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interviewRMC (sur Podcast)· 28 juin 2023 24 min

Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des PME, du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme – 28/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

BFM Business présente Edwige Chevrion La grande interview Bonsoir à tous, bienvenue dans cette grande interview Ce soir je reçois Olivia Grégoire et les ministres délégués chargés des PME du commerce, de l'artisanat et du tourisme. Bonsoir Olivia Grégoire Bonsoir Edwige Chevrion. Merci d'être avec nous Vous sortez tout droit de l'Assemblée Nationale On parlera du reste de partage de la valeur puisque c'est en discussion le texte est en discussion à l'Assemblée Nationale et puis du plafonnement des loyers commerciaux parce que c'est aussi important, on verra que notamment dans le secteur de l'habillement il y a des faillites en série.

Première question peut-être une réaction à ce que a dit tout à l'heure Emmanuel Macron, est-ce qu'il faut raccourcir les vacances scolaires c'est un serpent de mer mais en tous les cas il a été remis au goût du jour par le Président lui-même et qui demande évidemment au ministre de l'Education Nationale mais pas que parce qu'il y a des conséquences économiques de réfléchir sur la question qu'est-ce que vous en pensez sachant que le tourisme, l'hôtellerie, la restauration pour eux c'est un enjeu très important et il préfère que ça soit étalé les vacances scolaires

1:05
Olivia Grégoire

Alors c'est extrêmement frais ça fait quelques heures, c'est une idée que le Président a posée sur la table d'abord et avant tout parce que c'est un sujet en matière d'égalité des chances ça dépend de là où vous grandissez, ça dépend du pouvoir d'achat de votre famille, il y a beaucoup de nos enfants qui n'ont pas la chance de partir en vacances alors que d'autres plus aisés peuvent partir en vacances.

J'en profite pour glisser parce que c'est un sujet auquel je tiens que j'ai d'ailleurs augmenté de 40% le budget du tourisme social l'Agence Nationale des Chèques Vacances pour que nos plus jeunes même si les parents ne peuvent pas les emmener puissent partir en colline de vacances comme on avait fait les vacances apprenantes donc on a considérablement augmenté les budgets ce qu'a proposé le Président de la République c'est effectivement qu'on réfléchisse à cette durée de deux mois qui est parfois une souffrance pour des enfants qui ne partent pas, qui s'ennuient et qui ne changent pas de lieu d'abord et avant tout le ministre de l'Education Nationale va expertiser cette idée, discuter avec les syndicats et moi je ferai de même évidemment dans le cadre de la coordination par la Première Ministre.

J'aurai dès la fin de l'été, dès la rentrée, des échanges avec des acteurs que vous connaissez qui représentent l'hôtellerie, la restauration GHR, l'UMI mais aussi l'hôtellerie de plein air pour voir ce qu'ils en pensent. Il y a deux choses qu'il faut avoir en tête sur le tourisme. Le tourisme français se porte très bien. 73% de nos compatriotes ont l'intention de partir et 73% de nos compatriotes ont l'intention de partir en France. Jamais on a eu autant de recettes 58 milliards d'euros grâce aux touristes internationaux l'an passé. Donc le tourisme français se porte très bien est-ce que ça chamboule tout pour le dire simplement de revoir une dizaine ou une quinzaine de jours de vacances ?

Peut-être pas parce que ce qui compte c'est qu'il y a des vacances scolaires à d'autres moments, il y a les vacances de Pâques qui a la Toussaint et donc ce sont autant de recettes pour les acteurs du tourisme. Donc ce sera une discussion qu'on aura très certainement dès la rentrée, main dans la main avec les organisations professionnelles pour entendre leur avis et voir si la perspective paraît possible. Est-ce qu'on a trop de vacances en France ?

3:06
Présentateur

On a pas mal de vacances. Oui, vous osiez dire trop de vacances ?

