Chouchou des gros Médias, idiot utile de la macronie : le système a trouvé votre prochain Président
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteÉludée
Bernard Cazeneuve est-il l'espoir de la gauche ?
- 1:01OuverteÉludée
Cazeneuve, crédible à gauche, est-ce que vous y croyez ?
- 3:35OuverteÉludée
Pourquoi il débarque maintenant, Bernard Cazeneuve ?
- 6:44OuverteÉludée
On a l'impression qu'il tente de faire oublier ce passé politique désastreux.
- 8:39OuverteÉludée
On est accusé de complotisme, Julien Therrien.
- 10:28OuverteÉludée
Mathieu c'est quoi une gauche de gouvernement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:41InvitéFait
« Le Canard enchaîné a publié et personne ne nie ce fait, même les experts les plus pointus. C'est Alliance. »
- 23:38InvitéFait
« Ce qu'a fait Hollande est bien pire, commencer par l'atteinte radicale au droit du travail. »
Temps de parole
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Bernard Cazeneuve est-il l'espoir de la gauche ? C'est une question que je vous pose, messieurs. Ces derniers jours, les médias également se sont posé la question après que l'ancien Premier ministre ait lancé son mouvement très formellement nommé « La Convention ». Il se murmure que Cazeneuve ambitionne d'occuper une place entre la NUPES et l'aile gauche de la Macronie et qu'il se voit déjà entrer dans la course pour la présidentielle de 2027. Donc oui, la NUPES, c'est fini. C'est fini, Thomas. Et les meilleures analyses de cette fin politique ne viennent pas du macronisme, comme on pourrait le penser, mais elles viennent de l'intérieur. Et c'est Bernard Cazeneuve qui a un constat cinglant.
Il dit que cette alliance s'est finalement fracassée sur deux choses, le culte de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon et sur sa stratégie politique, stratégie qu'il a théorisé, le bruit et la fureur permanents. Comment faire l'unité à gauche, dit Cazeneuve, quand on ne cesse de diviser les Français de façon aussi violente ? Alors, Cazeneuve, crédible à gauche, est-ce que vous y croyez ?
Il est en train de prendre un peu le rôle qu'a eu Fabien Roussel pendant la campagne, c'est-à-dire que c'est vraiment la gauche telle que la droite l'aime. Et quand on regarde un petit peu, d'ailleurs, les gens qui promeuvent dans l'espace médiatique Bernard Cazeneuve, qui lui font prendre une place, depuis l'automne dernier d'ailleurs, parce que c'est la troisième étape d'une campagne des médias, notamment du Point, notamment du Journal du Dimanche, pour le lancer comme alternatif possible à gauche.
Quand on voit quels sont les organes qui le promouvent, c'est le JDD qui appartient à Vincent Bolloré et à Lagardère, c'est le Point qui appartient à François Pinault, c'est beaucoup Front Tireur, qui appartient à Kretinsky, c'est toute une galaxie qui d'ailleurs, et ça fait lien avec ce qu'on disait autour de Marlène Schiappa,
qui était chroniqueur à Front Tireur.
Tout à fait, c'est des gens qui sont très proches de Manuel Valls et qui sont tous plus ou moins aussi, au moins sympathisants, parfois proches du printemps républicain. Et donc de Raphaël Enthoven, pour le reciter. Alors bien sûr aussi, oui, tout à fait. Oui, ça va avec Kretinsky, avec Front Tireur, etc. Donc en fait, c'est la gauche telle que la droite l'aime, et telle qu'elle veut essayer de la faire exister, de manière évidemment à conjurer la possibilité de victoire électorale de l'ANUP et d'une vraie influence politique, même si on ne gagne pas les élections, le fait qu'il y ait une vraie pression populaire.
Et c'est pour ça que ça aurait été important qu'au second tour de la présidentielle, il n'y ait non pas Mme Le Pen, mais Jean-Luc Mélenchon, même s'il avait perdu, on n'en sait rien, on ne sait pas s'il aurait perdu. Mais en tout cas, il y aurait eu, disons, deux alternatives qui auraient été posées face à face. Et il en serait toujours resté quelque chose après. Il y aurait une force sociale, disons, une lisibilité dans le discours public d'un certain nombre d'idées qui sont incompatibles avec la marchélisation, précisément, avec le projet de cas Emmanuel Macron pour la société française, projet néolibéral, qui vit ou qui ne vit pas, selon que la gauche vit ou pas.
