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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 13 mai 2023 18 min

Rassemblements d'ultradroite interdits, réindustrialisation et pause réglementaire européenne... Ce qu'il faut retenir de l'interview de François-Xavier Bellamy

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Emmanuel Macron était hier à Dunkerque, il a dévoilé l'implantation prochaine d'une énorme usine de batterie taïwanaise. Il a d'ailleurs dévoilé aussi d'autres projets, en l'occurrence 4700 emplois à la clé en tout. Là, ça ferait les quatrièmes et cinquièmes usines de batterie en France. Tout ça, c'est l'illustration d'un plan dévoilé la veille par le chef de l'État pour favoriser les industries vertes, réindustrialiser la France. Est-ce que vous, membre des Républicains, vous applaudissez dès demain ?

0:33
François-Xavier Bellamy

On ne peut que se réjouir que des emplois industriels soient recréés dans notre pays, c'est clair. Et c'est une cause commune qui doit réunir toutes les familles politiques, parce qu'une France qui continue la trajectoire de sa désindustrialisation, c'est une France qui, évidemment, va perdre demain la capacité de maîtriser son destin. C'est une France qui, aujourd'hui déjà, est en train de s'enfoncer dans la crise. Et je crois que toutes les familles politiques qui ont gouverné ont, d'une certaine manière, marqué des étapes, ont été incapables jusque-là d'enrayer la spirale de la désindustrialisation. Lui, il est en train de l'enrayer, Emmanuel Macron.

Il faut aujourd'hui faire le trajet inverse. Ce n'est pas parce qu'une usine s'implante qu'on a réussi à l'enrayer.

1:09
Présentateur

Ça fait presque cinq usines, là, déjà.

1:11
François-Xavier Bellamy

Pour l'enrayer, il faudra...

1:11
Présentateur

Trois qui y sont déjà et deux qui vont venir.

1:13
François-Xavier Bellamy

D'abord, j'observe quand même qu'aujourd'hui, cette réindustrialisation, elle dépend beaucoup de capitaux étrangers. C'est quand même un vrai sujet. Comment se fait-il qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron dit « Nous sommes le territoire le plus attractif pour les investissements étrangers ». Oui, mais qu'est-ce que ça veut dire en réalité ? Ça veut dire que notre économie est progressivement rachetée par des capitaux étrangers. C'est ça, la véritable signification de cet indice.

L'autre aspect qui est clé, c'est que si nous voulons réindustrialiser, il faut, et c'est ça le plus important, non pas faire de grands effets d'annonce, mais commencer par recréer les conditions pour que l'industrie puisse s'implanter et se déployer.

1:43
Invité

Les conditions, ça veut dire mettre une pause, par exemple, dans la réglementation environnementale, comme le dit Emmanuel Macron. Il dit « Bon, on en a fait assez, maintenant, on n'est pas obligé d'aller plus loin ».

1:51
François-Xavier Bellamy

J'avoue que je suis tombé de ma chaise en entendant cette déclaration d'Emmanuel Macron. Pourquoi ? Je vais vous raconter l'histoire. Ça fait maintenant un an qu'au Parlement européen, mon groupe, le PPE, le groupe de la droite européenne,

2:01
Présentateur

qui est majoritaire au Parlement européen.

2:03
François-Xavier Bellamy

Qui est majoritaire, mais à la manière du Parlement européen, c'est-à-dire nous sommes le plus grand groupe, mais nous n'avons pas, évidemment, de très loin la majorité absolue dans l'hémicycle. Et sur ce point, nous n'avons malheureusement pas été suivis par les autres groupes. Nous demandons depuis un an un moratoire législatif en considérant que la Commission européenne est revenue depuis le début du mandat à une inflation normative qui rappelle les pires heures de la création de réglementations européennes dans les décennies précédentes. On s'est lancé dans un train de mesures législatives absolument inouïes. Et on a encore devant nous beaucoup de textes qui se dessinent.

2:40
Invité

Mais ce n'est pas tout à fait ce que dit Emmanuel Macron. Il ne dit pas un moratoire sur les textes actuels. Il dit qu'il y a actuellement, par exemple, le pacte vert qui doit être adopté, formalisé dans les prochaines semaines. Il dit tout ça, on le fait, tout ce qui est en discussion, on le fait, mais on évite d'en rajouter dans les années à venir. Vous, ce que vous demandez, c'est bien un moratoire sur les législations actuelles ?

