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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 15 avril 2022 59 min

Présidentielle 2022 : ce qu'il faut retenir du "Matin présidentiel" d'Emmanuel Macron sur franceinfo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Élysée 2022, les matins présidentiels, Salia Braclia, Marc Covell. Bonjour Emmanuel Macron. Bonjour. Nous sommes ensemble pendant une heure pour un rendez-vous qui sera en trois temps. On va d'abord vous interroger avec Salia sur votre projet et votre campagne également.

0:14
Invité

Ensuite, grâce à notre partenaire Combini, le média de la jeunesse, ce sont trois jeunes femmes qui seront face à vous. Lucie, Sarah et Jeanne, elles viennent vous parler des sujets qui les touchent, la laïcité, le handicap et les violences faites aux femmes.

0:27
Présentateur

Et puis à partir de 9h, vous répondrez aux questions des auditeurs et des téléspectateurs de France Info. 0809 40 41 42, pris d'un appel local. La jeunesse, justement, tout d'abord Emmanuel Macron. Vous savez que plusieurs établissements sont bloqués par des étudiants à Paris, en région. Ils protestent contre l'affiche du second tour. Ils disent qu'ils refusent de choisir entre Marine Le Pen et vous, que c'est la même chose finalement. Que leur répondez-vous ?

0:51
Emmanuel Macron

Je le conteste fortement. D'abord, on reviendra sur les questions de la jeunesse plus largement. Là, en effet, on parle de quelques mouvements. Je pense que la démocratie, elle est faite de règles. Et donc chacun se porte sur le projet dont il est le plus proche au premier tour. Et les deux projets qui arrivent en tête, il faut choisir ensuite au second. Si on se met à contester toutes les règles, ça devient l'anarchie. Et donc je pense que si on veut construire un monde meilleur, il faut choisir aussi le projet dont on est le plus proche. La pureté n'existe pas. On reviendra aussi peut-être sur ce sujet, moi, qui me semble fondamental dans nos démocraties.

C'est-à-dire qu'il faut accepter de choisir pour quelque chose qui n'est peut-être pas totalement ce qu'on pense, mais qui s'en rapproche le plus. Ensuite, je conteste le fait que l'extrême droite serait la même chose qu'à la fois la politique que nous avons menée ces cinq dernières années et que j'ai pu porter, et surtout le projet que je défends. Je crois que je suis... Enfin, je ne crois pas. Je revendique d'être dans le champ républicain, d'avoir une politique... Ce qui n'est pas le cas pour vous de votre concurrente ? Je crois que l'extrême droite, à plusieurs reprises, a contesté certaines valeurs fondamentales.

Et quand j'entends ce qui a pu être dit par la candidate d'extrême droite sur la manière de réformer la Constitution, sur le retour sur l'abolition de la peine de mort, sur le rapport aux journalistes et leurs récusations, etc., etc., je pense que nous sommes en effet dans une autre catégorie.

2:13
Invité

Emmanuel Macron, au lendemain du premier tour, vous avez dit que vous étiez prêt à compléter votre programme, notamment sur l'écologie. Depuis, on n'a rien vu. Est-ce que vous pouvez nous donner une mesure, une nouvelle mesure que vous êtes prêt à ajouter à votre projet ?

2:25
Emmanuel Macron

Je l'ai dit d'ores et déjà sur la méthode de planification écologique.

2:29
Invité

Ce n'est pas nouveau, ça.

2:30
Emmanuel Macron

Oui, mais c'est une méthode structurante qui me paraît tout à fait bonne. La deuxième chose, j'y reviendrai demain à Marseille, mais sur les sujets de qualité de l'eau, et qualité de l'air, qui étaient dans plusieurs autres projets, je pense qu'on peut aller plus loin en s'inspirant en effet de plusieurs propositions faites par d'autres candidats.

2:46
Présentateur

Donc vous allez reprendre des propositions de Yannick Jadot, de Jean-Luc Mélenchon, pour les citer ?

2:50
Emmanuel Macron

C'est une respiration, c'est ce que j'évoquais tout à l'heure. C'est normal, démocratiquement. D'abord, de ne pas perdre la cohérence du projet qu'on a défendu. Il y a plusieurs millions de nos compatriotes qui se sont portés sur le projet que je défendais. Je ne vais pas leur dire le lendemain du premier tour, il n'existe plus. Non, je le défends et je ne le réduis pas. Par contre, le compléter par d'autres projets, d'autres propositions de candidates et candidats qui ont pu appeler à me rejoindre, je pense que c'est légitime et que c'est une bonne respiration démocratique. Donc on attend jusqu'à demain, jusqu'au miti de Marseille, pour en savoir plus.

3:21
Présentateur

Sur les retraites, on a compris que vous souhaitiez amender votre projet, Emmanuel Macron. Vous étiez pour un passage progressif à la retraite à 65 ans d'ici 10 ans. Maintenant, vous dites 64 ans à la fin du quinquennat, c'est-à-dire en 2027. Et on en reparlera à ce moment-là pour voir comment va le système.

3:35
Emmanuel Macron

En fait, je ne change pas le rythme. C'est important, sinon je ne peux pas financer, parce qu'il faut du sérieux, les progrès sociaux que je veux faire pour nos retraités, pour la dépendance, pour tout ce qu'il y a dans mon projet. Par contre, ce que je dis, c'est d'abord, j'ai précisé que ce n'était pas 65 ans tout de suite, mais c'est 4 mois de plus chaque année. La deuxième chose, c'est que, j'ai dit, ayons une clause de rendez-vous en 2028.

4:00
Présentateur

En revanche, il y a un point qui ne nous a pas semblé clair avec Salia en préparant cet entretien, c'est l'âge du départ à taux plein. C'est un âge important. Aujourd'hui, c'est 67 ans, c'est celui où on touche sa retraite à taux plein, sans décote. Même si on n'a pas eu tous ses trimestres pendant toute sa vie, ça intéresse des millions et des millions de personnes. Aujourd'hui, c'est 67. Demain, ce sera quoi ? 68, 69, 70 ?

4:20
Emmanuel Macron

Non. Alors, l'âge d'annulation de la décote dans le projet que je porte ne se décalera pas. Vous n'y touchez pas ? Non. Ça reste le même ? C'est très important, c'est aussi pour ça, merci de me permettre d'ailleurs de le préciser, que je dis que pour partie, on corrige aussi une forme d'inégalité, parce qu'il y a des gens qui, je ne veux pas être trop compliqué, mais 62 ans, c'est l'âge légal. Vous avez à côté de ça un nombre de trimestres. On a beaucoup de gens qui vont travailler au-delà de 62 ans. C'est pour ça que pour les salariés du privé, l'âge médian de départ, il est de 63 ans et demi.

Et en effet, en particulier pour beaucoup de femmes qui ont des carrières fracturées, ils vont travailler jusqu'à 67 ans parce qu'ils n'auront pas tout leur trimestre, et ils ne les auront jamais. Mais il n'y a plus de décote à 67 ans. Cet âge ne bougera pas.

5:02
Invité

Donc les 67 ans ne bougent pas. Et pareil, même question, ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans, aujourd'hui, ils peuvent partir à 60 ans. Ça, ça va bouger ou pas ?

5:11
Emmanuel Macron

Oui, mais ça décalera, mais il y aura toujours un âge pour les carrières longues. C'est-à-dire, l'idée, c'est que cet avantage demeure. Et ce sera plus tard qu'aujourd'hui. Ce sera un peu plus tard qu'aujourd'hui, mais il y aura toujours un net avantage pour les carrières longues. Ce ne sera pas 65 ans pour les carrières longues. Par contre, ce que la réforme apporte, d'abord, il y a une progressivité, mais il y a une chose, l'âge de départ pour les personnes en situation de handicap restera 55 ans pour celles et ceux qui peuvent travailler. Et il y a une chose, donc ça, ça ne bougera pas.

Il y a une chose qui est importante, c'est qu'on va réintégrer des éléments, mais beaucoup plus précis, sur la pénibilité, les métiers, les tâches les plus difficiles qui permettront d'avoir des bonus et de partir plus tôt.

5:51
Invité

Sur le montant des pensions, vous promettez de les réindexer, contrairement à ce qui a été fait pendant le quinquennat sur l'inflation.

5:57
Emmanuel Macron

Non, elles ont été réindexées depuis 2019.

5:59
Invité

Elles étaient sous-indexées ?

6:00
Emmanuel Macron

Non, elles ont été...

6:01
Invité

Réindexées depuis 2019, mais avant non.

6:02
Emmanuel Macron

Sous les quinquennats précédents, parce que c'est quelque chose qui date depuis la crise de 2008-2010. Il y a eu une politique de désindexation pendant plusieurs années. Je les ai réindexées à partir de la troisième année du quinquennat.

6:12
Invité

Et donc là, cette fois-ci, à partir du quinquennat, dès cet été, vous promettez de les réindexer sur l'inflation. Est-ce que vous dites aux retraités aujourd'hui ? Je vous le garantis pendant les cinq ans à venir.

6:22
Emmanuel Macron

Pour les retraités d'aujourd'hui, je garantis deux choses. La première, c'est que dès cet été... Pourquoi ? Parce que là, on a une inflation qui augmente. Beaucoup plus vite que les années précédentes. Les chiffres de l'INSEE le montrent encore ce matin, s'ils sont confirmés, mais on va être autour de 4,5. Une fois que je dis ça, en France, on tient beaucoup mieux les prix que chez les voisins. On est quasiment à 10% en Espagne. On est autour des 7% en Allemagne. Nous, on tient, on est à 4,5. Mais il y a une inflation beaucoup plus forte. Donc, on ne va pas attendre le 1er janvier 2023, ce qui serait la normale. Donc, on anticipe la hausse qui était prévue au 1er janvier.

On va anticiper pour permettre de défendre le pouvoir d'achat de nos retraités, comme on le fait pour les travailleurs avec le SMIC qui est réévalué. Là, le SMIC, ça va être annoncé par l'INSEE aujourd'hui. On verra s'il confirme et le comité le dira. Mais vraisemblablement, il sera réindexé d'un peu plus de 2,5% là au 1er mai. Donc, je veux qu'on puisse augmenter les retraites pour tous nos retraités de 4%, 4,5. Ce qui veut dire que pour un retraité moyen qui est à 1 400 euros, ça fait 60 euros par mois environ.