3:09
Olivia Grégoire

Non, non, parce que c'est pas parce que par exemple moi j'ai choisi de faire ce que je fais et que j'en ai très peu voire pas que j'estime que les autres en ont trop. On a une belle productivité en France. Ce qui compte c'est qu'on travaille peut-être moins, on va travailler un peu plus avec la réforme des retraites qu'on a eu le courage de porter mais on travaille bien et on produit pas mal. Notre productivité se maintient. Donc j'aurais pas moi d'avis ou de point de vue trop tranché. Ce qui m'inquiète, je veux dire notamment depuis que je suis maman, c'est effectivement de me rendre compte qu'il y a beaucoup d'enfants qui ne partent pas et qu'on doit se poser la question.

Peut-être vous-même vous vous en rappelez, moi je m'en rappelle, à la fin du mois d'août je m'ennuyais et on est nombreux à avoir eu ce sentiment et parfois avoir eu envie que l'école reprenne plus vite. Ça me semble être une idée qui mérite d'être expertisée rapidement.

3:52
Présentateur

Moi j'adorais les vacances, j'adore toujours les vacances et j'adorais l'école aussi. Moi je ne partais pas les deux mois

3:56
Olivia Grégoire

et donc à la fin de l'été, j'étais impatiente d'aller acheter mon cahier de texte comme on disait à l'époque, mon cahier, mes crayons et son cartable.

4:04
Présentateur

Top départ des soldes aujourd'hui, j'ai envie de dire, ça intéresse qui encore ? Ça vous intéresse encore ? Top départ des soldes ? Moi ça m'intéresse encore. Parce qu'on a l'impression qu'il y a des soldes tout le temps. Oui, mais l'un n'empêche pas l'autre.

4:14
Olivia Grégoire

Donc les soldes permanentes. On en parlera avec la crise de l'habillement. L'un n'empêche pas l'autre. Vous avez des sites, notamment des plateformes françaises connues, compétitives, efficaces, qui proposent des promotions toute l'année. Ça n'empêche pas en province, dans certaines rues piétonnes, que vous ayez repéré telle veste, telle paire de chaussures chez votre commerçant de proximité et que vous y alliez plutôt pendant les sols. Donc déjà je n'oppose pas les deux. Ce n'est pas parce que vous avez des promotions parfois toute l'année que le moment des promotions est délaissé. Les soldes viennent de commencer. Il faut quand même se rappeler que ça fait moins de cinq ans.

C'est la loi Pacte qui a apporté l'évolution des soldes. À partir du dernier mercredi de juin, pour quatre semaines, dans la loi Pacte, qu'on a votée en 2019. La valse des étiquettes pendant les soldes, c'est bien. La valse des lois, des décrets ou des propositions sur ces sujets, ça me semble moins bien. Et en plus, je vais vous dire quelque chose. On a ouvert le Conseil National du Commerce. Vous le savez, j'étais venu en parler ici. Au moment où on se parle, au Conseil National du Commerce, les loyers, l'inflation, la mobilité, les zones à faible émission, voilà les sujets qui préoccupent les commerçants.

Si au sein du Conseil National du Commerce, les organisations professionnelles veulent faire des propositions, je pense aux acteurs du commerce de proximité, ils le savent, ma portée est ouverte et je suis prête à en discuter avec eux.

5:27
Présentateur

Et vous les attendez ?

5:28
Olivia Grégoire

Vous les attendez toujours ? J'attends toujours des propositions. Vous n'avez pas de propositions ? Vous n'avez pas de propositions ? Ce qui signifie que ce n'est pas la priorité aujourd'hui des commerçants de proximité qui trouvent quand même, pour la plupart, que pendant les soldes, ils arrivent aussi à écouler une partie du stock qui est une grosse problématique dans le secteur de l'habillement, notamment pour les petits commerces. Et donc, je pense que certains commerçants, ils trouvent encore leur intérêt. On verra les résultats fin juillet. Et je n'ai aucun tabou sur l'idée d'en reparler au Conseil National du Commerce. Ce n'est pas un impératif porté par les acteurs.

Mais c'est à eux de vous faire des propositions. Ou de dire, il y a un problème. Auquel cas, on bougera. Mais pour l'instant, ce n'est pas ce qui me remonte très fortement.