2:59
François-Xavier Bellamy

Nous, nous avons voté parce que nous avons réussi à gagner des étapes très importantes. Je pense par exemple au mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, la barrière écologique. C'est ce qui va permettre de protéger notre marché contre des importations de produits qui sont fabriqués avec de l'énergie très carbonée en dehors de l'Europe, pardon, dans le reste du monde. Nous avons réussi à obtenir qu'on puisse reconstituer, reconstruire des conditions de concurrence loyales pour les acteurs, pour les producteurs européens. Maintenant, nous disons, sur beaucoup de sujets, des étapes clés ont été franchies. Commençons par regarder comment ça fonctionne.

Arrêtons-nous ici, faisons un moratoire et regardons.

3:34
Invité

Mais ça veut dire qu'il faut arrêter ce qui est en discussion actuellement ?

3:36
François-Xavier Bellamy

Je prends un texte tout simple, un texte qui se décide aujourd'hui, qui s'appelle « Restauration de la nature ». C'est une sorte de surenchère environnementale. Il s'agit plus seulement de protéger la nature, mais de la restaurer dans son état originel.

3:49
Invité

Vous dites qu'on pose le crayon aujourd'hui, ce n'est pas demain, pour bien comprendre.

3:52
François-Xavier Bellamy

Oui, bien sûr. On est maintenant à quatre ans de mandat. Il peut tout à fait être raisonnable de se donner une année pour... Et j'ai l'impression d'entendre nos mots dans ceux du président de la République. En tous les cas, j'ai l'impression qu'il s'en est correctement inspiré. Quand il dit qu'il faut commencer par regarder comment fonctionnent les normes actuelles, avant d'en créer de nouvelles. On est dans un monde extrêmement instable. Instabilité géopolitique, sécuritaire, instabilité économique, financière, instabilité énergétique. Et nous, on est en train de rajouter de l'insécurité juridique par-dessus tout ça. Oui, il est temps, effectivement, de faire un moratoire.

Mais quand j'entends le président de la République dire ça, moi, je vois le comportement de ces élus au Parlement européen, qui sont bien souvent du côté de la gauche, et même plus à gauche que leur propre groupe politique, pour demander qu'on en fasse encore plus dans les règles environnementales.

4:36
Présentateur

Il assure que manifestement, y compris dans ses rangs, d'ailleurs.

4:39
François-Xavier Bellamy

Évidemment. Et pardon d'ajouter un dernier point. Si on veut réindustrialiser, prenons un autre exemple. Il faut aussi créer les conditions du point de vue de l'énergie. Quelle est la condition nécessaire pour qu'une industrie s'installe ? C'est de pouvoir disposer d'une énergie stable et à des coûts abordables.

4:53
Invité

Ça veut dire sortir du marché européen de l'électricité, par exemple ?

4:55
François-Xavier Bellamy

Nous avons pour ça un outil extraordinaire, qui est notre filière nucléaire. Filière profondément fragilisée par le quinquennat de François Hollande, puis par le premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Et aujourd'hui, encore aujourd'hui, les députés macronistes, dans leur écrasante majorité, votent, à chaque fois qu'ils en ont l'occasion, contre l'énergie nucléaire au Parlement européen. Est-ce que c'est ça, la réindustrialisation ? J'ai déposé un amendement dans le cadre de Repower You, un plan de 210 milliards d'euros. Dans le cadre de ? Repower You, c'est un texte du Parlement européen, de la Commission européenne, pour mettre 210 milliards d'euros.

Et oui, malheureusement, l'anglais bruxellois, je le déplore, mais c'est comme ça. 210 milliards d'euros, c'est ça qui est important, le contenu, pour reconstruire nos capacités de production énergétique. Le nucléaire en était exclu. J'ai déposé un amendement pour l'inclure. Cet amendement a été adopté en commission, puis en séance plénière dans l'hémicycle. Il a donc été adopté par le Parlement européen, avec le soutien de socialistes d'Europe de l'Est, avec le soutien de conservateurs d'Europe du Sud. Oui, ça veut dire qu'on peut utiliser du nucléaire pour faire la transition énergétique.

