Gabriel Attal : "On est dans une quatrième vague, beaucoup plus raide que les précédentes"
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Notre invité dans le grand entretien ce matin est le porte-parole du gouvernement face à la quatrième vague de l'épidémie de coronavirus. L'obligation de vaccination pour les personnels soignants et l'extension du pass sanitaire suffiront-elles à freiner l'ampleur qu'est en train de prendre en France le variant Delta ? Pour l'instant, des mesures supplémentaires prises par les préfets notamment se multiplient ces dernières heures dans plusieurs départements. Certes, le conseil scientifique a validé les récentes mesures prises par l'exécutif et certes un objectif de 50 millions de primo-vaccinés vient d'être arrêté pour la fin du mois d'août.
Mais d'ici là, à quoi va bien pouvoir ressembler notre été ? Comment ne pas se retrouver trop vite débordés ? Vos questions, vos observations, vos réactions comme chaque matin au 01 45 24 7000. Gabriel Latal, bonjour.
Bonjour Karine Becker.
Et merci d'avoir répondu à notre invitation. Alors commençons, si vous le voulez bien, par dresser un état des lieux. Quels sont les départements qui sont déjà dans une situation critique ? Il y en a combien et ils se situent où ? Et quels sont ceux qui sont un peu tangents et qui pourraient maintenant basculer très vite ?
Vous avez une épidémie qui est repartie au niveau national. On est dans une quatrième vague. C'est une vague qui ne ressemble pas aux précédentes parce que la pente est beaucoup plus raide et parce que l'augmentation se fait beaucoup plus rapidement. Une augmentation de 150% de l'incidence et des contaminations en une semaine, c'est du jamais vu depuis le début de la crise. On a franchi hier le seuil du double du seuil d'alerte dans notre pays, c'est-à-dire que l'incidence corrigée du jour férié du 14 juillet est de 100 pour 100 000 habitants.
C'est deux fois le seuil d'alerte qui est à 50 dans notre pays, avec des départements effectivement où la situation est beaucoup plus critique qu'ailleurs. Je pense évidemment à la Martinique où on a un taux d'incidence qui est très élevé avec en plus une part de la population vaccinée qui est beaucoup plus faible. Vous avez évidemment les Pyrénées-Orientales où on a un taux d'incidence très élevé aussi, l'Hérault et d'autres départements.
Ce qu'il faut avoir bien en tête, c'est qu'il y a cette hausse très rapide de l'incidence et que donc il faut garder une vigilance absolue au cours de l'été, dans les gestes barrières, dans les contacts qu'on peut avoir les uns avec les autres, même si évidemment c'est très difficile dans une période de vacances, une période estivale.
Mais de quel levier exactement vous pouvez profiter, que vous disposez pour essayer de freiner en fait la circulation de ce virus, ce variant Delta ?
D'abord vous savez, on dispose d'un levier structurel qui est la vaccination. Oui d'accord. C'est pour ça qu'on accélère, c'est important de le dire, c'est pour ça qu'on accélère la campagne de vaccination et le Premier ministre a annoncé de nouveaux objectifs qui sont très ambitieux. On devait faire 40 millions de premières injections avant la fin du mois d'août, ça sera avant la fin du mois de juillet. On passe à un objectif de 50 millions fin août. Vous savez, la semaine dernière, on a fait une semaine record après l'intervention du Président, il y a eu plus de 4 millions d'injections.
Donc 2 millions de premières injections, ce qui était beaucoup puisque les semaines précédentes, on faisait plutôt 1 million, 1 million 2 de premières injections par semaine. Le Premier ministre l'a dit, la semaine prochaine, l'objectif c'est 4 millions de premières injections sur la semaine. Pareil pour la première semaine d'août, donc c'est un défi collectif qui est lancé. Et ça, c'est le premier point, qui est le point structurel parce qu'on sait que le variant Delta n'a peur vraiment finalement d'une seule chose, que d'une seule chose, c'est la vaccination parce qu'elle protège. Elle protège des formes graves et elle limite le risque de transmission.
