Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 11 novembre 2025 24 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsRetraitesÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Déficit public : "Ceux qui ont pris la décision doivent l'assumer", estime Pierre Moscovici

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous vouliez dire par "Nos députés sont pas à la hauteur des enjeux" ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que la France est devenue le canard boiteux de l'Europe ?

  • 3:00RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce que vous dites de la suspension de la réforme des retraites ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que le budget doit être voté ou faut-il recourir à une loi spéciale ?

  • 7:30OuverteRéponse directe

    11 milliards d'euros de hausse d'impôts, c'est trop ou pas assez ?

  • 10:30OuverteRéponse directe

    La taxe sur les multinationales peut-elle rapporter 26 milliards ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Pierre MoscoviciFait
    « On a une ambiance qui doit rappeler celle de la 4e ou de la 3e République que ni vous ni moi n'avons quand même vécu. »
  • 7:00Pierre MoscoviciChiffre
    « Nous sommes les plus gros émetteurs de dette sur les marchés 310 milliards en 2026. Nous avons une dette de 3500 milliards d'euros. C'est la plus importante de la zone euro. »
  • 11:00Pierre MoscoviciChiffre
    « La taxe sur les multinationales votée par les insoumis et le Rassemblement national. Une taxe qui est censée rapporter 26 milliards d'euros. »
  • 12:00Pierre MoscoviciFait
    « Nous sommes aujourd'hui à égalité avec l'Italie. Franchement, il faut le savoir. C'est ça qui fait augmenter notre charge de la dette. »
  • 14:00Pierre MoscoviciChiffre
    « Nous avons perdu 30 points de base sur le spread, c'est l'écart de taux d'intérêt avec l'Allemagne et 80 avec l'Italie. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[musique] Bonjour Pierre Moscovic. Bonjour. Merci d'avoir accepté l'invitation de France Info.

Vous êtes encore premier président de la Cour des comptes pour quelques semaines. Vous allez nous dire, on va on va faire le bilan, on va en parler. Vous allez nous dire aussi si vos messages ont été entendus par la classe politique, vous qui dites que la rigueur n'est pas un défaut mais une vertu.

On va parler aussi de la revanche des pays que l'on appelait autrefois assez méchamment les pays du club Med. La France est-elle devenue le canard boiteteux de l'Europe ? Mais on écoute d'abord ce coup de sang du socialiste Jérôme Gedge contre l'insoumis Manuel Bompard.

C'était dimanche soir à l'Assemblée. Nous vivons dans un monde parallèle. Monsieur Bonpard à l'instant indique qu'il est hors de question qu'on aille pas au bout de l'examen de ce PLFS et hier il faisait tout pour que nous ne puissions pas aborder l'examen de la partie sur les dépenses.

Donc un peu de cohérence, ça suffit l'embrouille, ça suffit l'enfumage. Comme beaucoup de Français, je suis un peu estomaqué par ce spectacle. Ce sont vos mots.

C'est ce que vous avez dit à propos de ces débats sur le budget. Qu'est-ce que vous vouliez dire ? Nos députés sont pas à la hauteur des enjeux.

Qu'est-ce qui est estant Pierre Moscov ici ? Bah ce qui est surprenant en tout cas, on on retrouve des morceaux d'éléquences parlementaires qu'on avait pas connu depuis longtemps. On a une ambiance qui doit rappeler celle de la 4e ou de la 3e République que ni vous ni moi n'avons quand même vécu.

Euh c'est aussi ça c'est le résultat de cette absence majorité qui produit un débat un peu qui va un peu dans tous les sens, disons avec des contradictions qui sont assez fortes. Est-ce que ça estomac ? Mon mot était peut-être un petit peu fort mais disons que on a du mal à suivre les débats au jour le jour.

On sait pas très bien où on est. C'est c'est à la fin qu'on verra exactement ce budget tel qu'il a été produit par une situation qui en réalité est assez baroque. Bah c'est comme ça.