Ça veut dire qu'on peut utiliser les fonds européens pour entretenir nos centrales actuelles, pour en construire de nouvelles. Eh bien, les députés macronistes ont voté contre cet amendement. Est-ce que c'est ça, la réindustrialisation ? Moi, je suis révolté de voir le double discours qui consiste à dire à Paris le contraire de ce qu'on fait à Bruxelles. Et je crois qu'il est temps, quand on parle de pauses législatives dans les réformes à Paris, de dire que c'est exactement le contraire que font les députés macronistes au Parlement européen.

6:19
Présentateur

Alors, un autre sujet européen, s'il en est, c'est l'immigration, puisque votre parti se prépare à déposer deux textes de loi, en l'occurrence à Paris, des propositions de loi. L'un d'eux pour affirmer la primauté du droit national. Est-ce que ça veut dire sortir du traité européen, des traités européens ?

6:33
François-Xavier Bellamy

Ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a une jurisprudence européenne qui pèse sur notre droit et qui empêche l'État de prendre les décisions que les Français attendent de lui en matière migratoire. Et oui, ça pose un problème majeur. Aujourd'hui, la CEDH, par exemple, donne... C'est la Cour des droits de l'homme. La Cour européenne des droits de l'homme donne du droit à la vie familiale, une interprétation qui est extrêmement politique.

6:54
Présentateur

Mais vous faites de la France insoumise, là. Vous voulez sortir de l'Union européenne, vous voulez désobéir à l'Union européenne.

6:59
François-Xavier Bellamy

Mais écoutez, c'est le Danemark, par exemple, qui est un pays européen dont personne ne conteste l'engagement européen. Un pays actuellement dirigé par un gouvernement social-démocrate qui a fait ce qu'on appelle un opt-out, pardon, c'est encore de l'anglais, mais qui a décidé qu'il adhérait à la CEDH avec certaines réserves qui lui permettent de garantir sa souveraineté, notamment sur des sujets migratoires. Personne ne considère que le Danemark est un pays anti-européen ou un pays en voie de dangereuse radicalisation réactionnaire. C'est un gouvernement social-démocrate.

Nous proposons, ni plus ni moins, de reprendre, effectivement, notre marge de manœuvre sur des questions qui sont cruciales. Le droit à la vie familiale, tout le monde y croit, évidemment, mais ça ne veut pas nécessairement dire que quand une personne a réussi à arriver illégalement dans notre pays, elle a le droit de faire venir toute sa famille. Ça veut dire qu'elle peut avoir le droit de vivre en famille dans son pays d'origine si elle n'est pas éligible à l'asile en France. Et c'est ça, le droit à la vie familiale.

Et faire de la politique avec les droits fondamentaux, eh bien, c'est d'une certaine manière priver nos États de leur souveraineté et pas seulement nos États, du coup, nos démocraties et donc le peuple français. Et si on continue d'expliquer aux Français qu'effectivement, on ne peut rien faire parce que la jurisprudence européenne lit les mains de notre État, alors oui, on finira par condamner l'idée européenne dans le cœur et l'esprit des Français.

8:13
Présentateur

François-Xavier Bellamy, eurodéputé Les Républicains, vous restez avec nous, invité du 8.38h41, c'est l'heure du Filinfo. Dianne Ferchit.

8:20
Invité

Ils sont arrivés en France hier soir. Benjamin Brière et Bernard Félan, les deux otages français en Iran sont apparus affaiblis et malades. Téhéran affirme les avoir relâchés de bonne foi dans le cadre d'une action humanitaire. Cinq autres Français sont toujours retenus dans le pays. Une centaine de policiers supplémentaires déployés à Valence, notamment la CRS8, l'unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines. Ils vont rester sur place tout ce week-end après deux fusillades mortels en 48h. La préfète de la Drôme évoque un contexte de règlement de compte entre bandes.

