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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 18 février 2023 12 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiSolidarités & famille

Un nouveau mensonge d'Olivier Dussopt ? Après le feuilleton des 1200 euros...

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:12OuverteRéponse directe

    Anthony Smith, Olivier Dussopt est-il passé aux aveux sur les 1200 euros ?

  • 4:24OuverteRéponse directe

    Comment cet élément de langage a-t-il été déroulé en toute impunité ?

  • 5:16OuverteRéponse directe

    L'index senior était-il inapplicable dès le départ ?

  • 7:32OuverteRéponse directe

    Olivier Dussopt évoque des dispositifs de pénibilité. Qu'en penses-tu ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:53InvitéFait
    « Le président de la République avait pris l'engagement de porter le montant de la pension minimale à 85% du SMIC pour une carrière complète, soit bientôt 1200 euros par mois. »
  • 1:05InvitéFait
    « Les femmes seront deux fois plus bénéficiaires de la retraite minimale à 1200 euros. »
  • 1:12InvitéFait
    « Il n'y a pas de pension minimale à 1200 euros dans la réforme. »
  • 1:21InvitéChiffre
    « Cette revalorisation, elle est comprise entre 0 et 100 euros. »
  • 1:24InvitéChiffre
    « C'est plutôt 33 euros en moyenne pour les nouveaux retraités, 50 pour les retraités actuels. »
  • 1:57InvitéChiffre
    « Nous avons 17 millions de retraités. »
  • 1:59InvitéChiffre
    « 1,8 million de retraités vont voir leurs pensions revalorisées. »
  • 2:03InvitéChiffre
    « Parmi ce 1,8 million de retraités, vous en avez de la moitié, c'est-à-dire 900 000, qui auront une revalorisation comprise entre 70 et 100 euros. »
  • 2:25InvitéChiffre
    « Ça signifie que nous avons au total 250 000 retraités supplémentaires dans notre pays qui vont franchir le cap des 85% du SMIC parmi les retraités actuels. »
  • 2:38InvitéChiffre
    « Chaque année, vous avez 800 000 nouveaux retraités. »
  • 2:40InvitéChiffre
    « Sur ces 800 000 nouveaux retraités par an, 200 000 auront une pension complète, une pension revalorisée. »
  • 2:55InvitéChiffre
    « On a une prévision, elle m'est arrivée hier soir, 40 000 personnes de plus chaque année passeront le cap des 85% du SMIC grâce à cette seule réforme. »
  • 5:50InvitéFait
    « On peut par analogie prendre l'exemple de l'index égalité femmes-hommes qui existe depuis 2019. »
  • 6:02InvitéFait
    « C'est l'employeur lui-même qui va définir s'il a un bon index ou un mauvais index. »
  • 6:08InvitéChiffre
    « Sur l'index égalité femmes-hommes, on a 32 pénalités seulement de prise par le ministère du Travail. »
  • 6:22InvitéChiffre
    « On a 22% d'écart de rémunération entre les femmes et les hommes. »
  • 8:10InvitéFait
    « Dans le cadre de la modernisation du compte professionnel de prévention, le C2P, pour les métiers les plus pénibles, nous créons la possibilité d'un congé de reconversion. »
  • 9:07InvitéChiffre
    « Plus de 15 millions, 13 millions de salariés sont soumis à au moins un facteur de pénibilité. »
  • 9:21InvitéFait
    « En 2017, Emmanuel Macron en a supprimé quatre, dont le port de charges lourdes, les vibrations mécaniques. »
  • 10:31InvitéFait
    « Il fallait une loi pour restaurer les CHSCT, les comités d'hygiène dans les entreprises. »
  • 10:41InvitéFait
    « Il fallait une loi pour reconnaître au tableau des maladies professionnelles le burn-out et l'épuisement professionnel. »

Temps de parole

  • Invité48 %
  • Présentateur26 %
  • Invité 219 %
  • Invité 32 %
  • Invité 42 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Aujourd'hui, on a eu envie de reparler du feuilleton La Retraite Minimum à 1200 euros et de toutes les manipulations chiffrées d'exécutifs dans un court entretien, je le disais, un court entretien téléphonique avec Anthony Smith, inspecteur du travail engagé. C'est l'heure de l'entretien d'actu. Anthony Smith est un inspecteur du travail qui a été longtemps dans le collimateur du gouvernement parce qu'en gros, il faisait bien, trop bien son travail. Il est désormais réhabilité par la justice, mais toujours aussi engagé, notamment au sein de la CGT.