7:23
Invité

Mais vous garantissez l'indexation de la retraite pendant tout le quinquennat ?

7:28
Emmanuel Macron

Premier point. Oui, parce qu'on voit bien le contexte dans lequel nous vivons. Premier point, ça je le garantis. La deuxième chose, c'est que pour tous les retraités, qui ont en particulier une carrière complète, la pension minimale est aujourd'hui de 980 euros. Et ce que je veux faire, ça fait partie des progrès qu'on finance avec la réforme. J'explique comment je le finance, c'est l'allongement. C'est 1 100 euros. Je le porte à 1 100 euros, y compris pour les retraités actuels. Donc quelqu'un qui nous écoute aujourd'hui, qui est à 990 euros, qui a eu une carrière complète, qui a travaillé toute sa vie au SMIC, et à 990 euros, je souhaite qu'on puisse le monter à 1 100 euros.

A partir de quand ? Dès cet été là aussi ? Non, à partir de la réforme de la retraite. A partir de la réforme. Il faut que la réforme soit votée pour que rétroactivement les retraités... Donc l'indexation, l'augmentation de 4%, c'est l'indexation. Ça c'est dès cet été, parce que ce sera une loi spéciale. Et le reste, une fois que la réforme est annoncée. Et les 1 100 euros dépendent de la réforme des retraités.

8:17
Présentateur

Sur les impôts, Emmanuel Macron, vous proposez que les couples en union libre puissent faire une déclaration commune, dès lors que ça leur permet évidemment de payer moins d'impôts, parce que dans certains cas, ce ne sera pas le cas. Plus besoin donc d'être mariés ou paxés pour avoir la chance de remplir une déclaration en commun. Comment le fisc vérifiera qu'on est en union libre, par exemple, et pas colocataire ?

8:35
Emmanuel Macron

Ça, ça fait partie des choses qu'on a déjà qui existent sur une partie de nos politiques sociales. Donc on sait le vérifier, c'est déclaratoire. Donc il y aura une déclaration sur l'honneur, par exemple, à signer ? Exactement. Et on sait le vérifier, parce qu'on le fait déjà sur des politiques sociales, mais cette approche fiscale, si je puis dire, du partage de brosses à dents, correspond, il faut bien le dire, aujourd'hui aussi au mode de vie. Et je pense que c'est assez légitime. C'est une modernisation de notre système. Et je pense que c'est tout à fait positif.

9:02
Invité

Une difficulté dans l'application ? Comment on fait, par exemple, pour les couples qui ne vivent pas sous le même toit ?

9:07
Emmanuel Macron

Aujourd'hui, si vous êtes un couple, et que vous partagez votre vie, vous déclarez le partagé de votre vie, et que vous avez un célibat géographique, alors vous pouvez déjà, si vous êtes paxés ou mariés, évidemment, déclarer ensemble. Ce sera la même chose pour la conjugalisation de l'hier. La même chose. Ce sera, ce que disait M. Fouvel, une déclaration sur l'honneur, et la possibilité de faire ensemble. L'idée derrière tout ça, c'est aussi que progressivement, on ait un système qui soit beaucoup plus souple, et qui permette d'accompagner dans les évolutions de la vie nos compatriotes de manière beaucoup plus adaptée.

Et donc, il y a en effet cette évolution de notre impôt sur le revenu, qui me semble, parce que ce n'est pas si compliqué à faire que ça, et ça correspond au fond à nos modes de vie.

9:48
Invité

Non, mais il y a un risque d'abus, malgré tout.

9:50
Emmanuel Macron

Il y a toujours un risque d'abus. C'est pour ça qu'il y a des contrôles, et c'est pour ça que d'ailleurs, on a aussi une capacité à réagir qui est beaucoup plus rapide, parce qu'à partir du moment où on a le prélèvement à la source, on peut corriger beaucoup plus facilement. Et les contrôles sont assez dissuasifs. Donc, honnêtement, je crois à la société de confiance, et je ne crois pas à la multiplication des abus. L'administration fiscale l'accompagnera, elle verra. Mais la deuxième chose, c'est que c'est aussi très lié à ce que je veux faire sur la partie solidarité.

Et une des réformes qui m'importe beaucoup, c'est ce qu'on appelait la solidarité à la source, c'est-à-dire aussi de permettre à toutes les personnes qui touchent des minimas ou des aides sociales, que ce soit d'ailleurs le RSA, que ce soit les allocations familiales, que ce soit les différentes aides sociales aujourd'hui, qu'elles puissent l'avoir d'une seule fois, que ce soit totalement suivi, comme on l'a fait pour le prélèvement à la source.

Et donc, ce qu'on appelle le non-recours, c'est-à-dire les économies qu'on fait sur des gens qui ont droit à des prestations, mais qui ne les demandent pas, on puisse corriger tout cela et simplifier les choses pour accompagner nos compatriotes dans, là aussi, leur changement de vie.

10:52
Présentateur

Deux questions rapides, si vous le permettez, avant de laisser la parole aux trois jeunes femmes qui vont vous interroger ensuite, Emmanuel Macron, sur la rémunération du patron de Stellantis, Carlos Tavares, 19 millions d'euros prévus pour l'année 2021. Les actionnaires ont dit non lors d'un vote en Assemblée Générale, mais ils n'ont pas le pouvoir de bloquer cette rémunération.

11:08
Emmanuel Macron

Est-ce que le chiffre vous choque ? Évidemment, je pense qu'on est tous dans la même situation. Soit on se dit « pourquoi pas moi ? » Soit on se dit « c'est inadmissible ». Et c'est choquant, c'est excessif. Et donc vous faites quoi ? Alors c'est très simple. L'État, à proprement parler, n'est pas actionnaire de l'entreprise. Il y a la Banque Publique d'Investissement qui, comme vous le dis, prévient. Qui s'est opposée également lors du vote en Assemblée Générale. En effet, n'a pas approuvé cette rémunération. Simplement, c'est la grande difficulté de tous ces sujets qui nous indignent, c'est qu'il faut l'aborder en européen.

Parce que Stellantis a son conseil d'administration et sa gouvernance aux Pays-Bas. Alors pour nous, c'est français, parce que c'est une entreprise qu'on connaît bien. Ces Peugeot, simplement, ils sont fusionnés. Maintenant, ils sont aux Pays-Bas. Et donc, ce qu'il faut faire sur ces sujets, si on veut que le monde ne devienne pas fou et que tout n'explose pas... Il y a deux choses sur lesquelles je veux insister. Un, il faut mener le combat en européen pour qu'on ait, à un moment donné, des rémunérations qui ne peuvent pas être abusives. Exactement comme on l'a fait pour lutter contre l'évasion fiscale.

12:04
Invité

Vous voulez encadrer les rémunérations des grands patrons ?

12:06
Emmanuel Macron

Je pense qu'il faut, à un moment, se donner des plafonds et avoir une gouvernance pour notre Europe qui rende les choses acceptables. Sinon, la société, à un moment donné, explose. Les gens ne peuvent pas avoir des problèmes de pouvoir d'achat, avoir la difficulté, l'angoisse dans laquelle ils vivent et voir ces sommes.

12:21
Invité

Jean-Luc Mélenchon proposait l'encadrement avec un différentiel de 1 à 20, de l'ouvrier au grand patron. C'est ce que vous pourriez reprendre ?

12:29
Emmanuel Macron

Moi, je suis sur ce sujet, pour qu'il y ait une liberté des entreprises, mais il y a deux choses. Un, je pense que là, on est sur des montants qui sont astronomiques, sans l'encadrer dans une fourchette, on doit pouvoir mettre un plafond. C'est exactement... Si on le fait au niveau européen, ça peut marcher. C'était l'antiste, ça ne marcherait pas si c'était qu'en franco-français. Et donc, ce qu'il faut qu'on puisse faire, c'est comme on l'a fait avec l'impôt minimal et la lutte contre l'évasion, qu'on convainque nos partenaires européens de porter une réforme qui permette d'encadrer, à un moment donné, la rémunération de nos dirigeants.

La deuxième chose, et ça, on peut le faire en franco-français, c'est le projet que je porte. Parce que ça fait plusieurs années que je réfléchis à ces sujets et que je crois à l'économie de marché, je crois à l'innovation, je crois au fait qu'il faut attirer les talents. Mais il y a une chose qui n'est plus acceptable, c'est quand on crée de la richesse dans une entreprise, de dire que ça ne peut aller que d'un côté, quand les choses vont bien. Et donc, je veux là-dessus complètement changer le pacte de partage de la valeur ajoutée dans l'entreprise, en disant quand on verse aux actionnaires, puisque là, le dirigeant de Stellantis, il touche des stocks options dans ce montant que vous citez.

Donc, c'est beaucoup aussi en tant que patron et actionnaire. Quand on verse aux actionnaires, on doit à ce moment-là verser aux salariés, aux travailleurs, par de l'intéressement-participation et ou par de la prime de pouvoir d'achat. Et donc, il y a un lien obligatoire qui doit se faire entre les deux. Et la deuxième chose, c'est aussi pour ça que je monte jusqu'à 6 000 euros cette prime pouvoir d'achat qui est sans charge pour l'employeur et sans fiscalité pour le salarié.

14:03
Présentateur

On aura peut-être l'occasion de revenir sur ces questions de fiscalité tout à l'heure avec les auditeurs et les téléspectateurs. Vous savez, Emmanuel Macron, qu'au premier tour de la présidentielle, ce sont les jeunes électeurs qui ont le moins voté. Alors, en partenariat avec Combini, nous avons sélectionné trois jeunes femmes qui sont face à vous et qui souhaitent chacune vous interroger.