6:00
Présentateur

Il n'y en a pas. Vous parlez de l'habillement. Effectivement, il y a des faillites en série. On a encore appris aujourd'hui, effectivement, après Camayu, Kouka et Gap, qui a, aujourd'hui, c'est du pareil au même, et Sergent-Major, qui vont déposer leur bilan, qui sont en situation dramatique. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Alors, paradoxalement, on n'a jamais acheté autant de vêtements. Je crois qu'il y a eu 3 milliards de pièces qui ont été achetées en 2022. Tous les records sont battus. Vous voyez, c'est un côté un peu paradoxal. Comment vous l'expliquez ?

6:26
Olivia Grégoire

C'est parfaitement paradoxal. Moi, ce qui m'intéresse aussi, avant de dire comment on s'en sort, parce que je ne suis quelque part que ministre, et je ne suis ni une banque, ni un fonds d'investissement, et l'État n'a pas vocation, heureusement, à interférer dans toutes les relations commerciales. Non, mais heureusement, il faut quand même le redire. Quand on voit toutes ces marques qui s'effondrent,

6:45
Présentateur

quand même, ça peut vous interpeller en tant que ministre.

6:47
Olivia Grégoire

D'abord, ça m'interpelle en tant que consommatrice. Ce sont des marques en plus fortes que les Français apprécient. Donc, bien sûr. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Moi, déjà, avant de dire devant, déjà, arrêtons-nous en arrêt sur image. Qu'est-ce qu'il y a derrière cette crise de l'habillement ? Bien sûr, conjoncturellement, il y a l'inflation, il y a les prix de l'énergie, mais il y a aussi des mutations de la consommation, des changements dans le comportement du consommateur que je ne dirige pas, et là aussi, tant mieux. Et on le voit tous dans nos façons de faire, et notamment chez les plus jeunes.

Il y a parfois des paradoxes chez notre jeunesse qui défend le climat et qui va acheter en ligne sur des plateformes étrangères qui n'ont pas des pratiques sociales ou environnementales très recommandables. Et cette jeunesse, quand on les interroge, ils savent très bien qu'ils sont en plein paradoxe, d'ailleurs, et ils en sont conscients. Aujourd'hui, j'ai quand même deux choses à partager sur le secteur de l'habillement, parce qu'effectivement, je suis préoccupée par cette crise et je recevais encore des acteurs importants de l'habillement. D'abord, j'ai quand même à cœur de dire qu'il y a aussi toujours quand même des marques qui s'en sortent bien. OK ?

Toutes nos marques d'habillement ne sont pas en train de vaciller. Non, mais il y en a pas mal. Certaines gagnent des parts de marché et j'en ai un certain nombre en tête. Deux, il y a quand même une réalité, c'est que l'habillement, vit ce qu'on appelle une crise de surcapacité. Certaines enseignes que vous avez citées, l'une d'entre elles, par exemple, avaient plus de 600 magasins dans notre pays, avec des magasins, parfois deux magasins dans la même rue piétonne.

Quand vous avez une concurrence féroce en ligne, plus une tendance profonde avec la seconde main, qui est une vraie tendance de fond, il est vrai qu'il y a aujourd'hui un choc de réalité dans le secteur de l'habillement, une crise de surcapacité qui impose deux choses aux acteurs. Et c'est d'ailleurs ce que les bons acteurs font. Un, s'engager sur le chemin de la seconde main. Deux, personnaliser beaucoup plus les approches. Il y a des grands acteurs de l'habillement français qui travaillent là-dessus et les produits, personnalisés au maximum. Et trois, renforcer la stratégie digitale. Vous avez souvent des acteurs du digital ici, ils le disent bien mieux que moi.

Le digital, ce n'est pas mettre son stock physique en ligne. Ce sont des stratégies, ce sont des créations spécifiques et il faut investir ces terrains-là.

8:52
Présentateur

Juste pour rebondir sur ce que vous disiez à l'instant sur cette fast fashion, notamment comme la plateforme pour ne pas la citer Shine qui a un grand succès auprès des adolescents parce que c'est vrai que ça ne coûte pas cher, il y a plein de choses. Il faut limiter un peu l'impact de cette fast fashion.