Il est très attentif à l'argumentaire gouvernemental dans cette séquence et notamment à ce qui peut apparaître sinon comme des fake news, du moins comme de la manipulation. On a voulu parler avec lui par téléphone de tout le feuilleton sur la retraite minimale à 1200 euros. Un feuilleton dans lequel le pouvoir s'est englué. On regarde un petit magnéto.

0:53
Invité

Le président de la République avait pris l'engagement de porter le montant de la pension minimale à 85% du SMIC pour une carrière complète, soit bientôt 1200 euros par mois. Les femmes seront deux fois plus bénéficiaires de la retraite minimale à 1200 euros. Au minimum de retraite à 1200 euros. Retraite minimale à 1200 euros par mois. Il n'y a pas de pension minimale à 1200 euros dans la réforme. La seule mesure qu'il y a dans la réforme, c'est une revalorisation de certaines petites pensions si vous n'avez pas de décote. Et cette revalorisation, elle est comprise entre 0 et 100 euros. Et c'est plutôt 33 euros en moyenne pour les nouveaux retraités, 50 pour les retraités actuels.

Ça, c'est une fake news. On n'a jamais dit que nous allions donner 1200 euros à tout le monde.

1:35
Présentateur

Après avoir été mis face à leur contradiction pendant les questions au gouvernement à l'Assemblée hier, le gouvernement et sa majorité rétropédale, on ne parle plus de minimum, de retraite minimum, mais de revalorisation. Et Olivier Dussopt a enfin dévoilé le nombre de personnes que cela toucherait, chiffre qu'il dit avoir appris hier soir.

1:53
Invité

C'est cette réforme pour les retraités actuels. Nous avons 17 millions de retraités. 1,8 million de retraités vont voir leurs pensions revalorisées. Parmi ce 1,8 million de retraités, vous en avez de la moitié, c'est-à-dire 900 000, qui auront une revalorisation comprise entre 70 et 100 euros. Et comme ce sont les retraités actuels que nous avons une meilleure capacité à connaître leur situation, vous en avez même 125 000 qui vont aller jusqu'au maximum des 100 euros de revalorisation. Ça signifie, ça peut paraître peu et en réalité c'est énorme.

Ça signifie que nous avons au total 250 000 retraités supplémentaires dans notre pays qui vont franchir le cap des 85% du SMIC parmi les retraités actuels. Et lorsqu'on regarde les futurs retraités, c'est un chiffre que j'ai donné à l'Assemblée nationale. Chaque année, vous avez 800 000 nouveaux retraités. Sur ces 800 000 nouveaux retraités par an, 200 000 auront une pension complète, une pension revalorisée, pardonnez-moi. Sur ces 200 000 personnes qui auront une pension meilleure grâce à la réforme que sans la réforme, un gros tiers aura une revalorisation supérieure là aussi à 70 euros. Et quand on me dit, mais combien, grâce à cette réforme, vont passer le cap des 85% du SMIC ?

On a une prévision, elle m'est arrivée hier soir, 40 000 personnes de plus chaque année passeront le cap des 85% du SMIC grâce à cette seule réforme.

3:12
Présentateur

Bonjour Anthony Smith, est-ce qu'on peut dire aujourd'hui que sur France Inter, Olivier Dussopt est passé aux aveux, a reconnu implicitement une série de manipulations sur le fameux feuilleton des 1200 euros de retraite minimum ?

3:25
Invité

Alors je crois que tout ça est effectivement apparu au grand jour. Je pense que le gouvernement lui-même change ses éléments de langage et tente d'effacer ce qu'il a dit la veille. On n'est plus sur tout le discours du minimum à 1200 euros, mais en fait sur une revalorisation qui par ailleurs ne plus que 40 000 personnes et qui quand elle est rapportée à l'inflation par exemple, en fait est totalement résiduelle.

