Discours de Jordan Bardella - Fête de la Victoire
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur le Premier ministre, mon cher Victor Ami, venu des quatre coins de l'Europe, merci d'être là. C'est vraiment son honneur de vous accueillir ici dans cette belle terre de France pour célébrer l'Europe des nations. Nous voilà rassemblés dans le Loiret, au cœur battant de cette France que nous aimons tant, où la Loiret rase son sillon, où les cathédrales se dressent entre les forêts de Sologne et les plaines fertiles de Beauce. Ici même, dans cette région unique du Gatinet, où la terre est paysanne, fidèle, laborieuse et profondément française. C'est ici que Jeanne d'Arc, venue sauver la France, a franchi les portes d'Orléans. Mon discours est long, je vous préviens.
C'est ici que Charles Péguy, fils du peuple, louait la France éternelle. Et ce n'est pas un hasard si c'est ici, dans ce centre géographique et moral du pays, que se rassemble aujourd'hui la nouvelle espérance européenne. Ici, autour de nous, tout parle. Les clochers, les chants des agriculteurs, la gastronomie de nos terroirs, mais aussi les ruelles silencieuses de nos villages. Si nous sommes rassemblés, aujourd'hui, sur cette terre de mémoire et de travail, ce n'est pas seulement pour partager un moment de joie. Nous sommes réunis pour célébrer une victoire, un sursaut et, à l'évidence, une rupture historique.
Souvenez-vous, mes amis, le 9 juin 2024, il y a un an, jour pour jour, une vague démocratique sans précédent s'est dressée partout en Europe. Par la force du vote, de votre vote, le vent de l'espérance s'est levé à nouveau. De Paris à Rome, de la Flandre à Amsterdam, de Budapest à Vienne, de Lisbonne à Prague, les peuples d'Europe ont fait entendre leur voix. Et cette voix, cette voix, mes amis, c'est celle de l'histoire qui reprend son cours. Celle de ceux qui refusent la soumission et la disparition. Celle de ceux qui rejettent l'effacement et le déclassement. Chacun de nos invités, ici rassemblés derrière moi, incarne cet espoir.
Et je veux, en votre nom à tous, les saluer et les remercier fraternellement d'avoir choisi la France en ce lundi de Pentecôte. Merci Victor, merci Kinga, merci Mathéo, merci Aphrodite, merci Martin, Christophe, Tom, Guérolf, Andrége, Anders, Petre, Robert, Suzanne. Et merci, monsieur le président de notre parti européen, mon cher Santiago Abascal. Le 9 juin 2024, face à ceux qui veulent dissoudre les nations dans un super état fédéral, les peuples d'Europe se sont levés. Face à ceux qui veulent imposer l'immigration de masse comme horizon indépassable, les peuples se sont levés.
Face à ceux qui ont renoncé à défendre notre souveraineté et nos intérêts face aux grandes puissances de notre temps, les peuples se sont levés. Face à ceux qui veulent faire de l'entrepreneur insuspect et de l'agriculteur incoupable, les peuples se sont levés. Et ce jour-là, mes amis, ce 9 juin 2024, le peuple de France a parlé. La liste que j'ai eu l'honneur de conduire aux côtés de Marine Le Pen a recueilli plus de 30% des voix, infligeant un désaveu clair et sans appel à l'Europe d'Emmanuel Macron. Je voudrais remercier chacun d'entre vous et chacune pour ce succès. Sans votre mobilisation, rien n'aurait été possible.
Marine et moi serons toujours reconnaissants de cette inestimable confiance. Celle-ci nous oblige et nous tâcherons ensemble de ne jamais vous décevoir. En France, le Rassemblement national a infligé au président de la République une défaite historique. En Italie, en Autriche, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Espagne, en Grèce, les patriotes gouvernent ou progressent. Et au Parlement européen, notre groupe, les patriotes pour l'Europe, est devenu une force incontournable. Fini le temps de l'isolement. Fini le temps où aimer son pays vous condamnait au silence ou à la culpabilité.