14:18
Invité

Bonjour Lucie Carrasco, vous êtes créatrice de mode et globetroteuse. Vous vous déplacez en fauteuil roulant car vous souffrez d'une maladie génétique. Je crois que vous deviez venir en train hier, c'est ça, mais vous n'avez pas pu. Pourquoi ? Bonjour Monsieur le Président, merci pour jeunes femmes, j'apprécie beaucoup. Je vois que vous vous dites, voilà, une handicapée, ça va être chiant, elle ne va encore pas aller d'accessibilité, et c'est le cas. J'ai deux questions pour vous qui me tiennent particulièrement à cœur. La première concerne la mobilité. J'ai la chance de parcourir le monde à travers des documentaires que je fais pour France 5.

J'ai traversé les Etats-Unis, le Japon, le Brésil et plus récemment le Canada. Et j'en suis arrivée à la triste conclusion qu'il était plus facile de traverser le globe que de traverser la France pour venir vous rencontrer. On en vient à ce souci-là. Il y a 48 heures, j'ai été contactée pour venir vous rencontrer. Malheureusement, je ne rentrais pas dans les 48 heures légales pour pouvoir réserver un billet de train, malgré l'urgence, parce que j'estimais que rencontrer le Président était une urgence, visiblement pas. Et n'ayant pas eu accès au jet privé de M. Gastex, un petit peu d'humour, excusez-moi.

15:39
Présentateur

Ça s'est fait.

15:40
Invité

Du coup, j'ai pris mon plus sexy chauffeur et mon Congo aménagé, très sexy également. J'ai fait 6 heures de route pour arriver aux portes de Paris, plus les 3 heures pour rentrer dans Paris, bien sûr. Et me voilà devant vous. La question, c'est pourquoi, malgré toutes les lois qui ont été votées depuis plus de 20 ans, est-ce qu'il est toujours aussi compliqué de se déplacer en France quand on est handicapé ? Pourquoi c'est une vraie angoisse et pourquoi je ne me sens pas en sécurité lorsque je voyage, alors que des pays beaucoup moins développés que n'autres ont déjà réglé ce problème depuis longtemps ? Emmanuel Macron.

Et pourquoi je suis, excusez-moi, mieux prise en charge, par exemple, à l'aéroport d'Iguassu, au fin fond du Brésil, qu'ici à Roissy-Chante-de-Gaulle ?

16:29
Emmanuel Macron

Emmanuel Macron. Bon, merci beaucoup, à la fois pour le caractère très direct et pour le sens de l'humour. Alors, vous avez parfaitement raison, le constat est juste. Et comme vous dites, ce n'est pas une question de loi, parce que les lois sont déjà passées. Et donc maintenant, c'est une question de moyens pour accompagner.

Durant les 5 ans qui viennent de s'achever, moi j'ai surtout beaucoup travaillé pour, un, permettre d'accroître les droits des personnes en situation de handicap, mais les droits de vote pour certaines catégories qui n'étaient pas concernées par le droit de vote, pour éviter d'avoir les examens à refaire tous les 3 ou 5 ans selon les catégories, avoir les droits à vie, et permettre l'inclusion par l'école et le travail. C'est les sujets sur lesquels on a bossé. On doit finir, on y reviendra peut-être avec en particulier le sujet des auxiliaires, justement pour les accompagnants d'enfants en situation de handicap, qui est un immense sujet.

Par contre, ce qui est tout à fait vrai, c'est qu'on n'a pas été assez vite sur la question de l'accessibilité. Donc dans le projet que je veux maintenant défendre, il y a l'idée d'avoir un fonds pour accompagner, en particulier nos collectivités locales et nos grands opérateurs. Parce qu'à chaque fois qu'on leur intime l'ordre, parfois ils se font condamner par des personnes en disant « vous ne respectez pas la loi sur l'accessibilité », ils disent « mais moi je n'ai pas les moyens de le faire seul ».

Les nouveaux projets, quand vous regardez les choses, ce qui explique aussi une partie des situations que vous pouvez voir à l'étranger, quand on crée quelque chose de nouveau, c'est généralement adapté pour les personnes à mobilité réduite, les nouvelles infrastructures. Mais nos infrastructures existantes, nos vieux systèmes, on ne les a pas changées. Et on ne les a pas parce que ça coûte de l'argent et parce qu'il n'y a pas eu d'investissement fait. Donc ce que je veux pouvoir faire, c'est avec justement un fonds d'accessibilité qui sera à la main de nos préfets dans chaque département, pouvoir bouger les choses.

Le deuxième élément qu'on a commencé, mais qu'il faut pouvoir généraliser maintenant, c'est de pouvoir accompagner les personnes en situation de handicap sur l'intégralité d'un trajet. Parce que même si on fait ces changements infrastructure par infrastructure, etc., c'est ce que vous dites, c'est l'angoisse d'un trajet. Il faut qu'on réfléchisse sur ce sujet pour créer peut-être une application, en tout cas quelque chose de totalement, si je puis dire, adaptée, qui permette de donner cette visibilité et d'avoir quelque chose de beaucoup plus linéaire, qui existe dans d'autres pays beaucoup mieux. Vous avez dû le voir au Japon par exemple. Votre deuxième question, Lucie Emmanuel Macron.

18:44
Invité

Oui, je vais vous parler d'amour. Je vais me marier dans quelques mois, j'épouse l'homme de ma vie. Il est tombé amoureux de moi il y a six ans maintenant. Et ce qui a séduit, en dehors de mon charme incontestable, c'est qu'à ses yeux, je précise qu'il n'est pas handicapé, à ses yeux, je représentais une femme très indépendante malgré ma grande dépendance. Je me suis battue toute ma vie pour avoir ma indépendance sociale, affective, professionnelle. Et c'est une vraie bataille de ne pas rentrer dans les cases. Et demain, si je l'épouse concrètement, je vais devoir faire une croix sur mon allocation adulte handicapé de 900 euros. 900 euros dont, évidemment, j'ai besoin.

Ma question, que me conseillez-vous ? Est-ce que j'écoute mon cœur et je me marie ? Mais je deviens un boulet qui, en plus d'être dépendante physiquement de mon mari, je deviens dépendante financièrement ? Ou est-ce que je conserve ma dignité de femme et mon indépendance ? Le traiteur n'est pas encore booké, donc vous pouvez... Emmanuel Macron. Faites vite.

19:56
Emmanuel Macron

Non, d'abord, félicitations. Choisissez l'amour. On doit bouger sur ce point. Ce qui est très... En fait, je ne veux pas rentrer dans la technique, c'est même pas le... La discussion ne m'invite pas à le faire. Aujourd'hui, ce qui est vrai, c'est que, quelle que soit la prestation qu'on a dans le système fiscal et social et ainsi fait en France, ce qui est assez juste, c'est qu'on regarde votre situation familiale. Et donc, on regarde la capacité à contribuer du couple. Et donc, ce qui est vrai, c'est que ça crée une situation aberrante pour les personnes en situation de handicap. Donc, on va le bouger.

20:25
Présentateur

Ah, ce n'est pas dans votre programme aujourd'hui. Non, non, ça ne l'est pas. Déconjugaliser l'allocation adulte handicap. Alors, il y a plusieurs réponses. Ça, vous l'ajoutez.

20:31
Emmanuel Macron

Soit avoir un revenu qui n'est pas conditionné, justement, qui permet d'accompagner, mais qui passe au coup près aujourd'hui, qui est absurde, parce qu'il y a plein de personnes en situation de handicap qui l'ont.

20:39
Présentateur

Merci beaucoup, Lucie. Donc, vous avez la réponse. Vous pouvez vous marier. Je suis ravie.

20:44
Invité

Mariez-vous.

20:44
Présentateur

Allez-y, foncez. Bonjour, Sarah Elatar.

20:46
Invité

Bonjour.

20:47
Présentateur

Vous avez 29 ans. Vous êtes présidente de l'association Hashtag Ambition à Jeunevilliers. C'est un banlieue parisienne. C'est une association qui se donne pour mission d'encourager, d'accompagner les jeunes dans différents projets. Petit détail pour ceux qui nous écoutent à la radio, qui ne sont pas à la télé, vous portez un voile. Votre question, je crois, porte justement sur la la laïcité et sur le voile, c'est ça ?

21:04
Invité

Alors, j'ai deux questions.

21:04
Présentateur

Alors, la première.

21:09
Invité

Alors, il y a quelques jours, en campagne électorale, vous déclariez avoir une femme qui porte le voile et qui vous demande si vous êtes féministe. C'est la plus belle des réponses face à toutes les bêtises que j'entends. Parmi les bêtises que l'on a entendues, parmi les inepties, je préfère dire que l'on a entendues, vous déclariez en 2018, le voile nous insécurise parce qu'il est contraire à la civilité dans notre pays, c'est-à-dire le rapport qu'il y a entre les hommes et les femmes. Eh bien, pensez que mon choix vestimentaire dépend d'un homme. C'est d'abord insultant, infantilisant et surtout patriarcal. Comment vous croire aujourd'hui ?

Qu'avez-vous à nous dire, nous, citoyennes françaises, qui avons été encore une fois et plus que jamais fustigées ces dernières années pour un simple foulard, sans qu'aucun dirigeant ne daigne dénoncer cette injustice, pointé du doigt dans les écoles, les administrations, les entreprises lors des sorties scolaires, sur les plages, dans les piscines, dans les boutiques, au restaurant, au sein des associations, les assises citoyennes, les partis politiques sur les plateaux télé, bref, dans tout lieu de vie ? Qu'en est-il de toutes ces citoyennes françaises qui ne demandent que deux choses ? Jouir de leur liberté et avoir la paix.

22:13
Emmanuel Macron

Merci. Alors, dans l'énumération que vous avez faite, je vais faire une distinction, parce que c'est la laïcité française.

22:19
Invité

Dites-moi.

22:19
Emmanuel Macron

À l'école, il n'y a pas de voile.

22:21
Invité

J'ai parlé des sorties scolaires.

22:23
Emmanuel Macron

Non, mais vous avez dit école et sorties scolaires, dans votre énumération. Donc, je vais être clair avec vous. À l'école, il n'y a pas de voile. Pourquoi ? Parce qu'on forme des enfants et des consciences.

22:30
Invité

Alors, je clarifie les écoles. Vous faites bien de vous arrêter sur ce point-là. Je mentionnais les universités. J'aurais dû le préciser.