Donc c'est bien toute la punchline du discours gouvernemental des 1200 euros qui s'est effondrée hier et ce matin et personne n'est dupe en fait de ce mécanisme qui est tout sauf une retraite minimum à 1200 euros qui avait été clairement affichée par le gouvernement comme un des éléments clés du langage devant faire passer la réforme des retraites.

4:15
Présentateur

Alors on se demande mais comment finalement cet élément de langage a été déroulé autant de temps, en toute impunité on peut dire ?

4:24
Invité

Bah écoutez parce que tout simplement c'est aussi dissimulé derrière une certaine technicité du mécanisme de retraite et que donc il était plus simple d'afficher un chiffre et de tenter de le faire passer comme étant acquis et comme étant une avancée sociale qu'aurait contenue la réforme. Patatras, aujourd'hui les citoyens, les militants, les économistes se saisissent en fait des documents, des dossiers. On a aussi un travail parlementaire qui est immense dans l'opposition et qui permet de démonter argument et article par article, amendement par amendement, les éléments de fake news qui sont dissimulés à travers cette réforme.

Et il y en a d'autres, l'index senior qui est tombé hier est par exemple un exemple assez fabuleux, de même que la question de la pénibilité sur laquelle on peut revenir si vous le voulez.

5:16
Présentateur

Mais justement à propos de l'index senior, l'exécutif aura beau jeu finalement de dire que voilà, c'est une sorte de conjonction des oppositions, de conjonction de circonstances qui empêche de mettre en place un index qui aurait été favorable aux travailleurs seniors. Est-ce que, en quelques arguments, tu peux dire en quoi, disons, cet index senior qui a été retoqué justement par les députés était dès le commencement quelque chose d'inapplicable ou en tout cas de compliqué à appliquer ?

5:50
Invité

Oui, tout à fait. On peut par analogie prendre l'exemple de l'index égalité femmes-hommes qui existe depuis 2019. Il existe depuis 2019. Qui décide de l'index ? Qui décide le nombre de points de l'index ? C'est l'employeur lui-même qui va définir s'il a un bon index ou un mauvais index. Et puis depuis 2019, sur l'index égalité femmes-hommes, on a 32 pénalités seulement de prise par le ministère du Travail. Ça veut donc dire, dans notre pays, s'il n'y a que 32 pénalités, que l'égalité femmes-hommes est quasiment réalisée. Or, aujourd'hui, on a 22% d'écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Tout ça, c'est de la poudre aux yeux.

C'est-à-dire que l'index senior, le patronat n'en veut pas. Et puis d'abord, c'est à quel âge un senior là-dessus ? Le gouvernement ne répond pas. Et ensuite, quelles sont les sanctions ? Qui va pouvoir les mettre en œuvre ? Quel va être le montant et les entreprises qui sont concernées ? En fait, le gouvernement a agité un chimique sur cette question de l'index senior sans rentrer dans la mécanique de l'index. Et lorsqu'on regarde techniquement, comme je l'ai démontré en 2-3 arguments sur l'égalité femmes-hommes, on se rend compte que la mécanique de ces index est une mécanique qui présuppose de fait que l'employeur va appliquer de façon automatique des règles contraignantes pour lui.

Évidemment non, ce n'est pas ce qui va se passer. Et cet index aurait été de la poudre aux yeux. Et évidemment, il est très bien qu'il n'ait pas été mis en œuvre. Et par ailleurs, il reste en France, tu le sais, moins de 1 800 inspecteurs et inspectrices du travail pour appliquer l'ensemble de la réglementation du travail. C'est dire si en fait, dans la réalité, cet index aurait été très peu contrôlé et vérifié.

7:32
Présentateur

Alors en dehors de ces dossiers, il y en a également un, un nouveau peut-être, le nouvel argument d'Olivier Dussopt, évoqué aujourd'hui sur France Inter, répondant à un auditeur qui lui dit que son corps ne tient plus au travail, il répond par les dispositifs de pénibilité et de reconversion qui existeraient déjà.