9:09
Olivia Grégoire

C'est l'avantage ou l'inconvénient d'être ministre. Avant de prendre une décision, il faut être éclairé. Je ne commenterai pas être vice-chevrillon parce qu'au moment où nous nous parlons, des enquêtes de certains services sont en cours et que je n'ai pas à commenter, mais comptez sur moi pour commenter quand j'aurai les résultats.

9:27
Présentateur

Il y a déjà une information et des enquêtes sont en cours.

9:29
Olivia Grégoire

Nous observons les pratiques de consommation, les pratiques trompeuses en matière de promotion et les pratiques commerciales en général d'un certain nombre

9:37
Présentateur

d'acteurs en ligne. On va rester justement sur la question des prix, sur les prises alimentaires. Tiens, on attend demain l'INSEE qui va donner son chiffre. A votre avis, est-ce que le pic d'inflation dans l'inflation alimentaire, est-ce qu'il est atteint ou pas ?

9:50
Olivia Grégoire

C'est drôle parce que j'essaye quand même depuis six mois d'éviter et les pintones, rouge, orange, vert, et les prédictions parce que je ne suis pas très talentueuse en termes de prédictions. Enfin, vous avez des services derrière. C'est juste pour avoir une application. Il se passe beaucoup de choses et ici, on est quand même sur un plateau d'économie. Il y a des prix qui baissent, des cours qui chutent, il y a des cours qui se maintiennent voire qui augmentent. J'entends beaucoup de généralités et pas mal de caricatures sur un sujet qui demande quand même un peu plus de précision. Ce qu'il y a de sûr, déjà, un Edwige Chevrillon, c'est que ça a arrêté de monter.

Je parle de l'inflation alimentaire mais ce n'est pas là pour l'inflation lissée au global aussi. L'inflation alimentaire, elle était à 15,8% en avril. Elle est à 14,9% en mai. Ce que je peux vous dire, c'est que je pense que nous serons en juin encore en baisse, plus bas que 14,9%. Et je pense aussi et j'en suis même sûr que nous aurons à partir du 1er juillet des baisses de prix visibles dans les supermarchés sur un certain nombre de références.

Vous le savez, nous avons appelé avec Bruno Le Maire en plus du panier anti-inflation que j'ai porté et qui va être prolongé pour certains jusqu'à la fin de l'année, panier anti-inflation dont on mesure toujours une baisse moyenne d'environ 13% sur les produits du panier au mois de juin. Donc cette baisse, elle est là. En parallèle, on a demandé aux industriels depuis 2-3 semaines, je vais réagir sur ce qu'on dit ce matin les acteurs de la grande distribution. Mais moi, je ne suis pas partie prenante. Moi, je ne suis ni distributeur. Non, mais en même temps, vous l'avez mis la pression. On est d'accord. Vous êtes un midi et président. On a mis la pression à tout le monde.

Janvier, février, mars, on a mis la pression aux distributeurs et je sais de quoi je parle parce que je l'ai mise. Les industriels, on leur a mis la pression ensuite pour que les prix baissent. Oui, mais où sont les résultats ? Mais en fait, surtout pas vous, on ne négocie pas 75 des plus gros acteurs de l'industrie agroalimentaire sur des centaines de références auprès de dizaines d'industriels comme on fait un TikTok ou un tweet. Non, mais depuis le mois de mars, on est ennuyé quel jour, on est face à quoi ? Non, on n'a pas demandé au mois de mars aux industriels de renégocier. On a demandé il y a moins d'un mois

12:01
Présentateur

aux industriels de renégocier avec l'industrie. Oui, mais attends quand même, je reprends la déclaration ce matin puisque vous l'avez citée sans le citer de Dominique Schellcher, le patron de Systémis, c'est une confrère de Radio Classique qui dit en fait, ce ne sont pas des négociations, ce sont des promotions puisqu'on parle du solde tout à l'heure là. Ce sont des promotions, ce ne sont pas des négociations. Donc là, et pour l'instant, on n'a rien en termes de négociations, sur des négociations commerciales. Et donc ? Et donc, il appelle encore une fois à des négociations commerciales et il dit les industriels ne jouent pas le jeu. Alors,