22:36
Emmanuel Macron

Les universités, j'ai toujours été claires. D'ailleurs, si j'avais pensé autrement ou voulu faire autrement, j'aurais changé la loi. Et donc, il y a une loi qui date depuis 2004. Mais j'ai toujours été très clair, y compris pour ma part, sur les accompagnatrices de sorties scolaires. Et c'est d'ailleurs pour ça que je me suis toujours opposé à ce qu'on change les choses. Donc, de manière très claire, qu'est-ce que c'est la laïcité ? C'est la possibilité de croire ou de ne pas croire. C'est une loi de liberté. Et c'est de dire, dans la société française, vous pouvez croire ou ne pas croire. Ce n'est pas mon sujet.

Mais à côté de ça, c'est de demander à toute personne, quelle que soit sa religion, de respecter toutes les lois de la République.

23:11
Invité

Je respecte les lois de la République.

23:11
Emmanuel Macron

Mais je ne parle pas de vous. Vous me parlez de manière générique. C'est pas une...

23:14
Invité

Non, moi, ma question, c'est pour ça... Non, ma question, c'est de trouver des libertés, du coup.

23:18
Emmanuel Macron

Est-ce que vous avez changé d'avis sur cette question ? Non, pas du tout. Question, Sarah rappelait vos propos d'il y a quelques années. Exactement, mais mes propos ont toujours été constants. J'ai défendu en 2017 le statu quo, si je peux dire, parce que déjà, il y a cinq ans, existait dans le débat le fait d'interdire le voile à l'université, par exemple, ou ailleurs. Je me suis toujours opposé à cela. Regardez les cinq ans qui viennent de s'écouler. Est-ce que j'ai changé quelques règles que ce soit sur le voile ? Non. Non.

Et là, nous sommes dans une situation où, aujourd'hui, il y a face à moi un projet d'extrême droite qui consiste à proposer à ce que la France soit le premier pays au monde qui interdise le voile dans l'espace public.

23:54
Invité

Au niveau de votre positionnement, vous avez dit que le voile, permettez-moi, que le voile était contraire à l'égalité homme-femme. Et aujourd'hui, vous dites que c'est compatible avec le féminisme.

24:01
Emmanuel Macron

Non, mais si on sort tout de son contexte... Non, non, non, non, non. Je n'ai pas dit que c'était contraire à l'égalité femme-homme. Je n'ai jamais dit ça. C'est pour ça que j'ai demandé à cette jeune fille, quand j'étais à Strasbourg il y a quelques jours, est-ce que c'est votre choix ? Elle m'a dit oui, c'est mon choix. Parce que ce qui existe aussi, ne soyons pas naïfs, il y a des quartiers où les jeunes filles ne voudraient pas avoir de voile. Et il y a des quartiers d'ailleurs où elles les enlèvent dès qu'elles quittent le quartier et les remettent. Et donc toutes ces situations existent. C'est aussi pour ça que nous...

24:23
Invité

La contrainte vestimentaire, vous avez raison de le dire, existe.

24:26
Emmanuel Macron

Voilà.

24:27
Invité

Et moi ce que je ne comprends pas, c'est que ce soit rapporté systématiquement au foulard. C'est-à-dire qu'il y a des femmes qui sont contraintes de s'habiller, pas forcément avec un acte-là. Et par définition, pardonnez-moi, mais la question, encore une fois, elle est infantilisante. Le simple fait qu'on puisse penser par défaut que ce n'est pas un choix imposé, on le voit très bien dans la sphère médiatico-politique, c'est ce qui revient. Par défaut, encore une fois, c'est infantilisant. On a des hommes, des femmes, des femmes malheureusement, qui utilisent ces propos et qui vont jusqu'à dire non mais de toute façon tu penses que c'est ton choix, mais ce n'est pas ton choix en réalité.

25:01
Emmanuel Macron

Je ne m'avais jamais entendu dire cela.

25:02
Invité

Je ne vous ai pas entendu dire cela, mais je vous dis que le fait de le penser par défaut, c'est infantilisant et c'est patriarcat.

25:08
Emmanuel Macron

À titre personnel, pour moi, la question du voile n'est pas une obsession.

25:13
Invité

Ça a été l'obsession du quinquennat dont vous avez été président.

25:16
Emmanuel Macron

Non, pardon, ça fait des années en France, c'est dur, il y a eu la loi de 2004 qui est interdite, parce que c'est un symptôme, c'est ça ce que je veux dire, c'est un symptôme de quelque chose, d'une tension qu'il y a dans la société. Donc c'est pour cela que moi j'ai essayé, plutôt de traiter, de séparer les problèmes, parce que les gens confondent tout dans le débat. Et donc ce que j'ai essayé de faire durant ce quinquennat, c'est d'abord que nos compatriotes, dont la religion et l'islam, puissent la vivre de manière la plus apaisée possible. Il y a de la tension, elle continue à être là, ça ne s'est pas envolé.

Mais ça a été de ne pas changer les règles et que chacun et chacune se respecte. La deuxième, ça a été d'identifier le problème, qui est qu'il y a des gens qui, déformant cette religion ou l'utilisant, essaient de sortir de la République. Ce qui n'est pas du tout ce que vous dites, ce qui n'est pas du tout ce que fait une femme qui porte le voile.

26:02
Invité

Mais ce qui s'est passé, c'est qu'on a été tributaires, en fait. Ce que je vous dis, c'est que ces cinq dernières années...

26:06
Emmanuel Macron

Mais ça fait des années que c'est le cas. Ça fait des années que c'est le cas. Ce que j'ai essayé de faire, c'est de séparer les deux. Et donc je veux vraiment que vous le distinguiez. C'est-à-dire que, de dire, il y a des gens qui, au titre d'une religion, essaient de sortir des jeunes filles, par exemple, de l'école, de les déscolariser, essaient d'expliquer que les lois de la République, l'égalité femmes-hommes n'est pas une réalité, ne doit pas être une réalité dans notre société, justifient des choses qui ne sont pas conformes. Là, j'ai dit, on s'attaque à ces gens-là. On ferme ces associations, on les interdit.

Quand il y a des mosquées qui prédiquent des choses qui ne sont pas conformes avec les lois de la République...

26:34
Invité

Est-ce que c'est normal que nous, on ait souffert de ça ? Mais pas du tout. En n'étant pas concerné, est-ce que vous trouvez que c'est normal ?

26:38
Emmanuel Macron

Non, c'est pour ça que je l'ai à chaque fois fait la distinction.

26:40
Invité

Parce que votre engagement, c'est de réconcilier et rassembler... Exactement.

26:43
Emmanuel Macron

Mais ce que je veux dire par là, c'est que si vous laissez... Que vous le vouliez ou non, je le déplore comme vous. Il y a dans le débat public des gens qui font cette confusion. Et ce n'est pas votre serviteur qui le fait, mais il y a des gens qui font cette confusion.

26:54
Invité

Il y a des gens de votre gouvernement qui l'ont fait aussi.

26:56
Emmanuel Macron

Je ne crois jamais sur ces sujets que vous évoquez. Mais en tout cas, moi, je n'ai jamais fait cette confusion. Soyez honnête avec moi. Jamais. Par contre, j'ai voulu m'attaquer à ce qui est un vrai problème pour notre République et pour beaucoup de nos compatriotes et qui pollue la vie de tout le monde. Donc, une fois qu'on a identifié le sujet, ce qu'on a pu appeler le séparatisme, et qu'on le traite, ce à quoi j'appelle, c'est que nos compatriotes, comme vous, dans la religion et l'islam, puissent vivre de manière apaisée.

27:20
Invité

Emmanuel Macron, c'est encore un aspirant.

27:21
Emmanuel Macron

Mais moi aussi, c'est ce à quoi j'aspire. C'est pour ça que j'ai dit ça à cette jeune fille il y a quelques jours. Et c'est pour ça que vous me permettez de rappeler la position. Donc, avec moi, il n'y a pas de changement de cette politique. C'est-à-dire qu'il y a une neutralité des services publics. Pas de voile dans les services publics. Il n'y a pas de voile à l'école, au collège, au lycée, avec des mineurs. Pour le reste, la société est une société libre. Et on avance, si vous voulez bien, il faut conclure. Le temps file.

27:44
Invité

Et Jeanne, attends patientement pour poser sa question. Jeanne Pujot-Saint-Jeunesse, bonjour. Vous avez 26 ans. Vous souhaitez parler, vous, des violences faites aux femmes. Vous êtes membre de l'association Double Peine, qui dénonce les dysfonctionnements dans la réception des plaintes par la police. Je vous laisse la parole. Moi, j'ai juste une question. Qu'est-ce que vous pouvez faire concrètement pour que la loi s'appliquait, que les plaintes soient prises ? Et à côté, quels dispositifs vous pouvez mettre en place pour les femmes qui sont victimes d'agressions, autres que les files d'attente dans les commissariats, parce que c'était déjà stigmatisant ?

28:14
Présentateur

Ça a été votre cas, je crois. C'est votre histoire personnelle. Vous avez dit...

28:16
Invité

Moi, je suis allée porter plainte. J'ai dû y aller trois fois, avant que ma plainte soit reçue.

28:23
Présentateur

Mais pardon, on vous a dit quoi, les deux premières fois ?

28:25
Invité

Alors, la première fois, on m'a dit qu'il n'y avait pas assez de preuves. La deuxième fois, c'était parce que c'était il y a quelques années. Alors forcément, le temps d'en parler, le temps de prendre conscience de ça, d'aller porter plainte, de venir avec sa misère, c'est déjà quelque chose d'assez traumatisant. Et quand ce n'est pas reçu, ça fait encore plus mal. Donc moi, c'est juste pour ça, pour que la loi soit appliquée, pour qu'on se sente un peu en sécurité. Emmanuel Macron ?

