doute, du fait des candidatures qui s'annoncent divisées à gauche, une élection qui aura ancré la division à l'intérieur, les tentatives des écologistes et des socialistes de se refaire, de corneriser la France insoumise comme on en avait discuté la semaine dernière. Et donc, du coup, dans ce contexte-là, c'est plus intéressant pour être sûr qu'on ait une tentative d'obtenir une majorité en faisant dissoudre l'Assemblée, d'autant plus que d'ici là, il va pouvoir se sortir de cette situation où les LR font monter les enchères et le force à mendier sa majorité technique. Le faire maintenant alors que les LR sentent qu'ils appuient, etc.
Moi, je pense que c'est septembre. Après les Jeux, après les Jeux. N'est pas, quand on dit, très intéressant pour lui. Il est d'accord sur l'idée qu'il peut le faire parce qu'il pourrait aller chercher une majorité. En fait, je pense que la Macronie a essayé d'être en déni. La gauche a très, très vite dit, regardez avec cette nouvelle Assemblée, la Ve République est à bout de souffle. Or, c'est vrai que la Ve République n'étant pas prévue pour avoir des situations de crise, elle est vraiment très corsetée et très antidémocratique dans la façon dont elle organise la représentation nationale.
Et du coup, il y avait l'idée qu'en poussant un peu, en jouant sur les règlements, ce qu'ils ont fait systématiquement, en utilisant du 49-30, on va pouvoir louvoyer, naviguer sur chaque texte et qu'ils ont voulu, encore une fois, refuser d'expliquer qu'ils sont faillis. La Macronie, vous les écoutez, ils font tout quand tout bien, il n'y a aucun problème, les gens manifestent, les gens critiquent depuis l'étranger, il n'y a jamais rien, circuler, il n'y a rien à voir. Et donc, du coup, sur cette Ve République, ils ont tenté le tout pour le tout et ils ont essayé de dire que ça allait passer. je pense que c'est parce qu'aussi, il y a une peur de l'inconnu, en fait.
Là, s'il y a une dissolution, vu l'état de la crise politique, vu comment ça va très vite, les mouvements idéologiques, les basculements, on l'a dit, ils acceptent la préférence nationale aux côtés de la droite et de l'extrême droite de façon alignée, la gauche a un niveau de radicalité qui est aussi porté par une conflit de l'actualité sociale très forte dans l'espace politique français. Donc, je pense que c'est l'inconnu et ils ont peur de ça. Moi, je pense que quand on fait circonscription par circonscription, vous savez, le Front National, il est boursouflé aussi. Pourquoi ?
Parce que vous avez entre 30 et 40 circonscriptions sur lesquelles il n'y a eu aucun appel du candidat macroniste battu au premier tour parce qu'en face, il avait un candidat de la NUPES et que souvent, c'était un candidat LFI. Et donc, on a bien vu tous les bémols que mettait bien sûr Elisabeth Borne qui était absolument odieux avant les législatives. Oui, on va voir. Parce que nous, la gauche, franchement, on ne se pose jamais la question. La gauche, nous, on fait barrage. On est vraiment super. Je n'ai pas un moment où je n'ai pas fait barrage dans ma vie. Je ne sais pas combien de fois. Je suis un castor, mais j'assume. Je ne prends pas ce risque. En plus, je vivais à Toulon.
Imaginez combien de fois j'ai voté pour le type de droite à Toulon pour barrer Jean-Marie Lechevalier. Ça a marché une fois, mais pas deux. La première fois, ça a raté. La deuxième fois, ça a marché. Donc, on sait faire ça. C'est la force de la conviction face à des gens qui ont déjà accepté l'idée qu'ils allaient, d'une manière ou d'une autre, faire alliance avec l'extrême droite. Simplement, ils essaient de chercher la bonne façon de le faire. Nous, la gauche, on est quand même toujours les bons petits soldats. C'est quand même une injustice majeure.
C'est qu'en réalité, tous les cyniques et tous les gens comme Emmanuel Macron savent qu'au fond, il y a toujours quelque chose qui fera que la gauche, elle ne peut pas, à un moment donné, ne pas empêcher l'extrême droite de prendre le pouvoir. C'est quelque chose qui nous caractérise, qui caractérise vraiment la gauche, même la gauche la plus radicale. Ça s'effrite. Peut-être que ça s'effrite. 10 millions de voix en 2017, 5 millions de voix entre les deux taux. Je suis d'accord. Je sais que ça s'effrite, mais il y a quelque chose quand même qui est fort chez nous. Et voilà.
Donc moi, je pense qu'il y a au moins 30 circonscriptions sur les 80, je ne sais plus combien, le groupe du Rassemblement National, 80 ou 88. Je pense qu'il y a déjà 30 circonscriptions où le barrage ne s'est pas fait parce que les macronistes n'ont pas joué. le jeu parce qu'il y avait un LFI. Ils ne joueront pas plus. Non, non. Ce qui est en jeu, c'est d'avoir Le Pen ou pas Matignon, vous verrez. Moi, je suis absolument persuadé qu'ils joueront absolument le jeu. Leur électorat, ça veut dire. Oui, mais je ne suis pas du tout sûre que le Rassemblement n'explique que le Rassemblement national, ça va être le Rade-Marie.