Si vous êtes vacciné, vous avez 12 fois moins de risque d'être contaminé et de transmettre le virus. Ça, c'est la première chose. Ensuite, il y a les gestes barrières, encore une fois, qui ne sont pas des gestes divers, qu'il faut maintenir pendant l'été parce que c'est ce qui permet aussi de limiter la transmission du virus entre les personnes.
Mais ce qu'on voit, c'est justement que vous réinstaurez l'obligation du port de masque, la fermeture des bars et des restaurants à 23h dans certains départements déjà, je crois en Haute-Corse. Et les Pyrénées-Orientales. Et les Pyrénées-Orientales. Vous réduisez déjà les jauges. Est-ce que vous regrettez, Gabriel Attal, que le gouvernement ait levé le 30 juin, les dernières restrictions qui sont celles finalement qu'on est en train de remettre aujourd'hui ?
Vous savez, quand on a levé ces restrictions, quand il y a eu le calendrier de levée des restrictions, on a toujours été très clair, les signaux étaient au vert, et on a toujours été très clair sur le fait qu'il ne fallait griller aucun feu et qu'il fallait continuer à faire très attention. Et vous savez, au mois de mai dernier, on aurait pu décider, au regard de l'amélioration de la situation, de la levée des restrictions, de dire on sort de tout état d'urgence sanitaire, etc. Au contraire, on a décidé de mettre en place un régime transitoire. Précisément parce qu'on connaissait, on savait qu'il y avait un risque de reprise.
On a par ailleurs lancé une consultation avec les formations politiques tôt pour préparer des mesures nouvelles. On avait mis en place des mesures à nos frontières pour protéger l'arrivée de variants. On constate d'ailleurs que l'épidémie de variants Delta, elle est partie en France quelques semaines après d'autres pays qui sont des pays voisins parce qu'on avait aussi une protection très forte à nos frontières. Donc il y a ces mesures qui ont été prises.
Maintenant, pour terminer de répondre à votre question précédente, dans la situation dans laquelle on est, il y a aussi les mesures qui sont discutées au Parlement en ce moment, qui vont s'appliquer, notamment la mise en place du pass sanitaire, qui vont permettre, là aussi, on l'espère, de freiner la circulation du virus et de permettre aux Français de passer un été le plus normal possible.
Alors je voudrais vous poser deux questions très précises. La première, c'est les couvre-feux localisés. Est-ce que c'est une mesure que vous pourriez envisager durant cet été ?
On a eu hier un conseil de défense autour du Président de la République, conseil de défense sanitaire, et il n'a pas été question de couvre-feux dans un ou des départements. Encore une fois, ce que je vous dis, c'est qu'on est en train de mettre en place un outil qui est un outil fondamental, qui est le pass sanitaire, qui va permettre de maintenir des lieux de vie sociale ouverts, en garantissant que les personnes qui s'y rendent soient protégées, soient testées négatives, et donc que le virus a peu de chances de circuler dans ces lieux. Voilà, c'est ça l'outil dont on veut se doter.
Il est déjà en place depuis hier dans un certain nombre de lieux, notamment les lieux culturels et de loisirs. À partir du début du mois d'août, il sera en place, si le Parlement adopte le texte, dans des lieux de restauration. Ça va prendre un tout petit peu plus de temps que prévu. Oui, probablement. On voit qu'il y a beaucoup de débats.
Beaucoup d'amendements et beaucoup de...
Beaucoup d'amendements, beaucoup de débats. C'est la démocratie. Très bien. Et ça discute au Parlement. Et j'ai envie de dire, c'est normal. On est dans un état de droit, heureusement. Et cet outil sera fondamental.
Deuxième question précise. Est-ce que vous pourriez demander à des vacanciers d'éviter certaines destinations, d'éviter certains départements très ou trop touchés ?
