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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 19 novembre 2021 8 min

Annick Girardin : Les aides aux pêcheurs "ne veulent pas dire qu'on capitule face au Royaume-Uni"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

6h20, bonjour Annick Girardin. Bonjour. Annick Girardin, ministre de la mer, aux assises de la mer hier à Saint-Paul-de-Léon dans le Finistère. Vous avez annoncé la préparation d'un plan de sortie de flotte pour indemniser les pêcheurs dont les navires n'obtiendraient pas de licence pour pêcher dans les eaux britanniques. On est dans la conséquence du Brexit. Alors concrètement, Annick Girardin, combien de pêcheurs vont pouvoir en bénéficier et à hauteur de combien pour chacun ?

0:26
Annick Girardin

Alors, la première des réponses, c'est que ce que nous demandons, c'est l'application de l'accord et bien entendu la défense du droit des pêcheurs, de nos pêcheurs continu. On continue à travailler pour obtenir, bien entendu, sous l'égide de la Commission européenne, les licences manquantes, qui aujourd'hui sont autour de 150 licences. Je vous rappelle que nous en avons obtenu aujourd'hui 900 au total. Donc, bien entendu que les démarches continuent, que les réunions sont journalières et que la Commission rappelle régulièrement le Royaume-Uni à ses obligations. Il y a donc une mobilisation qui reste entière. Mais pour le reste, il n'y a rien de nouveau.

Ce que je veux redire, et hier, je vous rappelle que c'était les assises de la pêche, il s'agissait de tous les sujets. Il n'y a rien de nouveau. C'est le plan d'accompagnement Brexit qui a été rappelé hier. Et dans ce plan d'accompagnement Brexit, il y a plusieurs mesures, dont bien sûr le plan de sortie de flotte pour ceux qui n'auraient absolument pas de licence, mais d'ailleurs pas que sur le Brexit, puisque ça concerne aussi, bien entendu, la Méditerranée, l'ensemble des côtes françaises, l'ensemble des pêcheurs français.

1:38
Présentateur

Donc le plan d'indemnisation, ce n'est pas uniquement pour les pêcheurs qui n'obtiendraient pas de licence ?

1:42
Annick Girardin

Le plan d'accompagnement Brexit, ou encore le futur fait en pas, tous les outils d'accompagnement des pêcheurs. La pêche change, nous voulons une pêche durable. Il y a plusieurs sujets. Il y a effectivement le Brexit, il y a Westmed en Méditerranée, il y a la ressource. Tous ces sujets font que certaines entreprises sont appelées à avoir des outils d'accompagnement dans la sortie de flotte. Qu'est-ce qu'une sortie de flotte ? Quand on n'a pas d'autre solution, mais ce sera travaillé au cas par cas, bien entendu, et c'est sur la base du volontariat, il y a la possibilité de sortir son bateau et d'être indemnisé.

Cet outil est connu des pêcheurs depuis toujours, il n'est pas nouveau, il est européen. Et j'ai simplement dit que cet outil parmi d'autres serait en accompagnement. Le Président de la République l'a rappelé. Il l'a rappelé depuis maintenant 11 mois. Nous ne laisserons personne sur le bord de la route. Nous serons à côté de chacun au cas par cas.

2:35
Présentateur

Alors, Annick Gérardin, j'entends bien que vous essayez de parler aux pêcheurs qui ont beaucoup critiqué l'annonce d'hier. Est-ce que vous entendez ces pêcheurs qui disent, par exemple, et j'en cite un, qui parlent de fiasco vis-à-vis des pêcheurs, je parle là de la pêche dans les eaux britanniques, qui disent, ces pêcheurs, c'est un fiasco, la France, je cite, baisse son froc. Est-ce que vous entendez cette colère des pêcheurs ? Est-ce que vous annoncez un plan d'anonymisation ? Est-ce que vous l'entendez ?

3:06
Annick Girardin

Alors, écoutez, je crois qu'il n'y a personne d'autre que moi qui entend mieux les pêcheurs. Ça fait exactement un an et demi que je passe la moitié de l'année à leur côté. Et ils le savent. Alors, leur colère, effectivement, leur détresse, on la connaît. Et moi, je la partage depuis maintenant un an et demi. Je vous donne un exemple hier. Moi, je suis face à un jeune. Il a acheté un navire qui lui a coûté 700 000 euros. Il pêche dans la baie de Grandville. Il apprend le 25 décembre 2020 qu'il n'aura bientôt plus le droit d'aller travailler. Alors, je lui dis quoi ? Je lui dis, bien entendu, qu'on continue à se battre avec son dossier.