28:48
Emmanuel Macron

Non, merci de le dire comme ça. Et c'est à chaque fois des drames et des histoires personnelles qui sont fortes. Et comme vous dites, c'est très dur d'y aller. Et donc, il y a plusieurs choses que j'ai faites et que je veux renforcer. La première, maintenant, il y a le 3919 qui est numéro qui permet quand même d'appeler. Et il est jour et nuit. Et qui permet d'orienter vers un commissariat, voire de lancer l'alerte. Et ça, c'est très important, je le dis pour toutes les auditrices qui nous écoutent.

29:14
Invité

C'est plutôt sur le concrètement, physiquement. Parce que téléphoner quelqu'un, on peut toujours appeler les contenus des amis. Oui, mais ça, c'est déjà un premier point. Parce que vous avez quelqu'un qui est ensuite... Après, dans les commissariats, est-ce que pour pas qu'on aille se retrouver, aller à l'autre bout du monde pour aller faire l'évaluation psychologique, pour qu'on puisse être pris en charge directement, pour que dans les jours d'après, on n'ait pas cette angoisse de dire que l'agresseur va nous retrouver, venir à la maison ? Parce qu'il n'y a pas ce suivi-là aussi. C'est déjà très bien de venir porter plainte, ça prend énormément de temps.

Mais ensuite, comment on fait, nous, quand on est agressé, quand on s'est fait battre, quand on s'est fait violer, pour qu'on ne soit pas dans cette angoisse, en plus, d'avoir l'agresseur qui revient ? Parce qu'il n'y a pas forcément ce suivi qui est fait par la police.

29:47
Emmanuel Macron

Alors, la deuxième chose, c'est en effet que... Maintenant, on a formé les policiers et les gendarmes. Donc, on en a formé beaucoup durant ce quinquennat. Et maintenant, toutes celles et ceux qui sortent d'école sont formés sur ce sujet. Troisième chose, il y a quelque chose qu'on a changé, là, durant ce quinquennat. C'est maintenant que la plainte suffit pour enlever, quand il y a des armes, parce que, comme vous le savez, il y a beaucoup de féminicides qui sont malheureusement faits, accomplis par ces criminels, avec des armes à feu. Donc, le dépôt de plainte suffit pour qu'on retire les armes quand la personne le signale.

Ça, je pense que c'est très important que, pour toutes celles et ceux qui nous écoutent, le sachent. Et ce qu'on est en train de compléter, et ça, c'est en donnant plus de moyens, c'est de permettre aussi de protéger la personne qui se sent insécurisée chez elle, soit si elle a besoin d'être, justement, placée dans un logement, si, en quelque sorte, le retour chez soi est trop compliqué.

30:40
Invité

Par exemple, vous fichez des gens S. Est-ce qu'il n'y a pas moyen de ficher les délinquants sexuels sans que ce soit forcément connu pour la vie publique ?

30:46
Emmanuel Macron

Oui, et ce sera le cas.

30:47
Invité

Ça, ce serait pas mal, oui.

30:48
Emmanuel Macron

Ça, ce sera le cas, pour répondre très concrètement à votre point. C'est-à-dire ?

30:51
Invité

À quel moment il est fiché ?

30:52
Emmanuel Macron

C'est-à-dire qu'on a préparé la chose, ça fait partie de mes engagements, ils sont écrits. Quelqu'un qui a déjà fait l'objet de dépôts de plainte, et ou, encore plus, qui a un casier lié à des violences intraconjulaires...

31:01
Présentateur

Il sera fiché après la condamnation, pas après votre plainte ?

31:04
Emmanuel Macron

Non, parce que c'est... Il y a deux choses. Vous avez les fichiers judiciaires. C'est une bonne comparaison que fait Mademoiselle avec les fichiers qu'on appelle S, qui sont des fichiers administratifs, et donc ce sont des gens dont on sait qu'ils sont susceptibles d'être violents, parce qu'il y a déjà eu des alertes. Et donc, très concrètement, si vous avez déjà eu même des mains courantes, des dépôts de plainte qui n'ont pas été au bout sur une personne, et bien maintenant, on a commencé à faire ce travail.

Mais ce que je veux pouvoir faire dans la continuité, et c'est une des conséquences du Grenelle, justement, qui avait été acté il y a maintenant deux ans, c'est de pouvoir ficher toutes ces personnes pour que quand quelqu'un vient sa compagne actuelle ou une future compagne, on puisse savoir que c'est quelqu'un qui a déjà des antécédents, et à ce moment-là, avoir une alerte supplémentaire. Donc ça, ça fait partie des choses qui, en fait, ont commencé à être mises en œuvre et sur lesquelles je m'engage.

31:53
Invité

Juste un dernier petit point. Est-ce qu'on pourrait avoir un jour un ou une ministre de l'Intérieur qui représente un petit peu aussi les femmes et leurs causes ?

32:01
Emmanuel Macron

Vous savez, pour moi, ce qui importe, je comprends, mais les ministres ont vocation à porter l'intérêt général dans toutes les composantes de leur politique. Ce qu'on a réussi, je crois, à faire ces dernières années, parce qu'il y a eu, d'abord, c'est un engagement, moi, que j'avais pris dès 2016, et parce qu'il y a eu une mobilisation très forte et un mouvement social, ensuite, qui s'est révélé avec une libération de la parole salutaire.

32:22
Invité

Avec nous toutes.

32:23
Emmanuel Macron

Exactement. Le mouvement MeToo, puis nous toutes. Mais moi, j'ai souvent dit, dès octobre 2016, quand je fais mon projet, on fait une grande marche qui demande justement aux gens quelles sont leurs principales préoccupations. La première préoccupation, avant pouvoir d'achat, c'était l'insécurité ressentie par les femmes, en particulier dans les transports, mais aussi dans les violences conjugales. C'est pour ça que j'avais décidé de faire de ce sujet la grande cause du quinquennat et que je le referai pour la suite. Mais ce que je veux dire par là, c'est que l'Intérieur et la Justice sont en train d'intégrer au cœur de leur mission la question justement de la lutte contre les féminicides.

Il y a encore travail. Vous savez qu'on a, par exemple, décidé de mettre en place des bracelets. Maintenant, nos magistrats en prononcent des peines et mettent des bracelets à certains, mais il y a encore beaucoup à faire parce qu'ils ne sont pas tous utilisés. Donc il y a un changement culturel à faire dans d'autres ministères qui sont aussi l'Intérieur, la Justice, l'intégralité des ministères régalistes.

33:21
Présentateur

Merci beaucoup à toutes les trois. Jeanne, Sarah, Lucie, merci d'être venu témoigner et interroger directement Emmanuel Macron ce matin. Merci également à notre partenaire Combini. On est à peu près à la mi-temps de cet entretien Emmanuel Macron. Je redonne un petit coup de sifflet. Les auditeurs, les téléspectateurs vous interrogent directement. C'est tout de suite. Élysée 2022, les matins présidentiels, on vous répond. Estelle nous appelle au standard de France Info. Bonjour Estelle. Bonjour. Vous êtes fonctionnaire, me dit la petite fiche qu'on vient de m'amener. Vous souhaitiez interroger Emmanuel Macron sur quel thème il vous écoute ?

33:55
Auditeur

Alors en fait, je suis titularisée depuis peu, donc je suis en bas de l'échelle. Je fais 2h15 de route par jour pour me rendre sur mon lieu de travail. Donc c'est assez compliqué et en plus avec le coût de la vie qui a augmenté. Donc je me demandais, je voulais savoir ce que vous envisagez de faire pour la fonction publique si vous êtes réélu. Parce que je sais qu'en mars, la ministre Amélie de Montchalin indiquait que la valeur du point allait être dégelée. Est-ce que vous vous engagez à augmenter le point et si oui, de combien ?

34:21
Emmanuel Macron

Question très simple. Emmanuel Macron. Bonjour Madame. D'abord, merci de faire partie de nos fonctionnaires. Il y a deux choses. Parce que j'ai entendu que vous veniez d'être titularisé. Donc l'indice minimum de traitement de la fonction publique sera lui-même revalorisé. C'est-à-dire que ça, c'est ce qu'on a fait pour les fonctionnaires les moins bien payés, les catégories C. Les catégories C, oui. Voilà. Comme le SMIC est revalorisé au 1er mai et qu'il y a un quart d'heure, il a été confirmé qu'il sera augmenté de 34 euros par mois. 2,65% au 1er mai prochain. Exactement. Donc ça fait 34 euros par mois pour quelqu'un qui est au SMIC.

Il passera de 1269 euros à 1303 euros par mois, le SMIC, au 1er mai. Donc on va faire le même mouvement pour les personnes qui sont à l'indice minimum de traitement de la fonction publique.

35:08
Présentateur

Mais ça, c'est juste le rattrapage de l'inflation.

35:10
Emmanuel Macron

Exactement. Mais ça, c'est important parce que ça va se faire en même temps. Ensuite, à l'été, il va y avoir deux choses. On veut faire une réforme complète des grilles et de l'organisation de la fonction publique. Elle doit être concertée, négociée. Parce que le système en catégorie C, B et A a beaucoup de rigidité, on voit bien, est un peu à bout de souffle. Et ensuite, il y aura en effet une revalorisation du point et qui doit se faire de telle sorte qu'il rattrape, il permet d'accompagner, si je puis dire, les éléments de pouvoir d'achat. Je ne vais pas donner de chiffres aujourd'hui parce qu'il sera un peu le fruit de la négociation.

Revalorisation plus importante pour les échelons du bas ? C'est déjà le cas, en fait. C'est ce qu'on a fait ces dernières années. Donc ça, c'est pour ça que j'ai distingué. Vous allez continuer là-dessus, c'est-à-dire en mettant l'accent sur les salaires les plus faibles ? Dès maintenant, l'indice minimum de traitement de la fonction publique, lui, il suivra le mouvement du SMIC. Ça, je peux vous le dire. Parce que c'est ce qu'on a fait et c'est indépendamment. Mais pour le point, il bougera, il va monter le point de la fonction publique pour l'ensemble des fonctionnaires. Mais ça, ça sera le fruit de la concertation et du travail qui sera mené par le gouvernement.