Aujourd'hui, on constate que l'épidémie a repris partout. Et donc, il faut être vigilant partout. Et donc, il n'est pas question aujourd'hui de restrictions de circulation entre des départements ou des régions en France. La vigilance s'impose partout où qu'on aille.
Gabriel Attal, une partie des professionnels de tourisme risquent du coup d'être quand même à nouveau sévèrement touchés avec ces jauges dont je parlais, avec ces horaires resserrés. On en parlait en Haute-Corse et vous en parliez également dans les Pérénées-Orientales. Est-ce qu'il a été question hier à ce Conseil de défense sanitaire dont vous parliez à l'instant ? Est-ce qu'on en a parlé de ces professionnels de tourisme ? Est-ce que vous essayez d'anticiper ? Est-ce qu'il va falloir à nouveau aller les aider ?
D'abord, on continue à les aider, déjà.
Mais les aides décélèrent en ce moment.
Il y a un dispositif là aussi transitoire avec le Fonds de solidarité, avec les aides qu'on apporte aux acteurs économiques depuis le début de la crise qui sont prévues pour se poursuivre jusqu'au mois de septembre. Bruno Le Maire a toujours été très clair sur le fait évidemment qu'on continuerait à adapter nos dispositifs et accompagner ceux qui en ont besoin. Donc évidemment qu'on continuera à accompagner. Mais encore une fois, le pass sanitaire, c'est aussi ce qui permet à tous ces professionnels de rester ouverts et de ne pas avoir à refermer.
Ça leur coûte cher ou pas économiquement ?
Pour contrôler le pass sanitaire sur ses clients, il faut avoir un smartphone et télécharger une application. Après, humainement, ça demande du temps. Ça, j'en suis parfaitement conscient.
Il faut être recruté aussi des gens ?
Là, je ne peux pas vous répondre sur ce point-là. Mais en tout cas, on a vu hier qu'il s'est mis en place dans des lieux, certes, qui ont déjà l'habitude de contrôler une billetterie ou des sacs, etc. Bon, il y a eu quelques files d'attente pour ce contrôle du pass sanitaire. Moi, je le dis, je préfère voir des images de files d'attente pour un contrôle du pass sanitaire que les images de nos musées, de nos cinémas qui sont restés fermés pendant des mois dans notre pays.
Voilà, ce pass sanitaire, il va quand même nous permettre de maintenir ouverts des lieux de vie sociale, des lieux de culture, des lieux de restauration, qui, malheureusement, avaient dû être fermés dans les vagues précédentes et qui, si on n'en disposait pas aujourd'hui du pass sanitaire et de la vaccination, devraient probablement être fermés vu la violence de la quatrième vague.
Malgré tout, vous redoutez un bon coup de frein sur la relance qui était annoncée ou pas ?
D'abord, la relance, elle a commencé. Et je veux dire qu'on a des bons indicateurs sur l'économie française, que 40 milliards ont déjà été engagés du plan de relance, qu'on a eu au deuxième trimestre un record de première embauche dans notre pays, je crois que c'est 2,2 millions. On a 300 000 emplois qui ont été créés depuis le début de l'année. Mais on a toutes les bourses qui dévissent en ce moment. Que l'INSEE a une prévision de croissance de 6% pour la France, qui est élevée par rapport aux autres pays européens.
On a tous les investisseurs qui ont peur du variant Delta.
Ce qui est certain, c'est que la relance, elle a une menace, c'est le variant Delta, et elle a un allié, c'est le vaccin. Donc voilà, quand on se fait vacciner, on se donne aussi une chance de pouvoir relancer notre économie et de pouvoir avoir une activité qui continue à repartir, ce qui est extrêmement important aussi pour l'emploi dans notre pays.