Nous n'en savons rien parce que nous avons dans 30 à 40 circonscriptions des choses qui ont été biaisées, des réflexes électoraux qui ont été biaisés parce qu'il y avait la NUPES en face. Je suis désolé de le dire et j'en étais moi-même désolé. C'est juste que les masques sont tombés. Les sociolibéraux n'en sont pas. Ils ne sont ni sociaux, ni libéraux. Ce sont des gens qui sont des réactionnaires qui ont organisé leur quinquennat pour aller choper les voix de la droite traditionnelle et qui, étant donné que la droite traditionnelle a clairement basculé sur une droite nationaliste xénophobe, continuent cette tentative d'aliénement pour conserver le pouvoir.
C'est pour ça qu'ils ne voteront pas pour des candidats pour la NUPES face au Rassemblement National et moi je vous dis même qu'il y en a beaucoup qui voteront au Rassemblement National avant d'envisager de voter pour la NUPES.
On en arrive au moment du coup de gueule de Françoise sur l'alliance tacite entre notre exécutif et celui qui est incarné en Hongrie ou en Italie par des dirigeants clairement d'extrême droite, Victor Orban et Georgia Meloni. C'est au sujet de la possibilité donnée aux États d'espionner des journalistes au sein de l'Union Européenne. On regarde les explications de la journaliste d'investigation qui publie sur Disclose et qui a été interrogée par le Média.
C'est l'entièreté des syndicats de journalistes, des fédérations de journalistes, des dizaines de médias et de députés de parlementaires européens qui le disent. Cette loi va légaliser l'espionnage des journalistes. Elle va démultiplier les capacités des services de renseignement, des autorités en leur donnant la possibilité d'utiliser les logiciels espions dans tout un tas de cas. C'est extrêmement grave. Ça réduit l'espace démocratique d'un coup.
Ça crée une intimidation générale à l'égard de tous les journalistes et encore une fois de celles et ceux qui veulent informer en fait, qui n'arrivent pas à changer les choses dans leur entreprise, dans leur État, dans leur ministère et qui utilisent le recours journalistique pour essayer de faire avancer les choses, de faire progresser la société. Et donc, c'est une attaque extrêmement grave contre la liberté de la presse et notre espace démocratique.
C'est bien que vous ayez interviewé cette journaliste parce que le papier est excellent. Disclose la sortie. On disclose, on rappelle que c'est un collectif d'investigation très sérieux. Il y a des gens vachement bien comme Benoît Colombat de France Inter. Donc vraiment, c'est très solide et on se rend compte voilà de... Mais comme toujours, la France, comme toujours la France. Emmanuel Macron n'a que le mot liberté, lutte contre le Rassemblement National et l'extrême droite à la bouche. Mais qu'est-ce qu'il fait ? Mais qu'est-ce qu'il fait à Bruxelles ? Il est d'accord avec Orban et Mélanie sur les logiciels espions.
Et il travaille pour Uber par ailleurs.
Non, non, mais si on y va là sur les logiciels espions, c'est extrêmement grave. C'est-à-dire, en gros, on est en train de foutre en l'air le secret des sources si je dois résumer en clair la question. Le secret des sources des journalistes ne serait plus protégé. Qui est-ce qui est main dans la main dans ces restrictions que demandent les États ? Orban, Macron, Mélanie. OK ? On peut ne pas s'étonner d'Orban et de Mélanie. Mais c'est assez intéressant de voir à quel point, finalement, Emmanuel Macron, c'est un mini-Victor Orban dans le parcours. Vous savez...
Il ne va pas aimer.
Non, mais je m'en fous. Victor Orban, quand il a été élu, vous savez, c'était un petit Macron. Il était centre, démocrate, démocrate chrétien. Il avait cette espèce de nouveauté, etc. Et il a complètement tourné à l'autoritarisme, à l'illibéralisme. Attention, pourquoi est-ce que je parle de Macron et d'Orban sur la définition du viol rebelote, bis repetita, alors, erare humanumès, perseverare et diabolicum, les amis ? On retrouve toujours sur la définition du viol les mêmes blocages. Orban, la France, je ne dis pas Orban-Macron, je dis la Hongrie, la France, ce n'est absolument pas possible.
Donc, j'en ai assez de voir, comment dirais-je, ce double, ce triple langage, les grands discours des... Je pourrais, comment dirais-je, reprendre tout ce qui a été voté au Parlement européen par les macronistes et les mettre en parallèle avec toutes les déclarations d'Emmanuel Macron en France ? Là, le libre-échange, il faut protéger, vive la souveraineté, paf, ils sont en train de... Ils savourent, ils sabrent le champagne parce qu'ils ont voté l'accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande. Les producteurs de moutons français vont être extrêmement heureux, même bien que l'agneau néo-zélandais soit délicieux. Mais voilà. Donc, c'est cette espèce de double discours permanent.