Fini le temps de la soumission silencieuse des honnêtes gens, accablés de normes et d'impôts, de ceux qui travaillent dur sans jamais se plaindre. Fini le temps de la naïveté et de l'affaissement devant les grandes puissances de ce monde. Soyons clairs, mes amis, et Marine l'a rappelé, nous ne refusons pas l'Europe. Nous refusons leur Europe. Nous refusons l'Europe d'Ursula von der Leyen. Nous refusons l'Europe des normes sans fin, des frontières ouvertes, du déracinement obligatoire. Nous refusons l'utopie glaçante d'une Europe uniforme, désincarnée, sans âme ni mémoire. Ce monstre bureaucratique gouverné par des technocrates si éloignés de ce que vivent les gens au quotidien.
Nous refusons l'Europe de Macron pour lui préférer l'Europe des nations. Ce que nous incarnons, les amis, et je vous le dis avec fierté, c'est la renaissance de l'Europe véritable, dans la fidélité au projet du général de Gaulle. L'Europe des libertés, des protections, des démocraties. Celle des bâtisseurs, des travailleurs, des entrepreneurs, des agriculteurs. Celle des frontières maîtrisées, des langues et des valeurs. Une Europe des coopérations choisies, pas celle des soumissions imposées. Une Europe des souverainetés respectées, pas celle des identités bafouées ou remplacées. Une Europe des projets concrets, pas celle des normes absurdes.
Avec nos alliés, présents aujourd'hui, nous portons une vision claire, cohérente, assumée, et n'en déplaise à la gauche et à l'extrême gauche. Nous sommes d'abord et avant tout l'Europe fière de ses racines, l'Europe fière de sa culture, l'Europe fière de son histoire millénaire. Depuis un an, grâce à votre mobilisation, nous avons pu peser. Sur l'écologie punitive, sur la guerre idéologique menée par Bruxelles contre l'industrie automobile, sur la fiscalité absurde qui menace les automobilistes, sur cet impôt de papier qu'on appelle les normes et qui plombe nos entrepreneurs, nous avons mené ces batailles et obtenu de premières victoires.
Grâce à nous, les normes irréalistes imposées par des bureaucrates n'ayant jamais mis les pieds dans une usine ont été purement et simplement suspendues. Grâce à nous, le Green Deal, le pacte vert, qui menaçait de ruiner nos agriculteurs, est aujourd'hui, grâce à nous, remis en cause. Grâce à nous, mes amis, le projet d'une taxe sur les carburants, d'une nouvelle taxe sur les carburants qui ambitionnent de frapper les automobilistes est dénoncée, exposée, combattue chaque jour. Et à ce titre, nous lui saitons le même destin que les zones à faible émission que nous avons réussi à faire supprimer grâce à la mobilisation des députés du Rassemblement national au Parlement il y a quelques jours.
Grâce à nous, mes amis, les scandales qui émaillent chaque jour, la gestion Van der Leyen avec l'argent du contribuable seront désormais examinées en toute transparence par une commission d'enquête parlementaire. Grâce à notre influence et sous notre pression, plusieurs gouvernements européens prennent acte du danger que fait peser l'immigration de masse sur notre sécurité et décident de convoquer des mesures d'urgence. Même l'Allemagne, rendez-vous compte, qui en dix ans a ouvert ses vannes migratoires comme jamais, a annoncé le rétablissement de contrôle aux frontières.
En réalité, mes amis, sur tous les grands sujets qui structurent votre vie quotidienne, nous sommes à la fois les lanceurs d'alerte et les gardiens du réel. Nous sommes ceux qui, chaque jour, dénoncent les dérives, réveillent les consciences, informent les peuples et, bien sûr, se préparent à agir. Croyez-moi, ce rôle est vital. Car que ferait Bruxelles si nous n'étions pas là ? Elles continueraient. Elles continueraient à subventionner des associations militantes, à financer des universités islamistes, à promouvoir le voile islamique dans ses campagnes officielles.
Alors nous avons découvert que la Commission européenne finançait des forces hostiles à notre civilisation, qu'elle avait englouti des millions et des millions d'euros dans des projets d'études douteux et subventionné l'université islamiste de Gaza, pourtant aux mains du Hamas, ou encore qu'elle soutenait des campagnes de promotion du voile islamique. Je suis très fier que nous ayons, avec nos alliés, réussi à faire adopter un amendement pour mettre fin à ces campagnes de promotion du voile islamique avec de l'argent public. J'y vois la preuve de l'utilité des lupatriotes, faire reculer encore et toujours ceux qui financent nos ennemis avec vos impôts.