36:07
Invité

Iris est en ligne, elle est étudiante en école d'ingénieur. Bonjour Iris, vous avez une question pour Emmanuel Macron ? Oui, bonjour à tous, bonjour M. le Président. Bonjour. Donc ma question, c'était que vous avez souligné au cours de votre campagne que dans l'éducation, il y a des inégalités sociales. Et pour les régler en quelque sorte, vous comptez mettre l'accent sur l'apprentissage et la professionnalisation dès le collège. Et je ne comprends pas en quoi cette mesure-là pourrait aider alors que ça va juste être un retour en arrière pour moi.

ainsi que plus mener les personnes qui ont moins de moyens à mettre leurs enfants en apprentissage afin qu'au lieu de payer une scolarité, ils rapporteront de l'argent au foyer. Emmanuel Macron.

36:46
Emmanuel Macron

Merci de me permettre de tordre le cou à cette fausse information pour parler en bon français qui a été à un moment divulguée de manière honteuse. Ce que je veux faire sur le collège et le lycée, ce n'est pas du tout ça, c'est l'inverse. Moi, je me bats depuis que je suis engagé pour lutter contre les inégalités à la racine. C'est pour ça que j'ai investi durant le quinquennat qui vient de s'écouler sur l'école primaire en dédoublant les classes de CP-CE1 dans les quartiers les plus difficiles.

Maintenant, ce que je constate, c'est que l'un des facteurs d'inégalité, ce que j'appellerais l'assignation à résidence sociale, c'est qu'au fond, quand on vient d'un milieu modeste, on n'a pas beaucoup de réseaux. Et donc, les parents ont beaucoup de mal à vous conseiller sur votre orientation et vous ne savez pas aller vers des métiers qui ont un débouché ou qui ne sont pas connus. Et donc, je ne propose pas du tout de commencer à professionnaliser dès la cinquième. C'est l'inverse. Je veux que nos ados puissent connaître plus tôt pour mieux choisir plus tard.

Ce qui veut dire qu'à partir de la cinquième, je veux que dans le collège, on fasse rentrer avec les collectivités locales et le monde de l'entreprise, mais aussi le monde de l'université, des écoles d'ingénieurs, qu'on aille présenter chaque semaine les métiers, les débouchés qu'il y a à nos collégiens et nos lycéens. Donc, qu'on commence l'aide à l'orientation avec des partenaires extérieurs dès la cinquième.

37:59
Présentateur

Ce sont des entreprises qui viennent se présenter.

38:01
Emmanuel Macron

Ça veut dire qu'il faut qu'il y ait une demi-journée toutes les semaines ou tous les quinze jours qui permettent à nos collégiens de connaître ces métiers. On a tous été en collège, la vérité.

38:09
Présentateur

Comment vous allez convaincre des chefs d'entreprise ou des commerçants de venir une demi-journée ?

38:13
Emmanuel Macron

Une demi-journée pour une année quand je suis boulanger. Pas le même toutes les semaines, oui. Il y a suffisamment de métiers pour faire l'année scolaire, mais regardez la situation dans laquelle on est. On a des tas de jeunes, on les oriente. Un, par contrainte quand ils sont dégoûtés de l'école. Deux, soit ils vont faire la même chose que leurs parents, soit on dit, pardon de faire la caricature, mais pour beaucoup de jeunes filles ou de jeunes garçons, il y a une espèce de surdéterminisme. Tu ne réussis pas à l'école, ça ne va pas, on va te mettre en lycée pro. Les sections sont toujours les mêmes, même s'il n'y a pas de débouchés derrière.

Et à côté de ça, on a un monde du travail qui nous dit, on a des tas d'emplois non pourvus, les gens ne viennent pas dans tel et tel métier. C'est complètement ridicule. Donc c'est l'intérêt même de nous tous de dire, on sait qu'on a des besoins aujourd'hui, qu'on en aura demain sur des métiers. On est en train de développer, j'étais hier au Havre, on est en train de développer une filière sur les énergies renouvelables. On sait qu'on a une marche devant nous où on va créer des centaines, des milliers d'emplois dans ces métiers. Les uns très qualifiés, les autres moyennement qualifiés.

Que les gens qui font les éoliennes en mer, on va avoir un plan de charge sur 40 ans, aillent dans les écoles du Havre, expliquer aux jeunes ce que c'est, ce qu'est ce métier, pour permettre ensuite qu'il y ait des orientations vers les filles.

39:22
Invité

Donc c'est l'éducation nationale qui va démarcher les entreprises ?

39:24
Emmanuel Macron

C'est pertinent, mais avec les régions, ça c'est le boulot aussi de nos régions et des maires. Donc ce que je veux faire, premier point, c'est de lutter contre les inégalités en termes d'orientation, et permettre aux entreprises, aux collectivités, mais également aux académiques, de venir dès le collège expliquer à nos enfants. Deuxième chose, je veux mettre plus de moyens dans les classes charnières, la sixième et la seconde, pour éviter que les enfants décrochent, les enfants et les ados. Ce sont les niveaux auxquels on décroche. Et puis troisième chose...

39:51
Présentateur

Plus de moyens, ça veut dire quoi ?

39:52
Emmanuel Macron

Pardon ? Plus de moyens, ça veut dire quoi ? Ça veut dire donner la possibilité dans, justement, les établissements qui sont les plus en difficulté, de prendre moins d'élèves par classe ou d'avoir des profs référents, de se donner plus de moyens pour accompagner des élèves qui seront les décrocheurs. C'est-à-dire ce qu'on a fait chez les petits, dans les REP et les REP+.

Je pense que ça doit être moins homogénéisé, mais il faut laisser, ça va avec toute la démarche que je veux avoir sur l'éducation nationale, qui est le « Avec vous », qui est de permettre de donner beaucoup plus de liberté aux enseignants pour adopter les méthodes, et beaucoup plus de liberté aux directeurs et directrices d'établissement. Mais très clairement, on voyait qu'on avait un problème. Quand les savoirs ne sont pas bien acquis aux primaires, c'est les enfants qui décrochent au collège. On voit qu'on a un deuxième problème.

Quand les enfants sont un peu justes en sortie de CM2, c'est en sixième que là, ils lâchent complètement, parce que d'un seul coup, on passe d'une maîtresse ou d'un maître à dix profs. Donc là, il faut qu'il y ait un accompagnement pour les élèves qui sont les plus en difficulté. Pareil en seconde. Donc, ça, c'est le deuxième point. Le troisième, parce que ça a été évoqué, pour le lycée professionnel, qui touche un tiers de nos lycéens, qui est le grand oublié permanent des réformes. Je veux faire une grande réforme du lycée pro. Un, en orientant les filières en fonction des besoins de la nation.

Et donc, en disant, il y a des filières dont on sait que les jeunes sortiront sans avoir d'emploi, ça ne sert à rien de les emmener dans ces filières-là, il faut les fermer. A l'inverse, il faut en ouvrir d'autres, pour permettre de les préparer à des métiers sur lesquels il y a des débouchés. Deux, le stage en lycée pro sera payé, là où aujourd'hui il est gratuit. Ce qui est, à mon avis, d'abord une reconnaissance du travail que fait le jeune qui est en lycée pro et qui va dans une entreprise, et ce qui est aussi, je pense, une fierté pour lui et puis un apport pour sa famille. Trois, je veux développer alternance apprentissage beaucoup plus fortement dès le lycée pro.

41:31
Présentateur

Et quatre, on retourne au standard de France Info, nous attend Stéphane qui patiente depuis un bon moment. Bonjour Stéphane, d'où nous appelez-vous ?

41:38
Auditeur

Bonjour, je vous appelle de Paris.

41:40
Présentateur

Quelle est votre question à Emmanuel Macron ?

41:43
Auditeur

Bonjour à tous, bonjour M. le Président. Ma question est la suivante. Votre programme comporte un certain nombre, enfin un volet financier d'investissement assez important, 50 milliards sur un certain nombre de mesures. Et le poids de la dette aujourd'hui est de 115, un peu plus de 115% du PIB, avec des déficits qui n'ont jamais, en tout cas rarement été sous la barre des 3%. Quelles sont vos mesures structurelles pour pouvoir réduire ce poids de la dette, là où les pays européens, la moyenne européenne, s'établit autour de 90% ?

42:20
Emmanuel Macron

Merci beaucoup, M. cher Stéphane, de mettre ce sujet sur la table, parce que je pense que c'est un point de crédibilité pour tous les programmes. Nous avons augmenté, si je regarde ce qu'on a fait les cinq dernières années, on a baissé le déficit et baissé les impôts avant la crise Covid. Et donc on est revenu sous les déficits publics excessifs et on a rendu 50 milliards de fiscalité aux entreprises et aux ménages. On a, en effet, fait de la dette pendant la période Covid, comme nos voisins. Et donc nous ne sommes pas déconnectés du reste de l'Union européenne dans cette période. A partir de quand on doit la faire baisser ? On est sortis de celle-ci.

Ce que je veux faire pour le quinquennat qui vient, c'est de commencer à partir de 2026, donc dans le quinquennat, à pouvoir rembourser la dette. A la toute fin, la dernière année. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'on doit, d'abord, on a trois choses à faire. Investir, parce que je considère que la meilleure manière de rembourser notre dette, c'est d'augmenter notre croissance et notre potentiel de croissance. Investir en relançant, en particulier sur la transition écologique et les grands investissements, France 2030, parce que c'est comme ça qu'on crée de l'emploi. C'est ce qu'on a fait. Là, on vient de baisser de deux points.

Notre taux de chômage, on a créé 1,2 million d'emplois nets durant ce quinquennat. Donc je veux continuer, baisser les impôts et permettre de baisser le déficit. Et donc d'abord, vous devez baisser le déficit courant pour sortir de cette période Covid et guerre. Et à partir de 2026, vous pouvez commencer à rembourser votre dette et baisser le niveau de la dette. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que mon programme, je le finance en faisant, en boostant l'économie, en faisant des économies, si je puis dire.

Et donc la mesure qui consiste à aller vers le plein emploi, ce qui est accessible, puisque dans le quinquennat qui vient de s'achever, on est passé d'un taux de chômage de 9,6 à 7,4%. Ce que je veux, c'est pouvoir faire le même effort dans le quinquennat qui vient. Et donc tomber entre 5 et 5,5% de taux de chômage. Si on fait ça, c'est quelque chose qui rapporte plus de 30 milliards d'euros. Pourquoi ? Parce que ça nous évite de payer des indemnisations, ça crée de la richesse et de la valeur. Donc 1, plein emploi. 2, réforme des retraites.