C'est c'est tout. Simplement la question que je me pose moi comme président de la Cour des comptes, c'est qu'est-ce est-ce que ça permet d'aboutir à ce qui est nécessaire, à ce qui est cohérent pour un pays qui a de grosses difficultés de finances publiques, qui a des gros problèmes d'efficacité de l'action publique et qui doit avoir infiné, pardon de rappeler cette exigence un bon budget. C'est un bon budget.

C'est un budget qui permet de définir des politiques publiques qui soi efficent économe et qui permet aussi de respecter nos engagements de finance publique à l'égard de l'Union européenne par rapport au marché qui vous qui avez été député ministre commissaire européen, est-ce que vous comprenez encore ce parlement ? Est-ce que vous pensez qu'il va réussir dans les temps parce que les temps sont on par on le disait hier avec Roland l'escure. 380 amendements examinés demain, ça va aller très vite.

Vous pensez que ça peut passer ? Oui ou je je je oui, je le comprends tout à fait. J'ai beau être un vieux routier et certains penseraient peut-être un vieux con, non, je comprends encore ce qui se passe dans la vie politique française euh et je vois bien que c'est aussi le résultat de cette absence de majorité.

Ce que je veux dire, c'est que nous avons besoin d'un budget. Je vous savez, il y a plusieurs façons d'adopter infini un budget. Il y a son vote par l'Assemblée, par le Sénat.

Ça me paraît vraiment être de loin la meilleure solution que au terme de 70 jours, il y a un budget voté. Ensuite, il y a ce qu'on appelle une loi spéciale, c'est on vote la capacité pour le gouvernement à prélever les impôts. Enfin, il y a les ordonnances.

C'est le gouvernement qui reprend la main. Je pense que le la loi spéciale, c'est juste tirer le trait. Je vois pas pourquoi continuer irait mieux que de conclure les ordonnances, ça pose des problèmes qui sont juridiques et politiques.

Juridique, c'est qu'est-ce qu'on met dedans. Politique, c'est est-ce qu'après tout ça provoque pas de manière automatique une motion de censure. Donc le mieux, c'est d'aller au bout de cette discussion et de la conclure.

Alors évidemment, ça se conclut dans des conditions qui sont forcément compliquées puisque'en l'absence de majorité, il faut trouver ce que certains appelleraient des compromis et ce que d'autres appelleraient parfois des du bricolage ici ou là c'est pour ça ou des renoncements par exemple sur la réforme des retraites Pierre Muskovici parce que les débats reprendront demain sur ce sujet de la réforme des retraites avec l'article 45 bis qui porte sur la suspension de cette réforme. Vous le gardien des comptes de la République, qu'est-ce que vous dites ? On va dans le mur avec cette suspension.

D'autant plus qu'on apprend qu' si vous voulez les estimations que fait le gouvernement, nous sommes un tout petit peu au-dessus mais enfin ça coûte peu d'argent en 2026 et ça coûte 1,4 milliards en 2027 peut-être un tout petit peu plus que ça. Enfin c'est pas en soi un défi financier considérable. Non mais attendez ce qui est problématique c'est une suspension c'est bien ou c'est pas bien enf c'est décidé mais qu'est-ce qui se passe derrière ?

Et moi, ce sur quoi j'alerte, c'est sur le fait que nous avons rendu, vous savez, deux rapports sur les retraites au précédent premier ministre François Vaot. Notre système de retraite, il a un problème de financement structurel. Il est déjà à 6,6 milliards d'euros de déficit.

Il devrait être encore à 6,6 en 2030 à condition que la réforme a lieu et la réforme rapportait 10 milliards. Si elle rapporte pas ces 10 milliards, c'est par exemple si elle était non pas suspendue mais abandonnée parce que c'est ça qui est en jeu derrière, mais c'est le choix de 2027. À ce moment-là, il faudrait trouver ces 10 milliards.

Et en toute hypothèse, on aura 15 milliards en 2035 et 32 milliards en 245. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'estd que personne ni à droite, ni à gauche, ni au milieu, ni où vous voulez ne doit perdre de vue le fait que nous sommes une société qui vieillit.