Là encore, nous avons une vision claire et cohérente. Avec nous, jamais un euro d'argent public n'ira financer le fondamentalisme islamiste ou toute autre idéologie qui menace notre identité, nos valeurs occidentales et notre sécurité. En réalité, mes amis, si nous n'arrêtons pas Bruxelles, elle ne s'arrêtera pas. Mais cette influence, aussi utile soit-elle, ne suffit plus. Notre ambition ne doit pas être seulement de corriger les excès. Elle doit être de gouverner partout pour tout changer et tout reconstruire. Nous voulons gouverner la France. Nous nous y préparons chaque jour et je vous promets que nous y arriverons. Nous voulons gouverner partout en Europe.
Non pour le pouvoir, mais pour le bien commun. Non pour nous-mêmes, mais pour rendre au peuple ce qui leur a été volé, à savoir leur liberté, leur sécurité et par-dessus tout, leur dignité. Alors pour cela, il faut une vision, une boussole, et nous la portons. Nous voulons une Europe des protections, une Europe capable de défendre ses frontières, de stopper l'immigration massive et de renvoyer ceux qui n'ont rien à faire ici. Une Europe où l'espace Schengen cesse d'être une passoire et où la libre circulation est réservée aux ressortissants européens et non détournés au profit des filières clandestines.
Avec nous, au pouvoir demain, mes amis, partout en Europe, notre continent cessera d'être une hôtesse d'accueil pour l'immigration illégale. Des frontières seront posées à l'Europe, les demandes d'asile traitées à l'extérieur du continent et les flux réduits au taux le plus faible. Nous voulons aussi une Europe du travail et de la production, une Europe qui valorise ses agriculteurs, qui protège son industrie, qui soutient ses entrepreneurs, et qui dit à ses travailleurs, nous vous aimons. Une Europe qui arrête de punir ceux qui créent de la richesse et qui n'a pas honte de ses propres entreprises. Avec nous, si vous produisez sur notre sol, vous serez prioritaire dans les marchés publics.
Un agriculteur français pourra donc, avant tous les autres, faire profiter de sa production à nos enfants dans les cantines des écoles de France. Nous voulons aussi, mes amis, une Europe du nucléaire, une Europe de l'énergie bon marché, de la technologie et de l'innovation, pas celle des décroissants de gauche ou de droite qui rêvent d'un continent appauvri. Nous voulons enfin une Europe des identités, une Europe qui assume ses traditions, ses valeurs, ses langues, ses cultures, une Europe fière d'elle-même. Avec nous, au pouvoir demain partout en Europe, vous n'aurez plus à avoir honte ni à vous cacher d'appartenir au plus grand et au plus beau pays du monde.
Et enfin, nous voulons une Europe des libertés. Liberté d'opinion, liberté d'expression, liberté d'aimer son pays, liberté de dire la vérité, même quand celle-ci dérange. Alors cette vision, mes très chers amis, c'est la nôtre. Et le vent tourne aujourd'hui partout sur le continent. Il tourne en Italie, en Pologne, en Slovaquie, au Portugal, aux Pays-Bas. Et bientôt, j'en ai la certitude, ce vent soufflera sur la France. A mes compatriotes, je veux dire, ne croyez pas ceux qui vous disent que c'est impossible. Ce qui est possible ailleurs, dans d'autres pays d'Europe, dans d'autres pays du monde, est aussi possible ici, chez nous. La France peut se relever.
La France peut redevenir ce qu'elle fut, une grande et belle nation, respectée, souveraine, prospère, capable de parler à tous les cœurs et à toutes les consciences du monde. Je sais, mes chers compatriotes, que la situation actuelle vous fait mal et qu'il est impossible, lorsque l'on aime sincèrement notre pays, de ne rien ressentir en le voyant s'affaiblir chaque jour. L'insécurité, le déclassement, l'effondrement des services publics, l'immigration hors de contrôle imposée par Bruxelles, les violences quotidiennes, tout cela est insupportable. Et nous voulons vous dire que rien, rien n'est irréversible.