Paul va pas aimer
parce que lui, il est végétarien.
Il est végane, moi j'aimerais bien arriver à être comme Paul, mais j'y arrive pas encore. C'est comme arrêter de fumer, manger de la viande, c'est dur. Mais comment dirais-je ? Voilà. Donc, on est là-dessus, on est sur cette alliance-là, je le comprends. Mélanie, c'est la droite des affaires alliée, si vous voulez, au néofascisme, mais on parlait pas du Proche-Orient cette semaine où ça nous a reposé, mais regardez le gouvernement israélien, c'est exactement le même système. C'est la droite affairiste radicale qui, pour garder une majorité, s'est alliée avec la pire des extrêmes droites raciste. C'est toujours ce combo qui fonctionne. Comprenez ce que je veux dire ? C'est ça le combo.
Droite libérale affairiste, et en l'occurrence en Israël, l'État yao en plus corrompu, système électoral qui pousse toutes les alliances avec l'extrême droite la plus raciste. Mélanie en Italie est le fruit de cela parce que la droite idéologique...
Alors la Mélanie, elle va faire venir 450 000 immigrés en Italie. Voilà, c'est pour ça
que je me marre parce que c'est bien que Giorgia Mélanie continue à nous expliquer et nous démontrer à quel point l'extrême droite et les discours de campagne ne fonctionnent pas. Elle en fait venir 452 000. Pourquoi ? Parce que l'Italie, deuxième plus vieux pays du monde après le Japon, il n'y a plus personne pour récolter les fruits, il n'y a plus personne pour pêcher et puis surtout la population vieillit. Donc 452 000 personnes, une forme d'anguilla mercalisation de Giorgia Mélanie qui démontre à quel point le discours national du Rassemblement National, c'est de la flûte.
Paul, je te laisse le mot de la fin.
Non mais, est-ce qu'il faut s'étonner que la France d'Emmanuel Macron que la France d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire celle qui a tabassé des journalistes pendant les manifestations, celle qui a demandé au service secret de mettre en garde à vue une journaliste qui a révélé que des moyens de renseignement militaires français servaient à la dictature égyptienne pour supprimer des opposants politiques, Ariane Lavrieux, effectivement.
Est-ce qu'on peut s'étonner que cette France d'Emmanuel Macron qui a soutenu aussi des directives sur le secret des affaires, c'est-à-dire pour pouvoir entraver le travail des journalistes lorsqu'ils touchent au pactole, c'est-à-dire qu'ils touchent aux intérêts économiques profonds contre des grandes féodalités économiques dans nos pays, se mettent au niveau européen à continuer plus avant dans ce recul des libertés fondamentales dans notre pays. Le droit des journalistes, c'est vraiment la Troisième République, 1881, etc. C'est pareil, il y a eu des textes à l'Assemblée nationale qui s'attaquent déjà à cette loi fondamentale sur le droit de la presse.
Donc, encore une fois, le masque libéral s'est craquelé pendant le premier quinquennat et là, il l'a enlevé. Il est tombé et on voit derrière qui c'est. C'est Dorian Gray, mon cher ami. C'est Dorian Gray. Non mais c'est vrai. Oh là là, il ne va pas aimer non plus. C'est Dorian Gray. En tout cas, c'est la droite réactionnaire, la droite qui dit attendez au fascisme, on va peut-être arriver avant vous à l'objectif ou en tout cas, vous n'aurez plus grand-chose à faire lorsque vous prendrez le pouvoir.
Et d'ailleurs, je remarque, on peut peut-être conclure là-dessus que Gérald Darmanin, dimanche sur BFM TV, nous explique que si on ne vote pas la loi immigration avec un contenu raciste, la préférence nationale, le Rassemblement National va gagner, à savoir, faites-le avec nous plutôt qu'avec eux. C'est ça, la ligne politique de la Macronie aujourd'hui. Parce que c'est plus propre
dans le fond. Merci Françoise, merci Paul.
On était énervés aujourd'hui. Merci Théo. Bon et joyeux Noël alors.
Parce qu'effectivement, c'est le dernier épisode de cette année 2023. Merci Françoise, merci Paul. Et merci à vous de nous avoir regardé. Maintenez votre télé sur le canal 350 de la Freebox pour rester au contact d'une info différente. Bien entendu, nous sommes toujours disponibles sur les canaux habituels, notamment sur YouTube. Abonnez-vous, mettez des petits pouces bleus, soutenez-nous en vous abonnant ou en nous faisant un soutien en cette fin d'année sur le media.tv.fr slash soutien et quant à moi, je vous dis à 2024 pour ce programme.