Oui. Attendez, où le rapport entre les actifs où le rapport entre les actifs et les inactifs se dégrade et où donc ces problèmes financiers sont devant nous. Ceux qui racontent qu'il y a pas de problème de financement des retraites ne disent pas la vérité.

Et donc euh il y a plusieurs façons de le faire. Ça ce sera le grand débat de 2027. Mais il faudra il faudra absolument équilibrer notre système de retraite.

Qu'est-ce que fait comme vous le dites, le système de retraite par répartition auquel tiennent les Français, celui de la cotisation ne sera plus viable. Qu'est-ce que le premier président de la Cour des comptes pense de la carte abattue par Sébastien Lecnu notamment d'élargir la suspension aux carrières longues. Alors d'abord, il y a des problèmes de toute façon sur les retraites qui existent.

Il y a des problèmes de pénibilité qui doivent traité. Il y a des problèmes d'énégalité entre les hommes et les femmes. Il y a des problèmes qui sont ceux aussi de de celles et ceux de nos compatriotes qui ont des difficultés de sensé.

Le problème des carrières longues a été traité autrement. Bah, c'est une décision qui est politique. En réalité, ça fait partie du débat, ça fait partie du compromis que le premier ministre recherche.

Il le recherche assidument et voilà, c'est c'est l'équilibre qu'on trouve. simplement encore une fois à la fin il faudra faire les comptes de tout ça regarder si d'une part nous sommes sur la voie pour réduire nos déficit suffisamment et pour moi je vais vous donner un chiffre il faut impérativement que euh le budget voté soit en dessous clairement en dessous euh donc pas à 5 % en dessous de 5 % ça c'est tout à fait impératif si on veut garder un peu de crédibité premier ministre Moscovici est-ce que ça colle avec ce qu'a dit le premier ministre Pierre Moscovici le fait d'être nettement en dessous des 5 % Je je ne suis pas plus que tout. Vous dites à Sébastien le Cornu, il faut il faut être encore plus strict, il faut aller encore plus.

Je pense que Sébastien Lecnu sait très bien ce qu'il a à faire. Je rencontrerai d'ailleurs demain matin aurons l'occasion d'échanger sur ces sujets. Qu'alz-vous lui dire ?

Ben, je lui dirai ce que je suis en train de vous dire, c'est que d'une part un, je crois que le budget doit être voté. Ça c'est et ça c'est une question politique aussi. Il faut trouver un compromis. de qu'il faut faire en sorte quand même de garder des ancres des caps de la stabilité dans nos finances publiques, de bonnes politiques publiques qui soient cohérentes d'une part qui permettent de de muscler l'économie de renforcer la cohésion sociale de financer la transition écologique et d'autre part tout de même rester sur la piste de la réduction des déficits pour être en dessous de 3 % 2029.

Je dis pas ça par je ne sais quel fétichisme du chiffre ou parce que je serais un maniaque de l'austérité. Ça n'est pas le cas. Je ne suis pas un manque de l'austérité, je suis pas un fétich du chiffre.

Mais je vous dis simplement que c'est le moment où la courbe de notre dette s'inverse. Or, le vrai problème que nous avons, c'est que nous payons de plus en plus cher une dette de plus en plus élevée. Nous sommes les plus gros émetteurs de dette sur les marchés 310 milliards en 2026.

Nous avons une dette de 3500 milliards d'euros. C'est la plus importante de la zone euro. Et enfin 74 milliards d'euros de charge à la dette.

C'est presque l'équivalent du budget d'éducation nationale. C'est 35 milliards en 2021. et nous sommes en train d'avoir un nœud coulant euh autour du cou qui nous étrangle petit à petit, qui nous empêche d'agir.

Si on veut être souverain et si on veut être crédible, il faut réduire notre déficit. Ça c'est ce que je dirais. Et les retraites sont une part très importante.

Euh donc pour terminer sur ce sujet de la dépense publique, les députés macronistes proposent un autre système, un système universel qui serait financé en partie par capitalisation. Euh Gabriel Atal euh propose que chaque enfant euh reçoive 1000 € versés par l'État et destiné à sa naissance et destiné à sa future retraite euh par capitalisation. Est-ce que ça ressemble à ça euh la solution du futur système ?

