Anne Hidalgo
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Anne Hidalgo, hier après-midi vous recevez une alerte à la pollution aux particules fines avec le président de la région Jean-Paul Duchon vous demandait la mise en place d'une circulation alternée pour aujourd'hui à Paris. Pas de réponse des autorités, Ségolène Royal finit par vous répondre par un tweet à 1h11 du matin la nuit dernière, si la mairie et la région demandent ensemble la circulation alternée, elle sera accordée. Et là, à l'instant, depuis la Chine, Ségolène Royal affirme que la circulation alternée sera mise en place demain à Paris si la pollution continue aujourd'hui. Que comprenez-vous de cet épisode ?
D'abord qu'il faut de l'automaticité dans le déclenchement des procédures d'alerte et des procédures de circulation alternée parce que dès qu'on a les chiffres, c'est-à-dire en demi-journée et à la mi-journée, il devrait y avoir, sans qu'on soit obligé de passer par des autorités ministérielles, le déclenchement d'un certain nombre de mesures. Nous, nous avons fait ce qui était de notre ressort à Paris sur la gratuité du stationnement résidentiel, sur Autolib et Vélib avec des gratuités qui sont proposées. Maintenant, il faut vraiment qu'on aille plus vite et plus loin.
Moi, je mise beaucoup sur des mesures qui sont d'ailleurs dans la loi de transition énergétique, qui vont permettre d'identifier les véhicules les plus polluants et de pouvoir organiser des zones à circulation restreinte pour, au moment des pics de pollution, et réduire bien sûr ces pics de pollution.
Alors, dans l'immédiat, bon, d'abord, comment se fait-il que le ministère soit resté sourd et aveugle à votre demande ? Ségolène Royal était dans l'avion pour la Chine, mais enfin, les lumières restent allumées.
On a bien sûr travaillé hier avec la préfecture, le contournement des camions, on l'a obtenu, la baisse de la circulation, on l'a obtenu, mais on n'a pas obtenu la circulation alternée.
Mais c'est du ressort du ministère ou de la préfecture de police ? Ségolène Royal dit, on l'a entendu tout à l'heure à 8h, elle dit, c'est la préfecture de police.
Si ce n'est pas clair, il faut que ce soit clarifié. Ce n'est pas dans mon camp, c'est dans le camp des autorités de l'État. Et moi, je prône depuis des mois et des mois, puisque ce n'est pas la première fois que ça nous arrive, je prône depuis des mois et des mois une automaticité. C'est-à-dire qu'à partir du moment où on sait qu'on va dépasser les seuils d'alerte, eh bien, il devrait y avoir des mesures prises automatiquement. On connaît les chiffres en mi-journée et on peut, de la mi-journée pour le lendemain, organiser les conditions de la circulation. Mais je mise aussi, bien sûr, sur toutes les mesures de mon terme.
La dernière fois, c'était en mars, je crois, et vous aviez reproché au gouvernement et à Ségolène Royal de tergiverser sur la mise en place de la circulation alternée. Il y a quoi ? Il y a de la frilosité ? Il y a de la prudence ?
Je pense qu'il y a beaucoup de frilosité de la part, pas simplement de la ministre, mais beaucoup de gens qui considèrent encore que le modèle de la voiture individuelle est le seul modèle qui vaille. On est dans une région où il y a des transports en commun. Certes, il faut améliorer encore les conditions de circulation, mais on ne peut pas, on ne peut plus considérer que la pollution n'est pas un problème. C'est un problème majeur. Vous savez, moi, j'entends souvent des responsables politiques, on est en pleine campagne des régionales, et je vois la droite francilienne et parisienne nous critiquer chaque fois qu'on prend des mesures pour faire baisser la pollution.
Moi, je sais qu'il faut beaucoup de volontarisme politique pour avancer sur un terrain où il y a beaucoup de lobbies. Il y a beaucoup de lobbies, de constructeurs, de gens qui voudraient que rien ne change et que la santé publique ne soit pas un sujet.
L'opposition, elle doute que vos mesures fassent baisser la pollution. C'est ça aussi la question. Et elle n'en propose pas d'autres. Elle n'en propose pas d'autres.
Quand vous annoncez la piétonisation de la voie Georges Pompidou, c'est-à-dire la voie express rive droite, l'opposition, la droite, dit d'abord, premièrement, et ça, ça recoupe peut-être l'une des critiques du gouvernement ou l'un des doutes exprimés sur la mise en place de la circulation alternée, ça va punir d'abord les habitants de la région parisienne, avant les Parisiens eux-mêmes, et puis deuxièmement, ça va créer des embouteillages, enfin la piétonisation des embouteillages, qui vont augmenter la pollution au lieu de la faire diminuer.
Cette notion de punition est très étrange, parce qu'il faudrait que les Parisiens respirent un air irrespirable, qui génère des maladies, qui génère, on le sait, des morts prématurées chaque année. Il faudrait que les Parisiens, et au-delà des Parisiens, tous les habitants de la Petite-Couronne soient, eux, punis, par le non-volontarisme, la volonté de ne pas agir sur la pollution. C'est très simple, la pollution dans notre région, et notamment dans cette zone dense, Paris et la Petite-Couronne, elle est liée d'abord, majoritairement, aux véhicules, aux automobiles. Donc il faut réduire la circulation automobile, et proposer des alternatives. Ce que nous faisons...