Et cette droite-là aime beaucoup et fait l'éloge. Il faut lire l'article dans le point d'un chroniqueur récemment, je crois que c'est Arthur Chevalier, qui fait une espèce d'éloge enflammée de Cazeneuve, qui le compare à Léon Blum, totalement absurde, et qui en fait vraiment un parangon de progressisme, mais modéré, mais qui sait ne pas exagérer, qui sait ne pas diviser les Français, parce que naturellement, on peut être de gauche, mais il faut néanmoins surtout pas souligner que les intérêts de certains ne sont pas les mêmes que ceux des autres. Ce qui est assez surprenant,
c'est que Bernard Cazeneuve surgit à un moment où les différentes gauches semblaient se réconcilier après cette séquence très longue de la réforme des retraites. On a vu des gens quand même plutôt au PS qui étaient favorables à une sixième république. Alors, pourquoi il débarque maintenant, Bernard Cazeneuve ?
C'est une très bonne question parce qu'il y avait cette nupe, encore une fois, quelle que soit notre sensibilité à gauche, c'est une bonne nouvelle parce que la gauche a toujours gagné quand elle était unie. L'union de la gauche, c'est toujours une bonne nouvelle, surtout quand, en plus, ça se fait sur des idées qui sont plutôt de gauche, de rupture, réformiste, plus, plus, plus. Donc, ça, c'était une bonne nouvelle et Bernard Cazeneuve a refusé, clairement, cette alliance et donc veut incarner autre chose. Alors, moi, là où je ne serais pas d'accord avec vous, c'est que je pense qu'on a toujours eu besoin en France d'un centre-gauche. On a eu pendant longtemps de partis radicals, voilà.
Ça a toujours été quelque chose, le centre-gauche a toujours été important en France, d'abord comme force politique et puis aussi comme manière de calmer un peu les ardeurs révolutionnaires de la gauche un peu plus radicale ou de rupture. Et j'ai toujours pensé, moi, personnellement, que c'était bien qu'en France, on ait un centre-gauche qui puisse aussi modérer certaines ardeurs et garantisse, disons, une gauche de gouvernement qui, finalement, ne soit pas, entre guillemets, trop révolutionnaire ou de rupture ou quoi que ce soit. Donc, le centre-gauche... On a Emmanuel Macron, il est du centre-gauche. Alors, justement, non. Marine Chappard se dit de gauche tout le temps.
Alors, justement, non, parce que c'est là où Bernard Cazeneuve, c'est là le problème central chez Bernard Cazeneuve. Parce que Bernard Cazeneuve, pour les gens, c'est qui ? Bernard Cazeneuve, c'est celui qui a fait partie du gouvernement et pas de manière anodine. Il a été ministre de l'Intérieur et premier ministre à la fin qui a mené les politiques néolibérales de la loi travail, le CICE, le CICE qui a été un scandale absolu, qui a été, en fait, une gabgie... Qui a donné énormément d'entreprises. Mais plus que ça. Sans aucun retour en échange. Sans aucun retour et notamment avec très grandes entreprises qui n'en avaient absolument pas besoin.
C'est parti directement dans les paradis fiscaux. Voilà, je veux dire, c'est une mesure dont même la droite n'aurait pas rêvé. Vous parliez de prédation tout à l'heure. Et c'est aussi la déchéance de nationalité qui était une rupture dans notre pacte républicain qui était gravissime et qui d'ailleurs n'a pas abouti parce que c'était une chose bien trop grave. C'est également le durcissement de la gestion du maintien de l'ordre. Notamment dans les manifestations contre la loi travail, la loi El Khomri. C'est à ce moment-là que ça s'est durci.
Il y a eu aussi une loi sur le refus d'obtempérer qui donnait aux policiers un peu plus de latitude pour riposter qui a abouti à davantage d'incidents liés à des refus d'obtempérés. Bref, je pourrais continuer comme ça un moment. Ça, ça n'est pas le centre-gauche. Avec une gauche comme ça, on n'a pas besoin de droite dure. Voilà, exactement. C'est une politique qui est tout à fait contraire aux idéaux de gauche. C'est une politique qui est contraire aux idéaux d'émancipation, à la primauté des droits fondamentaux, à tout ça.