7:50
Invité

Il y a plusieurs aspects dans cette question, et notamment un des aspects les plus forts dépasse largement le cadre des retraites. C'est la capacité que nous avons les uns les autres à trouver du sens et du plaisir dans le travail que l'on occupe. Et ça renvoie à des questions sur les conditions de travail, beaucoup plus larges que la réforme des retraites. Ça renvoie à deux choses pour faire le lien avec le texte que je porte. Le premier, c'est les questions de pénibilité et les questions de reconversion. Parce qu'il faut lier les deux.

Dans le cadre de la modernisation du compte professionnel de prévention, le C2P, pour les métiers les plus pénibles, nous créons la possibilité d'un congé de reconversion pour vraiment pouvoir changer de métier et pouvoir se réorienter. Et je pense que cette possibilité de reconversion doit être ouverte plus largement. Parce que changer de métier, pouvoir avoir un autre avenir, permet aussi de durer plus longtemps.

Puis il y a un autre aspect, parce que monsieur a 62 ans, et je ne connais pas sa situation, mais nous allons très largement faciliter pour le secteur privé et ouvrir le droit au secteur public à la retraite progressive, ce qui est une façon de lever le pied, de décélérer, en passant un temps partiel payé par l'employeur et le reste du temps payé par la caisse de retraite, tout en continuant à valider des trimestres. C'est aussi une manière d'accompagner la fin de carrière.

8:57
Présentateur

Et sur Twitter, tu remets en cause ce récit qui est un peu enchanté, on va dire.

9:02
Invité

Oui, alors c'est plus qu'enchanté, c'est même totalement surréaliste. Aujourd'hui, on a, et c'est la DARES, c'est le service d'études statistiques, du ministère du Travail qui nous dit que plus de 15 millions, 13 millions de salariés sont soumis à au moins un facteur de pénibilité. D'abord, ces facteurs de pénibilité, ils étaient dix, et en 2017, Emmanuel Macron en a supprimé quatre, dont le port de charges lourdes, les vibrations mécaniques auxquelles étaient exposés les salariés. On aurait donc en France 13,5 millions de salariés exposés à au moins un facteur, et tu sais combien on a de salariés qui, chaque année, partent avec le dispositif du compte de pénibilité qui s'appelle le C2P ?

Eh bien, il y en a moins de 4 000. Ça veut dire que 13,5 millions de salariés exposés, 4 000 qui bénéficient du dispositif, c'est 0,03% des salariés exposés. C'est ça la réalité du dispositif de pénibilité. Ça n'a jamais fonctionné. C'était censé compenser le passage en 2010 de 60 ans à 62 ans de l'âge de la retraite, la retraite, elle est restée à 62 ans. Par contre, la pénibilité, personne ne l'a vu passer. Et rêver un monde où le sang du travail serait redécouvert sur une chaîne de production ou dans un atelier de confection où sont exploitées des travailleuses, c'est tout simplement se moquer du monde.

Moi, je le pense sincèrement, je le dis en tant que responsable syndical au ministère du Travail, si M. Dussop veut discuter de conditions de travail, puisque c'est ce qu'il avance, eh bien, il fallait une loi sur les conditions de travail. Il fallait une loi pour restaurer les CHSCT, les comités d'hygiène dans les entreprises. Il fallait une loi pour doubler les effectifs de l'inspection du travail. Il fallait une loi pour reconnaître au tableau des maladies professionnelles le burn-out et l'épuisement professionnel.

Il fallait une loi pour reconnaître les 50 à 80 000 maladies professionnelles annuelles, pour combattre les 690 000 accidents du travail, les près de 2 000 morts du travail au travail en France, chaque année dans notre pays quand on ajoute les accidents de travail, les accidents de trajet, les suicides au travail par exemple. C'est ça, effectivement, qui serait l'urgence pour commencer à redonner du sens au travail. Et malheureusement, on en est très loin, puisque la seule mesure qui est proposée, c'est celle de la réforme des retraites, avec notamment le passage de l'âge légal de la retraite à 64 ans, et qu'on combat évidemment syndicalement.

11:18
Présentateur

Merci beaucoup, Anthony, pour cette intervention qui t'a valu, disons, beaucoup de difficultés, on le sait. Alors merci beaucoup et bon courage pour la suite. Merci à vous. Au revoir, le meilleur. Merci. Sous-titrage Société Radio-Canada