Est-ce que dans ce contexte, Gabriel Attal, ce n'est pas vers la vaccination obligatoire pour tous qu'il faudrait aller ? En tout cas, c'est en train de rentrer, de revenir dans le débat. La gauche y est assez favorable, mais pas seulement la gauche d'ailleurs. La droite est une partie de la majorité également. Est-ce que ça fait partie des leviers qui sont sur la table et sur lesquels vous réfléchissez ?
Vous savez que depuis le début de la campagne de vaccination, on a avancé avec la confiance, la pédagogie et le dialogue. Et si on avait mis en place une vaccination obligatoire au début de cette campagne de vaccination, vu le taux d'adhésion qu'il y avait à l'époque autour de la vaccination, je ne suis pas sûr qu'on en serait aujourd'hui à 40 millions de premières injections. Moi, je pense que ce qui s'est passé ces derniers mois montre que par la conviction, l'échange, le dialogue, la pédagogie, on arrive à faire beaucoup. Et le président de la République s'est exprimé. Il a dit qu'on allait continuer sur cette voie.
Il y a de l'incitation aussi avec le pass sanitaire, mais qu'il n'écartait pas à terme qu'une vaccination obligatoire puisse entrer en vigueur dans notre pays. Ce sont ces mots dans son allocution du 12 juillet. Complètement. Mais on peut convaincre encore des Français qui hésitent sincèrement, qui se posent des questions.
Alors, vous allez essayer de convaincre Christine qui nous attend au standard. Bonjour Christine, soyez la bienvenue. On vous écoute.
Bonjour, je suis chef de service dans un petit hôpital en périphérie dans les Pyrénées-Atlantiques. Tout le personnel médical est vacciné. Par contre, au niveau paramédical, une grande partie refuse et c'est non entendable en fait à la discussion. Alors ma question, c'est comment au mois de septembre, je vais pouvoir garder mes lits ouverts tout simplement parce que les filles sont prêtes à perdre leur poste.
Merci Christine. Gabriel Attal vous répond.
On va continuer à essayer de les convaincre et on continue à essayer de convaincre. Moi, ce que je constate... Qu'est-ce qu'on dit pour convaincre en fait ?
C'est quoi les bons mots ? C'est quoi le bon message ?
On répond aux arguments et aux questions qui sont posées. Vous savez, moi j'échange avec beaucoup de Français. Il y a une question par exemple qui revient chez des personnes qui sont plutôt jeunes, qui sont donc moins à risque de faire une forme grave de la maladie et qui ont autour d'elles des personnes âgées ou fragiles qui sont vaccinées et ces personnes me disent mais quel intérêt moi j'ai à me faire vacciner ou pourquoi moi je me ferais vacciner puisque je ne suis pas à risque de faire une forme grave ? J'entends que cette question puisse être posée. Il y a deux réponses.
La première, c'est que certes il y a peu de risques de faire une forme grave mais qu'il y a le risque de faire ce qu'on appelle un Covid long, c'est-à-dire d'avoir pendant des mois, peut-être des années, on a encore peu de recul, des symptômes de fatigue extrême, de perte de goût, de l'odorat durablement.
La deuxième chose, c'est que les jeunes aujourd'hui sont moins concernés par les formes graves de l'épidémie mais on ne sait pas si ça sera encore le cas demain parce que plus un virus continue à circuler, plus il risque de muter et on ne peut pas exclure que demain il y ait un variant du virus qui touche de manière plus agressive les plus jeunes et le meilleur moyen de s'en protéger c'est de réduire la circulation du virus et le meilleur moyen pour ça, c'est la vaccination parce que quand on est vacciné on a 12 fois moins de risques de transmettre le virus.
On reste en standard et on accueille Gaël. Bonjour Gaël, soyez le bienvenu.
Oui, bonjour, merci.
Je vous en prie.
Merci, bonjour Monsieur le Ministre et bonjour à toute l'équipe. Voilà, moi j'apporte juste un témoignage. Donc j'habite dans la région nantaise. Je ne fais pas partie des réfractaires au vaccin. Je cherche à me faire vacciner. J'ai 45 ans et je cherche doublement à me faire vacciner depuis l'intervention d'Emmanuel Macron.