En Ukraine, le patron de Wagner, Evgeny Prigozhin, qualifie de déroute le mouvement des troupes russes près de Barmouth. L'armée russe affirme que ses soldats se sont repliés vers de meilleures positions défensives de son côté qui a dit avoir repris des territoires sur environ 2 kilomètres. Les Lençois confortent leur deuxième place du classement de Ligue 1 de football en battant le stade de Reims 2 à 1. Une ouverture de la 35e journée lance affiche ce matin 5 points de plus que l'OM. Deux rencontres sont à suivre ce samedi, Strasbourg-Nice à 17h et puis à 21h, le PSG accueillage action. France Info Le 8.30 France Info, Néhile à la trousse, Lorrain Sénéchal.

Un instant, François-Xavier Bellamy, on évoquait cette primauté du droit national en matière migratoire que votre parti, Les Républicains, veut instaurer. Vous nous dites que ça veut dire pouvoir passer outre la Cour européenne des droits de l'homme. Est-ce que ça veut dire aussi dans l'esprit de la rédaction de votre loi que la France pourrait décider de sortir des accords de Schengen ou de s'affranchir des décisions de la Cour de justice européenne ? Est-ce que ça ne vise que la Cour européenne des droits de l'homme ou est-ce que ça vise l'ensemble des traités européens ?

9:55
François-Xavier Bellamy

Aujourd'hui, on a une jurisprudence. Ce n'est pas tant les traités que la jurisprudence qui en est donnée. Donc ce n'est pas les accords de Schengen, par exemple ? Le sujet n'est pas le droit à la vie familiale comme un droit fondamental. Nous sommes tous pour que le droit à la vie familiale soit respecté. Le problème, c'est l'interprétation qui en est donnée par des jurisprudences qui, elles, sont évidemment marquées par un biais politique tout à fait caractérisé. Si le droit à la vie familiale, c'est qu'une personne qui arrive légalement dans notre pays a le droit de faire venir toute sa famille, alors effectivement, il y a un vrai problème d'interprétation de ce droit fondamental.

10:23
Invité

Et je vous pose la question, parce qu'en parallèle de ce débat sur la seule question migratoire, il y a cette interview de Laurent Wauquiez dans Le Point, interview Fleuve, le président de la région Auvergne-Rhône-Hablis, qui représentera peut-être votre famille politique à la présidentielle de 2027. Lui, il dit qu'il ne s'agit pas simplement de la Cour européenne des droits de l'homme, il dit qu'il s'agit de toutes les cours suprêmes. Donc il les cite une par une dans Le Point, mise de côté la Cour de justice de l'Union européenne qu'on évoquait, la Cour de cassation, le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel en partie.

Il propose aussi de supprimer, s'il est élu, je le cite, la quasi-totalité des autorités indépendantes, donc la Commission nationale de l'informatique et des libertés, l'Agence nationale de sécurité sanitaire et de l'alimentation, l'ANSES, et puis l'ARCOM, qui était avant le CSA, qui régule les médias audiovisuels. Donc d'où la question, est-ce que l'objectif in fine des Républicains, c'est de s'affranchir de l'ensemble des contre-pouvoirs, qu'il soit européens, ou français, ou nationaux ?

11:13
François-Xavier Bellamy

Le vrai problème, Néla Latrousse, c'est quand les contre-pouvoirs, comme vous dites, sont devenus le pouvoir. Parlez aujourd'hui à des ministres, parlez à des parlementaires, parlez à des élus locaux, parlez à des préfets, tous vous diront qu'aujourd'hui, ils n'ont plus les leviers pour agir. Et pourquoi n'ont-ils plus les leviers pour agir ? Parce que vous avez partout, je ne sais pas, quand vous vous déplacez un peu partout en France, comme je le fais très souvent, vous entendez toujours les mêmes difficultés qui surgissent.

11:38
Présentateur

Mais c'est quoi ? On est dans une république des juges ?

11:41
François-Xavier Bellamy

Non, c'est pas seulement des juges.

11:41
Présentateur

Il parle de la Cour de cassation, du Conseil d'État, il parle même du Conseil constitutionnel.

11:45
François-Xavier Bellamy

Il y a quand même peu d'États qui, effectivement, ont au-dessus d'eux autant de Cours suprêmes ou d'autorités qui ont pour faculté de statuer à la place du gouvernement et sans responsabilité politique. Prenons un exemple tout simple. Moi, je suis en commission de la pêche au Parlement européen. Entre autres activités, je m'occupe beaucoup de cette filière magnifique et si profondément fragilisée aujourd'hui. Vous avez une décision du Conseil d'État qui va fermer la pêche dans le golfe de Gascogne pour plusieurs mois à cause du sujet de l'échoige des dauphins. Il y a un vrai problème avec l'échoige des dauphins.