Les plus pénalisés sont les banlieusards, à Nidalgo.
Parce que beaucoup des banlieusards, d'abord, utilisent les transports en commun. Il faudrait quand même arrêter de nous raconter des histoires. Le mode de transport essentiel dans cette région, pour les banlieusards, qui ont bien compris que pour faire les allers-retours de missiles travail, il vaut mieux utiliser les transports en commun. Ensuite, dire qu'il y a, bien sûr, à prendre en compte des situations particulières. Celle des professionnels. Ce que nous avons fait à Paris, nous avons mis en place un système d'aide, d'abord pour les particuliers, mais aussi pour les commerçants et artisans qui ont besoin de véhicules pour pouvoir alimenter la capitale.
Mais nous expliquer qu'il ne faut rien toucher, ni à la voirie, ni aller vers des zones de circulation restreintes, ni piétonniser, ni transformer une autoroute urbaine, qui continue à être quand même un des symboles des années 70, de l'ère du pétrole et du jetable, et qu'il ne faudrait rien toucher parce que ça va avoir pour conséquence des mécontentements de celles et ceux qui utilisent encore leur véhicule individuel et que tant pis pour la pollution, tant pis pour ceux qui respirent cette terre polluée, je ne suis pas d'accord avec ça. Donc je sais que la droite, que ce soit la droite parisienne ou francilienne, ne veut rien faire sur le sujet.
Je sais qu'elle n'est pas volontariste sur la question de la lutte contre la pollution. Tant pis pour elle. Moi, je continuerai à agir et je suis heureuse d'ailleurs que Jean-Paul Huchon soit aussi engagé avec moi dans ce combat.
Vous n'avez pas l'intention de vous rendre à la maison Lafitte ? Oh bah écoutez, vous savez... Vous avez été interdit de séjour par le maire, Jacques Pierre.
Je dis que je lui offrirai sans doute un abonnement au Tolib. Il verra qu'il y a d'autres façons de se déplacer en Ile-de-France qui sont très agréables et que la pollution des Parisiens et de la Petite Couronne n'est pas un petit sujet. Voilà, un jour, tous ces gens-là, ceux qui ne veulent rien faire, auront à répondre peut-être aussi de leurs responsabilités quand il y aura les conséquences sanitaires que l'on voit pointer aujourd'hui.
Ouverture de la COP21 dans quelques semaines à Paris, à Nidalgo et au Bourget. Est-ce que ce sont quelques semaines de chaos qui vont débuter pour les habitants de la région parisienne ?
D'abord, c'est quand même énorme d'accueillir une conférence comme celle-ci qui va porter un accord, je l'espère, qui sera un accord historique justement pour lutter contre la pollution et contre la dégradation de la planète. Ensuite, bien sûr qu'en termes d'organisation, ça va être compliqué. Et il vaut mieux d'ailleurs que Parisiens et Franciliens s'engagent plutôt à prendre les transports en commun que la voiture. Parce que c'est vrai que quand on aura plus d'une centaine de chefs d'État dans Paris, entre Paris et le Bourget, j'aurai mille maires à l'hôtel de ville. Mais bon, ça ce sont les conditions d'organisation propres à ces grands sommets.
C'est le plus grand sommet organisé par la France depuis toujours qui aura lieu ici à Paris. Je pense qu'on peut surtout être fier du travail qui est fait et là pour le coup par le gouvernement, le président de la République, par l'ONU et par les villes, les réseaux de villes que je vais réunir pour obtenir un accord. Parce qu'on est au pied du mur et que la question climatique, la question écologique, c'est une question majeure et chacun a décidé de la prendre à bras-le-corps.
Sommet des mille maires que vous allez réunir donc début décembre.
Le 4 décembre, parce que le sujet est global. C'est vrai qu'on a besoin d'un cadre juridique, d'un cadre d'engagement des nations et tout ça est porté par notamment les Nations Unies. Mais nous le savons, les solutions, l'application des solutions, elle est locale. Et donc pour la première fois, ça aussi c'est un élément historique, pour la première fois, les maires vont se réunir. Je vais les réunir d'ailleurs avec Michael Bloomberg, ancien maire de New York, qui est envoyé spécial de Ban Ki-moon sur la question du climat.
Nous allons réunir mille maires pour porter ensemble nos solutions, notre contribution à ce que j'espère, ce qui sera une grande réussite française, l'accord sur le climat.
Il y aura de la pollution, l'écologie dans les questions des auditeurs, dans quelques minutes, 01, 45, 24, 7000. Et puis aussi un peu de politique, parce qu'Anne Hidalgo, vous êtes l'une des rares personnalités du PS à incarner la gauche rassemblée à la tête de la municipalité parisienne. et puis un peu de politique,
Anne Hidalgo