12:30
Olivia Grégoire

il ne vous a pas échappé depuis quelques mois. Les jours pairs, c'est la faute des industriels, les jours impairs, c'est la faute des distributeurs. Moi, je ne suis pas là pour donner des points. Moi, je suis là pour garder les tickets de caisse. Est-ce que sincèrement, quand vous achetez un yaourt comme on les voit derrière vous, est-ce qu'en tant que consommatrice, vous vous dites cette baisse de prix est-elle issue des renégociations commerciales demandées par le gouvernement ou d'une remise sur facture réalisée par les industriels aux distributeurs ? Est-ce que vous vous êtes déjà posé cette question ? Jamais. Non, mais en même temps,

12:59
Présentateur

nous, on a le droit aussi de juger votre action. Est-ce qu'elle est efficace ?

13:03
Olivia Grégoire

J'entends ce que dit Dominique Schellcher. D'abord, moi, je ne juge pas la fin d'un match quand le match n'est pas terminé. On n'a pas terminé les renégociations autour des 75 industriels. Mon cabinet, mes services reçoivent tous les jours des listes de prix de l'industrie agroalimentaire. La semaine prochaine, nous prendrons la parole avec Bruno Le Maire pour dire très précisément sur des centaines de références où et quand ça va baisser. Mais de grâce, surtout ici, ne confondons pas un sujet qui est un sujet inter-entreprise où il y en a un qui dit tu me fais une remise sur facture, tu ne me fais pas une renégociation. Moi, je cherche quoi ?

Je cherche à ce que dès la mi-juillet, dès le début juillet, sur le ticket de caisse, il y ait des baisses. Que ce soit des remises sur facture, que ce soit de la renégociation, les Français, comme moi, la ministre de la Consommation, aujourd'hui, ça n'est pas l'urgence. Donc, j'entends ce que dit Dominique Schellcher, mais c'est un raisonnement d'inter-entreprise. Moi, j'ai à défendre le pouvoir d'achat du consommateur.

14:00
Présentateur

Et puis la réponse, donc, ça sera quel jour la semaine prochaine ?

14:04
Olivia Grégoire

Je ne sais pas, figurez-vous que je rejoins Bruno Le Maire juste après le plateau et je ne manquerai pas de vous dire quand, ce sera au courant de la semaine prochaine. Mais, nous n'avons pas démérité ni manqué d'efforts pour dire aux industriels de l'agroalimentaire, comme nous l'avions dit aux distributeurs, de prendre leurs responsabilités. J'étais encore avec eux la semaine dernière. Des centaines de références vont voir leur prix baisser. Et je voudrais ajouter une chose.

14:27
Présentateur

Rapidement, parce que j'ai mon avis sur vos postes. Oui, mais vous savez,

14:30
Olivia Grégoire

il y a beaucoup de gens qui papotent de ce sujet et qui manquent de choses précises. Il y a un institut qui est très reconnu en consommation qui s'appelle Nielsen. Un tiers des catégories de produits de grande consommation ont vu leur prix baisser entre la dernière semaine de mai et la première semaine de juin.

14:46
Présentateur

Moi, je commande ça.

14:47
Olivia Grégoire

Ce sont des chiffres étayés.

14:48
Présentateur

Vous avez vu ce qui s'est passé en Espagne ? Oui. Il y avait une suppression de la TVA sur les produits de première nécessité. C'est une bonne idée, ça, non ?