On a l'impression qu'il tente de faire oublier ce passé politique désastreux. Il tente de faire oublier ses échecs. On se souvient notamment de l'affaire Rémi Fraisse.
Bien sûr. Il présente un homme nouveau. Sa responsabilité était engagée dans la mort, le dos déchiqueté à Syvins en octobre 2014 de Rémi Fraisse. Il y avait eu des ordres de fermeté, d'accentuation de la fermeté. On savait très bien sur place que ça risquait de dégénérer et sa responsabilité est complètement engagée de ce côté-là. Et puis, la manière de gérer cette affaire-là aussi, c'est-à-dire de revendiquer, de refuser aucune remise en cause des méthodes policières. Il a suspendu un temps l'usage des grenades offensives, mais il y a eu globalement quand même une subalternité de son temps et du temps de Manuel Valls.
Il était ministre de l'intérieur de Manuel Valls, il faut le rappeler, de sa part à lui et de la part de Manuel Valls à l'égard des syndicats de police qui est tout à fait déplorable et consternante et qui n'a rien à enlever à la soumission actuelle d'Armanin ou à celle de Castaner à l'égard des syndicats de police. J'aurais quand même rappelé quelque chose à propos de Bernard Cazeneuve qu'on ne dit jamais, qui n'est bizarrement jamais dit, c'est que l'attentat à Charlie Hebdo il a lieu dans des circonstances où les locaux de Charlie Hebdo ne sont plus protégés que par une personne.
Le policier qui a été tué d'ailleurs à l'intérieur des locaux puisqu'il avait une arme dérisoire seulement à sa disposition et il était seul. Pourquoi est-ce que la garde rapprochée des locaux de Charlie Hebdo a été levée dans les mois qui ont précédé ? Alors même que le gouvernement surfait et accentuait en bonne méthode valsiste de communication sur la vague islamophobe, la peur du terrorisme islamique, etc. Alors même que les charbes et les autres étaient en une de je ne sais quel magazine djihadiste au Yémen directement menacée. Donc, dans le cadre d'une politique générale de montée de la tension dont Vals et Cazeneuve étaient partie prenante.
Pourquoi est-ce que la protection des gens de Charlie Hebdo a été levée ? Parce que le syndicat Alliance l'a exigée.
On est accusé de complotisme, Julien Therrien.
Mais pas du tout. Le canard enchaîné a publié et personne ne nie ce fait, même les experts les plus pointus. C'est Alliance. On a la demande d'Alliance. Le canard enchaîné avait tout publié mais c'était très peu commenté parce qu'évidemment ça fait mal.
Des gens qui ont mis en avant et qui continuent à faire de leur fonds de commerce en termes de com politique le danger islamiste qui en réalité n'ont pas été capables alors qu'ils roulent des épaules qu'ils affichent des valeurs de la droite comme Cazeneuve c'est-à-dire la sécurité qui n'ont pas été capables de protéger les gens de Charlie Hebdo sérieusement et qui ont cédé parce que le syndicat Alliance qui est un syndicat d'extrême droite ne supportait pas qu'il y ait en permanence plusieurs hommes affectés en bas des locaux de Charlie Hebdo et trouvait que c'était injustifié parce qu'on a l'habitude dans ces milieux-là de céder à la police en permanence.
C'est leur responsabilité qui est engagée. Voilà. Donc Cazeneuve c'est ça aussi. Il ne faut pas l'oublier. Et puis Cazeneuve c'est quand même quelqu'un qui est un avocat d'affaires il ne faut quand même pas oublier ça non plus ce monsieur prétend être une gauche une gauche de gouvernement alors je ne sais pas ce que ça veut dire une gauche de gouvernement on parlait tout à l'heure tu me demandais comment est-ce qu'on va pouvoir sortir
de clarifier ça après.
Tu me demandais comment est-ce qu'on va sortir de ce démantèlement de l'enseignement supérieur et de la privatisation de l'enseignement supérieur et je te répondais de toute façon il va falloir un changement d'inflexion politique majeur quoi qui ne pourra pas se faire sans heure. Si le gouvernement s'est justement refusé une inflexion majeure qui ne peut pas aller sans aller à l'encontre d'un certain nombre d'exigences européennes notamment qui ne peut pas aller sans heurter des intérêts très puissants financiers ça ne sera pas une gauche de gouvernement ça sera un gouvernement tout court ça sera quelque chose de droite.