Mais pourquoi est-ce que c'est le Conseil d'État qui rend une décision comme celle-ci ?

12:22
Invité

Vous dites que ce n'est pas son rôle ?

12:23
François-Xavier Bellamy

Moi, je crois qu'il y a un sujet dans le fait qu'aujourd'hui, de plus en plus de cas sont traités par des juges au lieu d'être traités par le gouvernement. Mais ça passe par mettre de côté ces cours-là ? Mais ça passe par le fait, en tous les cas, de réussir à reconquérir la capacité de la démocratie de constituer des décisions qui sont ensuite assumées politiquement devant les citoyens. Pourquoi ? Ensuite, on se pose la question de la désaffection à l'égard des élections. Pourquoi les gens ne vont plus voter ? Parce qu'une fois qu'ils ont été votés, ils ont été votés pour leur maire, leur maire leur dit « Je ne peux plus rien faire, en fait, je n'ai pas les leviers.

» Ils ont été votés pour un gouvernement et qui leur dit aujourd'hui, les pêcheurs parlent au ministre de la Pêche, qui leur dit « Écoutez, qu'est-ce que vous voulez, je ne peux rien y faire, c'est le Conseil d'État qui décide. » Et donc, évidemment que la démocratie est dévitalisée. Moi, je ne suis pas pour détruire les contre-pouvoirs, pas du tout. Je ne suis surtout pas pour détruire l'équilibre des pouvoirs. Parce qu'en fait, la justice n'est pas un contre-pouvoir, c'est la séparation des pouvoirs qui s'impose. Mais là, il y a un déséquilibre. Il y a un vrai problème quand l'exécutif a trop de pouvoir et que le pouvoir judiciaire n'en a pas.

Il y a un vrai problème quand la multiplication de ces autorités indépendantes, notamment, finit par incapacité, par rendre incapables d'agir l'État et la démocratie.

13:36
Invité

D'un mot sur l'immigration, on a compris, il y a deux textes qui vont être déposés par les Républicains. Ce qui vous gênait dans le texte du gouvernement, c'était toutes les dispositions liées à l'immigration et travail. Donc, c'est des titres de séjour en tension, notamment. Est-ce que, si ces points-là ne figurent pas dans le projet du gouvernement, vous dites « Banco, ok, c'est le texte qu'on voulait, on est prêt à discuter avec Gérald Darmanin, votons ce texte. »

13:54
François-Xavier Bellamy

Écoutez, pour l'instant, il n'y a pas de projet du gouvernement. Le gouvernement dit un jour qu'il aura un texte. Qui a été voté au Sénat en commission et qui a été supprimé.

14:01
Invité

Qui a été voté, y compris par la droite, en commission au Sénat.

14:03
François-Xavier Bellamy

Nous, écoutez, on pense que l'immigration, parce que maintenant, Mme Borne nous dit que dans ces 100 jours, l'immigration, ce n'est pas un sujet si important. Et donc, on va d'abord faire la fête du vélo, la fête de la nature et le comité interministériel du vélo. Bon, si l'immigration n'est pas un sujet important pour Mme Borne, nous, on croit qu'il l'est et donc on va s'en occuper. Et donc, on propose un texte et on verra bien qui le votera. Parce qu'on ne va pas attendre indéfiniment que le gouvernement veuille bien se mettre d'accord avec sa propre majorité sur le sujet.

Permettez-moi de vous dire, là encore, c'est très intéressant de vous raconter des histoires de ce qui se passe au Parlement européen. Quand il est à Paris, Emmanuel Macron dit aux Français on va protéger l'Europe contre l'immigration illégale. Le sujet de Schengen, c'est d'abord ça. Et quand ensuite, on se retrouve à Bruxelles et à Strasbourg avec ses élus, leur principale préoccupation, c'est d'interdire à l'Union européenne de financer des infrastructures physiques à l'extérieur des frontières de l'Europe. C'est-à-dire, vous avez aujourd'hui des pays qui sont limitrophes de pays tiers de l'Union européenne, ces pays-là demandent quelle que soit la couleur politique de leur gouvernement.