14:57
Olivia Grégoire

Déjà, c'est une idée coûteuse. Il y a des bonnes idées coûteuses. Mais je ne vous cache pas que dans notre situation actuelle, ce n'est pas... Pareil, une idée à 10 milliards d'euros où l'inflation alimentaire espagnole demeure peu ou prou au même niveau qu'en France alors que ça a coûté des dizaines de milliards. 3 milliards d'euros. Oui, mais... Et c'est prolongé. Et pourquoi c'est prolongé, Edvi-Chevrillon ? Parce que l'inflation ne baisse pas. Pas du tout. Parce qu'il y a des élections législatives et que c'est très bien pour faire voter les gens.

15:25
Présentateur

Il y a des élections aussi chez nous. Pas législatives. Non, ça, ça m'a pas échappé. Non, mais voilà. Olivia Grégoire, donc, hors de question

15:32
Olivia Grégoire

d'avoir cette piste-là. Hors de question. Et prenez l'Allemagne. L'Allemagne se bat très bien en inflation alimentaire. L'inflation alimentaire baisse. Est-ce que l'Allemagne a touché à la TVA ?

15:40
Présentateur

Un mot rapide, un mot rapide puisque vous en sortez qui a été adopté. Le plafonnement sur les loyers commerciaux.

15:47
Olivia Grégoire

Et du parc social. Les deux.

15:49
Présentateur

Et quoi ? Combien ? Quoi ?

15:52
Olivia Grégoire

L'an passé, nous avions voté dans le paquet pouvoir d'achat le fait que le plafonnement de ce qu'on appelle l'ISLC, indice des loyers commerciaux, qu'on le caperait au maximum à 3,5%. Il y a 430 000 commerces de proximité chez nous dont dans l'habillement qui en souffre. Et donc, nous venons de re-voter et je veux remercier Thomas Cazenave, le député qui a porté cette proposition de loi contre l'avis des sénateurs, contre l'avis des nups parce qu'il faut dire les choses, le fait que nous allons prolonger le plafonnement des loyers commerciaux et des loyers du parc social à 3,5% maximum d'augmentation.

Si nous n'avions rien fait, l'INSEE a sorti les chiffres il y a quelques jours, c'est 6,69% d'augmentation que nos commerçants auraient eu à supporter. Ça vient d'être voté. Merci aux députés.

16:43
Présentateur

À propos de députés, partage de la valeur, le texte qui est issu justement de l'accord qui avait été signé entre les partenaires sociaux est en discussion à l'Assemblée nationale. Il y a tout un débat pour savoir est-ce que partage de la valeur, intéressement, participation, voire prême Macron, est-ce que ça doit remplacer, ça va remplacer les hausses des salaires ? Et il y a beaucoup d'inquiétudes sur ce plan-là, inquiétudes qu'on peut comprendre lorsqu'on écoute certains chefs d'entreprise ici présents sur le plateau de BFM Business.

17:13
Olivia Grégoire

Alors, deux choses. D'abord, l'année qu'on vient de passer démontre que nous, Edwige Chevrion, des hausses de salaires en moyenne, moi je parle de l'écosystème dont j'ai la charge dans les PME, c'est entre 4 et 5% d'augmentation de salaire qui ont été négociés au NAO aux négociations de septembre dernier. Bon, donc les salaires ont augmenté dans la plupart des PME. Et en même temps, c'est aussi dans les PME que vous avez eu le plus de primes Macron, la prime partage de la valeur. Et en plus, la prime Macron dans ses entreprises, elle a souvent dépassé 1000 euros, c'est-à-dire plus que dans les grands groupes.

Donc ce que je viens de vous dire, c'est qu'on peut et avoir vu une augmentation des salaires et avoir des primes. Bon, l'un n'empêche pas l'autre. Deux, je vais revenir un peu en arrière, mais quelle est cette société, et c'est un combat que je mène notamment au Parlement contre l'extrême gauche, quelle est cette société où il n'y a que le salaire qui compte ? On a tous grandi, en tout cas, j'en connais beaucoup, avec des parents qui avaient ce qu'on appelait à l'époque infixe et qui avaient parfois des primes ou du variable.

18:14
Présentateur

Le salaire, c'est quand même tout ce qui tombe chaque mois. Ça ne m'a pas échappé.