Alors franchement, je n'ai pas du tout à le On verra. Vous savez en é on sait très bien que jusqu'en 2027, on doit gérer le pays avec une situation très compliquée. Avec cette absence de majorité, il n'y aura pas de grande réforme de retraite d'ici 2027.

Ce que fait Gabriel Atal, bah c'est au fond verser au débat de 2027 une proposition pour une réforme de retraite structurelle. J'ai pas me prononcer sur le fond, simplement ça dit quelque chose. Ça veut dire qu'en 2027, on parlera finances publique parce que les déficites seront toujours là, la dette sera toujours là et il faudra bien faire en sorte que la ce sera le sujet de 2027.

Je pense que ce sera un sujet 2027. Pourquoi ? Parce que encore une fois, on fait pas de la politique pour un budget mais par contre on fait un budget pour de la politique.

Je vais quitter la cour des comptes dans quelques semaines. Dans quelques instant, j'ai j'ai ça fait 42 ans que je suis dans le service public. Si j'ai appris une chose, c'est qu'il n'y a pas de bonne politique publique sans finances publiques saines.

Les finances publiques c'est pas une fin mais c'est un moyen. Si vous n'avez pas de fric, pardon de parler comme ça, vous pouvez rien faire. Vous pouvez dire le mot fric sur France, il y a Oui.

Non, je je c'est un peu familier dans ma bouche pour ça que je dis pardonnez-moi. C'est moi-même qui do me pardonner. Ce que les débats ont montré, c'est qu'il est plus simple d'augmenter les impôts que de couper dans les dépenses.

Enter le ministre de l'économie Roland l'escur qui était à votre place hier matin. Sû quand on fait la somme de ce qui concerne les plus aisés, CSG, patrimoine, contribution différentielle sur le revenu et cetera et les grandes entreprises, on est au-delà de 11 milliards d'impôts en plus par rapport à l'année dernière où je vous rappelle qu'on avait déjà taxé une partie de ces de ces populations. 11 milliards d'euros en plus, annonce le ministre de l'économie sur France info.

Vous l'homme du ralbol fiscal, vous dites quoi ? Trop d'impôts. Écoutez, je c'est pas une question de trop, c'est beaucoup.

Euh j'ai j'ai quelques idées simples sur la question qui sont d'ailleurs toujours les mêmes. Un, la fiscalité, c'est légitime. Et s'agissant de la fiscalité des hauts revenus, des hauts patrimoines, il fallait et il faut faire absolument un geste et prendre des mesures sans pour autant pénaliser l'économie.

Ça c'est le premier point. Il faut donc de la fiscalité. Quand je disais ral fiscal, ce que je veux dire, c'est qu'il en faut pas trop.

Parce que ma deuxième conviction, c'est que quand vous cherchez à réduire les déficits, il y a un équilibre à trouver entre les recettes et les dépenses. Pour moi, il faut d'abord faire des économies sur les dépenses publiques. D'autant que nous avons 57 % de dépenses publiques dans le PIB, c'est presque le plus haut au mondial.

Nous avons de la marge manœuvre pour le faire. Euh vous savez l'an dernier, c'est pour ça ça faisait allusion Roland en l'escure. Michel Barnier, le premier ministre avait présenté un projet de loot de finance qui disait qu'il faisait 70 % d'économie, 30 % euh de recettes.

À l'arrivée, on a fait 100 %, vous m'entendez 100 % d'effort par la fiscalité. C'est une tendance de dire qu'on va faire des moi. Et je veux rappeler qu'il faut faire des économies sur les dépenses, que c'est d'abord ce que nos partenaires attendent, que c'est ce qu'il y a de plus vertueux.

Et donc là, c'est pas le cas. Pierre Movici. Encore une fois, je je il faudra faire les comptes à la fin.

Il faut il faut éviter que nous augmentions trop notre taux de prélèment obligatoire parce que tout de même nous sommes dans un monde ouvert, dans un monde compétitif. Nous avons des partenaires qui ne font pas comme ça et donc il faut pas courir la course de la compétition mondiale avec un boulet au deux pieds. 11 milliards c'est comment ?