Il y a des pays de gauche qui demandent ça. Qui demandent que l'Union européenne les aide à financer des murs pour dans les cas où c'est nécessaire, dans les endroits où c'est pertinent, éviter les flux migratoires illégaux. C'est le cas par exemple du gouvernement espagnol à Ceuta et Melilla. C'est un gouvernement socialiste et pourtant il a des infrastructures extrêmement robustes. Eh bien, aujourd'hui, les élus macronistes ont lancé la croisade contre les murs en considérant que cette position était, je cite Valérie Ayet, ma collègue de la délégation macroniste au Parlement européen, que cette proposition était ignoble.

Nous, nous avons déposé un amendement pour que la position du Conseil, la position des États membres puisse être enfin adoptée par la Commission. Pour que les États membres puissent être aidés à financer ces infrastructures physiques là où c'est nécessaire. Eh bien, les élus macronistes ont été désavoués par une grande partie de leur propre groupe sur ce sujet.

Donc, en réalité, quand le Président de la République dit qu'il veut lutter contre l'immigration illégale, quand Mme Borne fait croire que c'est à cause des Républicains que ce sujet n'avance pas, c'est parce que sa propre majorité ne veut pas renforcer l'Europe contre l'immigration illégale et ne veut pas que le pays puisse se protéger contre ces flux illégaux.

16:02
Présentateur

Il n'y aura pas de manifestation de l'extrême droite et de l'ultra-droite à Paris ce week-end. Gérald Darmanin a demandé à la préfecture de police de les interdire après les images de la semaine dernière. Est-ce que ces images, elles vous ont choquées ? Un défilé néo-nazis dans les rues de Paris. Et est-ce qu'il a eu raison de prendre cette décision ?

16:17
François-Xavier Bellamy

Ces images sont affligeantes. Moi, j'ai du mal à prendre au sérieux des gens qui se disent patriotes et qui défilent déguisés en Asie et qui font des concerts de rock à rien. Tout ça est pitoyable, lamentable. Si on tient à la France, on n'a pas le droit d'emprunter les symboles d'une idéologie qui a voulu la détruire et détruire tout ce que nous sommes. Et il était temps d'interdire

16:40
Présentateur

ce type de manifestation.

16:41
François-Xavier Bellamy

Je renvoie ces patriotes-là à leur indignité affligeante. Sur le reste, il y a quelque chose d'inquiétant dans le fait que le gouvernement recourt de plus en plus souvent à l'interdiction de manifester. Non pas pour, comme ce devrait être le cas, éviter des troubles graves à l'ordre public qui sont la restriction nécessaire pour pouvoir justifier de telles interdictions, mais parce qu'il y aurait une couleur politique qui déplaît.

17:07
Invité

Vous parlez quoi ? Des casserole-là sur les ministres, par exemple ?

17:10
François-Xavier Bellamy

Par exemple. On voit aujourd'hui, en tous les cas, c'est Olivier Kahn dans Le Monde qui alertait sur ce risque-là en disant que même la gauche devrait aujourd'hui défendre le fait que l'extrême droite doit avoir le droit de manifester. Je ne dis pas, encore une fois, que le droit de manifester...

17:24
Présentateur

C'est inégal entre les deux.

17:25
François-Xavier Bellamy

Que le droit de manifester... Que le droit de manifester...

17:26
Présentateur

Que les casserole et les néo-nazis.

17:28
François-Xavier Bellamy

Non, bien sûr que non. Mais ce que je dis simplement, c'est qu'aujourd'hui, on est dans un moment de restriction assez inquiétant du droit de manifester qui, rappelons-le, doit être le principe. L'interdiction, c'est l'exception. Et cette interdiction, elle ne doit être motivée que lorsqu'il s'agit de risques de troubles graves à l'ordre public.

17:43
Présentateur

Merci François-Xavier Bellamy, eurodéputé Les Républicains, invité du 8.30. Bonne journée à vous.

Rassemblements d'ultradroite interdits, réindustrialisation et pause réglementaire européenne... Ce qu'il faut retenir de l'interview de François-Xavier Bellamy — François-Xavier Bellamy · Pourquijevote