18:20
Olivia Grégoire

Dans des métiers comme VRP, moi j'avais une mère qui était indépendante et VRP, le salaire permettait de payer ce qu'on appelle les dépenses contraintes, le loyer, l'assurance de la voiture, mais les vacances, les petits plaisirs, heureusement, il y avait des primes. Je pose juste une question, depuis quand c'est mal les primes ? Je demande ça à l'extrême gauche. C'est juste que le salaire, c'est bien aussi. Mais l'un n'empêche pas l'autre. Voilà, on a compris. Ça fait 4 ans que j'appelle ce débat. 4 ans, parce que j'ai porté une proposition de loi juste avant d'être ministre, en 2020. Ça fait 4 ans que je travaille sur ce sujet, 4 ans que j'y crois.

Est-ce que vous avez une idée de ce que représente l'épargne salariale en moyenne par an pour les Français qui en reçoivent ? Pour des millions d'actifs ?

19:01
Présentateur

Ça dépend si vous êtes

19:01
Olivia Grégoire

dans un grand groupe

19:02
Présentateur

ou dans une PME.

19:03
Olivia Grégoire

C'est une moyenne.

19:04
Présentateur

en moyenne. Je ne sais pas ce que veut dire la moyenne. La moyenne, c'est mon prenez.

19:08
Olivia Grégoire

Toute la participation, tout l'intéressement et tout l'actionnariat salarié. Vous savez combien ça représente ? Ça représente 2440 euros par salarié. C'est un 13e mois. Bien sûr, vu comme ça, mais c'est plutôt dans les grandes entreprises. Mais qu'est-ce qu'on fait justement ? On ne peut pas ouvrir la porte et ne pas me laisser dire que justement, ce qu'on fait, c'est enfin faire descendre le partage dans les petites.

19:27
Présentateur

Absolument, tout à fait.

19:28
Olivia Grégoire

En comprenant que les petites doivent avoir le choix des outils. On ne peut pas imposer à une toute petite participation ou intéressement. On doit imposer. Vous choisissez le dispositif que vous voulez. Ce qu'il faut, c'est que vos salariés aient plus de pouvoir d'achat.

19:41
Présentateur

Alors, encore deux questions et nous en 4 minutes. C'est pour vous dire que délai de paiement, vous voulez accentuer, multiplier les nez-mains-de-champs. Parce que bizarrement, c'est les PME justement, on vous en parlait un instant, les PME qui paient mieux que les grandes entreprises. D'abord,

19:56
Olivia Grégoire

c'est complètement... L'observatoire des délais de paiement est installé depuis des années. Et là, tout le monde se félicitait de voir qu'il diminuait un peu ces délais de paiement. Moi, je ne suis pas satisfaite pour le dire simplement et en moins de deux minutes. Les délais de paiement en moyenne d'une PME, c'est 47 jours. Normalement, c'est une trentaine de jours, vous le savez. 47 jours. C'est combien pour les grands groupes ? C'est 70 jours. Donc, on a des PME qui représentent 99% de nos entreprises quand même, qui sont les premières à payer et les dernières à l'être. Moi, je ne peux pas me satisfaire de ça.

Donc, effectivement, nous avons décidé et nous le ferons avec Bruno Le Maire et avec l'ensemble des ministres de Bercy. Quand la direction de la répression des fraudes observe que des délais de paiement sont iniques, il y a une communication de la DGCCRF. Mais jusque-là, elle n'était pas reprise, pas amplifiée. Je ne me gênerai pas pour citer publiquement les grands groupes qui font de la trésor, comme on dit très simplement, sur le dos des PME. Vous savez pour combien il y en a de trésorerie ? 12 milliards d'euros. Quand on me dit que la trésorerie des PME est tendue, voilà une des sources. 12 milliards d'euros,

20:56
Présentateur

c'est plus que le budget du ministère de l'Agence. Justement, la situation est quand même compliquée lorsqu'on est chef d'entreprise d'une PME, de PMI, aussi sans doute des grands groupes. Je voudrais qu'on parle, parce que c'est un sujet qui vous est cher, Olivier Grégoire, pour conclure, la santé mentale des chefs d'entreprise. Qu'est-ce que vous pouvez