C'est trop ou c'est Mais ça vous je ça vous paraît correct ? Je me refuse totalement à faire le compteur au jour le jour de ce qui se passe. C'est à la fin de la foire qu'on compte les B comme disait et quand je parle des bous, je parle pas des amendements, je parle juste des comptes.

Il y a une mesure qui a fait beaucoup parler, c'est la taxe sur les multinationales votée par les insoumis et le rassemblement national. Une taxe qui est censée rapporter 26 milliards d'euros. Écoutez, Manuel Bonparé invité de France info il y a quelques jours.

Il s'agit de dire on va créer les conditions pour faire en sorte que les multinationales payent l'impôt qu'elles doivent payer en France. Cette mesure, elle permet juste de faire en sorte que le bénéfice payé en France correspond au chiffre d'affaires que vous avez réalisé en France. C'est-à-dire, c'est une mesure pour lutter contre le courtournement de l'impôt.

Voilà, le gouvernement répond que c'est inconstitutionnel. Qu'est-ce que vous en pensez vous de cette taxe ? Est-ce qu'on peut trouver vraiment 26 milliards d'euros sans trop de douleur ?

Écoutez, j'ai été commissaire européen en charge de la fiscalité dans une vie précédente et j'étais justement euh en train de plaider à ce moment-là pour que les multinational et notamment celles qui sont numérique payent leur juste part d'impôts là euh où elle crée de la richesse. Alors, de là avoir un impôt qui rapporte 26 milliards d'euros, je crois beaucoup plus la coopération internationale en la matière tel qu'on a pu le faire dans le cadre de l'OCDE pour définir ce qu'est une imposition minimale et on l'a augmenté et puis aussi parvenir à une taxation qui soit au minimal au minimum européen. Le problème de ces mesures le problème c'est des mesures unilatérales, ça pose toujours quelques difficultés en réalité d'application et ça peut être très pénalisant pour le pays et son économie.

Oui, dans un instant Pierre Moscovicier, on vous demandera si vous étiez au courant des alertes répétées de Bruno Lemire à Emmanuel Macron. Pourquoi le président ne l'a pas écouté ? Mais d'abord, il est 8h47 et c'est l'info en une minute avec Théo Méton Reinbo.

L'avocate de Salah Abdess Lam rappelle avec force [musique] qu'il n'est absolument pas mise en cause dans un projet d'attentat. réaction sur France Info après la mise en examen de l'excagne du seul membre encore vivant des commando des [musique] attentats du 13 novembre 2015. Elle est poursuivie pour un projet d'action violente et pour avoir transmis une clé USB avec de la propagande djihadiste à Salab d'Eslam.

Lui est condamné à la réclusion criminelle [musique] à perpétuité incompressible. Les cérémonies de commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918. Emmanuel Macron doit dévoiler aux invalides une plaque [musique] hommage au malgré nous tombé pendant la Seconde Guerre mondiale puisque l'on célèbre tous les soldats morts pour la France le 11 novembre.

Nicolas SarkoZi a passé la nuit chez lui après 3 semaines de détention à la prison de la santé et liberté conditionnelle sous contrôle judiciaire. Il a fait appel de sa condamnation dans l'affaire libyenne. L'exprésident a interdiction d'entrer en contact avec le ministre de la justice Gérald Darman. 20 lauréat du festival de la BD d'Angoulem alerte sur le danger de mort que court l'événement.

Il dénonce l'accumulation de scandale ou encore l'opacité de gestion. [musique] France info le 830 France info. Agath Lambret Paul Larouturou [musique] avec Pierre Moscovici premier président de la cour des comptes ancien ministre de l'économie ancien commissaire européen.

Bruno le maire avait alerté Emmanuel Macron. Mais oui, dans un courrier d'avril 2024 révélé aujourd'hui, enfin ce weekend par Séd l'air dans lequel Bruno Lemire, on s'en souvient, ministre de l'économie, alerte le président de la République sur les dérives du déficit. Il propose 15 milliards d'euros d'économie pour tenir nos engagements et il plaide pour un projet de loi rectificative des finances publiques.

