"Le constat est préoccupant" estime Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées, après sa visite de la prison de Tarbes
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Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a frappé lors de votre visite de la prison de Tarbes ?
- 1:18OuverteRéponse directe
Vous avez ressenti quoi quand vous avez visité cette prison ?
- 2:15OuverteRéponse directe
Et ça, ça n'a pas changé depuis 2024, même depuis 2021 ?
- 2:52OuverteRéponse directe
Les détenus auxquels vous avez pu parler, ils vous ont dit quoi ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Les agents pénitentiaires subissent ces conditions de travail, ils vous l'ont dit ?
- 4:06OuverteRéponse directe
Vous avez senti de la lassitude, du ras-le-bol chez les agents ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:08Invité politiqueFait
« Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, elle avait dénoncé des conditions indignes de détention, un fonctionnement aussi par l'arbitraire et la violence dans son rapport. »
- 1:41PrésentateurChiffre
« Vous avez une maison d'arrêt qui est habilitée pour accueillir 69 places. Vous avez 159 détenus. »
- 1:59PrésentateurFait
« C'est-à-dire que vous avez des cellules où vous avez 3 détenus dans une cellule. »
- 2:29PrésentateurChiffre
« Ça a augmenté parce que les chiffres que j'avais en 2021, je crois que c'était 139 ou 140. Aujourd'hui, on est à 159. »
- 3:47PrésentateurChiffre
« Ils sont 29. »
- 5:28PrésentateurChiffre
« deux agents pour réinsérer 159 détenus »
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Berne Bigorre, premier sur l'actu locale.
Et Sophie Péridieu, vous recevez aujourd'hui le député socialiste de la deuxième circonscription des Hautes-Pyrénées. Bonjour Denis Feigné.
Bonjour.
Merci d'être avec nous ce matin sur ICI Berne Bigorre. Vous avez visité la prison de Tarbes vendredi. Les députés ont effectivement, c'est dans leurs attributions, le droit de visiter cette prison. Et qu'est-ce qui vous a frappé ?
En fait, si vous voulez, j'ai fait cette démarche deux ans après les recommandations d'urgence qui avaient été faites par Madame la Contrôleur. Oui, j'allais y venir, tout à fait. Voilà. Et bon, enfin, ce qui me frappe, c'est que deux ans après ce diagnostic et ce signal d'alarme qui avait été donné, il reste toujours un constat très préoccupant sur les conditions de détention, sur les conditions de travail des gardiens, du personnel, bien sûr, et les difficultés de réinsertion. Il y a quelques chiffres qui parlent vraiment de même.
Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, elle avait dénoncé des conditions indignes de détention, un fonctionnement aussi par l'arbitraire et la violence dans son rapport. Vous avez ressenti quoi quand vous avez visité cette prison ?
Juste quelques chiffres qui parlent d'eux-mêmes, si vous voulez. Bon, c'est une prison qui a été construite en 1895. Donc, au niveau de la structure du bâtiment, ce sont des bâtiments vieillissants, même s'il y a quelques travaux qui ont été engagés, mais pas suffisamment. Ensuite, la population carcérale, la surpopulation. Vous avez une maison d'arrêt qui est habilitée pour accueillir 69 places. Vous avez 159 détenus. Vendredi, quand je me suis présenté pour aller visiter la maison d'arrêt, la directrice m'a donné ce chiffre. 159 détenus. C'est-à-dire que vous avez des cellules où vous avez 3 détenus dans une cellule.
Donc, effectivement, je crois qu'il y a une vingtaine de cellules où il y a des lits par terre.
Et ça, ça n'a pas changé depuis 2024, même depuis 2021, où la prison de Tarbes était une des prisons les plus surpeuplées de France. Donc, ça n'a pas changé. Vous dites que ça a même augmenté ?
Au contraire, oui. Tout à fait, oui. Ça a augmenté parce que les chiffres que j'avais en 2021, je crois que c'était 139 ou 140. Aujourd'hui, on est à 159. Donc, déjà, quand vous voyez ces chiffres, ça parle de suite à la fois des conditions de détenus et à la fois de l'impossibilité d'encadrer de façon correcte.
Bien sûr. Et les détenus auxquels vous avez pu parler, ils vous ont dit quoi, justement, par rapport à ça ?
Oui, déplorent, bien sûr. Enfin, moi, je suis rentré dans les cellules. J'ai pu échanger avec les détenus. C'est vrai que, eux, ce que j'ai rencontré, ce sont des peines courtes de moins de trois ans. Mais, bien sûr, ils se plaignent surtout des conditions de détention. Bien sûr, des dégradations du bâtiment, de leurs conditions de vie, tout simplement, à l'intérieur de la maison d'arrêt.
Alors, il y a aussi, effectivement, les agents pénitentiaires qui subissent ces conditions de travail-là, d'autant qu'ils ne sont pas suffisamment nombreux, ils vous l'ont dit, eux, de leur côté ?
Oui, de toute façon, les surveillants, ils sont confrontés en permanence à une très forte pression. Ils sont 29. Il y a 29 souriants à la maison d'arrêt de Tarbes. Et c'est vrai qu'on sait que les organisations syndicales, ils ont arrêté depuis plusieurs années sur le manque d'effectifs, sur la fatigue professionnelle, sur la surpopulation carcérale, sur les tensions qui sont observées.
Et vous, en discutant avec eux, vous avez senti vraiment de la lassitude, du ras-le-bol ?
Alors, c'est quelque chose qui est constant, si vous voulez, au niveau de la pénitentiaire depuis des années. Après, bon, voilà, ils travaillent, ils font leur travail dignement, ils font absolument tout ce qu'ils peuvent pour donner des conditions de vie acceptables. Du coup, Denis Feigny, ça... Il y a une population pénale qui est de plus en plus fragile.
Bien sûr, mais ça, ça débouche sur quoi, du coup, puisqu'il nous reste juste un peu de temps ? Vous, vous allez faire quoi de cette visite ? Vous allez, du coup, redire encore, ben non, ça ne s'est pas amélioré ?
Oui, moi, je pense qu'il y a trois priorités qui ressortent de ces interventions. De toute façon, c'est de façon plus générale. C'est la lutte contre, bien sûr, toute forme de violence ou d'atteinte au droit des personnes qui sont détenues. Il y a le soutien, bien sûr, aux personnes pénitentiaires qui sont confrontées à la surpopulation et au manque d'effectifs. Et il y a aussi, on n'en a pas parlé là, c'est le renforcement des dispositifs de réinsertion pour prévenir la récidive. Et ça, ça concerne finalement toutes les prisons, pas spécifiquement celles de Tarbes.
Globalement, toutes les prisons, mais c'est vrai qu'au niveau du service probation, deux agents pour réinsérer 159 détenus, quand on sait la complexité des problématiques de réinsertion, c'est juste absolument insuffisant.
Effectivement, ça pose question. Merci beaucoup, Denis Feigné, député socialiste de la deuxième circonscription de Pierre et d'avoir été avec nous ce matin.
Au revoir.
Denis Fégné