Cazeneuve c'est quelqu'un qui travaille pour un cabinet d'avocat d'affaires pour les grands groupes qui fait du lobbying qui est complètement de ce côté-là donc on comprend bien que la plupart de la grande presse de droite le point etc j'ai aidé promeuvent ce personnage et la doube comme la gauche comme il faut la gauche qu'ils aiment.
Mathieu c'est quoi une gauche de gouvernement ?
Alors je pense que justement pour répondre à votre question et réagir je pense que entre guillemets le succès médiatique de Bernard Cazeneuve après j'évoquerai juste l'espace politique très faible à mon avis qu'il a mais doit quand même nous interroger sur une chose je pense que cette idée de respectabilité comment dire de la gauche finalement qui serait présentable etc qui est un narratif qui est notamment très beaucoup avancé par la droite et par certains commentateurs de droite elle est assez hypocrite je suis d'accord parce qu'au final il s'agit de dire bon alors prenons un social démocrate libéral en réalité qui va mener une politique néolibérale au pouvoir donc on n'aura pas de gauche au pouvoir donc c'est hypocrite en revanche ça doit nous interroger sur la nécessité pour la gauche unie parce qu'il y a toujours une gauche unie la NUP à laquelle moi je continue de croire voilà de faire attention sur la forme à la manière de mener les combats et de faire attention aussi à cette parfois à une stratégie de communication de voilà qui est assez clivante et qui peut aussi faire peur à certains notamment à gauche ou qui sont plus modérés et je dis ça pourquoi parce qu'au fond on parlait de Léon Blum avec lequel Bernard Cazenon n'a aucun point commun il me semble voilà Léon Blum c'était un immense progressiste un immense républicain mais voilà mais au fond le front populaire et même l'union de la gauche sous Mitterrand avec Épinay etc.
et après et sous Jospin aussi ce qu'on appelait la gauche plurielle voilà il y avait toujours une gauche modérée à l'intérieur de tout ça il y avait toujours une gauche modérée etc. et c'est pour ça que je disais l'importance d'avoir une gauche modérée etc.
il y a Olivier Faure il y a le PS d'Olivier Faure voilà vous avez raison il y a ce parti socialiste ça c'est vraiment le problème c'est que le PS formellement pour l'instant est encore dans la nuit c'est ça qui est fait le plus enragé c'est ça qui terrifie la droite mais c'est disons que c'est le problème juste pour ajouter un point très rapidement en fait pourquoi à mon sens l'initiative de Bernard Cazenon n'a aucun sens et voué alors peut-être que je me trompe mais voué à l'échec d'abord bon c'est finalement une personnalité qui est très proche d'Emmanuel Macron même dans l'imaginaire des gens il a fait partie d'un gouvernement quand même qui a donné naissance littéralement à Emmanuel Macron qui a été le secrétaire général l'adjoint de l'Elysée sous François Hollande puis ministre de l'économie c'est pas rien donc c'est quand même cette sensibilité là qui a donné naissance à Emmanuel Macron et les français n'ont pas la mémoire courte ils le savent ça voilà et puis deuxièmement moi je crois qu'à gauche aujourd'hui et notamment chez les jeunes il y a une demande de radicalité il y a une demande de rupture sur les sujets sociaux on l'a vu avec la réforme des retraites c'était quand même c'était la gauche qui était dans contrairement à la révolte des gilets jaunes où c'était beaucoup plus comment dire complexe au niveau politique là la réforme des retraites c'était la gauche qui était dans les rues on a vu cette demande de radicalité mais dans le bon sens du terme cette demande de rupture d'une vraie gauche de rupture qui défend des progrès des vrais progrès sociaux et qui ne soit pas là à constamment et dans le statu quo et pareil sur la question écologique Bernard Castelot n'a rien à dire sur la question écologique qui est peut-être la question la plus centrale aujourd'hui et quand on voit la jeunesse aujourd'hui comment elle se mobilise sur la question écologique comment elle a même parfois recours à des méthodes de désobéissance civile ou en tout cas à une vraie radicalité qu'on peut contester sur certaines méthodes ou quoi que ce soit mais qui est en fait un cri d'alerte un cri d'alarme par rapport à la très très grave situation écologique cette demande-là de radicalité de rupture sur ces différents sujets Bernard Cazeneuve ne l'incarne pas du tout à qui parle Bernard Cazeneuve ?