Idée retoquée par Emmanuel Macron. Est-ce que le chef de l'État est responsable de cette situation, monsieur le premier président de la Cour des coures ? Écoutez, je refuse là aussi complètement de mêler de ces débats.

Euh, c'est votre travail normalement. Non, pas du tout. Alors faire de l'investigation pour savoir qui a fait quoi, ça c'est pas le mien.

C'est peut-être celui de parlementaire. Je veux dire deux choses. La première c'est mon expérience.

Vous l'avez rappelé, j'ai été minéconomie et des finances et pour moi, j'ai une conception peut-être un peu vieillote de ce qu'est la République, un exécutif est solidaire. On peut avoir des débats mais à la fin, il y a la décision. La décision, elle est prise par tous.

Et donc c'est tous ceux qui ont pris la décision qui doivent assumer la décision. Vous voulez dire que c'est pas très euh glorieux pour Bruno Lem ? J'aime bien Bruno Lem, j'ai bien travaillé avec lui.

Non, je dis que c'est un problème de principe que je pose, c'est pas un problème de personne. Je pense qu'il faut être solidaire. J'ai eu des débats avec François Hollande qui ont conduit à mon départ du gouvernant par exemple sur le rapport fiscal, on éétait pas forcément d'accord.

Je n'ai jamais dit un mot là-dessus. Jamais. Et vous avez quitté le gouvernement ?

J'ai quitté le gouvernement mais après donc je sais pas du tout je donne pas de le soin quiconque. La deuxième chose parlant des alertes h les alertes que je veux rappeler c'est celle que le haut conseil des finances publiques que je préside qui est placé près la Cour des comptes qui rend des avis sur les projets de lo finances avait donné avant euh cette année 2024. Nous avions dit que la prévision de croissance était surévaluée.

Nous avons dit qu'il y avait des incohérences dans le raisonnement économique. Nous avons souligné que la consommation était surestimée. Nous avons également dit que les recettes nous paraissaient elles aussi surestimées.

Donc c'était prèvisible contrairement à ce que vous exécutez. Je pense que ce il n'était pas prévisible qu'on ait un tel dérapage notamment il y a une chose qui a été complètement perdue de contrôle c'est les recettes personne n'avait vu nous d'ailleurs l'effondrement des recettes mais nous pensions déjà et ce que je veux dire c'est que dans un débat budgétaire il faut toujours toujours dire la vérité et tant qu'à faire il faut plus avoir une approche prudente voir pessimiste qu'une approche optimiste ou volontariste. Mais quand vous écrivez des quand vous écrivez des rapports quand vous alertez, quand vous relancez, quand rien ne bouge, vous avez envie de quoi de démissionner ou vous vous habituez ?

C'est bah non, c'est c'est mon travail. Vous savez, la Cour des comptes, c'est pas un pouvoir. Je suis pas le pouvoir exécutif, je suis pas le pouvoir législatif, c'est pas un contrepouvoir.

Jamais en 5 ans, je n'ai fait quoi que ce soit pour empêcher le gouvernement ou le président d'agir. Jamais. Simplement, nous sommes une vigie.

Nous sommes là pour dire aux français, mais quelle est la responsabilité politique du présiste parce que ça c'est important. Le rôle que nous jouons, c'est un rôle profondément démocratique. Ce qui fait qu'on nous écoute et qu'on m'écoute parce que je représente la Cour des comptes.

Quand je ne représenterai plus, ce sera autre chose. Je représenterai moi-même. Et bien, c'est simplement le fait que nous disons au français une réalité objective.

Et vous me demandez tout à l'heure, est-ce qu'on est écouté ou entendu ? Nous sommes écoutés. Les Français qui nous écoutent savent que la Cour des comptes, c'est du sérieux et nous ne sommes pas assez entendus.

Ça après c'est le travail du politique que je respecte complètement. on été moi-même, comme vous l'avez dit, parlementaire et ministre à plusieurs reprises. Avant qu'on parle de votre bilan à vous, vous qui avez pris votre fonction, vos fonctions en 2020 à la Cour des comptes, vous avez suivi de près Emmanuel Macron.