Sur le sujet de l'immigration, la France est malheureusement devenue l'exemple de tout ce qu'il ne faut pas faire. Le monde entier nous regarde comme le pays qui a trop laissé faire, comme un pays submergé, humilié, désordonné, qui ne fait plus respecter ses lois. L'Europe entière, mes amis, a vu méduser ce déferlement de violence au cœur de la capitale à l'occasion du sacre du PSG en Ligue des Champions. Deux décès, des dizaines de blessés, plus de 560 interpellations qui ne se sont soldées que par une dizaine de déferments devant la justice.
Nous le disons aujourd'hui avec la plus grande clarté, ce désastre sécuritaire, non anticipé, aurait dû à minima provoquer la démission du ministre de l'Intérieur. Chaque événement populaire, chaque fête, devient le prétexte au déploiement d'une armée de casseurs dont les profils sont en grande partie les mêmes. Il faut le dire, une grande partie de ces éruptions de violence est liées à l'immigration anarchique que nos dirigeants ont tolérées et continuent encore aujourd'hui d'accepter. A l'occasion de ces émeutes, tous les Français ont pu voir que les belles paroles du ministre de l'Intérieur jamais suivies d'actes n'arrêtaient pas les délinquants.
Seule l'action ferme de l'Etat, déterminée, implacable, pourra demain mettre un coup d'arrêt à cette sauvage. Et croyez-moi, mes amis, à la tête de l'Etat, nous n'aurons avec Marine pas la main qui tremble lorsqu'il s'agira de rétablir l'ordre, de conduire en prison ce qui touche à nos policiers, de contrôler nos frontières et d'expulser les délinquants et criminels étrangers. À la tête de l'Etat, il faut d'abord que je termine mon discours. À la tête de l'Etat, et contrairement à M.
Retailleau, qui d'ailleurs se garde bien de vous le dire, nous n'appliquerons pas le pacte européen pour les migrations, négocié main dans la main par la droite et Emmanuel Macron, qui force la France à répartir les migrants dans nos villes et nos villages sous peine d'une amende financière de 20 000 euros par migrant. Refusez rendez-vous compte. C'est notamment à cause du pacte migratoire que des migrants arrivés il y a quelques jours en Ile-de-France ont été transférés en Bretagne contre l'avis de la population. Des villages autrefois tranquilles subissent une pression migratoire inédite en partie liée à ce pacte funeste.
Alors si nous arrivons demain au pouvoir, nous dénoncerons ce processus. Et avec nous, les clandestins ne seront pas répartis dans nos villages, mais invités à repartir dans leur pays d'origine. Mes amis, pour conclure, j'aimerais vous dire une dernière chose. Nous sommes à l'aube d'une période historique. Notre colère doit devenir une énergie et l'urgence du temps un élan et une force inébranlable. L'histoire de l'Europe, vous le savez, n'est pas celle d'une résignation. Elle est celle de renaissances successives forgées dans le feu de l'adversité. Quand Athènes fut envahie, la pensée a survécu. Quand Rome s'effondra, l'Europe chrétienne s'est levée.
Quand les nations furent broyées par les empires, les nations ont retrouvé leur voie. Quand le mur de Berlin s'est effondré, c'est l'idée même de liberté qui a triomphé. Et à chaque siècle, quand tout semblait perdu pour les nations d'Europe, l'esprit européen renaissait. Aujourd'hui, mes chers compatriotes, cette renaissance nous appelle. Il nous appartient à nous, patriotes, de faire honneur à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui nous succéderont. À nous de raviver la flamme. À nous de tenir bon. À nous d'incarner l'espérance et l'espoir partout en Europe. Nous, Français, nous ne serons jamais de ceux qui se couchent ou de ceux qui restent à genoux. Nous voulons vivre grand.
Nous voulons vivre debout. Nous voulons vivre fiers. Nous voulons vivre libres. Nous voulons vivre courageux. Alors, je vous le dis, mes chers compatriotes, et je vous le dis avec les mots de Victor Hugo, rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue. Longue vie aux patriotes d'Europe. Vive les nations libres. Vive la République et vive la France.
Jordan Bardella