Mathieu Stama vous avez rappelé justement la proximité de Bernard Cazeneuve avec la Macronie Emmanuel Macron est-ce que finalement ce n'est pas l'idiot utile des macronistes puisqu'il peut affaiblir l'EPS et par écocher la NUPES ?
Je pense que lui-même ce n'est pas un idiot utile au sens où je pense qu'il est tout à fait conscient de son rôle en fait je ne pense pas qu'il s'illusionne et qu'il s'imagine je ne sais pas comment fonctionne la psychologie de ce genre d'homme politique mais je trouve que le parallèle avec Fabien Roussel fonctionne assez bien et on voit jusque dans le détail d'ailleurs que parmi les publicistes qui n'ont de cesse que Bernard Cazeneuve soit couvert d'éloge il y a Raphaël Enthoven qui a fait un livre qui s'appelle qui connaît Fabien Roussel totalement à contre-pied de ce qu'on pourrait croire devoir attendre aussi bien de Roussel que d'Enthoven juste avant l'élection présidentielle où il faisait le gars bon bien sûr moi je ne suis pas communiste mais en même temps je trouve que pour quelqu'un de gauche à gauche c'est encore ce qui se fait de mieux c'est quelqu'un de raisonnable il a des valeurs que je partage d'ailleurs c'est peut-être des valeurs de droite mais ça c'est pas grave et donc je fais ce livre d'entretien avec lui et puis Roussel qui était tout content puisqu'il essaie de sauver sa boutique et de toute façon voilà Fabien Roussel défend quand même au point de vue social des mesures plutôt pour réussir on peut au moins les reconnaître il défend il défend beaucoup dans la ferme de la fête etc oui tout à fait c'est son rôle mais c'est toujours dans des termes et dans un imaginaire qui rassure la droite il n'a pas aussi hésité Roussel à plusieurs reprises quand même à faire des allusions limites racistes en tout cas à endosser un certain nombre de peurs prêtées aux petits blancs parce qu'il reste à voir si c'est des vrais peurs mais en tout cas à attiser à jouer sur cette corde voilà il y a un côté voilà beau-free si on peut dire qu'il cultive un petit blanc des signes de reconnaissance disons qui peuvent qui peuvent rassurer la droite qui entretiennent le personnage qui captait aussi un certain nombre de gens qui étaient rebutés par par certaines positions de LFI antiracistes et ça cette question est très importante c'est d'ailleurs là-dessus que que Cazeneuve et ses soutiens de droite se déchaînent le plus ce sont les positions antiracistes de LFI la première chose qui leur vient à la bouche à Cazeneuve et compagnie quand il s'agit de LFI c'est ce sont des indigénistes ce sont des islamistes parce qu'ils refusent de jouer le petit jeu qui est le fond de commerce de cette élite politique qui en France a toujours fonctionné et qui a été utilisé à l'outrance depuis Manuel Vaz dont on a vu les effets notamment avec ce scandale autour de la mort l'utilisation de la mort de Samuel Paty ce petit jeu qui consiste à attiser la haine d'un ennemi intérieur maintenant c'est l'islam pour faire passer des politiques dont on sait qu'elles sont très impopulaires ce petit jeu là LFI refuse de le jouer et ça crée de très fortes tensions internes et c'est toujours là-dessus que Cazeneuve et son entourage à l'instant ça qu'il est proche du printemps républicain attaque LFI
donc c'est le produit politique finalement de cette nébuleuse printemps républicain et là-dessus il y a une fonction encore une fois
avec Roussel mais je pense surtout que Bernard Cazeneuve moi je ne mets pas en cause sa sincérité je pense qu'il est persuadé qu'il y a une voie possible dans cette gauche sociale-démocrate libérale je pense que je pense qu'il est persuadé que la voie Hollande finalement voilà d'une gauche comment dire voilà qu'il n'est pas anti-entreprise on va dire qui est très modéré au point de en réalité trahir un certain nombre de choses il est persuadé que c'est possible je pense que c'est quelqu'un qui s'inscrit dans la tradition des Tony Blair des Gerhard Schröder etc et je pense qu'il est convaincu de ça mais c'est des néo-libéraux voilà mais Macron est dans la même tradition mais il ne voit pas qu'Emmanuel Macron représente l'aboutissement finalement politique en France de cette tradition on voit ce que ça donne que c'est en fait une