Et la logistique ne suit pas, c'est ça ?
Et la logistique ne suit pas parce que je passe mon temps sur Doctolib et sur le site qui va bien et je ne trouve pas de rendez-vous malgré le nombre important de centres de vaccination et de professionnels de santé dans ma région. Je n'ai pas de rendez-vous avant mi-août voire septembre et c'est très furtif. Donc ma question c'était de savoir si au moment où la décision a été prise de conditionner la possibilité de sortir, d'aller en restauration ou en piscine par Emmanuel Macron il y a une concertation ou un regard qui a été porté sur les moyens logistiques.
Merci Gaël, c'est très clair. Merci pour ce témoignage et cette question. Gabriel Attal, vous êtes allé un petit peu trop vite.
J'entends parfaitement votre question Gaël, j'ai des messages aussi en ce sens. Ce qui est certain c'est que quand le Président s'est exprimé et c'est d'ailleurs aussi pour ça qu'il s'est exprimé, c'était à l'issue d'une période où il y avait eu un ralentissement très fort des demandes pour se faire vacciner. Mais on a les doses et donc il y a un enjeu de remobiliser dans les centres de vaccination dont certains avaient eu une baisse de régime donc peut-être moins de personnes qui intervenaient aussi et c'est pour ça que le Premier ministre a fait une annonce importante hier. Il a annoncé qu'on allait rajouter 5 millions de rendez-vous dans les deux prochaines semaines.
Donc moi je vous invite Gaël...
Mais c'est bien réparti sur toute la France ?
C'est réparti évidemment sur toute la France. Moi je vous invite Gaël à continuer à actualiser et à regarder régulièrement sur les plateformes sur Santé.fr ou directement sur Doctolib et les autres plateformes parce qu'il y a des rendez-vous qui vont être ajoutés. Encore une fois on a un objectif très important de première injection dans les 15 jours qui viennent.
Vous dites on a les doses on l'entend on a entendu ce matin sur l'antenne de France Inter des pharmaciens qui disaient on n'a pas toutes les doses parce que par exemple du Moderna en ce moment on n'en a pas.
Il peut y avoir des situations spécifiques avec des laboratoires où on est tributaire d'une livraison mais aujourd'hui on a 6 millions de doses de vaccins ARN messagers dans nos stocks qui sont répartis partout et on va en recevoir en août 4 millions et demi par semaine. Donc on a des doses qui arrivent et qui arrivent en nombre et qui vont nous permettre d'ouvrir davantage de rendez-vous. Je comprends l'impatience de ceux qui ont choisi ont fait le choix récent de se faire vacciner et qui ne trouvent pas de rendez-vous dans l'immédiat.
Alors il y a beaucoup beaucoup de questions. On accueille Marie-Christine. Bonjour Marie-Christine. Oui bonjour. On vous écoute.
Moi je suis étonnée et je suis d'accord avec la vaccination obligatoire parce que je ne comprends pas pourquoi on veut préserver les jeunes de 11 à 17 ans jusqu'à fin août ou fin septembre alors que ce sont ceux qui respectent le moins les mesures sanitaires. Donc je ne comprends pas pourquoi on ne repose pas la vaccination à eux aussi.
Merci Marie-Christine. Est-ce que Gabriel Attal ce sont ceux qui respectent effectivement le moins ? C'est vrai que les taux d'incidence chez les 20-29 ans sont épouvantables.
Oui les taux d'incidence sont importants. C'est le cas partout dans le monde avec le variant Delta. Olivier Véran a employé le terme d'épidémie de jeunes. C'est vrai que l'épidémie reprend surtout en termes d'incidence chez les jeunes. Et tout l'enjeu pour nous d'ailleurs c'est que ça ne se transmette pas aux plus âgés. Et malheureusement c'est ce qu'on constate déjà dans certains territoires. Vous savez dans les Pyrénées orientales à Perpignan vous avez un monsieur assez âgé qui est hospitalisé qui a été contaminé après avoir été en contact avec son fils qui avait été dans une soirée en Espagne et qui avait été contaminé là-bas. Donc voilà. Maintenant moi je ne me stigmatisais personne.