Parce que son dossier, il mérite, effectivement, d'être soutenu. Parce qu'il a pris des risques. Et il pêchait dans une mer ou dans un espace qui était commun. Les règles ont changé. On lui demande aujourd'hui de démontrer que dans cet espace commun, c'est bien sur la petite partie jersey qu'il était. Lui, il a, effectivement, des preuves de sa présence qui ne suffisent pas aux Britanniques. Eh bien, on va se battre avec lui. Et pour lui, jusqu'au bout. Mais si nous ne devions pas obtenir cette licence, et je ne veux même pas l'imaginer, moi, personnellement, qui suis très proche des pêcheurs, mais en même temps, je me dois d'anticiper. Et anticiper, c'est prévoir une solution pour chacun.

Mais ça ne veut pas dire qu'on capitule. Ça ne veut pas dire qu'on ne continue pas à se battre pour défendre les droits des pêcheurs. Ça veut dire simplement que je continue à être aux côtés de chacun.

4:26
Présentateur

Mais imaginons d'un point de vue britannique. Vous dites que les négociations continuent, Annick Girardin. D'un point de vue britannique, on entend qu'il y a un plan d'indemnisation. Pourquoi on irait continuer à négocier ? Puisqu'on se dit que les bateaux français seront indemnisés.

4:41
Annick Girardin

Ce qui est marrant, quand même. Et si vous aviez fait des émissions régulières sur la pêche, on pourrait vous dire que ce que j'ai dit hier, je l'ai dit au mois de décembre. C'est-à-dire que quand le 24 décembre, on décide de dire oui à cet accord, à côté, on dit « mais il y aura un plan d'accompagnement ». Personne ne restera sur le carreau. On sait déjà qu'on va perdre 25% de nos quotas à ce moment-là. Donc on a toujours parlé de toutes ces mesures. Mais c'est vrai qu'hier, comme je reliste dans un contexte de forte pression, l'ensemble de ces mesures, et que je dis effectivement, il y a un plan d'accompagnement annoncé en décembre dernier. Il est de 100 millions d'euros.

Il nous en reste aujourd'hui 70 pour l'année 2021. Et il pourra être à la fois sur de l'investissement, sur de la réorientation, sur de la sortie de flotte. Eh bien oui, on n'a pas envie d'entendre ça. On a envie d'entendre le nombre de licences, ou du moins on a envie d'entendre « j'ai ma licence ».

5:34
Présentateur

Mais vous avez toujours espoir d'obtenir les 150 licences manquantes ?

5:40
Annick Girardin

Mais on continue à se battre tous les jours pour obtenir nos droits et faire que les 150 licences soient là. Il n'y a pas, y compris le Royaume-Uni d'ailleurs, à des plans d'accompagnement pour ces pêcheurs.

5:52
Présentateur

Mais est-ce que les mesures de rétorsion sont toujours d'actualité ?

5:58
Annick Girardin

Alors, nous avons effectivement annoncé un certain nombre de mesures de contrôles renforcés qui sont en cours, bien entendu, mais qui, parce que du contrôle, on en fait tout le temps. Mais il n'y aura pas un contrôle derrière chaque bateau ? Il n'y a jamais contrôle derrière chaque bateau. Pour ça, il faudrait qu'on ait véritablement beaucoup de moyens. Et donc, il y a des contrôles renforcés qui avaient été annoncés. Il y a eu une volonté du Royaume-Uni de Jersey, de Garnesay, de dialoguer encore davantage pour arriver à des solutions. Nous avons souhaité donner plus de temps au dialogue.

En donnant plus de temps au dialogue, il convient qu'à côté, on se prépare aussi pour la totalité, ou du moins d'utiliser la totalité des outils et de les mettre en action. Qu'est-ce que j'ai dit hier ? Je n'ai pas dit qu'il y aura tant de bateaux qui n'auront pas de licence. J'ai dit, j'ai demandé à mon administration, avec vous, de travailler sur les critères d'attribution de toutes ces aides qui pourraient être mises en action dans les mois qui viennent. Vous restez optimiste, Annick Girardin ? Alors bien sûr, on est dans une période de campagne électorale. Et donc, on entend effectivement un certain nombre de personnes reprendre des petits morceaux de phrases.

Eh bien, écoutez, moi, je ne me présente à aucune élection et je suis tous les jours aux côtés des pêcheurs. Et je continue à être optimiste, c'est dans ma nature. Et je continue à être mobilisée, c'est dans ma nature. Et je continue à faire pression à ma manière pour que nous puissions avancer, là aussi, dans les débats, dans les discussions que nous avons, que la Commission, puisque c'est l'Union Européenne qui a signé avec le Royaume-Uni, que la Commission mène aujourd'hui, bien entendu, avec la France,

7:34
Présentateur

bien entendu, avec les professionnels. Merci, Annick Girardin, ministre de la Mer, d'avoir été en ligne avec nous ce matin. Merci. France Inter

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