Après la suspension de la réforme des retraites, qu'est-ce qui restera du bilan du président ? Pas du vot, ça c'est en 2027 que les Français en jugeront et puis ensuite c'est pareil, je vais pas reprendre la formule du Chirak, un héritage, ça juge plutôt après. Pierre Moscovici, vous allez quitter la Cour des comptes donc le 31 décembre.

Je disais, vous allez commencer la cour des comptes européennes pour un mandat de 6 ans. Est-ce que la France aujourd'hui est déclassée au niveau européen ? Est-ce qu'on est devenu le canard boiteux de l'Europe ?

Canard boiteteux, non. Euh la France est un je je récuse le catastrophisme. Je lis beaucoup le précédent ministre des finances avait dit par exle le FMI va arriver je pas menun du fond international de la Commission européenne et la France est un pays et un état solvable.

Ça, j'y insiste. Ça c'est important parce que nous sommes un grand pays, nous avons un grand marché, nous avons une bonne gestion de la dette, nous avons des recettes qui en général rentre. D'ailleurs, les impôts maintenant, ça rentre mieux qu'en 2024, 2023 ayant été les années noires que nous payons.

Euh bon, donc nous sommes solvables mais disons que nous sommes en recul de crédibilité sur deux points. D'abord, nous ne tenons jamais nos engagements en matière de finances publiques. C'est pour ça que je rappelais la 3 %.

Oui. Et et par rapport à nos partenaires européens, ça affaibli notre voix. Quand on n'est pas capable de balayer chez soi, de faire son propre ménage, de faire ses travaux domestiques, on n'est pas crédible.

Et puis ça ça aussi, ben c'est la crédibilité à l'égard des marchés qui nous fait perdre de la soutenabilité. Vous savez, pour moi qui était commissaire européen, il est inimaginable que la dette française soit plus élevée que celle du Portugal, de la Belgique ou de l'Espagne. Il était inimaginable que nos taux d'intérêt soient plus élevés que ceux de la Grèce.

Nous sommes aujourd'hui à égalité l'Italie. Mais ça veut dire quoi ? appelé du club le Portugal, l'Espagne Portugal est en excédent budgétaire.

Bien sûr, ils ont fait un travail énorme en cette matière qui était aussi très coûteux pour la population, faut quand même le dire. Énorme. Et et ce dévendement de gauche d'abord ce d'Antonio Costa qui est maintenant le président de gauche européen puis maintenant de droite qui ont là pour le coup bénéficié de l'héritage.

Mais ce que je veux dire par là, c'est surtout que c'est nous qui reculons en vérité depuis la dissolution de juin 2024, nous avons perdu 30 points de base sur le spread, c'est l'écart de taux d'intérêt avec l'Allemagne et 80 avec l'Italie. Nous sommes aujourd'hui à égalité avec l'Italie. Franchement, il faut le savoir.

C'est ça qui fait augmenter notre charge de la dette. Donc, on paye encore la conséquence de la décision d'Emmanuel Macron. Non, mais pas que de la dissolution.

Nous avons globalement non, nous ne sommes pas en déclin. Non, nous ne sommes pas le canabeteux de l'Europe, mais assurément nous sommes en perte de crédibité, en déclinité et parce que j'ai mon pays, je souhaite qu'il soit crédible et souverain et qu'il y ait moyen d'agir. Nous avons encore deux questions importantes à vous poser.

La première, Nicolas Sarkoi, vous le savez, est sorti de prison hier après 3 semaines de détention. La cour d'appel a accepté sa demande de remise en liberté mais il reste sous contrôle judiciaire et il a interdiction de d'entrer en contact avec le garde des sous Gérald d'Armanain. Que pensez-vous de cette libération et de cette interdiction ?

L'interdiction rien, c'est les conditions que fixe le juge à cette libération. Nicolas Sarkozi a prononcé lui-même ce qui convient. Le droit est appliqué.