La réforme qu'on a évoquée, elle permet de financer dans les 50 milliards qu'évoquait Stéphane, il y a évidemment les mesures, par exemple, de revalorisation de nos retraités, il y a les mesures pour la dépendance. Mais au final, ce sont des économies. Donc 1, plein emploi, 2, retraites, 3, économies productives de l'État, en particulier avec beaucoup de numérisation et de transformation de nos procédures. La simplification de l'État et de nos procédures, qu'on a commencé et qu'on va continuer, c'est un levier d'économie. En retourne au standard.

44:42
Invité

Oui, et Cassandra nous appelle de Paris. Bonjour, Cassandra. Oui, bonjour. Bonjour, monsieur le président de la République. Bonjour, madame. Je vous appelle parce que vous nous aviez fait la courtoisie avec d'autres délégations de jeunes durant la COP26 de nous rencontrer. Je ne sais pas si vous vous rappelez de ce moment. Et à cette occasion, l'un d'entre nous avait souligné que ce serait peut-être opportun d'établir des formes de discussions plus pérennes entre la jeunesse et les représentants gouvernementaux sur les questions de politique climatique.

Et vous vous étiez engagé alors, je vous dis, je m'y engage les yeux dans les yeux, à créer un conseil de la jeunesse pour le climat, afin que les jeunes puissent s'exprimer plus sur ces sujets et soient entendus dans l'élaboration des stratégies climatiques françaises. Donc voilà, on en a reparlé entre nous. Il y a plusieurs délégations étudiantes qui étaient présentes, y compris celle de l'école normale supérieure dont je fais partie, celle aussi des ministres de Paris ou de l'Institut polytechnique de Grenoble et des associations environnementales comme Climate, Rezès, Sciences pour l'environnement. Et votre question, Cassandra ? Oui, vous m'entendez ?

45:45
Présentateur

Oui, oui. Votre question, c'est du coup où est passé ce conseil de la jeunesse pour le climat, si je vous souviens.

45:50
Invité

Ces délégations et ces associations sont prêtes à se joindre à mon appel. Donc voilà, on voulait savoir si cette déclaration tenait toujours.

45:57
Emmanuel Macron

Merci beaucoup. Merci beaucoup, je me souviens très bien, je ne crois pas me tromper en disant que c'était dans une salle obscure à Glasgow qu'on a eu cette... C'était ça, Cassandra ? Oui, voilà. Ah ben oui, bon. À la fin de la journée, donc je me souviens très très bien.

46:11
Présentateur

Vous vous êtes appelé avant ?

46:12
Emmanuel Macron

Non, non, non, mais la mémoire et Mademoiselle aussi. Donc tout ça pour vous dire que l'engagement sera tenu. Et donc en effet, on a créé durant ce quinquennat au Conseil pour le climat qui fait un travail indépendant. L'idée, c'est de pouvoir créer un conseil pour la jeunesse, et ça fait partie de mes engagements, et j'en reparlerai d'ailleurs demain, de pouvoir avoir un forum qui associe l'ensemble justement des engagés, des ONG, des associations de jeunes sur ce sujet. Ce qui m'importe, c'est qu'il y ait... Il servira à quoi ?

Il servira de manière régulière à pouvoir faire l'évaluation de politique, et ce qui m'importe, c'est qu'il y ait au fond ces voix qui puissent à un moment trouver un forum où elles se réconcilient. Mais s'il vous dit par exemple que vous n'y êtes pas, que vous ne tournez pas les objectifs de l'accord de Paris, il se passera quoi ? Il faut pouvoir mettre autour de la table trois catégories d'acteurs. Celles et ceux qui agissent, enfin qui ont la responsabilité d'agir. Le gouvernement, les parties prenantes. Les experts, ça c'est le Haut Conseil pour le climat que je veux garder sous cette forme, et qui, comme il y a d'ailleurs le GIEC, et des experts du GIEC français sont dedans.

Et puis, ce que j'appellerais dans le bon sens du terme, les activistes, les femmes et les hommes qui sont engagés, qui portent cette voix, une conscience citoyenne et qui veulent que ça bouge plus vite. Si on laisse tout ça diverger, on n'arrive pas à avancer. Il y a de la colère, du ressentiment ou de l'inaction. Donc il faut qu'on arrive à mettre tout ça dans un forum commun pour pouvoir partager d'abord les mêmes attentes et les mêmes choses.

47:38
Invité

Mais vous allez les écouter ?

47:39
Emmanuel Macron

Mais bien sûr, mais d'abord, je le dis quand même souvent, durant le quinquennat qui vient de s'écouler, malgré les crises, on a été deux fois plus vite qu'avant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Alors moi, je suis toujours là à me battre. Je ne veux pas faire le caliméro, mais je trouve ça toujours quand même... Il y a eu des petits confinements qui ont un peu aidé à... Non, mais pardon, ce n'est pas que le confinement. On a investi massivement hors effet confinement. On a aidé un million de nos compatriotes à changer de véhicule et aller vers des véhicules moins polluants. Mais la France n'a pas respecté ses engagements pour l'instant de l'accord de Paris.

48:10
Présentateur

On n'est pas meilleur que les autres, on peut se comparer et il y a toujours...

48:13
Emmanuel Macron

Maintenant, on est en train de le devenir, si on arrive à intensifier ce qu'on a fait. On a une chance, c'est qu'on émet moins de tonnes de CO2 par habitant que les autres. Ça, je le dis aussi avec beaucoup de force parce qu'on a un parc nucléaire installé. Parce que nucléaire, oui. Bon, maintenant, ce que je veux pouvoir faire, c'est aller beaucoup plus loin. Donc, j'ai besoin de cette jeunesse pour d'abord qu'elle mette plus tôt et parce que je pense aussi que ça correspond à une des aspirations de la jeunesse.

Donc, il faut qu'elle soit beaucoup plus associée à l'action et qu'il y ait beaucoup plus de pression, mais qu'il ne soit pas dans la rue ou dans des marches, mais qu'il soit dans ce forum, cette convention, la construction commune. Donc, l'engagement tient.

48:45
Présentateur

Daniel, merci Cassandra. Vous avez entendu la réponse d'Emmanuel Macron, le souvenir de cette salle obscure. Donc, à Glasgow, vous l'aviez rencontré. Daniel nous appelle au Standard de France Info. Bonjour Daniel. Vous habitez à Villepinte, c'est près de Paris. Vous avez une question, vous aussi, pour Emmanuel Macron.

48:58
Auditeur

Oui, bonjour M. le Président. Bonjour Monsieur. Voilà, en fait, Francafois a diffusé un reportage dernièrement sur les orthonins français qui sont coincés en Syrie et qui sont livrés à eux-mêmes. Donc, ma question est simple, c'était juste pour savoir si vous comptez bouger votre bouling par rapport à ces orthonins et les rapatrier ou laisser comme ça.

49:16
Présentateur

C'était avant-hier, je précise Emmanuel Macron. On a entendu des enfants et des adolescentes, notamment qui ont 15-16 ans aujourd'hui, qui sont dans les camps détenus par les Kurdes nord-est de la Syrie. Leurs parents étaient partis combattre avec Daesh, ils sont morts. Aujourd'hui, ces adolescents sont livrés à eux-mêmes dans ces camps, parfois depuis plusieurs années. Pourquoi la France ne les rapatrie-t-elle pas ?

49:35
Emmanuel Macron

Alors, la France a d'ores et déjà rapatrié beaucoup d'enfants et de mineurs qui n'avaient plus de parents depuis maintenant trois ans. Pourquoi pas tous ? Et nous avons ensuite également fait beaucoup d'opérations pour certains de nos partenaires européens. La règle qu'on a toujours eue, c'est quand il y avait des parents qui refusaient les choses ou quand il y avait des fratries qui étaient à séparer, on ne menait pas justement ces opérations. Il y a des enfants et des adolescents qui, depuis quelques mois, sont dans une situation nouvelle. Ces opérations se feront. Je ne donnerai pas plus de détails parce qu'elles sont menées à chaque fois avec beaucoup de risques par nos services.

Mais voilà, la ligne sera de continuer à protéger nos enfants.

50:17
Présentateur

Mais sous quel délai ? Voilà, sans entrer dans les détails. Un enfant ou un adolescent qui n'a plus ses parents n'a pas vocation à rester là-bas. Non, voilà. Très clairement. C'est une très bonne façon de le formuler.

50:26
Emmanuel Macron

Très bien. Bon, j'ai essayé de résumer la chose. Non, non, mais c'est exactement comme ça qu'il faut le dire. Et après, la grande difficulté est que malheureusement souvent pour ces enfants ou ces adolescents, les parents eux-mêmes qui sont sur place ne veulent pas qu'ils repartent. Même si la famille qui est restée en France le souhaiterait. Mais ce que vous avez dit est exactement la doctrine qui est suivie, qui sera suivie. Et donc, pour répondre à Daniel, la France agira sur les cas que vous avez entendus. Mais je ne donnerai pas de délai de détails. D'abord parce que je ne veux pas politiser ce sujet. Pour moi, il n'est pas contingent à la campagne.

Et ensuite, parce que je veux que les conditions de sécurité de ces opérations soient parfaites.

51:03
Présentateur

Il nous reste 8 minutes précisément et beaucoup de monde qui patiente au standard.

51:06
Invité

Oui, comme Mohamed qui nous attend au standard. Bonjour, Mohamed. Vous nous appelez de Paris et vous êtes statisticien. Oui, bonjour. Je suis directeur méthode d'innovation et donc de formation statisticien. Donc, bonjour, monsieur le président. Bonjour, monsieur. Donc, c'est un plaisir de vous avoir en ligne. Et donc, je pourrais poser ma question qui est issue de mon travail, on va dire, quotidien. Donc, je suis assez précis sur les chiffres. Je suis assez d'accord avec vous sur la réforme de la retraite. C'est-à-dire, aujourd'hui, l'espoir des vies augmente. Et là, je vais la retraite poser un problème.