tradition de droite et qui en plus s'avère avec Emmanuel Macron notamment assez conservatrice sur certains plans assez autoritaire également en particulier la pratique du pouvoir et donc en fait je crois que Bernard Cazeneuve est un homme du passé c'est quelqu'un qui ne voit pas du tout les métamorphoses de notre époque il ne voit pas du tout la crise sociale l'ampleur de la crise sociale l'ampleur de la crise écologique et qu'il est complètement à rebours de tout ce qui se passe aujourd'hui notamment dans les gauches occidentales qui reviennent à des programmes qui sont beaucoup plus des programmes de rupture et je finis juste sur un point vraiment un mot c'est là je crois à mon sens la responsabilité de la gauche aujourd'hui elle est immense et ce qui m'agace un peu en ce moment c'est les bisbilles de union pas union on y va seul sur l'élection européenne pour ensuite moi je suis très agacé par tout ça et même si encore une fois il y a des gens de très haute valeur dans les partis socialistes chez LFI et chez les écologistes mais là en fait l'enjeu il est majeur l'enjeu il est majeur historiquement la gauche n'a gagné qu'Uni elle n'a jamais gagné autrement qu'Uni dans notre histoire donc c'est très simple comment dire ce qu'il y a devant nous là c'est la perspective non seulement pour la gauche d'enfin reprendre le pouvoir parce qu'au final là on voit bien l'échec par rapport à la réforme de retraite mais c'est pas grave si la gauche arrive au pouvoir en 2027 c'est fini la réforme des retraites ça dépend si c'est sur des bases hollandises pas du tout alors évidemment je parle de l'union de la gauche tel que la NUP l'envisage et d'autre part il y a la menace de l'extrême droite et c'est là où encore une fois je reviens notamment sur la forme sur le fait que l'extrême droite joue la respectabilité joue nous sommes très républicains alors qu'ils ne le sont pas du tout par définition par nature historiquement ou quoi que ce soit l'extrême droite est en train de jouer la carte de regarder comment on est modéré regarder comment on est respecté acceptable etc et discipliné exactement et d'un autre côté la gauche se fait diaboliser etc et c'est là où l'enjeu de l'union de la gauche et de la manière dont la gauche va vraiment tenir bon dans la tempête est fondamentale parce que c'est aujourd'hui je pense qu'on peut honnêtement dire sans être non plus devin ou quoi que ce soit mais dire qu'aujourd'hui on est dans une situation où ça sera soit la gauche soit le rassemblement national et c'est là encore une fois où l'union de la gauche va être fondamentale sur encore une fois un programme de rupture mais avec je crois vraiment qu'il faut dans la communication dans certains comportements dans certaines choses faire très attention parce qu'encore une fois il y a les militants qui sont eux convaincus de cette nécessité d'être un peu dans la surenchère etc je comprends très bien ça voilà mais il y a la France entière à qui il faut parler qu'il faut convaincre parce que je rappelle qu'une élection notamment présidentielle il faut aller à la majorité il faut avoir la majorité des voix et donc je pense que là il y a une responsabilité qui oblige aussi je pense la gauche à être très attentive à la manière dont elle communique la manière dont elle elle va gérer ça et ne pas laisser des Bernard Cazeneuve ou autres jouer la carte de la gauche respectable parce que alors ça ça serait une défaite absolue pour la gauche
en 2027 ça serait plutôt soit la droite ou soit l'extrême droite et quand je dis droite c'est la droite incarnée par Macron et son potentiel successeur Gérald Darmanin on est bien d'accord qu'on ne place pas à gauche