Les jeunes ils en ont bavé pendant un an et demi pendant cette crise. Ils ont eu la possibilité cet été de se retrouver. Je pense que dans la majorité ils savent qu'il faut faire attention, qu'ils font du mieux qu'ils peuvent. Il y a beaucoup de jeunes qui vont se faire vacciner. Vous savez je crois que sur les 12-17 on est à 25% qui ont reçu une première dose ce qui est beaucoup au début quand on leur a ouvert la vaccination. Mais donc pas de mesures
particulières pour cette jeunesse ce n'est pas possible en fait à inventer à imaginer quelque chose à destination de ces jeunes je ne sais pas les limiter dans le temps ou non.
Vous avez le pass sanitaire qui s'appliquera pour les jeunes à partir d'un moment mais ça serait pour le coup les pénaliser lourdement comme ils ont eu accès à la vaccination qu'à la fin du mois de juin de leur imposer le pass sanitaire aujourd'hui parce que la plupart d'entre eux s'ils ne sont pas doublement vaccinés ce n'est pas leur choix c'est parce qu'ils ont eu le droit de commencer à se faire vacciner bien après les autres. Et la deuxième chose c'est qu'on va avoir des campagnes de vaccination spécifiques notamment dans les établissements scolaires à la rentrée pour précisément vacciner le plus de jeunes possibles qui le souhaitent.
Alors je voudrais qu'on parle aussi de ces Français qui s'énervent contre les vaccins et qui décrochent le portrait d'Emmanuel Macron notamment de la mairie de Chambéry c'est ce qui s'est passé hier. Une troisième manifestation des anti-vax et des anti-pass est annoncée pour ce samedi est-ce que c'est un mouvement qui chaque samedi justement pourrait grossir et prendre de l'ampleur est-ce que ça vous inquiète au gouvernement ?
Moi j'ai toujours fait et je ferai toujours la part des choses entre ceux qui hésitent et ceux qui agitent. Il y a des personnes qui sincèrement se posent des questions avec qui il faut échanger avec qui il faut expliquer certaines choses répondre à des questions. Et puis il y a des personnes effectivement qui sont dans une logique d'opposition de principe systématique militante à la vaccination.
Mais je ne dis pas le contraire mais du coup vous faites quoi ? Vous les observez de manière particulière chaque samedi ? Est-ce que vous avez peur qu'à un moment donné ça déborde ?
Non parce que ce que je constate c'est que massivement les français font le choix de la vaccination. On va être à 40 millions de premières injections. On a vu dans les personnes qui nous appelaient qu'il y a un engouement aussi. Il y a des personnes qui avaient fait le choix de ne pas se faire vacciner avant qui finalement vont se faire vacciner depuis l'allocution du président de la République. Moi je regarde d'abord cette grande majorité de français qui veut se faire vacciner. Ensuite il y a une partie des français qui hésitent qui se posent des questions il faut leur parler il faut échanger avec eux.
Et après il y a une petite minorité c'est vrai une petite minorité parfois violente qui a eu des mots et des images extrêmement choquantes notamment en comparant la vaccination à la Shoah en portant une étoile jaune. Moi je vais vous dire il y a deux scènes qui m'ont frappé ces derniers jours. Il y a trois jours vous avez eu en Tunisie un centre de vaccination dont les portes ont été cassées. Pourquoi ?