Cependant, toutes les études montrent que les gens qui sont en recherche d'emploi, le taux d'insertion, ce qu'on appelle retrouver un emploi, baisse de 20 à 30 points pour les gens âgés de 54 ans et plus. C'est-à-dire, aujourd'hui, qu'une entreprise va embaucher, elle va préférer peut-être huit fois plus quelqu'un de moins de 54 ans que quelqu'un de plus de 54 ans. Donc, je suis d'accord avec vous sur il faut trouver une solution. Mais comment comptez-vous, face à ces déséquilibres, trouver une solution ?

52:16
Emmanuel Macron

Merci beaucoup, monsieur. Plusieurs choses. D'abord, on constate que dans tous les pays, à mesure qu'on décale l'âge de départ à la retraite, on améliore le taux d'emploi et le taux d'activité des seniors. Pourquoi ? Parce que, de manière très simple, beaucoup d'entreprises ajustent leur masse salariale en faisant des opérations, comme on le sait, de pré-retraite. Et donc, quand on sait que les gens sont à deux ou trois ans de la retraite, plutôt que de faire des licenciements, de licencier quand ils veulent restructurer les choses, ils utilisent ce dispositif. Donc, on améliorera le chiffre que vous évoquez en tant que statisticien en décalant l'âge.

La deuxième chose, c'est que, et ça fait partie d'une dialogue sociale que je veux lancer avec cette réforme, c'est de penser les fins de carrière, sans attendre forcément 54 ans. Mais pour beaucoup de métiers, il faut penser l'après 50 ans. Dans beaucoup de métiers, on a besoin de penser ce qui est une deuxième ou une troisième partie de carrière. Et ça, ça se fait avec les branches pour permettre les reconversions. D'abord, parce qu'il y a beaucoup de métiers où, en fait, à partir d'une cinquantaine d'années, c'est très difficile de les exercer. On ne peut plus les exercer dans les mêmes conditions. Et ça, ça fait partie du dialogue social et de l'amélioration des conditions de travail.

Enfin, ce qu'on va continuer de faire, c'est aussi d'investir dans la formation. Parce que nous avions un système, on est en train de l'améliorer, et ça a été le travail des dernières années. Mais notre système était ainsi fait que la formation des travailleurs était très inégalitaire. D'abord, on ne formait quasiment pas les chômeurs. Les chômeuses, des personnes qui étaient en situation de demande d'emploi, avaient très peu de formation. Ça avait été commencé sous le quinquennat de François Hollande, où il y avait eu un plan 500 000 formations pour les chômeurs. On a maintenant systématisé, avec des vrais résultats.

Et surtout, on avait une vraie inégalité, c'est que les gens qui étaient dans des grands groupes avaient beaucoup de propositions de formation. Quand on était dans les PME, les TPE, ce n'était pas le cas. Et on avait souvent des gens qui n'avaient du coup plus les formations pour pouvoir se reconvertir en fin de carrière. Et donc ça, c'est quelque chose qu'on a complètement changé, avec à la fois France Compétences, en ouvrant les choses et en permettant d'accompagner beaucoup mieux nos compatriotes pour avoir ces formations qui permettent aussi de changer d'emploi dans cette troisième partie de carrière.

54:18
Invité

Mais pas de mesures économiques supplémentaires pour les entreprises qui embaucheraient des Français de plus de 50 ans.

54:22
Emmanuel Macron

Vous voulez dire des bonus, des systèmes de bonus. Alors il y a déjà des bonus-malus, comme vous le savez, il y a des tas de dispositifs qui existent. Je crois plus au dialogue social et à quelque chose qui est vraiment économique.

54:33
Présentateur

Une question rapide déposée sur france-info.fr par Maxence Emmanuel Macron. Nicolas Sarkozy vous a apporté son soutien cette semaine. On lit partout dans la presse qu'il a conclu avec vous un accord pour choisir le nom du prochain Premier ministre. Est-ce exact ?

54:46
Emmanuel Macron

Non. Il n'y a pas de pacte secret entre vous. Non, il n'y a pas de pacte secret, ce n'est pas mon tempérament.

54:51
Présentateur

Et il ne vous a pas dicté le nom du prochain Premier ministre ?

54:54
Emmanuel Macron

D'abord, le Président Sarkozy sait ce que signifie être Président. La première chose, c'est que je suis candidat aujourd'hui. Donc moi j'ai du respect pour nos compatriotes. Je me bats pour avoir leur confiance le 24 avril. La deuxième chose, c'est qu'il sait pour avoir exercé cette fonction que c'est le Président de la République qui fait ses choix. Et qu'il les fait aussi en conscience. La troisième chose, c'est que je me félicite dans cette période de recevoir des soutiens. Et je ne vais pas... C'est une chance.

Et d'avoir le Président Sarkozy hier, le Président Hollande, qui appelle non pas simplement à dire il faut s'opposer au projet de l'extrême droite et de Mme Le Pen, mais je voterai et j'appelle à voter pour le candidat qui est devant vous. Et qui explique pourquoi, c'est plutôt une force. Donc je les en remercie. Est-ce que vous excluez ? Je pense que c'est un engagement de sa part, je sais ce qu'il représente.

Je considère que, qu'il s'agisse du Président Sarkozy, du Président Hollande, de figures également de droite et de gauche qui ont pu me soutenir ces derniers jours, je suis aussi lucide sur le fait que ce sont des femmes et des hommes qui ne soutenaient pas forcément mon projet au premier tour. C'est aussi pour ça que, par respect, je dis que je veux à la fois enrichir mon projet, mais je sais que j'aurai demain, si les Françaises et les Français me font confiance, à présider en tenant compte de ses apports.

56:12
Invité

Alors justement, sur le choix du Premier ministre, est-ce que vous excluez d'avoir un Premier ministre issu des rangs de la gauche ?

56:17
Emmanuel Macron

Je n'exclus jamais rien, moi.

56:20
Invité

Donc c'est possible.

56:22
Emmanuel Macron

Mais pourquoi vous voudriez-vous que ce soit impossible ? Écoutez, dans l'histoire de la Ve République, il n'y a jamais eu un Président qui a été autant chercher des talents en dehors de sa propre majorité. Les deux premiers ministres que j'ai nommés dans ce quinquennat...

56:34
Invité

Je suis des rangs de la droite tous les deux.

56:36
Emmanuel Macron

Attendez, je vais compléter. Les deux premiers ministres ne me soutenaient pas à l'élection de 2017. Ils ont été premiers ministres. Ça n'était jamais arrivé. Mais je vais prendre un exemple de l'autre côté. Il y a un ministre du budget très talentueux, M. Dussopt. Il a été élu il y a cinq ans en tant que socialiste. Il a voté contre les budgets au début du quinquennat. Il est maintenant ministre du budget et fait un travail formidable. Par conviction et parce qu'à un moment donné, il y a une convergence qui s'est opérée. Donc moi, je suis pour associer tous les talents qui ont envie d'agir et qui se retrouvent dans la cohérence d'un projet.

Il ne faut pas faire des choses de briquet de broc, ça n'a aucun sens.

57:11
Invité

Vous avez un nom en tête en pensant à une personnalité de gauche ?

57:15
Emmanuel Macron

Je réfléchis en permanence. Mais vous savez, je suis d'abord concentré sur les prochaines heures, les prochains jours et les prochaines semaines. Votre choix n'est pas encore fait. Je fais les choses. Votre choix n'est pas encore fait.

57:24
Présentateur

Vous n'êtes pas en train, le soir, avant de vous coucher, de cocher des cases ou de rayer des noms ?

57:28
Emmanuel Macron

Du matin au soir, je pense à améliorer mon projet, convaincre, comprendre aussi les choses, comme vous, sentir les tensions qu'il y a dans notre pays et essayer d'y apporter une réponse. C'est ça qui me préoccupe.

57:39
Présentateur

La présidentielle va se jouer à la télé, mercredi prochain, face à Marine Le Pen, lors du débat ?

57:43
Emmanuel Macron

Elle se joue aussi ce matin à la radio. Je le dis avec beaucoup de sincérité, c'est-à-dire qu'un entre-deux-tours, ça dure 15 jours, ça ne dure pas qu'une soirée. Est-ce qu'elle vous fait plus peur qu'il y a 5 ans, Marine Le Pen ? Je pense que Mme Le Pen s'est beaucoup préparée à ce débat. J'ai conscience qu'elle a pris beaucoup de temps pour s'y préparer. Moi, j'ai toujours mené ces débats, ces discussions avec beaucoup de sérieux. Je l'ai fait il y a 5 ans et je le referai de la même manière. Je pense que ce n'est jamais un moment innocent. Et je le fais aussi. Je combats les idées de l'extrême droite, mais j'ai du respect pour la personne qui est en face de moi, et pour Mme Le Pen.

Je n'ai pas le sentiment que les positions du Rassemblement national soient des positions douces. Je n'ai pas le sentiment que ce soit la douceur incarnée. Donc, il y a peut-être eu du maquillage pendant les semaines qui se sont passées où on a beaucoup caché les aspérités. Mais enfin, quand on lit le projet, je n'ai pas le sentiment que ce soit l'incarnation de la douceur. Donc moi, je suis engagé. J'ai protégé les Françaises et les Français durant les crises et je continuerai à le faire s'il y en a. à venir et je veux que notre pays vive mieux. Et je combats des idées avec beaucoup de force quand je les trouve extrêmes et dangereuses.

59:01
Présentateur

Merci à vous, Emmanuel Macron. Merci également à notre partenaire des matins présidentiels, Combini. Je précise, c'est une évidence, que la même invitation, dans le même format, avec également un face-à-face, comme ce matin avec des témoins, a été proposée à votre adversaire Marine Le Pen, qui pour l'instant n'a pas donné son accord. On espère toujours qu'elle acceptera de le faire dans les huit jours de campagne qui restent encore avant le premier tour. Merci Emmanuel Macron. Bonne journée à tous. Merci de nous avoir suivis.