il y a beaucoup de temps et on va conclure il y a beaucoup de temps encore c'est certain qu'on ne gagne pas sans s'unir ça c'est évident je suis tout à fait d'accord mais le problème le piège c'est que les termes dans lesquels cette union se fait déterminent le résultat final à savoir est-ce que une fois la victoire acquise en réalité on va gouverner sur des bases qui sont en contradiction avec les termes de l'union et avec la volonté des gens qui vous ont porté au pouvoir c'est un peu l'histoire des déçus du mitterrandisme c'est aussi l'histoire du hollandisme puisque ça a encore joué à cette époque-là il faut dire qu'en face il y avait Sarkozy et tout le monde se disait cet horrible personnage dont on voit encore aujourd'hui puisqu'il y a encore une affaire là qui repart à quel point en fait c'est un malfrat c'est le malfrat de la République c'est un malfrat cet horrible personnage qui cachait pas tellement d'ailleurs parce que la droite contrairement à la gauche est absolument pragmatique ne se soucie pas des grands principes généraux ce qu'elle voit c'est ses intérêts les électeurs de droite savent qu'ils votent pour des gens corrompus pourquoi croyez-vous que Fillon a fait 20% alors que son amour de l'argent et son manque de scrupules étaient étalés aux yeux de tout le monde parce qu'ils ont pas ces divisions qu'on a nous à gauche parce qu'on a des petites divergences les gens votent pour leur intérêt point barre et que ce soit un escroc qui le représente c'est pas du tout un problème c'est toujours mieux qu'un gars de gauche qui va risquer de leur faire payer plus d'impôts puisque c'est toujours à courte vue alors la question c'est oui faire l'union et pour faire l'union il faut que d'une certaine manière il y ait un peu un malentendu il faut qu'il y ait des ambiguïtés puisqu'en fait des gens vont converger alors qu'en réalité il y a des points sur lesquels ils sont pas vraiment d'accord simplement il faut pas que ça vire du mauvais côté et je trouve que le cas Hollande est un cas d'école justement puisque donc on a voté Hollande tellement ce qu'il y avait en face c'était pas possible et puis on a vu en fait dans tous les domaines ou presque ce qu'a fait Hollande est bien pire commencer par l'atteinte radicale au droit du travail qui a dénaturé la notion même de travail un saut un saut qualitatif dans la notion de travail qui est redevenu une marchandise ce qui n'était pas en droit à ce moment là je passe aussi sur les lois antiterroristes l'état d'urgence etc la déchance de la nationalité la déchance de la nationalité la loi antiterroriste utilisée sans aucune vergogne contre les écologistes et de manière vraiment affichée donc voilà il faut quand même aussi s'interroger sur ce point là maintenant je termine là dessus la virulence de Cazeneuve et qu'on sort et de tous les gens valsistes du printemps républicain autour de lui et cette droite qui le promeut cette virulence terrible contre les fils et les islamistes et les djihadistes enfin ils sont complaisants etc est quand même un bon signe parce que ça veut dire qu'ils ont peur ça veut dire quand même qu'ils sont inquiets ils sont pas sereins et le fait qu'ils cherchent tout le temps à promouvoir comme ça ce genre de personnage qui est compatible avec eux dont ils savent qu'ils sont inoffensifs devrait d'une certaine manière nous encourager alors bon là ces conventions avec ce parti on peut aussi faire un petit fleurilège pour s'amuser de ces partis mornés ou ridicules qui sont symptomatiques comme ça de l'incapacité du PS à continuer sur les mêmes bases et de son discrédit parce que je vous rappelle quand même qu'il y avait eu c'était la belle alliance populaire à un moment donné après il y a eu et au la gauche de plus en plus ridicule parce que derrière il y a des communicants naturellement je vous renvoie aussi à l'excellent parti de Le Drian ce grand hiérarche socialiste qui a réussi à être oui qui a réussi à être ministre de la défense sous Hollande puis ministre des affaires étrangères sous Macron c'est quand même un modèle extraordinaire grand ami de l'Arabie Saoudite grand vendeur d'armes à toutes sortes de régimes tout à fait recommandables qui avait fondé Terre de Progrès il a fondé un parti qui s'appelle Terre de Progrès pour expliquer qu'il est toujours de gauche naturellement et donc convention convention ce superbe parti lancé le nom qui évoque la grande révolutionnaire la convention il y a quelque chose d'un peu convention va être je pense mis au placard à côté de toutes ces belles initiatives on l'espère
c'est le mot de la fin on partage tout cet espoir merci beaucoup Mathieu Slama essayiste auteur d'Adu à la liberté merci Julien Théry historien vous connaissez bien ici au Média bien évidemment merci Julien Théry