C'est un centre de vaccination où sont arrivées quelques milliers de doses d'AstraZeneca que la France a envoyées à la Tunisie qui vit un véritable drame humanitaire pas uniquement sanitaire et les gens se sont battus pour pouvoir se faire vacciner à en casser les portes du centre de vaccination et vous avez au même moment en France un centre de vaccination qui est incendié par des militants qui veulent empêcher des français de se faire vacciner encore hier dans les Landes un centre qui a été dégradé moi j'assume de considérer que quand on juxtapose ces deux images je me dis qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas totalement rond et qu'on a la chance en France d'avoir une solution qui est gratuite qui est sûre qui est efficace pour lutter contre l'épidémie pour se protéger et que dans beaucoup de pays dans le monde pouvoir en bénéficier parfois manifeste pour pouvoir bénéficier du vaccin contre leur gouvernement qui n'a pas été capable de leur fournir un vaccin disent-ils voilà donc il faut aussi regarder ça et moi je pense que c'est important de le rappeler et de se le rappeler
Vous avez eu des mots très durs vous aussi contre les antivax notamment la semaine dernière dans la presse dimanche dernier malgré tout comment est-ce que vous allez gérer ce mouvement vous le disiez qui pourrait devenir violent d'une petite minorité mais qui pourrait être violente qu'est-ce que vous avez alors je fais une association un peu hasardeuse peut-être mais qu'est-ce que vous avez retenu de l'épisode des Gilets jaunes et donc du coup comment gérer ce genre de manifestation
Moi je crois profondément que par ce mouvement massif de vaccination et cet engouement chez les français on répond déjà à cette opposition militante encore une fois je fais la part des choses avec ceux qui hésitent mais je vais vous dire moi je ne considère pas que le cœur de ma mission ce soit d'essayer de convaincre monsieur Lallane ou monsieur Bigard ou des personnes qui tiennent des propos totalement irresponsables et mensongers sur la vaccination je pense que moi on parle d'eux parce qu'ils sont très minoritaires mieux on se porte
Je veux retourner au standard on va écouter Gérard qui nous appelle de Vendée vous êtes le bienvenu
Oui bonjour On vous écoute J'ai eu ma seconde injection en mars je me suis empressé de photographier avec mon Android le document remis par le centre de vaccination donc je me demande s'il est nécessaire en plus d'avoir le QR code
Merci Gérard on répond à votre question Gabriel Attal
Oui Gérard c'est bien si vous avez le QR code ça vous facilitera la vie effectivement il y a un moment au début de la campagne de vaccination on ne fournissait pas encore les QR codes et donc il faut que vous alliez le récupérer il y a une plateforme qui existe qui est dédiée à ça c'est attestation vaccination sur le site de l'assurance maladie et donc vous pouvez en rentrant les informations vous concernant télécharger le QR code l'importer dans votre application tous anti-Covid et donc pouvoir en bénéficier pour le pass sanitaire
Alors je voudrais qu'on parle un petit peu de politique aussi Gabriel Attal est-ce qu'on gagne une campagne présidentielle en reprenant les mêmes en gardant la même équipe que la campagne de 2017 ?
Écoutez je ne sais pas quels seront les candidats à la campagne présidentielle je vous avoue très sincèrement que pour nous c'est très loin c'est dans très longtemps C'est dans 9 mois Oui mais en même temps je vais vous dire on est concentré aujourd'hui sur la gestion de la crise sanitaire ce qui n'est pas le cas certes des oppositions ce n'est pas une critique c'est un constat ils ne sont pas aux responsabilités on est aux responsabilités on assume Vous avez quand même
changé l'équipe alors c'est effectivement dans le calendrier mais l'équipe du bureau exécutif de la République en marche il y a des gens qui sont en train de revenir ceux qu'on surnommait les Mormons qui sont en train de revenir au conseil national on voit quand même que les choses sont en train de bouger en train de s'installer ne me dites pas que vous ne réfléchissez pas vous ne pensez pas du tout à l'élection présidentielle qui encore une fois a lieu dans 9 mois
Je ne vous ai pas dit qu'on n'y pensait pas du tout je vous ai dit que ce n'était pas le cœur de notre mobilisation aujourd'hui il y a la vie des partis et c'est normal mais je vais vous dire aujourd'hui on est concentré sur la gestion de la crise sanitaire et de la relance économique c'est ça notre priorité je comprends que pour ce qui est des oppositions ce n'est pas le cas et encore une fois c'est leur droit je veux dire je n'ai rien à dire là-dessus
Mais malgré tout est-ce qu'on gagne avec les mêmes est-ce qu'on reprend la même équipe parce que là on retrouve à nouveau je parlais du Burex du bureau exécutif on retrouve les Castaner les Borello les Ferrand les Patria les NDI vous aussi d'ailleurs votre nom sera proposé on vous connait depuis pas mal de temps est-ce qu'il ne faut pas un peu de temps neuf ?