21:12
Olivia Grégoire

faire pour eux ? Merci déjà de me permettre d'en dire un mot. Je trouve en un mot que ça fait des décennies que je trouve que c'est un sujet tabou. On en parle très peu. Et pourquoi tout d'un coup vous y pensez ? C'est parce que j'ai la chance d'être ministre et que j'ai la chance de pouvoir étayer une feuille de route et de travailler aussi des sujets qui m'importent. Je pense que ce qu'ont vécu les chefs d'entreprise et notamment des petites ces 3-4 dernières années du Covid, de l'inflation, est extrêmement difficile. On parle beaucoup de leur résilience. Et moi, j'ai à cœur aussi de m'inquiéter de leur santé.

Vous savez, les entrepreneurs que vous recevez, leur entreprise, c'est leur bébé, ils y donnent leur vie, ils mettent tout un stress. Et je trouve qu'on ne s'intéresse pas du tout au sujet de la santé mentale et psychologique des dirigeants. Il y a deux formidables associations à PESA, à Maroc, qui travaillent main dans la main dans ce pays. D'ailleurs, j'en profite pour dire à ceux qui nous écoutent et qui n'ont pas le moral qu'il y a un site qui s'appelle leportaildurebond.fr où des femmes et des hommes sont là pour vous accompagner, pour vous aider aussi à vous décharger. J'aimerais travailler dès la rentrée prochaine avec ces spécialistes de la santé au travail sur les dirigeants de PME.

Et pour que ça débrouille sur quoi ? Déjà qu'ils se posent la question, Edwin Chevrillon. Parce qu'ils ne se posent pas la question. Je n'ai pas le temps d'être malade. N'est-ce pas une phrase que vous avez déjà entendue d'un patron de PME ? Et on arrive à des drames. Donc déjà, si on arrivait à ritualiser le fait qu'il fasse un diagnostic pour savoir comment lui y va au moins une fois par an et qu'ensuite on les accompagne plus, j'aimerais faire des propositions et plus les accompagner parce qu'on parle beaucoup d'inflation, de chiffre d'affaires mais pas assez de leur santé.

22:42
Présentateur

Ça veut dire que vous allez... Je cherche à voir ça peut être quoi ? Ça peut être un texte ? Ça peut être une... Non, pas forcément.

22:49
Olivia Grégoire

Ça peut être du réglementaire. Ça peut être le fait que l'État décide d'engager peut-être un peu de budget pour qu'on diffuse beaucoup plus le diagnostic, faire un premier diagnostic. Vous savez, quand on a un problème, d'abord, il faut installer la question. Est-ce que tu as un problème ? Je pense qu'il y a des choses à faire là-dessus. Peut-être qu'il faut qu'on soutienne un peu plus les femmes et les hommes du rebond. Je pense que c'est un vrai sujet politique au-delà d'être un sujet économique. On n'a pas le droit à l'échec dans ce pays. C'est quelque chose qui est très mal considéré. Je pense que c'est un vrai sujet de société. Je pense que les patrons de PME ont des choses à dire.

Donc, je vais lancer une réflexion et porter des actions dans les mois qui viennent en écoutant aussi les spécialistes, spécialistes que je ne suis pas sur ce sujet.

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Présentateur

Feuille de route donc chargée, on l'a compris, Olivier Grégoire, mais vous attendez aussi les propositions des acteurs de la distribution, du tourisme. Donc, la balle est aussi dans leur camp. Merci d'être venue ici, Olivier Grégoire, donc la ministre en charge des PME, du commerce, l'artisanat et du tourisme. Voilà, c'est la fin de cette grande interview. Évidemment, pour ceux qui nous regardent la télévision, un petit QR code qui s'affiche, vous pouvez la réécouter et la regarder. Sinon, sur le site de BFM Business, on replay tout de suite comme tous les soirs. C'est Tech & Co. François Sorel. Bonne soirée.

Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des PME, du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme – 28/06 — Olivia Grégoire · Pourquijevote