Le droit était appliqué lorsqu'il a été condamné en première instance. Le droit est appliqué quand on le libère. Et au fond, tout ça, ça doit plutôt rassurer sur le fait que nos juges, que notre justice est indépendante et que ces décisions doivent être respectées.

C'est ce que je fais. Euh ensuite bah il y aura un appel et on verra euh quant aux conditions. C'est celle que le juge a estimé nécessaire euh pour qu'elle puisse se dérouler avec un contrôle judiciaire qui com [rires] rapidement Pierre Boskovici, vous avez remis la semaine dernière un rapport très sévère contre la gestion du musée du Louvre.

Euh vous reprochez notamment à la direction de d'avoir privilégié les opérations visibles et attractives au détriment de la sécurité notamment sur France info vendredi Laurence Descars, la la présidente directrice du Lou vous a répondu. Elle dit que vous avez tort d'être aussi sévère. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

Bah tout simplement qu'il faut lire le rapport de cours des comptes. Il est pas sévère, il est pas méchant, il est juste extrêmement objectif. Il faudrait écouter le message.

Vous lui reprochez d'avoir fait trop d'acquisition et d'avoir un petit peu ass géré la sécurité. Je pense que dans ce musée, il faut évidemment avoir une politique ambitieuse, il faut une politique muséale. C'est un musée qui a renommé une mondiale, c'est l'incarnation de la France, c'est l'image de la France.

Mais qu'en même temps, on a sous-dimensionné tout ce qui concerne les investissements dans les infrastructures. Il y a la sécurité que vous rappelez enfin on a dépensé 4 millions d'euros 3 millions d'euros pardon, c'estàd 4 % de ce qui était prévu pour la sécurité mais aussi la lutte contre l'incendie. mais aussi une inondabilité.

Les tableaux qui peuvent être inondés. Et donc si vous voulez, je pense maintenant qu'il faut remettre l'église au centre du village et faire en sorte que les infrastructures nécessaires pour que ce musée soit protégé complètement et ça c'est aussi quelque chose les Français demandent soit consenti. Il est 8h57 dans quelques instants sur France info.

L'heure de la question qui ce matin la question qui part monsieur Moscovici vous quittez la cour des comptes français la fin de l'année pour la cour des comptes européennes. Est-ce que c'est un exil ou une promotion ? Puis surtout qu'est-ce qui vous a le plus frappé ?

J'ai pas d'anecdote, je sais, je suis rentré à la Cour des comptes en juin 1984 parce que j'ai commencé là et je finis là ma vie de au fonctionnaire français et surtout j'ai une grande fierté, c'est celle de laisser cette maison en bon état. Elle est plus transparente que quand j'y suis arrivé. Quand je suis arrivé en voulez dire que là c'est votre héritage en fait.

Oui, c'est mais mais mon héritage c'est simple. Ce qui me permet d'être parmi vous ce matin. Nous publions 180 rapports par an.

Quand je suis arrivé en juin 2020, c'était 35. Euh nous demand proposons à des citoyens de nous proposer des thèmes de contrôle. Euh c'est disparent, ça n'existait pas avant.

Nous avons une plateforme de signalement, nous sommes au contact des Français, nous sommes à l'écoute des Français et nous rendons des comptes. Et dans cette période tellement difficile, parce que finalement c'est de ça dont on parle depuis le début de cet entretien, les difficultés de la France, les difficultés du monde, les difficultés de nos finances publiques, je pense que la Cour des comptes est un repère, un repère démocratique. C'est ce que je me suis efforcé à ma place.

Un, de promouvoir et de d'incarner. Quant à l'avenir, il n'est pas écrit. Voilà, je vous referez peut-être de la politique un jour.

Ah, il faut jamais dire jamais. Mais pour le moment, je vais aller à la Cour des comptes européennes. Mais c'est vrai que le citoyen Pierre Mosque ici sera aussi un homme libre.

On entend et ben on en reparlera ici sur France info. Merci beaucoup Pierre Moscovici d'avoir répondu à nos questions. Merci Paul.

On se retrouve demain. Vous restez avec nous dans un instant. Ce sont les informés avec Renault Dell.

M.