Il faut les deux il faut des personnes qui ont participé à la création d'En Marche à l'élection d'Emmanuel Macron et puis du renouvellement et dans cette équipe du bureau exécutif vous avez un vrai renouvellement avec d'ailleurs des référents départementaux des adhérents locaux qui vont aussi participer à cette instance de La République En Marche
Je voudrais vous poser une question évidemment aussi sur le projet Pegasus et en particulier sur la possible écoute du président Macron par le Maroc son téléphone portable a été visé par les services de renseignement marocains avant de réagir la France a décidé d'enquêter on peut le comprendre simplement ça devrait prendre combien de temps ? Dans combien de temps est-ce qu'on aura possiblement une réaction de la France ?
Il y a effectivement des investigations qui ont été lancées elles avancent elles progressent ce que je peux vous dire ce matin c'est que le président de la République suit au plus près ce dossier et prend cette affaire très au sérieux et ce que je peux vous annoncer c'est que le président de la République tiendra ce matin un conseil de défense exceptionnel à l'Elysée dédié à cette affaire Pegasus et à la question de la cybersécurité dans notre pays précisément pour faire le point sur ces investigations et pour voir comment on avance c'est une affaire si ce qui a été révélé par les journalistes et notamment la cellule investigation de Radio France sont confirmés et avérés qui est très grave on est effectivement dans un moment d'investigation et d'enquête parce que ce que dit l'enquête journalistique qui a été produite c'est qu'un certain nombre de téléphones portables de responsables politiques de journalistes d'avocats ont été ciblés que cette enquête ne dit pas si ces téléphones ont été tous effectivement infectés que si des données ont été retirés et donc c'est ça qui est en train d'être regardé on découvre pas la question de la cyberdéfense et de la cybersécurité et la forme de guerre entre guillemets qui existe sur les réseaux cyber depuis maintenant plusieurs années
alors vous la découvrez pas et en même temps il n'y a pas toujours toutes les protections qu'il faut sur les téléphones portables qui sont utilisés par des personnes très haut placées je pense directement au président de la république est-ce qu'il y a une erreur
alors je peux vous dire qu'il y a beaucoup de protections c'est toujours la même chose sur ce genre de dossier on peut pas toujours tout dire parce que précisément pour des raisons de sécurité voilà mais je peux vous dire que le président de la république ses téléphones sont changés régulièrement qu'il y a un certain nombre de paramètres de sécurité il n'y a pas eu de légèreté qui protège non je peux vous dire il y a un certain nombre de paramètres de sécurité qui protègent qui sont changés très régulièrement qu'il y a des protections qui sont faites quand on tient des visioconférences par exemple de réunions gouvernementales on le fait sur un réseau sécurisé dans des lieux qui sont dédiés donc tout ça c'est fait maintenant il faut protéger aussi les autres et les secteurs publics et économiques dans notre pays on met 100 millions d'euros je vous donne juste ce chiffre pour équiper nos hôpitaux aider nos collectivités locales ça fait un an qu'on déploie ce plan qui peuvent aussi être victimes de cyberattaques dans notre pays
merci Gabriel Attal je vous souhaite une excellente journée à suivre le carrefour du 6-9 de l'été
Gabriel Attal